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instants philosophie

Conditions de possibilité de l’existence

30 Mars 2019, 09:38am

Publié par pascal doyelle

"ça n'est jamais ça ! "

Bizarrement, étrangement, n’est-ce-pas, nous avons rejeté les religions, les philosophies, les sagesses ou ce que l’on voudra du même genre, au nom et par notre libération, de tout. Libération de tout.

Il faut entendre comme ceci ; lorsque les nécessités faisaient loi, les contraintes naturelles, la rareté, les difficultés nous servaient de garde-fou. Sitôt que ces nécessités furent dépassées, et oubliées, nous nous sommes déchainés. D’ici nous nous apercevons que nous ne comportons pas de structure interne suffisamment forte pour réguler nos besoins, nos désirs et nos pulsions et la rareté, qui nous organisait, a laissé place à une mollesse de caractère, d’identité, une absence de tenue, de continuité, de solidité.

Non pas que nous n’ayons pas de forces et de capacités ; il s’en impose des tas depuis notre libération, du moi personnel à l’entreprise d’initiative individuelle ; nous sommes passés de « tout est interdit, sauf ce qui est prescrit » à « tout est permis sauf ce qui est interdit », ouvrant les possibles du monde, du moi, du vécu, du corps. Mais cette libération a entamé un procès de décoordination totale, non seulement collectivement mais tout autant sinon plus individuellement ; plus personne ne sait élaborer une stratégie et chacun est dévoré de tactiques limitées et pauvres (de là l’effondrement des religions jadis et des idéologies ensuite, et l’évidence que le libéralisme-capitalisme qui est un système n’en est plus un du tout ; c’est devenu une anti-économie généralisée).

Les religions tentaient de contrôler, ce qui veut dire architecturaient, toutes les tendances (mais en même temps les ressources étaient limitées et il fallait que l’on accepte les nécessités et impossibilités). Débarrassés des religions (le plus souvent de contrôles extérieurs et qui seraient difficilement supportables comme tels, pour nous autres) mais brutalement dépourvu de système de contrainte externe  nous nous effondrons. Nous voudrions tenir droits de par nous-même, mais nous n’y suffisons pas ; notre être n’est pas suffisamment articulé pour garantir sa cohérence interne.

La mollesse du dedans c’est précisément ce que les religions et les exigences ontologiques diverses essayaient d’organiser. Une exigence ontologique ça n’est pas se définir dans le monde ou le vécu selon telle ou telle partie (pour le moi selon ses désirs par ex), mais c’est organiser ce qui organise ; dieu, l’être, le sujet ou l’altérité organisent l’intentionnalité en avant d’elle-même (dieu la nation, juive ou musulmane ; l’être l’universel et la connaissance ; le sujet et la volonté de la volonté et la révolution ; l’altérité la lucidité et l’analyse de cet-être que l’on existe, que l’on existe et non pas que l’on « est » dans le grand donné là, externe et autre, l’existentiel, l’univers, le réel – et qui permettent de grandes stratégies).

Le principe est simple ; l’arc de conscience, la tension qui sort de la cervelle vers le monde donné là, est une forme et ne comporte pas de contenus privilégiés, mais par contre elle doit se signifier elle-même afin de se tenir dans la réalité perçue (ce qui n’est pas signifié n’existe pas dans le champ de perception). Elle doit se marquer et se délimiter, et se produire, se créer comme unité valant en et par elle-même. Et ce sera une unité de structure et non d contenu, ainsi dieu, l’être, le sujet ou l’altérité ne sont pas des « idées » que l’on peut ranger, mais des arcs qui permettent de lancer quantités d’idées mais qui sont aussi et surtout des intentionnalités ; le christique lance l’idée de « se voir soi » dans le regard du christ qui crée de fait votre âme, votre nouveau corps (le sien est crucifié et vous montre ce qu’il en est de votre propre corps ; dépassé). Et ce qui va ainsi se structurer ça n’est pas tel objet ou tel contenu, mais le regard, l’intentionnalité elle-même ; on ne croit au christ ou à la pensée, on existe le christ ou la pensée ou le sujet (ou la révolution, ou la poétique, etc) ; dès que l’on veut définir selon telle ou telle partie du monde, on tombe dedans le monde.

