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instants philosophie

La décision antérieure dans l'existence

6 Octobre 2018, 08:25am

Publié par pascal doyelle

Le présent de distorsion et d’instanciation

On comprend difficilement que l’arc de conscience, la conscience que l’on a (et que l’on n’est pas) interagit comme l’aiguille de boussole ; sitôt que l’on se déplace, que l’on se nourrit, se gave de déterminations, représentations, images, l’arc reprend la même orientation, serait-ce au prix de navigations et de nouveau d’explorations. On navigue entre les grecs, le christique, la conscience moderne, l’altérité de tout et l’orientation reste la même (il n’y en a qu’une) ; mettre au jour la structure du réel, de l’arc de conscience logé en un corps qui est dans l’horizon, unique, du monde, seule réalité, et le tout serti dans la forme du « présent ».

A partir des grecs et du christique on ne se perçoit plus selon l’éternité ; répétons – on ne se voit plus du point éternel, mais de l’ici même, grec, et de l’ici et maintenant, christique (on doit décider de sa vie, qui deviendra plus tard de son existence, de là qu’il est une enquête, une perspective absolue, cad formelle, qui crée la cartographie de l’intention, l’intentionnalisation de chacun vers son corps, sa vie, le relationnel, etc). Et tout ce qui suivra continuera de ramener sans cesse la barre vers plus en plus de réalisation, de réal-isation, dans le monde évidemment, tout le monde peut s’en apercevoir, mais aussi et initialement vers plus de réel pur et dur ; la structure de conscience dans la structure du présent.

Il n’est de pensée qu’actuelle (sinon on ne pense pas, on récite), il n’est d’intentionnel (et historiquement d’abord de christique) qu’actuellement ; ça n’est plus le groupe ou la représentation qui agissent mais l’activité et l’activisme individué, instancié ; jusqu’à cette performance qu’il puisse exister une constitutionnalité (révolutionnaire) du réel qui prenne pour base et cause la liberté de chaque un, relié en structure à tous les autres (liberté et égalité).

La porte du présent pur fut ouverte et depuis lors on a commencé de dresser l’architecture de ce présent ; le présent est la machine qui tisse au fur et à mesure et la réalité et le réel.

L’architecture est à la fois la structure du réel tel qu’il tisse les réalités, le présent, et en même temps l’activisme, de conscience intentionnelle et décisionnelle, dont il faut faire preuve pour que ce réel parvienne à se déployer. Le réel étant, tel qu’en lui-même, selon la forme d’un sujet on crée autant que l’on découvre ; le découvrir est cela même qui est créé. Autrement dit pour nous cela signifie que l’architecture du présent est l’architexture du sujet. son corps.

Son corps en tant qu’il est au moins tapissé, au mieux tissé de signes. Mais il n’est rien qui puisse venir du langage comme si il constituait une réserve, un trésor, un tissu de significations ; les signes servent à signifier et ils signifient pour quelque’un ; c’est parce qu’il existe un sujet qu’il existe un langage ; et évidemment parce qu’il existe des sujets, mais on peut ramener à un seul puisque tous les sujets devraient tirer dans le même sens, non en ceci qu’alors ils seraient unifiés (ce qui n’a aucun sens) mais en cela qu’alors tout serait au maximum de l’expression ; on se reconnaitrait en Debussy ou Mozart ou Verlaine ou Rimbaud, bref en qui on voudrait. Un-seul est mort et non mort, le christique, et tous lui sont absolument semblables ; tous les sujets sont identiques parce que tous doivent étirer leur être, leur identité, leur personnalité, leur corps selon et par leur existence ; votre personne, votre nom et prénom vous sont déjà donnés ; il s’agit de modifier cette donation par et dans votre vie.  

Si il est un présent c’est afin que tout se modifie en extension, en intensité, en méta ou en densité. Les grecs, le christique, le sujet et l’altérité.

