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instants philosophie

Instanciation du sujet

4 Avril 2020, 14:26pm

Publié par pascal doyelle

On affirme donc le règne unique, exclusif et invariant du sujet. Mais le sujet est un dispositif, dont ce que nous nommons et éprouvons comme « sujet » n'est, a priori et par hypothèse générale, qu'une variation, une des possibilités.

Rappelons que nous en sommes venus à ce principe en définissant la perfection comme « cela qui se meut, se rend possible » ; toute autre idée à propos de la perfection la figerait et n'en rendrait pas compte, n'en produirait pas un concept adéquat et donc, puisque le concept s’utilise afin de distinguer, créer, élaborer l'intentionnalité qui nous permet de percevoir, de Voir ce que le réel est, tel qu'il existe, il faut s'en remettre à cette idée logique de la perfection en-devenir. Et les différenciations auxquelles nous parvenons rendent visibles les structures du pli ; dieu, la pensée ou l'être ou l’universel, le christique ou le sujet, la révolution et le réel ouvrent le Bord lui-même et nous engagent dans l'autre côté, celui qui n'est pas du monde, du vécu ou du corps mais précisément existent comme Bord de tout cela.

Et seul un sujet, étant un rapport, est en mesure d'assurer, de par la structure, et assumer, mentalement, la base univoque. Univocité qui rassemble toutes les plurivocités que l'on voudra ; le sujet est le rapport qui contient ou rend possibles tous les rapports. Si il était une « susbtance » on entrerait dans les conflits habituels esprit-matière, etc, mais si le réel est formel, il n'oppose aucune résistance à la multiplicité ; c'est bien au contraire parce que formel qu'il rend possible la réalité, des réalités.

Par ailleurs « ceci est mon corps », veut dire que ici même la structure, le réel produit la réalité ; lorsque « ceci est mon corps » est prononcé, il s'agira ensuite du corps de chacun. C'est « à l'image de » que se lance l’ensemble de l’historicité. Le christique, qu'il soit révélé ou découvert, mis à nu (par la structure elle-même qui soudainement se-sait et tout vient en une fois, ou les deux) est le-dispositif fondamental qui rend accessible tout ce qui viendra ; il demande conversion, mais la pensée et l'universel tout autant. On peut nommer cela en tant que Foi, mais peu importe parce que ça n'est pas même une intuition, c'est bien, beaucoup plus ; un arc de conscience (qui auparavant se visualisait dans des contenus, selon tel ou tel monde-groupe-parole humaine, est maintenant sur le devant de la scène tel quel et c'est pour cela que dieu, le christique ou la pensée font office de vérité révélée » manifeste ; elles provoquent absolument la conversion de forme (de forme de conscience, l'arc de conscience soudainement bifurque, sort de tout monde ou de toute vie immédiate, pour devenir monde-universel ou Existence.

Ça n'est pas pour rien que ces évidences de structure prirent cette formulation et menèrent à un tel degré d'investissement (pour le christique ou la pensée, dite « divine » par les grecs) ; il n'y a que le réalisme, naturalisme, rationalisme à partir du 18éme qui ne perçoivent pas l'énormité du bouleversement et croient réinventer la réalité et le réel et remplacer le basculement entier du sujet par une limitée objectivité, une donnée naturel, un bonheur immédiat dont on obtient aussitôt ou presque le résultat ; ils ne sont en vérité qu'une petite région limitée de l’historicité et sans les architectures précédentes ils ne seraient pas. Région tout à fait essentielle et qui nous est vraiment consubstantielle (parce que sinon nous ne serions pas ces mois, ces personnalisations développées par et dans humanisation issue de la révolution ; il fallait que l'on se passe de la religion par ex, de là les tensions, si l'on peut dire, durant la révolution liberté-égalité de 1789).

