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instants philosophie

La question de la vérité

22 Décembre 2018, 13:04pm

Publié par pascal doyelle

Il n’y a pas de question de la vérité, à proprement parler, mais la vérité est le moyen du réel, que le réel avance. Il n'aura échapper à personne que le présent existe, que le présent est cela même qui existe (tout le reste est), et qu'ainsi quelque réel doit advenir dans le présent.

Il y eut une telle question lorsque la tenue du discours était métaphysique (on cherchait des idées, des concepts qui contiendraient les choses, et les êtres, dont on a dit qu’elles consistaient ces « idées » en intentionnalisations qui passaient outre le langage et le savoir commun du groupe, et donc que l’intention en serait surintentionnel et en appellerait à l’expérimentation individuée, celle qui perçoit tel quel le monde donné là, le « là » du monde est l’être, le « là » en dessous de tous les mondes humains, qui n’est visible que d’une intentionnalité qui accroche le procédé nommé  « l’être » à cette perception dimensionnelle, idée est juste le nom de cette intentionnalité, sans laquelle idée le réel « être » ne serait pas perçu et donc les grecs prirent, avec raison, confiance en cette capacité, divine, de voir ce qui ne se voit pas). Mais sitôt que Descartes parut, et dès lors, il s’est agi d’autre chose et autrement.

Il s’agissait toujours, avec Descartes, Kant, Hegel, d’établir un discours mais un discours qui rend compte de la difficulté interne au réel ; qui a pris nom de « sujet » ; lequel s’est révélé bien plus étendu et surtout retors que de simplement se situer comme sujet face à un objet (le sujet grec se délaissait, avec joie, dans son objet immense). Il faut donc lancer un discours tel qu’il recouvre l’expérience, l’expérience de « sujet » ; cette structure que décrivent Kant, Hegel (qui se dégagent peu à peu des idées, des systèmes d’idées, des concepts, c’est cela qu’ils opèrent ; ils expulsent le sujet, le purifie), Husserl, N et H (imaginaire du surhumaine et de l’inhumain) jusque Sartre et Lacan (dans leurs analytiques comme Husserl). Le caractère retors du réel, que découvre l’émergence du sujet (origine de la pensée), manifeste la torsion qu’est un « sujet » et ce sujet est lui-même instancié comme le réel même, à savoir comme le présent ; le présent est la torsion dont est constitué le réel.

de sorte que l’on a abouti à une vision à peu près correcte de cet être étrange qui n’est pas un être et donc ne rentre pas dans un concept, une idée ; son idée, son idée réelle qui n’en est pas une, est une structure ; comme telle elle existe mais comme telle elle est universelle ; ce qui revient à dire que toute conscience est parfaitement égale et identique à toute autre conscience (dans leur forme unique, il n’y qu’une manière d’avoir-conscience), et cependant à chaque fois une et autre que toutes les autres, puisque … tout dans la réalité est absolument autre que tout. Cad distincte (il ne faut pas comprendre « autre » comme un n’importe quoi, mais comme une distinctivité ; seul ce qui est distinct est autre, sinon c’est juste de l’agrégat, lequel n’existe pas, nulle part, même les micro composants de la physique sont distincts, on ne parvient pas à l’indistinction basique, il n’y a pas une « matière ou énergie » de base uniforme, ce qui, entre nous, laisse penser que tout est tourner, ; pour prendre une expression plotinienne, vers le devant, vers le possible, le « ce qui viendra », de là qu’il y ait un présent).

si il n’y a pas une vérité qui se tiendrait là posée sur le sol, il est une forme qui se-sait et ce se-savoir est le sujet ; non plus cela qui est ce qu’il est, mais ceci qui a rapport à soi (dans lequel rapport le soi n’est pas un soi, une identité, un être déterminé, mais est le rapport lui-même ; l’arc de conscience est cet être qui a rapport à (soi) et donc échappe aux déterminations, il lui est possible de les faire défiler par ex).

