Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

La possibilité et le mouvement

4 Janvier 2020, 13:15pm

Publié par pascal doyelle

Rappelons que si le réel est le mouvement (et ici le mouvement est tenu pour cela seul qui existe, comme présent dont le mystère est « infini », ou ce que l'on nommait autrefois infini) et donc alors le mouvement ne cessera jamais. Ce qui « est » de manière déterminée, peut bien terminer un jour, c'est même ce qui de par cette nature même (de « déterminé ») est déjà inscrit dans sa réalité.

Ici c'est la structure du mouvement qui est engagée. Et qui nous engage, de fait, quoi que l'on fasse ou pense. C'est déjà commencé.

L’idée principale est que le mouvement reviendra, revient, est revenu déjà sur la réalité et qu'il perfectionnera toujours plus sa potentialité.

Ce retour est la prérogative de ce qui est organisé. Ce qui n'est pas organisé tombe dans le monde donné. Et ce retour est toujours un re-tour, un nouveau tour ; afin que le réel soit plus grand que lui-même ou que l'infini crée encore plus d'infini.

 

On a vu que l'on pouvait, ou devait, comme l'on veut, définir dieu selon l'Intention, celle qui existe avant tout et qui n'est pas pris lui-même dans le monde, le donné, les réalités (il n'y a plus « la-réalité » qui formerait une unité cosmogonique, puisqu'il y a création et que celle-ci dépend non d'elle-même dans son ordre mais de l'intention première)

que la pensée, grecque, imposait l'intentionnalisation ; soit donc la capacité pour chacun d'advenir à nouveau à la réalité en activant, en lui-même, la sur-intentionnalisation ; celle qui s'ajoute au groupe, à la pensée et donc à la perception commune ; et que donc Platon a raison puisque sans la pensée on ne perçoit pas, c'est d'attacher des signes et des phrases et donc des systèmes aux perceptions que celle-ci apparaissent et se mémorisent (et donc se communiquent et de transmettent). Ce qui s'ajoute au groupe humain puisque chacun doit s'efforcer de créer en lui l’ordre de raison ; si on ne comprend pas ce que l'on dit, on ne pense pas. C'est un activisme.

Sauf que dans la pensée si vous agissez bel et bien, la catégorie « sujet » n'est pas retenue. Pour être retenue (cad mémorisée et qu'elle entre dans le bien commun, ce qui veut dire non seulement ce qui appartient à tous, mais aussi le bien qui vous appartient parce qu'il est nommé, assigné et que vous pouvez ainsi en disposer pour-vous-même) il fallait le christique (dont on ne préjuge pas qu'il existe ou non, mais dont on constate tel quel le Fait absolument majeur historiquement). Le christique qui par son Regard crée votre regard ; par son Intention il crée votre intention, il l'appelle. Jésus crée Jésus et Saint Paul crée le moi-même. Dépassant de cela le jugement qui devait vous élever et vous rendre méritant ; peine perdue, la loi vous enfonçait et vous désespérait mais aussi accumulait l'orgueil de votre imaginaire perfection.

Le christique non seulement remplace le jugement (juif et son ambition de perfection par sa propre force) par votre réelle intention (vous vous demandez alors ce que vous voulez vraiment, qu'elle est votre véritable intention et comment organiser celle-ci et pour quoi, vers et par quelles finalités, rendant possible une enquête sur les motivations et une exploration de toute votre finalisation) mais de plus vous révèle que cette intention ne tient pas toute seule et s'articule à plus grand qu'elle-même ; on en peut pas témoigner de soi, on dépend de la vérité ou de l'être ou de dieu ou d'un tel regard qui attire et étend infiniment votre possibilité (on ne peut pas, autrement dit, imaginer l'intention de dieu, il faut l'accueillir). Autrement dit par le dépassement du jugement vers l'intention et par la suspension de cette intention non à ce que vous pouvez mais à ce qui vous tient étant plus grand que vous-même, ce à quoi on assiste c'est à la naissance de la intensification des intentionnalités possibles et à leur interrogation sur la nature même du « je veux » qui écarte le « je peux » juif (être irréprochable et tenir mon être de moi seul) et le « je suis » (grec qui ne réclame que la connaissance) ; il ne s’agit plus de seulement vouloir ou de seulement comprendre, ni un mélange des deux, mais de ceci que l'intention et l'intentionnalité s'élabore dans et par sa propre et seule dimension ; c'est cela même qui fut créé en plus de la connaissance et de la volonté, de qui est grec et de ce qui est juif.

