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instants philosophie

Ceci qui existe

11 Avril 2020, 09:17am

Publié par pascal doyelle

On va établir cela dans les grandes largeurs et assumer la substantifique moelle comme on dit, et puis lancer les perspectives potentielles évasives du réel (Parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver).

On a donc décidé de considérer le réel comme se situant très exactement ici et maintenant, selon cet instant qui dure et que l'on nomme le présent. Le présent est le (seul) réel en lequel tout se déroule. On n'admet pas du tout que le présent soit ce vague résultat des choses qui deviennent mais que toutes ne deviennent que par et dans et selon le présent ; il n'existe qu'un seul invariable absolument certain c'est l'Instant qui déroule toutes les réalités.

Il n'existe qu'un seul Instant dont on ne côtoie que la moindre surface, le présent, et dont on ignore jusqu'où cet Instant se dimensionne. Il est la verticale qui déroule les mondes (et les vies). L'Instant ne nous quitte jamais. Il est le Rapport de tous les rapports, le Bord des mondes, des vécus et des corps. Il est formel, donc unique, et tient dans son intention, son regard l’ensemble de tous les champs de perceptions, que sont les réalités données, les réalisations intentionnelles et les décisions et les stratégies des libertés (si l'on veut une illustration, dieu est le système des libertés, René). Ainsi n'importe quel moi n'est nullement son corps (sinon il n'aurait aucune conscience du corps ; il le perçoit du dehors), de même que le monde est l'horizon toujours s'éloignant ; on peut reculer de cette manière indéfiniment (on ne sait toujours pas si l'univers est infini ou non). Mais peu importe parce que la « limite » de la réalité est le présent ; elle est interne à toute réalité.

Et pour un moi-même, cette limite est son arc de conscience par qui apparaissent les réalités ; un arc de conscience sort de la cervelle vers le donné là et signifie, colle des signes aux perceptions et ouvre de cette façon quantité de champs. Évidemment il se fait entrer, se promeut lui-même dans son propre champ ; el contraire serait absurde et bien sûr est démenti par les faits.

Lorsque l'on ne comprend pas cette auto-positionnement, on croit souvent que ne connaissant pas « tout ce qu'il se passe » nous ne sommes pas libres, mais la liberté existe indépendamment de la connaissance ; c'est pour cela que l'on nomme la conscience de soi comme un se-savoir (quel que soit ce « soi »), et non comme une connaissance ; sans ce pied de biche, ce forçage dans la réalité, le vécu ou le corps, qu'est l'arc du se-savoir prééminent sur quelque contenu que ce soit, il n’existerait pas même la possibilité de « connaissance » ; ce serait comme de prétendre que l'information ou la pensée contiendrait en elles-mêmes « la-conscience », c'est absurde ; il y a connaissance ou langage parce que consciences ; connaissance ou langage qui sont des systèmes de signes, des rapports qui sont produits par un Rapport, un arc qui tisse des signes et des perception, et des émotions, et des images, et des gestes, etc.

c'est l'analyse de ce Rapport qui contient ou produit ces rapports qui est en jeu (depuis le début de la philosophie, religion, représentation, etc). C'est bien pour cela que l'on se saisit jamais « en soi » les choses ou notre être ; il n'y a ni choses ni êtres d'abord mais seulement secondement ; il y a l'exister, le présent, le mouvement, et ce petit-mouvement qu'est cet arc (qui est une tension), et ensuite seulement des choses ou des contenus (de conscience). Il s'agit en somme de comprendre ou à tout le moins de dessiner cela qui crée des rapports (les choses sont des rapports ou des champs de perceptions, des déterminations, c'est leur définition même).

