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instants philosophie

L'enroulement de la Possibilité

11 Janvier 2020, 10:00am

Publié par pascal doyelle

On n'abandonne pas du tout la connaissance ; on a vu que la philosophie n'a pas pour finalité la connaissance exclusivement, mais bel et bien de concrétiser en chaque conscience le passage, le mouvement, la possibilité en chaque arc de conscience ; aussi tisse-t-elle selon la même logique ; une esthétique, une poétique aboutit à ceci qu'elle crée en vous un champ de perception. Il est évident que toute esthétique ne comporte pas seulement un « jeu » de couleur ou de sons, mais qu'elle porte une position face au donné là, au monde, au corps, à l’individualité, la communauté, ou l'historicité, y compris interne à son domaine esthétique propre ; il y a esthétiques ou poétiques ou récits ou politiques ou éthiques parce que s'ouvrent des champs qui permettent de créer d'autres champs de perceptions.

Et cette position indique un sens ; non pas la libération de l'humain, comme si il existait une « nature humaine » des anciennes collectivisations ou intégrations, mais l'ajout à tout ce qui précédait d'un réalisme, lequel devait s’inventer. Il n'attendait pas sagement qu'il soit, mais il fallut le fabriquer ; et le fabriquer de telle sorte qu'il sorte de tout monde particulier et que chacun accède au donné tel que là par ex selon les sciences ou la perception et ses jeux indéfinis, permettant une libération de la perception du réel dans quantité de réalisations, d’œuvres, de réal-isation, et donc à la variation de champ, de champs de perceptions dont on a vu et dit qu'il constituait l'essence même de ce qu'est une « réalité » et ce qui est donc excessivement important, que l'on perçoit et éprouve la forge du réel à la fois brut et subtil ;

par quoi ainsi rien n'est présenté sans subtilité, la réalité, ce qui veut dire la détermination, la déterminité comme processus, voire comme procède, est distinctive en elle-même, en essence ; elle se crée non seulement comme universalisation, sinon elle ne tiendrait pas, organisée, dans la durée, mais aussi comme particularité, particulier absolument distincte, partout et pour tout en toutes ses parties aussi infimes soient-elles ; la réalité est radicalement et de a à z distincte d'elle-même en tout ; de là l'aspect, l'apparence étrange du donné, qui ne se répète jamais, par quoi on mesure, à peine, la puissance absolue qui s'étend partout.

Et c'est bien en cette effarante capacité à produire de la brute et pure particularité qui fait sortir la réalité de ses gonds universels ; il n'y a pas que des lois, mais la particularité qui surgit en dehors des lois et ouvre son soudain propre champ de perception. Aussi la réalité est toujours plus avancée qu'elle-même ; sa systématique est proprement hallucinante ; sa structuralité est dévouée à la production d'irrégularités qui deviennent des champs complets de rendus réels et sur lesquels àç nouveau il se produira d'autres champs particuliers.

Ainsi sur les nuages si peu distincts (mais non pas indistincts réellement) de particules à peine existantes, se produisent des « choses » de plus en plus massives et consistantes ; sur l'éphémère se crée de la matérialité et celle-ci se concrétise de ce qu'elle se perçoit et donc établit des liens, des relations, des rapports (il n'est rien d'absolument consistant dans la réalité). C'est aussi la raison de la possibilité de la liberté ; il n'est nul besoin impératif de connaître (rationnellement) la réalité pour y ajouter ; le champ brut du donné tel que « là » est en lui-même délivré et neutre.

Pareillement on est libre en soi-même et par soi-même mais le collectif, le système organisationnel collectif fait office de mémorisation (des choix et des inventions et des créations et donc disions nous de l'organisationnel), et ceci relève du mouvement général de la liberté telle que structurellement elle se produit dans le champ commun ; fondant soit dit en passant le dit champ-commun … la nation juive se tient de l’Intention de dieu, de même que l'énoncé de nation est spécifiquement créé par la révolution française ; rappelons que dans la révolution, a priori et purement théoriquement, cad ontologiquement en fait, il ne s'agit pas d'une « identité française » qui préluderait à la nation, mais de la création de but en blanc d'une « identité » universelle radicale ; la nation est l'idée elle-même des volontés ; il s'agit d'une nation qui imagine naître et se constituer et continuer l’universel et la liberté elles-mêmes, c'est son essence (absolument et absolument politique). La liberté n'y est pas non plus la « raison » (qui serait tel un corpus complet venu on ne sait de où) mais la faculté de juger, en somme la liberté d'être à soi-même son repérage (compte tenu qu'il pourra en exister une indéfinité de différents).