La connaissance ne peut pas faire le tour de l'intentionnalité et le vouloir ne peut pas décider de la structure, du structurel intentionnel … Donc l'arc de conscience existe séparément et si il existe séparément il est à l’origine et de la connaissance et du vouloir. Et c'est ce que montre, littéralement, Descartes ; que le je est à jamais en dehors et ce à partir de quoi le reste apparaît, tout le reste. Le je suis n'est pas la pensée et donc il existe une dimension bien plus proche de nous et elle est telle qu'elle ne sera pas préhensible par la pensée, la représentation, l’imagination et qu'elle déroulera, elle, sa « volonté ».

Après Descartes c'est encore ce qui est désigné par Kant ; la pensée n'est pas notre être, notre être est autrement et plus grand que la pensée.

Le délicat c'est précisément que l'arc de conscience n'est pas le conscient, n'est pas la raison, et ceci, faut-il préciser, non parce que l'arc est hors raison mais puisqu’il est plus grand, plus souple et empli du possible même et que rien dans le monde, le vécu ou le corps ne le contiendra jamais.

Ce que l'on nomme conversion. Les grecs se convertissent à la pensée, tout comme les chrétiens au christique ou après Descartes on devient des sujets (Descartes instaurant ici et maintenant la structure de sujet que créait en chacun le regard christique). Pareillement si l'on cesse de croire en la liberté et l'égalité, on retombe dans une société d'injustice (cad une société qui non seulement pratique l’injustice mais qui valide, théorise ou justifie l'injustice, pour quelque retorse raison que ce soit ; la nôtre par ex).

Et dit autrement la philosophie (ayant par ailleurs lancé le processus de connaissance, qui passera de l'objectivité potentielle des énoncés au calcul et mathématisations, mais la mise en forme objective est débord celle des idées, des notions, des concepts) ne se contente jamais de la connaissance, mais manie le se-savoir, non pas de « soi » mais de la structure ; il s'agit de prendre au piège la structure, de montrer comme elle se déplace (étant structure, rapport, mouvement) ;

 

Le réel est en réserve et c'est lui qui se veut (il existe comme articulation, c'est pour cela qu'il existe et non pas qu'il « est » et ce qui existe comme articulation est un rapport, le rapport dans et par lequel il est moyen de lui-même ; cad crée, selon une autre-causalité, une réalité, ce qui veut dire une détermination, une déterminité en nombre indéfini ou infini, peu importe). La forme (des réalités ou des contenus) est plus grande que ces contenus. De même que la philosophie se tire elle-même de l'inconséquence par la vérité, qui porte à conséquences (ce qui est seulement particulier s’écroule à plus ou moins brève échéance ; seul la réalité ayant acquis un certain ordre peut durer dans le temps).

Pareillement par le christique l'individu doit venir hors de lui-même ; il ne peut pas se disperser dans la suite indéfinie et incohérente ou immédiate des intentionnalisations ; toutes sont possibles, et tous les signes peuvent s'accoler à n'importe quoi et le moi le plus restreint s'élève structurellement et immédiatement au plus haut ; parce que la forme prévaut sur le contenu. Mais le plus haut doit réellement atteindre sa capacité ; positionner les réalités et l'altérité, et qu'il puisse subir, encaisser les contraintes, la dureté ou la difficulté.

Ceci toujours dans l’impératif de délimiter sinon définir le mouvement lui-même, en tant que tel.

Le mouvement de la pensée, grecque, de l'intention, de dieu, du sujet, christique et cartésien, ou du réel.