Alors, pour principe, il est possible que chaque arc de conscience ne veuille tenir qu'à lui-même ; c'est tout à fait faisable et pour le dire habituel et quotidien. Mais plus vous investissez sur une performance étendue, plus vous passez du cercle connu de votre moi-même, au cercle extensible du sujet, qui, lui, peut se rendre apte à visualiser des réseaux agrandis d'intentionnalités ; le sujet peut tout aussi bien penser mathématiquement qu'instaurer une Constitutionnalité des sociétés ; mais cette augmentation de l'attention, de l'intention, qui vaut pour de telles gigantesques élaborations valent aussi pour le moi, pour le vécu, pour la vie elle-même, et c'est ce que l'on nomme la transformation de la vie (donnée) en l'Existence (par l'appel de l’universel, de dieu, du christique, du sujet, de la révolution, de l’œuvre, toutes les sortes d’œuvres, etc). Ainsi est-il évident que approfondissement de la conscience du « soi » dont on a dit qu'il est un rapport à (soi) dont le « soi » n'est pas une identité, quelconque ou héritée, mais est le rapport lui-même comme évidence aveuglante et infinie).

 

De l'exister

Et de sorte que (sautons les étapes diverses et variées) le réel est splitté, divisé, séparé, autre, distinct. Reprenons ; la division n'est pas ce qui arrive à quelque chose qui serait par devers. C'est parce qu'il y a division, purement et rien que division, cad articulation, distinction, splittage qu'il y a des choses, des êtres. L'articulation est cela seul qui existe, le reste est, et est effets de l'articulation mais n'existe pas ; ou donc tout est perçu à partir du Bord et ce Bord est l'horizon, ce qui veut dire le présent (les choses sont des champs de perceptions, des déterminations qui se connaissent, si l'on veut ; elles sont et se développent parce qu'elles se « voient ». Ce que l'on formalise très simplement ; il est quantités d'immanences, et ce dans l'unique transcendance. Ou donc ; il y a des quantités d’êtres, de mondes, d’univers peut-être, mais un seul exister.

L'exister ne peut pas se remplacer, par quoi que ce soit, et le fait d’exister est en lui-même un et unique. L’ensemble de toutes les réalités ce sont les plis dans le pli unique et qui, donc, constitue en lui-même la dimension. Soit celle du Réel, ou si l'on veut celle de la Possibilité. Le réel est la possibilité, parce que sinon il n'y aurait pas de réalités ; le Un monolithique serait peut-être, parfait, clos, inerte, immobile ou ce que l'on voudra, mais il n'y aurait alors aucune raison, étant parfait et inerte, que le Un monolithique devienne en quelque manière que ce soit, toutes ces réalités.

À rebours, si réalités il y a et si donc le Un est justement qu'il y ait réalités, en nombre indéfini et peut-être, sans doute, en nombre infini (puisqu'alors l'infinité ne limite plus le réel, on verra pourquoi) alors si tel est le cas (et tel est le cas) c'est que le un devient ; la perfection n'est pas l'inertie mais le déploiement, ce qui veut dire, aussi, le possible pur et brut. Mais si le possible pur et brut est le réel, alors le possible est toujours indéfiniment ou infiniment possible. Aussi le présent est la clef et la porte ; le dedans et le dehors ; l'intériorité et l’extériorité.

En clair cela veut dire que le présent est « cela qui revient sans cesse » sur lui-même, non pas sous la forme, incompréhensible, de l'éternel retour (du même), mais de l’infini retour du distinct ; chaque fois qu'il revient sur lui-même le présent (cad tout) se modifie et avance. Et la perfection es précisément de re-venir, de venir (comme la toujours première fois ; comme nous sommes sortis de la détermination (qui consacre seulement tel ceci ou cela à chaque fois), le présent, qui est purement formel, re-vient sans que la différence soit opposé à ce dont elle diffère ; la différence est dedans, dedans le mouvement, parce que la différence est le mouvement.

Sinon comment comprendre que tout ce qui « est » soit relatif à l'exister pur et brut, au présent, qui est ce par quoi une réalité il y a, soit relatif au mouvement si le mouvement n'est pas justement la structure même du réel ?

