Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

Historique de notre structure d'existence

27 Juillet 2019, 08:13am

Publié par pascal doyelle

Il faut donc relier tout ça et montrer la ligne de développement générale qui conduit des mondes particuliers (limités à eux-mêmes ; égyptiens, incas, tribus ou royautés, etc) jusqu’à l’éclosion non-compréhensible a priori qui eut lieu autour de la méditerranée ; ce qui aurait pu, peut-être, se dérouler ailleurs et même ici et là il y eut une telle émergence, mais bref ça s’est cristallisé, avec les juifs (le monothéisme), les grecs et le christique.

Et il s’agit là d’une « non-compréhensibilité a priori » puisqu’émerge la structure d’intentionnalité qui auparavant créait les mises en forme culturelle diverses mais n’apparaissait pas comme telle. Elle collait avec les contenus créés (des mondes de représentations, perceptions, échanges, langage, etc), et soudainement nous nous apercevons que nous créons  effectivement ce en quoi l’on « croyait ». Notre être est donc de produire des contenus (et non un contenu spécial). Peu importe que l’on interprète alors la pensée comme répercussion du logos, ou l’âme comme foi en la résurrection ; techniquement, technologiquement la structure se montre, s’expose et commence de s’atteindre et de se modifier via ces images qui n’en sont plus ; l’être est l’universel, le sujet, admis comme unique qui peut alors proliférer, est le christique ; il crée quantité de structures qui se prennent en tant qu’autre (puisque perçues par l’autre-point hors naissance et mort). Rappelons que ceci, ce sujet, infini n’existait pas auparavant ; même les grecs n’admettent leur être de pensée que si et lorsque l’on pense ; la valeur infinie de l’esclave ou du maitre, égaux l’un et l’autre, n’apparait que par le christique (il est hors du monde et du vécu).

Lorsqu’elle émerge on ne sait pas du tout à quoi et comment l’affecter et s’en affecter ; on ne sait pas ce qu’est la pensée (l’universelle intentionnalisation qui se prête comme être, idée, bien, système, pensée de la pensée, Un) et on ne sait pas ce que le christique (qui nous montre à partir de son point-autre, hors naissance et mort) nous veut.

Autrement dit la structure a passé la barre de la réalité (du monde donné selon tel et tel représentation communautaire, qui veillait d’abord à sa perduration, voire sa survie et en tous cas sa transmission, originellement orale) et c’est le réel et sa structure qui débouchent dans le monde donné là ; augmentant (grecs), intensifiant (christique) et puis accélérant (Descartes et suivants) l’intentionnalité même et non plus se focalisant sur les contenus seuls.

La pensée ou le situé de cette intentionnalité est l’universel grec (la philo pense le décalage et tente de l’expliciter, le déployer et le comprendre dans ses possibilités selon le monde, la perception, les systèmes d’idées, cad d’intentionnalités) et le christique ; cette intentionnalité se tient d’un seul lieu ; le corps de chacun, son vécu, son existence (qui apparait exposée par le point-autre qui vous instancie comme mort et naissance et donc d’un point placé « en dehors », que ce soit par révélation ou par émergence, peu importe).

Ce qui s’est passé, ce qui est arrivé à l’humain est très simple en soi ; il y a une structure (l’arc de conscience qui nait dans une cervelle et se lance vers le monde) et si jusqu’alors on se confiait au Contenu (tel ou tel monde, tel langage, telle représentation-perception partagée et parlée entre soi, etc) on s’aperçoit de manière intuitionnelle si l’on peut dire, que l’on peut produire des contenus … Et cet intuitionnel est tout à fait spécifique puisqu’il s’agit de signifier ce qui n’est pas « dans » le monde et qui n’apparait qu’aux yeux de l’intentionnel, qu’à ses propres yeux, qui Doit se situer dorénavant et non plus seulement produire un contenu (mais donc des contenus, en quantité). Non plus seulement créer un contenu donc et y croire mais produire n’importe quelle sorte de contenus ; et depuis on n’a pas cessé. Mais dès lors il faut s’expliquer pourquoi cette production (et non plus cette vie présente emplie d’un Contenu communautaire et lié au monde tel quel dans sa perception même).

