Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

Le rehaussement

20 Janvier 2018, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Le sur-divin ici-même

On a donc dit que Descartes réserve la jouissance à dieu et que pour nous c’est une toute autre affaire ; ça consiste en la générosité ou la volonté disruptive (rompue et découpant la réalité et le corps, bien que Descartes suppose quand même, de par sa lucidité si exacte, qu’il existe une « troisième substance » : stupéfaction et incompréhension de tous, et de lui-même).

Que l’on ait abandonné la structure (en déniant dieu, la pensée, le christique, le sujet), ce qui était raisonnable (puisque la structure devait s’incarner et s’incorporer au monde, au vécu, au corps, fabriquer un humanisme et une personnalisation généralisée  – dieu, la pensée et le sujet devaient d’abord et avant tout organiser l’acte de conscience, lancer et élaborer l’intentionnalité et ensuite ainsi lâcher cette intentionnalité dans le monde, le donné, le vécu et le corps ; ce que la naturalité (qui remplace dieu), la raison (remplaçant la pensée), l’humanisation et la personnalisation (le moi remplaçant le sujet) poursuivirent effectivement) ;  abandonner donc tout cela permit à la jouissance (invraisemblable) de se désirer ici et dans le monde et les corps ; ce qui est absurde et qui provoquât une douleur inimaginable (cad que l’on ne peut mesurer, cadrer, organiser, qui ne peut tenir dans une intentionnalité et abîme considérablement toute la réalité autant que le réel, le nôtre et le monde).

Non seulement de ce que l’on a désiré des images mais de ce qu’en toute image on imagine la plénitude qui n’y existe pas. On s’identifie à cette plénitude rêvée, projetée. Il suffit de nous montrer une image et on invente le poids ontologique, cad illusionné réel, de ce qui est montré ; on y croit, non de ce qui existe effectivement mais de la densité que l’intentionnalité apporte en plus au perçu. On y investit toute la densité du corps (et on se décharge de son propre poids en le rêvant, le projetant ; là-au-devant il se résume en signes, éthérés, tandis qu’ici dedans, dans ce corps il demeure lourd et obscur et non signifiable). L’image est en elle-même le corps parfait, le vécu parfait, le monde parfait : évidemment ça n’est qu’imaginaire.

Parce que pour passer outre la barrière du bonheur, du rêve, de l’imaginé, auquel on confère l’ontologique, l’ontos, il n’y a pas d’autre possibilité que de transformer le moi en sujet.

Aucun autre devenir. Que celui-là. Mais l’occidentalisation performe précisément à créer la possibilité d’un tel outre-sujet, et d’un sujet qui n’est pas « universel » (puisque l'universel revient à une image... impossible de "convertir quiconque à la raison puisque chacun se tient antérieurement à la raison, mais non pas antérieurement à dieu, à la pensée ou au sujet) ; le sujet excède la première version de sujet grec et universel, et excède celui qui se convertit au christique ou à dieu ; l’occidentalisation a continué de créer sa possibilité, ce pour quoi il est fait ; ouvrir la voie. L’universel grec est la mise en jeu de l’universalisation, ce qui veut dire des intentionnalisations organisées vers l’augmentation du monde ; le christique est à l’exemplarité du christ, qui est le Corps libéré et qui effectivement libère l’intentionnalité des intérêts du vécu et du corps immédiat, qui par son regard crée votre regard comme un, découplant votre être et votre exister ; les deux permettent une distinction intentionnelle surpuissante, l’élaboration de stratégies.  

Comprenons bien. Si on suivait seulement la voie du sujet universel on ne s’administrerait que selon l’orientation vers le bien ; mais le sujet de la structuralité, de l’occidentalisation est bien plus complexe puisqu’il travaille antérieurement à l’universel même ; c’est bien pour cela qu’il a pu proposer, pro-poser la pensée ; il a proposé les vérités et la vérité comme principe, et non comme contenu électif, parce qu’il se situait déjà avant-la pensée ; dans le pli qui expose que pensées il y a, de même que le christique est-avant les mois et donc a dopé absolument tous les mois, tous les vécus, toute l‘intentionnalisation en chacun, au-devant par là même de chaque’un ; c’est bien parce qu’il se situe avant l’universel qu’il a produit l’universel, là au-devant.

