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instants philosophie

La formulation verticale

22 Mars 2020, 09:35am

Publié par pascal doyelle

Si on se demande ce qu'est le réel, le réel est ce que l'on fait.

Ce que l'on fait réellement ; à savoir non pas ce qui se dissout dans le monde, le donné, la détermination, la composition qui tôt ou tard se décompose, telle qu'en sa nature même, mais ce qui dure et traverse toutes les déterminations d’une part et ce qui engendre de nouvelles possibilités ; parce que le réel est le présent, ce qui veut dire le possible ; il y a un possible parce qu'il y a un présent ou l'inverse comme l'on veut (puisque l'on navigue dans la structure celle-ci est lisible de différents points, étant entendu qu'il n'existe qu'un seul point et que celui-ci se déroule constamment ; acte pur, et brut ; et se déroulant il engendre la vague du présent qui rend possible une réalité).

On ajoute que le dit présent se retourne constamment ; il veut augmenter à chaque fois sa capacité et s'élever de plus en plus haut, grand, étendu, profond, creusé, instancié. Et par instancié il faut comprendre en somme que plus il se saisira ou sera saisi de la conscience de lui-même comme possible, plus il sera capable de. Ainsi « je suis celui qui sera ».

il s'agit donc de signifier au plus loin, et cela ne laisse pas libre cours à la fantaisie, à la facilité, à la chatoyance du monde, du vécu et du corps ; tout cela tombe vers le bas, amusant un moment mais qui n'oriente nullement vers le haut ; et il y a un haut, parce qu'il doit exister des stratégies ; se fixer sur son seul intérêt c'est ne pas intégrer autrui et donc descendre de niveau, d’exigence, ce qui veut dire de capacité et de possibilité.

Amusant un moment parce qu'il ne s'agit pas de claquemurer tous les vécus ; en aucune manière. Nous ne sommes pas dans une moralisation généralisée. C'est l'inverse qui est vraie. Nous sommes dans le stratégique ; ce qui veut dire que les faisceaux intentionnels doivent se répartir sur l'ensemble du spectre ; or on s’aperçoit que se facilitant la vie ici et là, on en profite pour oublier ou annuler ou nier et répudier tout le haut de la bande passante. La stratégie consiste à ne pas perdre le fil du haut ; c'est bien la différence entre la Loi (juive) qui doit être respectée point par point (voire une réglementation intransigeante) et la Foi (christique) ; vous pouvez profiter du monde, mais non pas en oubliant les plus hautes ou étendues possibilités ; vous pouvez jouir du monde mais sans perdre de vue un plan bien plus vaste, sans lequel du reste les petits plaisirs se dissolvent dans la décomposition ; c'est précisément et absolument cette vision d'organisation interne des faisceaux intentionnels et des réseaux intentionnels (autrui) que le christique pré-voir et met en place. Et ce en partant de l’origine, de l’origine structurelle ; à savoir l'intention individuelle.

Aussi lorsque l'on caricature le christique ou le déforme, on n'assume plus la perspective historique formidable et coordonnée qu'il voulut imprimer au mouvement, à tous les mouvements de conscience.

Il s'agissait d'un programme réel absolu, formel, de structure. La prise en compte d'autrui visait évidemment à installer l'universalité ; mais la logique de la foi (ce qui a pris ce nom, indépendamment de croire ou non) consistait à structurer chacun selon son Intention (et non plus selon la surveillance de la Loi, qu'elle soit extérieure de la part de la communauté ou intérieure pour son observance propre). Si vous commencez à suivre votre Intention (et ce applicable bien au-delà de la simple morale ou de la moraline) alors vous développez vos faisceaux intentionnels ; vous enrichissez votre possibilité. De même que lorsque l'on crée des récits, et bien sûr des romans (individualisés et individualisants), on commence de fabriquer des attentions, des capacités, des exemplarités, et surtout des significations (parce que le roman ne manie pas l'idéal mais le réel, la dureté du réel, la difficulté de la vie, la difficulté de se maintenir, soi, dans l'océan des vécus, des relations, du corps, des désirs, des images, des destinées, etc) ; le roman déploie, selon le réalisme, ce qui par le christique était parvenu à une représentation (auparavant les individus ne possédaient une vie reconnue comme telle ; à moins d'être un héros ou un philosophe, qui prenaient valeur par leurs actions ou par la pensée ; c'est la pensée ou l'acte héroïque qui vous distinguaient ; le christ vient déplacer le degré du réel ; chacun, indépendamment de tout ce qu'il peut, est en lui-même infini, possède à lui-même sa propre valeur (laquelle est tout l’enjeu de la définition possible qui est recherchée ; pourquoi chacun est-il absolu ? L’effet majeur de cette valeur intrinsèque conclut immédiatement à ceci,que dès lors chacun doit faire attention à lui-même, à ce qu’il veut ; ce qui revient à rendre bien plus complexe la réalité humaine.