Nous sommes loin de ce fait de la formulation habituelle (métaphysique) qui voulait que le vrai, le beau, le bien soient en conformité, adéquation à leurs essences ; on crée le vrai, on crée le beau, on crée le bien. Le bien d’il y a 25 siècles c’est modifié, il s’est agrandi. Parce que le rayon d’action, d’activité de l’arc de conscience s’est étendu ; l’intentionnalisation de la surintentionnalisation des grecs qui pensent en plus et hors du langage commun, du groupe et de la perception partagée, à l’intentionnalisation qui se distancie d’elle-même en prenant conscience de sa structure (Husserl, Sartre, Lacan) et via la forme-sujet qu’instancie de fait que le faisceau de consciences soit une intention, une volonté, cartésienne, kantienne et dialectique (qui se lit plusieurs fois en se lisant une seule fois) qui prennent eux-mêmes naissance dans le regard du un-tout-seul qui vous tire hors du monde de la violence, de la naissance et de la mort (le christique).

Et donc le vrai, le bien, le beau suivent les linéaments du devenir de la structure qui a émergé autour de la méditerranée ; c’est elle qui devient et le vrai, le beau, le bien sont utilisés pour et par cette structure de chaque un ; par le beau, le bien et le vrai la dite structure se parfait,mais surtout progresse, se subtilise, se précise, se dessine et bouleverse sans cesse ses intentionnalités et s’attache de plus en plus proche du présent tel que donné « là » (raison pour laquelle les existentiels qui découvrent l’exister viennent à la fin des fins ; ils tombent nez à nez face au "là" des choses).

Que l’on implique ceci ; ce qui est tendu depuis la méditerranée doit être conservé ; l’arc entier doit être conservé, toute la remémoration de toutes les structures sont nôtres et appartiennent à tous et chacun ; toute la structure telle qu’elle s’est voulue et décidée depuis la méditerranée ou depuis les védas ou selon l’être, l’idée, la pensée de la pensée et le un, selon dieu le un-tout-autre et selon le corps explicite du un-tout-seul qui vient-en-plus du divin (soit donc le christ comme surdivin initial), et toutes les possibilités explorées par chacun des sujets qui s’y instituèrent et qui suivirent, myriades de sujets ; et de Socrate à Lacan ; tout est l’entière exploration unanime du rapport unique qui seul existe et dont on ignore totalement ce qu’il signifie, sinon ceci qu’il Existe.

Reprenons : le réel est le Bord du monde qui déroule la totalité des effets lesquels constituent le monde, les mondes, les choses et les êtres et parmi ces êtres quelques-uns au lieu d’être cela qu’ils sont (une détermination matérielle ou une détermination vivante), quelques uns sont les rapports qu’ils ont ; passant de l’être à l’avoir, se profile dans la réalité la forme même du réel ; le réel, l’exister, le présent ne pouvaient qu’aboutir à un être qui cessant d’être un être est devenu le rapport qu’il est … or un rapport n’est pas il existe, un rapport se distingue de ce qu’il a, de ce qu’il contient ; et rien de ce qui est contenu ne peut prendre la place du contenant ; il apparait donc une conscience-de, un être consistant en un rapport à soi dans lequel rapport le soi n’est pas une identité mais est le rapport lui-même ; on ne peut pas avancer plus avant dans la compréhension de ce que « conscience » veut dire ; sinon qu’elle est la forme telle qu’expérimentable ici et maintenant du réel comme rapport à. Et c’est pour cela qu’il est vivant, relationnel, non pas replié sur son Un monolithique mais intégralement explosé et dans cette explosion provoquant toutes les réalités, tous les mondes et dans ces mondes recherchant sa perfectibilité, sa distinction, au travers justement de toutes les différenciations (que sont les choses et les êtres).

Tout le processus revient apparemment à une distinctivité de plus en plus accentuée ; ou donc la forme, la structure purement formelle utilise la détermination afin non pas de produire de la détermination de plus en plus subtile, mais afin de démultiplier et pousser à une plus grande distinction le Bord du monde, du donné, du vécu, du corps. L’orientation du réel relève du plus puissant extrémisme, et le réel étant pur et brut rapport il est absolument, totalement, intégralement activiste.

