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instants philosophie

Jusqu’au bout, jusqu’au Bord

3 Novembre 2018, 09:33am

Publié par pascal doyelle

Vous pouvez bien croire que le mal ou la décadence ou la dégénérescence ou dégradation ou la noirceur constituent la substance même du monde, ou de la vie, ou de votre vie. Mais ce sont d’autres noms pour la simple brutalité de la réalité.

Et la brutalité il vous revient de l’élever, de la soustraire à elle-même.

Il est mille attachements pour vous convaincre du contraire. Qui vous persuaderont qu’il ne vous revient pas de percevoir toute réalité du point le plus extrême. Ce qui ne veut pas dire que vous possédiez le point extrême mais que vous vous tenez dans le regard, la vision, dans le champ de perception du point extrême. Le but, ayant au préalable acquis le fil du réel, la finalité est de remonter au plus loin qu’il vous est possible le long du champ de perception, du champ de la distinction.

Si tel n’est pas le cas, si le monde n’aboutit nulle part, si tout univers est seulement destiné à s’étioler dans quelques milliards d’années dans le vide ou si tout se rétracte dans un cataclysme, alors décidément rien non seulement n’a d’importance, mais pas même n’a d’intérêt.  Ça n’aurait strictement aucun intérêt en quelque manière et quelque sens que ce soit (on va juste crever, et puis c'est tout, et notre espèce va disparaitre, et la matière se dissociée et le froid et le néant comme unique surface de tout ce qui est ou sera jamais ; ça intéresse qui ?)

Mais rappelons ceci : que l’arc de conscience, la structure intentionnelle, ne correspond à rien qui soit au monde, dans le vécu ou selon le corps et que si cet arc ne signifie rien au-delà du monde, alors tout cela est totalement dérisoire. Mais en même temps le fait est qu’un arc il y a. Et ici se décide, et se juge, le sujet. Soit il s’affaisse et abandonne son existence, au monde, à sa propre mort, soit il se lève et affirme purement et simplement sa possibilité ou potentialité ; il tient à lui-même parce que et parce qu’il est précisément et mordicus cela qu’il existe ; il estime sa possibilité valant en et par elle-même et ceci est une question de « character » au sens d’Orson Welles, de personnification, d’incarnation de sa propre volonté, de compréhension que l’intentionnalité n’obtiendra aucune preuve de son existence mais qu’elle est originelle, plus originelle que n’importe quelle partie du monde, et n’importe quelle expérience vécue, que donc se dégage la possibilité du possible pur  ; il se juge alors par sa décision, selon qu’il s’effondre ou se relève, et c’est pour cela que Nietzsche, dans son envolée imaginaire de la Volonté, ne s’égare pas du tout ; il touche précisément juste. Il faut tenir la structure même de ce que l'on est, parce que l'on n'est pas et que l'on existe (Nietzsche présente l'affirmation de l'affirmation, telle quelle, sans autre justification, ce qui est aussi exigence pure et non pas facilité, de même que dieu était exigence telle quelle).

Considérez-vous vous tenir à même la structure de votre être ou vous délogez-vous du réel et succombez-vous à l’irréalité qui voudrait que vous-même vous n’existiez pas ? Parce que si vous existez et que votre être est cette structure là (celle qu’observent et décrivent et créent en même temps Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Kierkegaard, Nietzsche, Heidegger, Sartre ou Lacan), si vous existez et que vous n’en tenez pas compte (et que vous pensez n’être qu’un moi, un corps-langage, une subjectivité falote, une imagination secondaire, une petitesse dont tout semble vous convaincre), n’en tenant aucun compte, vous dérogez, vous vous abaissez. Ça n’est pas de lire Rimbaud (on en connait l’invincible difficulté) mais de se tenir du point par lequel il réussit de percevoir (malgré qu’il croit échouer). Et ce point vient en-plus.