Mais cette complexité étant fondée sur l’intention doit venir de et par et surtout pour chacun ; et c'est ce qui effectivement c'est déroulé ; chacun a immédiatement perçu l’intérêt supérieur de ne plus seulement dépendre des catégories des sociétés antiques (homme femme, riche pauvre, esclave libre, et toutes les autres). C'est ce que l'on nomme acculturation ; privatif (sans culture) et instruction, in-formation de chacun par lui-même, selon un nouveau calcul d'appropriation, qui passe outre l'unité du groupe (lequel avait en charge la représentation du monde)  ; comme tous sont des sujets cette acculturation a valeur d'universel ; l'universel trouve même par là sa véritable réalisation ; l'universel philosophique (la connaissance) ne table que sur la notion générale ; il s'utilise pour décrire adéquatement (élaborer des intentionnalités distinctes, ce qui ne se réalise que dans et par un système) mais ce moyen ne constitue pas du tout la fin ; la fin est de rendre intégrable, par elle-même, chaque conscience. La finalité de l’universel est de permettre le sujet en chaque individu. C’est le sujet qui est l'universel réel et absolument pas l'universel même, pas du tout le «discours », comme si ce dernier était en mesure de s'imposer de par soi, comme si il était le réel des réalités.

La priorité, la finalité de l'universel est de transcrire en chaque conscience l’organisation et l’auto-production d'intentionnalisations distinctes portées par l’individualité. Parce que la perception des réalités (et de la structure des réalités, cad le réel) ne s'effectue pas par elle-même, immédiatement, naturellement ; on ne perçoit pas comme un vivant (qui du reste a besoin du codage adn pour décoder ses perceptions) ; nous percevons en activant l'intentionnalité ; c'est parce que signifié, accolant une perception et un signe, que nous percevons et que donc par la suite nous mémorisons ; laquelle doit être entretenue, sinon la dite mémorisation se disperse ; de là qu'il y ait assaut d’œuvres (autrefois de religiosité), et pour nous de mass-médias ; la densité d’informations entretient l'individualité qui jadis (avant autrefois) était délégué au groupe ; on parlait, on mémorisait en communauté. Nous percevons via et par la distinction qu'opèrent les intentionnalisations, par le langage et les signes, en direction du monde, du donné, du vécu et du corps. Le monde comme horizon, le donné comme déterminations, le vécu comme segment naissance-mort, le corps comme autre-surface sur laquelle écrire les signes.

C'est donc par projection, pro-jection, que l'on perçoit et on dépend toujours absolument et instantanément du registre spécifique de l'arc de conscience, soit donc du moment historique ; projection qui, malgré ce qu'elle croit d'elle-même, ce qu'elle imagine, est non pas une réalité mais une réalité déposée par le mouvement de conscience, la structure, et déposée dans, toujours, le mouvement de conscience ; on ne sort pas de la structure de conscience parce que rien n’apparaît, pour nous, humains, hors de l'intentionnalité, hors de la mise en forme du donné, mais aussi du vécu et du corps, de la mise en forme intentionnelle qui accole des signes aux perceptions (et parvient ainsi à percevoir justement, distinctement, hors de quoi ce ne serait qu'une masse nébuleuse, de là que les esthétiques, des plus basses aux plus hautes, qui ouvrent la réalité massive au regard, tandis que les vivants disposent de leur propre mémoire, adn pour simplifier).

