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instants philosophie

Situation du Bord du monde

17 Novembre 2018, 09:47am

Publié par pascal doyelle

L’esprit occidental, l’expérience menée jusqu’ici ne fut pas de supposer le divin en tant qu’au-delà, mais de préciser le divin (si jamais il y avait lieu) ici même. C’est bien ainsi qu’il faut comprendre le christique ou la pensée grecque, qui se qualifiait elle-même de divine, tant l’interruption qu’elle provoquait s’imposait. 

Cela veut dire que l’occidentalité consiste à avancer techniquement dans l’articulation (que tout « divin » présuppose). Il ne s’agit nullement, au fond et théoriquement, de remplacer le divin par quoi que ce soit (qui de toute manière serait du monde), puisque de fait nous sommes distincts formellement du monde donné là ; c’est donc l’arc-ticulation. Mais finalement ce que se cache à elle-même l’occidentalité c’est que l’articulation est une arc-ticulation généralisée ; à savoir que le présent est précisément cette structure, ce rapport ; que tout est dans et par un rapport (non seulement gigantesque mais précisément distinct comme chaque point de réel antérieur à toutes et chacune des réalités, des choses, des êtres ; le présent qui précède les réalités et donc chaque arc de conscience).

Et donc tout est pris dans ce rapport absolu, cad formel, qu'est l'invisibilité du réel, comme présent hyper-actif ; tout est un activisme réellement brutal qui seul permet que réalités il y a. Il est seul qui Existe, puisqu’il est l’exister lui-même (le présent est la forme, connue par nous, de l’exister, comme dimension dont on ne sait rien d’autre, mais analysant cette forme telle qu’ici même elle se prête, on en tire des instructions, des instructions qui instruisent la forme même qu’est notre arc de conscience ; c’est ce qui se passe lorsqu’on lit Descartes ou le christ ; on convertit l’acte de conscience dans une autre forme (une autre formulation de la forme, qui se déplie de son inépaisseur vers des plis et replis).

Et cela atteint tout le monde, puisque d’abord, par ex, le christique s’est déployé dans votre monde, ou que la révolution est justement l’actualisation de cette conversion ; elle est un fait de structure et ces formulations-là visent à non pas définir ; dans le monde comme parties du monde, ce qu’elle n’est pas, mais à signifier de telle sorte que chacun devienne chaqu’un selon la forme, la dimension, le réel et non plus la réalité, parce que la réalité est toujours déterminée et donc imaginaire ou prise dans l’imaginaire ; c’est en ce sens que les mathématiques sont encore imaginaires, non dans leur discours mais dans leur aperception par chacun ; chacun localise les mathématiques selon son être imaginaire, puisque le monde ou la chose en soi ou la liberté sont des noumènes, sont impossiblement représentables ; mais au travers de cette imagination le monde, la chose ou le sujet sont signifiés, désignés dans le pli du sujet lui-même.

On a vu que « la pensée » comme idéal éternel était largement dépassé ou plus exactement remplacée en ceci que la dite pensée a glissé, apparemment, vers la considération sur cet-être, très étrange, le nôtre, qui ne peut pas être traité dans un discours simple, mais dans un discours retors (le doute cartésien, le criticisme kantien, la dialectique hégélienne, la phénoménologie, l'altérité de Nietzsche et Heidegger, l'analyse disjointe de Sartre et Lacan) et dont nous avons l’expérience des limites (Descartes jusque Lacan, tandis que les sciences, Marx ou Freud en dessinent la mondanéité comme autres, causalités et systèmes donnés contraignants), et prétendument a contrario par impossibilité d’atteindre l’être, on se serait rabattu sur cet-être tel que « là » ; mais en vérité et en fait c’est la redéfinition de ce que par réflexivité il faut, il fallait comprendre ; la réflexivité n’est pas le retour intérieur à la pensée qui construit un discours normé et auto référent, au sens où sa cohérence intérieure valide toutes ses possibilités rendues réelles et conservées lorsqu’adéquates ; ceci, cette opérativité de la pensée est en elle-même tout à fait non seulement louable mais exigée ; il faut que l’on parvienne à exprimer la totalité des intentionnalités de telle sorte que par leurs explicitations intégrales il nous revienne de « voir clair » ; de distinguer et d’ordonner toute l’intentionnalité disponible ; de ne rien manquer, auquel cas la pensée, l’intentionnalité serait effilochée et donc on ne parviendrait pas à percevoir clairement en toute connaissance l’ensemble de ce que, par l’intentionnalité, les grecs ont découvert ; à savoir que d’éclaircir l’intentionnalité (que l’on a du monde, des choses, des êtres, de la vie, etc) nous permet de percevoir beaucoup plus et en-plus de tel ou tel monde humain ; on invente donc du langage en plus afin de marquer, de repérer, de signifier les parties du monde et de la vie, qu’autrement on ne percevrait pas ; on s’aperçoit donc que l’on peut « créer de l’intentionnalité-s » (signifier donc) mais que pour créer celle-ci il faut la rendre cohérente, sinon on invente n’importe quoi n’importe comment ; créer en pensée, en raison, en cohérence c’est s’assurer que l’on avance.