Plus complexe le sujet, l’outre-sujet, est celui à la fois de l’orientation et de la désorientation ; parce que l’on ne sait, jamais, par quel bout ça lui prendra. Rimbaud est un outre-sujet, il le sait, il le dit, il le respire par tous les pores de la peau ; et il est désorienté et il désoriente, absolument radicalement, réclamant que chaque’un s’inscrive comme le même point externe à tout par lequel il y a saison en enfer et illuminations. Sinon on n’y accède pas (et on y accède en l'existant, non en le pensant en raison et ce point acquis est un, et réel). Le sujet, l’outre-sujet (ou on dira donc le sujet tout court, pour faire simple puisque le sujet est de fait en lui-même déjà toujours outré) n’y existe pas sans vous : c’est impossible. C’est bien en cela que l’on se signale comme déploiement continuel de révolutions, esthétiques, éthiques, politiques, psychiques, c’est tout d’un seul mouvement ; ça n’arrête pas de se mouvoir puisqu’il s’agit là du mouvement même ; soit du présent.

Et c’est bien pour cela que la révolution, celle historique, vous a placé comme sujet, citoyen, cloué à même le réel, ou héros de récits et de radicalité poétique, estéhtique. Pour que vous vous en sortiez seuls, un par un : ça ne peut venir que de vous. 

On a dit que l’amour, le tomber-amoureux plus précisément, est l‘expérience ultime pour un moi, mais que pour le sujet c’est tout différent ; le sujet est infiniment développé, il a développé, se servant évidemment entre autres du tomber-amoureux (de là l’utilisation très étrange dans la littérature et la philosophie et la théologie et la mystique ; ça n’a pas, plus le même sens que celui du moi, du reste le moi sait-il vraiment ce qu’il dit de tomber-amoureux? Ce qu’il veut ? Ce qu’il désire ?) Il a développé donc les plis et replis de la structure qui est elle-même un pli, un tel pli dans le Pli qu’est le présent. En vérité il acquiert et peut récupérer quand il veut toutes les expérimentations qui furent, et toutes celles qui seront, il les créera.

 

Il apparait que le pli dans le pli du présent est l'originel, la source, la structure, ce par quoi le reste surgit ; le présent (ou si l'on préfère l'exister) crée tout ce qui est (et l'être ce sont les effets de ce pli, enveloppés ou à tout le moins tenus par le présent).

 

La dimension du sujet n’est nullement simplifiée et unifiée ; il est, lui, l’unité formelle, mais puisque sans contenu il n’est pas fixé, ni figé et s’est déployé dans tous les sens, les significations possibles, dans cette dimension, les directions dans le réel même et ce physiquement, en son corps-même. Littéralement il épuise toutes les possibilités puisqu’il se situe antérieurement aux réalités, en l’occurrence aux réalisations. Il faut donc lire les lignes déployées comme non pas s’unifiant en on ne sait quoi (il n’y a pas d’identité) mais explorant et expérimentant la dimension, la dimension du réel. Et dont la saisie ne s’effectue que un par un, par chaque’un ; aucun autre moyen que de prendre sur soi le devenir subtil acquis par tous les autres.

