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instants philosophie

L'individu dedans l'histoire

10 Novembre 2018, 13:07pm

Publié par pascal doyelle

L’histoire a vu se déployer, s’approfondir, s’explorer la possibilité qui n’apparaissait pas auparavant dans les mondes particuliers (tous les mondes particuliers, des mayas aux égyptiens, etc). Et cette possibilité est définie par deux émergences absolues (cad formelles) ; le monde unique donné là (les êtres qui sup-posent donc le « là », l’être de toutes les choses dans le monde) et le corps, christique (il se plante là au devant de vos yeux étonnés et signifient ; voilà vous n’êtes pas ce corps-là ; votre corps n’est pas votre regard, puisque vous vous voyez, vous-même, les uns les autres, et ce corps hors duquel vous existez et ce mouvement de vous-voir crée votre âme, qui autrement existait mais dans les limbes ; il fallait la formuler pour qu’elle apparaisse dans le monde et que donc tout s’augmente, par l’être des grecs, s’intensifie par le christique, s’accélère par Descartes et la révolution, s’incorpore par la densité du monde humain et personnalisé depuis cette révolution, et les sciences et l’altérité, et l’existence et le corps psychique, les mass médias, etc).

Il y a un monde et un corps parce qu’il y a un regard, cad une intentionnalité, une conscience. Oublions l’arc de conscience, et ne retenons que ce sur quoi cet arc tombe ; il tombe sur le monde (et les objectivités, du droit aux sciences) et sur les subjectivités ; lesquelles inventent une idéologie et cette idéologie c’est l’économie. Mais la subjectivité et l'idéologie se basent sur le corps comme centre de calcul de tactiques et de stratégies ; le moi, qui n'est plus articulé par une configuration (dieu, le christique, le sujet, la révolution et l'universel et donc livré à lui-seul) juge de la réalité et de la qualité de "réel" par les impressions du corps ; on lui promet le Bonheur. Supposément sa boucle retourne « naturellement » « spontanément » dans la réalité, et non plus se tiendra du réel, de la forme des réalités. Puisque tout désir, étant a priori du monde, doit trouver, nécessairement, son objet, normé, dans le monde (on a juste étendu le registre ; il existe des objets LGBT et des objets hétérosexués, on s'amuse même de systématiser la production de ces objets de Bonheur, on se distrait, mais c’est une passion, la définition normative accélérée d’objets « naturels », qui ne le sont pas du tout). L'économie est l'idéologie du corps.

Il n'existe pas dans l'idéologie naturaliste, rationaliste (le donné explique le donné), réaliste (tout le réel est dans la réalité), il n'existe pas de décalage, de différenciation absolue (ne sont que des différences jetées), il n'existe pas d'ontologie (ayant sa dimension, Nietzsche et Heidegger tentent de réintroduire de l'ontologie dans le monde plat de la raison humaniste psychologiste). 

Si on n’oubliait pas l’arc de conscience, chacun se référerait à sa structure (qui indique dieu, la pensée, le sujet, l’être, l’universel développé, etc). Mais chacun annule son arc de conscience et celle-ci, délaissée dans le monde donné là, se garantit (de son identité) non pas de son arc mais de ce en quoi elle s’inscrit ; le corps. L’économie est l’idéologie des subjectivités en tant que celles-ci (et bien qu’elles aient à intégrer objectivités et représentations, acculturations et récits, et images et politiques et morales) en tant que ces subjectivités pour juger de ce qui est (qui devient « ce qui est désirable ») usent de cela seul sur quoi elles peuvent compter ; le corps en tant que satisfait (ou pas). Et du reste les objectivités consistent à gérer les corps (scientifiquement ou politiquement).

Donc on écrit en lettres de feu dans le ciel de l’avenir, de l’à-venir (qui devra se réaliser dans le cours d’une vie), on écrit le Bonheur. La satisfaction (puisque le bonheur est une sorte de tout insituable, que l’on remplace par « des petits bonheurs »).