Toute exigence qui permettra donc de préserver l’harmonie, l’organisation, la mise en ordre, cad en forme, des intentionnalités est donc impérative ; sauf que l’on dispose alors non d’un système (de définition) mais d’une systématisation, d’un processus, d’une stratégie générale (le christique, la révolution, le droit, les narrations et les esthétiques sont des stratégies) ; et tout dépendra de ce vers quoi ou vers qui l’on tourne le faisceau d’intentionnalités organisées (le discours intentionnel cohérent originellement grec) ; que donne la raison, la pensée, la processualité des intentionnalités ordonnées appliquées à dieu ? Au temps ? À l’existence ? Au sujet lui-même ? Non pas quelle cohérence présupposée on pourrait lui appliquer, mais quelle nouvelle cohérence analysée (par elle-même et analysable) se dégage des expérimentations hyper objectives de Descartes ou Hegel ou Nietzsche ou Sartre ? 

C’est ce qu’opère Descartes ; il dit ; que peut-on penser à propos de cet-être et comment le penser, cet-être qui est le nôtre tel que disposé « là » à la surface, sur l’étendue du monde ? autrement dit il s’agit de créer un système qui soit non plus auto réfèrent (comme la métaphysique) mais qui soit signifiant par rapport à notre situation telle que donné « là » ; « là » dans le monde, et nous dirions dans le réel. Puisque dès lors, si l’on oublie que le discours métaphysique référait à l’être (dans le ciel des idées, ce qui veut dire au bout des intentionnalisations réunies en faisceau) et qui permettait d’organiser l’intentionnalité et l’offrait à tout un chacun pourvu qu’il se convertisse à l‘intentionnalisation ou la surintentionnalisation du donné (par-dessus le langage commun), si l’on oublie l’être comme clôture de la pensée (en fait le Un ou le Bien ouvrent l'intentionnalité), et que l’on élargit la réflexivité à « mettre en avant notre être tel que « là », compte-tenu de ceci on passe de la métaphysique à l’ontologie ; au jugement, à l’attention, à la compréhension de la position de notre être sur le réel.

Et donc au statut de ce qui « là », existe. Et si ça n’est plus l’être, c’est le réel. C’est le réel tel qu’il s’impose là au-devant, que l’on va commencer de signifier comme étendue, être-en-soi, réalité, matière ou énergie, Etre de Heidegger, volonté de Nietzsche, ensoi sartrien, « réel » lacanien.

On dira que si on pense le réel, ça n’est pas comme de penser l’être (l’être ne s’aperçoit qu’au bout des intentionnalités et parait n’exister que suspendu, pensée de la pensée ou intention divine ou esprit de l’esprit, l'esprit est sujet, Hegel interprétant Descartes), mais en fait si l’on y regarde bien lorsque Descartes inscrit que la pensée a lieu effectivement ici même, en ce corps qui doute, c’est qu’il existe antérieurement une structure-qui-pense (ce que par Descartes il faut comprendre comme "qui signifie", la pensée chez Descartes est un ensemble de possibilités, y compris cette troisième substance corps-esprit énigmatique, qui reçoit son recommencement par l’intentionnel) et qui ne tient plus du tout spécifiquement à la pensée ; Descartes découvre cela qui origine la pensée (et permet de passer de celle-ci à l'ontologie de cet être ici même, posé sur l'étendue ; la structure de suspension de l'intentionnalité, le doute, de l'infini du retour, de position sur la surface du réel, l'étendue, et de l'étrangeté du corps pour un être originel) de même que Sartre s’ingéniera à explorer les intentionnalisations possibles extrudées dans le monde, les autres, les choses, l’existence en soi, le corps, l’historicité, le collectif, et sortira l'acte de conscience de l'idéalisme des contenus. La conscience est via un corps.