Et si vous ne suivez pas cette dimension qui se situe en-deçà de toute volonté consciente, de tout conscient, ne suivez pas cette dimension non de volonté mais d’intentionnalité, il vous sera impossible de manifester, de rendre réelle la ou les stratégies intentionnelles, parce que l’intentionnalité doit se tenir elle-même et ça n’est pas rien ; elle ne peut pas seulement dépendre de l’état du monde ou des conditions de tel ou tel vécu ; puisque de fait toute réalité ne parvient dans la perception évidemment par les sens mais le sensible n’est enregistré que mis en forme (par le langage et les signes, lesquels sont engagés par l’ensemble humain et les relations entre consciences, qui reviennent en et par chacun) ; mise en forme dont la matière, les matériaux sont les mémorisations (qui, elles, sont, selon l'être, tandis que la forme est selon l'exister). Il n’est donc pas de causalité immédiate ou plus exactement il est des tas de causalités immédiates mais auxquelles s’ajoutent le champ perceptif créé par les signes ; et non pas que les signes créent la structure et la stratégie mais que les signes sont utilisés dans l’intentionnalité qui doit, de cela, élaborer sa propre architecture et ce en en passant par les élaborations telles qu’elles furent introduites, produites, instillées dans l’historicité ; dieu (le un), la pensée (l'universel), le christique(l'individu nu), le sujet (la révolution), l’altérité (le corps et les densités du monde) ; et plus on approfondira sa propre structure individuelle, plus on recherchera, farfouillera dans les élaborations structurelles supra-historiques. C’est bien pour cela que dieu, l’être ou l’universel ou la raison, le christique ou le sujet ou la révolution, l’altérité s’imposent en-plus ; ces configurations attachent soudainement l’arc à l’horizon du réel (qui est en-plus ou au-delà des réalités, la stratégie en-plus des tactiques, qui restent attachées à de petites finalités, la plupart du temps déjà enregistrée, mémorisées).

Ça n’est pas un universel mais c’est la singularité extrême qui contient les universalisations de-çi de-là. En vérité les universalisations (les mondes particuliers qui créent de la mise en forme culturelle ou les acculturations via les éthiques, esthétiques, politiques, idéels, philosophies) ne sont qu’afin de produire en vous cet Effet de structure ; sans les regards qui s’augmentent ou s’intensifient ou s’accélèrent (respectivement les grecs qui augmentent la perception à partir de chaque intentionnalité, le christique et le corps-sujet, Descartes et le méta qui précipite le réel su la réalité en lui ouvrant le gouffre d’un lieu formel, le sujet) sans l’intentionnalité tout le reste n’est rien, n’existe pas, ne peut pas même se produire dans le monde, le vécu ou le corps. Donc la finalité est la structure de votre arc de conscience. Ce qui s’y pèse, ce qui s’y juge, s’y décide, s’y perçoit.

Et la capacité de percevoir sans le monde, de percevoir la structure du réel.

Inutile de se demander « c’est quoi le réel » « c’est quoi le sujet ». Si on attend une réponse déterminée et relevant du monde on n’y trouvera rien de tout cela ; puisque c’est à partir du réel, du présent qu’il y a du monde et de l’arc de conscience qu’il y a des mois, des mondes humains, des universalisations, des désirs ou de la perception et des signes. Nous sommes déjà passés dans la structure (depuis la méditerranée), et attendre encore observer au-devant de soi « ce que l’on est » ou « ce que le réel est », c’est encore refuser de se placer soi-même dans le réel, comme si on y était extérieurement, observateur impassible, étiolé, plat. L’objectivité, la rationalité, le réalisme, le naturalisme, l’humanisme, la psychologie sont des reculs terrassant, sauf que toutes ces occurrences n’existent que par le sujet et donc celui-ci leur confère son système de trajets, de trajets créés et hyper objectifs ; de sorte qu’en vérité et en fait, toutes ces possibilités (ouvertes par et pour le sujet) sont autant de symptômes (sciences ou droits ou kultur ou mass médiatisations, etc) de son exploration, de son trajet sur, dans le réel et la réalité ; de même que pour un moi son corps subit ou suit les traces, les signes et ce réellement sur et par ce corps dans le monde (parmi les autres le regard, le langage etc).Tout est symptômes de l'arc sur le réel, en occurrence de l'arc sur l'historicité (percevoir ce monde libéral ultra comme "naturel" est une absurdité qui n'a de sens que dans sa relève, dans sa révolution potentielle, vers "ce qui n'est pas").

