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instants philosophie

Le divin réel

31 Août 2019, 13:00pm

Publié par pascal doyelle

On disait donc.

Foi et croyance 
Ceux qui croient que « dieu » est une station de repos, que l’on sera si bien entre soi et qu’il n’en ressortira rien d‘autre que la plénitude, se trompent. « Dieu » est activité et ce qui semble les extrémités de tout ce qui est, les plus distinctes possibilités et les efforts les plus impossibles, en ce monde, en cette vie, en ce corps, littéralement selon ces nerfs et ces muscles et ces os, ces extrémités-là constituent précisément les débuts, les prémisses, les commencements de l’autre royaume, et des autres possibilités ; les possibilités élevées ici bas, dressées, sont les dessins et les capacités, littéralement, qui viendront ; si le réel, qui est le présent, est cela qui existe alors accélérez les mouvements de votre conscience ici même et maintenant ; les plus amples ou les plus précises activités en ce vécu seront les acquis et les bases de ce qui se tramera, se dessinera plus tard. Les matériaux des élaborations qui viendront. Rassemblez ici même selon les possibilités qui viendront. Tout a déjà commencé, effectivement. N'a jamais cessé de commencer. Et donc il s’agit, pour chacun, de rendre le plus exactement et le plus intensément et le plus distinct possible les capacités qui ailleurs et au-delà permettront de vigoureuses possibilités, fructifiant des décisions et des intentions de l’ici et maintenant.

Reprenons.

Il faut considérer que ce qui se réalise, se rend réel ici même, ici bas si l’on veut, constitue à ses extrémités, sur les bords extrêmes du possible, l’ouverture du possible même.

Ceci est supposé (c’est pure supposition) relativement à la nature étrange de ce qui est ; pourquoi existe-t-il un présent ? On peut évidemment considérer que le présent (le laps de temps) est juste un résultat, il y a énergie, matières, espace-temps, voila tout. Il est admis ici que le présent, le laps, n’est pas du tout un résultat, mais l’acteur, l’acte lui-même. Il y a un univers afin qu’il y ait un présent et qu’en ce présent se produise quelque chose.

Mais bien sur ça ne sera pas une « chose ».

Or si le présent est dimensionnel (ce à quoi revient ce qui précède) alors il n’est pas « dans le temps » mais insiste comme exister. Pas comme existence, cad comme réalités particulières et indéfiniment nombreuses et variées et chacune tout à fait distinctes les unes des autres (ce qui est quand extrêmement perturbant, parce qu’extrême en et par soi-même ; pourquoi toute réalité est-elle absolument distincte de toute autre ?) Non comme existence donc mais comme exister. Ce qui se focalise sur le Fait même. Et qui considère, par quelques méandres, que ce fait n’est pas d’une seule pièce mais est un mouvement et que donc le mouvement est cela même qui existe.  

Est-on ou non en mouvement ? En ce cas, comment ?

Exemple. Si dieu n'est pas mort, quelques uns sont mal partis. Non seulement de ce qui les attendra (soit donc la dispersion indéfinie et jusqu'à l'inertie désespérée, et qui reste supposition) mais de ce que ici même, ici bas, ils n'auront tout simplement pas exploré leur propre vie mais ce seront contentés de l'écume de leur existence (ce qui les regarde, on est d’accord) De l’écume parce qu'il se peut (indépendamment de l'existence réelle de dieu ou non) que cette hypothèse rassemblait réellement l'ensemble de tout le possible admissible, aimable, adorable peut-être mais en tout cas tout le possible structuré… et que le reste n'en est que la dégradation. La question est, littéralement, quelle hypothèse nous assure du plus grand mouvement ?

C’est en ce sens qu’il faut pointer les positions les plus élevées, les extrémités du réel, tel qu’éprouvé et sous entendant que poussé à ses limites l’on perçoit de et selon la structure même (et qu’il est impossible qu’il en soit autrement). Et cela signifie les situer comme marques sur la carte du réel hors desquelles situations le réel n’apparait pas comme il se doit. Il est clair que l’on n’en voit pas le bout, du réel, mais les marquages, les repérages s’utilisent comme échelles et supprimez l’échelle et voyez ce qui arrive. Supprimez dieu, Platon ou Kant ou la révolution, et que reste-t-il ?