Or la perception du corps est tout à fait spéciale dans la série des champs de perceptions ; pour la raison que l'on ne peut obtenir la perception de son propre corps … On ne sait pas ce que l'on peut, ce que l'on veut, ce que l'on ressent, ce qu'il est ou ce qu'il sera (dans telle out elle situation) ; on l'imagine. Ce qui veut dire que l'on se trompe, se ment, s'illusionne, au doigt mouillé ou recevant les informations d'autrui ou de l'articulation du moment historique, etc. On n'a aucun accès « objectif » au corps dans son état ; c'est là que réside notre image, laquelle est seulement un interface, que l'on prend pour l'essence, l'identité (ou son destin propre) ; saisir que le corps est en fait plus grand que l'image qui le noue, c'est ce pour quoi s'opèrent les esthétiques, éthiques, idéels, philosophie, etc ; à condition que ces esthétiques, éthiques, ne soient pas des contreforts de l'identité elle-même, cad qu'elles ne la durcissent pas ; mais que ce soit ce par lesquelles on acquiert plus de souplesse, de labilité, de possibilités d'intentions ; ainsi le christique n'est pas une norme (ou une loi), mais en appelle à l'Intention (laquelle est constamment pardonnée ou si l'on préfère remise, relancée, en sorte que rien de ce que l'on peut dire ou faire dans une vie, ne l'éteint).

Le faire est ainsi très exactement l’intentionnalité ; non pas ceci ou cela que l'on agit ou que l'on décide ou désire, etc, mais tout le préalable à la décision, à l'action, à l'imagination ; ça se prend en avant et en avance, et au final et littéralement cela se décide de ce que tout à fait globalement vous attendez de vous-même, du monde, des autres, mais surtout et d'abord de vous-même ; le fameux « je ne peux pas changer le monde mais mon attente ou plus exactement ma manière de me saisir ou d'être saisi par le monde » de Descartes. Et ça n'est pas rien. C'est même l'essentiel ; parce que c'est cela m^me que le christique lance, historiquement, et que c'est ainsi que tout commence.

Si le groupe, la communauté ne vous instruit pas, ne vous in-forme pas ou plus, alors vous relevez de vous-même. Et donc il est impératif de créer l’élaboration intentionnelle qui en se représentant commence de naviguer en tous ses méandres, ses possibilités, ses champs de perceptions qui ne sont plus liés et établis par le groupe. De là que scientifique j'ai accès au donné (sans l’intermédiaire du groupe humain), philosophe je peux penser de par mon effort, créateur je peux fabriquer des systèmes de signes non ritualisés et échappant à toute unité d'une quelconque communauté, etc. Et, marchand ou entrepreneur je peux produire ou échanger hors de tous interdits, divers et variés ; le libéralisme c'est cela.

Ainsi donc ça n'est pas un hasard, du tout, si le christique, qui inaugure la résolution, potentielle, possible pur et brut, la résolution individuelle, crée l'Intention ; il dit simplement que le réel c'est cela. L'intention. Et donc pose la question : que voulez-vous Vraiment ? Ce n'est pas autre chose en philosophie ; et dans les deux cas il ne peut pas s'agir seulement de changer d'objets, donnés dans le monde (le pouvoir, l’argent, la gloire, l’égoïsme, l’intérêt immédiat, etc), mais de remonter bien au-delà et de cibler une autre organisation 'mentale' si l'on veut ; en réalité organisation intentionnelle ; il faut modifier les séquences d'intentionnalités et engager de nouvelles et de possibles structures qui n'existaient pas encore à l'époque, même durant l'antiquité (et ce malgré les coups diversifiés des éthiques et des représentations grecques ou romaines, et malgré la grande variété des cultures méditerranéennes ; la nouveauté est de puiser, enfin, dans individualité, et son accès au donné là, le monde (grec), le vécu (christique) ; aucun groupe qui se communique à lui-même n'atteint le monde donné là ou le vécu ou le corps (qui est toujours telle ou telle catégorie, tel ou tel rituel, telle ou telle représentation partagée et fixée). Dans l'individualité ce qui veut dire dans la structure de conscience (et non plus dans les contenus, les mondes, ou les catégories, les identités).

Et l'individualité ne tient que de ceci ; qu'elle se meut. De même que Platon définissait notre être par la capacité de tenir en lui-même son mouvement (il n'est pas propulsé ou poussé de l'extérieur, de quelque extérieur).