Le contenu organisé est ce qui s'est nommé « raison » ou pensée ; non pas seulement l’organisation de la pensée elle-même (en auto-référence, ce en quoi on se trompe lourdement de croire qu'il est possible d'ordonner les intentionnalisations dans un système lorsque ces intentionnalisations passent pour des « idées » au sens objectif)

mais il faut entendre conformité de notre regard à notre situation, conformité et reflet approchant de notre position, lorsque donc on positionne le réel comme « là » (dieu, l'être, le sujet ou le réel) ; il est de notre situation par exemple que nous soyons jetés dans l'existence, ou que dieu soit une exigence ou que le sujet puisse se décrire tel que selon le « là ».

Et donc le véritable système est la description de la structure telle que du réel elle nous vient ; ce à quoi s’attellent Descartes, Kant, Hegel (avec ses deux phénoménologies et son présupposé de la négativité brute), Husserl, Nietzsche et Heidegger (à leur manière, en grande partie imaginaire), Sartre et Lacan. Il existe, réellement, une adéquation, ce qui veut dire une lucidité et une rigueur et exigence dans la description même ; en quoi il ne s'agit plus seulement de réflexivité du discours sur lui-même (idéal ancien métaphysique, remis au goût du jour par Spinoza et Leibniz , postérieurement à Descartes, qui pourtant lance le double saut arrière qui désigne le réel comme « là » et pas ailleurs, pas dans la pensée)

mais réflexivité sur le réel tel que « là ».

C'est le « là » qui est agissant et fait l'objet d'une réflexivité, d'un retour et donc d'une observation quant à sa structure.

On aboutit ainsi à un énorme ensemble de descriptions de notre être tel que situé « là », en quoi cela ne doit pas nous étonné puisque c'est le nœud absolu, cad formel, du réel, du réel tel qu'il nous est perceptible, et œuvrant en tant qu’expérimentation tout à fait décisive, pour tout : valable en tout et pour tout. Notre « humanité », cette espèce vivante, a déjà touché le Bord du monde, de la réalité ; c'est venu instantanément, que l'on croit en dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet ou le réel, ou que l'on se borne à exposer ce qui, cela même qui s'est décrit comme tel ou tel

(que Jésus par exemple est une personne, réelle, soudainement inspiré et lucide, ou que les juifs ont de fait créé une nation selon et par un Intention, et non plus selon un état de fait, un monde supposé tel ou tel, égyptien par ex ; dire que les dieux ont créé le monde ça n'équivaut pas à avancer qu'un dieu unique et irreprésentable a créé le monde ; qu'il soit une Intention présuppose d'une part qu'il ne l'est pas, représentable comment pourrait-on la représenter ? Et d'autre part annonce qu'il faut continuer le dit monde … il n'est pas terminé, il attend notre intention, que l'on soit juif ou musulman ou chrétien).

 

On a touché le Bord de la réalité et ce Bord est déjà venu dans le champ de perception en faisant « signe ». Il fait-signe en ce qu'il faut arc-bouter sa propre conscience pour saisir l’articulation ; ça n'est pas une chose du monde ou une perception ; c'est une position dans le donné ; l'horizon est non pas que nous percevions cet horizon, mais que nous nous percevons nous-même à partir de cet horizon ; comme on se perçoit à partir de la mort par ex. cette distance interne (interne et non pas « intérieure », c'est parce qu'il existe une distance interne-externe qu'il est comme ceci ou comme cela une « intériorité » de chacun, le sujet est plus grand que le moi) est d'altérité pure et brute ; c'est une brutalité effarante pour un corps, vivant, que d'exister-autrement, d'un point-autre. Le christique est une réponse à cette division interne, ou la pensée-raison ou l'humanisme de la révolution, etc. de courber quelque peu la distance afin qu'elle soit supportable mais aussi qu'elle puisse continuer ses effets, ses conséquences les plus durables (les plus humaines particulièrement) dans ce monde, elle qui vient du Bord et se tient par le Bord (et rien d'autre, comme on va voir ; par la foi, au sens étendu et structurel, technique presque).

 

Puisque donc on valide, ici, le principe qu'il existe une structure antérieure à tout contenu, représentation, image, et même corps dans la mesure où un être humain superpose au corps donné là une autre-surface du corps, sur laquelle (et par laquelle) il produit des signes.