On comprendra donc qu’il ne s’agit pas de juger de l’élévation pour l’élévation, sorte d’adoration en somme, mais de technologie mentale, ou spirituelle si l’on veut, ou plus surement de technologie intentionnalisatrice qui entend repérer sur la carte du réel, ce qui tire son efficacité, son effectivité, sa performance, sa capacité et sa potentialité, cad sa puissance, suffisamment loin, de telle sorte, éloignée mais liée, qu’elle permette d’architecturer des stratégies.

Ce qui veut dire que la réelle stratégie est celle de la vérité, étant entendu que la vérité est l’expression diffractée de la dimension ; celle qui n’apparait qu’au Bord ou au bout du réel (et au bout du corps, comme le montrent les esthétiques et poétiques) ; diffractée parce que l’on ne peut pas importer la dimension dans le monde, le réel dans la réalité, mais percevoir la réalité à partir du réel et donc se confier à la conversion (vers l’universel grec), à la foi (christique), à la suspension de notre être (en faveur de la structure du sujet, cartésien, kantien, etc, jusque Lacan), en la perception qui attire le corps et dont les esthétiques et poétiques avance le point jusqu’à ce qu’en nous « il perçoit » ; toute esthétique ou poétique se tire d’une position de structure, hyper objective.

Si on ne suppose pas cette dimension, on tombe dans le donné, la dispersion, l’absence de stratégie et la mise en place de tactiques faibles et désorganisées, non pas désorganisées immédiatement mais à terme ; elles ne supporteront pas, ces tactiques, ni le réel ni en définitive la réalité, puisque toute tactique qui prend essor d’une partie du monde, et non de la forme du monde, s’épuisera de cette partie prétendument privilégiée.

Pour toute humanisation le problème de l’orchestration de l’architecture (il faut toujours choisir des parties de monde, de vécu ou du corps) est fondamental ; aussi abandonne-t-on l’architecture pour une orchestration immédiate ; l’architecture présuppose que chaque individu soit un sujet, et qu’il est impératif d’élever ces individus vers le sujet ;  un par un. Ce qui est évidemment beaucoup plus difficile que de décréter de la vérité abstraite ou d’une idéologie, plus ou moins hallucinée ou plus ou moins structurée. Il faut saisir qu’œuvrer afin que des sujets soient, est beaucoup plus concret et plus réel que propager une pseudo résolution copiée collée.

Pour que se constituent des sujets il faut qu’ils soient saisis de leur corps et non pas qu’ils arrêtent celui-ci selon le regard des autres, et l’ensemble des images, qui paraissent perçues individuellement, expriment et manifestent le regard des autres, et ce d’autant plus que celui-ci est présupposé et non explicite, qu’il est caché, ce regard des autres, dans les images elles-mêmes, aussi l’empire mass médiatique extraie tout arc intentionnel hors de lui-même ; il est employé à cette fin, même si pour quelques-uns il les repoussera et les lancera bien au-delà de la demi vérité, vers l’instantanée conscience de soi comme rapport et non pas comme contenu ou image ou affect ou inconscient ou dépendance.

Et être saisi de son corps, c’est non pas le percevoir dans une image, mais se percevoir du dehors, par quoi il est requis que s’impose un horizon Autre. Que l’on signifie l’universel, dieu, le christ, le sujet ou le réel, comme l’on veut. Se percevoir du dehors, c’est s’insatisfaire de l’image et rechercher le miroir lui-même, que ne peut traduire aucune image, aucun son, aucun mot, aucun vécu ou corps, et qui par conséquent doit s’élaborer comme architecture et non plus comme fixité, comme stratégie et non comme tactique appauvrie. C’est ce qu’habituellement on a tendance à dénommer « abandon de soi », mais ça n’est pas du tout ce qui est en cause. Cela c’est encore une interprétation très extérieure ; on ne s’abandonne pas « soi », on expose littéralement le sujet et ceci n’est pas désignable mais signifiable.