Le fond de tout ce qui est ne peut pas être un être ; qui est déterminé, ce que Heidegger nommait l'étant et l'être comme super-étant et non comme l'être en tant qu'être, ce que, entre parenthèses, dieu ou l'être ou le un n'a jamais été mais que Heidegger comprend non comme une Intention (dieu), une augmentation de l'intentionnalité (les idées) ou la forme même (le un, le rapport) mais qu'il caricature comme « pensée rationnelle » entendant par là « rationaliste » amalgamée à la technicité, par ex via la mathématisation cartésienne ou l'humanisme du droit. L'amalgame heideggerien veut surtout subvertir l’ensemble de organisation intentionnelle (celle qui tient toute la civilisation, que l'on a nommé acculturation ou ré-anthropologisation, tenue par dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution liberté-égalité, etc) et ce au nom d'une pseudo évidence d'un « être » donné là qui serait finalement une identité, et non pas, non plus la distanciation que signifie, que comporte, qu'intègre l'articulation occidentale qui est la nôtre ; à savoir donc que Heidegger (comme d'autres) regrette une « unité » substantielle (qu'elle se nomme le peuple, la langue, l'esprit local ou la nature humaine, communiste des besoins ou libérale des désirs, qui certes rend possibles les mois mais non pas le sujet dans le moi), mais le regret de cette unité substantielle, cette identité ne voit pas, ne perçoit plus que la grande invention ontologique (qui rendit possible les grandes créations et humanisation et la personnalisation) n'était absolument pas une essence ou une identité mais une division, une altérité interne, une possibilité en plus toujours en plus ; on y reviendra.

 

Le réel ne peut pas être un être mais n'est évidemment pas non plus un néant  (ou un succédané tel le « sens de l'être », tel Heidegger, ni même le recul indéfini de la question, le progrès infini kantien).

Donc le réel, qui n'est ni être, ni non-être, est une forme et cette forme peut s'exprimer ; c'est une forme et non un sens ; il n'y a pas quelque chose qui va se réaliser dans le présent, dans le temps, le temps est cela même qui se réalise parce que le « temps » n'est pas, ni n'existe, il est la forme de ce qui est ; il est l'exister de l'être. Le temps n'est pas, puisque le présent, lui, existe et est cela seul qui existe. Et la plongée s'effectue vers, dans et par le présent qui étend partout sa réal-isation. Il n'y a pas quelque chose qui se déplie, mais le pli lui-même ; dont on ignore la nature en soi et dont on constate seulement qu'il est, ce pli, ici et maintenant le présent, supposant qu'il est une dimension en lui-même ; cad cela même qui rompt et est plus grand que l'espace et le temps connus ; le centre de tout ce qui est, est le présent, qui doit être compris aussi comme le Bord de toute réalité.

 

Et cette forme peut s'exprimer mais bien plutôt elle doit et elle s'exprime de fait ; comme réalité, et donc réalités ; les immanences emplissent la transcendance, il y a immanences afin que la transcendance se perfectionne, les immanences sont les champs de perceptions de la transcendance ; ce qui est Intention est instantanément des contenus et cherche au travers des contenus à se rendre encore plus réelle, encore plus parfaite. La perfection veut atteindre encore plus de perfection (ce qui est la réelle perfection) et use de toutes les réal-isations, les choses, les êtres, à cette fin.

L'être dans l’historicité n'a jamais été en réalité institué comme tel ; dieu, l'être, la pensée, le un, le christique, le sujet et toutes ses variations, ne sont pas monolithiques mais des structures dessinées formellement qui étant formellement acquises ouvrent les champs de perceptions tout au long de cette historicité ; ainsi le christique ne se reconnaît jamais complètement dans les églises, le logos dans les systèmes, le sujet dans les individualités, ou dans les constitutions des sociétés ; la structure se tient en avant, en regard, autre et décalée et c'est elle qui rend possible d'envisager à chaque fois plus loin, plus grand , plus profond, plus réel.

