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instants philosophie

Centre névralgique du réel

1 Juin 2019, 12:42pm

Publié par pascal doyelle

Pour ce qui nous concerne la structure est « cela qui crée notre moi », tout moi dépend d’un sujet mais le dit sujet n’est nullement substantiel ; si le sujet était substantiel il ne parviendrait pas à se mouvoir, il se trainerait, il serait, une chose déterminée, et le moi pareillement. Ce qu’il faut comprendre c’est que par-dessus la détermination il existe un champ du réel, tel que donné « là », vers lequel tendent toutes les réalités ; atomes, adn, champ de perception du vivant, champ culturel humain aboutissent et ne sont constitués que par et dans ce champ du réel ; et dans le milieu qui relève des vivants (ils se déplacent dans ce milieu, le vivant c’est « ce qui se meut », même les plantes, qui ne sont pas des pierres), un vivant, au oins, perçoit un « monde » et non plus un milieu ; l’horizon du monde est une idée, cad une intentionnalité (le rapport conscience-horizon réel) et ne se perçoit pas et donc par l’intentionnalité devient ce en quoi on perçoit, tel ou tel objet ; si l’horizon est signifié lui-même il devient un objet sous un autre horizon ; il n’entre pas dans l’intentionnalité mais est ce à partir de quoi les objets sont signifiés ; et l’horizon en propre de chacun c’est ce-corps, de quoi il se crée, sur ce corps, une autre-surface, qui sup-porte (les deux) les signes.

Et déchire le corps vivant qui insupporte presque ce que Lacan nommait le langage, mais en vérité il n’existe un langage que par ce mini-mécanisme de conscience qui sort de la cervelle (la cervelle crée l’arc de conscience afin qu’il soit un arc ouvert et non un cercle fermé, arcbouté à la position « un réel, autre, il y a » : on ne voit pas l’intérêt d’un cercle de conscience fermé, qui serait incapable de répondre à l’inattendu du réel ; par l’arc ouvert on cumule à la fois une mémorisation et une liberté).

Il est bien clair, si l’on peut dire, que pour demeurer viable et supportable, l’ensemble de cette structure doit, subissant diverses contraintes, se réguler selon des mensonges ; qui lui évitent de sans cesse se remettre en question (puisqu’il faut quand même survivre d’abord et puis vivre ensuite). Mais en même temps puisque tout le champ intentionnel tient de par son arc, il ne peut pas ne pas réfléchir ; il est de toute façon instancié en miroir ; dans l’horizon défilent des images, des idées, des objets, des choses, etc. Dans les mondes particuliers (qui tendent à se referme et à fonctionner comme Parole échangé dans un groupe qui, perçoit ce qu’il parle et échange), la structure se prend pour ses contenus ; depuis dieu, les grecs, le christ et le sujet et ensuite toute l’altérité (qui est dé-couverte à partir du sujet, dit cartésien qui non pas l’invente mais le révèle) il est impossible que l’on sache ce qu’Il veut ou ce que « cela » veut : dieu, la vérité, le sujet, le réel nous demandent de formuler le réel, ou notre véritable Intention (difficulté des difficultés, la tâche la plus impossible qui soit). De cela tout le réel est mis en branle, de a à z, puisque la forme de toutes les réalités (le présent ou l’actualité) et de toutes les réalisations humaines (l’arc de conscience, l’intentionnel nu) est engagée. Entamée.  

 

C’est uniquement une simple forme nue et sans rien, ce qui veut dire une tension (qui sort de la cervelle vers le donné là et re-vient sur le corps, en formulant une surface-autre du corps, etc), et qui crée donc, cette structure dite intentionnelle (que la philosophie a eu du mal quand même à isoler, elle s’en prenait d’abord aux contenus de cette intentionnalités, les idées, systèmes, et au travers des plus extrêmes idées apparaissait le réel, comme retournement inattendu afin de créer un champ stratégique seul permettant d’organiser, d’engendrer les idées-intentionnalités de perception), qui crée un champ de perception en-plus ; en plus de l’atome et de l’adn, dans un vivant qui perçoit et doté d’une relative mais très réelle indépendance vis-à-vis de son milieu, et qui en modifiant le champ de perception du vivant coincé dans son milieu, introduit une interface nouvelle, remplaçant le milieu en lequel on vit, par le monde en lequel on existe, posé là sur le donné du « là » universel, un horizon, un Bord du monde.