C’est bien cette distance qui ne se montre pour le moi qu’en psychanalyse (quelle qu’elle soit) ; c’est écrit sur le devant, sur le corps, avant tout, et dans le présent et l’actualité au point de n’être susciter que dans le regard, l’entente de l’autre qui écoute, qui perçoit, dans son intentionnalité-autre). On existe par le devant de soi, dans, vers ou par le monde (de là que Sartre ait analysé comme l’autre pouvait nous détenir ou que le tomber-amoureux soit l'expérience ultime ... du moi, et non du sujet) ou Lacan l’entrelacs qui nous saisit, par lequel nous sommes saisit, comme sur la poêle, dans le réel (quelque chose n’est pas atteignable qui nous perçoit, qui nous révèle et la révélation reste « dans » le réel ; il nous est impossible d’y revenir (ce réel n’a jamais été mémorisé, perçu) et on ne peut qu’y ajouter, en plus, se hausser d’un niveau, pour non pas lui échapper mais pour le contourner). Il n’existe pour une structure de conscience de sortie que « par le haut » ou « en avant », et encore ce mouvement se place-t-il sous conditions, et toujours en péril ; et ces conditions sont précisément instantanément reliées par et dans … l’historicité. L’inconscient est ou plus exactement débouche sur ce plan tout à fait hyper-objectif ; l’historicité (cela même que l’objectivisme ou le rationalisme voudrait réduire au réalisme du donné) ; l’historicité qui seule ouvre le champ perceptif à son devenir ; à sa potentialité (de là que Nietzsche en appelle à l’esthétique et au poétique, et de là également que la psychanalyse, de par son a priori théorique objectiviste, veuille annuler le sujet au profit d’un anti-sujet, soit imaginaire,  soit « de structure » au sens lacanien, ou encore que quelques psychanalystes veuillent entreprendre une poétique ou une mythologisation du moi, essayant de l’élever malgré tout à sa dimension d’histoire et d’idéel).

On entre donc,  nous sommes entrés, depuis la méditerranée, dans la structure, dans le présent, dans l’actualité ; la pensée ou le christique, le sujet ou l’altérité (de l’existence ou de l’exister existentiels) réclament la conversion, le passage, la décision, la volonté (cartésienne ou nietzschéenne) et plus précisément encore l’intentionnalité adéquate, celle qui ne peut plus désirer un Autre qui serait imaginaire, mais l’autre en tant que Un et ce qui est Un est ici, sinon il n'y a pas de Un mais deux, mais si le Un est ici, de toute évidence il est divisé, donc le Un est ce qui divise tout ce qui est, et donc n'est pas l'être-effets, mais l'exister-cause. Ce qui veut dire éclaté. Explosé. Dont l’explosion est la structure même : qu’il y ait Réalités afin qu’au travers de tous ceux-ci apparaisse la capacité du Un qui (se) veut.

C’est bien pour cela que Nietzsche et Heidegger sont soumis à l’altérisation de leur « être » ; leur être ne ressemble plus du tout à l’être habituel et encore moins au donné-là de quelque objectivité ou réalisme que ce soit (même leur caractère tout à fait imaginaire est induit par leur vision). Si on demeure dans la perspective objectiviste, on ne comprend pas ce que l’Etre ou la Volonté viennent faire dans l’histoire. Mais si on en reste à l’imaginaire on ne comprend pas comme Sartre et Lacan abolissent l’imaginaire ontologique. Mais ceci n’est encore rien. Il faut également que l’on puisse réarticuler l’être grec et la subjectivité christique (qui n’a rien de subjectif, qui est précisément la structure qui rend possible que chacun se considère subjectivement, et opération qui est donc elle-même  tout à fait hyper objective).