Contrairement à toute interprétation objective, notre être n'est pas une composition, de déterminations, mais une unité et comme telle vide. On a vu également que si l'on nomme cette structure « arc de conscience », « conscience » signifie « qui a rapport à soi » ; mais qui a rapport à soi comme rapport, dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non pas telle ou telle identité (lequel signifie que seul un rapport est libre et seule une liberté peut avancer dans le réel bien plus loin et recule le possible toujours plus loin, en bref explore ; ce qui dépend de soi peut prendre sur soi, s'attirer, se positionner plus avant).

Mais tout autant la structure n'est pas non plus une détermination qui relèverait d'une cohérence intérieure ; n'est pas non plus raison, pensée, système, universalité. Ce qui ne signifie pas que l'on puisse s'en passer ; c'est juste que cette cohérence intérieure n'est pas suffisante ; ce qui revient à dire que le système, toujours validé en son principe, doit s'étendre à l'observation ; l'observation telle que le réel la déroule et telle qu'on observe de visu, dans l'opération vivante, existante ; ce qui est Existant, pour nous, apparaît comme Vivant.

Il n'y a pas à choisir entre le vivant et la sainteté … autrement dit entre la noirceur et la juste conscience. La foi (quelle qu'elle soit, dieu, le décentrement universel, le christique ou le sujet, le réel) consiste à toujours tenir la forme (de toute réalité) plus grande que les contenus (toute détermination ou quel que soit votre vécu). Perdre la « foi » c'est s’abaisser, s'abîmer, se perdre dans les contenus, les images, les affects, les immédiatetés.

Il est fondamentalement une perversion entière qui croit saisir dans le monde, le vécu ou le corps, seraient-ils enluminés des mille feux de l'infinie diversité de la réalité ou animé d'idéal et d’imagination. La « foi » n'est pas de cet ordre du monde ou de la vie.

On a cru, un temps, qu'il fallait désirer les réalisations dans le monde. Et tout cela est très bien, qui puisse rendre l'existence plus humaine, mais insuffisant. C'était nécessaire pour s’investir en cette production totale de tout un monde humain et toutes ces personnalisations en nombre indéfini.

Mais c'est insuffisant. Parce que tout le déroulement bascule dans le règne de la facilité, ce piège mortel et pousse vers l'indéfini, l'indécision, le manque intentionnel (la dépression, la déperdition, la perte d'énergie, l’incapacité de sup-poser un ressort étrange qui s’effondre alors dans le bizarre), la répétition, le kitsch, le baroque.

Cette perte interne à la structure se juge précisément de ce qu'elle croit intérieurement. Or la foi est tout à fait autre ; elle consiste, se tient et se maintient d'une absolue extériorité. Elle n'est nullement une motivation... Elle naît non de saisir ou de se saisir elle-même (par auto conviction pour ainsi dire, plus ou moins crédible), mais d'être saisie. Le contraire du volontarisme. Pareillement on a dit déjà qu'il ne s'agit pas d'être « heureux » (mais qu'il vaut cent mieux ne pas survivre dans les nécessités toutes affreuses et que c'est afin d'éviter ces cruautés que l'on aurait du organiser l'humanité).

Remarquons bien que l'on n’insiste pas du tout sur la croyance ; on en prétend nullement installer la certitude de dieu, du christique, du sujet ou de l'universel bien (et de la vérité en elle-même). La foi n'est pas la certitude, du tout.

La différence est celle-ci ; les fortes têtes préfèrent se confier à des certitudes (qu'elles soient matérialistes, scientistes, rationalistes, religieuses, imaginaires, etc) qui ne s’avouent pas comme foi véritable et réelle et donc s'illusionnent eux-mêmes (en plaçant dans leur objet la densité supposée, rêvée, intentionnalisée), et ne se déclarant pas comme telle, selon la foi, ils retirent un peu ou beaucoup de l’exigence (qu'ils confient à l'objet de leurs soins, leur précieux à eux). Tandis que selon la foi, celle-ci garde et préserve le doute et donc les rigueurs les plus extrêmes possibles (ce qui ne veut pas dire que l'on n'y succombe pas à la facilité).