On a voulu faire système du réel tel que dévoilé au fur et à mesure ; on n’a pas abandonné la systématisation, on l’a appliqué à l’expérience la plus concrète et la plus observable ; de sorte que, dans le mouvement global et historique, l’intentionnalité a pu s’étendre à tout le donné analysable, perceptible (de même que l’on a créé toutes les esthétiques, et toutes les éthiques et politiques) et dont chacun devient à la fois l’observateur et l’observé. Et le plus diamétralement extraordinaire est que l’observateur s’impose lui-même comme étant l’expérience réelle et que l’observé s’embrouille dans ses fils. Et la logique de cette systématisation, c'est de signifier (et non plus de seulement définir, impliquant que la définition soit incluse dans le signifier).

On veut dire par là que l’on n’est pas libre pour ceci ou cela, on est libre pour la liberté même (le tomber-amoureux est le dépassement selon le moi, qui lui prend tout le corps, lui, le moi qui se situe par son corps et sa « satisfaction » ; c’est ce qui arrive à un sujet lorsqu’il s’instancie par telle ou telle œuvre, éthique, révolutionnaire, esthétique, etc) ; c’est elle que l’on éprouve réellement, même si l’on croit vivre les effets de cette structure comme si ils étaient la vie même. Tout ce que l’on vit n’a de validité que structurée et parce que le structurel seul importe. Si l’on se laisse conduire par les effets et les résultats piteux de ces effets (les désastres collectifs et individuels qui concernent chacun des mois sur la terre), on s’enfouit dans la dispersion que sont les immédiatetés.

Comprenons bien : il n’est pas, à réunir l’ensemble de tout ce que l’on peut vivre, d’unité. De même qu’il n’est pas de « moi ». Ce qui est dit « être » par contre Existe ; le moi ne tient, qu'il ne sache ou non, que par son sujet (le tomber-amoureux du moi est son sujet ultime dans son ordre). Ce qu’il faut saisir comme ex-sister sort continuellement de et comme mouvement. L’unité ex-siste mais elle n’a absolument pas la forme d’un moi, d’une unité, d’un sens du monde, d’une réalisation ou d’un bonheur. C’est bien pour cela que malgré qu’ils se conçoivent comme si réfractaires à toute l’historicité qui les précèdent, Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan imposent une Exigence encore plus dure et intransigeante que ne fut celle des grecs ou du christique ou de dieu. Dieu, l’être ou le regard cherchaient en avant dans leur attirance absolue, mais N H S L veulent ici même en être saisis et même se saisir (abusivement) du saisissement ; dont ils voient bien par ailleurs que « ça leur échappe », c’est bien plus grand que leur volonté, puisque c’est l’intentionnalité, bien plus structuré que leur pensée, c’est le réel, bien plus imposant que la courte vue de chaque conscience et bien que ça ne puisse passer que par chaque conscience, et c'est historicité à laquelle se heurte Sartre ; leur sujet est plus grand que leur moi. De même que le moi subit la dureté de sa propre hyper exigence parfois démentielle. Et malgré qu’ils soient «  les penseurs de ce temps » l’arc de conscience les saisit à même toute leur existence, volonté ou intention. Parce que chaque arc est arcbouté au réel tel que présent il attire toujours au-devant.

Parce que se définir comme volonté c’est tenter d’appliquer un programme (une théorie, une idée, une réussite, une confrontation) ; le Bien ou le Vrai existent il faudrait l’appliquer. Penser en terme d’intentionnalité c’est précisément comprendre que l’on doit élaborer une idée, une théorie, une représentation, une ou des finalités qui n’existent pas, pas encore ; ce que, quand même, on instruit depuis 3500 ans ; depuis dieu, qui entend ajouter au monde un Bien qui n’y « est » pas, qui doit y ex-sister, à partir de nous et dont chacun doit tenir, en obtenir la résolution, de même que le christique consiste à avancer dans la possibilité de résolutions, raison pour laquelle il introduit la rémission des péchés, des fautes, des intentions égarées, au profit de la reprise constante de l’intention, et de la confiance indéfectible, de se rassembler toujours à neuf, à zéro dans et par le regard de celui qui vous écoute et permet donc une formelle extension de la conscience de « soi », qui n’est plus assujetti à des donnés, des données, mais se renouvelle dans les intentionnalités possibles.