Aussi de tout ce qui est, de ce monde, des choses et de notre propre vécu on ne retient ... rien, et tout s’écoule comme de l'eau entre les doigts, excepté le mouvement même. C'est ainsi la théorie, la pensée du mouvement tel quel qui est en jeu. Le mouvement est ainsi l’enjeu seul réel de toute théorie.

Il n'y a donc pas lieu de découdre le sujet, puisque c'est lui qui assemble tous les contenus, tous les vécus, toutes les perceptions.

Le sujet se crée au devant dans le « là » du donné, ce qui veut dire non pas que le « là » signifie quelque partie du monde, mais le présent. Et dans ce présent il ne cesse de s’activer, de tisser des rapports, par exemple le langage (le langage étant lui-même non pas clos sur lui-même, ce qui serait absurde, mais tenu à partir du bord du monde, du bord réel, de l'horizon, ou du bord du vécu ou du bord du corps ou au final du bord de la perception).

Et donc la pensée du mouvement n'est pas une pensée ; pas au sens métaphysique dont Descartes plante le clou et que Kant enfonce. Il est impénétrable de croire définir ce que l'être est ; parce qu'il n'est pas. Il n'est ni substance ni pas substance, ni Volonté de N ou Être de H, et il n'a que deux formes réelles qui ne sont pas « de l'être », à savoir l'exister et l'arc de conscience arcbouté dans cet exister, dans le présent

L'exister tel que pour nous il se donne, sans préjuger de ce que l'exister peut déployer en lui-même ; on ne connaît que ce présent, cet activisme là, et on suppose, hypothétiquement, si l'exister est la dimension, qu'un tel activisme dont nous n'apercevons que le présent, prend quantité d'autres formulations ; en somme on ne sait pas que c'est que dieu, l'absolu, le présent pur, le réel tel qu'il prit pour nous cette forme de présent et dont on suppose qu'il obtient une pluralité de possibilités de structure dont nous n'avons aucune idée. Nous nous contentons de ceci que si l'être n'est pas (massif, sphérique, solide, consistant, chosifié, objectif ou quoi que ce soit qui puisse nous fournir cette impression de « l'être », une sorte de complétude qui n'existe pas, n'existera jamais et dont ça n'est précisément pas le propos quant au Réel, le réel est activité et en aucun cas une « plénitude », sinon en tant qu'activité, e qui veut dire dureté et difficulté) alors ainsi le réel est une articulation ; il est inutile et incohérent de saisir autrement que « d'en être saisi », emporté dans une perspective à laquelle nous devons tout, dont nous ne sommes ni ne serons jamais maître et possesseurs ; nous sommes ce mouvement (de conscience) dans ce mouvement (du présent). Et le mouvement du présent est incommensurablement plus grand que notre arc de conscience, même si celui-ci se coule sur la lancée du premier.

Cela veut dire que l'on n'est, par exemple, pas du tout limité par le moi ; le moi est juste une position dans le sujet et le sujet n'est pas substantiel (une « substance », une identité) mais est un mouvement ; celui de se projeter au-devant dans la capacité intentionnalité et n’existe qu'en tant qu'activité ; on ne cesse jamais de signifier (ce que nous entendons aussi, en deux sens potentiellement distincts, en tant que nous ne cesserons jamais de signifier hors du temps, on verra cela un jour). Et donc le sujet est bien plus grand que le moi, le moi une simple région du sujet ; le sujet peut tout aussi bien élaborer les mathématiques ou institutionnaliser une Constitution ou penser l’ensemble des champs de perceptions (que ce soit penser le monde, dieu, l’historicité, la réalité, le réel, l'architecture de conscience du sujet lui-même), se tenir comme éthique ou morale cohérente et réaliste, cohérente et universelle, cohérente et libre, cohérente et généreuse, structurer intégralement le regard en une œuvre qui rend accessible le créé (cad la continuation de la création), etc. Le sujet est le dispositif bien plus grand que tout et capable de poursuivre la performance inouïe du réel brut et pur.

