Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

La forme de ce qui « est »

14 Avril 2018, 07:51am

Publié par pascal doyelle

On va donc dire que l’on est passé de la perception, représentation de tel ou tel contenu à la structure qui permet de produire « des contenus ». Et donc les mondes humains, divers et variés, les langages ou quelque identité que ce soit, y compris les mois, les personnalisations sont des sortes d’équations qui tentent de résoudre ce que vous avez reçu en héritage, votre passé ou vécu, dont on croit formuler une synthèse qui serait vraie, destinale, finalisée ou équations collectives de tel groupe qui croit ce qu’il voit et le synthétise. En réalité  ce sont juste des bricolages, tout est bricolage.  Parce que la forme de la réalité, le réel donc, ne passera pas, jamais, dans le monde, le vécu ou le corps ; aussi doit-on élaborer la structure formelle elle-même et c’est ce qui fut créé depuis que l’on s’est extrait de tous les contenus.

Dieu, l’être ou le un, le christique ou le sujet et la révolution, l’altérité ensuite (lorsque le sujet est effectivement instancié dans la réalité, humaine et historique), s’utilisent comme leviers. Leviers ontologiques. Ceux qui soulèvent la réalité, l’humain et les mondes.

Il n’existe à proprement parler que la structure ; soit donc l’arc de conscience, cette forme ouverte, non close, cette tension vers le donné « là » d’une part et d’autre part le présent, le «là » en tant que fait, pur et brut du « il y a ».

Sauf que le « il y a » nous avons dit qu’il est le présent, soit donc un mouvement et s’il existe un mouvement c’est pour quelque chose, quelque Réel que l’on ignore. Mais alors, donc on se tient sur le Bord.  

Au fur et à mesure du temps, et donc pour nous de l’historicité humaine, on crée des réalités, des réalisations humaines qui de toute évidence entendent s’approcher au plus près des choses mêmes et des êtres tels quels, comme suit.

Si au début chacun n’est qu’au sein d’un groupe humain qui se pense, se perçoit, et se situe dans le donné comme groupe, collectif, Parole partagée, mythologie et mythèmes, et créant alors ce que l’on nomme mise en forme culturelle, il vient ensuite que l’on va non pas découvrir ce que l’humain est tel qu’en lui-même, mais précisément on va créer peu à peu ce que l’humain lentement est en mesure de réaliser, de rendre réel ; autrement dit de la précision collective des communautés cycliques et de la Parole partagée on est passé à la super précision de systèmes non seulement culturels mais d’acculturation qui avance bien plus loin que la seule communauté ; acculturation généralisée depuis la méditerranée, tentée avec dieu et les monothéismes, les grecs, les romains, le christique ; au sens où, par ex, presqu’au final chacun est en charge et doit assumer cette plus grande précision ; lorsque l’humain passe de l’humanisation (révolution, Etat, citoyen) à la personnalisation (années soixante).

Au lieu que le groupe réfléchit, au sens quasi physique, le monde et les corps, chacun doit réfléchir le donné et le coordonner avec les autres « chacuns ».

Il faut le coordonner, et non plus le vivre comme communauté culturelle, puisque la structure s’est avancée dans le donné et les corps et qu’ils ne peuvent être tenus comme un tout organique ou une mis en forme culturelle qui se communique à elle-même dans son monde.

Aussi invente-t-on les esthétiques, les éthiques, les politiques, les idéels (connaissances) et la philosophie qui littéralement ordonne le tout (la philosophie est la discipline chargée de penser que le régime de la réalité, humaine, n’est plus le groupe, mais relève d’une structure autre qui vient diviser et réordonner ce qui auparavant était organiser comme un tout).

On n’Est plus alors, mais on ex-siste ; on sort de. Tout comme nous sommes sortis d’un monde cyclique organisé comme communauté et parole partagée. Chacun est en charge de se coordonner et la démocratie est avant tout la capacité de chacun à se relier aux autres et à admettre, d’abord, qu’il y ait des règles communes tout à fait abstraites et autres qui s’appliquent indifféremment (de toute parole, corps, croyance, identité, etc).

