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instants philosophie

Signifier l’exister

16 Mars 2019, 09:06am

Publié par pascal doyelle

(deviens ce que tu n’es pas)

Il devait s’imposer de grands arcs de conscience ; dieu, l’être et la pensée, le christique et le sujet, l’altérité et le réel ; mais ce qui a joué ce sont les réalisations, les réal-isations, de cette intentionnalité particulière que l’on nomme le « moi ».

Le moi était, jusqu’à la méditerranée, noyé, immergé dans des groupes (même de grands groupes comme royautés, empires, etc) ; jusqu’à ce qu’il s’impose lui-même en et par la/les révolutions. Il n’y a qu’une révolution sous diverses variantes ; par exemple le moi libéral des désirs n’est pas le moi communiste des besoins (mais on demande à chacun de se convertir, de gré ou de force, au communisme, on y insiste même beaucoup, cela doit faire l’objet d’une réaffirmation constante). Et c’est ce système, depuis le 18éme, cette systématique réaliste (le donné explique le donné, les objets correspondent aux désirs) qui travaille objectivement dans divers domaines de la réalité ; via les  idéologies ; les idéologies sont récentes, elles se définissent comme « programme appliqué volontairement » au lieu qu’auparavant on vivait dans des mondes, tandis qu’à partir de toute révolution on décide de quel monde, avec un programme, et cette systématique va absorber toute l’intentionnalité.

Réaliste, naturaliste, rationaliste, humaniste, personnalisée est le méga-système qui indique que la réalité est toute là (et qui a initié les deux grandes idéologies, le communisme et le libéralisme,  et leurs variantes comme interprétations de la révolution unique). Et que vous devez être heureux, accomplis, réalisé. Mais rien ne se passe jamais comme on le souhaite. On savait autrefois que la « réalisation » échappait au monde et au vécu. Que ça se réalisait mais ailleurs et autrement que selon le monde.   

Autrement dit dans les grandes configurations de conscience l’actualisation était fondamentalement réservée ; réservée à dieu, au cosmos grec, au christique, au sujet (grand seigneur, grand esprit, lucidité et rigueur, exigence et investissement de soi, élite de l’éthique, que reprendra Nietzsche par ex mais qui se présente de fait par Descartes, ou Kant ou Hegel). La grande configuration et la stratégie manient intégralement toute la possibilité ; la tactique du moi est de ne considérer que le possible ; le possible du monde tel que donné là, alors que la possibilité s’étendait bien au-delà. Et donc nous allons tomber amoureux du monde, puisque le droit ou les sciences et technologies, les économies (des échanges libérés de tout rituel, de toute régulation relevant d’une stratégie et économies diverses, idéologies selon le corps et sa supposée satisfaction, qui se contentent de tactiques particulièrement) et l’acculturation vont nous pousser vers et dans le monde.

On ne pouvait pas y échapper (on n’allait pas refuser la médecine ou l’énergie fossile ou le statut de citoyen), mais ce faisant on oublie, relègue les grandes configurations et les stratégies ; et ce qui était géré (et il faut le dire régulé, contrôlé, et souvent restreint par les configurations) ce qui était géré revient dans le monde, le vécu, le corps, le moi, l’humanisation ou la personnalisation (qui suit et se charge de nourrir, de remplir l’humanisation par toute sa profusion individuelle et personnelle, ce que le communisme ne peut pas rendre en ce cas ; définir l’homme selon les besoins ça n’est pas par les désirs, l’indéfinité des désirs, le générique des besoins ; le communisme est dépourvu de sens individuel, et manifeste un sens commun incompréhensible en ce cas).

Se réaliser dans le monde, selon le possible et non la possibilité, c’est, avec quelques accommodements, le fameux intitulé « deviens ce que tu es ».