Rappelons que le sujet est une structure qui contient (puisque les ayant produits, créés, instanciés) dieu, l’universel, le sujet et le réel. Ou ce qui revient au même, exactement au même les ayant reçus. On valide ici absolument, cad formellement, dieu, l’universel, le sujet et le réel et on en admet non seulement l’effectivité que l’on pu déployer à leurs endroits, mais bel et bien que ces possibles de la Possibilité sont, au moins pour l’être humain, de fondamentales ouvertures.

La question n’est pas du tout ; ces possibles existent-ils réellement ou non ; mais ces possibles furent-ils, a minima, créés et effectivement utilisables ? Et la réponse est oui. Donc ils existent. Qu’ils ne soient que des approximations de ce qui nait dans le Présent absolu, formel, n’est pas un problème ; du présent formel absolu il n’est que des approximations… c’est exclusivement de son point de vue en interne qu’il est, peut-être, une non approximation. Et ce point de vue en interne est l’ensemble de tout notre externe, de toute l’externalité, autrement dit de toutes les réalités. Il y a réalités, rappelons, par l’interne surface et celle-ci ne se compose que de ce qui peut être atteint sur l’externalité de la réalité. Soit donc les extrêmes, les extrémités possibles, lesquelles se restructurent constamment.

Aussi est-on appelé à cette restructuration constante de la Possibilité. Tout ne signifie rien que cela. Dieu, l’universel grec, le christique et le sujet et la révolution, le réel et le corps effectif. Et vous créerez nécessairement, de la nécessité du libre absolument pur et brut, le réel. C’est pour cela que tout a déjà commencé.

Tomber vers le bas, la dispersion des déterminations, les découpages divers du monde, la faiblesse des satisfactions selon le corps.

Ou s’élever vers le haut, la distinction qui ne succombe pas, la forme et le Bord du monde, la pensée de l’insatisfaction absolue, formelle, comme loi.

Ce qui fut perdu c’est la capacité de stratégie ; et ceci jusqu’à diviser la capacité intentionnelle, ce qui implique la capacité attentionnelle ; or ceci, cette dernière atteinte, s’aperçoit à peine, puisque finalement il nous est encore et toujours donné de nous saisir attentionnellement de ceci et cela ; l’attention est même sursollicitée, invasion par tous les orifices, littéralement. Sauf que par là-haut les attentionnalités ne se relient plus et s’organisent de moins en moins ; il existe fondamentalement un décrochage de l’intentionnalité, en perdition, et lors même que chaque objet continue de se manifester, l’architecture, l’organisation, elle, ne se nomme plus. L’humanisme n’est plus qu’humanitaire, et l’humanisation relative aux droits de l’homme, de chacun en tant qu’individualité et non pas de chacun en tant qu’universel. Si l’humanisation est individuelle et non plus universelle, cela veut dire que la finalité (dès lors ontologique) ne se visualisera pas comme sujet au-delà de l’universel, mais comme corps, en tant que substrat de toutes perfections du moi.

On comprend bien pourquoi nous sommes passés de l’humanisation à l’individualisation, pour gagner en efficacité et libérer (réellement) les personnes ; mais contrairement à l’hypothèse générale de l’humanisme rationaliste réaliste (à l’humanisation molle) si le moi et l’être humain sont divisibles en parties (de réalités), le sujet, lui, ne l’est pas. Si on pose l’horizon on pose l’horizon (dieu, l’être et l »’universel, le sujet, le réel). Mais si on définit l’humain selon des parties, quand bien même serait-ce pour leur émancipation, l’horizon cesse, de fait.  Et doublement de la sanction, si on libère telle ou telle partie du monde, du vécu ou du corps, ça n’est pas forcément du point de vue du monde, du vécu et du corps, parce que rien de tout cela ne parle, ne signifie de par soi ; on les fait parler. On les fait parler et on les organise à partir d’un discours, cad d’autres consciences qui viennent se refermer sur chacune.

