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instants philosophie

Christianisme, et suivants

20 Octobre 2018, 09:04am

Publié par pascal doyelle

Lorsque dieu appelle les juifs ils créent la première nation. Celle qui se décide mais n’est pas ; elle n’est pas dans le monde, elle ne nait pas du monde, elle n’est pas fondée dans une histoire mythologique mais par une alliance ; et celui avec qui est contractée cette alliance est lui-même hors du monde, tellement hors du monde qu’il a créé tout ce qui est ; excepté lui-même, volonté et pensée n'étant pas distinctes en lui, non pas par moindre mais par excès et enfin par altérité, incommensurabilité et incomparabilité avec quoi que ce soit de ce monde et relatif à notre être ; il y a pensée et volonté pour un être fini ; que par la suite le christique introduise le principe que dans le fini il y ait néanmoins une volonté distincte, veut dire que « volonté » s’est déjà transformée en « intentionnalité » ; c'est toute sa possibilité introduite dans l'humanité, le monde, le corps.

Et si c’est une alliance c’est que l’on ne sait pas (dans ce peuple dans le monde) ce qu’Il veut. Cette altérité hors de toute partie du monde, revient à l’impossibilité de le définir ; il est donc l’intention absolument pure et simple (dont on ne perçoit pas la simplicité du tout, sinon lorsqu’il en dévoile) et cette impossibilité de le définir force chaque intention nôtre à s’élever jusqu’à la pureté de la simplicité (ce que l'on nomme de notre côté la foi) ; cela qui est impossible, et donc demande que nous mesurions la distance ; la distance entre la volonté, la décision, l’intention et ce qui est voulu, décidé, intentionnalisé. Que donc il est une distinction entre nous et nous-même, et que celle-là fonde tout, la distance et non la résolution de cette distance fonde tout.

Puisque cette intentionnalité n’est pas dans le monde on peut tout à fait admettre qu’elle soit une révélation (de dieu, tout à fait réel), ou à l’inverse qu’elle manifeste la structure même de ce qui est ; en tant que ce qui est n’est pas, justement, mais que cela existe ; il s'agit donc de dresser la carte de l'exister (c'est ce qu'opère la philosophie depuis le début et dont il faut reconnaitre les circonvolutions) ; tout ce qui est (déposé là, comme choses ou êtres) est pris dans l’exister. Donc ce qui est réellement c’est ce qui Existe, c’est ce mouvement là. Le monde donné-là n’est pas une réponse mais une question ; qui renvoie à non pas une réponse (elle serait alors en quelque manière incluse dans la question et on en reviendrait à la causalité, et si il y a un présent c'est justement de ce qu'il échappe à la causalité, la causalité lui est un moyen) mais à des positionnements de réponses ; cela veut dire que dans la réponse il faut, à tout prix, conserver la forme de la question ; la réponse ne peut pas résoudre la question ; la question est la forme de l’exister ;  ou donc la réponse, soit donc les réponses, est le renouvellement de la question. De même que l'intentionnalité christique est celle qui renouvelle votre conscience ; c'est sa finalité ; elle vous crée et elle vous renouvelle. Que la question s’approfondisse en interne de sa structure de question. Si la liberté est la forme de l’être humain, alors l’humanisation est l’ensemble des réponses à cette forme qu’est la liberté, mais sous condition de se préserver comme liberté.

On dira que si les réponses doivent se produire comme questions, on n’en sortira jamais ; mais on n’en sortira jamais (où voulez-vous aller ??? nous sommes sur le Bord de la réalité, sur la ligne du réel et hors celle-ci il n'y a rien ; on ne sait seulement pas conduit cette ligne, qui est dépliée) on n’en sortira jamais parce que c’est le sens même ; que tout devienne de plus en plus Autre, ce qui veut dire Distinct et se tienne comme rapport, à condition que le dit rapport s’explore et non pas se recouvre d’un voile, d’une indistinction, d’une confusion.

(Dieu n’est pas, en ce cas, l’unité fixe qui récupère tout, mais l’unité en mouvement qui se modifie constamment ; sinon il devrait être considéré comme fini, clos ; si il est in-fini cela signifie qu’il est plus grand que lui-même ; il devient ce qu’il était déjà pour les juifs par ceci de son intervention, source de devenir en élévation en plus du monde et du vécu, )

Évidemment la liberté annule qu’il y ait communauté ou sexualisation ou quelque identité que ce soit ; mais c’est seulement en abandonnant toute identité que l’on peut devenir ce que l’on n’est pas. Les communautés sont annulées mais peuvent alors se déployer les sujets ;  l’acculturation qui explose depuis la méditerranée c’est l’acculturation de sujet à sujet ; de sujet qui par-dessus tel monde humain (le monde grec par ex) découvre le réel et les réalités ; Platon est au-delà des grecs ; le christ est au-delà du judaïsme ; Descartes est au-delà du christianisme et même de la renaissance ; Sartre veut être au-delà de l’historicité (au-delà de Marx).