La gestion de l’impossible dont se chargeaient les configurations (dieu, l’être, le sujet, l’altérité) manifestaient que l’être (pour eux ou le réel pour nous) excédait le possible et se solutionnait comme Possibilité (hors du monde, du vécu et du corps). Mais rendre réalisable le possible, et abandonner la possibilité, c’est créer un monde, un monde qui compte les mois, un monde de mois ; c’est beaucoup plus profitable, là n’est pas la question, mais c’est annuler la grande stratégie et se borner à concrétiser l’ensemble de toutes les intentionnalisations possibles ; de matérialiser ces intentionnalisations ; on n’est pas réduit à la matérialité, on a matérialisé toutes nos intentions ; ce en quoi on s’enferme ce sont nos intentions telles que nous les voulons, à savoir réalisées. C’est cela qui ne suffit pas ; on en ressort épouvantablement déçu par sa propre vie et comme c’est tout ce que l’on a, on se détériore du dedans et du dehors.

Que l’on se soit pris d’amour pour ce monde, nos vies, le corps, etc, non seulement c’est profitable mais aussi c’est impératif ; libérer toutes les énergies ; y compris les échanges et celle de l’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz etc : l’un n’allant pas sans les autres …) et donc les désirs et donc la chair et donc le moi et le psychisme et donc élaborer quantité de technologies physiques, et de techniques mentales pour organiser toute cette déferlante. Mais en comprenant « énergies » comme physiologie, en somme, on prédestine celle-ci au monde ; tout sera trouvable dans le monde (on sera heureux, aux désirs satisfaits) et sinon on l’inventera ; on élabore donc une idéologie ou des théories pour justifier certes, mais aussi offrir un tambour de résonnance qui permet d’accélérer toute cette matérialisation des intentions.

Rien n’y fera.

Par quoi chacun sera mis en demeure d’être lui-même ; sauf que l’on ne trouvera pas dans le monde, le vécu ou le corps la possibilité de réponse adéquate ; pour parvenir à de telles réponses il faut en revenir aux grandes configurations ; dieu, l’être et la pensée, le sujet et l’altérité. Nietzsche et Heidegger ont voulu répondre à cette attente de Possibilité par des ontologies imaginaires, Sartre et Lacan analysent et décortiquent l’acte même de conscience tel que là, posé ici-même par Descartes comme ontologie dépassant la métaphysique, Sartre et Lacan parce que c’est dans l’intentionnalité et donc selon le corps (que l’on travestit dans l’idée directrice de « désir » par ex ou de Volonté ou d’affect, pour naturaliser ou réaliser tout cela, pense-t-on) que ça se passe, ça arrive. Le champ de l’intentionnalisation est précisément là où tout le reste se décide (non pas « est » mais s’augmente, s’accélère, se décide, se méta-instancie, dans quel monde, quel vécu, quelle réalité, quel réel, quelle structure ?) Sartre et Lacan démonte le réel là où se décide ; à l’extérieur du moi (le monde, les autres, l’histoire, l’engagement, la décision, l’intentionnalité) et à l’intérieur du moi, cad dans son corps (l’intentionnalité brise et écartèle le corps vivant, un vivant ça n’est pas fait pour supporter un arc de structure de conscience, ça lui fait mal, le déchire).

Evidemment les catégories de la structure de configuration se retrouvent dans l’acharnement de réal-isation du possible dans le monde et le vécu, mais comme on part du principe que « le donné explique ou satisfait le donné » on évacue immédiatement cet appel vers l’autre, l’altérité, la forme, la structure ; or c’est justement là que précédemment, dans les configurations, on avait bien perçu et que l’on entendait mettre en œuvre l’ordonnance de l’intention (de dieu, du christique, de la pensée dans les idées comme intentionnalisations nouvelles du monde).

Sauf que cela annulait, apparemment, le corps, le monde, le vécu, la densité du donné. Ça restait « comme ça, suspendu », comme irréel. Ça n’était guère tenable, sauf à contraindre abusivement la réalité au profit d’un réel mais un réel tout à fait abstrait. Et précisément sans Idées pas de monde, sans le regard du christique pas de sujet, sans le sujet cartésien pas de révolution par laquelle chacun est juge de sa liberté. Etc.

A l’inverse proclamer que tout est possible dans le monde ou le vécu et ce sans que la possibilité vienne secourir notre illimitation, le « tout est possible » condamne au plus grand malheur ; de s’apercevoir que notre « désir » ne se réalisera pas, puisque ce « désir » est en fait une structure qui n’est pas « du monde » mais hors du monde. On pense aussitôt que si elle est hors du monde, alors on imagine du « surnaturel ». Mais que nous soyons de fait non naturel, non mondain, non réaliste est une évidence.