Ce faisant et comme il ne s’agit pas seulement d’une abstraction extérieure, le fait même que chacun repose sur lui-même, sur son chacun, permet, autorise, rend possible à chacun de développer cette individualisation. Et donc non seulement la coordination est objectivement d’une si haute tenue qu’elle se pose comme idéelle, idéale, structurelle, hyper-objective, mais aussi chacun se doit de remuer la réalité, la densité de son vécu et de son corps, et tout ce qui va avec (cad tout, presque). Et de la remuer en tant que sujet libre ; le sens du réel est que l’essence même, tout à fait abstraite pourtant, devient instamment la vérité telle quelle ; il n’est de réalisation que dans le champ ouvert de la liberté de et par chacun ; autrement dit chacun ne peut pas, sous sa liberté, revenir à une contradiction qui annule celle-ci (une liberté qui se voudrait esclave par ex, non seulement ça n’est pas pensable, sans contradiction, mais de plus une fois esclave tous les possibles du sujet libre sont annulés, et le monde, le vécu et le corps sont écrasés sous une définition).

Que la structure se soit avancée jusqu’au corps et jusqu’au monde donné là objectivement et réellement, ne veut pas dire « l’universel s’est imposé dans le donné particulier ». C’est le contraire ; il n’y a eu, il n’y aura d’universel que si il existe l’individué structurel ; l’universel est par rapport à la structure, individuée, et donc le reste n’existe pas. Sans la structure individuée l’ensemble de tout le rassemblement de tout l’universel possible est inutile et absurde ; et on remarquera que si le communisme compte les besoins, pour définir l’humain générique, le libéralisme égrène les désirs ; il n’y a que la constitution qui affirme le un de chacun. Tout le reste est obsédé de le dénommer et de l’étouffer en le saisissant par un regard extérieur qui rende manipulable, manipulé. Et il ne demande pas mieux, puisque son être (pas son exister, mais son être) nait de et par la parole, le regard des autres, le statut ou les rôles, et n’importe quelle image ou quel signe qui lui venant de l’extérieur lui semble immédiatement indubitablement vrai et plus réel que son propre regard ; lequel est marqué, apparemment immédiatement, de subjectivisme.  

Ou donc la constitution, qui affirme la prévalence du sujet, fonde tout entièrement tout le reste sur cette prédominance ; non pas sur le subjectif mais sur ceci que dans le « corps humain » il est un articulation, réelle et hyper objective, qui soutient tout le reste. Et que donc laisser tomber cette articulation c’est tôt ou tard laisser s’effondrer toutes les universalités, toutes les esthétiques, éthiques, idéels, connaissances, finalités, etc.

Nommons cet individué le « je » (au sens où dans l’énoncé « je suis Jean-Pierre » on voit bien qui est J-P mais qui est « je » ?) Ce qui est vrai, et réel, sauf que si ce je est la seule possibilité du réel (et que tout le reste appartient au monde) alors il faut que ce je existe (et ne soit pas étouffé). Ce qui, en retour, veut dire que le je, chaque je doit s’élever jusqu'à son degré réel, à savoir que seul il prend en charge le réel (et qu’il cesse de geindre sur sa subjectivité supposée, sa subjectivité est seulement supposée, dans tel ou tel discours qui l’écrase). Seul il prend en charge le réel et seul cela signifie que l’on ne peut en aucune manière l’aider (le christique est venu l'aider, en son temps, le relever, le libérer). Personne ni rien. Par contre il faut l’entourer de suffisamment de sureté pour qu’il ne retombe pas dans la nécessité ; les nécessités (soit donc le malheur et les difficultés) lui bouchent la vue. Mais la sécurité étant plus ou moins acquise, il devra s’en décider, seul et sans personne.

On n’a pas accès à « soi » sans en passer par ce (soi) ; non pas une figuration de ce soi, mais selon le principe bien plus exigeant qu’il ne passera pas dans le monde, ni le vécu, ni le corps, parce que le (soi) est plus grand que son expression, sa représentation, et quelque part plus loin que la perception, étant cela qui perçoit ; on perçoit via les yeux vivants, mais l'humain organise la perception en une autre-surface, de même que le christique vous crée un autre-corps, c'est son historicité, son intrusion dans l'historicité. Rien de spontané ni de donné, mais tout en construction, puisque originellement dans le mouvement qu'est le présent qui s'articule comme activisme de conscience.