Aussi l'envie de chosifier en une identité ; heideggerienne ou sociétale ou naturaliste ou rationaliste ou idéologique ou idéomaniaque mais aussi en une obsession ou une hystérie pour le moi, qui, lui également se fige sur ses contenus, en ces atermoiements bizarres qui le cristallisent, qui fixent son angoisse, pourtant incontournable et dont seul le sujet le libère ; toutes ces incrustations terminent dans le néant de la dispersion (ce à quoi se destinent les déterminations de la réalité). N'est reprise et relevée que la distanciation, l’articulation, qui réclame à chaque encore-une-autre-conscience pour avancer plus loin, et Descartes soulèvera dieu, et Kant soulèvera Descartes, et Hegel élèvera tout le monde, et Husserl creusera l'intention perceptive pour chacun d'entre nous, et Sartre et Lacan approuveront le réel de notre être qui n'est pas un « être » et le manifesteront pour tous les suivants.

 

Ce qui se signifie autrement ; il n'y eut pas un rationalisme naturaliste et réaliste mais un rationalisme hyper objectif et structurel qui ne laissait absolument pas du tout le réel, la conscience, le sujet et la clarté hors de son rayon d'activisme augmenté, intense, accéléré et densifié (soit donc l'universel grec, le dieu juif et le dieu en plus chrétien, le sujet et la révolution). Il ne s'agissait en aucune manière de la version certes adaptée au monde, au vécu, au moi, mais abandonnant dans indifférence et l'annulation, la capacité, la possibilité d'attention instanciant dans le monde et la vie la grande stratégie de l'Existence pure et brute, annulant l grande formulation au profit des petites tactiques, efficaces mais sans agissement ; on se contentera en effet d'exploiter le monde et les vivants, les images et les psychismes.

Et ce rationalisme hyper objectif consistait justement à prendre au sérieux l'ensemble des possibilités ; de là qu'il, que la philosophie se soit mêlée de tout ; physique ou esthétique, psychologie ou historicité, liberté et phénoménalité du monde ; puisqu’elle est la discipline en charge d'explorer le hiatus, que la fin des mondes particuliers libérait, dans et face au monde donné là unique et universel (situé en dessous de tous les mondes humains). Pourquoi y-a-t-il « de la pensée » ? Et donc en conséquence, pourquoi sommes-nous capables de produire des contenus, et non plus de seulement recevoir un contenu tout-fait comme auparavant attenant à chaque monde humain spécifique ? Comment peut-on fabriquer un contenu suffisamment organisé qui ne soit plus particulier ?

De même que se posera la question ; comment puis-je, comment est-il possible que je veuille ? Que je décide, que je sois à moi-même conscience de moi-même ? À quoi cette conscience s'adresse-t-elle et comment étendre son registre, sa capacité ? Pourquoi suis-je en plus de ma propre mort ? Et donc de ma propre vie ? Pourquoi cette interrogation transforme-t-elle ma vie, vivante de ce corps, en Existence, vivante en ce corps ?

Les questions sont non seulement fondamentales mais absolument cruciales ; si il est vrai (comme on le soutient ici) que le réel est le Bord du monde (de tout monde, de tout vécu, de tout corps, de toute perception, de toute intention) alors ces questions nous conduisent instantanément sur et par et selon et pour ce Bord lui-même ; nous y sommes placés non plus dans le monde (comme dans les anciennes humanisations, celles du groupe-parole-mise en forme culturelle), ni même au centre du monde (comme un logos ordonné, cad un cosmos), mais sur le Bord, lequel est dès lors et évidemment le Bord unique de tout (ce qui est connu et inconnu), sur le fil ou selon le Pli qu'est l'exister (dont le présent est la variation que nous saisissons ou pour mieux dire qui nous saisit).

C'est donc pour et par cette raison que l'angoisse, absolue, nous prend toute l'âme ; il en va de notre décision de ce que par « le-réel » il faut comprendre.

Rappelons que si le réel est le présent, ce qui veut dire le mouvement, alors le mouvement est le réel ; et la nature même du mouvement c'est qu'il ne peut pas cesser de se mouvoir, et que c'est intrinsèquement (et non pas d'une simple qualification) que l'on annonce le réel comme perfection ; la perfection est ce qui se modifie, s'est modifiée, se modifiera. En clair : il dépendra toujours des décisions des sujets d'élever encore plus haut la perfection du réel.

Ce qui est plutôt bien c'est que toute déchéance sera certes dommageable pour celui qui y et en succombera, mais toute dispersion se perd par en dessous et tombe, de sorte que la constante est celle-ci ; ça ne peut que s'élever.