Et penser en terme d’intentionnalité c’est préciser que le réel s’invente ; il n’aura échappé à personne (enfin, si) que l’intentionnalisme christique est « devenu », il s’est propagé mais aussi relancé constamment et sous quantité de formes ; liberté-égalité-fraternité c’est, de fait, dans les faits même, « aimez-vous les uns les autres » ; élevez votre liberté et élevez la liberté des autres selon et par une égalité assumée, reconnue, organisée et non pas laissée à votre « charité » au sens péjoratif, mais relatif à votre amour (positif) non d’un tel ou d’une telle mais amour de l’élévation … que le système ou la systématisation des intentionnalisations puisse remonter constamment le degré d’investissement « mental ».  

C’est bien pour cela qu’il ne faut pas stipuler telle ou telle situation ; c’est ce contre quoi lutte Sartre ; non pas enfermer dans la situation mais remonter la situation dans ses conditions, ses conditionnements, reprendre par la liberté ce qui nous enclot ; mais partir du principe même, du Un, du réel ; parce que toute intentionnalisation (donnée, là, immédiate, contrainte, déterminée) n’existe que dans l’intentionnalité en soi ; ce que Kant nomme le nouménal, au fond, la capacité de saisir d’en être saisi, puisque le nouménal échappe à la contrainte, et c’est par ratatinement que l’on ne perçoit plus que le donné ou tel et tel problème, rendant impossible toute stratégie générale et donc l’envahissement d’intentionnalisations limitatives ; en vérité pour Kant et en fait et réel ici, on part toujours, quoi que l’on fasse, du Bord ; c’est à partir du Bord que l’on perçoit, désire, le tomber-amoureux du moi c’est cela ; le re-commencement, renaitre et à la fois commencer (de vivre par l’autre regard ; on peut désirer re-naitre selon le sujet, selon Cézanne ou Rimbaud, ouvrir l’œil c’est re-naitre, bien vite recouvert par tout le monde donné et le vécu acquis).

Et donc on ne peut pas re-commencer pour rien et dans le vide ; ce que l’on perçoit par le Bord, ce regard a déjà une histoire, une historicité. Notre réalité est déjà lue par Platon, le christ ou la révolution ; tout ceci est déjà inscrit dans le langage rendu adéquat à l’expérience formelle de tous les arcs de conscience (et non pas l’inverse, la « vérité » n’est pas « dans » le langage, où voulez-vous qu’elle y soit ?). On est déjà ce citoyen signifié comme sujet (de sa propre vie d’abord, sa vie lui appartient et toute possession signifiera ce vécu-possédé par ce-sujet-ci), on est déjà dans la vision de dieu, que l’on y croit ou non (c’est une structure qu’il y ait un regard-autre et externe), on est déjà soumis à l’universel puisque sous l’universel on doit encore plus instruire, informer son individualité (qui autrement se perd dans le détail voire pire). Ça n’est pas et n’est jamais un commencement absolu ; Heidegger pas plus que Nietzsche ne brisent l’historicité parce que l’historicité est constituée de ruptures, est intégralement une rupture ; à chaque fois le décalage qu’est le réel intervient comme rupture et c’est cela qui crée la réalité ; chacun est bifurcation dans les bifurcations innombrables (et plus ou moins marquées ou marquantes). Dieu, l’être, le sujet (le christique et la révolution) sont des ruptures, qui inaugurent.

Et pour comprendre, prendre-avec, Heidegger ou Nietzsche il faut sup-poser, poser-là, que le réel (qui n’est plus le dieu cartésien, ni l’en soi kantien) est le donné tel que « là » (la Volonté Autre ou l’Etre Autre). Réel que l’on ne peut pas identifier, sauf justement à dire que le réel est une position, un rapport et une forme, et qu’il est la forme de la réalité (qui n’est plus « une » et donc qu’il faut prononcer « des réalités ») et que cette forme est le présent. Le temps, comme présent, est la forme de tout ce qui est ; ce qui « est » ce sont des effets d’une forme et cette forme n’est pas une malédiction ou une abstraction ou un « sens de l’être » mais est le présent lui-même en tant que ci-présent activisme ; la dimension du réel est absolument, formellement « cela même au plus proche » de tout ce qui peut être (déterminé). Et si on n’en voit pas la trace dans le passé (qui est tout de déterminations) c’est que cette forme existe le présent en-avant ; la trace du réel est dans l’attirance en-avant, est vers cela qui sera au-devant.