Et en l’occurrence soit on organise l’intentionnalité en situant une structure spécifique de l’arc de conscience, soit on définit cet arc selon un contenu et ce sera un contenu du corps ; une satisfaction (effective et limitée, supposée, imaginée ou fantasmée et irréellement située). Il n’y a pas d’autre choix. Ce qui n’est pas pour et selon la structure, est contre la structure. Ou donc ce qui se soumet à la satisfaction imaginée, ne se structure pas selon l’insatisfaction et donc s’imagine être, alors qu’il existe ; et qu’exister est en soi et fondamentalement l’insatisfaction même ; ou encore, ce qu’il faut organiser c’est l’insatisfaction native de notre exister.

Ça ne signifie qu’il faille désirer le malheur, mais qu’avant tout bonheur il faut saisir que « ça ne sera pas ‘ça’ ». Qu’il existe une distance et que cette distance est la possibilité même, la possibilité réservée (réservée en et par la structure de conscience, qui tient le rapport, qui tient le rapport qu’elle existe, par dieu, la pensée, le christique, le sujet, le réel) ; cette réserve n’est, en elle-même, rien que la Possibilité (cad tout, tout comme se tenant à la source, ou dans la forme même qui préexiste à tout monde, tout corps, tout moi).

Soit donc cette réserve doit être comprise comme virtualité, puissance au sens de potentialité et c’est celle qui re-vient sans cesse (elle vient toujours nue et sans rien, sans contenu et comme identique à sa totale possibilité étrange) ; mais aussi plus un moi est déterminé plus il est en capacité de re-prendre ses routes écrites ; parce qu’il dispose toujours plus de signes, de signifiants, de mots, d’images. Rien n’est donc rejeté ; il ne s’agit pas nécessairement de pratiquer une ascèse, mais d’assurer au cœur même de toute la multiplicité si l’on veut, la stratégie qui oriente tous les contenus, images, signifiants.

La pratique du signe (du langage) tient précisément de ceci qu’il est rapports et que l’on peut mouvoir les signes évidemment bien plus aisément que les choses, les réalités ; il y a des signes parce que ce sont des rapports (qui ne sont possibles que du rapport structurel qu’est une « conscience », un arc). Tout ce qui est né, produit par le rapport demeure en état de rapports, même si il forme système, et pour chacun se durcit plus ou moins dans et selon le corps, puisqu’au moins un signe re-présente le corps, lequel est une « chose » (une chose qui jouit).  

Et on se tient à distance dans l’insatisfaction, impérative (catégoriquement), non afin d’écarter les désirs, le monde, le corps (comme finalisation exclusive de toutes les intentionnalisations), mais d’abord parce que c’est un fait (on ne se satisfera de rien qui soit au monde en une vie), et ensuite parce que cette distance (qui est de structure) rend encore plus de possibles en ce monde, en cette existence. Pour mieux dire cela transforme une vie, donnée là, immédiate, qui croit ce qu’elle imagine être, en une existence qui doute (douloureusement, ou avec arrogance comme Descartes et grande liberté) ou qui démultiplie la possibilité d’intentionnaliser ; non pas d’abord les intentionnalisations, mais avant tout les possibilités d’intentionnalisations, agissant dans et par et selon la structure ; par ex le christique n’a pas nié les vies humaines, mais de par sa distance infranchissable dans le monde, a rendu possible qu’elles soient des existences (qui se-savent comme naissance/mort et au-delà d’un point-autre invraisemblable mais réel, de même que ces sujets créés sont dans l’implication stricte de maitriser leur intention, leur « moralité » n’est rien d’autre que la création de leur volonté en propre, qui doit venir d’ailleurs en ce vécu pour le transformer en existence, notre statut de citoyen ne dit pas autre chose… et nos récits, nos narrations qui nous démarquent comme sujet-héros). De même Descartes ou la révolution n’agissent pas dans le monde directement mais dans la possibilité du monde ; ce que Kant nomme les conditions a priori de la réalité (qui se tiennent dans le réel de cette réalité, ce que signifie nouménal ; ça n’est pas pour rien qu’il y a le nouménal au préalable, c’est parce que de ce point de vue il commande tous les autres, il est antérieur).