Et donc on a élaboré des discours, tout à fait admissibles, féminisme, libération sexuelle, minorités, etc, mais on a aussi abandonné voire détruits les discours universels (prolétariat, révolution, capitalisme réécrit selon d’autres penchants, mondialisation, politique, remplacée par globalisation, du profit, comme auparavant par la colonisation, etc). Il devenait rapidement ridicule, nommément, de prétendre au-delà d’une certaine limite, supposée naturelle, donnée, constatable, augurée par la mentalité commune, connue par les objectivités diverses ; il devenait ridicule de penser selon la vérité ou de croire selon le christique ou dieu ou d’imaginer une révolution. Qui ne soit pas un ratissage, lui-même très vite rabougri, de petites révoltes individualistes, de celles qui s’autorisent tout et n’importe quoi, de l’orgie aux sectes débiles et autres scarface écœurants ou mafioso presque émouvant ou sérial killer adorablement abominable. Le résultat, les zombis, comme mécaniques vidées, épuisées, dont le centre d’inertie est quand même bien proche de la tombe, de l’enterrement pouilleux et du mutisme radical.   Ils sont très réalistement réduits à leur plus simple individualité et à ce qu’il faut entendre par là ; les zombis n’ont aucun avenir. L’individu meurt, le sujet non.   

Pourquoi ?

Parce que le sujet ne s’entend que tout en haut. Le sujet est cela même qui subsume dieu et l’intentionnel pur, l’universel et l’être et la pensée, le christique et le sujet et la révolution, le réle et le corps rendu à son assomptionnelle autre-surface étrange. Le sujet est la structure par au-dessus, parce que c’est par au-dessus que l’on existe. Par en-dessous on se contente, se satisfait (imaginairement, fantasmatiquement) de vivre selon un corps.

Le moi est structurellement l’objet de l’analyse de Lacan ; le moi est complètement décroché et il ne sait pas du tout quoi faire de son corps, dont on lui a dit pourtant qu’il était « qui il est ». Il ne parvient pas à situer cet être, qui se ballade, pris dans le faisceau d’une conscience qu’il ne positionne pas, parce que pour un moi l’identité est un contenu, il la pressent comme telle, faussement, imaginairement, il croit chercher l’objet ou l’identité réelle, ontologique, mais l’ontologie n’est pas dans l’être, mais dans l’exister et la structure ; la conscience n’est pas, elle existe et chaque fois l’être échappe et cela rend le moi fou. Il voudrait que le faisceau lui montre, lui donne l’être, mais si il y a un faisceau c’est parce que c’est ce faisceau qui existe et que l’être lui est relatif. Et comme la compréhension du moi se fonde sur une logique du contenu (du conscient, du corps) il cherche avec ses gros doigts la subtilité de l’invisibilité de l’arc de conscience.

Comprenons que tout se situe, se place et se déplace dans et par le faisceau, aussi tout contenu est à la fois l’effet de cette conscience-çi, de celle-là, d’autrui, de l’Autre, du regard, de l’objet regardé, etc. On ne peut pas localiser le regard parce qu’il regarde partout (à comprendre comme ; qu’il regarde partout où il regarde et non pas qu’il serait omniscient, quoique dans les faits c’est comme si il l’était).  C’est pour cela, n’ayant pas isolé la structure de conscience, que le moi, dans le tomber-amoureux, se perçoit du point de l’autre (qu’évidemment il ne connait pas, qu’il suppose et qu’il imagine, laissant entrer alors tout son propre faisceau dans le faisceau supposé de l’autre, ses attentes, mais décuplées ou transformées ou vraiment ignorées). Ce point-autre est pour lui indénichable ; toujours il croit aux contenus et ne comprend pas qu’il s’agit de la forme des contenus.