La relecture

Ceci permet de lire autrement toute l’historicité ; à savoir que Platon ou le christique ou Hegel ou Sartre nous entretiennent tous de « cela qui se meut » et entraine tout le reste ; lorsque l’on nomme l’être ou dieu équivaut à signifier la Volonté de N ou l’intentionnalité ; dieu force le monde à ajouter au donné du monde sa loi et sa finalité (qui ne se rencontrent pas dans le monde donné), de même que l’être est l’intentionnalité qui permet de percevoir tout autrement (que du sein d’un groupe quelconque)le monde donné là repris, surintentionnalisé dans un nouveau langage (philosophique) et une autre perception (de même que l’esthétique et la politique et l’éthique se libèrent des rituels et des mythologies).

Ce qui se donne selon l’être, l’idée, la pensée de la pensée, le Un,

puis en tant que dieu un-tout-autre et en tant que surdivin christique qui-vient-en-plus (en plus de tout, tout est sous nos yeux littéralement)

et nous lançant strictement sur le chemin de la révolution du sujet (de Descartes à Hegel) et selon la révolution et le citoyen, l’équation dynamique liberté-égalité-fraternité, et dans la densité effrayante de chaque corps de chaque sujet.

La structure

Il est mille manières d’avoir conscience de tout ceci ou cela, mais l’acte de conscience est un arc absolument identique en chacun et traversant tous les mondes et tous les mois. Il n’existe qu’ne seule manière d’avoir conscience et au fur et à mesure du temps, de l’histoire c’est cet arc qui se précise ; l’occidentalisation ne vient pas remplacer tous les contenus qui eurent lieu, mais vient explorer l’articulation qui précède tous les contenus, la conscience qui précède toutes les consciences possibles ; le sujet antérieur à toutes les formes ayant effets.

L’historicité

La découverte et création de la structure revient à dire ceci que le Bord d’ultra indéterminé du début se subtilise et se complexifie ; de son inépaisseur il se tourne et se retourne de manière à se plier et se replier ; quel effet s’impose lorsqu’une inépaisseur se re-plie ? C’est précisément cette étrangeté qui est en jeu … C’est, littéralement, ce qui n’a aucune détermination qui expérimente et invente au fur et à mesure et invente non pas en devenant une chose, une détermination, un être mais en augmentant son inépaisseur et cette augmentation est d’une part le caractère relationnel de nos arcs de conscience et d’autre part la tenue de chaque arc, un par un, et de telle sorte que l’augmentation, l’intensification (christique), l’accélération (du sujet depuis Descartes jusque Lacan, et donc via la révolution) et la densification (dans le corps de chacun et la mass médiation qui n’est déjà plus la mass médiatisation), de telle sorte donc que ces quatre explorations, ces déploiements plient et replient la structure de conscience sur et dans la structure qu’est le présent.

Si la structure devient en et au travers du monde, c’est évidemment à la condition de ne pas se laisser prendre dans le monde des choses et des êtres ; en tenant que cela seul qui existe, vraiment, ça n’est pas ce qui est, mais ce qui est possible ; tenir plus à la possibilité qu’à n’importe quelle réalité ou réalisation (humaine ou personnelle) est l’éthique en elle-même et ce qui devrait ordonner la politique (qui est toujours la politique des corps, que ce soit les corps patriciens ou citoyens ou esclaves ou le corps christique ou le corps de la renaissance ou celui de la révolution ou celui des mass médiations), et ce au sens strict de « il n’y aura pas de satisfaction », la satisfaction n’existe pas parce que l’exister n’est pas de cet ordre là.