La foi est très exactement ce qui autorise les plus grandes variations ; étant entendu qu'il ne s’agit nullement de la confier à n’importe quoi et encore moins à n'importe qui... Mais de ceci qu’elle en s'adresse à rien qui soit au monde, on passe outre toute fascination ; Descartes est décédé depuis longtemps et finalement très difficile (comme toute philosophie, non sans raison profonde) et Jésus est, dit-il, parti, de lui-même (ou selon le Père), hors ici, il s'est éloigné hors maintenant ; on échappe alors à la confiscation de sa liberté (il n'est plus là comme partie du monde) et on réserve entièrement selon la foi.

C'est bien pour cela qu'il y eut de telles architectures argumentations (théologiques, dans tous les sens du terme) ; ce qui veut dire de distinctions, de différenciations : que la foi puisse s'étayer, s'élaborer, et vouloir dans toutes les capacités actualisables. Comme on ne peut pas situer l'objet (dans le monde qui prendrait telle ou telle imagerie ou fétiche) on remue ciel et terre. Ce qui peut et doit se lire soit comme croyance soit comme technique généralisée de soulèvement de tous les possibles. Parce qu'il y ait un christ (quel qu'il soit) veut dire qu'il y aura des romans, littéraires. Les effets d'une cause.

 

Et on peut également lire les esthétiques, éthiques, poétiques, récits et romans, et tout ce que l'on veut, comme les distinctivités requises appelées qui entendent attirer toutes les réalités, les vécus et les corps, les champs de perceptions, créant ceux-ci du même coup. Ce ne sont pas les contenus qui tiennent la logique réelle, mais l'intentionnalisation, comme processus.

 

Et d'autre part en engageant, selon la foi, la guerre fondamentale s’acquiert du même coup le doute lui-même (ça n'est pas pour rien que Descartes s’adapte selon le doute tout puissant) mais surtout l'intentionnalité s'ouvre par cela à de formidables régimes d'exigences, en nombre indéfini et qui varient, de telle sorte que ce qui est en jeu ça n'est plus tant l’objet (de foi ou pareillement de certitude) mais la qualification, l’augmentation ou l'intensification (grecque et christique), l'accélération ou la densité (cartésienne et suivants, et post révolutionnaire) qui en résultent, de cette intentionnalité (et non de la déportation vers quelque objet que ce soit). Autrement dit on comprend parfaitement que selon la foi c'est l'intentionnalisation elle-même qui est une (grande) partie de l'enjeu.

Ce que Kant comprend par le nouménal n'est rien que l'intuition d'une mise en forme potentiellement plus adaptée à cette structure (qui ne peut plus se penser, cad en fait s’imaginer, selon l'être et le métaphysique) ; ce qui ensuite sera mis en chantier et en œuvre par Husserl jusque Lacan, en passant par Sartre, etc.

Dès lors ce qui sera « mesurera » c'est le retentissement que telle manifestation produira ; le christique est, déjà, dit, la plus grand manifestation possible qui nous soit accessible (au point que quantité d'autres avanceront, certes, mais dans l’imitation préalable). Cela s'effectue toujours d'un sujet et on a reconnu que la structure absolue, formelle, autant qu'elle nous soit atteignable est celle dite structure-sujet, celle de la liberté qui seule rend possible le possible, cad qu'il y ait des réalités dans la forme absolue du réel ; seul ce qui ex-siste, librement donc, possède les ressources de la plus grande capacité, celle qui est plus grande qu'elle-même.

 

Si on ignore cette foi décisive, on est perdu.

Répétons. Il n'y a qu'une seule puissance réelle, tout le reste, tous les mondes, tous les vécus, tous les corps sont largués dans la dispersion indéfinie et néantisante. Ce qui se nomme ailleurs le diabolique, la déconstruction du possible, ce par quoi le possible s'annule et dès il n'est plus que le seul poids des choses et des êtres, donnés, déterminés, et ceux-ci s’effondrent, continuellement. Il n'existe, réellement, que la Possibilité (ce qui veut dire l’impossible selon le monde, puisqu'il s'agit de la forme de toutes réalités) et hors cette possibilité tout s'écroule continuement dans la néantisation ; rien dans le monde, ni aucune intention ne peut être sauvée. Si on oublie ce rapide mouvement hors de tout monde, de tout vécu, c'est que l'on tente de pendre appui sur la réalité ou la vie et que rien de tout cela n'est réellement ; on ne peut prendre appui que sur le mouvement lui-même, l'exister.

