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instants philosophie

Cela – qui avance

1 Septembre 2018, 08:10am

Publié par pascal doyelle

Comme il n’aura échappé à personne, le réel est en mouvement. On peut se bercer d’une illusion fixiste, mais la structure de la réalité est en acte : et donc aboutira à quelque réel inconnu. Inconnu puisqu’il est en cours. Mais précisément il est un acte et notre être n’est pas un être mais tout pareillement un forme et donc c’est dans la structure de cet acte que l’on travaille, que l’on avance, explore et à partir de cet acte que l’on perçoit (ressent, désire, décide, imagine, pense, etc). Et étant une activité, elle peut tout aussi bien se tourner vers elle-même, on dira de fait que c’est plutôt requis ; il serait absurde qu’une activité ne se connaisse pas. Une chose n’existe pas isolément mais dans son milieu et est la mise en place de réponses à ce milieu. Conscience se dit de cet objet qui a rapport à soi et qui plus est qui est le rapport qu’il a. Il existe donc absolument comme avoir : autre que soi, le soi étant la forme, le rapport et l’avoir tous les contenus en nombre indéfini. Et cet être dont la structure est dite « de conscience » est alors encore plus franchement un acte formel ; c’est une chose qui se rapporte à elle-même et donc pas une chose du tout.

Et même lorsque l’on définit, apparemment, un objet, une chose, un gros objet, l’être, ou un énormissime objet, dieu, on fixe un mouvement ; au sens de fixer comme regarder et fixant dieu ou  l’être on bouge, on se meut ; dans tous les cas on ne peut pas ne pas se mouvoir (ce qui fut nommé dialectique par Hegel, la conscience positionne toujours bien plus que l’énoncé ; il n’y a d’énoncé que dans un horizon, mais alors quel est cet horizon?). C’est bien pour cela que dieu, l’être ou les choses se sont diversifiées ; pas parce que nous serions impuissants ou désordonnés, mais parce que le mouvement, lui, est absolument certain et formel, et qu’il joue de toutes ces représentations. Et malgré les diversifications il existe quelque réel comme dieu, comme l’être, comme la pensée, comme le sujet, comme l’exister. L’ensemble servant à mettre le doigt dessus.

Ce qui ne veut pas dire que le mouvement ne ressemble pas du tout à dieu, à l’être et la pensée, à la chose et aux réalités. Mais il est clair que l’occidentalisation (ce long processus qui élabore l’analyse de l’articulation au réel donné là) entend avancer dans la compréhension et présuppose le un antérieur, le un sous la forme d’un « rapport absolu », formel : la transcendance en laquelle existent toutes les immanences, de présupposer cet Un en le comprenant (et non seulement y croire ou l’imaginer, croyance et imagination qui ne dispensaient pas du tout de penser, loin de là, mais la « pensée » au sens d’occidentalisation est l’analyse et l’analyse du Fait – le fait du monde (l’être) ou le fait du corps (le christique, le sujet, le moi) – s’agissant d’entrer dans la description de l’arc-ticulation arcboutée au réel). On analyse donc notre être comme structure intentionnelle, qui s’arcboute dans la structure du réel, qui se donne pour nous comme présent et donc le présent est l’acte, tel qu’ici et maintenant il est pour nous accessible.

Autrement dit loin que qualifier le Un d’éternité, d’infini ou ce genre de dénominations, éclaircisse quoi que ce soit, il faut dire ; le Un est ici même le présent.

Et le présent est une articulation et notre être de conscience est articulé lui-même dans ce présent. Et depuis le début il s’analyse.

Du mouvement

Le Un  sera un mouvement, un acte, un possible, une puissance qui sera toute. Le Un est en cours, et il sera toujours en cours d’exploration de son réel ; et c’est bien parce qu’il est en acte qu’il est toutes ces réalités, ces mondes, ces univers peut-être, ces mondes humains diversifiés en tout cas (et probablement des quantités d’autres ailleurs). Si le un était cette sorte de fixité molle ou inerte, qui fut décrite mille fois, on ne voit pas pourquoi une réalité existerait. Pourquoi le Un, parfait et monolithique sortirait-il de lui-même ? Pour qu’il existe des mondes, il faut que le Un soit un devenir et pour qu’il soit un devenir qu’il soit intégralement et des pieds à la tête suivant la logique de l’altérité ; autre que lui-même, et cela ne peut tenir que d’un mouvement, d’un rapport ; le réel ne pouvait pas être autrement qu’un Rapport (et ainsi brutalement engendrer quantité de rapports) ; un Rapport, une distinction. Il vous demandera donc de vous distinguer. S’il était cette fixité qui se dorlote, à quoi servirait-il et quel sens possèderait-il ? SI le Un est absolu et formel mouvement qui se distingue et s’entraine le plus haut possible, il requiert tous ces mondes afin de distinctions, de distinctivité.