Nietzsche et Heidegger veulent ontologiser, et tentent d’amener à nouveau de l’ontologie (et donc de la stratégie) dans la réalité, dans le réalisme (démocratique, humaniste, rationaliste, technique, psychologique, etc, tout ce contre quoi ils lutteront). Au prix de supposer imaginairement ; du reste Nietzsche présuppose qu’il faut « inventer » de nouvelles vérités, sauf que la vérité ne s’invente pas comme un imaginaire, mais se découvre et se crée comme structure. Ce ré-enchantement du monde donc tombe dans les pires travers ; se confiant à l’imaginaire, elle croit surélever un naturalisme ou un réalisme, ( par un énergétisme de Nietzsche ou un langage-peuple de Heidegger, qui entre en concurrence avec le peuple de l’Intention que sont les juifs, la race mythique contre la nation élue) au prix de perdre alors encore plus (contrairement à leur ambition) cette élévation et donc entendant détruire toutes les élévations non imaginaires qui eurent lieu, ils prennent leur interprétation (et leur puissance dans le monde) pour le réel (et la structure plus réelle que le monde).

Désirant plus que tout se réaliser dans le monde donné et le vécu, évidemment on refuse intégralement les configurations qui précisaient bien que l’on ne trouverait pas dans le monde ce que l’on y cherche et qui s’utilisaient justement afin de gérer l’insatisfaction mais fondamentalement d’organiser celle-ci et l’impossibilité de se réal-iser dans le monde et le vécu et rechercher pourquoi nous sommes hors-monde, hors-corps, hors-groupe humain. Et ça n’est pas parce que depuis le 18éme on a acquis la capacité de s’inscrire en et par la densité du monde et du vécu, que l’on s’en satisfera.

Aussi se sent-on structurellement coupable. Parce que l’on va passer son temps à s’occuper d’immédiatetés et ce pour la raison que ce qui est c’est le monde et le vécu (et le corps et le moi), tandis que, nous, nous jugeons non pas selon l’être mais selon l’exister, la forme, la structure ; c’est un péché de perdre son temps avec des imbécilités, parce qu’alors nous ne sommes pas au niveau de notre exister, nous tombons dans le monde et les immédiatetés (qui se hiérarchisent entre le moindre dommageable et le plus écœurant, à tous les sens imaginables) nous dégradent, réellement, et étouffent ou empuantissent notre structure formelle. Structure formelle qui bien sur ne peut pas habiter le ciel ou le formel ou la Volonté ou la liberté ou ce que l’on voudra d’équivalent, mais qui ne peut pas non plus s’enferrer dans le donné toujours outrageusement confus et d’abaissement.

On aura beau croire à la rutilance du donné, de la vie, de l’amour, du bonheur, il s’avère toujours que  « ça ne va pas ». Et donc la structure reviendra. Sous une autre formulation puisque ce réel de structure (sur-naturel) est formel, celle-ci peut prendre trente-six marques et figurations et représentations et gestes et corps.

Sous une autre formulation, telle que révélée pour les mois sous les auspices de la psychanalyse ; l’arc de conscience est en-avant, il n’est pas le conscient mais le retour vers le corps, et si de fait on a un corps donné là, il y a un autre corps, une autre surface du corps qui vient d’en-avant ; elle « pense » toujours et avant n’importe quelle pensée consciente explicite ; de là que l’on est libre non de délibérer selon le choix, mais libre dans et par la perception même, ce qui par ailleurs la rend capable d’invention, de création, création qui  se prend antérieurement au défini, au relationnel, à la réalité et se tient strictement du réel seul ; on ne perçoit jamais n’importe quoi et n’importe comment mais selon l’arc-boutement au présent qui revient vers le corps ; c’est là que l’on décide, oriente ou désoriente notre perception, cad tout. La psychanalyse nous révèle que l’arc de conscience est en-avant et n’est pas le conscient. Qu’il est extrêmement difficile d’accès et ne se tient, comme Sartre l’avait compris, qu’en se créant, en ne reposant plus sur l’acquis mais sur l’acquisition (ou le projet, selon la rigueur de l’engagement, qui est une conversion christique en somme, ou selon l’exigence de l’intentionnalisation, pour le poétique par ex et l’énorme attente rimbaldienne, l’esthétique ou l’éthique et ainsi de suite).     

