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instants philosophie

La plus grande Possibilité

17 Août 2019, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Rappelons que l’autre interrogation majeure, d’un autre ordre, est ; comment expliquer que le réel s’impose par ce caractère de violence, de brutalité, d’horreur, de dégoûtation profonde, d’altérité ? Pourquoi faut-il en passer par cette monstruosité et que signifie-t-elle ? Ou donc constitue-telle, cette horreur, le seul horizon ? Mais c’est une autre perspective.

Ce que nous nommons le présent est le fait d’exister, et ce Fait est effectivement et infiniment acté par l’actualité même qu’est le réel. Parce que le présent n’est pas fixé, figé et donc consiste en une articulation. Religions et mystiques, philosophies et systèmes, structures du sujet et du corps sont enchâssés dans l’articulation et de là nous ex-sistons.

La structure de l’ex-sister c’est ce qui est analysé.

On résume donc.

Il existe un réel vertical qui coupe intégralement tout ce qui est, fut, sera, et inutile de chercher ailleurs : il s’agit du pur et brut présent. Le présent est la structure antérieure à toutes les réalités. Celle qui déroule tout le reste, toutes les réalités, les choses, les êtres et qui crée au moins un être spécifique (que l’on sache) nommé arc de conscience et qui consiste au contraire de tout le reste en un rapport (les réalités sont, l’arc de conscience ex-siste, il se tire de lui-même en tant que rapport).

Cela revient à dire que nous existons d’une part et que d’autre part tout existe dans et par la transcendance. Dans la transcendance qui, pour nous en tous cas, dans ce monde, cet univers, se propose comme présent. Le présent n’étant pas un « être », est plus grand que tout l’être qui se réalise diversement dans ce qu’a priori nous nommons l’univers. Rappelons que le « présent » n’est pas ce vague résultat d’espace temps, mais l’exister. C’est bien pour cela, parce que le présent est la source même, le point originel qu’il est formel, hors étendue et durée, non au sens de les exclure mais de les inclure. Et par source et cause de tout ce qui est, il faut comprendre cause formelle, puisque de fait le présent est toujours … présent, actuel ; il ne cesse pas ayant effectué sa causalité (au seul début du monde par ex). On y reviendra.

Beaucoup croient encore qu’il suffit de tresser un beau système bien cohérent dont l’ordre se prouve de lui-même ; oubliant que l’on peut broder une cohérence quelles que soient les prémisses ; et qu’en vérité l’idée maitresse que l’on entendra prouver (par la systématique, faisant abusivement office de preuve) vient du dehors, du dehors de la pensée ; l’être par ex est une imagination, on imagine l’être comme une grosse boule ronde, massive, solide, consistante mais surtout on a préalablement constaté qu’un être il y a, et il s’agit alors d’une intention structurelle, qui pose « là » qu’un réel il y a, et les grecs pour expliquer cet être créent et usent de l’universalisation, sur les causes effectives et formelles de cet être.

On dira alors que si les éléments de base viennent du dehors, de l’expérience, ça n’est pas pourtant de l’émotion ou du subjectif et autres caricatures, parce que ces éléments de base, ontologiques, ne sortent pas du subjectif … mais de l’expérience interne de la structure qui se-sait, un minimum, étant un rapport ; les éléments de base donc ne sont jamais aléatoires ou délirants ou irréels.

Il est des éléments qui apparaissent subjectivement à partir d’une expérience réelle neuve et inattendue ; que l’univers soit issu d’un big bang par ex ou lorsque Descartes annonce qu’il y aura un sujet qui éprouvera dorénavant au-delà de l’universel scolastique ou même en plus du sujet regardé christique ; le je pense ouvre à une quantité considérable d’aperçus, rappelons que Descartes est très vague concernant la « pensée » ; le champ intérieur est de toute manière rendu accessible par le statut de citoyen libre, chacun ressentant durement, déprimé ou romantiquement, sa destinée individuelle.

Et il y a des éléments qui sont seulement des reprises, des vieilleries (comme des pseudo communautés qui n’augurent plus de la noblesse qui fut bien réelle, mais cèdent à l’ignominie de sectes abominables ou ridicules) ou des délires psycho-individuels, ou des horreurs sociologiques comme le nazisme qui ne prend pas cette forme là sans causes et raisons négatives mais actuelles, et même alors les éléments passéistes ou réactionnaires ou subjectifs et délirants et psychiques et inhumains ne surgissent évidemment pas au hasard et s’utilisent dans telle ou telle configuration neuve qui les suscite. Il n’est donc jamais d’élucubrations mais toujours des logiques et des situations enchâssées rigoureusement qui se déploient comme liberté.