C’est bien en ceci que la distance, de structure (que ça ne sera pas « ça »), que la distance freine l’impulsion (du désir, des besoins, des pulsions, des intentionnalités), parce que précisément ces désirs et pulsions ne sont pas, déjà, en elles-mêmes, naturelles …

Lorsque l’on élève le désir en grand principe de notre existence, on réinstalle une construction que l’on prend pour immédiate et justifiée par sa supposée naturalité, son réalisme. Ce que l’on nomme désir est déjà un système hyper-construit et d’autant plus que cette construction, pour perdurer, requiert encore et encore plus d’investissement et de propagande continuelle (raison d’être des mass médiatisations). Ce mélange pseudo-ontologique (qui consiste à faire semblant que la « nature humaine » est naturelle ou que le désir est notre être) doit être dénoncé comme extrêmement dangereux ; tenir une intentionnalité de structure est difficile, croire que l’on désire est facile ; il y a plein d’objets dans le monde, à disposition, qui s’accorderont à nous en convaincre et correspondront plus ou moins au corps, et le corps ne demande que cela.

Mais pas à la structure ; en vérité le monde est l’ensemble des objets de désir, agrémenté ici et là d’objets objectifs ; le moi est noyé dans sa subjectivité qu’il pense de temps à autre pour objectif, la seule réelle objectivité est l’objectivité de la structure de conscience ; celle qui vient de dieu, du christique, de la pensée et de l’universel, de l’être et du sujet, de l’altérité et du réel, qui vient donc d’une fine pointe à peine établie, puisqu’elle est le Bord de tout le reste, Bord et pointe qui doit se signifier et se vouloir selon l’intentionnalité et non selon la « volonté conscience » ; le christique vient-vers-nous, la vérité ne dépend pas de notre intention, elle est autre parce que structurelle, le sujet cartésien est un être de structure voulu par et selon et comme la volonté, infinie, de dieu ; le réel est déjà dans le sujet cartésien, pas son caprice.

Parce qu’en effet on croit suivre une réalité et définir la vérité selon le corps c’est croire en la réalité de cette vérité, mais un énoncé n’est jamais qu’une formulation vers une chose réelle ou un réel tout court, la liberté par ex, ça n’est jamais que la facilité du corps ; que nous soyons des vivants est une chose, que nous ne soyons que vivants est une absurdité ; la vérité, que nous soyons libres par ex, signifie ces libertés mais aucune de ces libertés n’est définie par le mot « liberté » ; elles n’existent qu’activées ; la révolution définit que chacun est à soi-même son jugement (son intentionnalité) non sa raison. Et confusion que l’on prendra en pleine face, tôt ou tard, puisque jamais ces désirs qui sont des mélanges (de réalités données et de réel impossible) ne se réaliseront vraiment ; on attendra le réel des réalités, qui ne viendra, comme réel, jamais. Ça n’est pas comme le monde, comme la réalité, que le réel advient. Il est tout-autrement.  

C’est cette altérité de structure que dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, le réel et l’altérité manifestent.   

Qu’il soit impossible ne veut pas dire qu’il n’advienne pas, mais bien l’inverse ; c’est toujours du point-autre, du point du réel que l’on perçoit. On n’existe que le réel même. Rien d’autre, le reste est faire-semblant. De là qu’il doit être signifié en raison de son impossible représentation dans le monde ou dans le vécu ou de son insatisfaction fondamentale dans le corps. 