On veut dire par là que pour saisir ceci ou cela il faut le placer sur tel ou tel horizon. Et si l’on garde la Volonté ou l’Etre, ou le sujet ou la pensée ou l’être grec comme à chaque fois ultimes horizons au-delà desquelles lignes rien n’est pensable (étant entendu que l’être ou le sujet ou la Volonté sont ce par quoi tout le reste, à chaque fois, est pensé), si on se maintient sans découvrir la ligne effectivement réelle qui est, donc, plus grande que toutes les autres lignes ; la ligne antérieure, l’horizon avant les horizons. Il faut bien préciser que l’on ignore l’inclusion des horizons en eux-mêmes ; on ne sait pas si l’être manifeste plus précisément que le sujet ou l’altérité plus que l’être ou dieu plus que l'un et l'autre ; et il faut remarquer qu’on ne soupçonnait pas que l’être serait relancé par le sujet ou le sujet par l’altérité ; les formules, les structures ontologiques sont inimaginables ; elles passent outre l’imagination (qui est du monde) ; elles ne se pensent même pas, au sens où « pensée » est encore de la détermination, universalisée mais encore de la détermination, mais au sens où pensée est précisément le repérage de la structure sur le plan du réel ; dieu, être, sujet (christique puis cartésien puis révolutionnaire), altérité s’échangent mais on ne sait comment et par où.

Répétons : au vu de notre propre expérimentation de l’ontologique, depuis 2500 ou 3000 ans, on ne peut pas imaginer, visualiser, supposer en terme de déterminations, quelles peuvent être d’éventuelles autres versions de cette structure du réel.

On désigne ici cette expérimentation comme étant le « présent » (cad en fait l’exister), mais c’est une version, en plus, qui amène à préciser selon son mode ce que les autres modes, l’être, le sujet, l’altérité, dieu, etc, signifiaient en leur propre. Evidemment on suggère qu’il y eut une approche de plus en plus serrée ontologiquement ; de dieu et de l’être puis vers le sujet (qui catalyse et dieu et l’être), et du sujet vers l’altérité (ce « en quoi » est positionné le sujet, pris soit dans une autre-volonté ou soit dans l’être-autre, de N et de H). Jusqu’à donc l’analytique de structure de conscience ; sartrienne et lacanienne.

Rappelons que depuis Descartes, qui inscrit le sujet à la surface du monde (ce qu’il nomme l’étendue), Kant et Hegel archivent intégralement soit la structure (dite transcendantale) du sujet (cartésien), soit le devenir et la possibilité (idéelle) de cette conscience (au travers des deux phénoménologies ; de l’historicité de la négativité et du savoir déplié des intentionnalisations). Et qu’ensuite on extrait la fine pointe structurée, de conscience, par Husserl, tandis que Sartre nettoiera cette phénoménologie théorique, en l’appliquant à quoi ? À un corps, à ce-corps. ce-corps, dans le monde, parmi les autres, face à l’ensoi des choses, à sa propre altéritérisation, etc. Et que Lacan suit les limites de cette structure dans ses parcours sur la sorte de corps très bizarre que crée, que provoque l’injection de cette structure dans un être vivant.  

Aucune de ces descriptions n’est tenue ici pour illusoire ou hasardeuse. Aucune. Parce que si l’on se positionne sur le Bord, on se positionne sur le Bord au sens où il n’y a nulle part d’autre où aller. Et il ne faut pas croire que même les plus illuminées représentations (y compris les délires) se tiennent hors de l’historicité ; telle secte délirante apparait telle quelle selon son temps, telle phobie ou obsession (que même donc la psychanalyse soit apparue à tel moment de l’histoire). Il est, supposément, un arc historique qui correspond spécifiquement à l’arc de conscience (en son moment d’historicité) et celui-ci dans l’arc structurel qu’est le présent (comme structure absolue du réel).

Et on ne peut pas entendre cette proximité structurelle comme canalisant les choix (ou les inventions), au sens où l’on aurait déjà, de ce fait, choisi dieu, l’être ou l’universel, le sujet, etc, puisque l’on se situe, que l’on est situé déjà, invariablement à la racine, sur le Bord lui-même (antérieurement à tout choix ou toute invention). Et que dieu, l’être ou le sujet sont les formules vides ce qui veut dire formelles. Qu'ils sont le Bord lui-même. Qui n’impliquent rien du monde et donc permettent, par ex, qu’à partir du christique il y ait des sujets, qu’à partir de Descartes chacun soit à lui-même sa propre mesure donnée là dans l’étendue du monde (de perceptions qui dès lors va s’accélérer dans tous les sens accessibles, sens sensibles et sens de significations et de devenirs individuels).