Autrement dit tout se déploie dans tous les sens ; ainsi l’esthétique n’est plus ritualisée mais s’impose en et par elle-même et montre les corps, les choses, de même les récits, les poétiques, la politique, les éthiques, etc.

Et cette émergence de la capacité (à produire « des » contenus, plutôt que de vivre-ensemble un contenu déterminé et collectif et donné comme monde en soi) prend deux évidences ; le monde, grec, et le corps, christique ; et encore auparavant dieu, comme Intention, située évidemment hors du monde et qui en lui-même n’est « rien » d’accessible ; mais qui signifie et exige une possibilité que l’on ignore, que l’on ne comprend pas ; sauf vaguement qu’Il nous demande de poursuivre sa création et nous implique de Créer à notre tour, afin qu’il puisse déléguer sa puissance à ses fils.

C’est ainsi que l’altérité, de structure, nous est parvenue ; elle s’est imposée ; puisque l’on se tenait là non plus dans un contenu particulier mais dans la structure spécifique, unique, valable pour tous et partout ; et il devenait possible alors de prévoir des stratégies (par ex on connaissait les mathématiques, mais dès lors puisque l’on saisissait l’intentionnalisation comme processus de contenus, il devenait possible de systématiser les mathématiques ; cette suréminence de l‘intentionnalisation crée des stratégies ; les systèmes grecs sont des stratégies, le christique est la stratégie de l’individualisation).

Ce qui s’est élevé qui auparavant était circonscrit dans chaque monde humain toujours particulier, est une structure réelle et activée en et par tous et chacun. C’est à la fois la Même (en quiconque) et singulière à chaque fois ; il n’existe aucune conscience universelle (qui percevrait un contenu commun) mais un réseau qui reconnait chacun en tant que formel (rendant libre les contenus et notamment celui-ci ; que chacun soit d’abord son corps donné là (le corps appartenait au groupe puis au maitre ou empereur, puis au christ mais sous la forme ; je n’y suis plus, il est à vous, parce que je suis à vous, à condition que vous éleviez votre être à la structure même, qu’au lieu que la communauté vous représente, vous vous présentiez en la communauté).

Ceci implique une organisation générale spécifique, absolue et formelle ; on ne sera plus jamais ce que l’on « est », comme dans les mondes particuliers (communautaires, perçus-parlés) parce que l’on n’est plus dans l’être mais dans la structure ;  ne pas comprendre cela c’est ne rien comprendre ; c’est croire maintenir l’être (qui était uniquement immergé dans tel ou tel monde partagé, parlé et perçu) et le poursuivre comme imaginé (on imagine que « quelque part » l’être est) ; c’est croire encore que l’on a à découvrir une unité de l’Etre.

Et c’est ne pas s’introduire dans le contenu jusqu’à le scinder de part en part (ou c’est croire que dieu vous demande d’appliquer bêtement des préceptes ou que le christ était un ange (ce qui est absurde) ou que l’on peut naturellement et spontanément être « soi » ; etc). La vérité réelle c’est que notre « être » est scindé et que cette scission est l’acte lui-même ; que la réalité n’est nullement massive (cela se voit partout) et qu’il s’agit de la scission elle-même qui devient ; elle se perfectionne. C’est la scission qui se perfectionne (et non pas recherche des contenus « élevés », c’est elle qui s’élève et use du monde et des réalités, comme des réalisations ; elle ne peut travailler que sur ce qu’elle élabore, crée au fur et à mesure).

Que son inépaisseur est juste et rien qu’une surface que l’on n’atteindra jamais comme un objet et que l’on devra toujours s’instancié par l’intention, la décision et l’intuition formelle.

