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instants philosophie

L'attirance

24 Novembre 2018, 09:18am

Publié par pascal doyelle

Le fait est ainsi que la brutalité, du réel, est irrémédiable ; si il existe une réalité (et donc nous, pour le coup) c’est de par l’altérité, qui seule rend possible qu’il y ait un possible, « de la possibilité ».

Ceci mène très loin, parce que si il est requis qu’il y ait altérité et donc cette sorte de « hasard » qui se produit de rencontres et qui malgré tout aboutit, aboutit (de façon statistique) de l’énergie à la matière, de la matière à la vie, de la vie à la structure de conscience (soit donc une surface de la peau qui se crée au-devant dans le champ perceptif et donc d’une intentionnalisation),

alors est impliqué que d’une part l’origine (continuée, de même que dieu supportait la continuité de l’univers) est un rapport (le rapport continué est le présent)

et que d’autre part dans ce rapport général il y aboutisse des rapports spécifiques ; des rapports avec soi lorsque le dit « soi » est non pas ceci ou cela (l’humain, la pensée, le moi) mais est le rapport lui-même (ce qui se nomme techniquement « sujet », ce que Badiou ne reconnait pas en tant que tel, mais seulement comme fonction d’une Vérité, ce qui est absurde, du moins de ce présent tel qu’éprouvé et je en sache pas que l’on possède la version « éternelle » de la réalité) ; ce par quoi le rapport devient à lui-même le rapport ; des rapports qui ont rapport avec eux-mêmes comme rapports, autrement dit des consciences ; ce qui se nomme et que l’on désigne comme « conscience » ce sont des êtres qui ne sont pas des êtres mais des rapports ; or ce qui est rapport d’une part peut créer en lui-même des rapports (le langage par ex, les signes, le corps), parce qu’il n’est pas rapport « à » quelque chose (un moi, une identité, un être quelconque) mais est le rapport du rapport. Il n’y a rien d’autre 

(sauf que l’on ignore « où » va ce mouvement, peut-être nulle part, peut-être quelque part ; l’occidentalisation ne répond pas à cette question, elle examine seulement comment l’articulation se produit ici même, ici et maintenant).

Si cela est vrai, alors l’énigme est intégrale et revient à dire que le réel ne sait pas ce qu’il veut. Mais il le veut. Et probablement on peut supposer qu’il ne laissera en aucune manière la réalité, cad tout le passé, lorsque terminalement il aboutit, ne laissera le passé en repos ; si le réel est le mouvement, il ne cesse pas de se mouvoir ; sa finalité n’est pas un état stationnaire, mais le re-mouvement, le remuement, le rapport à nouveau et sans cesse à neuf (de sorte que ce qui s’élabore tout au bout du Bord, terminalement est invraisemblablement Autre et œuvre cette distinctivité sans borne, dont on n’a aucune idée ni imagination, dont on constate ici même, pourtant, l’anfractuosité et que l’on ne retient ni comme image ni comme idée mais comme expérience structurelle, ce qui se nomme le sujet) ; en vérité il y aurait alors un mouvement originel et un re-mouvement en plus.

Pour paraphraser Nietzsche soit l’être est et alors il n’est que lui (et donc pas cette dispersion que l’on nomme réalité(s)), soit il n’est pas et donc rien n’est. Sauf donc à admettre que l’être est et n’est pas ; qu’il est mouvement (ce que Hegel comprenait mais intérieurement à la pensée, cad à l’intentionnalité des deux phénoménologies). Mouvement c’est-à-dire présent, cet instant même qui attire tout.

Mais si il est mouvement, alors il est intégralement, tout entier et de toutes ses parties, mouvement.

On remarquera qu’alors il s’explique tout à fait adéquatement que si il est mouvement, il engendre tous les mouvements, cad les choses en tant qu’elles sont mouvements (et on ne peut connait aucune chose qui soit éternellement être, tandis que le présent est ) ; ce que visiblement elles sont ; elles sont en tant qu’elles ne sont pas ; ou plus exactement l’être est effectivement mais relatif à une structure qui n’est pas, qui Existe ; donc les choses sont mouvements, relatifs et fixés momentanément, dans le mouvement qui dés lors devient à lui-même son propre repérage et il l’est « à lui-même » sans craindre que cela le fige, puisque c’est en tant que mouvement.