Lorsque l’on est sorti des mondes particuliers (autour de la méditerranée, par les grecs ou le christique ou le judaïsme) nous nous sommes réellement positionnés sur le Bord ; parce qu’une fois hors de tout monde particulier, on se tient strictement sur la ligne du réel, la ligne de total désespoir structurel, qui ne peut pas se comprendre lui-même, qui ne sait pas pourquoi soudainement il lui manque un monde humanisé, anthropologisé au sens de mythologisé (l’homme devenait monde) ; on tentera d’anthropologiser ensuite (le monde serait l’homme) mais c’est cousu à la main et artificiel et non pas l’apparaitre de vérité perceptive et parlée entre tous qu’obtenait chaque monde particulier, dans son langage, sa représentation, ses échanges et ses techniques mémorisées par la signification éprouvée comme monde.  Recoudre la division même si l'on imagine une unité, ça accélérera toujours la division ; la division est la structure (et le présent est le mouvement).

De là que dieu, le christique ou l’être et l’universel soient si « abstraits ». Ça ne vise pas à combler un manque, le défaut qu’il n’y ait plus aucun monde humanisé qui soit aussi une humanité immergée dans son monde (les mondes particuliers inventent chacun selon la mise en forme culturelle, tandis qu’à partir de la méditerranée on invente l’acculturation corps/monde en remplacement  de l’unité), non un manque mais un vide et un vide structuré ; c’est la structure de ce vide (qui du coup n’est plus un vide) qui est la finalité même de la réflexivité (comme retour non pas sur l’auto cohérence du discours, qui était censé conduire à la vérité, comme chosification en quelque sorte), et ce retour sur ce vide, qui découvre une structure (comme être, idée, pensée, un, ou comme dieu, christique, sujet et enfin altérité) ce retour aboutit à ceci que ce qui est retour sur cette structure découvre que ladite structure est elle-même en plein une articulation et que cette articulation est le réel même ; à savoir que l’arc de conscience s’instancie dans l’arc de présent et que le présent est l’activisme même du réel.

Que « le réel » soit signifié comme forme (indéterminée, qui seule peut contenir les déterminations) n’est pas un hasard, mais nous indique la nature même de ce qui « est », sous-entendu (selon l’interprétation ici installée) de ce qui Existe. A savoir que ce qui est formel est un acte, une activité et que donc il n’est pas même pensable que le terme, la finalité absolue et dernière soit une identité ou une passivité, mais bien encore et toujours un activisme ; le Un est ce qui produit constamment sa propre "nature" (et donc il ne « sait » pas ce qu’il « est » pour la raison qu’il n’est pas mais existe, et que l'on nomme "nature" mais on ignore totalement son réel).

On n’a jamais pu définir l’être (ou équivalent) parce que l’on est cela même qui regarde, exprime, décide, veut, et plus généralement intentionnalise ; et que ce qui se passe réellement (et qui ne consiste pas du tout à définir objectivement un objet ou via un discours un objet) ce qui se passe c’est le vol plané ou le saut périlleux que l’on opère à partir de … rien. Leréel pivote à partir de lui-même. Puisque c’est la forme même (du réel, soit donc le présent ou l’arc de conscience articulé au présent) qui se produit, se rend réelle, s’existe ; et évidemment on y prend au filet l’être, dieu, le sujet, l’altérité ; qui signifient, pour nous et au travers de l'historicité, ce saut périlleux qu’est le réel.

On peut tout à fait, inversement, considérer que l’être s’impose à nous, que dieu se révèle, que le sujet se structure (et que tout moi, par ex, subit la dureté de l’altérité qu’est la structure de sujet), que l’altérité nous absorbe et que le réel nous arrive comme une monstruosité inhumaine, surhumaine, ahumaine : ce qui revient à dire qu’une fois délivrée de toute communauté et de tout monde particulier, cyclique, mythologique, parlé entre soi, et que libéré en tant que moi, par la révolution, en tant que personnalisation, le sujet sous la forme du je, qui n’est pas le moi et qui est presque le je sartrien, se prend intégralement la présence pure et brute du réel face à face (ou, version psychologique du moi, son angoisse, son corps, le non-sens de lui-même en tant qu’il est et n’est pas sa « vie », son vécu, son existence).

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