Si notre capacité est de fabriquer des contenus, nous n’en sommes aucun, et notre être n’est pas lui-même un contenu, n’est pas de l’ordre des déterminations, puisqu’il les invente et les manipule. Donc la finalité est ailleurs (que dans les contenus) ; les contenus servent à rendre subtile la forme ; c’est bien par cela qu’il s’agit de créer la surface-autre du corps.

Soit donc ; les esthétiques grecques, renaissantes, romantiques, les mass et micro médiatisations, le christique et le corps du christ, les libérations diverses et variées, jusqu’à parvenir à ceci que chacun ait un corps qui soit le sien (raison pour laquelle nous nous abreuvons d’images et comportements etc et que nous n’appartenons plus à quelqu’un d’autre soit dit en passant) et aussi les mises en scènes des narrations, récits, l’ensemble de la perception orchestrée que sont les esthétiques, les politiques, les éthiques. Tout l’ensemble aboutit à rendre possible le retour qu’instancie l’intentionnalité ; elle s’applique instantanément au corps ; elle élabore la structure de la surface-autre, celle qui supporte les signes qui permettent de lire les réalités et de même le réel ; Descartes nous montre, littéralement, le chemin ; si il décrit la suspension intentionnalisatrice de visu, c’est à cette fin. Vous opérez immédiatement la suspension, vous voici sujet de votre propre intention, et dès lors elle n’a plus de nom, excepté, pour Descartes, l’infini et dieu. Mais dieu est éloigné, tandis que votre structure est active ici même ; et on s’approchera alors de plus en plus précisément du réel tel que donné ; on quitte la représentation communautaire et puis la représentation commune et puis on tend vers la représentation de soi envers soi (toute notre littérature … ça n’est pas pour rien … et ensuite toute la représentation médiatique, profusion, libérations, sexuations, affects et folies et perversions et enthousiasmes et expériences de toute sorte ; années soixante, etc)

Si notre être n’est pas un être, cela veut dire que c’est une structure et qu’elle demeure parfaitement identique (quelle que soit les humanisations, mondes humains, ou personnalisations, personnalité et moi en question). Comment croire, par ailleurs, que la nature de l’être humain puisse être relatif à des déterminations (biophysiques, culturelles, essentielles, langagières, etc) alors que visiblement nous sommes tous les mêmes ?  Sinon l’acte de conscience serait substantiellement modifié par ses contenus ; ce qui est absurde. Donc l’acte de conscience, de quiconque et à propos de n’importe quoi, est toujours parfaitement identique à lui-même.

La conscience de Pierre est absolument semblable à celle de Paul. Que pierre soit plus intelligent ou plus courageux ou plus imaginatif que Paul n’y change absolument rien. Que par ailleurs on soit déjà déterminé, d’être selon le vécu de Pierre ou la physiologie de Paul, n’a aucune influence sur la structure de conscience ; ça n’est pas ce que l’on a reçu (en manière d’héritage ou de détermination) qui compte mais ce que l’on en fait. C’est là le sens absolu, ce qui veut dire formel, de toute existence distincte de chaque vie ; nous ne sommes pas seulement vivants, nous sommes existants et de cette existence nous devons l’élaborer ; de toute façon c’est cela que nous ferons, parce que n’étant pas un être, nous sommes une structure, un mouvement et que le mouvement se meut… donc on modifiera notre être (hérité) et dès lors soit spontanément soit en connaissance de cause et puisque nous sommes cet arc de conscience, de cette modification nous avons conscience, nous savons qu’effectivement il faudra décider, inventer, créer le chemin.

Prenons la mesure du fait.

Si chacun est une structure, alors cette structure est universellement (la même), mais cependant c’est une structure, un rapport (de rapports) et donc absolument singulière ; à chaque fois. Nous voici dans un univers, un réel qui supporte visiblement la singularité (on a déjà dit que le réel est intégralement et intrinsèquement singulier, c’est sa forme même ; il réalise, rend réelle la singularité, ce qui signifie la Possibilité ; pas la possibilité de ceci ou cela, mais la Possibilité même, celle qui ex-siste avant toute réalisation, qui suspend toute réalisation dans la Possibilité même).