Pas seulement de vous distinguer selon l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel et la pensée, l’intellectif, mais bien de vous distinguer selon la structure qui origine tous ces domaines, qui origine l’humanisation et la personnalisation, de vous distinguer en et par l’intentionnalité, l’intentionnalisation, qui existe antérieurement aux esthétiques ou aux pensées ou aux mondes humains ou aux vécus et aux corps. On ne sait pas exactement ce dont il est question… On le voit bien si l’on tente de se repérer à un immense contrechamp exploratoire du réel de structure (le christique par ex, la pensée grecque, le sujet de Descartes à Lacan et malgré que toute cette élaboration avance fabuleusement) ; c’est justement cette structure et sa possibilité qui est fondamentalement, essentiellement, absolument, cad formellement, en jeu ; parce que cette structure possible est la possibilité. Unique. Il n’y en a pas d’autre ; toute autre présuppose l’arc de conscience, l’acte de conscience, l’intentionnalisation et ses stratégies et dedans ses tactiques limitées. Vous avez un corps, un monde, une humanité, un langage, une pensée, etc, parce que vous avez intentionnellement conscience-de. Et que cette conscience-de est un décalage ontologique. Qui engage l’être, dieu, l’exister. Bref de toute manière le présent décisionnel.

Que vous ayez structurellement conscience-de du corps veut dire que vous posez le corps dans un horizon et c’est au bout de cet horizon, si l’on peut dire, que vous vous tenez ; votre position est « au bout », et donc sur le Bord. Sur le Bord de la réalité, sur le Réel.

C’est en ceci que le réel nous soumet à une épreuve, et comme de réel il n’en existe qu’un, il s’agira de l’épreuve même, de celle qui juge de tout, éternellement ou atemporellement de tout. Et comme il n’est pas d’extériorité à cette épreuve puisqu’il n’est pas d’extériorité au réel, alors cette épreuve est celle qui se juge elle-même. Elle consistera en ceci ou cela qui fut promis, qu’elle l’ait tenu ou non, mais par contre qu’elle l’ait véritablement voulu impérativement. Si elle cesse de ne pas véritablement se vouloir (au sens non pas du conscient mais de l’intentionnalisation) le monde la mangera, la dévorera. Elle tombera, tout d’elle-même, naturellement, en éléments dispersés. Structurellement son intentionnalité s’effilochera le long de ce qu’elle n’a pas tenu.

Si mouvement il y a

On comprendra par là, en prenant quelque distance, que l’on considère le réel comme une chose articulée et donc pas du tout comme une chose … de sorte qu’elle ne sera pas, cette non-chose, réductible à un discours de raison, pas plus qu’elle ne pourra se représenter ; c’est pour cela que l’on désigne la non-chose comme ceci : seul un acte de même nature peut signifier, signifier, montrer, désigner du doigt et percevoir, seul un acte idoine peut signifier l’acte que le réel est.

Et c’est précisément ce que voulut la philosophie ; représenter le significatif, le signe ; Descartes ne dit pas seulement ceci ou cela, il le montre, en acte ; on a exploré le signe, la monstration et noter les déplacements sur la carte, la carte du réel. Tous ceux qui croient que l’on a voulu nommer des réalités, du monde, bien malléables, sont à côté. De même que tous ceux qui jugent fixes et figés dieu, l’être ou le sujet ; ils n’ont pas compris. Comment peut-on ne pas admettre que personne de ces êtres attentifs et méticuleux ne s’est égaré ? Qu’ils expérimentèrent nécessairement le réel et rien d’autre (puisqu’il n’y a rien d’autre, et que le réel est plus grand que lui-même).

