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instants philosophie

Signification de ce qui existe

21 Décembre 2019, 18:06pm

Publié par pascal doyelle

L'activisme infini (tout ceci n'est qu'une approche, comme dit)

À la question ; où cela commence-t-il ?

La réponse est donc : antérieurement à tout ce qui est. Parce que c'est là que nous existons.

Ou plus sobrement et plus immédiatement ; nous existons sur le Bord, parce que c'est de là que nous percevons, bien que jamais le Bord ne rentre dans le monde, dans la vision (on ne perçoit jamais qu'une représentation héritée du monde en remplacement de la position de Bord ; le moi par ex est une représentation mais non pas l'arc de conscience lui-même ; pareillement le présent n'est jamais visible mais ce en quoi c'est visible, tout ; ou encore on organise le donné en fonction de ce que l'on prévoit, on n'existe qu'en avant, l'en-avant est le Bord de tout ce que nous réalisons, décidons, représentons).

C'est de là que nous percevons ; on perçoit qu'il y a, là, un monde, notre vécu ou notre corps, posés au-devant, et donc autres. Nous nous n'y serons de la sorte jamais;il n'y a pas d'être pour nous, mais beaucoup, beaucoup mieux.

C'est ce en quoi consiste le possible du réel, le réel comme Possibilité. Et nos dispositions (par exemple ces prédispositions qui se situent avant le monde humain, et qui furent désignées comme révolution, liberté, égalité et fraternité) se dressent comme conditions de possibilité de La Possibilité. De même le christique ou l'universel ou le sujet (cartésien, kantien, hégélien, etc).

Toute notre charge, notre réalisation dans le monde, aboutissent à instancier (prédisposer) le monde afin que chaque arc parvienne à l'acte de conscience qu'il ex-siste. De la sorte les mass et micro médiatisations devaient s'organiser comme mass et micro médiations ­ ce par quoi, les images, les récits, les affects, etc rendent possible la médiation de « soi » à (soi). Ce qui fut accompli en partie mais l'énorme autre quantité d'images et de récits enfoncèrent au contraire chacun dans un marécage, un marécage d’imbécillités, littéralement d'idioties, de répétitions diaboliques en tant que le démoniaque (si l'on veut) est la dispersion, la fragmentation, la non coordination (de soi et des uns aux autres ; lorsque l'image prend le pas sur le miroir et absorbe, mange le miroir, de telle manière qu'à terme et le miroir et les images disparaissent).

On a vu que les choses apparaissent, nous apparaissent via la mise en intentionnalité ; on a une intention, signifiée par un signe, et ce signe permet que soient visibles telle ou telle réalité ; jusqu'à ce que l'on comprenne que les signes n'étaient pas là donnés dans le monde (comme le saisissaient les mondes particuliers qui collaient le langage au monde, à tel ou tel monde, maya, égyptien, etc) mais que nous produisons les dits signes ; ça se nomme « pensée » et « grec » ; les grecs comprennent que l'on fabrique les signes et donc ils créent les idées (en plus du langage commun du groupe) et ouvrent ainsi la perception au-delà du cercle commun. Pareillement il est possible non plus de recevoir son identité (homme, femme, libre, esclave, riche pauvre, crétois ou juif, romain ou gaulois) mais de prendre sur soi-même cette identité.

Cette structure intentionnelle ne dépend pas de ses contenus ; comme on a pu le croire en cherchant le « contenu absolu » ; et donc il faut porter l'attention non pas aux contenus (seraient-ils de raison ou du verbe ou de science) mais sur l'intentionnalité elle-même ; ce qui commencent Descartes, Kant et Hegel, puis Husserl, Sartre et Lacan (à sa manière). Dans le même processus que précédemment (par lequel on prend conscience que l'on produit des signes qui permettent de percevoir ; sans Platon on ignorerait que par des « idées » on augmente la perception, hors du groupe et relevant de notre propre expérience individuée, et non du commun)

dans ce même processus donc il faut encore plus remonter antérieurement aux contenus (même créés ici et maintenant) et parvenir à la structure qui crée des signes, des intentions, des intentionnalités.