Ce faisant on n’a pas réellement oublié l’arc de conscience ; soit on se fie à sa direction, l’individualisme  fait de chacun-ayant-sa-conscience-à-soi et menant ses projets dans le monde donné là ; et donc la liberté, dite anglo-saxonne, qui admet évidemment l’égalité des libertés mais non pas l’égalité comme valeur équivalente à la liberté de chacun. Soit, en plus de la liberté, on accole à liberté l’égalité (et ce non plus en vue de la solitude des subjectivités, mais en vue de la fraternité) ; inclure l’égalité d’avec la liberté imprime une dialectique, une complexité, une extension considérable, ce qui veut dire dynamique, du monde humain et personnalisé ; au lieu de se perdre dans le gaspillage de la consommation et production individualisée, on vise une mise en ordre, une mise en forme, un organisationnel qui n’obéit pas seulement à la ligne du monde (qui jette chacun dans la mêlée, advienne que pourra, dans la violence) et n’obéit pas seulement à la puissance, mais avec l’agilité qui intervient comme esprit, comme horizon dégagé par et pour l’esprit, cad un possible bien plus grand, une Possibilité interne à l'historicité et non plus seulement son déchainement libre sur le monde (qui retombe toujours dans le donné et le mortel).

Les anglo-saxons créent des empires (britannique ou US), la France crée, garde, préserve l’esprit. Soit donc il s’agit de porter différemment l’universel ; soit perdre, au fond, l’universel dans l’individuel (qui pourtant n’existe, n’est institué et garanti que par l’universel), soit admettre l’individuel comme fondement, base, origine de l’universel et donc exiger de chacun bien plus que d’être simplement « soi » ; impliquer ou sous-entendre que l’individualité, tout en étant lui-même, est porté bien plus loin et c’est cette transformation de l‘individu, de la subjectivité en sujet (qui est un réel non objectif et donc ne relève pas du communisme, est un sujet formel, une hyper objectivité, qui contient entre autre les objectivités, lesquels existent par et pour lui, comme sujet), cette transformation est ce qui travaille en fait tout le monde ; entre autre il y eut une telle expansion de la mass et micro médiatisation (via des canaux soit universels (la tv, la radio, le cinéma, etc) soit personnalisés (internet) ) que cette médiatisation c’est transformée en médiation ; ce par quoi chacun était amené dans sa perception en tous les sens du terme, vers une augmentation, une intensification, une accélération et donc une densité de sa réalité, de sa réalisation profondément intégrée et intégrante. De là qu’il y ait quantité de pressions qui s’exercent sur chacun, sur chaque individualité, chaque moi dans son corps et son organisation même ; dans sa perception et ses affects ; rien n’est laissé en dehors parce tout, en une humanité, une humanisation (quelle qu’elle soit, des mayas ou des individus du XXIème), tout est construction et élaborations, et lorsque l'on imprime des intensités et des augmentations au mouvement de conscience, celle-ci reçoit totalement toute la brutalité des intentionnalités. 

Évidemment les mois ou les sociétés humaines tendent irrémédiablement à se considérer comme données là et naturelles ; de même que l’on désire tel objet non en assumant qu’il soit un désir construit, mais parce que l’on croit que l’objet est «en lui-même » est désirable. On n’admet pas du tout que ce constructivisme généralisé. Et il est un fondement à cette naturalisation de la réalité ; que l’on soit heureux et satisfait du monde ou de sa propre vie ; tout cela est légitime, sauf que l’on doit être plus ou moins satisfait afin de passer à quelque chose de plus élevé. On remarquera que l’on recule le niveau de satisfaction des gens afin de les tenir sous pression (soit par les images publicitaires ou cinématographique de base, soit de fait réellement dans leurs conditions pénibles, l'économie au lieu de libérer est devenu le moyen de réinstaller le nécessitarisme).

Mais aussi pour ceci ; que si l’on sort les gens de leurs nécessités, il leur faudrait s’organiser eux-mêmes et décider non plus de leur moi, de leur vie, mais de leur sujet, de leur existence, au grand sens du mot ; à savoir il faudrait qu’ils admettent que la satisfaction ne suffit absolument pas, et que leur être n’est pas un être (qui se retrouverait dans le monde donné, dans l’être des choses ou dans les objets de désirs) mais est une structure qui n’a pas de correspondance avec rien dans le monde et qui doit donc s’ordonner, s’architecturer elle-même (puisque non seulement aucun objet mais aucun discours, objectif ou non, ne peut organiser sa structure). Il n’y a aucun recours, sinon d’élaborer la structure et son vide, mais vide formel (cad qui peut être décrite, appréhendée, élaborée, inventée, créée, ce que religion, éthique, politique, philosophie élaborent). Ce que en leur moment dieu, la pensée, le christique ou le sujet, la révolution puis l’altérité essayaient de ramener vers et dans le sujet (ce qui veut dire : créant le dit sujet, celui de la pensée, celui relatif à dieu, celui engendré par le regard christique, celui qui se reduplique à partir du sujet-Descartes, kantien, celui qui se concrétise par le sujet de la révolution ou de l’Etat, et finalement ce sujet très bizarre logé dans chacun des mois, dont aucun n’y comprend quoi que ce soit ; le sujet est une fonction et un fonction singulière, la racine et la source, le présent est une structure en sujet).