Sans doute la philosophie grecque considère que l’on n’est réellement « soi » que si l’on pense ; que si l’on adhère à l’universel (qui annule non pas le sujet mais annule et dépasse le moi, le donné là immédiat : ce qui veut dire qu’il faut nier que l’on soit la détermination, que l’on est la négation de la détermination, non par refus mais parce que l’on voit plus loin que le donné, on est le mouvement de présent qui embarque toutes les réalités ; les grecs admettent seulement que l'on dépasse la détermination, qui est alors casée dans les universalisations, pour ainsi dire, qu'on la dépasse en une plus vraie détermination, la pensée) et n’admet le sujet qu’en tant qu’il pense et non pas en lui-même comme sujet ; et la pensée s’utilise afin de passer par dessus le langage commun et le monde particulier, vers le monde donné là universel (situer via cette idée-principe forcément ontologique : l’être).

Mais le christique vient ajouter (et refonder totalement bien plus loin ontologiquement) vient instancier, dans l’historicité et une fois pour toute, que, qui que l’on soit, on est un sujet (le christ assume la plus base condition, il n’est pas nécessaire d’être un héros, grec, pour être-humain individuellement). On est un sujet perçu dans et par le regard de celui qui confère l’unité-en-mouvement et ce mouvement est précisément l’indéfini renouvellement, la re-naissance ou le pardon non-fini, non déterminé (puisque le contenu ne colle pas à l’intentionnalité) et puisque l’intentionnalité nait de se supposer elle-même ; elle se précède ; elle a usé de contenus mais cette fois elle ne suppose rien d’autre que son mouvement et c’est à l’aune de ce rapport que tout le reste sera jugé, et pardonné, inventé, créé, libéré. De fait(même si l'historicité prît un temps énorme pour aboutir à liberté-égalité-fraternité). Et effectivement l’historicité sera dorénavant l’ensemble de toutes les explorations possibles que « là » dans la réalité il ex-siste (puisque c’est un mouvement) une forge intentionnalisatrice ; ce que Descartes modifiera en ce que l’on est un sujet structurellement ; ce qui signifie que l’on n’a pas forcément besoin d’un regard autre mais que l’on est déjà à soi-même un tel regard autre

Ce qui est précisément commencer de comprendre que l’articulation qui était manifestée du dehors (par la pensée, par le christique) existe en fait ici même ; c’est « le réel » qui est splitté, divisé (et il n’y a de réel que dans et par la surface) ; entre le monde et l’humain il est une surface et cette surface est, elle, originelle ; les choses, les êtres sont disposés sur la surface. Mais c’est la surface qui existe.

La réflexivité (qui n’est pas seulement la possibilité d’organiser un discours qui soit auto-cohérent et du reste tout discours qui veut la cohérence finit par aboutir à un Un de structure, quel que soit son nom, ou alors n’est qu’un discours sur une « chose », une partie du monde ou traite de dieu ou du divin comme si il était une réalité) doit se définir comme retour sur ; retour sur cet être et observer comment il s’articule (puisqu’il est un rapport, on se demande donc ce qui est en rapport et enfin et surtout qu’est-ce que ce rapport). Si cet être était un être il deviendrait impossible de le discerner ; mais c’est un rapport et ce rapport non seulement peut se reconnaitre mais il se reconnait depuis toujours, depuis le début de son apparition ; depuis le début il sait qu’il est en dehors (qu'il situe ici ou là, comme ceci ou cela, ou dont on reçoit la révélation, comme on veut).

Dès lors il faut supposer que la réflexivité est toujours-déjà instanciée ; tout monde humain est construit, tout devenir est repéré sur la surface (à condition de ne pas la quitter des yeux ou d’être perçu d’elle), toute perspective est cartographiée ; mais est cartographiée au sens où elle dresse la carte de ses décisions, de ses possibilités ; tout cela se place et se déplace à la surface, laquelle surface était avant les grecs et avant le christique tout à fait absente (exception faite de pensées réellement métaphysiques, en Inde par ex, mais qui circulaient dans et par une élite, qui évidemment n’ignorait pas l’expérimentation intentionnelle, de là que l’on puisse observer des analogies entre Eckhart et Shankara par ex) ; depuis la méditerranée la surface est apparue dans le champ et comme elle formule l’articulation elle-même elle s’est imposée comme étant l’être (de toute chose et être) et comme regard (il est bien clair que le regard , christique en l’occurrence, crée une surface de perception, qui n’existait pas auparavant).