La finalité de l'historicité était de toute évidence la création d'une humanisation d'une part sous l'égide de l’universalité, et d'autre part d'une individualisation ; la personnalisation suit et se construit dans et en plus de l'humanisation ; de telle sorte que chacun obtienne son propre corps-autre ; un corps suffisamment recouvert de signes, ce qui veut dire d'un champ perceptif.

Autrement dit il y a une réalité, un monde afin qu'il existe un champ.

Or humanisation et personnalisation (outre les avantages que cela inclut, de nous débarrasser des nécessités et d’atteindre une facilité, si nous ne l'avions pas recouverte d'un autre nécessitarisme contraignant nommé « économie ») aboutissent en leur finalité à ceci que peut se déployer la capacité même ; cad la capacité de rendre possible le possible (quitte à souvent inventer tout et n'importe quoi, qui aurait du être régulé, et plus encore auto-régulé).

Que chacun donc puisse atteindre et entamer la vraie et réelle activité ; l'activisme (ce qui encore une fois ne signifie pas le « tout et n'importe quoi » pour lequel on a pris cet activisme). Que chacun soit à disposition, lâché en et par et vers sa possibilité même. Que chacun rencontre le réel de l'exister, du fait brut du réel.

Il est évident (bien que très difficile à admettre et à concevoir, dans l'ordre) que tout moi (personnalisé dans humanisation généralisée) est en approche absolue de soi, de soi en lequel la question est celle justement du « soi » ; autrement dit de la structure même qui prélude (ontologiquement) à l'apparition de notre espèce (et qui se définit comme « arc de conscience » soit donc cet « être » qui est à lui-même le rapport qu'il est, et donc qu'il ex-siste ; il n'est pas, il ex-siste, et cela se produit dans le champ phénoménologique de perception, le langage par ex).

Ce par quoi on reste confondu de la difficulté et de l’étrangeté de cet avènement ; une conscience se sécurise en pensant, interprétant, imaginant qu'elle est la conscience de un-tel ; la conscience de Pierre est pourtant plus grande que Pierre lui-même ; et c'est cette explosion, interne, qui est en jeu.

C'est ce que signifie, implique, comporte, intègre qu'il y ait des éthiques, politiques, esthétiques, poétiques, récits, et en bref des œuvres qui augmentent, intensifient, accélèrent ou densifient tout regard, toute intentionnalité. Et raison aussi pour laquelle nous eûmes un tel déferlement de mass et micro-médiations dans tous les sens possibles depuis la révolution. Et depuis les années soixante du dernier siècle.

Et que dans ce champ qui est un rapport (un tissage de rapport et qui se tient lui-même en tant que rapport de rapports) il en existe au moins un qui soit le rapport à (soi), dans lequel rapport le « soi » est non une identité (toujours quelconque, toujours frustrée, toujours mensongère ou illusoire) mais est le rapport lui-même et qu'il puisse développer sa propre perception de ce « soi » énigmatique et ce afin de rendre possible encore plus de relations. Plus de relations parce que cette structure du « soi » se situe avant tout le reste, avant tout ce qui est dans le monde et selon le monde, le vécu ou le corps ; autrement dit ce qui existe vraiment, en nous, est-avant, soit donc ex-siste.

Et évidemment qu'il connaissance le réel en tant que transcendance. Et la transcendance existe ainsi « avant ». Tout est dans la transcendance qui ex-siste. La positivité est absolument première et ce qui est en jeu c'est en quoi il serait possible d'augmenter cette positivité.