Sortis des nécessités ou n’ayant pas su maintenir un nécessitarisme (la société des loisirs ou le désir par ex, et sombrant dans la dépression ou la dilapidation, c’est d’en-dessous que l’on « désire », et si ça vient à manquer, la structure dans le moi est à nu dans l’invisible, ça ne peut plus apparaitre dans le monde, le monde s’inverse comme un gouffre qui est dedans, dedans le moi et toute la réalité, de même que si on obtient la profusion, on succombe sous le nombre, le nombre d’objets qui ne fournissent plus qu’un fourmillement gênant de satisfactions minuscules, qui deviennent folles), sans nécessité donc l’humain se révèle totalement dépourvu de structure, de squelette interne ; il s’effondre, longuement ou brutalement ; c’est l’extérieur qui le tenait ; il y eut ces tentatives (les religions au plus haut niveau, le droit ou le christique ou la révolution, etc) qui voulurent lui conférer une contenance, mais tout finissait immédiatement par couler dans le monde.

Il ne suffit pas de maintenir le réel en état de réel (la forme en tant que formelle, croire en jésus ou Nietzsche ou quiconque) mais puisque la forme est formelle, vide, sans détermination, elle travaille toujours de fait et immédiatement des déterminations, et les transforme. De là que sitôt lancée et lancée en tant qu’historicité (ce qui advient instantanément) il y eut  cent mille inventions qui comptèrent ;  inventions de structures sociétales, de personnalisations, d’œuvres ; c’est à cela qu’on en juge. On revient à Descartes ou Platon ou Marx parce qu’ils prirent toutes les réalités par le pli (unique) du réel ; il n’y a pas à vrai dire dans l’occidentalisation de répétition à vide ; c’est en ce sens que le vide (mais formel) s’en prend instantanément au corps, à la perception (y compris esthétique et narrative et poétique), aux représentations et aux organisationnels (politiques, éthiques, économiques, dont on a dit qu’elle était l’idéologie du corps, mais bien également ceci ; que par l’économie les échanges se développent pour eux-mêmes, indépendamment des systèmes sociétaux, des rituels, de même que les esthétiques et les éthiques qui outrepassent les ordres anciens ; le christique outrepasse, de même que les philosophes outrepasse le langage et la représentation commune et inventent un langage).

Ça s’en prend au corps et donc lorsque l’on aboutit, après la révolution qui humanise selon l’universel, à la personnalisation de cette humanisation (réflexivité dans la réflexivité, comme le christique dans le judaïsme ou Socrate parmi les grecs, de même le moi, la personnalité est l’acquis dans l’acquis que fut la révolution, de là qu’il y eut les années soixante) alors chacun prend de face sur le corps toute l’étrangeté et toute la bizarrerie du réel, des réalités non plus domestiquées dans telle représentation de monde, mais la bizarrerie des réalités (et de son propre corps) telles que vus par et dans et selon la perspective du réel. Et comme cette perspective est l’unique et l’unilatérale, toute en-avant, au-devant, c’est l’intégralité de tout ce qui est (comme réalités) qui se transmute dans la sidération. Parce que la perspective du réel est celle antérieure qui vient travailler la face, le présent qui vient exiger, et engendre toutes les perceptions mais aussi parce qu’elles créent toutes les significations, toutes les intentionnalisations dans le monde ; et bref n’est elle-même pas une intentionnalisation mais la structure qui produit celles-ci ; l'intentionnalité n'est pas en soi, elle est produite par une structure. (Admettre l'intentionnalité en soi, c'est la laisser aux mains de ses conte nus, et croire en un idéalisme, ramené l'intentionnalité à une structure, c'est placer cette structure dans le réel, en l'occurrence ça vient de la cervelle vers le monde, découvre dans le monde le Bord du monde et tient tout cela au devant de soi parce que le présent vient d'en-avant, et nous perçoit de ce qui vient).