Ce faisant s’ouvre une dimension ; pourquoi existe-t-il un tel être capable de n’être pas ce qu’il est et d’être ce qu’il n’est pas ? (Sartre). On a vu que cela ne tenait nullement à sa « réalité » mais à son mouvement ; il n’y a qu’un mouvement, soit donc un rapport, ou enfin une tension qui puisse à la fois être et n’être pas. Or cela signifie, pour nous ici en tous cas, qu’il existe une Dimension en laquelle les choses sont, les contenus de conscience, les perceptions dans le champ, etc. cette dimension est très étrange surtout si l’on songe ou admet qu’elle est pile poil instanciée dans le présent… qui est lui-même un mouvement. Or on a vu, aussi, que si le présent est le mouvement alors tout est « dans » le mouvement (et il n’est rien qui « soit » ou en tant que l’être est second par rapport à l’exister, au présent, le présent se dresse ici même, ici et maintenant comme la dimension qui avance).

Remarquons que pour le dieu monothéiste (juif, christique ou musulman) certes dieu existe en lui-même mais c’est à concurrence de notre courage qu’il nous demande de poursuivre la création. (Et on ignore si dans d’autres religions se problématise la même possibilité ; l’idée encore plus générale est d’ajouter au monde).

D’une manière générale, tout est incompréhensible si l’on présuppose a priori que le Un ou l’Etre ou Dieu ou le Même est, quelque part, et qu’il devient impossible de justifier que si le Un est alors pourquoi a-t-il ou fut-il produit une « réalité » (aussi dispersée et étrange, voire ultra gaspilleuse sinon absurde) ? La réponse est que le Un, le même, dieu sont en-avant et que la réalité c’est justement ce qui produit le Un terminal du bout de tous les mondes.

Et donc c’est pour cela (pour que le Un advienne) qu’il existe un ou en tant que présent ; rappelons que ce « présent » est pour nous seulement une des versions possibles, celle qui nous est donnée, de « ce qui se passe réellement », à supposer donc que le Réel comme Dimension est beaucoup plus grand ou selon différentes versions de son Un central ; de même qu’avant l’hypothèse de dieu on n’en savait rien, ou rien avant que le Sujet soit formulé, la formulation du sujet nous a fait comprendre que « sujet » existait. On veut dire que l’imagination ontologique, si l’on peut dire, est très difficile.

autrefois elle créait des mondes humains qui représentaient et percevaient le monde selon leurs échanges,
puis ensuite selon l’acculturation lorsque la structure passe au-devant (dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution)
et au lieu se composer une pyramide qui rassemble jusqu’à tel sommet, s’inverse la pyramide et en équilibre sur la pointe il se produit des réalisations humaines ouvertes dans tous les sens et sur toute la réalité, tandis que chacun des mondes localisait son propre domaine et synthétisait pour le groupe et non pas selon la réalité.  

Mais pour accéder à la réalité (au lieu des représentations de la réalité que constituaient les mondes), il faut en passer par le réel, par la position « qu’un réel il y a ». Que cela s’opère par le monde ou par l’être ou par dieu ou par le christique et le sujet. Ces accès sont vécus comme des extases ou des structures, hyper objectives en ceci qu’ayant repéré et signalisé le point de réel, c’est à partir de lui que le reste, l’historicité, deviendra, subjectivités et objectivités, champs nouveaux de perceptions, esthétiques, ou de récits, formulant le devenir intentionnel individuel, subjectifs et objectifs qui sont aussi tenaces l’une que l’autre puisque l’on tient au réel dorénavant et que le réel indique immédiatement les réalités d’une part (du monde) et les réalisations d’autre part (du monde humain individuel et collectif)  ; que l’on songe à dieu ou à la pensée ou à l’événement « révolution ».

Ils instaurent un nouveau monde, à partir d’une intuition, finalement, structurelle ; ils s’installent à même le sol du monde mais du monde tel que donné « là », et non seulement dans le monde donné là ; selon l’accès au réel et non pas selon l’ouverture au donné des réalités. Les grandes configurations sont de l’ordre du réel ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité ; suréminentes par rapport aux champs de perception qu’ils ouvrent. Et la vérité est que les réalités ne sont accessibles, en tant que réalités, que via la formulation du réel, comme forme, formel, vide mais structurel ; si n’était supposée qu’une réalité, elle serait une, et relèverait du groupe ou d’une représentation de monde, mais les choses elles-mêmes, les apparaitres dans leur différenciation ne sont présentables à la pensée , l’esprit, la perception que si elles sont admises comme multiplicités que l’on peut sérialiser ; diversités que l’on peut universaliser.

Et ce lorsque nous sommes sortis des mondes particuliers, chacun représentant sa propre perception-parole-échanges, etc, et en usant d’une position ontologique (que l’on peut nommer ontologique depuis que la philosophie, qui est la discipline qui analyse cette transition, ce passage des mondes particuliers au monde donné « là » a pu nommer ce « là » du monde en tant « être »).