Et, oh surprise, c’est cette forme même de la réalité, soit donc le réel comme présent, que décrivent l‘ensemble de toutes les élaborations intentionnelles
dieu, l’intention du Un-tout-autre (hors des déterminations, on ne peut pas dire dieu,  comme intentionnalité pure, formelle)
les idées ( l’être, l’idée, la pensée de la pensée, le un)  
le sujet, christique, cartésien, révolutionnaire,
et enfin l’altérité ; du monde donné là, comme univers ou comme monde décrit par les sciences ou les politiques et idéologies comme praxis diverses, ou comme analyse percevant du point de vue Autre qui observe notre-être selon Sartre et Lacan (et, sur leur mode imaginé, selon Nietzsche et Heidegger).

L’ensemble de l’historicité décrit toute la possibilité. Et qu’il existe  un arc de conscience, intentionnel (qui tisse des rapports) lequel est arcbouté sur le réel non plus comme abstraction (qui se tiendrait comme objective, l’être comme Objet de discours métaphysique ou comme objet scientiste) ou idéel (qui réunirait les faisceaux intentionnels dans une unité « vivante » mais ailleurs et autre) ou regard (intentionnalité extérieure qui me confère l’existence comme intention, dieu ou le christique qui me donne un corps, le sien) mais comme présent. Comme présent en tant le présent est « ce en quoi et par quoi les réalités apparaissent » y compris cet être-étrange qui fait retour de par son intentionnalité, qui est rapport et rapport de soi comme rapport, posant la question de la forme du réel (dieu, être, sujet, altérité), la question de la forme de tout rapport, sa nature même, sa structure ; forme constante du présent qui elle-même trame, tisse, écrit, réinstancie les déterminations (on suppose plus lointainement encore, hypothétiquement, que le Un formel de la fin de tout réécrit les déterminations afin de faire advenir toute la réalité, ce qui veut dire toute la distinction, toute la distinctivité de toutes les réalités) ; les déterminations sont le moyen de la forme ; l’univers est l’expansion de l’exister comme temps et espace et déterminations, gigantesque déploiement d’altérité (ce qui revient à dire d’altérités, au pluriel, puisque dès que l’on commence à déterminer on ne cesse pas de déterminer).

L’arc de conscience étant organisé dans l’arc du présent, boucle ouverte et non close, dans la boucle gigantesque et extensive qu’est le temps (le temps est extensif puisqu’il est en tant que forme ; ce qui Existe est mouvement, et non pas être, indéterminé et non pas déterminé ; tout ce qui est déterminé est dans le temps, dans la forme, dans le mouvement, le rapport) ; le temps non seulement comme durée mais comme originellement étant le présent (il n’est qu’un seul Instant), excessivement simplement (la durée, la temporalité sont des représentations, ce qui en veut pas dire que le temps ne passe pas, au sens où les choses se déploient et disparaissent effectivement ; l’instant est juste le point hors du temps-espace, ce en quoi ils sont) ; et le présent, l’Ex-sister tel que, par nous, connu – ce qui n’exclut pas d’autres variations non d’univers divers et variés, de réalités différentes, mais qui n’exclut pas d’autres structures du même réel, que nous nommons ici présent ; il faut poursuivre alors et supposer le présent tel une machine, un kaléidoscope qui trame des déterminations et dans ces déterminations un repérage fait-retour (localement et peut-être un repérage gigantesque de la fin des « temps »), spécifique qui réarticule et relance la réalité dans son tissage en propre ; l’arc qu’est chaque conscience.

Mais la seule finalité réelle de chaque arc est la forme même du réel, celle qui entoure toutes les réalités données d’une part et celle qui produit les réalisations humaines d’autre part ; il y a des réalisations humains afin qu’au fur et à mesure il y ait une historicité qui (tout comme la réalité) pousse en avant des distinctions et en l’occurrence  des distinctivités, structurelles, les sujets, qui sont un par un selon les corps, la peau comme séparation irréductible. Le jeu de la brutalité (qu’est une réalité en tant que forcément selon l’altérité) conduit jusqu’au sujet singulier et toujours autre, qui reçoit le qualificatif d’altérité formelle au plus interne ; il n’est pas distinct selon des « raisons » ou des causes, ou des déterminations, mais Autre parce que Un selon le formel de l’arc.  Ce qui le rend à lui-même complètement incompréhensible (il ne peut se saisir selon le monde, le vécu ou le corps, or il ne perçoit que selon le monde, le vécu et le corps, sauf à se restructurer intentionnellement, selon la version « française » si l’on peut dire, de l’intentionnalité et du corps, Sartre et Lacan).

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