C'est en ce sens là que le mal, la déchéance, l'erreur, la faute ne sont pas, étant de la dispersion ; seul ce qui s'élève existe, parce que tout le reste, hormis le mouvement, n'existe pas. Tout le reste est, et est donc en tant que déterminé, mais, de cela, tombe. Il n'existe donc à proprement parler que l'élévation ; le reste s'anéantit. Ça n'était pas fait pour durer. L'univers entier n'est pas fait pour durer, tout ce qui est en cet univers est déjà-toujours effacé ; ne demeure que les mouvements. Et il dépend, donc, du mouvement que chacun voudra bien s'imprimer qu'il soit happer vers le haut.

 

Et l’étendue totalement mirifique du christique tient en ceci que l'on ne sait pas comment cela se mérite, comment cela réussit, comment il est possible de basculer de plus en plus possible vers le haut, cul par dessus tête. Ça n'est pas limité comme dans la pensée grecque (ou quelque théorie que ce soit antique ou moderne ou contemporaine, et quelque « mérite » apparent, et admiré selon le monde et le pouvoir et la richesse, etc), dans la pensée grecque qui seule nous sauvait, nous augurait d'une conscience absolue (bien que dans la pensée grecque on ne sache pas trop ce que cela signifie puisque le problème n'est pas posé réellement ; c'est seulement par le christique, la conscience de soi individuelle du sujet, que la problématique se produit, s'élabore, se crée). Et dans la pensée grecque la valeur se méritait, d'un héroïsme, d'un courage, d'une force.

Le christique nous dit que c'est l'amour.

Ce qui est proprement si difficile de définir, de visualiser, d'intentionnaliser, que nous nous retrouvons à la traîne d'une Révélation, dont on ne sait vers quoi ni comment elle nous mène. Ça ne sera pas nécessairement de penser ou de se conduire universellement... c'est autre chose, bien que l'on se doute que toute intention simplement universelle incline déjà dans la véritable direction, mais est-elle suffisante ? Lorsque l'on se décentre de soi (en quoi consiste la base de la conversion en l'universel) est-ce vraiment par abandon, détachement, humilité, dépouillement, abnégation, charité ? Ou est-ce encore une image de soi dans le miroir et non pas le miroir lui-même, ayant à réfléchir le miroir christique, notre regard dans le Regard du un tout-seul ?

On ne peut pas décider ou penser ce que par "amour", christique donc, il est possible de comprendre ; c'est au-delà ; c'est le "plus" de cet en-plus que présente déjà le surdivin, le dieu qui s'ajoute à dieu, le dit jésus. On y reviendra.

Il faut, il est impératif, ontologiquement (cad relativement à la structure même de ce que l'on peut) porter une attention infiniment soutenu à la difficulté du problème ; que veut-on vraiment, qu'a-t-on réellement de l'existence , quelle est la réelle intention qui nous pousse, la vision qui nous attire ?

Que veut-on vraiment, est la question christique dont on ne peut pas se débarrasser, que l'on croit ou non, et au moins le christique nous permet-il de saisir qu'il s’agit d'une question infiniment difficile à laquelle on ne peut pas, on ne peut répondre par une motion consciente et assurée d'elle-même (parce que cette assurance n'est qu'une tromperie, une image, un prétexte, un mensonge, un abaissement).