L’historicité est l’élaboration de cette structure de sujet (en tant que le sujet est ce qui intentionnalise, signifie, et c’est lui qui Signe les intentionnalités ; aussi il n’est aucun autre moyen de signifier ce que l’on veut dire que de dire Descartes ou Rimbaud ; c’est en ces textes là que se signifient les intentionnalités ; et on ne peut pas couvrir Descartes et Rimbaud d’un sur-texte, objectif par ex, sauf à créer un Autre texte placé ontologiquement, cad au niveau même auquel se situent Descartes ou Rimbaud, ce qui est doubler l’ontos de Descartes par un autre ontos, tout aussi énigmatique, si l’on veut, mais qui seul permet de le re-prendre). Et ce de l’éclatement philosophique des idées-systèmes grecs jusqu’à Sartre et Lacan ; l’inscription ici et maintenant et le déplacement singulier du christique est opéré par Descartes (et suivants).  

Et c’est cela qui nous donne, ici et maintenant, la classe, la dimension du sur-divin. Si on a mis entre parenthèse le divin, dieu, ou l’absolu, c’est afin de trouver ici même le sur-divin. On ne sait pas si il existe des anges ou ces sortes de réels, mais on sait qu’il existe Descartes ou Plotin (ou qui vous voulez qui vous ait influencé, porté, illuminé) et que donc Plotin ou Kant ou Rimbaud atteignent au sur-divin. Rappelons que le sur-divin est littéralement le dieu-en-plus, dont la voie la plus clairement et premièrement instanciée est le christique. Le christ est le dieu qui vient en plus et qui montre par où cela s’existe. Qu’on le veuille ou non. Parce que de toute manière sans le christique votre personne, sur laquelle vous fondez tous vos espoirs, n’existerait pas ; c’est par le christique que chacun est devenu chaque’un. Au point que la révolution (la seule et unique en ses différentes variantes, mais au plus proche d’elle-même en tant que liberté/égalité) est la réalisation du christique (auxquels s’ajoutent évidemment la fraternité).  

Dieu on ne sait pas trop où le situer mais les sur-divins il en existe quantité. Puisque le sujet est la forme de tous les sujets et que chaque sujet vaut un par un, par lui-même et formellement absolu. Non pas identitairement absolu (cela n’a aucun sens ; aucun contenu de conscience n’affecte cette conscience qui a créé tous les contenus) mais formellement ; au sens où on ne manque pas de preuves de la densité du Réel au cœur de toutes les réalités ; Rimbaud exhausse le pauvre moi en sujet déchiré et si totalement Autre  ; si le Réel n’existait pas, Rimbaud, ou quiconque selon vos souhaits, n’aurait pas eu lieu, ne nous serait pas venu. Penser le contraire, penser que ce qui est est exclusivement composé de réalités, est de fait absurde ; toutes les preuves sont effectives. Si on argue du désespoir ou de la dépression (quant au moi), c’est bien que par rapport à la réalité nous sommes en décalage ; nous sommes autres. Cette altérité est structurelle (ce qui veut dire qu’elle n’est pas ce qui arrive ou s’ajoute à, mais qu’elle fait exister tout le reste ; nous sommes autres originellement et re-connaitre cette altérité est tout l’enjeu, la signifier, la désigner, l’exposer, la montrer voire la démontrer, ce à quoi s’emploie la philosophie, depuis le début, l’être, le un, dieu, le sujet, etc ; la philosophie est la réflexion technique, technologique qui veut désigner la structure en son agissement).

Il est ainsi une série de points qui se dessinent au fur et à mesure des efforts des quelques-uns suffisamment avancés dans la structure qui explorent la dimension. C’est seulement si l’on pense en termes de structures et non de contenus que cela parait. On peut opposer constamment des contenus entre eux ; de toute manière dans le monde, sitôt que l’on détermine, on ne cesse de déterminer, indéfiniment, de distinctions en distinctions, d’oppositions en oppositions. Ce ne sont pas, en clair, les systèmes mais ce que les systèmes montrent, qui compte. Et il faut donc penser par grandes lignes.    