Inouïe, puisque antérieurement à l'hypothèse ou la révélation monothéiste, nous n'en avions aucune idée, antérieurement au sujet christique de même, et avant la performance cartésienne aucun moyen d'adhérer ici et maintenant à la structure de conscience de soi de la conscience ; et inutile donc de croire transformer cette évidence de structure (que chacun est sa conscience en tant que sujet hyper performant) en une « connaissance » ; on ne peut pas traduire l'arc de conscience dans un discours, une objectivité ; c'est lui qui crée la dite objectivité (ce que ne l'empêche nullement d'être effectivement vraie, efficace, réelle, agissante, puisque le sujet tient de l’hyper objectivité et non d'une subjectivité).

Nous sommes engagés dans plus grand que nous et cette grandeur est encore plus intime que nous-même. Il ne sert à rien de se replier sur une position de défense, de croire limiter notre rayon, alors que c'est le rayon de structure du réel qui nous tire en avant et que tout le présent est la machine attirant au-devant toutes les réalités. Et plus grande que nous-même puisque nous naissons dans le champ que crée l'intentionnalité ; cette tension, cette attention qui sort de la cervelle vers le donné là (et qui ne peut pas s'empêcher de positionner qu'un réel il y a, que l’horizon existe) est instantanément plus grande (divine, universelle, objective, agissante, en plus , tout ce que l'on voudra) ; c'est de par ce champ de perception spécifiquement instancié, qui étant exclusivement formel est capable d’absorber toutes les perceptions données, du vivant, du corps, du donné là. Il n'est donc pas lieu d’opposer « esprit » et « matérialité » ; puisqu’il n’existe qu'un seul champ de perception (des particules aux vivants) et une option en plus qui augmente d'un champ ajouté auto-généré ; rien de ce dont nous sommes conscients n'existerait sans l'apparition dans le champ intentionnel, et cette élaboration réclame impérativement (en quelque civilisation que ce soit) le manifeste de sa propre apparition ; un tel champ (dans le champ global d'apparition) consiste évidemment à marquer, repérer, cartographier à chaque fois sa potentialité ; soit par le groupe, la communauté (et inventant de ce fait la mise ne forme culturelle) puis selon et par l’individu ; en imposant partout l'acculturation, la catégorisation de « soi » comme centre d'émission et de réception de signes, hors du groupe, et donc vers le monde unique grec ou selon le sujet en son corps, le corps du christ nommément. Mais cette imposition est évidemment accueillie à bras ouverts, puisque chacun se reconnaît tel qu'en lui-même ; chacun comprend bien qu'il accède à une reconnaissance qui va courir tout au long de l’historicité, même si cette reconnaissance se présente sur le moment comme purement idéelle, structurelle ; chacun est la proie d'une plus grande exigence, rendant certes impossible que l'on se vive chacun dans son immédiateté, puisque de toute manière une telle immédiateté n'existe pas ; elle était prise en charge par le groupe, la communauté, les catégories antiques ou précédentes, et ensuite, bien plus tard, lorsque chacun aura été installé dans un statut, de citoyen, individuel, on pourra bien rêver d'une « naturalité » facile et évidente, mais c'est simplement une image, naïve ou fumeuse, basée sur l'idée générale et fausse de « nature humaine ».

C'est ce que l'on imprime à la réalité lorsque l'on dit que nous nous tenons du champ intentionnel ; rien ne vient tout seul, de par soi, naturellement, en nous puisque n’apparaît à nos yeux que ce qui paraît dans le champ intentionnel et que ce champ est toujours réinstallé par intentionnalité (de là qu'il faille toujours désirer ; désir c'est le signifiant sous lequel on classe dans notre ambiance idéologique, la distinction ou si l'on veut la séparation, le splittage, le manque dont on considère le sujet ) et c'est cette division qui crée le champ (sur lequel tout paraît) qui fut soudainement intentionnalisé, investi et même créé par le christique ; qui renvoie non plus au groupe humain  et ce médié par la communauté des croyants, sous condition de la reconnaissance de chacun, de chaque corps, de chaque segment naissance/mort, et éventuellement résurrection ; de manière universelle on ne peut pas attenter à l’individualité si son corps est sacré, si chaque corps est le temple lui-même. Et ce corps devient à lui-même en représentation (institué tel par la religion nouvelle elle-même) et donc parvient à la présentation (dans le monde donné là et non plus dans le seul regard du groupe), et sous le regard de celui qui est un tout-seul (et qui était le verbe et est devenu le sauveur, ce qui veut dire, notons-le, le libérateur)