En langage de religion ; dieu existe avant et donc le Bien, le mal est seulement une infra-position qui agite peut-être le néant et le vide et la destruction mais reste et restera absolument seconde ; il n'y a aucun avenir pour ainsi dire dans le néant ou la négation, c'est seulement que l'on croit un moment, de sa vie par ex, qu'il est l’horizon, mais ontologiquement ça n'a aucun sens, aucune direction ; le néant est non directionnel, il tombe, il s'échoue dans le néant, le rien du tout, qui existe en deçà de ce qui est ; dont on avait dit que le néant est, tout comme l'être, mais comme le néant est « rien du tout » il n'offre aucune résistance à l'être ; aussi dans l'être (qui est composé si l'on veut de des contenus et de la forme, des déterminations et de l'exister) le néant est la dispersion presque indistincte, sans jamais parvenir à l’indistinction totale, au pur néant, qui ne peut pas se « présenter », matérialiser ou se concrétiser ; ce qui se concrétise, ce qui se détermine, est toujours un « quelque chose », même qui parait à demi-existant.

Ainsi il y a toujours quelque chose, pris dans la forme de l'exister. Et rien dans le monde, le donné, et aucune dispersion de détermination (serait-elle la plus négative) ne peut remonter et atteindre la forme, la structure, le rapport exclusif ; le seul rapport qui puisse être exclusif et unique c'est celui du formel, cad le rapport lui-même. Le présent comme mise en présence de tout qui produit (selon la causalité hors monde) qu'il y ait un champ de perception, cad de différenciations.

Et il y a un champ de différenciation pour le Un qui constamment re-vient dans ce champ lui-même ; il s'y annonce. Toute entreprise de destruction ou d'isolation d'une unité qui « existerait » dans l'unité est absurde et se confond avec le mal et est destinée au/vers le néant, la dispersion, la disparition.

Non pas qu'il n'y ait pas d'unité qui existe, dans le réel, mais toute unité qui se prendrait pour l'unité-même est condamnée ontologiquement ; de ceci que l'on dépend de la vérité, de l'être, de l’universel, du sujet, du réel ; le rapport ne peut pas se limiter et si il se croit lui-même il se détermine et donc se rend au donné, tel ou tel, et meurt. C'est pour cela que l'on a créé la « foi » (quoi que l'on place sous ce nom ; dieu, l’universel, le sujet, la révolution, l’esthétique, l'éthique, etc). Et c'est ce qui horripile toujours ceux qui croient, encore, qu'ils sauront se maîtriser de leur seule force, mais leur force alors est isolée, dans le noir de plus en plus complet (bien que cette croyance, qui n'est pas une foi, paraisse attirer toute la lumière du monde ; en fait elle ne manifeste que soi).

On a vu qu'hormis cette explicitation (à partir du donné observable, de tout le donné observable, y compris les explorations menées par chacun des arcs de conscience, y compris donc les possibilités de structures qui sont si effectivement exposées par les explorateurs, des mystiques aux philosophes, des créateurs aux éthiques, dans les Œuvres donc) il ne reste plus que le seul monde donné ; celui de la disparition.

Parce qu'il est voué à la disparition, à l’absence totale de toute mémoire de tout ce qui aurait pu avoir eu lieu ; rien de tout ce qui est n'aurait alors de souvenir de soi ; rien ne demeurerait et tout, absolument tout, se disperserait dans le néant, le froid abyssal qui à jamais régnerait (ou la fournaise du big crunch). Et il est dans la nature même de la réalité, qui est seulement déterminations, cad splittage continuel de différenciations, de s'effacer ; aucune détermination ne tient dans le réel comme mouvement, seul existe le mouvement. Il n'est donc aucune porte de sortie dans la réalité. Et si on n'admet que la réalité comme seul réel, on se voue à la disparition.

Or on a vu que la réalité est prise dans et par le mouvement ; raison pour laquelle on ne peut pas, par ex, fixer la pensée, sur quelque concept que ce soit. Rappelons également que les mathématiques qui paraissent receler le réel des réalités, sont, en elles-mêmes, des tissages de rapports ; le un ne définit rien, sinon le rapport-soi de n’importe quel objet ; qu'il y ait un calcul de tout rapport à soi est tout à fait étonnant mais en somme extrêmement logique ; ce qui est déterminé supporte, admet, accepte la distinction et n'est pas « n'importe quoi » (auquel cas l'univers se serait effondré, ce qu'il a peut-être connu, laissant perdurer seulement ce qui était ordonné, l'ordonnance est cela qui, organisé, dure dans le temps).