Si il ne peut ni être penser ni être représentée, il ne faut pas de là croire qu’on le saisira hors du monde et de la réalité ; puisqu’il est la pointe de toute réalité, il implique toute la réalité ; et c’est ce que l’on active tous les jours, constamment ; on est constamment sur la pointe dite du réel et c’est à partir d’elle que l’on avance, que l’on distingue toutes les réalités, les signes, les corps, et parce que l’on avance à partir du présent qui vient (autre perspective hégélienne). Et comme dit il dépend de nous, de chacun, de chaque acte, de chaque décision que l’on engage très singulièrement le présent ou l’acte ; ça viendra d’au-devant d’autant plus qu’on le voudra.

Mais qu’on le voudra évidemment d’une manière très-étrange. Ça n’est pas la volonté consciente et sûre d’elle-même, mais c’est la troisième substance cartésienne, celle qu’on ne sait pas ; c’est non la « volonté » mais l’intentionnalité et on ignore où se plonge et se prolonge l’intentionnalisation. C’est bien ainsi que le tomber-amoureux du moi (sa grande expérience ontologique) le tient en haleine par le devant ; il se perçoit ou est perçu ou perçoit tout soudainement à partir de l’autre ; emais qu’est-ce qu’il connait de l’autre qu’il suppose ? Rien du tout ou quelques signes, et réverbérant l’exubérance affolante de « qui voit ? qui regarde ? ». Expérience impossible et pourtant c’est cela même qui est vécu et éprouvé. Et qui échappe totalement au moi (et à qui que ce soit) ; on ne peut pas percevoir du point de l’autre. Et donc se précipite (au sens chimique) dans l’interstice que l’attirance nous crée, se précipite que se crée justement notre être et le monde et la perception, en bref tout. Mais alors de où ??  Puisque cette pointe de l’autre qui attire est justement l’intentionnalité et que l’intentionnalité est la structure même qui rend tout le reste possible. Le miroir sans image.

Et voila que l’intellectif (idéel de connaissance ou pensée de la philosophie), l’esthétique ou l’éthique ou la politique, etc, ne servent que si se crée dans l’arc de chaque conscience une activité, une hyper, super, extra activité et même une méta activité ; une activité qui outrepasse le donné, le connu, le langage commun, les habitudes, le passé et l’identité même de chacun ; une activité en plus, parce qu’elle vient du devant, du présent, qu’elle vient vers vous.

On a signifié par dieu ou l’universel ou l’œuvre ou l’engagement, éthique ou politique, un tel décentrement ; à savoir que l’on abandonne le centre qu’est l’identité pour se convertir (on se convertit aussi au sein d’une communauté bien que cela revienne à « une » communauté… ou se convertit pour une famille ou un groupe, bien que cela revienne « aux miens » ; toutes choses nécessaires mais qui ne fonde pas d’ensemble, de forme). Parce que ce qui va nous juger c’est précisément l’abandon ou non de l’horizon impossible au profit (à tous les sens imaginables) de telle ou telle partie du monde. Toute focalisation sur une partie, ayant perdu l’horizon, disparaitra dans le monde.

La question par exemple de la lutte des églises contre la science visait à maintenir l’horizon plutôt que de tomber dans telle ou telle partie du monde ; jusqu’à ce que l’on comprenne qu’il était possible de maintenir l’horizon dans la vue, en une vision, tout en élaborant les parties diverses du monde ; tenir les deux bouts. Or on n’a absolument pas su réguler et l’un et l’autre ; non seulement dans la vision globale, la représentation d’elle-même de l’espèce, mais également en chaque vie individuelle ; on privilégie toujours la partie plutôt que l’horizon, et l’objet (de désir) plutôt que l’unité individuelle de structure, cad le sujet (et comme le présageait Descartes, la liberté est le plus grand bien, de ce que sans elle rien ne vaut ; c’est la pensée de ce qui dans la liberté excelle et porte (la stratégie plus loin) qui fut construite au fil des siècles ; jusqu’à Sartre, de même que le corps jusqu’à Lacan, comme autre-surface, celle des signes. L’action localisée préférée à l’organisation de l’action. L’économie comme idéologie est seulement le laisser-faire sans pensée du tout, l’inorganisé. Le libéralisme, capitalisme est désordonné, n’est pas un système mais une facilité. Le moi est laissé et délaissé, sinon d’être dépecé par les sciences extérieures. 

