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instants philosophie

Mouvement absolu qu’est le réel

21 Avril 2018, 08:55am

Publié par pascal doyelle

C’est pour cela que n’existe que le présent.

Durant 30 siècles, on a donc, difficilement, cessé de penser selon les contenus ; on ne croit plus à ce que l’on se représente (et partage entre soi dans tel ou tel groupe) et on sait, dorénavant, que l’on produit de tels contenus ; si les contenus sont produits par notre intention, alors on ne peut plus seulement les percevoir comme monde-parole-groupe-mythologie (expliquant pourquoi il existe ce groupe humain, les mayas par ex, dans ce monde tel que perçu, échangé, vécu), et de ce fait on doit se demander : qu’est-ce que c’est qui produit des contenus et qui n’est pas lui-même un contenu ?

Il n’existe pas de système qui serait la forme et le contenu, un monde clos, tout-fait, unanime, à la fois un et totalité, et donc il existe un mini-système qui crée ces contenus, ces représentations, ces mondes, ces personnalités, etc. ce mini-système c’est ce que recherche l’occidentalité, l’occidentalisation, la structuralité depuis la méditerranée ; dieu, pensée, christique et sujet, conscience (au sens de structure, non au sens d’être qui aurait un sens) et altérité (Sartre et Lacan, Nietzsche et Heidegger, mais aussi les sciences qui exposent les causalités, Freud, Marx, Einstein qui offre un aperçu transcendant sur la réalité enchâssée dans le réel du Point formel ; n’existe que le Point).

On peut répondre selon ces grands arcs qui prennent intégralement tout notre être (donné et déterminé) se situant en-dehors ; dieu/le un tout-autre, le christique/le point-autre, forment de tels arcs  (des arcs in-déterminés et donc qui permettent de structurer, d’organiser l’attention, la focalisation de la conscience dans le donné et en l’occurrence le vécu, l’échangé, le partagé, la parole, et surtout ses, sa stratégie générale, concernant l’éthique ontologique, qui engage tout l’être puisqu’elle se structure non à partir de l’être, de « ce qui est », mais à partir de l’exister, du « fait qu’il y a »). On peut répondre via les articulations de la pensée ; l’idée, l’être, le un méta-organisent les intentionnalités nouvelles inventées par les grecs (qui sur-intentionnalisent le langage, le commun, le partagé habituel, et autorisait chacun qui s’y efforce de créer ou découvrir selon cette invention ; l’universalisation de l’intentionnalisation du monde qui passe outre le langage du groupe, la perception du groupe, les échanges du groupe humain en cause).

On peut répondre qu’il s’agit de l’altérité (du monde objectivisé par les sciences, de la Volonté nietzschéenne, ou de l’Etre de H) ou dieu ou la pensée ou le sujet, qui imposent, tous, des Exigences absolument surhumaines, extrêmement difficiles ; Sartre et Lacan ne sont pas en reste sur Nietzsche ou H, tout autant que Dieu et le christique, le sujet et la pensée ; rien ne vient sans effort.   

Il est ainsi  rendu possible d’avancer dans la structure qui s’articule au donné tel que « là » ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan. Ce par quoi l’on VOIT qu’il n’est pas de correspondance entre ce qui intentionnalise et les intentionnalisés, la forme et les contenus.

Il n’ya aucune autre porte. Inutile d’attendre une sorte de programme ou de doctrine toute objective qu’il suffirait d’exposer aux yeux de tous, et que chacun intégrerait aisément ; c’est le sujet qui devient, pas le moi qui se remplit d’on ne sait quelle théorie idéologique imagination verbeuse ou secondaire. Et donc il faut lire Plotin ou Descartes ou Nietzsche et surtout comprendre qu’il s’agit d’un seul et unique plan, vision, visée, possibilité qui explore toutes les facettes. Si il existe tant de variations ça n’est pas que le Un contiendrait ces diversités, de systèmes (ou d’esthétiques ou d’éthiques, de politiques, etc), c’est que le Un qui est très-simple, rend possibles ces explorations et ses structuralités ; par exemple il est vrai que les mathématiques sont vraies, mais rien ne dit que les mathématiques ne sont qu’une partie de sorte de mathématiques encore plus étendues et qu’il puisse exister ou existe effectivement sous d’autres cieux d’autres mondes, des ensembles pharamineux (sous-entendu ; c’est bien ce dont on s’est aperçu depuis le dépassement d’Euclide par les nouvelles possibilités mathématiques depuis le 19éme).

 

On garde donc sujet mais au sens de structure ; il est des structures, une par une, c’est pour cela que l’on peut les nommer sujets, au sens où il y a un je qui n’est pas le moi, mais qui est un je quand même ; et un je capable de tout le reste. La pensée qui ne garde pas que le sujet pense annule le sujet et donc la pensée. Pour les grecs la pensée n’était certes pas l’individualité mais se présentait à elle-même comme une, unité de laquelle on devait participer (idée, être ou un). Pour le christique il est un seul christ et Corps mais qui nous fait-exister comme âme-et-corps. Participant à la pensée et créé par le regard christique on parvenait à son être individué séparé ; centre accepté du décentrement qui permettait l’augmentation de notre être, de notre perception, de notre pensée, ou l’intensification de notre vécu et finalement pour les deux, de notre intentionnalisation démultipliée par l’idée et le regard.