Ce que l'on doit préciser ; ça en veut pas dire que l'on se passe du corps ou du biologique ou du vivant, de même que l'on ne passe pas outre la perception (si tant est qu'elle existe en soi, les animaux perçoivent mais selon leur adn, leur code ou quelques apprentissages ou un peu de langage ou à la base selon la modalité de leur organes de perception, comme une mouche si on est une mouche). On intègre la perception qui nous est donnée ; quitte à inventer les moyens de percevoir l'infrarouge par exemple, dont on n'a aucune intuition autrement. Ainsi on, cad la surface autre du corps, intègre la perception, le corps, le comportement, les gestes, et tout ce que l'on voudra ; les signes et l'intentionnalité qui découpent la réalité, massive si l'on veut, viennent en plus et s’ajoutent en absorbant tout la perceptivité (de où qu'elle vienne, d'outils ou naturelle). Comme nous n'avons plus affaire à une quelconque substantialisation ; la pensée versus le donné ; il n'y a aucune raison d'opposer la nature de la perception du vivant et celle de la structure intentionnelle de conscience ; où voulez-vous qu'existe une conscience sinon à partir d'un corps ?

On a dit à-partir d'un corps, sans préjuger de ce qu'elle existe ou non selon son propre tracé d'arc de conscience ; on dira pour faire court, ici, que l'on admet absolument, parce que formellement, que la réalité existe dans le réel et que le réel est dimensionnel (l'être est dans l'exister qui existe, qui ex-siste).Ou donc que les immanences existent dans (et par) la transcendance, qui seule existe en propre, mais dont on ne sait pas en quoi elle consiste et ce d'autant plus qu'elle est en cours (je suis celui qui sera, qui est en cours d'exister) : sinon que cette dimension nous paraît selon les perspectives que les plus possibilités étendues du donné, et de notre corps, nous offrent. On se perçoit par le haut. Ou selon l'en-avant. De même que la réalité se réalise par le devant ; raison qu'il y ait un présent, que la forme de la réalité soit le présent, originel.

Donc ceci coupe la totalité du donné, du monde, du vécu et du corps par un plan vertical ou horizontal (mais l'horizon qui se dresse là-bas au bout est lui-même absolument vertical, il contient n'importe quel monde, quel contenu, il est ce sur quoi se détachent les réalités, les perceptions, les vécus, les corps). Par l'horizontal ou le vertical on signale, indique le Bord. Et le Bord ainsi signifié est en fait interne ; interne à la structure, en tant qu'il est le Présent ; il n'y a en effet aucune borne significative à ce que l'on nomme l'univers (qu'il soit infini ou sphérique ou autre) ; la borne de l'univers est le présent, cad sa structure réelle interne à cet externe (indéfini ou infini, peu importe, puisque le principal est de discerné qu'ici et maintenant, en tout ici et maintenant le présent est l'exister lui-même, cad la transcendance. Lequel présent est interne donc (et non en aucun cas « intérieur », il est interne en tant que structure, qui délivre tout l'externe, qui n'est pas l'extérieur) qui ouvre en et comme externe effectivement là ; il y a une réalité parce qu'il y a un plan interne absolu, cad formel ; ou donc en raccourci un Rapport qui rend possible des rapports, des choses, des déterminations ; il est de la nature même du Rapport d'engendrer des rapports ; les dites déterminations sont insaisissables « en elles-mêmes », il n'y a pas de « chose solide » mais des mouvements, cad des rapports, ce que Badiou appelle le non-être du multiple par ex, ce qui n'est guère compréhensible comme tel ; comment du « non-être » serait-il multiple, cesserait-il d'être ce qu'il est, cad rien ?

L'hypothèse du Rapport qui rend possible les rapports (que sont les choses, le multiple) est fondé sur le principe général que le réel existe ; qu'il est mouvement, et qu'il n'y a pas de « non-être » mais des rapports entre les choses, au sens où les choses elles-mêmes sont constituées de A à Z par des rapports ; et que donc tout cela ne tient que parce que cela seul qui existe est le Mouvement. Si le réel était de « l'être », où serait-il ? Il n'y a du réel que parce qu'il se meut, mais si il se meut alors il se meut constamment ; sans jamais s'arrêter. Le réel est la structure, le mouvement, qui meut cela qui est, les choses et les êtres, se tenant seconds et comme effets, images ou miroirs seconds du miroir unique, et rapports qui décuplent la possibilité du Pli par tout l’ensemble de ces plis-dans-le-Pli. Et donc la finalité est que le réel se rend lui-même de plus en plus élevé. Vers le haut. Il n'y a pas à proprement parler de « bas » ; tout est dans l'attirance vers le haut, et vers de plus en plus de hauteur, ou donc de distinctivité. Il n'y a pas de multiplicité indistincte, tout est soutenu par le rapport des rapports. Et donc forcément en mouvement.