Or la plus jolie performance consiste en ceci qu’à y regarder bien précisément dieu, l’être, le sujet et l’altérité sont de fait de purs et bruts mouvements. On ne conçoit dieu comme fixé que si on le fige perçu extérieurement et si on y veut y croire percevoir qu’un objet, une chose (comme le rationalisme et le naturalisme s’y emploient, ils perçoivent selon leur regard-autre mais comme si ce regard n’existait pas, ce regard retiré du monde et s’étonnent ensuite de déprimer), et non pas si l’on y croit, dans le regard même qui intensifie toute potentialité nouvelle, comme le christ rendra possible que l’on soit par-donné, en plus, toujours en plus.

Il n’y a rien dans la pensée, occidentale, qui reste en l’état ; c’est bien pour cela qu’elle se meut dans tous les sens et ici et là se contredit à qui mieux-mieux, puisque cela lui est égal ; elle reste égale à elle- même par et au travers de n’importe quelle contradiction ; c’est uniquement si l’on croit que la « vérité » va s’incorporer ou se figer (en ceci ou cela) que l’on reste sur sa faim ; comment peut-on déprimer lorsque l’on s’aperçoit, transi, que dieu, l’être, le sujet et l’altérité manifeste avec augmentation, intensité, accélération et densité tout le réel disponible (pour le moment, historique, et pour l’instant, structurel) ?

Lorsque l’on crée ou reçoit la révélation de dieu cela rend réelles quantité de possibilités intentionnelle (la nation juive, le corps chrétien, le sujet qui se perçoit du dehors formel absolu, etc).

Ou, version psychologique ou psychique valant pour notre état actuel de « moi », de personnalisation ; comment peut-on se suffire de n’être que ce moi-corps-langage (ou qui tente, tant bien que mal, et au final de totale déception, qui tente de s’unifier comme désir-objet ou regard-regardé-regardant, ou qui croit ‘se’ voir dans les images, de ciné ou de publicité)

alors que toutes les portes sont largement ouvertes sur toutes les sortes de Sujets possibles (le sujet de dieu, de la pensée, du christique, du sujet tel que là, de l’altérité et de tous les mondes humains de jadis, dits particuliers, et de toutes les traditions zy-compris) ?

Ou donc ; le « sujet » est la structure et la structure s’emprunte, s’inquiète, se meut aussi bien selon dieu, la pensée, le sujet lui-même qui dit « je », l’altérité de son déchirement ou splittage ou altérité qui-n’est-pas-soi (parce que de soi il n’en est pas, sinon juste relativement, au mouvement de conscience, projection sartrienne etc, au sens que « ça ne tient que par là »). « Sujet » est une fonction, non pas une fonction objective (il faudrait qu’il y ait encore un autre regard capable de poser cette objectivité) mais une fonction absolue, formelle, exclusive et qui exclue toutes les autres (les subsumant) puisque sans elle il n’en existe aucune.

Il faut entendre littéralement que depuis la méditerranée (depuis que nous sommes sortis de tout monde cyclique, clos, particulier, signifié sans doute aucun abusivement ici comme tels pour la facilité de compréhension) nous nous sommes plantés devant le monde, grec, tel que donné « là » et selon ce corps tel que le voici. Ceci est le corps, voici l’homme.

Or de le dire, ça l’écarte. Ce qui est dit, est dit du point de vue qui expulse cela même qui est montré ; de le dire on ne l’est plus. Et ce qui est dit est posé sur un horizon, lequel horizon ne se présente pas au-devant (sinon il ne serait pas l’horizon et celui-ci reculerait d’autant). Le mouvement dit dialectique de Hegel, c’est cela ; quel est l’horizon sur lequel est posée telle idée ou tel monde ? Et c’est déjà l’horizon suivant qui se dessine dans tel monde présenté. Comme l’arc de conscience est indépendamment de tout contenu (non qu’il soit sans contenu, il y a toujours conscience de quelque chose, mais les choses se remplacent) l’esprit est le mouvement de tous les contenus qui défilent et s’enchâssent (se chassent) ; le fond définitif sur lequel tout se produit est l’arc lui-même (la négativité hégélienne, et c’est pour cela que le savoir absolu est peut-être un savoir sur-objectif, mais très certainement est lui-même la seconde phénoménologie, après celle de l’activité de conscience dans ; l’histoire, la chasse de tous les mondes, toutes les idées, toutes les positions de conscience).