Les dilations des systèmes philosophiques ne sont plus, ici, contraints de subir la réduction objective ; d'une chose on peut affirmer ceci ou cela, mais de la structure de toutes les choses et de tous les êtres il ne résulte qu'une interprétation, une interprétation non pas « de plus » (parmi d'autres), mais en plus et à chaque fois en plus, puisque la nature même du regard (de l’intentionnalité) est de se diviser infiniment ; une approximation si l'on veut, ou une approche d'un centre qui n'a pas, n’aura jamais de correspondance dans le monde, ou dans la, les réalités ; c'est à ce point là. C'est à ce point-là, si extrême, que le divin, l'universel ou l'être, le sujet ou le réel, le un ou la structure sont portés ; il y a un regard qui regarde. Et qui n'est jamais ce qu'il regarde (sinon il ne verrait pas), aussi tout système ne se dépose pas là comme un colis, mais remonte dans le regard et doit être lu, et cet arc de conscience emprunter la voie suivie par le précédent.

Aussi tous les systèmes désignent, cad non pas connaissent mais signifient le même centre. La structure. Dieu, l'être et l'universel, le sujet et le réel approchent du centre, ignifugé.

La nature du regard, de l'intentionnalité, cad en somme du rapport (à (soi) comme rapport) est non épuisable ; son réel est tout à fait autre que les « choses » (qui sont épuisables par nature, déterminées et donc dans la limitation).

La pluralité des approches du réel est structurellement non pas comme une nécessité tout à fait extérieure (en tant que nous serions condamnés à la limitation) mais est précisément la finalité même ; il FAUT que le réel devienne, qu'il soit plus grand que lui-même (de manière générale ou de manière absolue mais aussi en et par chaque sujet tel que nous l'expérimentons, et il ne fait aucun doute qu'il existe, ailleurs, d'autres sortes de « sujets », de même qu'avant dieu un tout-autre il était inimaginé et inimaginable, pas de l’ordre de l’imagination, et de même que le sujet était absurde avant Descartes (ou ce que Descartes exprime, décrit, manifeste et invente à la fois) ; l'invention est le fait du réel ; il est fait pour cela.

Il y a un enroulement de la possibilité hors d'elle-même, parce que c'est à cette fin que tout est assigné ; il y a un Dehors et le Dehors est la structure elle-même.

De même que le centre de toutes les réalités est en tant que regard, pareillement tout arc est lui-même en réserve et de ce point-là perçoit. Or si ce point est indistinguable dans le monde, la détermination, le vécu ou le corps, ni dans les champs de perceptions, et ne peut être que signifié, signifié veut dire alors « n’apparaître intuitionnellement que pour lui-même, pour lui seul », personne ne sait « ce que » il est, parce qu'il n'est pas justement, il ex-siste. Et c'est ce point qui se restructure sans cesse. Personne ne le sait et lui-même se-sait mais ne le sait pas, au sens de « ne le connaît pas ». et il est cependant évident qu'il ne peut exister sans cet en-dehors ; ce regard Autre.

 

Si le Un ou Dieu ou le Sujet étaient monolithiques ou  imaginaires tel « l'être », que pourraient-ils ?

Rien, cet être serait, il serait tout simplement condamné à n'être que lui-même et il n'aurait même pas lieu de devenir une réalité, un temps, un possible, et rien n'existerait, parce que rien ne serait sorti de lui. Parfait et monolithique. Parfait d'un point de vue d'objet (pour une conscience qui s'ignore comme arc ou comme intentionnalité ou comme sujet ; si elle est sujet alors elle est mouvement).

Ce n'est pas une perfection souhaitable. Sinon d'espérer un quelconque repos, une félicité inactive, un bonheur confortable. Comment ce qui ex-siste pourrait-il seulement nous conforter dans l'être ?

En aucune manière. Le devenir du réel, en tant que structure, est Œuvre et activisme. Seul le mouvement devient plus grand, toujours plus grand et sa finalité est de découvrir par quel moyen et selon quelle voie l'activité peut grandir plus qu'elle-même.