C’est pour cela, à tort ou à raison, qu’il n’existe christiquement qu’un seul point-autre par lequel tous les autres passent ; c’est parce qu’il n’existe réellement qu’un seul point-autre. Dans le fait même.  

Le christique est par ailleurs historiquement (sinon absolument pour les croyants) le point-autre fondamental et fondateur. Sans lui rien n’est, et par lui, qui s’absente et parce qu’il s’absente, vous existez. Il incarne l’ensemble du vécu d’un moi, de la naissance à la mort, dans l’injustice et selon le plus petit d’entre nous, etc, et sa transformation de moi en sujet. Non seulement on ne devient pas un sujet sans l’universalité mais de plus c’est encore plus impossible sans le point radical et autre qui « perçoit ». Tient dans le faisceau tout le vécu et tout le corps. Ce que l’on nommera ensuite le moi et la vie individuelle n’est pas « ce qui est désigné » (en quoi l’on croit imaginairement) mais « selon le point par lequel » c’est désigné (point qui lui est réel, cad sur le Bord, de l’Autre côté). C’est le point de perception qui est signifié (même si c’est le moi et le vécu et les sentiments, etc, qui sont nommés) ; c’est le lecteur qui compte, non le roman qui est lu. On prend la forme de la perception mais bien sur c’est aussi ce qui est perçu ; le déballage du vécu et des désirs et des angoisses, des images et des trajets d’existence et la proximité de plus en plus réelle (par le cinéma par ex) mais aussi de plus en plus éloignée et rendant fou, parce que ça n’est jamais « ça » qui appartient à l’autre surface ; et le christique tout cela n’aurait pas lieu, pas de lieu, de point par lequel se percevoir soi-même.

Rappelons que le christique n’est pas d’abord un débat moral ou moralisateur, mais une enquête sur « ma véritable intention ». Et qui met en jeu ma crucifixion et ma salvation, en quelque sens que l’on donne. Et comment orienter ou réorienter cette intention. Et l’interrogation désormais ouverte par l’analyse de mon intention ne peut pas se conclure sur quelque formulation qui sera toujours relative à l’être (au mieux, mais qui peut aussi s’enfermer dans l’immédiat et la facilité, de seulement être-là pire qu’un animal, parce que l’animal est son unité, tandis que nous, nous imaginons être notre jouissance) toujours relative à l’être tandis que l’intention relève de la structure.

Les haines qui convergent vers le christique entendent toujours remplacer cette inquiétude et cette analyse par une identité (angélique ou diabolique ou réaliste ou naturaliste, etc). Et qu’il soit, le christ, le rappel constant de la Possibilité, le par-don, le renouvellement continuel, signifie qu’il juge en et par l’intention, par l’intentionnalité, qui n’est pas le représenté ni le conscient. De même Descartes n’instaure pas le conscient et la « volonté » roide, mais leur suspension, leur distance, leur position sur l’étendue, pareillement Kant et encore plus Hegel (par lesquels la distance prend une ampleur considérable, la répercussion infinie de la distance soudaine. Suivra Husserl qui commence de démonter le faisceau lui-même de la structure suspendue. Et évidemment Sartre qui réinstancie le faisceau dans et par un point, un corps, le regard, et celui des autres, et le monde et l’existence, et l’historicité et le groupe, etc. tout ceci fonctionne dans un espace très restreint parce que l’on suit parfaitement, ou aussi parfaitement que possible, la structure réelle, active et décisionnelle.

La structure décisionnelle n’est pas du tout évidente ; elle ne consiste nullement à se tourner consciemment de gauche ou de droite ; de même que la liberté n’est pas de choisir entre ceci ou cela, mais d’inventer (ce que l’on réalise constamment, tout moi est sa propre invention, résolutions ou irrésolutions et ce via tous les détails que l’on puisse toucher, étreindre, investir, signifier). Le décisionnel est intentionnel et non pas « intention déclarative » ; qui veut faire l’ange fait la bête, pas le bien que je veux mais le mal que je ne veux pas (St Paul reprenant une formule connue par ailleurs), etc. Et si le christique est toujours-autre c’est afin que le décisionnel s’instancie à distance et selon l’autre-point ; cette altérité c’est ce qui garanti, porte, suppose la vérité (et non pas la facilité ou la subjectivité) et rend possible que l’intention soit une intentionnalité (non finie) et ouverte toujours à son propre remplacement : ce qui est ce par quoi on peut se supposer au-delà de toutes les formulations et engendre l’analyse de structure qui-ne-se-saisit-pas, ce qui est constitutif de ce que l’on entend vraiment par « vérité ».