De sorte que puisque nous nous sommes extrait, absout des contenus, nous nous tenons sur le Bord (qui produit des contenus et qui perçoit et qui fait-apparaître les réalités sous les signes ; des signes sont requis pour séparer les perceptions et les sup-poser sur l'horizon). Lorsque les grecs indiquent que l'on a atteint le réel (sous la formulation de l'être est) ou lorsque le christique nous annonce que l'on est selon le chemin, la vérité et la vie, c'est réellement et effectivement ce qui se passe. Nous sommes stationnés sur le Bord. Le Bord du monde, le Bord de toute réalité, le réel.

Ça nous est arrivé. C'est déjà là.

Mais cela devait s'actualiser. Ça ne peut pas se passer de la foi et de la conversion (au christ ou à la pensée universelle ou au sujet ou au réel) parce que « ça » n'existe que dans le faisceau de conscience ; dans la décision.

Ça ne peut pas sans nous. Parce que le réel est parfait lorsqu'il est décidé. Sans une décision le réel n'est pas. Ne peut pas se rendre réel. Et par la décision parce que c'est seulement là que le Possible existe. Ce qui peut sembler absurde ; le réel, cad l'essentiel des essentiels, dépend de notre décision, mais c'est sa propre décision.

C'est parce que décidé, intentionnalisé qu'il ex-siste. Obtient la souplesse absolue, formelle, qui seule lui rend sa plus grande capacité.

Ça ne veut pas dire qu'il n'existe que de notre fait … Il se cherche, s'est cherché et se cherchera cent mille fois au travers de cette galaxie ou d’autres. Une réalité est faite pour qu'en son sein ex-siste la liberté et qu'elle se décide pour la forme même du réel et non pas pour telle ou telle réalité partielle.

Aussi est-il, également, l'universel ; celui de la pensée. L'universel ne siège que par la liberté qui exclusivement est capable de.

Autrement dit l'indéterminé est l’universel ; cela qui entre en rapport. L'universel n'est pas figé, l'universel est vivant ou ce que l'on nomme ici l'Existant. Le sujet. Le sujet comme structure, capable de porter et le subjectif et l'objectif, parce qu'il est l'articulation et que ça n'est pas quelque chose, de préalable, qui est, ensuite, articulé, mais qu'il y ait articulation produit tous les quelques choses.

Or et c'est peut-être le plus fondamental quant au sens, ça ne revient pas du tout à positionner les déterminations d'un côté, cad le mal, le négatif, la limitation, et de l'autre la possibilité magistrale et la sur-réalisation. Parce que la détermination même est déjà et toujours de la distinction. Il n'existe, à proprement parler, que la distinctivité et il y a une réalité, un devenir de plus en plus ample et de plus en plus précis, de cette distinctivité.

Autrement dit on n'existe pas, là, dans le monde, décrit comme multiple et livré à la négation (qui est en vérité distinction)
afin de récupérer le Un, pour le dire abstraitement (ou dieu ou le sujet ou le réel)
mais afin que le réel, déjà posé depuis toujours, et déjà toujours infiniment positif,
s'acquiert encore-plus.

C'est le « encore-plus » qui compte.

Jusqu'où le encore-plus peut-il jouer ? Jusqu’où le encore-plus est-il possible ? Jusqu'où le Bien peut avancer ? Jusqu'où la possibilité peut-elle agrandir la Possibilité ?

La fondation du réel est déjà intégralement et n'est que positive (il ne peut en aucune manière être supposé une négativité) c'est juste que la question se pose d'une toujours plus grande positivité ; la question est donc de savoir jusqu'où cette positivité peut exister, et ceci ne peut s’acquérir qu'en explorant la possibilité elle-même.

C'est pour cette raison que l'on est constamment non pas « en danger » mais en capacité de. Et c'est pour cela que le réel est dit structure-sujet ; seul un sujet (aussi gigantesque à l'arrivée soit-il supposable) peut réenregistrer, intégralement, la réalité selon la Possibilité.

Répétons-le : le réel ne s’éteint pas, donc le réel revient incessamment sur lui-même et influe directement en et par lui-même en se dressant afin d'avancer toujours plus loin dans la Possibilité même. Le réel est plus grand que lui-même. Il y a des infinis (le néant, l'être, l'exister, la détermination, le sujet, l'arc de conscience, etc) afin qu'il y ait encore plus d'infinis.