Puisqu’il n’est pas dans le monde (si il l’était il n’existerait pas, et rien n’existerait pour-lui ; pas de monde, pas de corps) il est impossible de ne pas s’y confronter en tant que tel : formel. Si il était une identité ou une âme ou l’esprit, universel ou non, il y aurait un face à face, un face-à-quelque chose, mais comme ce (soi) est un Bord (celui du corps ou du monde), pas moyen de négocier, avec ce qui n’est pas composé. Et l’incomposition de notre être, qui dès lors n’est pas un être, est ce qui jette le trouble et un trouble bien antérieur à toute dénomination, signification, intentionnalisation ; que l’on ne sache pas par où se prendre, soi, c’est justement ce dont il est question.

C’est aussi pour cela que le sujet kantien est inaccessible, ou que le christ vous touche du regard qui vous crée (une âme) ou dieu qui vous le demande (quelque réel impossible dans ce monde) ou le un ou l’être (dont la trame permet de penser sans qu’elle soit pensable) : ça vient de « là ». À savoir cela vient de ce qui n’Est pas mais Ex-siste.

Que ne cela ne soit pas, veut dire que l’on a construit ce qui se nomme « démocratique » afin de chacun tienne son être donné là en paix et au calme et que l’on ne soit plus poursuivi par les nécessités ni les violences (On eut tôt fait de remplacer ces béquilles que sont la nécessité naturelle et la violence guerrière, par la concurrence puis la dette) Ecartant les contraintes il s’agissait que chacun soit à même de poursuivre en sécurité sa propre transformation ; que les mois deviennent des sujets. Ce qui n’arriva pas, ce qui n’arrivera pas de ces générations-çi, qui sont emberlificotées dans des finalités immédiates et de pauvres humanisations, des infra-intentionnalités, des tactiques déplorables sans plus aucune stratégie.

Infra-intentionnalités qui abîment l’intentionnalité de chacun. Qui ne permettent plus du tout de remonter le long de la pente (qui tombe vers le bas, du coup). Tout tombe vers le bas et plus on tombe moins on remonte (…)

Rappelons que le programme consistait a priori en ceci ; que la structure ayant été découverte et créée (elle est à la fois découverte et créée, puisqu’elle est formellement le Bord et que le Bord du monde n’est pas le monde, déterminé, et doit donc en tant que Bord se produire dans le monde sous des signes), elle se déployait comme dieu ou intention universelle ou comme pensée et intentionnalisation en plus du langage et du groupe, puis comme christique qui crée de son regard votre regard, votre intentionnalisation de votre vécu et de votre corps, un par un, et que de fil en aiguille en somme la structure vient de plus en plus profondément structurer la réalité humaine ; de l’humanisme universel de la révolution (avec sa dérive communiste strictement universaliste ou sa pente libérale intimement individuée et dans la société civile) à la personnalisation de cet humanisme ; la personnalisation est la finalité de l’humanisme (sinon on ne voit pas pourquoi on y adhérerait, l’aimerait, le maintiendrait, mais en même temps trop d’individuation détruit l’universel).

La finalité est d’une part de rendre réelle l’humanisation et la personnalisation mais que ceux-ci soient juste le prélude à la réalisation de la structure ; ce qui évidemment ne se voit ni dans l’humanisation, ni dans la personnalisation, qui se donnent pour leurs propres et seules finalités ; en  réalité humanisation et personnalisation se rendent réelles afin de passer à autre chose de plus intéressant (que l’humain et la personne). L’humain et la personne, dont on ne peut rien retrancher, qu’il faut même révolutionner et améliorer (on en est loin puisque l’on veut encore les réduire à des nécessités et contraintes de substitution, libérales ou jadis communistes) l’humain et la personne ne sont pas en eux-mêmes des finalités ; c’est bien pour cela que dieu ou la pensée ou le christique ou le sujet s’adressent ailleurs et autrement.