Mais à rebours, ça n'est pas une distinctivité selon le monde, parce que l'on sait où finit le monde ; dans la disparition. La détermination est condamnée à disparaître (elle déterminée, cad finie, comme il se disait autrefois). La distinctivité de la structure( ce qui permet, rend opératoire qu'il y ait distinction dans le monde, la réalité, ou dans le réel, la forme) depuis qu'elle est parue sur la scène (les grecs qui l'augmente selon l'universel, et le christique qui l'intensifie, sans l'attente de Descartes qui l’accélère, en chacun, de la révolution qui déploie cette accélération, intensification et augmentation, aboutissant à la concrétisation, la densification, du monde (politique), du donné (sciences par ex), du vécu ou du corps, individuellement comme réel effet de l’universel, une société universelle sans vie individuée est absurde, communiste selon les besoins génériques et non pas selon les désirs personnels), la distinctivité apparue laisse l'espace dans l'errance ; c'est le Bord qui est réel non l'étendue, et donc hors de la forme de la réalité (du donné, du monde, du vécu, ou du corps), forme qui est Le-Réel, on erre, on vagabonde au mieux, comme Rimbaud, on est de fait dans le monde sans-lieu ; et laisse la vérité hors des choses, mais selon l'horizon de toutes les choses, sans contenus mais selon la forme de tous les contenus. Voir donc les analyse de Le Coz ; le monde est livré à l'errance indifférente (Kérouac par ex ou Céline, qui manifeste l'autodestruction de tout) tandis que la dernière quête (qui n'était errante) c'était celle du Graal ; qui constituait également la vérité des choses possibles dans le monde ; avec Don Quichotte il n'y a plus de Graal, mais du kitsch et son obsession, sa folie, la dérision (entre autres aperçus, on ne va pas faire le tour des treize volumes de L'Europe et la profondeur).

Mais qui ne voit pas que le Bord, lui, est effectivement réel, qu'il est le Réel lui-même, en personne si l'on veut. Le christique ne s'est pas retiré du monde ; puisqu'il y existe mais « en esprit ». de même le sujet si il attend de lui-même qu'il soit un Moi (cad qu'il soit heureux, satisfait, comblé) perd son temps ; il ne s'agit nullement de se réaliser durant sa vie (aucune vie n'y parvient ; parce que ce que l'on veut, vraiment, n'est pas de l'ordre du monde, mais antérieur à tout monde ; nous sommes un pli (de conscience) dans le Pli (du présent). Un arc arcbouté sur l'exister pur et brut.

On comprend d'autant moins notre incompréhension que tout dans notre historicité indique, signale, signalise, repère, cartographie le, les passages ; toute œuvre n'indique pas une perfection du monde (de cet objet, de cette chose, serait-elle La-Chose) mais a pour finalité de remonter dans le regard et de remonter ce regard, en oriente la re-Création ; c'est pour cela que les œuvres sont faites ; et lorsqu'elles indiquent le désespoir c'est de l'ironie ou l'humour d'un sujet qui, lui, est absolument certain d'exister ; le regard de Kafka était la mise en forme comique des tribulations sociétales, d'un sujet, K. ayant complètement perdu les pédales, désarçonné, déréalisé ; il lui était impossible de suivre le chemin puisqu’il n'était jamais parvenu jusqu’au réel ; il se vivait hors de la forme qu'est le réel, puisqu’il se tenait dans, de et par le monde, il court parmi les autres en croyant qu'au-dehors existe une résolution ; évidemment soumis à la culpabilité, à la Loi (alors que le christique est venu ajouter que "non, ça n'est pas loi, c'est la foi" ; autrement dit ça n'est pas l'acte jugé mais l'intention à jamais remise, reprise, relancée, renouvelée).

Or donc le monde (le vécu ou le corps ou le donné pour les sciences) n'est que le début de l'exister, la formulation malaisée. Et dieu, la pensée et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel introduisent, participent, engagent vers, dans et par le Créé, par les extensions des extrémités, celles qui furent ouvertes, créées comme perspectives du possible (éthiques, esthétiques, politiques, idéelles (connaissance), humanisation, personnalisation, sujet, révolution, qui doit être pensée et non pas seulement une "agitation", un "énervement" et penser comme organisation mentale cad intentionnelle, ce qui eut lieu au 18éme). Ce qui est la véritable destination de tout. Créer (ou continuer le Créé) la structure, puisque c'est elle qui perçoit.

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