Pourquoi une position ontologique ? Parce qu’il faut que le réel (qui ouvre sur les réalités) puisse être signifié, ce qui veut dire que dans l’intentionnalisation qui se produit constamment à propos de tout, on puisse passer de la pesanteur du groupe, qui colle à un monde local, vers l’ancrage du réel en général (pour sortir de tout particularisme), ou au niveau individuel pour que l’on puisse au lieu d’arrimer notre intentionnalité au corps (et à la satisfaction) ou au monde (et à ses intérêts limités) que l’on puisse détenir une accroche tout à fait Autre et par laquelle l’intentionnalité puisse se maintenir comme telle plutôt que de ployer vers le bas, vers le vécu, vers la mort, sans âme ; bref que l’on soit plus existant que vivant. Et rompant avec le donné là,  il faut créer une attraction par le haut afin de ne pas perdre la capacité de tisser une stratégie suffisamment ample qui puisse admettre non seulement le monde donné objectivement, mais aussi l’organisation humaine dans son effort pour se percevoir et se rendre possible d’un partage intentionnel, absolument requis.

Aucun monde particulier n’est plus possible sitôt que l’on a vu le réel ; on ne peut plus rassembler la perception (et les besoins, désirs, bref les intentionnalisations) dans et par et pour un groupe ; il faut donc gérer la multitude de sujets, de consciences, de structures valant une par une ; il faut que se duplique la capacité intentionnelle et ce d’autant plus que c’est uniquement de cette manière que chacun s’acquiert lui-même, obtient un vécu et un corps (au lieu de s’effondrer dans le monde donné, l’immédiateté, la perception décousue, ou le regret psychotique du monde ancien du groupe ou la séparation radicale et dépressive, etc).

Autrement dit le réel a un sens et c’est a minima celui d’ordonner un réseau intentionnel qui se tienne et ne s’effondre pas sous la pression des intérêts du monde, des perceptions, des immédiatetés et soit capable d’organiser une Vision.

Si l’on sort de là, nous sommes morts. Parce que le processus d’intentionnalité va se remplir de quantité de déchets, de petitesses, de réalités pauvres, et se noyer sous sa propre production ; la structure réclame d’être identifiée comme telle et de se maintenir comme étant « le réel ». Ça ne signifie pas que les petitesses soient anéanties mais bien qu’il y ait suffisamment de stratégies pour élever sans cesse le niveau et que l’on puisse surdéterminer la détermination, au lieu de quoi la richesse de déterminations diverses et bigarrées rendra impossible toute vision. Au lieu de quoi ls intentionnalités (qui sont infinies mais en nombre limitée de par ce corps, son énergie n’est pas infinie et l’attention ne peut pas se vouloir infiniment dans la réalité, contrairement à ce que crût Nietzsche, c’était cela sa fondation, l’auto affirmation d’une volonté (autre) in-finie, dont il se garantissait l’infinité en en passant par l’altérité de la dite Volonté) les intentionnalités donc seront remplies de raccourcissements d’existence.

Ce qui parait indéfiniment vivant et chamarré, l’intentionnalité vivante, celle du monde immédiat, n’est évidemment acceptable que sous la condition d’une configuration de structure ; et c’est pure illusion que de croire se passer de stratégie, ce qui veut dire d’ontologie ; l’intentionnalité est structurelle, existante et non pas vivante. Or c’est le pessimisme intégral de Lacan qui nous expose de but en blanc l’impossibilité du structurel en arguant de ceci que le vivant commande le conscient et que jamais, absolument jamais nous ne serons en mesure de passer outre ; toujours la jouissance s’emploiera à nous tromper ; et quand bien même la jouissance étant structurellement entremêlée par l’intentionnel et la structure et non pas seulement du corps vivant, cette jouissance n’est pas « agréable » ; elle est l’attachement biophysique-chimique quasiment et si le langage, pour Lacan fait irruption et vient interrompre la jouissance, celle-ci revient puisque n’ayant jamais quitté l’éprouvé. Le corps-jouissance est totalement dévasté par l’interruption du langage (entendons par l’arc de conscience qui lui impose un autre-corps), mais n’en peut mais.

Il faut donc admettre que la jouissance vous cueillera finalement à chaque coin de rue, à chaque bout de phrase, tout geste lui est soumis. Mais ça n’est pas une raison pour se laisser faire… c’est là le hic. Parce que la jouissance tombera toujours dans le monde, cad la mort.

Et que « La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas – et le ciel en haut. » (Rimbaud, Saison)

C’est précisément parce que ça n’est pas, que ça existe. Et c’est pour cela, cela même, qu’il existe un présent, que l’exister est le présent et que le présent est cela seul qui existe (le reste est, et tombe comme monde ou comme vécu ou comme corps). Si Lacan peut se permettre d’analyser son existence et ce corps vivant donné là, c’est qu’il se tient (comme tout un chacun) sur le Bord sans limites, sans déterminations, sans réalité.