ce se-savoir ne trouve pas des vérités (qui existeraient où ?) mais les crée, et il les crée réellement ; ce qui veut dire que le cheminement qui explore et crée, engendre vraiment un réel. C’est bien en cela que le devenir est angoissant ; on crée, réellement et qui vaut pour toute possibilité, un réel ; le dit réel se délibère, et il se libère en ne cédant pas sur sa structure ; d’un état inerte on ne se souviendra pas, qui tombera dans le monde. Et le sens du monde dans son historicité c’est bien celle-ci que ça se ramène au corps ; au corps individuel. Et le corps individuel en tant qu’ile st créé au-devant de lui-même. Ça n’est pas seulement que « corps » veut dire « individué » (cad distinct, séparé par la peau, séparé de tout le reste : tout le reste …) mais signifie que « ça vient d’en-avant ». Il y a une image qui vient coller au corps (sans jamais s’y identifier, puisque sinon ça n’en serait pas l’image, mais l’être donné).  

Et c’est bien ce mouvement qui nous indique ce que c’est que le Un (et donc la vérité, telle que formelle, structurelle). Que le Un est en mouvement et il n’y a pas de raison qu’il cesse d’être en mouvement. Donc si dieu est, il existe, ex-siste et ne cesse pas de sortir de lui-même ; il n’est pas « dieu » et ne peut pas s’affecter d’une stabilité, ni d’une identité. Et on peut alors ajouter qu’il se crée dans tous les présents.

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Ce qu’il faut retenir c’est que l’apparente restriction du passage de la Vérité à la structure de notre conscience n’est en aucun cas un pis-aller, un kantisme donc, ou le constat d’un échec.

Du reste Kant ne pense pas la fin de la métaphysique mais sa reconduction autrement et sans doute ailleurs (dans le point d’articulation nouménal lui-même et que c’est de là que l’on perçoit). Dans le réel tel que donné « là ». Il le dit, ça ne sert à rien d’utiliser Kant contre lui-même et de prétendre qu’il a juste acté l’impossibilité du discours métaphysique (on le sait depuis Descartes en fait, qui origine la « pensée » dans un être spécifique, celui qui articule le doute-cogito-infini-étendue-corps). Kant dit qu’il relance la totalité de la conscience que l’on a de soi et de notre situé sur, dans le monde ; il projette, a en vue la philosophie transcendantale ; celle qui veut tirer toutes les conséquences, effets et causes de cet être étrange qui est hors de tout (hors du monde, du corps, du vécu, de la réalité et qui tient ce point-qui-juge, c’est pour ça qu’il en fait le tour, il fait le tour de tout notre accès au donné là en supposant que « cela qui a accès » est autre et appartient à son propre règne, cad que notre point-de-vue est une structure et que cette structure est dimensionnelle, elle n’est pas « rien », elle est la forme du monde, du vécu, de la réalité, du corps).

Et c’est ce qui eut lieu ; Hegel rassemble les deux phénoménologies de toutes les explorations de cet-être (la phénoménologie de la conscience historique et la phénoménologie de tous les savoirs métaphysiques, de toutes les positions) ; Husserl dévoile la structure de conscience intentionnelle, Nietzsche investit imaginairement toute l’étrangeté de notre « volonté » (qui nous veut, au prix d’acrobaties qui nient l’humanisme, le droit, la liberté, la science, la vérité, etc et culmine au surhumain, personne ne sait ce que c’est) et Heidegger dresse le plan inattaquable de ceci que l’être n’est pas les étants (que le réel n’est pas les réalités, reprenant la négation de toute humanisation et personnalisation, dévoré par les affects négateurs, angoisse, mort, déréliction, etc et imaginant une inhumanité fondamental, le « divin athée », totalement incompréhensible) ; restera donc ces deux attributions magistrales de Sartre et Lacan, l’opération à cœur ouvert de la structure de notre-être ; cette structure qui n’est pas un être et qui, enfin, obtient une stabilité opérationnelle, non imaginaire.

