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instants philosophie

L’ancienne décision

23 Février 2019, 09:13am

Publié par pascal doyelle

Ethique du sujet, le je annonce qu’il arrive, qu’il est là, qu’il est l’origine

Que le réel soit le présent et que le présent soit un mouvement veut dire qu’il est acte, et donc activisme. Et si il est acte c’est parce qu’il se déplie. Ce qui se déplie ça n’est pas le monde (ou le vécu et le corps) mais la dimension ; la dimension se déplie en tant que monde, vécu ou corps.

Ce qui permet de supposer par ailleurs que si pour nous ça se déploie comme monde ou vécu, ce ne sont peut-être et en toute logique qu’une des variations, les variations par nous inaccessibles et on peut tout à fait supposer qu’ailleurs ou autrement il y ait d’autres déploiements, d’autres temps et espaces ou qui en tiennent lieu, d’autres choses ou êtres, d’autres réalités. Et le supposer logiquement puisque ce qui compte ce ne sont pas les contenus, les mondes, les temps ou les choses mais la forme elle-même, laquelle est mouvement et ne peut pas seulement s’incarner dans tel donné plutôt que tel autre. Si de plus notre être est non un « être » (déterminé) mais une forme (un arc de conscience) alors il ne s’incarnera pas, ou plus exactement il sera et ne pourra advenir qu’en tant que corps (individué) mais aucune partie du corps (du vécu ou du monde) ne le retiendra et donc il va créer, pour lui-même, sa propre dimension, sa surface dimensionnelle ; la surface dimensionnelle du je, du sujet (qui n’est pas le moi) est a-temporelle.

Ce qui veut dire : depuis le début de votre existence vous savez à quoi vous en tenir sur vous-même.

C’est bien ce que l’on peut nommer de diverses manières, par exemple le péché originel. Mais viennent ensuite les décisions qui seront structurelles, comme le christique (qui libère l’intention du péché originel, il n’en est tout simplement plus question, c’est une autre décision qui est prise), et toutes les décisions individuelles, esthétiques, éthiques, poétiques, politiques, et puisque la structure est originelle, c’est cette décision qui anime chaque articulation qu’est chaque moi, chaque personnalisation.

Et comme cette décision est antérieure à toute manifestation, vécu, corps, elle s’impose extrêmement difficilement connaissable ; le savoir n’est pas la connaissance, le savoir est le se-savoir qui ouvre la Dimension. Le se-savoir est interne à l’arc de chaque conscience et l’énigme à laquelle on est, durant une existence, confronté. Qui mènera dorénavant, depuis tous les dorénavants, son enquête sur la décision prise et dont chaque existence est l’angoisse et l’exploration.

On peut soit interroger directement cette énigme (ce que tout chrétien ou bouddhiste ou cartésien ou révolutionnaire ou créateur ou simplement, très simplement angoissé ou déprimé actualisent), soit indirectement et se vivre irréellement, mais même alors la question du réel est entière ; elle se résume ou se figure par ceci « qu’est-ce qu’il me veut ? »

Qu’est-ce que le réel, l’existence, dieu, la pensée, le sujet me veut ?

Aucune existence ne peut être hors de la Réflexion qu’est la Réflection du réel. Le réel est déjà-toujours une articulation et nous sommes intégralement pris dedans, puisque cette articulation est la Possibilité même.

Et c’est ça qui est en jeu. Bien que vous le sachiez c’est sans le connaitre, parce que vous l’existez. Et c’est précisément cet exister (ce que les existentiels nommaient l’existence, soit passivement subie, soit décidée, sartriennement engagée, en quoi que ce soit), cet exister qui sera en jeu durant toute la durée du vécu. 

Vous vous êtes instanciés sur une limite et vous vous en défendez. Vous avez planté le piolet à tel niveau, tel degré,  et vous êtes suspendus sur le vide. Le tout est de ne pas tomber. D’une part. Le secret est tellement bien gardé, c’est parce qu’il est déjà là. Si il était à venir il se résoudrait.