Si le réel ne sert pas à créer des infinis, à quoi sert-il ? À s’effondrer dans le néant, la dispersion, la disparition, l’effacement intégral de tout ?

Il n'y a, à vrai dire, pas d'autre choix.

Si cela avance, et cela avance par le présent, c'est que cela avance quelque part.

Remarquons que cela ne consiste pas du tout, plus du tout, à considérer que la réalité est un résultat (qu'il faudrait expliquer selon une causalité qui justifierait ce « là ») mais qu'elle est un devenir. Non pas un être, mais un mouvement. Alors que vraisemblablement il faut se tenir du présent et considéré qu'il tient tout le reste, qu'il déroule et qu'il attire toutes les réalités.

Il est clair que la caractéristique monolithique de l'être (comme idée principe fixé idéalement) ne supporte pas la vivacité ou la multiplicité du réel, ni ne cadre avec la subtilité des signes qui marquent, repèrent l'intentionnalité d'un arc de conscience (extrêmement léger et malléable et délié) ; l'objectivité (cad la position d'une chose pensée extérieure et roide) ne peut pas tenir l'architecture fragile de l'arc, qui ne cesse de tisser ; son activité est un activisme et paraît même ne tenir qu'à cette continuelle prise et reprise de ses broderies. C'est un activisme qui déploie sa trame et non pas une activité qui produirait un « objet » plus grand que lui ; cette caractéristique est même tout à fait incompréhensible ; comme si la conscience venait de la pensée ; comme si la conscience était celle de la pensée prenant conscience de soi … ça n'a aucun sens.

Le fait, non seulement majeur mais absolu et formel, est que posant l'acte de conscience tout se rapport à cet acte et non l'inverse, quelque inverse que ce soit. Parce que pareillement le moi, que l'on est, cette identité, sa conscience, la conscience de ce moi n'est pas celle-de (Pierre, Catherine, Jacques), et donc c'est l'inverse ; Jacques, Catherine ou Pierre sont des bricolages autour et par un arc de conscience à chaque fois un et unique ; et tous parfaitement identiques mais formellement, formellement veut dire ; qui sont capables chacun de créer des choix, non pas de choisir mais de créer des choix ; de même on ne se conforme pas au Bien qui existerait de toute éternité, mais on crée les possibilités du Bien.

C'est ce que recherche Sartre en analysant les paramétrages conséquents des individualisants (Baudelaire, Mallarmé, Flaubert, et chacune des individualités des récits). Là où accroche ou décroche la conscience individuelle hors ou au sein de son « identité » (de sa situation mondaine, historique, sociale, etc) ; comment un je crée-t-il son Existence à partir des « matériaux » dont il a hérité ou qu'il reçoit dans son identité de base, de départ ?

Or cela n'indique pas une super identité (un super moi qui serait ignoré momentanément), puisque l'on a dit que le moi est un bricolage qui évidemment tend dans son activité immédiate se conforté lui-même, boucher les trous dans son histoire, faire comme si, faire semblant, se justifier par des tours de passe passe. L'arc de conscience dans un moi est le début de son propre registre ; il peut s'accorer soudainement à l’esthétique ou la révolution ou la pensée, à une éthique ou sombrer dans une indistinction, un mélange, une confusion ; la conscience de soi s'actualise lorsque l'on sait que l'on n'est pas le centre du monde, le centre de ses propres perceptions, et que donc on se perçoit du dehors, du lointain, de l’horizon ; un animal se tient dans son milieu et ne perçoit pas l'horizon, mais nous non pas que nous percevions seulement l’horizon, nous nous percevons, nous-même, à partir de l’horizon, à partir du Bord.

Dieu nous perçoit, la vérité nous perçoit et nous nous percevons à partir de ces intentions majeures, formelles, structurelles. Sitôt que nous abandonnons ce point de Vue, nous commençons de nous effondrer. Et psychologiquement cela implique que le moi soudainement est-perçu ; il est d’abord perçu par un autre, par autrui, et si il peut se « concentre » suffisamment il remplacera cet autrui par l'Autre, et ce plus ou moins ; cad jamais intégralement, ça n'est pas possible ; on ne peut pas être « vrai » ou « authentiquement », cela doit rester la possibilité même, celle qui réoriente constamment la réalité, les réalités, les vécus, les corps, par le réel et l’exigence, en somme c'est l'exigence.