Et il est donc vrai qu’au sortir de Hegel il ne reste rien du tout comme contenus ; on les a tous quittés. Hegel solde intégralement la métaphysique, l’élaboration d’un discours qui contiendrait toutes les réalités (ce faisant il dissout l’être, le remplaçant par l’esprit lequel est sujet, et le rapport entre les contenus la négativité) et on est alors déjà passé non plus à « ce qu’il faut penser » mais à la description de cette structure qui, entre autres, pense ; et ce depuis Descartes. Mais les grecs ou les scolastiques et la pensée chrétienne et théologique n’agissaient pas autrement ; il s’agissait d’observer objectivement toutes les lignes intentionnelles possibles qui permettaient d’explorer et de planifier les pensées et les représentations possibles, mais aussi les intentions et les volontés adéquates, adéquates aux réalités, naturelles et humaines, de créer ces distinctions intentionnelles, de perceptions et de décisions ; dresser totalement toutes les possibilités intentionnelles permettant de garantir la clarté et la systématicité de la pensée, pour ensuite passer à l’observation de cette attention telle qu’en elle-même elle explore et découvre, invente et crée.

Evidemment l’invention et la création étaient bien hors du rayon d’action de la pensée métaphysique (qui devait catégoriser les possibilités du vrai, du bien et du beau, de l’être et des réalités telles que données) ; de même impossible pour la raison de penser la liberté ; ce qui est libre n’obéit qu’à soi, mais il y obéit vraiment, ce qui veut dire que « libre » ça n’est pas « n’importe quoi » ; ce que la liberté actualise c’est cette cohérence singulière qu’est la liberté. Elle est sa propre loi, mais elle existe cette loi, elle l’incorpore et la perçoit. D’une plus extrême exigence encore (que celle imposé du dehors par dieu ou l’universel). Et c’est non seulement une cohérence mais c’est la plus exigeante et la plus précise des cohérences.

Penser et généraliser est une chose, décider et intentionnaliser c’en est une autre. Ça réclame une bien plus grande organisation mentale et une organisation évidemment démultipliée, c’est ce que l’on nomme démocratie au sens moderne (depuis 1789) ; démocratie ça n’est pas un régime politique, c’est un organisationnel de l’humanisation qui s’avance jusqu’à la personnalisation de chacun (sous condition que chacun soit à lui-même sa loi, sa propre loi mais sa loi en tant que telle).

Si la méta-organisation passait par la pensée (ce qui veut dire traduit dans les faits, par les religions, qui furent toujours des théologies et non seulement des « croyances »), il advient que lorsque cet organisationnel descend jusque dans les corps un par un, qu’est-ce que ce mouvement devient ? La révolution, la constitution, la démocratie.

Ensuite dans le cadre de la « démocratie » il est des variations considérables et qui poussent le plus souvent à contredire le cadre lui-même, puisque le monde et ses intérêts immédiats et faibles, viennent envahir l’organisationnel (et dont on a reconnu depuis le début qu’il s’agissait de la liberté et de l’égalité, deux seuls paramètres exactes de toute situation réelle), envahir l’organisationnel et toutes hiérarchies de pouvoirs commencent de recouvrir ce que le structurel a précédemment écarté de sa pure vue dite « abstraite », Robespierre qui su, voulu, par quelque tour invraisemblable et étourdissant, halluciné lui-même, pris de transes structurelles suractivés,  su et voulu maintenir envers et contre tout et tous, tous ; toujours il a élevé à nouveau la réalité au réel. Invraisemblable bonhomme.

Mais cela veut dire que le concept organisationnel « démocratie » n’est pas nécessairement et immédiatement réalisé et que donc il signifie plus que tous ces effets ; son point d’application, le sujet, tel qu’en un corps, est non fini ; sa capacité est non finie et contrairement à tout le prétendu, l’humain ne s’inscrit pas comme une « nature humaine » mais comme sujets. Et de plus les dits sujets entrent dans un relationnel dont ils attendent les valeurs ; les valeurs s’utilisent afin que soient instanciées les intentionnalités ; ce qui veut dire ceci que l’on parie alors pour la mise en forme, l’instruction (in-formation) du monde humain selon une plus grande ambition que celle habituellement imposée par le monde et les intérêts (et on verra qu’elle passe bien autrement que par le prêchi prêcha, par Led Zep ou Ph K Dick ; c’est bien notre invention absolue, puisque l’on est dedans la densité du donné, du vécu, du corps, du relationnel, de l’image qui conduit au miroir même); autrement dit que l’on parie sur un plus grand intérêt, non immédiat, que personne ne perçoit dans le monde mais qui oriente et guide ce monde ; ce que Kant nommait le règne des fins, la fin de la violence (de la contrainte, de l’exploitation, de la destruction d’autrui, au profit d’intéressements faibles mais immédiatement accaparés).