L’existence, ce qui s’est dénommé comme tel (plaçant sous l’hyper-attention requise la vie de celui qui existe ; ça n’est plus « la vie » et son rêve de bonheur ou son espérance de réalisation, c’est l’existence ; ce qui existe « là » entre la naissance et la mort, le christique prenant tout entièrement le point-autre qui perçoit la vie hors de la parenthèse naissance-mort ; c’est comme si le point-autre qui rend possible cette plage horaire se transportait immédiatement dans le centre de l’existence, puisque c’est le même ; la transcendance, que dégage le christique comme hors-de, est le centre de tout ce monde et de toute cette vie) l’existence est l’énergie de la volonté nietzschéenne (volonté qui est Autre pour l’aperception nietzschéenne, ou son envers nocif, non seulement autre mais inhumaine,  la destruction de l’être de l’homme au nom du néant de Heidegger, sous prétexte, faux, qu’il est plus vrai que l’être, l’étant). Et c’est ce que Sartre et Lacan pourchassent (la satisfaction ou le moi impossible puisque crevé de partout par l’activisme de conscience, qui quelque part, on en sait où s’auto-perçoit, et est démolie par l’histoire, les autres, le monde, les choses, le corps, etc, pour Sartre – et surface du corps comme jouissance totalement impossible et destructrice si elle n’est pas tenue à distance) ; Sartre et Lacan n’en sont plus du tout les dupes. Par quelque obscure et formidable lumière de structure, de construction et reconstruction de l’activité qui consiste à « prendre conscience de », Sartre et Lacan sont décalés par rapport à l’être ou le corps, et agrandissent, écartèlent ce décalage, comme d’un écarteur chirurgical. Et leur lucidité c’est d’abord et originellement la suspension de tout jugement et de toute idée et pensée et de toute intentionnalisation ; laquelle suspension est cartésienne. Déjà Descartes nous montre in vivo l’opération de n’y être pas, parce que l’on y Ex-siste.

C’est tout aussi bien ce que Descartes nomme la liberté et Plotin le Un impossible (il n’apparait et n’apparaitra jamais dans le monde, dans la vie, de même que le regard, l’attention, l’intentionnalité de Descartes est jeté de l’autre côté de tout ce qui est au monde, pensée comprise et cet autre côté c’est notre regard qui se coule dans la lecture de la méditation ; il s’agit réellement de l’apparition de l’os, de l’ontos dans le monde, de son apparition suscitant en chacun de signifier et non plus de penser et cette signifiance est plus grande et plus objective que la pensée ;  elle sera recréée à chaque fois par tout lecteur, parfaitement égale et équivalente ; la structure naitra en et par chaque un , un par un et évidemment distinctement ; distinctement le mot est lâché, ça engendrera quantité de distinctions, d’intentionnalités).

Cette réserve, antérieure au monde, cette restriction, cette impossibilité dont on est certain, est la méditation et la médiation non-finie, in-finie, de la structure vers elle-même en tant qu’elle s’avance vers nous à partir, dans, par et comme présent ; exigeant de s’y élaborer, de s’y architecturer, ce qui ne peut sans s’architexturer sur le corps et qui requiert donc l’acculturation, celle qui est au-delà et en plus de toute mise en forme culturelle, au-delà du langage par exemple, par Rimbaud ou qui l’on voudra ; c’est, si l’on a de la chance, l’angoisse, l’incertitude, la douleur, l’horreur qui structurent tous nos efforts, nos intentionnalités, nos désirs, imaginations, représentations, or nous ne sommes déjà bien au-delà de tous ces affects et ces images ; ce sont les sujets qui mettent en jeu leur être par leur existence, leur corps, leur identité de moi, leur personnalisation, leur corps ; acquis par force de décision qui de toute manière nous échoit.

L’existence décisionnelle

Même après le langage revient la perception, et l’horizon réel çi-devant. C’est de la distance, de fait, que l’on se tient, c’est de cet horizon là à la fois le plus subjectif et même infra subjectif, inscrit selon le corps (et les points de traversée du corps qui donne dans et vers le monde et les autres) et le plus objectif et même hyper objectif de structure. On est donc infra et supra, mais non pas dans le conscient, puisque l’on avance sur les Bords et non pas dans la médiation qu’est le conscient, la raison, le moi, l’humanisation. Nous ne sommes ni dans l’adn, ni dans le langage (dans le donné biophysique ou dans les mises en forme culturelles), puisque nous sommes dans et via l’apparaitre, actualisé sans cesse, en re-tour vers et tout effet d’adn ou de langage se perçoit et peut être jugé et remodelé ; nous naissons de et par l’apparaitre quant à notre intentionnalité. Dans le champ perceptif.