Que les anciennes configurations qui auguraient d’une organisation structurelle, soient trop abstraites, soit, mais que ces espoirs d’existence (outre les indiscutables réussites d’amélioration de la vie) soient par ailleurs perdus et égarés, et suscitent des imbécilités voire des monstruosités, c’est certain.

Mais il faut voir que les configurations n’avaient pas jadis en eux-mêmes comme but d’imposer une densité (que l’on ne découvrira qu’au 18éme et suite) mais d’enclencher, d’instancier dans la densité d’alors, d’installer un processus qui structure la structure, pour ainsi dire. Dieu, la pensée et le christique s’utilisent à cette fin (ou nous sont révélés).

Parce que celle-ci n’existait qu’en dedans des groupes humains (qui assuraient la survie et la pérennité de la parole organisatrice in vivo), et que cette fois et pour la première fois c’est elle qui vient, par delà les mondes particuliers, sur le devant ; dieu, l’être, le sujet et l’altérité manifestent la structure, qu’il fallait bien imposer, qui devait méta-organiser toute conscience de soi en la mettant en scène sur le devant (lorsque l’on pense on Doit penser – lorsque l’on est saisi par son existence, hors de la naissance/mort, c’est de se convertir – lorsque l’on se-sait c’est dans l’instance du sujet, cartésien, que cela se dit – lorsque l’on révolutionne, on s’engage) ; c’est pour cela qu’ils sont « abstraits », ils signifient, dans le monde, ce qui n’est pas du-monde, et c’est cet au-delà du monde qui est combattu par les théories qui voudraient retrouver un ré-enchantement mais qui n’aboutissent qu’à conforter le recyclage indéfini magique et imaginaire et illusoire.

Rien n’y fera : nous sommes en dehors et c’est de cet en-dehors dont il faut rendre compte et pourquoi et comment. Rechercher la formulation de cette structure (qui est effectivement en-dehors mais au sens de « en tant que Bord » de tout le reste) c’est dieu, l’être, le sujet et l’altérité.

Et donc selon les formulations réalistes (qui nient qu’il y ait « sur-nature », alors que bien visiblement l’humain n’est pas naturel) la déperdition est donc énorme ; en ceci que ne se saisissant plus de « soi-même » via une grande configuration, on s’objectivise dans une définition, on s’image dans une immédiateté, on se désigne  dans un signe et c’est l’attention, l’intention, l’intentionnalité, l’arc de conscience, cad la racine, qui est verrouillée : il n’y aura plus de signe montrant dans le monde l’horizon du monde, tout sera « dedans », votre existence sera seulement votre vie, votre moi un corps-langage ou un désirs-objets.

La révolte contre dieu, l’être, le sujet ou l’altérité réoriente tout acte et activité et décision de conscience vers le monde donné là, vers le seul vécu comme exclusif horizon inabordable puisqu’il n’est plus signifié, monde donné et vie que l’on enlumine plus ou moins, et ce sont toutes les choses, tous les objets, toutes les images qui absorbent le décisionnel de structure. On a retiré l’horizon, ne restent que les objets. On a livré chacun au monde et aux autres (Sartre), et au corps (Lacan) et  on a basculé chacun dans l’exprimé, le manifesté, et on aura beau faire assaut d’humour et de dérision, de dégout et de haine, on restera enfermé. On a tenté de restaurer dans le monde un arc ontologique (N et H) mais en refusant l’arc-boutement traditionnel et on a perdu toute chance, excepté celle de ressusciter des magies monstrueuses, collectives (meurtrières ou immorales) ou personnelles (délires et tourments abjects du moi).