Si c’est à partir de l’impossible que l’on perçoit, on reste dans l’insatisfaction et c’est elle qui doit être pensée, organisée, signifiée ; que l’intentionnalité (qui est un rapport et donc toujours insatisfaite) soit architecturée en tant qu’insatisfaite et impossible. Un rapport toujours insatisfait puisque rapport mais qui imagine dans son mouvement un « contenu » qui n’y existe pas, il croit seulement qu’il y Est. C’est le fameux contenu hégélien ; il n’existe que le mouvement de l’esprit ; c’est le mouvement qui est pensé, parce qu’il est la pensée, cad l’intentionnalisation. Hegel rêve pourtant qu’il existe un savoir absolu des intentionnalisations, et on ne peut pas lui imputer de chosifier quoi que ce soit ; il comprend très bien à quel point la pensée est sujet, cad rapport vivant de sa vie propre. Hegel s’est usé à emboiter les horizons les uns dans les autres dans la vie même de l’esprit comme regard absolu. Il faut attendre Husserl pour que la phénoménologie revienne en sa structure propre ; l’intentionnalité de conscience (et Sartre pour que cette intentionnalité ne soit pas un contenu mais l’orientation du faisceau de conscience, livré ou libéré dans le monde, parmi les autres, selon l’historicité  ou l’œuvre, etc, et Lacan de par le corps spécial, le corps spécifique, le corps-en-plus).   

Le désir produit l’illusion qu’il y a, d’une manière ou d‘une autre, complétude. Ce qui relève de l’imagination ; on imagine et on positionne l’être parce que « l’être » est strictement une imagination (on imagine que « ça est », de même que l’on jalouse autrui en imaginant sa satisfaction, ce qui n’est pas du tout effectif pour cet autrui qui vasouille, comme tout le monde). Ce qui est ça n’est pas l’être, c’est l’exister, soit donc une articulation et celle-ci constitue intégralement tout, tout est dans et selon l’articulation et c’est l’articulation qui devient (soit donc le présent ou l’arc de conscience arcbouté dans le présent, un pli dans le Pli gigantesque, et peut-être infini, et encore plus infini en ceci qu’un infini crée des infinis ; c’est le boulot de l’infini que de créer des infinis, sinon çà quoi lui servirait-il d’être infini ? )

Le moi qui se visualise sous le régime de l’imaginaire ; cad de l’image, nouée par des signes, lesquels sont adressés à l’autre et qui dit « les autres » dit l’Autre-même, le point externe de perception ; en ceci que chacun non pas « se » perçoit, Pierre ne perçoit pas Pierre, c’est je (dans Pierre) qui perçoit Pierre ; le moi est dans le champ de l’arc de conscience (Sartre) ; il image qu’il « est » et si il est malheureux il se dit qu’un jour ou ailleurs ou dans le regard de l’autre, il sera heureux, satisfait. Ce faisant il pense selon le corps. Un vivant recherche la satisfaction, mais comme, pour nous, la vie est nouée à l’intentionnalité d’une structure de conscience (si on a un corps, c’est parce que l’on n’est pas ce corps, mais le regard qui crée cet « avoir »), le désir est démultiplié indéfiniment dans tous les sens et son poids ontologique ne relève pas du « désir » à proprement parler mais de l’investissement de conscience qui se déchausse de sa structure sur, dans le corps ; pour le moi l’explicitation de son être, de son vécu, de son corps c’est ce corps, ce vécu, cet être, et non pas cette structure très bizarre qui échappe à tout et qui ne comporte aucune résolution dans le monde.

Il faut dire ici qu’il est (non) résolu, sur le Bord de ce monde : sans préjuger que ce soit un au-delà, un surréel, mais marquant bien qu’il s’agit à tout le moins d’une dimension ; c’est même La Dimension dans laquelle tout le reste existe sous la forme de « l’être ce sont les effets de l’exister ». Les contenus, quels qu’ils soient, sont les effets de la cause structurelle (qui est vide, cad formelle).

On pense donc non pas la résolution du moi ou du monde, dont on a une « idée » kantienne mais qui ne signifie rien dans le monde même, personne ne voit « le monde » et pour la raison que la forme des réalités n’est pas Une réalité, que ce soit le monde ou l’être, mais que cette forme est le présent, que l’on ne peut pas dire mais que l’on signifie, et on le signifie et n’est perçu que par une structure, par une conscience, dont le re-tour exemplaire et manifeste, le premier qui marque le sol du réel par son avancée, est celui cartésien ; cette « idée » du présent », de la « forme » n’est perçue que par une conscience. C’est son réel le plus intime et le plus instancié, conscience ayant la responsabilité du Bord, le Bord qui s’instancie en tout monde.  