D’autre part, que vous soyez votre propre décision, veut dire ; la décision que quelque part, lors d’un seul moment, elle vous prît. Cette décision alors peut sembler complètement absconse, et elle l’est. Vous avez décidé du réel. Non pas de tout le réel évidemment, mais du réel de votre perception, idée, image, identité, vécu, corps. D’une manière ou d’une autre vous vous êtes positionnés sur le bord, puisque vous êtes un arc de conscience et qu’il est impossible qu’une conscience ne soit pas dans le réel (il est impossible qu’elle ne se perçoit pas à partir du bord, qu’elle est, qu’elle existe).

Ici il faut permuter. L’arc de conscience ne saisit pas, il est saisi. Il se voit du dehors. En un sens tout dépendra de la qualité, pour ainsi dire, du regard que vous imaginez, imagez, intentionnalisez dans lequel vous composez votre image, ce qui veut dire la prolixité ou la profondeur ou la précision de votre faisceau intentionnel. C’est techniquement qu’il faudra agir et agir sur « cela même qui agit », sur l’intentionnalité, préalablement à toutes les intentionnalisations ; c’est pour cela que le christique vous surprend antérieurement à vous-même, à votre vie, naissance et mort comprises ; il était là avant, puisqu’il désigne la forme de toute réalité, de toute réalisation telle que nous la produisons ; il faut ainsi repartir   ponctuellement du Même, du Même intentionnel, ne se souvenant et n’admettant que le souvenir de sa propre brillance, de son devenir de structure. La généalogie structurel du christique (qui doit intervenir comme procession à partir de l’intention unique du dieu et décliner sa propre dimension ; dieu, verbe, esprit) ou les généalogies des créateurs, des auteurs, des œuvres qui de sujet en sujet se créent une mémoire de structure, de positions ou les généalogies de structure des philosophes, puisque ce qui est inépaisseur (le présent, l’exister) acquiert en tout cela une  épaisseur.

Le but est de n’être plus image. Mais le jeu est délicat. Parce que l’on ne peut pas non plus être le miroir. Personne ne le peut. Celui qui a réussi était non seulement destiné mais originellement le miroir (à savoir le christique, qui est mort, passé de l’autre côté, et c’est lui qui dans notre historicité a commencé de créer l’âme de chaque un). Il devait partir, parce que le miroir ou un miroir ne peut être dans le monde, le vécu ou un corps.

On ne peut donc pas se créer soi-même (c’est ce genre de dilemme que voudrait abolir Nietzsche, mais pour cela il doit inventer la Volonté comme Autre ; il ne peut pas se-vouloir-Nietzsche, il doit être voulu, par une vérité ; se vouloir-soi est une impossibilité logique ; un arc de conscience est construit sur le réel, et le réel est autre ; autrement dit c’est l’horizon –Réel-  qui crée un arc de conscience (ou qui rend possible qu’il y ait un  arc). Si le but est de ne plus être image et si on ne peut cependant pas être à soi-même son miroir, c’est bien pour cela qu’il y eut dieu, le christ, l’universel et l’être, le sujet et son statut et la révolution, l’altérité et le « là » étrange ou étranger de la réalité ou de l’existence. Ce qui veut dire de la vérité ; la vérité, cad le Réel, est reçue. Est vérité la position qui tient, mais comme elle est la vérité c’est de ce maintien que l’on peut compter (de même que fonder son intentionnalité sur le réel assure à cette intentionnalité qu’elle ne va pas délirer et se perdre et se rendre incapable d’avenir ; ce qui est illusoire tombe dans le donné bas, abjecte, immonde, poussiéreux).

Le moi croit qu’il est. Qu’il est un-tel. Cet être est imaginaire ; lorsqu’il se croit être le moi est vu, vu par un regard, qu’il imagine, intentionnalise, qu’il est sans l’être, et qui le voit (toute publicité, toute image est vue dans cet autrui qui voit-pour-nous). Il n’y a nulle part de « l’être », en aucun sens, sauf à le considérer à l’intérieur du Pli qu’est le présent ; or cet « intérieur » du Pli est lui-même la totale extériorité (une réalité qui ne serait pas dans le champ de l’apparaitre n’est pas). Ce qui est c’est ce qui existe et ce qui existe c’est le présent, cad l’exister, le mouvement (ce vers quoi va le mouvement est le Un activiste qui non pas « est » (il faudrait qu’il cesse son mouvement et ne serait plus infini, seul ce qui se meut est in-fini) mais ex-siste.