Autrement dit quoi que vous puissiez être, déjà, considérez que rien n’est fait jusqu’à présent, que tout est à réaliser. Que l’essentiel est encore à venir. Parce qu’il n’est nullement dans la nature d’un rapport de s’épuiser dans les quelques pauvres rapports déjà tentés, déjà écrits. Ce qui est rapport est rapport jusqu’au bout, cad indéfiniment. On ne se retrouve jamais au bout d’un rapport ; le rapport est incommensurable à ce qui est rapporté.

Ainsi nous avons élaboré le langage et le propre du langage consiste en ceci que le moindre déplacement à venir peut augmenter, intensifier, accélérer, concrétiser la totalité (ou peu s’en faut) du langage lui-même, l’ensemble de tous els signes et systèmes déjà intégrés. Ce qui revient à dire qu’effectivement il y eut langage afin que cet animal, pris soudainement du tournis de l’arc de conscience, puisse mémoriser immédiatement l’inattendu (du donné ou du groupe humain).

De manière générale il est impossible de réduire l’arc de conscience à quoi que ce soit d’autre ; de même que l’être ou, pour nous ici, l’exister, ne peuvent pas se déduire, se ramener à quelque ceci ou cela ; il y a exister de même qu’il y a « conscience ». Dans la lignée de « il y a quelque chose plutôt que rien ». On ne peut pas déduire l’exister, on ne peut pas déduire la conscience ; on peut analyser l’exister et la conscience, mais le sens qu’il y ait conscience et existence est incommensurable ; et la raison que l’on en donne ici consiste à les caractériser comme acte, comme activité et donc l’exister et la conscience sont en cours, et on ignore « où » cela s’avance.

Mais c’est parce que l’on y existe, on y est de fait et par tout le corps, et antérieurement à tout, engagé. A condition qu’on le veuille. Mais on ne peut pas ne pas le vouloir, puisque l’arc de conscience, vide, crée au-devant tout, absolument tout ce qui apparait pour nous, même notre moi, notre corps, autrui, le monde, les perceptions. Sinon nous serions une pierre ou plus articulé un vivant, or nous sommes des existants.

On nomme « conscience » le rapport qu’un être a avec lui-même ; une table, un rocher n’ont pas de rapport-à eux-mêmes ; ils sont. Un vivant a rapport au milieu (son adn est la lecture distanciée de ce donné ; une abeille n’existe pas en tant qu’abeille hors de ses caractéristiques propres ; ça n’est pas un bourdon ou une fourmi ; son adn est la lecture de son milieu et sa peau, son unité, sa surface en propre est cependant déjà une unité séparée ; la raison en est que le vivant est son propre principe de mouvement, de même que les plantes se meuvent à leur façon, mais une pierre ne se meut pas).

L’arc de conscience est donc le rapport-à. Il est le rapport qu’il a. Et donc il n’est pas. Son avoir est plus grand que son être de départ ; c’est même tout l’intérêt, pour la nature, le monde, le donné, la réalité qui ont inventé cette astuce. Pour qu’existe un être qui soit plus grand qu’initialement. Et donc cet être qui est rapport-à est de fait rapport à (soi), dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non le soi (peu importe son identité).

Donc vous voici en possession d’un rapport qui vous possède, en vérité ; en vérité parce que ce rapport se sait dans la mesure où il se-sait, ce qui signifie qu’il se situe. Et il se situe sur le réel. C’est de fait ce à quoi un arc de conscience est biologiquement si l’on peut dire, utile ; à parfaire l’adn et dans la capacité de réagir et d’agir sur le donné en se passant, en outrepassant la détermination biophysique ; son indépendance. Laquelle sera d’abord enregistrée sous la forme du groupe (de son langage, de sa représentation, de sa perception, de ses échanges, etc) puis délégué à chacun un par un ; le cercle ‘avoir-conscience-de’ (qui est un arc de cercle, demeurant ouvert par structure, un rapport est toujours ouvert, formel, vide potentiellement).