Mais ce qui est pensé c’est la structure, qui rend possible un moi, et le moi s’utilise comme dépliement de la structure.   Rien de ce qui arrive, aux yeux d’un moi, ne serait si il n’était de structure intentionnelle ; tout fait donc office de vérités, de limites, de réalisations, de possibles, selon point de vue, de plis et replis, et de possibles imprévisibles. Et Sartre a parfaitement raison de préciser comme c’est « ce que l’on décidera » (au sens intentionnalisateur et non de « volonté ») qui instancie notre être, notre passé, notre possible, de sorte que tout est toujours déterminé et en même temps, en et par cette articulation, indéterminé, dont la détermination est remise, tout comme le christ remet les péchés, les erreurs, les imbécilités, qui ne s’éteint pas puisque ce qui compte dès lors ça n’est pas ce que vous faites, mais ce que vous voulez réellement, cotre vraie intention, celle là même que sans doute vous ignorez mais qui vous sera révélée au moment de votre mort (pour les croyants) : et cette intentionnalité remonte bien loin dans les plis et replis, comme dans la reprise continuelle du même-pli que tel arc de conscience vit, existe en propre.

Le mystère reste donc entier ; sauf que la philosophie est la technologie qui examine cette technique, cette technique inventée par le monde donné là (ou par dieu si on est croyant ou quelque autre compréhension qui sont toutes infiniment passionnantes) et que cet examen avance, décortique l’articulation de structure du réel en tant que réel (et donc les anciennes religions, les mysticismes, les « métaphysiques » au sens général poursuivaient elles-mêmes cette analyse, et sont ainsi encore tout à fait lisibles) ; via mille astuces sans doute, mais très certainement et avec une imperturbable assurance puisque ce ne sont pas les « idées » ou les « systèmes de représentation » qui agissent ici mais la structure elle-même qui ne peut pas se quitter (comme on quitte un logiciel), qui ne s’abandonne jamais et agit et réagit toujours selon le droit fil du Bord qu’elle existe de fait ; et si toutes les variations à propos du centre invisible et non manifestable sont passionnantes c’est parce que le bouddhisme, le christique ou le cartésianisme sont des expressions du centre lui-même et ce non pas comme traductions d’une vérité mais comme expressions d‘une structure qui n’est pas de l’ordre de la vérité mais de l’ordre du réel seul ; et ce pour la raison que le réel étant activisme pur et brut il enclenche ces expressions, il les rend possible, les souhaite et c’est précisément sa finalité que de créer des interprétations qui soient des créations, des réels créés.

C’est bien en ceci que le Créé est fondamental ; qui n’est pas seulement la représentation d’une vérité (qui préexisterait on ne sait où) mais qui est littéralement le réel qui se tisse, pluriellement. Ce qui veut dire que la vérité est le renouvellement, l’invention des Possibles réels. Ce devenir de la vérité est le mouvement du réel et non pas la vérité comme image du mouvement ; la « vérité » n’est pas réduite à la conformité de la traduction (d’une réalité) mais tient la plus haute possibilité ; de créer du réel et c’est en cela qu’elle est, qu’elle existe le réel. Cela veut dire que la vision des idées de Platon est le réel, le christique sur la croix est le réel, Descartes, Nietzsche ou Sartre sont le réel ; sans ces avancées le réel ne se mouvrait plus. C’est bien la Possibilité même, qu’est le réel, de se pluraliser, puisque la forme ne peut pas s’inscrire comme monde ou chose ou déterminations en général, c’est que la forme, les structures possibles sont le réel lui-même.  Les intentionnalités structurées couronnent littéralement le centre invisible qu’est le réel.  

C’est ce qui est connu depuis toujours : le se-savoir de n’importe quel esprit est premier, quelle que soit la configuration d’interprétation (que ce soit le mana ou l’esprit hégélien ou la révolution). C’est la nature (non naturelle) et les implications (qui viennent de l’avenir) de ce se-savoir qui sont en cause. 

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