Ce pari selon l’historicité du structurel (sur l’immédiateté du monde et ses habitudes), est un absolu, ce qui veut dire formel, déracinement, hors du corps ; hors du corps comme seul garant et seule finalité des intentionnalités ; et imagine un autre-corps qui, lui, obéirait à l’autre loi, l’autre horizon ; non pas celui du monde (comme il va habituellement, vers la violence et la mort), mais l’horizon du dépassement (dont on n’a aucune preuve sensible ou immédiate).

Autrement dit ; on a l’habitude de désirer quantité d’objets dans le monde, et pas un n’en vaut réellement l’effort, si on parvient de se placer du point extrême du réel ; en comparaison du réel les réalités ne sont pas « mauvaises » mais sans grand intérêt. C’est bien en ceci que les moqueries communes, très communes, vulgaires, envers la religion ou la conversion ou le Bien ou l’histoire humaine ou la révolution poussent à ne plus considérer comme réel que les réalités … ce qui est manifestement absurde.

Ou donc encore ; si vous ne comprenez pas Rimbaud (ou quiconque de cet ordre là, de cette dimension là), ça n’est pas la faute de Rimbaud mais la vôtre ; vous êtes juste trop cons (rassurez-vous, vous ne pouvez pas comprendre Rimbaud vraiment, lui-même n’a évidemment pas su, mais quand même … De ne pas admettre que Rimbaud est plus vrai que tout le reste est une erreur fatale, un game over, a black death ; remplacez Rimbaud par qui vous voulez, qui se tienne un minimum).

La vérité est que c’est cela que ça signifie. Si vous aimez seulement les êtres humains (ce qui est déjà une grande vision admirable) mais hors du christ, vous n’aimez pas vraiment les êtres humains … Comprend-on ce que cela signifie ? Remplacez le christ par qui vous voulez. Qui vous voulez de suffisamment étendu et instancié.

Parce qu’en soi l’humain n’est pas du tout admirable (sinon pour de fausses et absurdes raisons, qui seront toujours relatives à d’autres encore moins vaillantes, bien que tout cela se tente, mais sans le réflexe de la structure, ça sera une immense déception) ; il faut un ancrage transcendant pour que ce soit la transcendance qui puisse autoriser, permettre une grande possibilité d’intentionnalité ; parce que sinon ce sera le monde et l’immédiateté qui l’emporteront ; ils l’emporteront puisque des intentionnalités noyées dans le monde et le corps immédiat il en existe une quantité indéfinie et que le corps lui-même est soumis, physiquement, chimiquement, aux satisfactions telles quelles données dans le donné ; sa pesanteur est intérieure, tandis que l‘intentionnalité libre (qui est im-possible) est interne, interne à la surface (c’est pour cela que la motivation esthétique, éthique, politique, idéelle, philosophique passe par le champ perceptif, est un re-tour, un nouveau tour).   

Interne à la surface qui est externe ; ou si l’on préfère l’intentionnalité est une surface interne à l’externe et exige donc que l’on s’y élève. C’est comme ça. Impossible de faire autrement.

Cela revient donc à couper net la finalité du corps ; non pas de le bannir, mais de conserver dans un coin que non, décidément, « ça n’est pas ça ».

(Ça ne vous quittera plus)

Ça ne se trouvera nulle part dans le monde. De même que ça ne se trouve pas « dans » Rimbaud, mais bien que Rimbaud fait-signe vers ce qui, en vous, se tient de l’horizon, en plus, de l’autre surface (non seulement parce que c’est une autre surface que l’horizon du monde mais parce que cette surface-là est constitutivement Autre ; il vous fait saisir que vous êtes saisi du même point, qui, étant formel, les expose tous, potentiellement ; ce qui totalement hors de notre capacité, mais ce point on le Sait, on Sait le formel de ce point, de même que l’on Sait que Descartes Sait, qu’il a outrepassé la connaissance, et la métaphysique, par l’ontologie et le Savoir-qui-se-sait, et effectivement Kant et Hegel exposeront ce se-savoir ; notre position dans le monde, entre le donné et l’ensoi et l’étalage des deux phénoménologies, du devenir et du « savoir absolu »).