La structure, la surface (la structure est surface parce que la structure est rapport et un rapport crée une surface) étant effectivement, dans le réel et non seulement comme « idée », elle s’impose en tant que réelle (il se trouve que donc que cette surface est plus réelle que tout cela qui se réalise sur cette surface).

Et si la réflexivité est toujours déjà auparavant (et non pas schématiquement comme raison ou conscient ou idéal ou vrai, bien et beau ; c’est la performance de Sartre de montrer que l’être réfléchissant est originel en toutes les situations) alors la surface se réfléchit, et c’est pour cela qu’elle est surface (structure et réalités et que les réalités sont générées comme surface ou perception) : le réel se présente en avant de lui-même, et donc il se crée l’idée de l’être ou le regard du christique ou la position du sujet cartésien ou la localisation de ce sujet sur l’étendue de l’altérité (volonté nietzschéenne, Etre de H, ensoïté de Sartre ou corps-autre de Lacan).

Le christique

Il s’agit alors de travailler le monde et donc de créer de l’historicité ; du devenir des intentions. Dieu n’est pas un monde éternel et fixé, qui serait donné là une fois pour toute mais il est l’intervention dans le monde d’une intention en-plus qui veut modifier et élever ce monde. Duquel il est essentiel que l’humain en saisisse la forme, la forme intentionnelle ; laquelle est tellement autre et élevée que notre abaissement n’est pas une condamnation mais la considération préalable par laquelle seulement il nous est possible de nous relever ou plus simplement de nous élever, au niveau de la structure-forme-exister, dans la forme même de distance. L’ensemble est une machinerie (ou une révélation) qui élève.

Vient le christique. Dans le divin surgit le sur-divin, qui ne contredit pas mais ajoute ; il ajoute que ce ne sera pas (seulement) comme nation, peuple mais  comme et par la conversion individuelle. Et qui prendra appui de, par et pour le Corps. Le christ est celui qui crée votre âme de son seul regard ; ce qui veut dire si vous croyez qu’il vous regarde, alors vous naissez (une seconde fois). Et ceci est la véritable naissance. Vous naissez et vous assistez à votre naissance ; et l’autre regard est tellement autre qu’il vous renvoie à votre propre distance ; à votre liberté. Pas votre liberté par rapport au monde, au vécu, au moi, au corps ; liberté par rapport à tout. Ne reste que le regard en-plus qui existe et qui regarde le monde et les gens. Il existe la possibilité (absolue, formelle, qui se tient hors du segment naissance-mort, autrui et corps) d'un point-autre tel qu'existé ici et maintenant. 

De ce que vous naissez de son regard, vous formez une autre sorte de nation ; une communauté « en esprit » ; non pas votre corps, votre statut, esclave ou patricien, juif ou romain, votre identité mais votre image élevée, élevée dans et par le miroir unique ; de l’unique un-tout-seul, qui meurt et re-nait, parce que son intentionnalité est en plus du monde, du vécu, et signifie un point-autre, hors du segment naissance-mort, puisque de fait vous savez que vous mourrez  ; l’image telle que vous ne la voyez pas mais telle que vous y atteignez parce que vous vous logez dans le regard-autre. C’est uniquement par là que vous vous percevez, selon l'esprit (sinon vous ne vous percevez que selon le monde et la détermination). Non pas pour croire ou se convertir mais parce que c’est réellement uniquement d’être perçu du dehors (et le christ est le plus grand dehors possible ; c’est une conscience qui n’est pas du monde et qui ou par qui tout ce qui est fut créé) ; on ne croit pas alors pour faire joli et par artificialisme mais parce que c’est effectivement dans ce regard-autre que l’on se libère.