Le moi est dans le pli totalement externe du présent, un pli qui se veut caché, intime, intérieur, une intériorité, un vécu, lequel est vraiment tel mais pas sans l’extériorité (ce qui veut dire perçu par, selon un point de vue).

Que tout soit dans et par l’extériorité, mais il vaut mieux dire l’externe (puisque l’extériorité laisse vaguement supposer une « intériorité ») et que la réalité est la brutalité, essentiellement la brutalité et ici et là des mises en ordre ; même un monde ordonné, un système, peut rencontrer par hasard un événement catastrophique, sans raison ; parce que la raison est dans cette brutalité, statistique ; il est de la détermination  (cad des distinctions pour nous ou des différenciations dans la réalité). Dans la détermination tout n’est pas totalement distinct de tout (ce serait incoercible et on n’atteint jamais l’indistinction complète, mais probablement une indistinction divergente, à demi, au un-tiers, etc) et s’ordonne en nappes ; il naitra cent milliards de soleils et quelques planètes viables et quelques moments de vie « vivante », etc, mais de quelque manière que ce soit le vivant apparaitra, puis différentes sortes de vivants.

Or cependant si on définit « conscience » par le rapport qui a rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non une identité qui possèderait « la conscience », ce qui est absurde) on tombe en ceci sur une pierre d’achoppement ;  un être qui a conscience de soi n’est pas,  il existe, cad est en mouvement. Est et n’est originellement et structurellement que ce rapport sur lequel et par lequel viennent s’agréger des qualités de ceci de cela.

Il l’est originellement et structurellement ce qui veut dire que la structure remplace l’origine qui serait mondaine ; si il existe et donc est mouvement, son « être » qui est dorénavant de structure est actuellement, il est d’actualité, et en acte ; il n’existe que tel, dans l’actualité même, cad dans (et par) le présent. Son activisme est son être (et donc pas un « être »). C’est ainsi dans l’actualité et la concentration du rayon de conscience qu’il apparait-disparait.

Il apparait-disparait puisqu’il ne peut pas se manifester dans le monde, le vécu ou le corps, étant « cela qui rend possible la manifestation ». De même que le présent rend possible qu’il y ait une réalité ; ou donc l’exister rend possible qu’il y ait de l’être. Dans l’impossibilité de se manifester et pourtant consistant à faire apparaitre dès que l’on signifie, intentionnalise quelque chose l’arc de conscience disparait dans ce qu’il éclaire, ce qu’il produit, ce qu’il définit ; l’arc s’efface intégralement dans son contenu, de sorte que l’on ne sait plus « qui » a perçu le contenu.

Cela revient à dire que tout contenu vient avec une conscience, dans une intentionnalité et que l’on n’est jamais certain que quelque contenu soit authentique parce que l’on ne sait pas originer l’intentionnalité ;  et en vérité il n’y a aucune authenticité ; toute authenticité est construite et causée par l’extériorité. Sauf lorsque cet arc dit de lui-même ; je suis l’origine.

Je suis l’origine

Non pas le je en tant qu’il est le moi, mais le je tout court. C’est ce que le christ dit ; je suis l’origine (je suis le chemin, la vérité et la vie - avant tout il était). Descartes ré-origine pour sa propre part le même circuit totalement ouvert (qui donc doit se débarrasser de tout contenu). Ce qui se désigne soi-même, a intérêt à assurer d’une part et d’autre part et par ailleurs impose à chacun la vision du je. Rimbaud également se désigne constamment et ouvre l’ampleur par son seul je.

On assiste à l’acte lui-même, parce que l’acte est le début et la fin et on ne sait pas ce qu’il veut, porte, signifie, sait, entame comme Réel nouveau et autre. Mais aucune nouveauté et aucun renouvellement n’adviennent sans la préséance du je. Montaigne, Descartes, Rousseau, Rimbaud signent leur excentrement hors de tout. Puisqu’ils sont le commencement.