Et donc c'est seulement au fondement de notre civilisation (devenu mondiale depuis les révolutions, qui n'en sont qu’une seule, et encore plus mondiale depuis la mass médiatisation absolue) que l'on peut remonter de la décision qui doit, absolument, être prise à l'Intention qui préside à cette décision et qui, elle, cette intention, n'est pas du tout situable ; elle est indéfiniment remise, et indéfiniment relancée ; elle ne peut pas être jugée, elle sera à elle-même son propre jugement, (et le christique ne fait littéralement que tendre la main ; il ne peut que prendre l'élévation, et ne rejette rien de quoi que ce soit ; et cette Intention que l'on existe, dont on ne sait pas le fin mot, elle (s')étendra à partir de son propre mouvement et il est de la nature du mouvement de n'être pas « soi », un mouvement n'existe que par ce qu'il lie, relie ; ça ne sera donc pas à partir du moi, qui imagine qu'il « est », alors que précisément non seulement il n'est pas, mais l'être lui-même n'existe pas, sinon comme seconde partie dans le mouvement même du présent, durant ces courts moments propres à chaque partie de monde. Aussi à partir du moi (ce qu'est tout le monde, chacun ; il n'est que des mois, sauf le Bord en chacun des mois, leurs sujets en propre, un par un) le sujet se démène pour tisser de considérables faisceaux, et sans doute aucun des réseaux intentionnels. Une œuvre n'est pas ; elle existe afin que les regards puissent s'élaborer ; les œuvres, esthétiques, éthiques, idéelles, philosophiques, politiques attirent et forcent ou rendent possibles aux arc de consciences, aux Intentions de se perfectionner, d'entrer en perfection. La vérité est que, évidemment les mois sont, mais ce sont les tracés du sujet et les tissages de ces tracés qui constituent le réel. Quantité de sujets ont élaboré, organisé, architecturé quantité de tracés et de tissages.

C'est ce que nous nommons notre civilisation et ce qui est désigné, au plus strict sens, ici comme acculturation généralisée et donc individualisée ; sa finalité, élaborer la plus précise architecture singulière pour chacun et relationnel pour tous, des tracés de structure, des tracés de mouvement, que chaque arc ex-siste et décide selon l'insondable précision existante.

La précision est à ce point soutenu que l'on comprend bien qu'elle va s'avancer jusqu’au cœur, jusqu'au corps des mois, dans les plus petites différenciations de perceptions et ceci non pas comme système grec de copier-coller de l'ordre du cosmos, mais aussi jusqu’à créer des images non simples, des images plus que complexes, des images-retorses, qui contiennent le splittage de notre Intention, de sorte qu'enfin, au lieu de seulement dupliquer le moi indéfiniment par des images valorisantes et pauvres voire emplies de noirceur et de dispersion ontologique, on obtient une œuvre (comme dite selon les œuvres ci-dessus) qui ne répète plus notre moi (en lui offrant un abaissement d'image) mais un réel de sujet plus étendu, plus investissant, plus engagé, non pas dans les contenus simples, complexes, retors (il ne faut pas une littérature de propagande) mais dans et à partir du point externe de perception ; de sorte que tandis que se déverse quantité d'images d'abaissements et de noirceur (qui emplissent le cinéma et les séries, les tv shows et l'exposition généralisée, ce qui signifie l'humiliation, qui est l'inverse de l’humilité) il surgit soudainement qu'au cœur d'une désorientation d'une cruauté inouïe la structure réelle se réaffirme suprêmement ; elle paraît au cœur de l’abaissement et de l'horreur encore plus suréminente lorsque le point-autre se sait ne s'être en vérité jamais perdu. Parce que le point-autre ne peut se désorienter réellement ; parce que le réel est plus grand que toute réalité et l’existence plus grande que toute vie et le sujet bien au-delà de tout moi.

dont l'exemple reste pour nous Rimbaud (tout est exposé, enfer et paradis, allégories et métaphores, ellipses invraisemblables et désorientations, essences de l'historicité et brutal vécu hyper individualisé, à partir du point le plus externe qu'il put réunir et tenir, quelques mois durant). Du fait, unique, invisible et massif du Point-autre acquis et autorisant un renouvellement de tous les champs de perceptions à sa portée, on sort de la littérature de contenus (qui sont des images, plus ou moins idéales ou maudites, éphémères ou convenues) pour entrer dans la dimension du renouvellement de structure ; c'est ce que l'on a nommé conversion ou foi (conversion pour dieu, l’universel, le christique, le sujet, la révolution, cad l'exigence de liberté-égalité).