L’horizon n’est pas une plus grand universalité, mais se tient comme l’horizon verticalement dressé et réclame votre investissement en et par votre existence ; ce qu’originellement organisait le christique (à sa manière préalable). L’horizon n’est autre que celui du monde, effectivement réel, et du corps tel que renouvelé, et aucune des parties, toutes fantasmées, le seraient-elles par science et connaissance (ce ne sont que des discours-sur).

Que l’on ne puisse pas supporter la structure et que l’on sombre dans l’objet ou la partie de monde, veut dire qu’il n’existe pas de stratégie d’ensemble, ni individuelle ni collective ; la seule pensée collective qui fut proposée, le marxisme, consistait surtout à penser en parties morcelées et recollées (dans un universel, un générique) ; il n’y eut littéralement pas de pensée de la structure en forme de conscience, une par une (de là que tout s’écoule dans un libéralisme du laisser faire et donc de l’illusoire, de l’irréel, du fantasme, de la vie fantasmée, et perçue en définitive par un autre, par l’extérieur, et nullement selon la verticalité d’exister) parce que pour ce faire il eut fallu opérer comme Kant et théoriser la structure elle-même ; et pour théoriser la structure (en tant que structure et non pas comme telle ou telle identité ou idéel ou signe) il faut parvenir à la placer sur un horizon … et cet horizon puisque désormais on est parvenu à l’extrémité du monde (tout le donné est exposé), cet horizon sera la forme même de la réalité, du donné ; à savoir le présent (toutes les autres versions sont des représentés non du réel, et le réel est uniquement tel que « là »). Ou l’exister : le présent est ce qui de l’exister se montre à nous, notre expérience de l’exister se borne au présent. Situant la borne du donné, le présent, alors on peut supposer, ou poser tout simplement qu’il y a « dessus » une structure de conscience. Une boucle sur la surface du réel et cette boucle de conscience est elle-même une surface deuxième, appliquée sur un corps. C’est parce qu’elle est d’un-corps qu’il existe une-conscience (un rapport est intégralement, comme rapport, assigné au Un, comme logique et exister).

On n’a pas pu créer l’élaboration à partir du sujet qui se tienne comme organisant la structure ; le christique est pleinement et originellement la seule capacité de penser et de rendre stratégiquement notre architecture. Sauf que le christique se produit à l’exemple de, à l’exemple d’un seul, le seul qui se tienne hors de la mort, ce qui veut dire le seul qui tienne le point-autre, hors de la naissance-mort ; et donc hors de toutes les intentionnalités et qui tienne structurellement la structure, mais à partir de cet horizon même qu’est le regard christique ; une intentionnalité spécifique donc crée l’horizon des autres je.

Etant entendu que c’est bien ce que voulut Nietzsche par ex et en vérité tout le monde ; entrer en concurrence de stratégie d’avec le christique. Tenir la perspective de la grande psychologie (qui n’en est plus une du coup) et nous offrir la capacité de mobiliser l’intentionnalité sans plus tomber dans les pièges (la chair, le mal, l’erreur, le secondaire, le pervers, la facilité, la bêtise, l’illusion ou l’aveuglement, le ressentiment, chacun  y va de son repoussoir, de sa chute dans le monde et la vie ; Rimbaud expose toutes les possibilités sur l’impossible ligne d’horizon). En somme ne plus céder aux images dans le miroir mais dessiner les limites, le cadre du miroir lui-même.