 

Toute la question est là. On ne sait pas ce que « cela » nous veut. L’occidentalisation n’est pas une réponse à, mais une analyse de. Dieu, pensée, sujet s’utilisent au sens à la fois de véhicule et de trajet, afin d’analyser, de pénétrer techniquement dans le mystère, dans l'articulation même de l’exister, repérée (par les grecs et le christique) et analysée (ensuite), dans l’articulation conscience/réel, intentionnalité/présent, réel/réalité.

La question est la même que de toutes les époques et toutes les civilisations, sauf que l’on a voulu s’encastrer dans le réel ici même en repérant la jonction réel (indéterminé, structure, forme, sujet) /  réalité (détermination, contenus de conscience, donné là). Considérant que l'ici même est ordonné selon la cohérence originelle.

Que le structurel se soit nommé « sujet » veut dire que l’individualité repose sur une base bien plus vaste que l’interprétation subjective du sujet ; comme Hegel dit que l’esprit est devenu sujet avec Descartes, cela signifiait qu’il trouvait en appliquant la logique de sujet une possibilité plus grande de l’esprit (sinon limité à l’entendement non dialectique) et lui permettant de saisir les deux phénoménologies (conscience historique et savoir dialectique, et offrant un énorme savoir de « soi ») ; c’est bien en cela également que tout moi est pris lui-même dans une possibilité (autrement dit puissance) plus grande (non seulement infra et psychanalytique mais aussi supra et historiciste, tenant au devenir de la structure depuis 30 siècles, en ceci que chaque je doit réintégrer la totalité du devenir de structure qui le précède).

Si dans le moi ou la pensée il n’existait que des notions ou des déterminations et que ces déterminations soient la substance même, il est évident que la pensée ou l’esprit de dieu ne s’y retrouveraient pas ; il n’y a pas un ensemble de déterminations (système de pensées, esprit, ou identité du moi) qui contiendrait l’acte de conscience-de. Du reste dieu ou le christique ne pêchent pas, ne demandent pas votre « pensée » mais votre intention ; l’augmentation grecque (selon l’universalisation de l’intentionnalisation) et l’intensité christique (intensification de chaque vécu et corps et création de l’historicité du sujet) ou l’accélération cartésienne du structurel (qui se répercute sur l’étendue du monde donné « là ») ne sont pas des contenus mais effectivement et dans l’effectivité même de la structure, en tant qu’elle existe sur, dans, par le réel, un corps projeté sur la surface du donné via la perception qui n’est jamais plate mais retorse. Engageant tout l’activisme de conscience-de. A la racine, que creusent abruptement Nietzsche et Heidegger en en renommant tout selon l'altérité, et à la racine qu’analysent Sartre et Lacan. 

Que ce soit via les universalisations (esthétiques, éthiques poétiques, politiques, idéels) ou via les particularisations, les acculturations et personnalisations, mass et micro médiations, perceptions non plus générales et idéales mais syncopées, crevées, décuplées dans la perception même de chacun ; Don Quichotte est un exemple de basculement de l’idéal dans la réalisation déroutante et le concret perçus cependant dans la même intentionnalité.

On pourrait alors comprendre que sorti de l’universalisation on tombe le nez dans la particularité (ou la subjectivité), or tel n’est pas le cas … Kant sup-pose sous le monde le nouménal du sujet ou l’ensoïté  des choses c’est afin de se demander ce qui dans la réalité, qui n’est en rien universelle ; l’universel est universalisation des déterminations particulières dans des systèmes de rapports, des idées, des lois, etc, et il n’est rien au bout de l’universalisation sinon la structure qui produit des rapports et est elle-même le rapport en-deçà, celle qui ex-siste, et est capable de supporter, de porter y compris l’universalisation ; elle n’est pas infra-universelle, ce serait absurde, mais supra-universelle, au sens d’une plus grande cohérence et non d’une finalité éthérée et hors de portée ; si elle était hors de portée elle ne serait pas ici ; et étant ici elle ne peut pas doubler les déterminations de la réalité par d’autres déterminations et encore moins ces déterminations universalisées (que sont les pensées, les esprits, les lois, les logos) ; et étant ici elle est le présent et le présent est mouvement, la substance même de la réalité (qui elle-même se disperse dans le sable des atomes et des particules) est mouvement, ce qui veut dire présent, et donc le présent est la cohérence même.   

Commenter cet article