Nous sommes ce dont nous avons pris décision sans rien connaitre/tout en le sachant, nous avons déjà construit une intentionnalité qui vient au-devant puisque nous sortons très hégéliennement de l’horizon sur lequel on se croit connaitre alors que l’on sait l‘horizon (il est quasi vraisemblablement un fait incisif et indistinct, puisqu’il n’apparait pas étant horizontal, un fait en l’existence de chacun à partir et autour de laquelle idée, image, vision, perception s’impose l’exister brut, l’horizon du Bord du monde, du Bord du corps) ; il ne s’agit pas d’imposer un contenu venu du dehors mais, puisque le réel est déjà toujours transcendance, et c’est cette extrapolation qui déjà eut lieu qui doit être réinvestie et illuminée ; on s’est expatrié déjà hors du moi, puisque ce qui compte ça n’est pas la lourdeur des déterminations du vécu mais la légèreté de la forme structurelle qui se produit non causé par le passé mais acté par le présent ; et on existe déjà dans une articulation qui ne vient pas du monde, du donné, du passé  et lancé afin  de re-prendre à nouveau le choix que l’on a depuis si longtemps construit, depuis l’adolescence, depuis l’enfance, depuis tel ou tel tournant dans l’existence ; il y a toujours une décision externe, décalée dans le monde, le donné, l’historicité, le corps, l’acculturation telle que ici ou là chacun a pu la recevoir, du Bord vers le centre (qui de ce fait n’est pas le centre). Autrement dit le réel est, pour chaque arc, bien plus réel qu’il ne le croit ou le perçoit ; la pensée croit se clore sur ceci ou cela, mais la pensée est infinie puisque ce qui pense est in-fini, ce qui veut dire formel, structurel, en arc sur l'arc qu'est le présent, qui finalement par là se reperçoit continuellement. Le bien, le un, le christique, le sujet, l’exister sont non-finis, puisqu’ils relèvent de la forme de ce qui est, ce en quoi tout est pris.

Aussi le décisionnel est la transcendance-même, mais qui fut activée depuis le Bord, dans l’in-visible (et dont tout le reste peut en un sens être considéré comme effets, seraient-ils psychanalytiques) antérieure aux immanences, et la transcendance est au-devant et non pas causalement dans le passé ou le donné (le donné n’explique pas le réel, c’est l’exister qui l’investit par l’en-avant du présent) ; les immanences n’apparaissent que dans la transcendance et donc le moindre détail est affecté par la décision, celle que l’on a instancié sans la connaitre ; celle qui fut, donc, perçue et non pas consciemment mais au sens où il est perçu bien plus que ce qui est consciemment admis ; c’est bien en ceci que l’on a créé esthétiques et images et éthiques et politiques (les français ne savent pas jusqu’à quel point ils créent l’historicité, bien qu’ils le sachent) ; on est dépassé par l’horizon sur lequel on perçoit seulement les objets ou les signes ; l’horizon est ce qui recule ; l’horizon de Rimbaud est caché (à jamais) dans la saison et les illuminations (mais sans ceux-ci on n’en aurait aucune perception en aucun sens).

en ceci que toute existence est une investigation sur la nature même de ce qui n’a pas de nature et qui renvoie toute nature à la forme antérieure et puisque chacun est un tel arc, chacun est déjà la décision qu’il prît , cet horizon formel, qui n’est pas, celui-là, fantasmatique ; il n’aurait pas cette conscience là si il n’avait pas déjà décidé ;  « conscience » suppose, impose l’hyper-activité soudaine de l’arc ayant créé cet arc. Et l’antériorité n’est pas le passé mais est l’antériorité qui re-vient toujours de l’avant ; le moi ne tombe pas amoureux selon le passé mais selon l’horizon possible, dont la possibilité n’est nulle part sinon dans le regard potentiel et on ne perçoit pas l’œuvre selon ce que l’on connait mais selon ce qui viendra, ce qui formellement est créé par Rimbaud ou Debussy. Et de même que le christique est la possibilité toujours entière de renouvellement (il ressuscite constamment) chaque instanciation reprend intacte la forme même, la forme qui re-vient, de même que Descartes initie le re-tour, le nouveau tour du sujet ; chaque présent est en plus et relance le même présent (il n’en existe qu’un et ce qui est relancé c’est la forme même de l’être, soit donc l’exister qui gouverne tout l’être) ; il est cela même qui est en jeu et jamais ne se quitte, il lance les mêmes dès jusqu’à obtenir la partie la plus complexe, la plus en distorsion, rétroactive, instanciée, accrochée.

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