Si le monde se poursuit en déterminations indéfiniment, c’est que le lieu de distinction réelle est la décision ; ou ce que l’on a nommé la stratégie, la stratégie intentionnalisatrice ; ce qui sera dépend de nous, et de la compréhension que l’on aura de ce décisionnel. Sans doute aucun il faut impérativement connaitre tous les systèmes de causalités qui conditionnent nos décisions, ces systèmes qui sont intégrés déjà dans le processus décisionnel ou intentionnalisateur ; parce qu’après tout on a eu l’idée de voler bien que dépourvus d’ailes, bien avant de comprendre les déterminants physiques et les réalisations technologiques ; on est déjà toujours en dehors des systèmes. Puisque l’on perçoit et que la perception est l’arc qui intervient ; la conscience étant le court-circuit de la cervelle qui permet d’intégrer instamment les événements. On ne perçoit pas dans l’encadrement de conditionnements, mais en plus de tous les conditionnements ; le « en-plus » ne contredit pas que l’on soit causé la plupart du temps, mais que ici et là on outrepasse ces conditions. Et une fois que l’on a compris qu’il était possible d’y échapper le mouvement pur est lancé ; il suffit alors de construire des systèmes qui par leur cohérence, leur tenue, s’utilisent comme systèmes de repérages ; dieu ou la pensée ou le sujet sont de telles cohérences, de telles stratégies. Et évidemment comme le procédé systématique (qui permet de remplacer par une cohérence le poids naturel ou donné des systèmes conditionnants)  se déplace aisément (ce sont des systèmes de signes et inventés donc reproductibles par tous) il s’est imposé une profusion de systèmes suffisamment cohérents et libérateurs, puisque la source est structurelle est indéfiniment libératrice. La cohérence, l’organisation des intentionnalités est facteur inestimable de liberté ; d’abord pour soi-même, en ceci qu’il est impossible de s’y retrouver dans un monceau hagard d’intentionnalités en fouillis et ensuite pour tout autre, puisqu’à une mise en organisation on peut répondre (par une autre mise en forme de l’intentionnalité : au n’importe quoi on ne peut rien opposer).

Comme progression de la stratégie de structure dans le monde humanisé, la personnalisation est une réflexivité de structure dans la réflexivité de structure qu’est l‘humanisme révolutionnaire, une complexité dans la complexité si l'on veut, de même que le christique est une réflexivité dans la réflexivité judaïque, et la pensée grecque une réflexivité dans le christique ; le propre de la réflexivité qui est une anthropologisation conséquente à partir de la découverte que l’on ne dépend pas des contenus mais que l’on produit ces contenus ; le propre est donc de s’accumuler ; ce qui est réflexivement acquis peut reprendre trait pour trait ce qui fut réflexivement créé ; on réinstalle chacun la même structure à partir de quelques signes qui suffisent. Toute la pensée grecque bascule dans le christique puisque c’est la même structure formelle qui est extraite du monde et posée pour elle-même ; l'externalité du monde grec devient l'externalité du regard sur ce vécu par ce Corps ; de même que la révolution re-prend le christique et que cette structure n’est pas une « idée » mais une structure réelle, aussi réelle que le corps ou les choses, solidement surgissante de la cervelle. Pareillement l’humanisation comme humanisme révolutionnaire puis la personnalisation qui privilégie la mise en forme de notre intentionnalité de telle sorte que cela aboutisse à une auto-organisation intentionnelle de chacun ; mais cela ne s’accomplit pas d’une simple ordonnance des choses toutes extérieures ; il faut s’y impliquer, et être impliqué par le monde et par son propre vécu. Ce que chaque moi, qui souffre, sait parfaitement.