 

Il est évident que tout ce qui suivit nait de là. Tout ce qui suivit, pour l‘occident, est la possibilité ouverte de ce moment d’historicité pure et brute qui devra se perfectionner (avec mille retours en arrière, incompréhensions, difficultés, etc, comme toute entreprise humaine). A savoir que si les grecs découvrent qu’il y a un-monde, le christique invente que chacun ait un-corps. Tout se met en place afin que chacun comprenne que son corps est le corps du christ (à la fois le corps perçu par, via le christ et pour et selon la communauté en esprit) et ce envers et contre toutes les organisations du monde alentour ; ni homme, ni femme, ni esclave ni homme libre, ni riche ni pauvre mais tous un en christ ; ce qui annule la totalité des divisions et des organisations de tous ces mondes humains réunis autour de la méditerranée et repère absolument, cad formellement, que pour chacun il y a un corps et il y a un monde.

Il faudra que Descartes insiste, et il insiste non seulement de lui-même mais parce qu’il expose et crée une structure insistante, c’est celle qui est « dessous », en dessous de toute conscience de soi. De là que Hegel commente ; par Descartes « la pensée devient sujet ». Il devrait dire : par Descartes il se manifeste une structure qui n’est pas subjective et qui n’est pas objective (sinon elle serait l’universalité ou la raison ou le discours, et "la pensée" pour Hegel ça n'est pas la raison plate).

Par le christique le sujet est inclus tout en négatif pour ainsi dire ; le sujet c’est la conscience qui se dégage de son moi, et ce en se tenant dans le regard du christ ; pour l’instant en négatif, parce que pour soutirer de notre expérience la dimension positive du sujet il faut attendre Descartes ; Don Quichotte est lui-même tout en négatif par rapport à son chevalier idéal, Montaigne décrit le moi mais Descartes produit l’arc ontologique, en tant qu’ontologie ; le réel est ici même et du fait que je le dis il nait en vous dans votre ici et maintenant ; c’est cela que je mets au jour par la Méthode ; votre acte de présence sur l’étendue du monde.

Pour manifester le sujet comme réel positif, ça n’est pas facile du tout (c’est même impossible, puisqu’on ne sait pas ce que veut-sera la structure réelle de l’arc de conscience, puisque l’on ignore ce qu’est l’arc d’exister qui pose tout le, tous les présents dans un seul Instant, puisque l’on ne sait où et comment se plie la Surface) ; pour combler le vide formel du sujet on peut supposer la Volonté nietzschéenne ou le poète archi-développé de Rimbaud (et une infinité d’autres héros de récit d’existence dans ce monde). On peut imaginer la matière ou l’énergie, la causalité ou les mois de la raison, l’humanisme ou le moi, mais rien ne permet de s’additionner à ce qui est formel et un à chaque fois ; il est clair que l’on n’est pas ce « moi-même » (ou plutôt ce moi qui dit « je ») pour telle ou telle raison ou qualité, mais parce que l'on existe distinct de fait et formellement (quelles que soient les qualités) et la distinction formelle (du un-de-conscience-de(soi) revient, au Bout du vécu, à la forme de ce-corps. (la troisième substance cartésienne, corps-esprit, est le corps christique et est le corps comme autre-surface qui se tient du mouvement )

Et ce qui fut exploré c’est la dite structure ; qui n’est pas dans le monde (sinon elle serait dedans, il n’y aurait pas « là », au-devant, un monde, un corps, un vécu, etc). Explorée comme sujet kantien, husserlien, sartrien, lacanien, etc. De même que depuis Descartes s’est désenclavé le sujet-dans-le-monde ; toutes ces narrations, ces récits, ces expériences dans le corps, le vécu, le relationnel, la perception, les affects, remuent toute la réalité donnée et toute la réalisation humaine et personnalisée, jouets entre les mains, dans le regard de la puissance, de la potentialité ; rien de tout cela n’est donné là, mais tout est construit et manifestation d’un hiatus. On utilise quantité de constructions, d’incarnations, de vécus, de la naissance à la mort, afin de pousser au plus loin la distinction ; par son regard (son intentionnalité) le christique nous préservait d’une solitude ontologique absolue (le dernier recours et le seul pardon de celui-qui-existe-encore, malgré tout et tous), mais jetés dans le monde donné il s’agissait de décrire et de s’élever dans et par le monde ; et comme rien dans le monde ou le vécu n’est équivalent à la structure formelle de conscience de (soi), qui donc n’a même pas de « soi » sinon le rapport lui-même, un par un, alors dans le monde et le vécu ce sera le soc d’une charrue qui creuse toute la réalité, toutes les réalisations, les creuse, les approfondit et les crée. On ne peut pas déclencher la ligne d’horizon sans bouleverser la totalité de ce qui se tient sous l’horizon. Et tout "moi" amène dans le monde un telle ligne et subit sa puissance. Étant une machinerie hyper sophistiquée la structure vide et formelle engendre toutes les déterminations possibles dans le monde donné en suivant sa propre ligne et cette ligne est l’horizon même de la réalité, l’horizon qu’est sa qualité de « réel », non le donné mais le « là » du donné.