La situation du rapport sur le réel veut dire qu’il peut s’objectiver lui-même ; il sait qu’il existe. Mais pour cela il doit se percevoir hors de soi ; il emprunte autrui, le groupe, dieu, la vérité et l’être, le regard christique et le sujet pour se percevoir ; il emprunte somme toute la formulation qui sera dite plus tard « universelle » ; soit donc le décentrement. Le signe, dans le langage, opère ce décentrement ; mais il fait signe pour une conscience ; c’est elle qui re-situe telle réalité dans l’horizon ; il n’existe d’horizon de tout signe que selon l’arc de conscience qui cible expressément qu’un réel il y a ; ce qui veut dire un réel Autre.

Aussi faut-il armer (au sens du déclanchement d’une mécanique et en l’occurrence complexe) l’ensemble de la structure ; L’être ou le christique arment soudainement la réalité (soudainement parce que l’avènement de la structure jusqu’alors recouverte, fait irruption dans le monde donné et doit créer sa propre représentation, qui va venir s’ajouter en tant qu’acculturation aux mondes culturels ) et on ne peut pas isoler la « liberté » abstraite du réel, hors du monde ou indépendamment de la vérité ; une telle liberté succombe au donné, et prend une immédiateté  pour le tout ou croit à l’existence de ce tout, ce qui enferme drastiquement l’intentionnalité et nie que le réel ait une forme unique et universelle, laquelle est forcément insituable, puisque ce à partir de quoi tout le reste est localisé. Et si on ne peut pas isoler la liberté comme abstraite, cela veut dire que l’articulation de structure est massive, universelle ou singulière.

Massive veut dire qu’elle focalise sur l’attention humaine, qui se distribue partout et dans tous les sens accessibles (un monde humain particulier limite ce sens à la répétition et donc la transmission de ce monde à lui-même, afin qu’il ne se perde pas et dans l’acculturation l’être et le sujet (grec et christique) sont des formulations in-finies, et ces formulations sont absolument rares et extrémistes ; c’est de là que le reste va venir et engendrer tous les possibles occurrents. Qui seront Créés, qui n’existaient auparavant. Personne ne s’imaginait infini avant le christique, pas au point d’investir ce-corps, de Créer une autre-surface du corps en personne.

On s’imaginait une représentation, éthérée ou magique ou mythique ou communautaire et non pas la dure affirmation du je, qui attendra encore longtemps pour se poursuivre mais qui est ici lancé historiquement, sous l’égide du un-tout-seul qui les attire tous, un par un. Il faut comprendre que la différence tient en ceci ; que l’on interfaçait auparavant une organisation de groupe ou mythique comme horizon qui ensuite ordonnait par en dessous, tandis que le christique part de cela ; que chacun est un et privilégié et que rien ni personne dans le monde ne peut rompre cette unité-supposée (parce qu’elle vient d’en dehors du monde, du Bord du monde). De là qu’il prenne ses précautions ; le royaume n’est pas de ce monde, parce que cette logique devra s’imposer par le côté et non dictatorialement ; c’et seulement lorsque les mois seront suffisamment sujets qu’ils pourront conformer un monde réel, plus ou moins adéquat, étant entendu que la « vraie satisfaction » ne sera pas du monde, du vécu ou de ce corps-çi.

La question est en soi toute simple : on ne peut pas définir ou détenir le réel et la structure de conscience, puisque c’est à partir de là que tout le reste (pour un être humain) apparait ; il faut élaborer la règle de cette impossibilité ; dieu et l’intention, l’être et l’universel, le christique et le sujet, le réel et le corps-autre servent à signifier ce Bord. Règle qui compte infiniment puisqu’elle excède le monde (elle est le Bord lui-même).