La vérité n’est pas un contenu électif mais la forme même de sujet tel qu’il se suppose sans s’atteindre et ne se saisit que du dehors, ou donc qui-en-est-saisi. Le reste ce sont des formulations d’orgueil, soit donc qui prétend instancier la vérité (ou le réel) de par soi seul. Le réel est alors la vérité parce que le réel est l’articulation en acte, et la complexité, le rendu complexe du réel comme étant acte.  Ce qui revient à produire le réel comme retour sur lui-même, à entendre comme re-tour, nouveau tour. La capacité de remodeler le réel à partir du réel est la définition même et le sens absolu, formel, du réel ; le réel est fait ainsi et est fait pour cela.

C’est ainsi qu’il n’est pas acquis mais en acquisition. Et c’est alors entrer dans l’acquisition. La récupération valide, légitime de toutes les positions qui eurent effectivement lieu et dont on ne comprend pas la réalisation comme mondaine ou selon l’être mais comme impossible, structurelle et sur le Bord et au bout du corps, sur l’autre-surface du corps, dans le champ étrange de perception. Le moi déprime de ne pas saisir la réalité (ni son bonheur et à peine ses satisfactions), mais c’est qu’il n’est pas rétrograde, le moi, contrairement à tout ce qu’on lui raconte et tout ce qui le définit et l’image selon les médiatisations et les objets, tous réalisés, est mais prospectif, en tant que sujet et le sujet n’est pas, il ex-siste et son registre, absolu, cad formel, est l’insatisfaction et l’analyse, la cartographie de la surface du réel.

Et que toute position re-commencera, commencera à nouveau la Possibilité ; le réel ne peut pas exister autrement que comme Possibilité. Or si tel est le cas, ce dont on garde mémoire, réelle, se dessine comme la forme du réel ou, pour nous, de l’arc de conscience dans l’arc du présent ; le trajet, que l’on effectue, est le tracé à la surface réelle externe et c’est ce trajet qui constitue la face, cachée, interne du réel ; celle que l’on ne perçoit absolument jamais nulle part, mais qui reçoit l’ensemble de tous les tracés.

Pour dire le vrai, on est absolument certain, ici, des extrémités atteintes de la surface externe qu’est la réel, mais la face interne de cette surface est seule objet de foi.  Dieu (comme principe pour nous, êtres humains), Platon et Plotin, le christ, Descartes, Lacan ont effectivement eut lieu (de même que la révolution) et s’imposent comme parcours tels quels absolument, formellement épousant le réel externe, mais que cette dimensionnalité de la réalité et du réel se tiennent d’un point interne (à toute cette externalité) est seul objet de foi. Outre les grandes expériences, réussies, toutes, les esthétiques et les éthiques, les politiques et les idéels (connaissances et objectivités), les humanisations et les personnalisations, le tout est de disposer d‘une vraisemblable carte du réel.

Du réel en tant qu’il est fait pour tenir les trajectoires de chaque rapport-à-soi (que l’on nomme « conscience ») et qu’un tel rapport-à-soi, de par son exceptionnalité, rassemble tout ce en quoi pour le moment on peut saisir du possible, de la Possibilité (qu’est une réalité) ; son exceptionnalité consiste en ceci qu’il lui est possible de relancer sa réalité, il lui est possible de remodeler le possible. Or cette absolue faculté de remodeler la réalité à partir du réel, rien n’aurait de sens, de direction, de capacité effectivement réelle.

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