Se rendre selon l’altérité, ce n’est pas se fixer selon un autre désigné dans le monde ; c’est effectivement l’autre et en même temps ça n’est pas l’autre dont on tombe amoureux dans le tomber-amoureux du moi (sa graaande expérience dans la vie). C’est pour cela que jadis ça ne valait que par le christ ou pour Platon qui a tenté de le jouer selon la pensée ou les valeurs (l’autre incarnait le vrai, el beau ou le bien). Autrement dit le christ, dans cet exemple, est exclusif et ensuite il indique dans le monde (mais aucune partie du monde ne peut le remplacer). On ne peut pas remplacer le Un structurel.

On peut bien tenter (et ça fonctionne souvent) de se « guérir » via et par le regard ‘un autre, d’un autrui ; on réparera un morceau du moi ; mais avec l’altérité c’est tout autre chose ; on ne peut pas prendre prétexte de l’autre pour être « soi », en mieux (parfois ça se termine très mal…) On est, par et dans l’altérité, sa structure, toujours outrepassé ; on se retrouve toujours comme Rimbaud à s’enfuir loin, très loin, de ne plus en supporter la possibilité, la capacité ; on renonce toujours, on ne peut pas supporter l’altérité et être vivant ; ce corps lui-même ne supporte pas l’irruption de la dimension dans ses finalités, que seules il comprend ; elles lui correspondent, l’altérité non.

Encore faut-il, donc, admettre l’altérité en soi-même … ce qui est déjà contradictoire. Non pas qu’il n’y ait plus de soi (comme lorsque l’on disait que le christ exigeait une pureté d’intention telle qu’elle était impossible, ou lorsque l’on devait abandonner son égoïsme pour l’universel espérance du genre humain, ce genre de désintéressément proprement inaccessible et inimaginable), mais bien qu’il faut être saisi par l’altérité… et il n’y est plus question d’être « beaucoup plus pur », mais transi de terreur ontologique, de sidération (on appelait cela l’extase). 

On ne veut pas croire en dieu, au christ, à l’universel, à la révolution, à la liberté, mais voila… l’un ou l’autre (comme ça vous est venu) sont déjà en nous comme la rage attachée. On ne se satisfera pas, voila tout. Et c‘est cette insatisfaction que l’on pense, qui fait tout notre objet et ce depuis le début (que nous ayons été éjecté de tout monde clos, depuis le dieu un-tout-autre).

De même que le présent est ce qui vient vers vous, l’attachement est déjà l’attirance qui vient d’en avant. Vous l’êtes déjà. (À vous de voir de quelle possibilité il s’agit, telle que, pour vous, elle s’est manifestée : il ne peut exister de conscience sans que celle-ci ait pris déjà et formellement, cad absolument, acte. Sans une tension elle n’est pas et comme elle n’est pas divisible, elle est formelle, il y a tension ou pas, et si il ya, alors elle est une).

Il s’avère donc que les configurations sont utilisées afin de mordre sur cette tension ; le tomber-amoureux, dieu, le christique, le sujet, l’universel, la révolution, la liberté comme extrémité, etc. Et comme de juste (puisque cette intentionnalité est incarnée, est ce-corps, cette autre-surface du (même) corps) il y a dans chaque corps une tension proprement terrifiante et autre. Un signe, un signifiant, une image, un geste, un mouvement ; celui qui nous a saisi. Ce qui revient à dire qu’il n’existe que la transcendance (en tant, pour nous, que présent).

Reprenons il n’existe que la transcendance (laissons le présent de côté) parce qu’il existe un arc de conscience qui crée un champ perceptif et que ce champ re-vient vers chacun et c’est par lui que nous avons un corps, un monde, des objets, désirs et tout ce que l’on peut observer (plus tout ce que l’on n’a pas encore remarqué). C’est dans ce champ que le corps existe « à nouveau » (en ajout à ce corps donné là qui évidement est, de même que le monde) ; et dans ce corps en plus non qu’il se soit glissé mais il est fondé ontologiquement selon cette altérité de champ ; bien que pour lui-même il admet immédiatement que « tout cela que voila » (ce monde cet objet à désirer, ces finalités) tout cela est présenté tel quel et factuellement ; que ces réalités (qui sont re-construites) sont le réel. Alors que toutes, elles sont préposées (comme le facteur) dans une instanciation du « réel » pur et brut. Vide. Formel.