Et donc il faut recevoir l'ensemble des explorations et suivre leurs lignes, à partir de ce qu'elles promettent, tout en sachant que les promesses tenues ou non ce sont celles qui rendent possible non pas telle ou telle station du monde ou du vécu ou de la perception (pour une œuvre esthétique apr ex), ce sont celles qui rendent possible le possible ; et ce sont des explorations prospectives, créées au-devant, qui ne tiennent que de ce qu'elles supposent et leur supposition respective est leur élaboration ; les arcs se positionnent vers l'avant ; le christique, le sujet cartésien (ou kantien ou hégélien), Kierkegaard ou Nietzsche, ou Lacan avancent et créent la possibilité même ; tout comme les œuvres et évidemment les éthiques, politiques, etc.

ça n'est pas parce que Platon ou Descartes s'imposent pour nous comme « classiques » et apparemment intégrés, voire digérés, prétendument, qu'ils le sont ; ce à quoi ils font appel est de structure, et ainsi non épuisable ; ils creusent le même sillon et s'additionnent les uns par les autres. Et évidemment le même revient à chaque fois différemment ; il est en attente des prochaines interprétations qui valent le prix du chemin lui-même, du possible ; et par chemin il ne faut pas seulement comprendre une possibilité parmi d’autres (des variations) mais la possibilité même en tant qu'elle s'éclaire et se repère ; chaque signe (christique, cartésien, nietzschéen, etc) cartographie et dresse le plan du possible, cad du présent et valent non seulement objectivement (les objectivités sont des effets, le droit par ex est effet tout comme les sciences ou les vécus, les affects eux-mêmes, l'amour ou l'angoisse dénotent toujours des kaléidoscopes distincts selon les époques).

Ce que l'on nome interprétation n'est pas à entendre comme « subjectif » ou même au sens nietzschéen (et suivants), mais comme approches du Même. Le Même étant le Bord, qui n’apparaît pas dans le monde, le vécu ou le corps, rassemble les possibilités de son unité ; unité qui n'étant pas fixe, et close, jamais, cette unité étant mouvement, ne fige pas, ne gèle pas le temps et la diversité, la pluralité ; il y a unité, non objectivable, mais parce que sur-objective ; l'unité source, peut-être, ne repasse jamais sur le même chemin ; chaque ajout modifie et réécrit l'unité, ce qui veut dire réécrit le possible lui-même ; parce que c'est cela m^me qui est en jeu ; non pas ce qui se réalise mais la capacité pure et brute de réagencement ; il s'agit d’augmenter le possible lui-même afin qu'il soit, en tant que possible, toujours plus grand, toujours plus parfait, si l'on veut, et le sens de cette perfection, assez effarante, est précisément le mystère très-exact, pour ainsi dire, qu'il faut développer et aller chercher de par non pas une objectivisation croissante mais de par une décision de plus en plus pointue, qui étend son registre et sa carte ; c'est la carte même du réel qui se produit.

C'est qu'il faut comprendre par dieu, l'universel, le sujet ou le réel ; le réel en tant que depuis Descartes la structure vient encore plus au-devant et que ce faisant les réalités, le monde humain lui-même, les sciences qui décrient les différents donnés, le psychique lui-même, avec les psychologies ou les cognitivismes, entre autres, ou que l'on affiche quantité de musées qui exposent tous les mondes humains, ou la densité de cette historicité des esthétiques et des récits : tous ces matériaux connaissent leur apogée et leur complet déploiement, nous jetant à partir de la position de sujet vers les réalités dans leur complexité et leur altérité manifestes, de même que la matérialisation est la matérialisation des intentions, de toutes les intentionnalités humaines et individuelles, et non un « matérialisme » simplement, la monde humain et individualisé renvoie votre propre image et vous met directement en contact avec le miroir … et pas seulement les images dans le miroir, raison pour laquelle, entre autres, l’existentialisme parvient à cette évidence « ça existe », « l'existence existe », « le réel est (là) » ou plus loin que le christique annonce « ça a déjà commencé » ou que Descartes « voilà c'est ici même », la suspension du sujet par lui-même ; c'est le miroir même et non plus les images ou les contenus qui passe au premier plan et devient sa propre finalité.

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