On dira alors, second temps, que si liberté il y a, elle fait ce qu’elle veut comme elle l’entend. Mais qui peut penser ainsi sinon une compréhension abstraite et toute extérieure ? Une liberté placée en telle situation tiendra précisément son indépendance et sa capacité de dominer ladite situation et non de « faire n’importe quoi ». Liberté veut dire non seulement réponse rationnelle mais surtout et fondamentalement réponse adéquate (serait-elle non-rationnelle ou plus vraisemblablement hors champ de la raison, qui est toujours quelque réalité connue, or nous voici confrontés à l’inattendu, autre manière dd dire que la dite liberté invente et qu’elle n’invente donc absolument pas n’importe quoi ; la liberté est le support, la source, la structure même antérieure à la « raison » ou aux sociétés humaines).

Commence-t-on de comprendre qu’il s’agit d’extirper sujet de subjectivité et liberté d’irraison ? Le processus qui conduit de Descartes à Lacan n’a aucun autre but ; exposer sur-objectivement (philosophiquement) le dispositif de « sujet » comme cohérence de structure plus étendue et plus précise que toute représentation toujours partielle, que cette représentation soit rationnel ou irrationnelle, délirante ou psychique (ce à quoi nous pousse la psychanalyse au fond), esthétique ou philosophique (les esthétiques nous in-forme selon des champs de perception, nos récits sont des romans, et non des élaborations mythologiques, etc). Et comme nous avons affaire à une structure réelle et « solide », résistante, effective, agissante, aucune des systématiques qui décrivent cette structure ne suffit à épuiser l’être-de-l’homme (qui n’est pas un être et qui n’est l’homme lui-même… de fait).

Le sujet et la liberté sont précisément les causes, agissantes, antérieures à cela même que l’on cru ou dû nommer le logos, la raison, la rationalité, la science, etc (de même que les sciences sont assurées dans un Etat et parmi des citoyens ; le droit prime tout et est plus exact que les sciences et porteur d’une infinité d’effets). Et donc manifestent, sujet et liberté, une bien plus grande cohérence que n’importe laquelle des cohérences des « systèmes ». Et la vérité, réelle, du sujet et de la liberté ne consiste pas à répondre rationnellement mais à inventer et à inventer, entre autres, divers systèmes rationnels ou non ; ce qui est beaucoup, beaucoup plus étendu. Plutôt que de raison (comme horizon idéal dernier supposé) on parlera donc de cohérence, cohérence d’abord via et sur cette structure réelle active et créatrice, cohérence donc sur et par le réel de toute situation, de tout moment, de toute historicité et de toute humanité ou humanisation ou personnalisation. 

Sujet et liberté, autrement dit intentionnalité qui se crée en-avant ; c’est littéralement de la surface pro-posée au-devant, dans l’actualité, que l’arc de conscience impose sa propre architecture ; une architecture qui dépend de ce que l’on va introduire dans la vision (plus ou moins systématique mais jamais « n’importe comment », puisque la liberté est cohérence étendue, augmentée, intensifiée, accélérée, concrétisée, soit donc grecque, christique, cartésienne et suivants, de matérialisation et d’incorporation de l’intentionnalisation au 20éme). Ce champ produit est réel et actif ; c’est à partir de ses surgissements que nous passons du milieu, relatif à un vivant, au monde, comme horizon non défini. De même que le christique impose que chacun (même l’esclave crucifié) est un tel champ non fini. Qu’ajoute l’expression de cette « âme » ? Se perfectionne-t-elle par cette manifestation, apparaissant dans le champ du réel de se signifier.

C’est bien par cela que sujet et liberté et esthétique et éthique et politique manifestent une cohérence que ne parvient jamais à limiter ou imiter la « raison ». La raison est un domaine relatif même si au début elle était pour les grecs la plus formidable façon d’organiser des systèmes d’intentionnalisations (et donc de créer ces systèmes, et cette intentionnalisation, puisque surintentionnelle par rapport au langage commun) et même si en aucun cas il ne s’agit d’abandonner l’universalisation ; c’est juste que l’universel n’est pas ou plus l’horizon réel. Notant par là que depuis la mise en avant du structurel (de l’intentionnel, par la surintentionnalité des grecs par-dessus le langage commun et le groupe et l’intensification du christique du sujet même par l’incorporation) c’est non pas la « pensée » ou l’être », qui sont comme des finalités inertes ou contemplatives, mais l’articulation du réel tel qui est l’enjeu, et que le réel n’est justement pas un « donné » mais une activité … un mouvement qui doit se saisir lui-même comme mouvement, cad comme non pas le « même » mais comme Autre. Le mouvement d’altérité est la structure.