Ça n’est pas que tout le reste (les systèmes, les langages, les mythologies, les contraintes biophysiques) n’existe pas, c’est que tout le reste n’est relevé (et donc encore plus existant) que par les sujets. Le « sujet » c’est cela qui fait-exister le maximum de réalités. Plus il y eut de sujets et plus chacun ait pu étendre sa structure, plus il y eut de réalités. De réalisations, de matérialisations, de matérialité (des choses par les sciences et des objets par les désirs ou les individus), et de matérialisations des intentionnalités ; autrement dit on se voit dans le miroir (du réel) sous quantité d’images.  Nous ne sommes pas tant immergés dans la matérialité que dans la matérialisation de ‘cela que nous sommes’ selon le monde, le vécu et le corps ; et tout ceci s’étale sous nos yeux ; le je observe le moi dans ses déploiements. C’est lui-même qui juge.

Si il vient au moi s’emprunter le vêtement du je (cette impossibilité qui ne se manifeste jamais dans le monde ni le vécu), il étouffe dans cette existence, mais plus certainement c’est une profonde angoisse dissimulée, recouverte par tout le miroitement, qui navigue au travers. 

Pourquoi ? Parce que le monde ne cesse de tomber. Il est fait pour ça. C’est au contraire ce qui soudainement s’introduit dans la réalité qui soulève le monde et impose le relèvement structurel. Et si les mondes particuliers, cycliques, clos, holistes ou ce que l’on voudra, s’inventaient en une fois et perduraient, lorsque vient la méditerranée et les avancées de la structure du monde, du réel de la réalité intervient,  plus rien ne s’impose de par soi, il faut instancier tout ce qui viendra. Volontairement, intentionnellement.

C’est pour cela que dieu, qui est le un tout-autre, exige. Il est en plus du monde (que par ailleurs il a créé de son intention et qui veut un peuple, une nation par alliance). Il entend manifester et formaliser la réalité à partir de cette structure de l’intentionnel pur.

Et lorsque l’altérité, le un-autre, s’incrustera dans le monde humain, dans l’historicité et comme historicité, c’est la pureté intentionnelle mais aussi comme brutalité intentionnelle qui travaillera le monde, mais aussi les vécus, et enfin les corps. Les corps qui dans la matérialisation des intentionnalités ont fort à faire, supportent, portent, subissent l’arc, l’architecture structurelle comme architexture (en tant que la surface autre maintenue doucement à distance par le christique, écrase la vie de chacun des mois dans la dite « société matérialiste » ou donc de la matérialisation de nos intentionnalités, de volontés ou de désirs ou de fantasmes ou de pulsions).

Et les mondes, mais cette fois acculturés, qui viennent à la suite de la méditerranée, pour durer devront continuellement réaffirmer leur volonté, leurs bouleversements et ils ne tiendront plus dans le donné là d’une communauté ritualisée, dans la parole entre tous ou les rituels préservant l’apparition du monde, mais dans l’intentionnel, lequel est le rapport, devant donc constamment se relancer, se renouveler (notons alors que le christique est le principe même qui apparait du Renouvellement comme logique de l’intention, qui dépasse la Loi, juive, pour délivrer l’intentionnel, instruisant un plus grand processus d’examen de soi et de la réalité et conséquemment relançant le Réel comme structure de tout ce qui est).

Pareillement le sujet ne se relève pas s’il ne le veut pas. Et comme il ne s’agit pas seulement de volonté mais d’intentionnalité il doit restructurer son intentionnalité qui cependant est déjà prise dans le monde, son vécu, son passé, son identité, et aussi doit-il faire appel à ce qui n’est pas, à ce qui n’est nulle part dans le monde ou son vécu ou son corps. Il lui faut donc récupérer une instanciation tout à fait formelle ; dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, le sujet et la révolution, l’altérité et ses désordres (surhumanité de N ou inhumanité de H), mais aussi son immense élévation qu’a constitué la sidération du sujet dans, par et via le moi, soit donc la personnalisation intégrale (depuis les années soixante) de l’humanisation acquise par la, les révolutions.