On a donc métaphysique (grecs), mystique (christique), ontologique (Descartes), existentiel (altérité ontologique ; Nietzsche, Heidegger/Sartre et Lacan, entre autres, Sartre comme corps externe, perçu du dehors, et Lacan comme corps interne, cette surface toute au-dehors, qui se croit intérieure, ce qu’elle est mais qui se croit exclusivement intérieure, ce qu’elle n’est pas et que Sartre mettait déjà à mal).

Discours selon l‘être grec jusqu’au Un plotinien, puis aperception de soi par le un-seul (le christique qui vous regarde et vous tire de « là », la vie condamnée à mort et vous par-donne en renouvelant sans cesse votre capacité d’intentionnaliser, sans la négativité vous dévore), sujet à proprement parler (depuis Descartes), évidence de l’altérité de tout (Nietzsche, Heidegger/imaginairement Sartre, Lacan/opérationnellement).

Ce qui forme donc des « discours de structure, généraux » mais extrêmement séparés et qui paraissent dénoués les uns des autres ; or l’ensemble (du mouvement) est relié par l’articulation que ces discours décrivent ; l’articulation de l’acte, l’arc de conscience et du présent, du réel, du réel qui « contient » les réalités et qui contient les représentations, les images, les images qui créent des miroirs, les pensées, et les corps, les corps qui sont écrits.

La pensée, le sujet (christique) puis le méta sujet cartésien (qui se-perçoit, tandis que par le christ on était perçu, on supposait la perception dans un Autre, un seul autre), et le « lieu » en lequel il y a un sujet.

Ou encore l’augmentation (grecque, de la perception, qui surintentionnalise par-dessus le groupe humain et le langage commun), l’intensification (je meurs et je me perçois par là), l’accélération (le sujet se suspend à son souffle et se percevant accélère, tout), l’altérité ou la densification (ce sujet existe dans et par ce corps qui est là-dans-ce-monde, et on a affaire aux déterminations mêmes ; apogée de la scientificité et du moi humain, de l’humanisation et de la personnalisation).

On remarquera ceci qu’à terme l’Etre de Heidegger est le « lieu » en lequel le sujet, trèsètrange, cartésien existe ; de même que par Nietzsche la Volonté dont il se veut n’est pas « à lui » ; c’est « la Volonté ». On insistera que Descartes ne définit pas le « sujet » (il ne le nomme jamais comme tel, c’est ensuite et de l’extérieur qu’on le lui a accolé), c’est un ensemble de « potentialités » (dont la pensée, qui n’est pas elle-même située, c’est l’ensemble de ce qui nous vient, et prise également dans la « troisième substance » âme-corps » ; est-ce à dire que « substance » ne veut rien dire ? Et bien évidemment ; il n’y a pas de « substance », de même que le « sujet » est une activité et non un être, puisque l’être de l’homme est la pensée et que la « pensée » on ne sait pas ce que c’est et on ne sait pas la situer, c’est tout l’ensemble doute-cogito-infini-idée-étendue-corps).

Ce qu’il faut bien saisir c’est que l’on na pas abouti à une réalité définie, qui serait discernée par et dans  un discours adéquat, mais que le mouvement (philosophique) est lui-même « cela qui s’observe lui-même », que le mouvement est son propre objet, et donc pas un objet ; que ça ne soit pas un objet et que ça ne puisse pas rentrer dans un discours ; la science n’analyse que des objets, cad des localités, des séparations, et ne juge pas « de tout » et ne peut pas extrapoler les vérités comme vérité générale, universelle, à moins de mentir ; la vérité telle que philosophiquement elle est dite est tout à fait différente ; elle va changer non pas un objet (fut-ce un gros objet, qui serait l’être) mais votre conscience et son mode d’inclusion dans le monde (grec), le vécu-christique), la réalité naturelle et humaine (Descartes et la révolution, et Kant etc) ; la considération de « soi » (Sartre et Lacan, et Kierkegaard, et Nietzsche, etc).

