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instants philosophie

Stratégie du bout du monde

24 Février 2018, 08:42am

Publié par pascal doyelle

Nous existons à partir du Bord ; du bord du monde mais également du Bord du corps. Et donc ce qui existe (effectivement) n’est pas dans le monde ; l’exister est cause de cet effet qu’est le monde. Et c’est pour cela qu’il existe un présent.

Le principe, général, est de comprendre que l’inattendu est déjà arrivé et que c’est seulement notre vision tronquée du réel qui intervient et nous bouche la vue. C’est déjà arrivé (la description de la forme qui Existe suivi de ses effets,  soit donc l’être) et c’est notre historicité telle qu’à partir de la méditerranée elle fut poursuivie.

Et ce qui est arrivé c’est la mise en forme du Bord de la réalité et donc l’élévation, l’élaboration, le dressage du réel, comme paroir structurelle (et qui se dit, s’énonce, se représente et surtout se signifie par dieu, la pensée et l’être, le sujet et l’altérité ; elle se signifie en ceci qu’elle n’apparait pas dans l’énoncé mais dans l’activisme intentionnel qui seul perçoit le présent, le réel, le réel position « là », l’autre arc de conscience et sa propre structure de sujet) et son approfondissement ; la ligne très fine et subtile qui sépare l’être de lui-même, mais non pas au sens où il y aurait l’être et ensuite une séparation, mais en cela que la ligne est ce qui existe et que le reste sont des effets. Les choses et les êtres n’existent pas (ils sont, selon l’être), excepté ces êtres spéciaux qui existent comme rapport-à ; ce qui est rapport-à est un ex-sister et non pas un être. Est une indétermination et non pas un déterminé. C’est bien pour cela qu’il épuise toutes les déterminations (tous les mondes humains, toute l’acculturation qui en cesse de se révolutionner, toutes les personnalisations et humanisations qui sont harassées, et même tout monde naturel puisque l’arc structurel de conscience est antérieur au monde, et prend appui sur le réel, le présent qui ex-siste et n’est pas).

Ce qui existe vraiment c’est la ligne, le présent et non les choses ou les êtres. jusqu’alors on admettait tel monde donné là et on en opérait une synthèse (dans une parole, un langage, des échanges, un groupe et sa mythologie générale, etc), et cette fois on sait que l’on produit des contenus et que donc nous ne sommes pas ces contenus mais Autre et c’est cette altérité qui est explorée, cartographiée, dessinée et comme cette altérité n’est pas Dans le monde, elle doit s’élaborer, s’inventer, se créer, se représenter malgré qu’elle ne soit pas représentable et cela qui peut mémoriser cette affectation, cette assignation ce sont chacun des arcs de conscience en eux-mêmes ; la pensée ou dieu ou le christique ou le sujet ou l’altérité ensuite (du 19éme-20éme) effectuent cette assignation à et par chacun, chaque’un.

A partir de ce retournement et renouvellement (les grecs retournent le monde, le christique renouvelle constamment notre structure) chacun a un corps dans ce monde. On juge généralement que grecs et christique ont colonisé le monde et les corps en raison de leur puissance, pouvoir, influence, dans une sorte de vague causalité « idéologique » ; évidemment c’est archi faux ; ils ont colonisé le monde et les corps parce qu’ils manifestent le réel tel quel et qu’en comparaison toutes les autres positions sont, elles, idéologiques (dans la, les réalités) et non pas effectives (dans le réel agissant).

Ce retournement, renouvellement a retourné l’humain comme une crêpe ; il fallait dès lors retomber quelque peu sur ses pattes ; comprendre « cela », cette structure qui permet que nous existions en suspension hors du monde, du langage, du groupe humain ; penser cette distance c’est penser (le reste aussi complexe soit-il est de la représentation, ici il ne s’agit pas de complexité mais de réflexivité, de retour-sur et demande pour ainsi dire un double effort). On pourrait nettement dire que l’on est passé de l’élaboration de cultures humaines, séparées, à l’élaboration de l’acculturation forcément unique (il n’y a qu’un seul corps pour chacun et un seul monde pour tous), tel le passage du cyclique (qui relance le même monde et le réinscrit dans son ordre collectif) au linéaire (de dieu qui intervient dans le monde et l’humain, à la révolution ou Lacan ou qui l’on voudra puisque le processus est dorénavant de révolutionner le donné en fonction de la forme non atteinte de ce donné ; la forme est autre que tout donné, l’arc de conscience est autre que tous ses contenus).