Accompagnant le présent qui se déroule (et qui déroule toutes les réalités) mais cependant arrimés selon la structure dont nous gardons une trace impérissable, nous sommes rendus au monde et à la vie, et impossible alors d’oublier l’illumination, la révélation ou comme vous appelez ce qui vous est arrivé, l'intuition soudaine de la structure se communiquant à elle-même ; étant rapport elle se-sait, sans se connaître puisque son savoir n'est pas de l'ordre de la connaissance ; c'est ainsi que la révélation ou illumination ou cruauté ou dépression, etc, n'est pas en elle-même « oubliable » ; elle creuse la structure intentionnelle telle quelle, puisque ce qui s'oppose à elle, le statut, la position qu'un réel il y a, qu'une Intention plus grande enveloppe ou appelle, attire ou avance vers l'intention de chacun, qu'il existe une distance kantienne entre l'apparescence de tout et le nouménal en dessous, que la liberté est plus grande que le conscient, limité, que l'on en a, que le corps porte déjà une autre-surface, en bref tout ceci est inoubliable ; au premier abord cela semble déstructurer la structure, enlever à toute l'intentionnalité tous ses contenus, par un seul, autre, magistral, infini, décalé, inhumain, totalement externe ou totalement interne ; c'est que l'intentionnel se croyait destiné à un contenu, dont il était présumément la fonction et donc il s’aperçoit qu'il est, lui, la porte, mais qui ignore sur quoi elle est, dorénavant, ouverte.

Le paysage est tout autre, et sans correspondance ; aussi demande-t-il une autre architecture que ce sont attachés à élaborer les méta structures, cad en somme celles qui essayèrent de prendre en charge le réel ; le réel dont il devint admis, de gré ou de force, qu'il était mouvement (et on l'a vu, sitôt que l'on admet le mouvement, et on ne peut pas faire autrement, il n'existe plus que le mouvement même, et donc l'infini, certes, mais l'infini qui crée l'infini).

Dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel définissent les paramètres que l'on a pu expérimenté ; il faut supposer qu'a priori il y en ait d'autres, puisque nous touchons là, nous avons déjà atteint la borne, le Bord de tout monde, de toutes réalités et donc il est indéfiniment ou infiniment existant, non épuisable, aussi ce que l'on nomme « sujet » ou « dieu » ou « réel » ce sont des approches, non pas fausses du tout mais approchantes.

Ceci ne dit absolument pas si quelque réel comme dieu, le sujet ou l'universel (nous ne percevons vraiment que des universalisations, diverses et souvent bien moins qu'approchantes, approximatives et toujours ou souvent annulées et dépassées, y compris en sciences), si toutes ces structures donc existent en elles-mêmes... ça reste et restera une foi, ce qui veut dire une décision (à vous de voir jusqu'où pourrait porter cette décision, cette possibilité). Ce qui compte, ici, c'est que c'est seulement à ce niveau-là, à ce degré qu'est instauré le réel, ici même et maintenant, mais non forcément plus loin et plus haut.

En somme on pousse jusqu’au bout ce qui était présupposé jusque là. Et non plus en terme de contenus (dont on sait bien au fond qu'ils ne supportent pas, physiquement pourrait-on dire, le poids existentiel) mais de structure, que l'on adapte précisément à sa conformité ; la description de l'exister tel quel. Or l'exister est mouvement, ou donc « vivant » ou vaut-il mieux dire « existant », articulation en laquelle on doit entrer et avancer (étant un rapport il peut devenir en et par son propre ressort). C'est dans le pli du pli que se crée les infinis potentiels (ce pour quoi existe un « exister », qu'existe une ou des réalités).

Commenter cet article