Il n’y a pas, jamais et n’existera jamais un « système » cohérent suffisant ; si le sujet et la liberté existent, ils sont le système lui-même, cad l’acte. Que le système, réel, soit le sujet et la liberté (tel que ce système réel nous est en tous cas ici et maintenant donné, ce qui veut dire qu’il peut potentiellement se présenter ailleurs autrement) nous entraine vers une infinité d’innombrables possibilités dont il nous revient de déchiffrer ici et maintenant dans cette réalité les structures ; c’est ce que fait la philosophie et ce que prévisualisaient les religions, ou les champs de perception esthétiques, etc ; rien de cette pluralité d’expériences n’est illusoire ; nous sommes passés par-dessus le jugement, si limité, de l’expérience ontologique comme aberrante (jugée telle par la « raison ») et au sens où la nature énigmatique du réel est admis comme le Fait absolu et formel.

Liberté et conscience c’est ce que met en place Sartre, grâce lui soit rendue, de n’avoir jamais plié le genou, et bien qu’il pèche précisément de ne pas concevoir l’individualité de l’arc de conscience… pour lui c’est un champ, uniforme, alors qu’en réalité il ne peut pas exister un tel champ sans qu’il soit à, pour, par, et selon quelque « un ». C’est ce que signifie qu’il soit créé, ce champ, dans l’actualité de son activité, de son Exigence (que toute détermination soit un « péché » si l’on veut, une dégradation, au sens où malgré toutes ces bassesses l’intention majeure doit se renouveler, le christ est venu pour cela ; tout est pardonné à condition que l’on relance sans cesse).

C’est de cette manière que Sartre est fondamentalement critiquable ; il ne voyait pas que le sujet ne tenait pas à une conscience de base uniforme et pour ainsi dire générique et ne s’individualisant que dans le laps d’une existence mondaine ; parce qu’une telle conscience de base n’existe pas et n’est pas un donné du monde, de l’existence et ce pour la raison qu’elle n’est pas un « néant »… On touche donc au fondement même de la théorie sartrienne. Il n’y a pas, n’y aura jamais de conscience générique mais toujours et rien que des consciences en acte qui se créent de ce qu’elles (se) projettent en tant que champ. Il n’y a rien d’autre que le champ tel qu’il se produit en se tirant en-avant. Donc aucune générique.

On projette seulement la conscience que l’on existe, en faisant comme si elle était partagée, mais c’est juste la conscience que l’on est ; il faut insister ; il n’existe que des consciences une par une. C’est la forme même du réel. Le réel s’avance jusque là (au minimum… jusqu’où s’avance-t-il réellement si ce qui est est l’exister ?)

Commençons de comprendre.

Dans l’incommensurable unicité. Ce qui est une autre manière de dire dans l’altérité, la distinctivité.

Dieu est l’unicité rassemblant toutes les unicités. En tant que telles. Etant entendu que l’unicité comprend entre autres l’universel, au sens notamment « d’en être capable », d’en quérir la potentialité, la puissance. L’unicité sera donc la structure qui intégrera toutes les possibilités, y compris l’universel. On répète donc : l’unicité, le sujet formel est la structure antérieure qui décide et contient la possibilité de tout le reste. Elle est donc notamment sur/objective-subjective. La liberté ayant en charge d’intégrer la plus grande possibilité est celle qui crée le réel en le poussant sans cesse plus loin, plus grand que lui-même.

Seul ce qui se désigne par « liberté » est capable de porter la plus grande Possibilité. Seul ce qui n’est pas causé extérieurement et ne tient pas à sa détermination est susceptible de modifier sa propre structure.  

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Si la liberté ne désigne plus une sorte d’arbitraire mais l’adéquation même non rationnelle, cad créatrice, alors le système réel de la structure a pour finalité de créer, et de créer non selon une fantaisie ou une jubilation (bien que rendant tout cela possible), mais de créer la structure du réel ; comme si le réel déléguait la Possibilité qu’il existe (puisqu’il est le Possible, néant et être sont à égalité, et également réalisés, le néant n’ayant rien à opposer à l’être, et l’être étant en mesure de se scinder en être proprement dit, cad déterminations, et forme absolue (forcément) de l’exister) à un être spécifique qui n’est évidemment pas déterminé mais existe comme rapport ; le rapport est la conscience de (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non une identité. Passant outre l’impossibilité de définir par la raison, la raison ; ici le rapport peut effectivement être à lui-même son intuitionnel agissement (il est fait pour cela, il existe en tant qu’articulation et non comme réalité).

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