L’inverse consiste en ceci. Que tout est vrai, toutes les positions assumées sont vraies qui se déplacent structurellement sur le monde, le vécu, et s’instancient du Bord. Que le moi est un sujet mais non visible et qui ne deviendra jamais visible. C’est lui, le moi, qui doit manifester le Bord, non sous la formulation de la satisfaction ou de la définition (selon le monde, l’objectivité ou les sciences ou le désir) mais sous la forme de la signification ; seul un arc structurel de conscience signifie et donc perçoit selon ce mode, le Bord de structure. Les choses et les objets apparaissent sous l’horizon, mais l’horizon n’apparait jamais dans son propre champ, y compris les objets de désir, le désir n’y apparait jamais.  Il existe un Bord du monde, du donné, mais aussi du vécu et du corps et rien de ce monde n’y a accès sauf l’arc de conscience qui y prend appui et à condition qu’il le décide (sans son accord formel la dimension du réel s’effondre dans le monde) ; c’est de là que l’on perçoit. Et c’est pour lui que l’on signifie, c’est de là que Rimbaud perçoit, et c’est assis sur le Bord que Descartes ouvre la pensée (métaphysique) à son originel (ontologique ici et maintenant).

Il faut donc assurer sa propre affirmation absolue, cad formelle (ce que voulait Nietzsche mais sur le mode imaginaire il revient au tourment et à la déperdition) ; l’absolu n’est rien que le présent, mais le présent on ne sait pas où ça va, on ignore de quelle dimension il s’affecte (ce qui est le plus proche et même antérieurement à tout, est le plus lointain, autre, formel, mais certain et invariant).

Et cette dimension, ce réel de la réalité (comme l’Etre des étants) n’est nullement heideggérienne, qui perçoit bien le décrochage (au début via les affects existentiaux)  mais ne parvient à l’inscrire que comme monde collectif (le collectif inhumain se charge des individus écrasés par l’Etre).

Et si le réel est le présent, la dimension, ça n’appartient à rien ni personne, et c’est pour cela que l’on est libre, structurellement ; ça n’appartient à rien ni personne, ça existe et c’est le Bord de tout, y compris de ce que l’on ignore totalement. Raison pour laquelle on existe antérieurement aux mondes (et que l’on peut éventuellement les détruire).

Si tout est vrai alors la structure qui est dévoilée depuis dieu, le un tout-autre, l’être et l’universel, le christique et le sujet, l’altérité sont, pour nous, nos descriptions du réel unique et Autre, nos variations autour de la même structure du réel  (et y compris les autres civilisations, dont on n’a pas l’expérience et qui emploient peut-être d’autres voies). Il n’y a pas de raison de douter ; parce que non seulement nous nous tenons du Bord, mais le Bord est notre seule réelle expérience (sans la structure il n’y a pas de corps, pas de monde, pas de vécu, de désirs parce que n’existerait pas le champ perceptif et le retour vers le corps).

 

Que chacun réal-ise son vécu n’est évidemment pas négligeable du tout ; il y eut mille milliards de réussites en tous sens, dans tout le domaine du possible.

Mais ramenons une perspective historique totale ; si on s’est engagé avec passion selon le moi, c’est aussi que l’on a abandonné l’espèce. Personne, à part quelques uns, ne se soucie de l’avenir de l’espèce, puisque cette contrainte quitte le champ perceptible de son moi …

Et on remarquera que les grandes stratégies,
dieu, la loi et la nation,
la pensée et l’être et l’universel du monde unique,
le christique et l’esprit-saint (la communauté des croyants),
le sujet et la révolution (cad le statut de chacun par rapport à tous : liberté, égalité et fraternité),
l’altérité comme monde donné brutal et ahumain (« entre le monde et l’humain, il faut choisir l’humain » Camus, et non pas le surhumain ou l’inhumain et sacrifier l’homme à la puissance et la violence du monde)
ces grandes stratégies impliquaient explicitement, elles,  l’espèce toute entière.

 

D’un côté la puissance, le possible du monde exploité jusqu’à plus soif. De l’autre la potentialité, la possibilité de la structure du réel, beaucoup plus difficile et supposant l’insatisfaction fondamentale dans le monde et la vie.

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