La révolution généralisée qu’intègre, comme processus en tant que tel, l’acculturation de tout et de tous, un par un, est une cessation, un arrêt de toute immédiateté ; il s’agit de remplacer la construction de contenus (de mondes humains ou d’identités ou de représentations) par la conscience de cette production ; on crée librement un contenu mais ici il faut penser que le libre même est la structure ; que donc le contenu qui constituaient l’horizon indépassable est relativisé et qu’un autre horizon se lève qui doit être représenté lui-même malgré qu’il ne passe pas dans la représentation ; raison pour laquelle chacun doit et se doit de devenir cette conscience, cette distance ; il n’y a que les consciences qui puissent penser des non-contenus, des structures ; vous n’êtes pas le monde mais la pensée du monde, vous n’êtes pas votre corps ou votre vie mais la conscience de votre vie ; cela veut dire que de fait vous vous situez à l’extérieur de la pensée, comme du monde, et à l’extérieur de votre psychologie, du psychique comme du corps ; si l’on perçoit le monde, le langage, les choses, le corps, le vécu c’est que l’on existe d’un point-autre.

De deux choses l’une ; soit le point-autre est relatif à un contenu, soit il existe en lui-même et par lui-même. Soit la conscience est prise dans ce dont elle est conscience, soit elle déploie sa propre dimension (dans laquelle se déroulent indifféremment les contenus). Ou donc ; il n’est aucun contenu qui les résume tous ou aucun être qui synthétise tous les êtres ; si dieu existe il est une conscience, une intention et non ce qui est intentionnalisé ; croire que l’on puisse réduire le regard intentionnel de dieu ou du christique ou du sujet à tel ou tel contenu de pensée est absurde. Croire que le regard est stupidement subjectif et toute la valeur enclose dans l’objectivité est absurde ; la cohérence qui rend possible n’importe quelle objectivité (ou subjectivité) est plus grande que celles-ci. C’est la description de cette cohérence, de structure, antérieure à tous les contenus qui est entreprise par l’occidentalisation ; elle est faite pour cela.

Ce qui se tient de l’esthétique ou de la politique, de l’humanisation ou de la personnalisation qui s’en suivit, s’utilisent afin que l’acte de conscience se précise, se distingue, se perfectionne et, étant non pas hors du monde et du corps mais tout indique que le mouvement se tient en tant que Bord du corps et du monde, qui en tant que Bord travaille immédiatement, extensivement comme les grecs et intensivement comme le christique, le donné, la perception, le vécu et progresse, avance dans la réalité en créant évidemment ces réalités, ces réalisations ; dans le rapport qu’est tout arc de conscience se produisent quantité de distinctions ; détenant le secret du rapport (qu’est notre être, qui est donc une ex-sistence, une structure mais ouverte et active et autre qu’elle-même, bref un rapport, une intentionnalité vers le monde, les autres, elle-même comme identité ou comme étant ce rapport lui-même, ce que désignent dieu, la pensée, le sujet et l’altérité) se produit le dit rapport comme telle esthétique, telle politique, de sorte à avancer dans le retour que nous offrent cette esthétique ou cette politique, avancée comprise dans le rapport et le tissage.

Ce qui compte ça n’est pas l’œuvre mais le retour qu’elle contient et qui cisèle notre regard, notre intentionnalité, notre stratégie et nous amène sur le Bord qui devient le point de regard, invisible, qui perçoit tous les visibles ; qui devient ce qu’il est, mais inaperçu, et qui se soupçonne par telle œuvre, poétique, éthique, idéelle, philosophique, qui se présuppose ce qu’il était déjà, mais inconnu et non manifestable, excepté alors que selon les œuvres le point de perception, de rupture vient au-devant dans le monde et se signifie ; de sorte qu’il puisse, toujours dans les extrêmes limites de sa structure, et repêché du bout du monde, du vécu et du corps,  qu’il puisse de signifiant en signifiant créer sa stratégie, son intentionnalité de structure.

Le regard que crée l’œuvre et qu’elle oblige à instancier (sinon on n’y accède tout simplement pas ; il n’y a que le moi qui croit que les images sont immédiates ; le moi roule sur la stéréotypie qui reproduit son schéma, jusqu’au ridicule) formule une stratégie, intentionnalisatrice. Et ce à quoi cette formation, cette information, instruction de l’acte de conscience s’adresse à l’extrémité du monde, du vécu et du corps.

C’est le tissage de cette structuralité intentionnalisatrice et signifiante que tout se tient ; le moi peut bien ne pas se trouver lui-même, jamais, le regard qu’il se porte est lui structurel et ne cessera pas ; ce regard sur lui-même, le rapport, est plus grand que tout le vécu de ce moi, et ne vient pas du moi (c’est l’inverse, mais l’inverse est non-accessible… bien qu’on le sache absolument et formellement et que toute œuvre nous y re-vient) ; de même que tout moi psychique, psychologique se tient d’un sujet bien plus étendu que cette limitation du moi (ce que Sartre recherche par tous les bouts dans les plus proches densités effectives).  C’est le tissage des signifiants qui tient le monde et le corps : on se perçoit du Bout du réel. 

De où pourrions-nous percevoir ? Sinon du Bout de la réalité ? À revers, à rebours. Sinon de quelle partie du monde, qui déjà nous en boucherait la vue et rendrait que percevoir soit impossible. Que nous ne percevions pas comme un vivant est évident : qu’y-a-t-il d’autre que le vivant ? Qu’y-a-t-il d’autre qui contienne y compris le vivant ? 

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