Le statut du sujet (qui-pense ou christique) est prodigieusement le lieu absolument formel, et donc hors de tout champ ; ni subjectif ni objectif. Le lieu kantien par excellence, la négativité hégélienne, la suspension cartésienne ou l’épochè husserlienne ; en bref le faisceau sartrien effarant et effaré.

Autrement dit le sujet est individué mais c’est justement ce pli à la surface du réel qui supporte, porte, admet, crée tout le reste ; soit donc une structure hyper objective, hyper réelle, ce que l’on simplifiera par réelle tout court. Il s’agit d’une individuée structure qui autorise tout le reste et permet de s’élever au plus haut possible, au plus étendu, au plus grand. De là que l’on suppose que la réalité est doublée d’un réel et ici le réel n’est pas situé au-delà, à côté, au-dessus, au-dedans intérieur, ou on ne sait où, mais le réel est le présent.

Ce qui veut dire que tout réfléchit. Le présent précède toutes les réalités, les choses, les êtres et est la finalité (qui ne nous quitte jamais, tant que l’on existe) et tout ce qui est n’est que dans le pli absolu, formel, du présent ; tout est articulé veut dire non pas que tout, qui serait là, est, ensuite, articulé, mais que l’articulation est d’abord et qu’il n’existe qu’elle et qu’ensuite se développe toutes les réalités, en second et nées de.  

Dès lors cela seul qui existe est le mouvement et c’est le mouvement qui devient, comme mouvement. L’idée et la pensée, le christique et le sujet, l’altérité et le réel sont les repérages précis du mouvement ; dessinent la Possibilité en tant que la Possibilité est la nature même du réel. Non pas mouvement afin de se figer, mais c’est littéralement le mouvement qui s’existe.

L’articulation est donc cela seul qui existe. Le reste ce sont des effets. Et l’articulation est toujours déjà constamment là, présente antérieurement à n’importe quel moment ou chose ou être. Et dans l’exister, le présent se déploie un pli second : la structure de conscience, qui est juste et rien que un rapport. Autrement dit de même ; il n’est d’identité que dans le rapport. Jean-Pierre n’est pas d’abord mais d’abord ex-siste une tension qui sort de la cervelle et qui se donne comme identité d’être Jean-Pierre ; dommage que J-P croit n’être que lui-même.

Que la forme prévale sur la réalité des choses et des êtres, cela signifie ceci que l’apparaitre des choses et des êtres est plus important que ces êtres et ces choses ; l’humain c’est le vivant qui crée une surface, un apparaitre, fait de signes, fabriqué par des signes. Si la réalité est parvenue à cette évidence qu’un monde soit, un monde stable d’entités suffisantes et en vérité tout à fait imposantes (un être vivant d’un mètre quatre-vingt est gigantesque par comparaison aux particules), c’est afin qu’il s’y produise des êtres percevant et ayant accès à une interface de signes qui permet de modifier les réalités sans intervenir d’abord directement dans ces réalités ; comme nous naviguons à la surface on s’y arrange et demeure en capacité de se modifier et il s’avère que cette interface est bel et bien efficace ; elle meut les réalités et les corps sans intervenir comme structure atomique des choses ou adn des êtres. Ce qui est stupéfiant. Mesure-t-on vraiment la bizarrerie qui permet d’atteindre les réalités en ne passant rien que par l’apparaitre ? N’est-ce pas l’invention la plus mirifique de la réalité, du monde, du donné que ce court-circuit ? Qu’il y ait une interface.

Ce faisant il faut élaborer cette interface. Et ça se corse. Non seulement l’empire des signes doit interférer dans le donné du monde et des corps, mais aussi se gérer et s’ordonner lui-même ; or les signes ne sont rien que des rapports et ce qui fait lien c’est un être tout à fait spécifique qui est lui-même un rapport et n’est que cela. C’est pour cela qu’il existe et qu’il n’est pas. Le réel est le mouvement, le mouvement est le présent. Tout est dans et par le mouvement. Même le divin (si il existe) est par le mouvement, et pour l’instant nous ne constatons objectivement que le surdivin ; soit donc la possibilité qui manifeste que ce qui existe est plus réel que l’être (qui est seulement le donné, l’effet, la réalité), que le réel est plus grand que lui-même (et que probablement il s’agit de la loi réelle de ce qui est ou existe ; que le plus grand en ressortira, de plus en plus infini).

 Il n’est que cela rapport à (soi) mais dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même ; et ce rapport à lui-même (dont on a pu nommer l’être comme esprit ou dieu ou sujet substantiel) n’est cependant pas du tout un « être » ; on supposait qu’il soit un être, dans la mesure où durant des siècles il fallut le cibler, le construire, le rendre réel et cela veut dire de créer les intentionnalisations qui lui permettent de se représenter, et donc de représenter tout aussi bien la réalité, les réalités, et qu’il prenne en charge donc l’altérité, toute l’altérité ; le monde, le donné, le vécu, le corps, les échanges, etc. comme on pensait ou réfléchissait ou créait ou inventait à partir du Bord non seulement on a effectivement augmenter le Bord mais ce faisant, puisqu’il s’agit du Bord du monde, du vécu, du corps, tout ce qui est-dans le monde, dans le vécu et le corps est bouleversé de fond en comble. Ce qui fut fait.

C’est bien en ceci que la forme (qu’est le réel de la réalité) n’est pas une indétermination molle et vague, mais la structure qui crée, qui découpe, la lame qui distingue. Et c’est précisément cette lame qui une fois activée, divise et crée, altérité pure et brute.

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