Il est très évident qu'il ne s'agira en aucune manière d'égoïsme ou d'égocentrisme, par quoi l’individu se prend pour le centre du monde, celui à qui tout est dû. C'est au contraire qu'il ne faut pas saisir le réel mais en être saisi. Ce qui présuppose qu'il existe une articulation (on ne peut pas désigner le Verbe, Dieu, le Logos, la Raison, ou l'Universel en soi, et quant au sujet il est spécifiquement individué et donc libre mais fragile. Il ne peut s'affirmer selon la puissance qu’imaginairement ; or nous avons affaire avec le structurel ni à la raison ni à l'imaginaire mais à ce qui existe antérieurement à toute faculté, y compris la perception ; y compris la perception, puisque ne vient à nous que ce qui est intentionnalisé et qui entre dans un système de signes.

Et ce autrefois à l’intérieur de chaque groupe qui veillait rigoureusement à l’utilisation du système de signes (il ne fallait pas perdre la transmission, question de survie). Mais il y eut donc d'une part l’universel grec (ou l’État romain) puis le christique individualisant, qui permit un desserrement de l'étau de la représentation mondaine (formant monde clos) du collectif et une intériorisation de l'intentionnalité individuée; chacun pouvait alors se livrer au donné, au vécu et au corps ; de là que l'on devait veiller néanmoins et pour cette raison même à intégrer le sujet de structure dans l'individué ; lui fournir ou imposer une morale, une conduite intentionnelle, une objectivité universelle, un cadre ontologique de telle sorte qu'il ne s'enroule pas sur son seul et son propre donné, ce qui serait sa perte.

C'est ce qui arrive au sortir de l'enfance ; en prenant conscience que l'on n'est pas le centre. Que l'on est autre et perçu du Bord, du dehors. Ce qui se passe plus ou moins bien … parce qu’imaginairement on appartient toujours à cette centralisation égocentrée, sauf que l'on n'existe pas du tout (en tant que sujet) dans l’imaginaire. Il est logique que l'on ne perde pas la centralisation, puisque c'est l’opération même qui consiste à représenter le donné, le vécu, la perception.

Mais s'y ajoute, en plus, dans la structure de l'arc de conscience, qu'il (se) perçoit, et que de ce fait ça n'est pas lui qui se perçoit … Et c'est la rupture adolescente qui menace toute l'enfance et qui consiste à passer du percevoir au se-percevoir (en s'assujettissant à l'Autre, non pas à autrui, qui est le plus souvent un point imaginaire, mais à l'Autre comme structure). Puisque la structure-autre est seule réelle, de même que le présent est cela seul qui existe.

On commence par percevoir, (comme un corps représentant et imaginant) puis on (se) perçoit sans savoir de « où » l'on est perçu et mais laquelle perception-autre on ne serait pas (on ne serait qu'un corps représentant, si cela était possible). On se tient, soi, toujours forcément du dehors, du Bord.

En un sens tout autre origine de soi revient effectivement à l'imaginaire (et l'infantile), comme Lacan l'avait découvert ; et lorsque l'on cesse d'être infantilement c'est pour ne plus être mais être perçu.

Et Lacan eut tort de croire que toute « pensée », toute conscience (qu'il confondait avec le conscient) tombait dans l’imaginaire ; et ce bien qu'il se doutait que Descartes prenait pied en-dehors... Il aurait du comprendre que si tel était le cas pour Descartes, alors il s’agissait de toutes les structures, et même se prenant les pieds dans le tapis chaque système s'articulait sur le réel et non selon la réalité, et engageait non pas le conscient de chacun, pas seulement, mais l'arc de conscience de chacun, déployé selon l'altérité structurelle ; ça se percevait et était en mesure de s'élaborer (cad de tenir la distance universelle, divine, du sujet ou du réel) parce qu’arc bouté sur le réel.

Sinon les systèmes n'auraient que bafouillé, ce qui est en partie vrai aussi ; il est impossible de tenir l'ensemble du « réel » selon un système de déterminations universalisées, sinon de le confronter à la « substance », au Bien, au Un, à Dieu, etc, qui n sont compréhensibles qu'en tant que signifié et non pas en tant que connus, par un sujet et non pas comme « objets », et c'est donc l’élaboration de ce sujet et de cette signifiance que crée la philosophie, la pensée au sens structurel, et non pas une connaissance ; on ne peut pas y atteindre sans s'y convertir, c'est une évidence depuis le début.

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