En ce sens la plus parfaite possibilité du sujet est et demeure le christique, le sur-divin qui vient en plus du dieu un-tout-autre et qui se tient d’un corps ; qu'est-ce que le surdivin qui vient en plus du divin ? Dans quelle dimension sommes-nous passés avec le fameux Jésus ? 

Tout ce qui suivra ce seront des rôles ; la question est celle-ci ; pour exister comme sujet il faut se tenir d’un réel ; le sujet ne peut pas lui-même se conférer un être. Or la philosophie a précisément contourné, en fait et vérité, le problème ; elle définit le sujet comme une forme vide ; une forme formelle. Husserl voudrait bien, il l’espère, que les contenus intentionnels aboutissent à une vérité, mais il sait bien, et tous les philosophes, qu’il est impossible de définir notre être autrement qu’abstraitement.

Et ce pour une raison très précise ; que notre être n’est pas un être, déterminé, mais une forme, indéterminée. Et si elle est indéterminée c’est que d’une part le réel est une forme, le présent, soit donc l’exister, et que d’autre part notre conscience n’est pas un contenu mais une forme, soit donc le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non quelque identité). Contrairement à  toute chose déterminée, ce que l’on nomme conscience est un réel qui se signifie (inventant le moyen du langage et du signe en général) et pour qui tout doit signifier, vers la surface unique mais articulée, double, triple (etc, puisque dès que l’on entre dans le dépliement de la structure on n’en finit plus de déplier, étant entendu que c’est le but, la finalité : de déplier le plus loin possible le Pli qu’est le réel).

Après avoir créé quantité de mondes humains (et donc toutes ces mises en forme culturelles, ayant inventé la culture humaine comme tel) il y eut donc une acculturation et un renouveau de toute l’anthropologisation ; tous les mondes fonctionnaient comme chacun une pyramide de la base étale vers le sommet unitaire ; par l’acculturation tout repose sur la pointe et la pyramide est cul par-dessus tête. Mais alors il fallut élaborer la pointe, la structure qui jusqu’alors engendrait les mondes. Et cette pointe eu comme effet (monumental) l’humanisation autour de l'universel, puis la personnalisation (lorsqu’au travers de la révolution l’humanisation assurait son instauration et rendait possible que chacun se développe) mais la dite pointe est inidentifiable ; elle n’est pas un « moi », n’est pas même « humaine » ; tout cela ce sont des effets. Il est évident que pour le moi ce qui le crée, cette structure, est une épouvante, un réel incompréhensible et d’autant plus que ce moi s’est écarté et fut éloigné de toute l’architecture ontologique ; dieu, christique, métaphysique puis ontologie cartésienne et suivante, Nietzsche Heidegger intervenant en suppléance afin de reconduire une ontologie mais selon l’altérité la plus inhumaine ou surhumaine, ayant à cœur de réinjecter de l’ontologie dans le rationalisme humaniste réaliste, jugé plat et limité au donné-là déterminé (que ce déterminé soit repris dans la rationalité, dans l’universalisation qu’est la raison n’y change rien ; ça n’a plus d’espace-temps interne ontologique et donc tout l'externe, la surface est biffée d'un trait et tout est aplati et rabat le donné sur le donné).

Par Sartre et Lacan, abandonnant les grandes visions extatiques de l’ontologie inhumaine ou surhumaine, on n’en revient pas pourtant à  l’humanisme, mais on avance au contraire dans la structure même ; qui ne prend plus le biais de la pensée, hégélienne, du Sens, kantien, de l’intentionnalité idéaliste husserlienne, de l’infini de Kierkegaard, et se détache totalement de l’imaginaire de Nietzsche et Heidegger ; notre être strictement défini par l’intentionnalité nue et par le corps , cette autre-surface, le corps sur lequel cette intentionnalité s’inscrit, s’écrit ; notons bien, cette écriture n’est pas ce qui s’inscrit sur le corps mais c’est au moyen de ce langage et des signes que la structure, le rapport se donne un corps ; c’est pour cela que tout avance dans le donné tel que "là" : par le corps qui intègre lui-même la division et l'altérité, et ce vers le monde, et qu’il y eut esthétiques et récits et investigations extrêmes sur ce hiatus qui nous origine.

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