Aussi on ne trouvera jamais dans les choses ce qui les cause ; la cause des choses est au-devant ; dans le présent (cad ce qui vient vers nous, c’est pour cela qu’il existe un présent ou plutôt que le présent est l’exister). Et à la suite ça n’est pas dans la conscience mais dans la tension qu’est, qu’existe, qui fait exister (intégralement) la conscience, que, si résolution il ya, on la trouvera ; on la trouvera sous la forme de ‘on ne la trouvera pas’. Ce que le tao sait depuis longtemps. On ne la trouvera pas parce qu’elle devient nous-même hors de nous-même. Que le christ me regarde veut dire ; je ne sais pas du tout ce qu’il pense.

Remarquons bien à chercher la cause (que l’on ne trouvera pas, elle doit être créée, là au-devant), on remue ciel et terre et tout le corps et tout le conscient et l’inconscient et tout ce que l’on voudra ; ça y oblige. On a inventé dieu (ou il s’est révélé) afin que tout soit remué.  Que tout soit remué parce que le réel est le mouvement ; on ne le sait pas (lorsqu’on le vit) mais le réel est en création et en création structurelle ; non pas d’agiter telle chose modifiée par la volonté ou l’intellect ou objet soulevé par le désir, mais modifier la structure même du champ perceptif.

Que tout soit remué veut dire ; la vérité, ce qu’il faut entendre comme « le réel », est en-avant ; le réel n’est pas «là », il est ce qui vient au-devant, à condition qu’on le veuille (à condition que l’on augmente (grecs), intensifie (christ), accélère (Descartes et sujet), ou instancie, dans la densité du monde et du corps et du vécu (ce qui se déroule depuis la révolution), que l’on augmente donc l’intentionnalité, et non pas qu’on laisse l’intentionnalité dans la dépendance du donné, de la détermination, de l’identité, tendant à se plier dans les finalités réelles mais basses, du monde.

Cela revient à décrocher l’intentionnalité hors du corps.

Le 18éme, la révolution elle-même (en promettant, très légitimement, le bonheur), le naturalisme remplaçant dieu, la raison remplaçant la pensée, le moi remplaçant le sujet (toutes réalisations très bonnes et indispensables mais non pas terminales) finissaient par inclure l’intentionnalité dans le corps lui-même (besoins, désir, famille,  le moi et son vécu, images, représentations, etc, sont ses effets). Et sans doute aucun, afin d’élever l’humanisation puis la personnalisation. Mais à l’une comme à l’autre manque la structure ; révolution ou existentialisme au mieux, désir extrapolé comme « vérité » ou humanisme plat au minimum, comme fondation morale exclusive et consacrée, de toute société humaine entre les deux (personnalisme par ex), ont pu tenter d’installer l’instanciation, mais une instanciation ça ne se stipule pas de cette manière et surtout, quoi que l’on en pense, l’instanciation, qui permet de lancer une stratégie, ne se produit des parties du monde, des morceaux de vie ou des pulsions enfiévrées.

Or il est une permutation de toute la réalité (de la réalisation humaine) qui échappe singulièrement à l’attraction individuelle ; non pas que l’on en appelle à chacun dans son chacun, mais bien que l’ensemble de tout ce qui est pensé (au sens large, cartésien en somme ou kantien), est exprimé, montré ; cinéma ou Tv, photo ou Bd, Sf ou music, et finalement selon les deux grandes médiatisations (celle macro du milieu du 20éme) et celle micro depuis le net ; à savoir que ça vient vous chercher chez vous.

Ça n’est pas une pensée universelle, ni même le cadre universel (de la révolution ancienne manière) qui comptent (puisque les deux sont déjà devenus) et qui s’imposeraient à vous ; c’est le miroir qui travaille les images et ces images que vous remontez comme miroir individué ; bref « ça vous regarde » et c’est ce regard qui vous transforme, automatiquement pourrait-on dire, comme le christ créait les âmes. 

Cela veut dire que lorsque Led Zep s’engouffre via Dazed and confused ou que Ph K Dick vous étourdit du dedans de la tête, ce qui veut dire dans le réel (dedans de la tête/dans le réel, ça ne veut pas dire que le réel est dans la tête mais que la tête est dans la surface même du réel), lorsque dans la réalité vient poindre le réel, c’est là que ça s’enclenche.

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