Or de ceci il faut admettre cela ; que ce trajet structurel nous ne sommes absolument pas sans recours, ni mémoire ou expérimentations ; il y eut mille et une tentatives et donc possibilités ; que l’on soit bouddhiste ou chrétien ou kantien ou rimbaldien ou lacanien ; mais que l’on sache qu’au travers de ces élaborations il n’en est qu’une seule (sinon on affronterait le ridicule de prétendre l’une plutôt que l’autre, ce qui est indécidable). Et cette position est du même ordre d’idée que si l’on remarque que l‘occidentalisation n’impose pas telle ou telle attitude, tel trajet ou tel autre, mais analyse l’articulation antérieure qui rend possible tel et tel ; quel qu’il soit. L’occidentalisation c’est de la « technologie », de la description de plus en plus précise de « cela » qui se tient antérieurement, avant même n’importe quel choix et qui avance dans l’articulation telle non pas qu’elle se sublime mais telle qu’elle s’existe dans la densité de la réalité, dans la densité du corps immédiat, et technologie qui va chercher la transcendance dans toute cette immanence ; sous-entendu que toute l’immanence est logée dans la transcendance et la transcendance doit donc se révéler comme structurant antérieurement toute réalité et cette transcendance est technologiquement,  avec cette discipline qu’est la philosophie, analysable d’une part et comme cette transcendance est investie, déjà, explorée, agie, décidée, depuis la méditerranée (de l’esthétique à l’idéel, de l’humanisation à la personnalisation, de l’être au sujet) elle se  déploie dans chaque structure individuée, jusqu’au moi qui affronte ses horreurs et ses désirs, qui explore et déploie son corps, inaugure quantité de surfaces nouvelles de son corps et évidemment de ses enfermements et dérisions ; il s’agirait effectivement d’obtenir un corps qui supporte l’extra, l’externe modification et se rende capable de la structure de conscience, du sujet d’exister ; qui sache en un mot mobiliser dans le monde et le vécu la notion de forme, d’horizon, de distinction.

De même que le christique a pu instruire en chacun qu’il soit chaqu’un, distingué par le regard du point-autre qui sépare tout autant chacun un par un  que les intentionnalités en chaque sujet, de même il est question de bien saisir comme la transcendance, si il est vrai qu’elle s’existe au plus infra de toute réalité, antérieurement à toute matérialité, de toute détermination, de même que la structure de conscience existe antérieurement à tout universel, à toute représentation, tout langage, tout corps, alors le réel c’est fondamentalement ce que chaque seconde instruit, informe, crée.

L’acte qu’est le présent, étant un acte, une activité, un rapport, fabrique donc quantité de rapports (un acte ou un rapport ne peut pas produire des choses ; les choses, matérielles, sont elles-mêmes prises dans le présent et en elles-mêmes effectivement non substantielles, la « substantialité » est une vue de l’esprit, une fixité intentionnelle) et spécifiquement fabrique ces rapports à soi (dans lequel rapport le soi est le rapport lui-même et qui se nomme ou que nous nommons « conscience »), fabrique des rapports qui sont des actes, ayant à modifier l’acte, ce qui veut dire l’activité qu’est le réel. La transformation, l’instruction, la modification est ainsi la transcendance même, dont on sait au moins ceci qu’elle ne peut pas se perdre de vue pour succomber à quelque partie que ce soit.

Autrement dit il s’agit de percevoir du point le plus haut et de redescendre le regard jusqu’au bas du réel, à partir de ce point : une stratégie. Lorsque les grecs passent de l’être à l’idée, de l’idée à la pensée (Aristote), de la pensée au Un plotinien, ça n’est pas au hasard. Lorsque l’on passe de Descartes jusque Lacan, ça n’est pas non plus hasardeusement. Le point à partir duquel on perçoit s’approche.

Il est clair que l’on n’obtient le point le plus éloigné que d’en être saisi et on ne peut pas le saisir, c’est lui qui nous voit (et comme toute conscience de soi est prise dans un point autre, toute conscience en est déjà saisie, et c’est précisément ce point là, qui nous perçoit, par lequel on se débat et qui permet de commencer de comprendre la grande psychologie effectivement agissante en chacun, par le regard qui est à l’origine de votre identité, ce en quoi est prise votre identité). C’est ce que l’on nomme, ramené à notre expérience, le Bord ou le présent. La différence entre le un agissant et n’importe quelle sorte d’unité (que l’on présuppose éternelle ou parfaite) c’est que d’abord le un agissant part de la plus extrême altérité, tel cet univers brutal, et  ensuite qu’il ne s’atteint jamais, que sur la forme de la transformation continuelle, continuée, et qui dépend des décisions, des orientations, et au plus loin des intentionnalisations qui plongent extrêmement en profondeur d’un corps étiré parce qu’attiré et qui de cela forme surface à la surface du réel.   

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