Ce qu’il faut remodeler ce ne sont pas seulement les objets du désir, volonté, organisationnels et relationnels dans tel monde humain, ce qu’il faut transformer c’est l’intentionnalité même antérieure à tous les objets (et organisationnels, etc). C’est bien pour cela que l’on a élaboré les éthiques et les esthétiques et poétiques et politiques ; il faut s’y convertir et convertir au sens d’abandonner les contenus pour acquérir la forme même ; c’est ce que signifie que révolutionnairement chacun est non pas pure raison et corpus dictatorial ou autoritaire ou « d’autorité » mais liberté, une et indivisible ; et en cette liberté chacun ferait bien d’utiliser sa raison, mais ça n’est pas impératif puisque la structure est celle du réel du libre de chacun et que c’est cela la pérennité même du comportement nouveau. La raison ou le corpus dictatorial ou l’idéologie ne couvrent aucunement la réalité, le vécu, le corps, mais la liberté si. La confiance qui délègue à chacun sa liberté est quand même confondante et enthousiaste… à condition qu’ils se tiennent comme êtres libres. Et toute la question, la question des questions est : en quoi consiste ma réalisation ? En quoi suis-je plus ou moins réel ?

Lorsque les grecs créent la pensée, cad la sur-intentionnalisation qui démultiplie l’attention au monde, ils injectent dans la réalité qu’il est un Réel, possible, qui soit plus étendu (extensivité de l'universelle intentionalité) ou plus intensément christique (chacun est un par le Regard) que communément les réalités et plus exactement les représentations, communes, collectives, des réalités. C’est l’appel à la contemplation ou à l’action du Réel tel que par les intentionnalisations nouvelles (les idées puis les systèmes) on explose la possibilité. Pareillement bien sur le christique, qui décuple l’attention à soi-même et par lequel il y a un vécu et un corps plus grand et autre, que celui admissible par un ordre cyclique, rituel, autoritaire, hiérarchique, de classes d’êtres humains (esclave, femme, pauvre, etc). Et la révolution est tout autant l’intensité portée aux nues. Et la sur-intentionnalisation n’est pas aisément supportée par un corps… un corps vivant ; ça lui vient en plus et il faut s’y assurer en tant que structure et non en tant que corps ; et c’est cette assurance qui se cherche, partout ; esthétiques et poétiques, éthiques, politiques, etc.

On ne trouvera pas dans le corps la fondation de la structure de conscience ; parce que la conscience est un arc, une tension, qui installe un rapport et si rapport il y a celui-ci exclut tous les autres et passe tous les autres à la moulinette. Par ce simple arc structurel on représente ; soit des mondes humains particuliers (ou dit tels) et ce spontanément, dans le travail du groupe dans on langage et ses échanges ritualisés. Soit on construit sur le monde donné là et sur le groupe et en plus du langage, etc ; le monde grec, unique et universel, le dieu qui lâche tout au-devant et inter-vient pour réorienter, le corps christique qui projette tout votre vécu hors de vous ; tout est exporté au dehors et on se tient sur le Bord.

Et c’est le Bord qui est observé, expérimenté, analysé, élaboré et créé (puisqu’il doit se vouloir, se créer pas, pour augmenter la surface du Bord). On a installé dans la réalité ce qui constitue le Bord de cette réalité et on a créé son architecture  par cette élaboration ; nouvel objet dans la réalité, sauf que c’est une dimension et non un objet, et dimension qui interroge cela même qui perçoit, pense, imagine, veut, décide, désire, et qui se révèle comme étant la dimension, l’extrémité de la réalité, qui n’est alors plus seulement « subjective » (ce qu’elle ne fut jamais) mais réelle en tant que présent pur et brut.

Ça n’avait rien de subjectif parce que c’est le sujet qui fonde la justice (ou la sainteté ou l’exemplarité), le droit, la science et la connaissance, le langage et le corps et tous ces effets sont évidemment causés par une structure formelle elle-même sur-objective, et qui les contient tous ; de même qu’elle contient la possibilité de tous les mondes humains ; la structure agissante est commune à tout être humain, où qu’il soit ; c’est une structure solide et un réel (et non une représentation ou une idée mais la source causale de toutes ; l’occidentalisation ou structuralité n’a pas découvert une « vérité » mais activé la structure elle-même).