Il est fondamentalement crucial de cesser de croire en quoi que ce soit qui ne désigne pas, ne signe pas, ne signale pas à quel degré d'incertitude et de possibilités se produit notre Intention et ce jusque dans les intentionnalités de la vie, et les intentionnalisations des œuvres (de toutes les œuvres comme sus-dit, esthétiques, politiques, etc). Tout énoncé de l'intention (qui réclame donc votre sincère ou transcendante intentionnalité propre) est in-certain (de toute manière tout autre énoncé que celui-là soit disparaîtra, soit ne servira à rien, cad ne servira qu'à propulser la dispersion, le mensonge, l'illusion).

C'est qu'il faut bien comprendre que certain énoncé passe outre le statut de mensonge ou d’illusion ou de disparition ; ils sont « là », tels quels et absolument originels, ce sont des Faits structurels massifs, ce qui veut dire ramassés, concentrés, emplis de pur possibilité. Bien que glissant constamment du parfaitement distinct à l'indistinct ; la raison en est qu'ils s’utilisent toujours afin de distinguer encore plus de réels ou de réalités ; ainsi l'universel et les idées montrent des réalités qui autrement, sans les grecs n’apparaîtraient pas et ainsi la révolution formule que chacun soit citoyen et à partir de ce statut que chacun soit originellement le centre de ses champs de perception, et non plus le groupe ou les castes ou les catégories sociétales comme ci ou comme ça.

L'indistinct de la structure l'est, indistinct, en raison de son infinité ; et c'est la distinction qu'il rend possible qui déploie le monde, le donné, le vécu, le corps. Le christique expose le corps, de chacun, et chacun comme individualité sacralisée. Pareillement la pensée grecque libère l'intentionnalisation à propos du monde, du donné, comme atteint par et selon l’exploration individuelle (ce en quoi consiste l'universel, qui est le développement du sujet réel) ; le groupe ne voit pas ce que le (nouveau) philosophe (grec) perçoit. La révolution s'impose on ne sait comment, sans que personne n'en soit l'organisateur ; « ça » se crée et étend sa capacité de structure, partout (en une formulation ou une autre, démocratique, libérale, républicaine ou non, communiste, autoritaire, etc ; la révolution est une forme très étrange, de même que les versions du christique ou les variations de la pensée, du logos, de la raison, selon les systèmes).

Si les faits structurels massifs envahissent toute la possibilité (et créent l’historicité) et rendent possible cette mise en forme non plus culturelle (relative aux groupes) mais civilisationnelle (ajoutant aux groupes leur ambition mondiale, universelle et individuelle, totale, celle de l’acculturation, de la ré-anthropologisation) c'est que le réel est en lui-même articulé, et que cette articulation on ne peut pas l'écraser dans une définition ; il n'y a aucune église qui couvre le christique, aucune nation qui réalise la révolution en sa structure, aucun système qui manifeste l'arc (de conscience ou de présent) ou l'intention réelle, aucune essence qui délimite le sujet ; c'est à partir du Bord que l'on a commencé de percevoir le monde, le donné, le vécu, le corps, la vie hors de tout monde clos,

non plus en subissant le langage, la parole, tel monde, tel contenu mais en les utilisant en et par une intention architecturée (par dieu, l'universel, le sujet ou le réel), en rapportant ces contenus, qui nous obligeaient, à une autre finalité, laquelle, pour exister, pour prendre le pas sur tout contenu devait se manifester telle quelle et élaborer sa Vision, son champ structurel de perceptions mais de perceptions structurelles, de perceptions que l'on ne voit pas, dieu, la pensée, le christique, le sujet, le réel et qui nous sortent du monde, du donné (le grec), du vécu et du corps (le christique) ; c'est lorsque le Bord entre dans la représentation et la renverse que l'on cesse d'être dépendant de tel ou tel monde organisé collectivement.

Et que l'on atteint le Bord, ce sur quoi nous existons, de fait, réellement, depuis lors ; depuis lors nous sommes responsables de ce que nous décidons, et comme on verra il ne s'agit pas de « volonté ». c'est beaucoup, beaucoup plus compliqué que la « volonté et le conscient », qui sont seulement des options, des modes, des tics développés depuis un peu le 18éme, beaucoup le 19éme.

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