On va s’épuiser à chercher ce qui dans le monde, le corps, le vécu, réalisera cet-être si étrange qu’il n’est pas un « être » (déterminé) et chaque définition que l’on trouvera et chaque objet dont on le pourvoira, l’égareront encore plus ; il sera rejeté, lui, le sujet, comme les miettes de sa propres pensée (nietzschéenne ou heideggérienne, Sartre lorsqu’il donne dans le marxisme ou Lacan qui fait profession d’anti-philosophe, et tous malgré qu’ils en aient, pensent, la structure se montre au travers même de ce qu’ils rejettent, puisque la structure n’a rien à faire du monde et de la détermination, elle ne fait que cela ; faire voir sa structure de mouvement), de sa représentation subjective et normative, de ses images, toutes extérieures (et il se fatigue à vouloir se reconnaitre à tout prix fut-ce dans des images inversées, négatives, noires, furieuses, destructrices, dans des images dont son sujet n’a absolument rien à faire).

Si il y eut Sartre et Lacan c’est d’être parvenu à la limite interne-externe de la réalité, cad sur le Bord du monde et du corps (et de l’existence de chacun) ; et c’est de là que l’on perçoit. Et c’est  ce que l’on a découvert depuis deux siècles, avec les romantismes divers et toutes les expériences intérieures ou extérieures, quantité d’affects, du désir à l’angoisse, du chaotique, puisque le sujet est externe et observe et s’amuse et s’explose à partir de ... rien, de la forme-seule, qui est aussi pure affirmation, et de la noirceur, puisque la forme est vide et parait ténébreuse si l'on garde un bonheur, supposément absolu, du monde ; il ne peut pas tomber mais il ne cesse de s’écrouler et cet écroulement est la forme, la structure même, nue, et cette nudité est le réel ; nous ne sommes que cet arc qui, ensuite, produit des images, des reflets, un mouvement qui crée les mouvements qu’il prend pour des choses ou des objets (notons bien ceci ; le mouvement se repère d'abord dans les mouvements, images, sons, retours, puis il lui vient qu'il est le mouvement et non pas ces images, Dolorès dans Westworld, procession de la conscience à partir de la conscience supposée, imaginée, qui restera prise dans l’imaginaire, mais qui est une telle structure qu’elle va créer sa dimension, en plus de tout donné et ce dans le présent) ; affects qui affectent, précisément, le moi et le corps, tels que pris dans le tourbillon de la structure.

Affects tout à fait innommables, au-delà ou en-deçà de tout monde, langage. Et dont est affecté le moi, puisque lui ne dispose d’aucune couverture et monde humain pour l’en protéger, il est à nu, dans le passé, le présent et l’avenir, l’ici et là-bas, en quelque étendue de monde que ce soit, et en quelque pli et repli intentionnel que ce soit ; et plus troublant encore, même si l’on imagine des lacs et entrelacs intentionnels (pour le moi chaos ou noirceur ou angélisme ou unité, etc), on se situe en vérité sur le Bord du monde, et vers le Bout de son existence (on en revient immanquablement au christique) ; et il n’est aucune traduction (dans le monde) ; affects tout comme configurations (dieu, l’être, le sujet, l’altérité) sont des approximations ou peut-être plus réellement des variantes structurelles de ce qui est poursuivi, selon son mode, par l’occidentalisation et analysé comme articulation, analyse et exploration et donc élaboration et création de cela même qui est analysé ; c’est le mouvement (l’arc de conscience et tout autant le présent) qui s’analyse lui-même et qui ne se répète pas ; qui se réduplique, et chaque mouvement est un boucle dans la boucle.

Ce qu’il ne peut sans se créer ; le mouvement est hyper objectif (ce qui revient à dire que tout facteur d’œuvre, esthétique ou philosophique ou éthique ou politique, etc, amène hyper objectivement son arc en mouvement sur et vers l’arc en mouvement du présent, lequel est antérieur et soulève les réalités). L’exister (qui est à la base de ce que l’on nomme ici le présent, comme mouvement et donc articulation intégrale) est lui-même, supposément en tous cas, une variante de la Dimension. Laquelle peut donc se dire comme « ce qui est au plus proche », au point d’être antérieure, antérieure à la moindre particule de réalité.

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