C’est en tant que l’arc structurel de conscience sort de la cervelle, va vers le monde et en revient les bras chargés de signes, de rapports, qu’il y a humanisation, mondes humains, langages, représentations, échanges, collectif et absolument parlant tout se remodifie lorsqu’il ne reçoit plus les contenus comme « tout-fait » et « naturels » ou « surnaturels », mais qu’il prend conscience de cette activité, en somme qu’il les crée (et qu’il invente les esthétiques non ritualisés ou la pensée comme cohérence systématique qui permet de s’y repérer et universalité et individualités). Tout cela est uniquement bâti sur le retour de cet arc et qui crée des signes et les colle sur le corps, démultipliant perceptions et affects du corps (de là le déploiement mass et micro médiatique que l'on connait bien), d’abord spontanément puis (depuis la méditerranée) en réflexion (puisque par la méditerranée on prend conscience de notre activité intentionnelle et on ne peut plus croire aux contenus mais on doit alors élaborer l’architecture de cette activité et donc son inscription dite alors ontologique, touchant la base de toutes nos activités dans cet activisme de structure ; idées et systèmes, dieu et christique, sujet et intentionnalité, altérité et existence).

Le sur-divin est la prise en compte de cette activité qui n’appartient à rien ni à personne, sinon elle serait composée et non libre, et l’exister n’existerait pas, et il n’y aurait pas de présent ; elle projette tout au-devant et n’est atteinte par rien ; et donc elle se sait. Depuis le début de la pensée celle-ci se sait, intimement, sa certitude est de structure (et non de contenus ou de systèmes, de même que l’on se sait libre, quels que soient les empêchements innombrables ; personne n’a dit que ce serait facile). De même que tous les excès structurels, les accès ontologiques, partout et en tous temps, se savent eux-mêmes et le disent.

Chacun partage la vérité et propage la liberté. C’est le surdivin et la capacité de créer ce qui n’est pas ; puisque tout l’être est en-deçà, déjà réalisé, choses et êtres, mémorisations tandis que ce que l’on "veut", intentionnalise (qui échappe au conscientpuisque la conscience n'est pas le conscient) c’est ce qui n’est pas ; ce qui existe en avant dans le présent et qui se précise en avançant, lorsque l’on est en mesure de tout ramener en avant sans reste, sans passé, mais ayant absorbé le maximum de passé, assemblé suffisamment l’être, par devers soi, peut-être se dessine au-devant ce qui peut exister (et qui tombera dans l’être). Autrement dit le sur-divin, qui existe en plus, se charge de ce qui viendra ; aussi invente-t-il incessamment (y compris les mois, chaque moi est un processus de résolution qui s’invente et cherche sur-objectivement à résoudre l’équation qu’il est ; on est très loin du subjectivisme dans lequel on voudrait nous enclore, et esthétiques et éthiques sont autant d’autres résolutions potentielles, mais la structure est descendu jusqu’en chaque corps, un par un ; si pour Montaigne l’universel était un horizon très éloigné, après la révolution cet horizon s’impose à chacun et durement, il s‘agit de se créer un corps-autre en plus). Les preuves de l’existence de la Possibilité sont infiniment nombreuses, le sur-divin est absolument là ; c’est juste le voile d’ignorance qui nous les retire à notre vue (voile volontaire et subi mais subi « volontairement », par faiblesse).

Or il est donc deux niveaux ; d’une part ce qui est encore à rendre réel, à réaliser, le monde ou chaque vie jusqu’à son terme, mais aussi d’autre part l’atteinte formelle toujours immanquablement actuelle, acte pur et brut, qui s’existe en avant de la réalité ; puisque c’est du présent qui précède toutes choses, tout être, toute décision dont il s’agit. Nous existons à partir du Bord qui avance au-devant. Si le monde doit attendre pour se rendre réel, par contre le réel est toujours-déjà instancié absolument ; toute la structure est probablement toujours-déjà réelle. Nous venons vers nous-mêmes. Cette torsion du temps est la possibilité-telle qu’un présent il y a, tourné d’un seul côté et qui nous regarde.   

Commenter cet article