Rappelons que le statut de sujet s’effectue non pas abstraitement mais en tant que surface-autre du corps ; cette autre surface du corps est le vêtement nouveau dévoilé par le christique ; que chacun soit tenu et se tienne comme sujet sous le regard de l’arc ; celui dont on se demande ce qu’il nous veut (parce que si c’est le regard du moi sur lui-même ça n’a aucune espèce de réalité, ça n’existe même pas, il y a toujours de l’autre originellement puisque la structure de conscience est un rapport, et donc de fait autre pour soi comme rapport).

On a beau remplir à profusion le moi (de millions d’images, de sons, de récits, de désirs et d’objets, etc) ça ne vaut que par le regard et l’altérité ; autant donc avancer directement dans l’altérité de structure, plutôt que de perdre son temps (de s’en référer donc à dieu, christique et sujet, être et universel, sujet et révolution, altérité d’existence ou d’exister et à l’ensemble de toutes les possibilités qui s’inventèrent comme variations et variantes). Cet autre vêtement est ce sur quoi se penche Sartre et qu’il examine en tous les sens, cousu du regard des autres, des absurdités du vécu, et c’est ce vêtement tel qu’il se trame psychanalytiquement que révèle Lacan.

Cet autre corps est aussi ce moi rêvé qui est imaginé par les années soixante (moi rêvé vite récupéré par les industries, la publicité, le cinéma, qui finissent par produire du moi en veux-tu en voilà) et dans l’invention de cet autre corps, de son autre comportement, autre perception (tout cela eut lieu depuis 60 ans, et déjà entrepris depuis la révolution). Pour le dire autrement l’intervention du je (comme on dit l’intervention de dieu ou l’intercession du christ ou le décentrement de l’universel) s’est effectué par l’extrapolation du moi, son épiphanie, qui sera évidemment décevante et cruellement décevante ; c’est de s’être imaginé, désiré selon le monde et le corps qu’il s’est retrouvé totalement pitoyable et humilié. Humiliation ontologique ; ça n’est pas dans le monde qu’il trouvera son être, parce qu’il n’a pas d’être et qu’il existe comme structure et que cette structure réclame une technique (mentale) pour s’exprimer, se manifester ; ce à quoi s’est attaché régulièrement la pensée et en particulier la pensée française.

Sartre et Lacan élaborent leur réflexivité sur cet être-spécifique et autre (un être qui est constamment autre ou possiblement autre si on préfère, est un rapport, qui est de lui-même rapport à soi comme rapport et donc structurellement autre que tout) ; ce que Nietzsche et Heidegger tentaient de dépasser, les français creusent à même le réel et la réalité tel que donné « là », la véritable exploration de l’exister commence par Heidegger, qui instancie (au lieu de la lever au niveau des idéalités) la phénoménologie dans l’être-le-là, dans l’être du monde, dans ses affects universels au contact, au sein de la réalité, de la vie (ce qui le conduira à confondre le « là » et le donné là, qui est toujours déterminé, mais comme il s’est coupé de l’universel et du structurel (Descartes, Kant, Hegel, Husserl) il ne lui reste qu’à trouver une pseudo-vérité dans le donné, la détermination, une partie du monde qui s’exhausserait – ce qui est impossible ; la seule possibilité n’est pas dans le monde, mais dans la forme de quelque monde que ce soit, pour nous le rpésent, eet en soi l’exister,  ou dans le sujet qui rend possible toute sorte de moi, à savoir la forme intentionnelle, dite « conscience » qui n’est pas en soi mais en rapport et comme rapport, Pierre est fonction de son arc de conscience et non l’inverse).

Ceci revient donc à dire ; votre arc de conscience est ce qui compte, Pierre, votre identité, votre vécu, votre corps, sont relatifs, n’existe réellement que l’arc. En bref, ce que cet arc fera de lui-même.

Or l’arc ne s’utilise pas en facilitant les désirs ou les intentions du monde, bien qu’ayant, une fois instancié comme statut (citoyen libre d’un Etat), cette liberté accélère considérablement toute la réalité humaine (du sentiment romantique, du fantasme surréaliste, du désir des années soixante, de la pulsion de la société marchande), parce que cet arc s’utilise en et par lui-même ; il vaut en tant que tel comme étant un Réel non seulement qui doit se préserver (de croire qu’il est en quelque manière illusoire), mais qu’il ait à explorer et déployer sa dimension.

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