Et comme c’est impossible alors les structures affaiblies, pour des tas de raisons, ne parviennent pas ou plus à articuler l’ampleur du réel. Elles sont à vrai dire apparemment débordées par la réalité (plutôt qu’élevées par le réel, qu’instruites par la forme elles sont assourdies par les contenus) et croient plus aux données perçues qu’à l’intuitionnel de structure ; cet abandon au monde donné, abandon au donné et au vécu, cet enfermement dans la prétendue substance du monde, revient à lâcher la proie pour l’ombre et à espérer dans une partie plutôt que le tout ; parce que le tout ne se saisit pas, il n’est nulle part ; seul existe la forme et la mise en perspective de la forme par elle-même.

Ça se communique d’une conscience à une autre (du christique, de l’universel, du cartésianisme, de la révolution, de la mass ou micro médiations).

Ou donc et cela règle tout, on se morcelle dans le donné et les réalités au lieu de situer la forme qu’est le réel ; on préfère la multiplicité du donné, son hétérogénéité prétendue radicale, à l’unité de structure (en prétendant que cette unité de structure est une unité substantielle et fausse et illusoire et hypocrite) ; mais il s’agit d’une gradation, vers le haut, et d’une dégradation vers le bas, lorsque l’on délaisse la forme et tombe dans les choses, les êtres, les vécus. On a renié la structure, dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, or toute multiplicité ou diversité n’apparaissent que par et dans l’universel et le sujet ; la multiplicité livrée à la multiplicité se disperse, s’anéantit, à moins de lui supposer une unité imaginaire ; la Volonté, l’Etre, la pluralité humaine ; la pluralité humaine sans les régulations de structure est la lutte de tous contre tous, la domination des uns sur les autres, pas même une domination organisée mais une désorganisation, littéralement, cad une mafia en lutte contre d’autres ; il faut partir du principe que l’élaboration interne de la structure a rendu possible une communauté formelle pure et telle quelle ; soit donc la démocratie des individus. Qui évidemment n’est jamais complète ni parfaite, mais l’abandonner au nom des imperfections (réelles ou supposées et abandonner du même coup la liberté et le sujet, l’Etat et l’universel) ce sera toujours au nom d’une recomposition imaginaire de « spontanéités » franchement imbéciles, irréelles qui se donnant dans le monde paraissent « bien plus réelles » que ces abstractions, mais qui tombent, toutes, dans le monde. Qu’il prenne la communauté communiste ou le moi libéral égocentrique, qui sont des images non des structures.

Sitôt que vous programmez un groupe dans cette unité formelle (qui ne vous demande que votre liberté l’accordant à toutes les autres en tant que liberté et non en tant que tel ou tel choix, sinon ce serait absurde) vous abaissez le niveau, le degré de structure et vous remplacez l’identité formelle « liberté » par tel ou tel effet de celle-ci et redescendez dans le monde et ses intérêts ; que ces intérêts soient de classe, d’ethnie, de religion, de fanatisme, de groupuscule politique, d’intérêts particuliers ou privés, etc, ou simplement lorsque tout individu ne sait plus même articuler sa liberté comme réelle et structurelle et qu’il n’y entend plus que sa subjectivité et ses facilités, cad la bassesse du corps donné là (plutôt que l’autre-surface du corps).

Comprenons bien, tout cela est beau et bon, mais uniquement si l’on tient la structure ; si nous l’abandonnons, nous succombons. Si nous n’articulons plus le donné qui apparait, serait-il notre vécu ou notre corps, à la structure réelle, à son positionnement, nous glissons dans le donné seul et étouffons.

Tout ce qui indique que la forme des réalités, le réel des réalités est plus grand que celles-ci, nous élève, et parfois selon des tours surprenants mais toujours des tours étincelants. Et tout ce qui prétend identifier des réalités pour seules tenant-lieu du réel, nous trompe. Et si on ne peut que se confier à la structure du réel (dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, le réel et l’exister) c’est que c’est visiblement ce qui devient réellement c’est le Bord de la réalité et non cette réalité elle-même (qui est destinée au néant de toute manière, dont la nature même est la dispersion finale).

Commenter cet article