Et cette vérité structurelle (philosophique) n’est dite nulle part ailleurs comme telle, la philosophie est la discipline qui, au sortir des mondes particuliers refermés sur eux-mêmes des groupes humains, est la discipline qui se charge de penser l’articulation entre monde et corps, pourquoi avons-nous un corps dans un monde, nous l’avons et nous ne le sommes pas … Et elle ne se trompe jamais ; il y a des tas de systèmes mais on s’en fout ; ce qui passe dans l’universel grec, dans le sujet cartésien, dans l’altérité du réel (constatée par Nietzsche-volonté-autre, Heidegger-Etre-autre, Sartre et Lacan), ce qui passe, passe. Est réellement vécu. On est tous aristotélicien et tous cartésien et tous sartrien. De fait.

Parce que s’il est quantité de versions du monde, du vécu, du corps, il n’y a qu’un seul Bord de tout cela.

Rappelons que la « pensée occidentale » ne vient pas contredire les autres pensées (sauf à opposer des blocs ; comme si la pensée des autres et celle occidentale se constituaient de déterminations, de systèmes massifs s’opposant puisque cherchant à occuper le même « lieu « ). La pensée occidentale est le dépliement de l‘articulation (qui par ailleurs aboutit aux autres pensées ou aux systèmes spinoziste, hégélien, marxiste, etc) ; ce dépliement de l’articulation c’est la jointure conscience/réel, intentionnalité/réalités ; et c’est cette articulation qui est décrite (et éprouvée et explorée et inventée et créée mille fois). Il existe un décalage (entre l'arc de cosncience et la réalité) et c'est la structure de ce décalage qui est analysée. A terme on peut croire ou non en dieu, en l’esprit hégélien, en la volonté de puissance ; tout cela ce sont des illustrations du fait formel décortiqué qui est, absolument, le seul objet de la pensée occidentale. A la racine. Que vous soyez musulman ou chrétien ou athée, vous êtes citoyen, point. Le cadre de votre statut existe indépendamment. Et cela signifie tout.

 Que ça ne rentre pas dans un discours signifie que ça va renvoyer à votre conscience ; votre attention va être bifurquée ; c’est structurellement que vous serez modifié ; et tandis que vous existez selon un horizon donné là, soudainement de cet écart vous devrez vous situer sur un horizon tout à fait autre ; l’être et l’universel, le christique et le sujet, l’altérité et le réel ; ce sera une conversion.

C’est bien de ceci que philosophant on doit se convertir ; de même que l’on a pu se convertir au 1er siècle au christianisme, ou que l’on a instantanément adopter la révolution des peuples et des individus au 18éme ; ce sont des révolutions de structure, interne à l’attention que l’on porte (que l’on porte à tout ce qui est, lorsque l’on meut l’arc de conscience on bouleverse toutes les intentionnalités acquises et toutes celles possibles adviennent d’en-avant, c’est par cela que se crée une Historicité).

Historicité : non seulement il doit se mouvoir pour qu’il puisse repérer son tracé, mais il se meut parce que structurellement il est activisme ; l’intentionnalité est un rapport ; de même qu’il y a du langage parce qu’il y a une conscience qui précipite le langage tel que naturellement il est présent dans les groupes de vivants ; le langage n’est pas notre propre, le langage est accéléré tout comme la perception, le corps, la sociétalité sont accélérées en et par cette structure qui crée tout alentour ; elle crée le champ perceptif en plus qui tient par l’intentionnalité et qui re-vient sur le corps, sur lequel il est alors écrit, incrusté sur la surface et en tant que surface, que le moi prend pour son être, ce en quoi il a raison et tort. 

La vérité est structurelle et modifie la structure même de faire-attention-à (à quoi que ce soit). Vouloir réduire la pensée à ceci ou cela, à un tel ou tel autre est absurde ; le mouvement général est, dans les faits eux-mêmes si l’on retire ses lunettes réductrices, voire fanatiques, le mouvement  est l’objet de toute l’attention du mouvement ; c’est le mouvement qui s’observe et qui donc en s’observant se meut et ne se meut pas en gigotant vaguement, mais en augmentant, intensifiant, accélérant, densifiant son intentionnalité. Grec, christique, cartésien, existentiel.

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