Autrement dit ne plus y croire c’est ne plus mener l’intentionnalisation adéquate et si il y a une intentionnalisation peut-être n’est-ce que pour mouvoir les choses, et rien de plus (une sorte de performance animale du vivant un peu plus précise et active) mais quand même peut-être est-ce afin de porter la dimension qui, dans l’acte (de conscience) et l’actualité (du présent) ouvre tout grand la potentialité même de ce qui est ; à savoir qu’il existe un  présent afin que quelque Réel existe. Personne ne peut répondre de manière certaine (ce qui interroge alors sur le caractère incertain de la réalité ou du réel… pourquoi le réel est-il « encours » ? pour seulement qu’un univers quasi infini (on ne sait trop) se disperse à toute fin dans le néant ? Une sorte de feu d’artifice très joli, mais sans plus. L’étendue même de cet univers, ce gaspillage invraisemblable (dont la raison est sa nature statistique) ; jetez des milliards de milliards de billes et observez ce qui en découle et pourquoi en découle-il impérativement ? Si le réel est mis sous tension, c’est à quelle fin et autrement dit, puisque la finalité de la tension est peut-être la tension elle-même … qu’est-ce que cette tension, cet arc même.

Il serait étrange, à vrai dire, que la dynamique de la réalité soit autre que cet arc lui-même, que la finalité de l’arc de tension ne soit pas précisément le but, le moyen et la fin. Le moyen et la fin puisque c’est la finalité qui se travaille. Il y a un devenir afin que « cela » (on ne sait pas quoi) advienne. Mais si il doit advenir selon la voie, apparemment, de la possibilité, de la liberté et du présent, cela veut dire qu’il doit « se » décider ; il dépend en tant que décision, sinon à quoi servirait une possibilité ? Possibilité en ce cas (qui n’est pas la Possibilité qui inaugure tout ; le néant et l’être, puis dans l’être, l’être comme déterminé et la forme, comme présent, comme exister), mais possibilité donc, pour nous, signifie « qui se réfère à soi », auquel cas l’auto référence, si l’on se demande à quoi elle peut correspondre, son implicite, c’est précisément d’être la plus grande possibilité. Ce qui possède la capacité de se percevoir offre la plus grande surface d’exploration, ou donc de création. Avoir conscience-de est cette surface, au moins telle qu’elle nous est donnée ; il y en a probablement d’autres, surfaces ou équivalents, ou peut-être pas, n’en ayant pas l’expérience on l’ignore, ce qui veut dire que l’on éprouve effectivement une expérience réelle et structurelle de cela même qui Ex-siste ; on l’éprouve si bien que c’est cela même que l’on existe ; liberté, vérité, perception, intention, humanisations particuliers ou universelles, personnalisations ou groupes humains, tout cela vaut par et pour cet ex-sister.

Si il suffisait d’être vivant (et animal) ou heureux (et humain) ça se saurait. Animal oui, heureux oui, mais afin d’une autre possibilité. Sinon nous serions encore un groupe (et donc non pas libre, c’est le groupe qui serait « libre » mais on voit bien qu’alors ça n’a pas le sens qu’il faut), validant une représentation et qui n’aurait à se poser aucune question sur « la vérité », qui n’existe précisément que parce qu’on ne la possède pas et que l’on n’est plus organisé selon un groupe-monde-langage-parole-perception localisée. Mais alors sur quoi ?

C’est ce paysage, seul réel, qui est décrit philosophiquement ; le monde régulé par les idées, la réalité épinglée par le sujet cartésien (qui vient d’une verticalité exceptionnelle), le réel existant pour une structure arcboutée sartriennement et lacaniennement sur cette hyper surface. C’est entrer dans la description que quelques-uns surent mener en se tenant tout au bout de la réalité, sur la pointe du réel. Et la philosophie déploie cette opération depuis le début puisqu’elle est la discipline qui se charge de penser le décalage, lorsqu’au sortir de tout monde la structure de conscience, nue, sans rien, entre en contact avec la réalité et dé-couvre le réel (l’être, dieu, le sujet (le christique), l’altérité). Ce qui permet de démultiplier la réalité en réalités, le monde en vérité, la perception en champs de perception ; collectifs et individualisés, que cela se nomme éthiques ou morales ou politiques ou esthétiques ou idéels et connaissances objectives ; c’est la structure-sujet qui rend possible et donc elle doit être dite hyper-objective (ou structurelle) ; croit-on que les sciences tiennent toutes seules ? Ou que les corps subissent seulement des « informations » sans être en et par eux-mêmes les centres névralgiques du réel ?  

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