Non plus au groupe donc mais au dialogue interne de chacun avec ce « lui-même » suffisamment étrange et autre que l'on a ensuite nommé « sa conscience », très justement mais d'un point de vue apparemment moral, alors que fondamentalement cette conscience-morale s'utilisait afin que chacun puisse commencer de distinguer ses propres intentions, et le fait même de « se » situer et de se situer de par soi (sous le seul et unique regard compatissant du un tout seul, le christ méprisé et torturé, sans autre intermédiaire que celui-là, et donc libre de tout le reste, de tout l'esclavage, au propre et au figuré, mais auquel cas le figuré devient lui-même le propre, la réalité). Il prît (le christ) ou cela prît (la structure) les vêtements de la douleur et de l'horreur et ce jamais au hasard, mais afin que chacun soit atteint par la libération qui seule a pu (c'est un fait, une historicité, un fait majeur de structure intervenant dans la réalité et l'épaisseur des mondes humains et donc du corps de chacun), qui seule a pu libérer le champ et ce dans la compassion, puisque qu'Il ou que la structure sait bien qu'elle n'est pas destinée à être parfaite selon le monde (cela même se révèle alors comme n'ayant strictement aucun sens ; il n'y a aucune perfection réelle dans le monde, mais dans le regard seul, qui n'en est pas, du monde), mais parfaite selon son Intention et selon l'Intention (cad la Possibilité originelle). Toujours la structure sera encore aà nouveau possible, quels que soient ses égarements ; elle est le renouvellement même à partir du rien, à partir de la forme de tous les contenus, de la structure de toutes les réalisations ou du réel de toutes les réalités.

Étant instanciée par l'Intention (du christ ou de la structure, on choisit ou non, les deux sont identiques) votre vie, la vie de chacun, est libérée ; s'ouvre grand le champ intentionnel qui sera envahi par tous les sujets qui viendront ; aussi vous sera-t-il pardonné toutes les intentionnalités dispersées ou abaissées ; aucune de toute manière ne peut remonter et détruire l’intentionnelle conscience originelle (le croire, croire en son abaissement est la faiblesse même, mais sous condition de se référer la Possibilité originelle, que personne ne détient de par soi, mais à laquelle chacun ne s'obtient soit que de s'y référer, que l'on nomme cela Dieu, le christ, le sujet, la raison-logos-pensée-esprit universel, la révolution, la liberté et la générosité comme disait l'autre, mais comme d'habitude autant s'adresser à dieu plutôt qu'à ses saints)

Qu'il y en ait eu au moins Un qui ait pu passer outre (la réalité) lance donc tout-un-chacun dans le champ immense du possible (qui n'est plus le champ d'un groupe ou d'une communauté humaine). Et crée l’historicité. L'historicité, cette structure mirifique, se produit donc du dispositif infini du sujet ; l'infinité est activement présente ici même, en tout ici et maintenant ; elle s'est incarnée. N'oublions pas que toute conscience à prétention objective (connaissance, droit, constitutionnalité des sociétés, etc) n'est accessible qu'au sujet. De même que la sacralisation du Corps est absolument fondamentale, en tout.C'est en vertu de cette sacralité que chacun sera en mesure, ensuite, de revendiquer qu'il soit central, lui-même, dans et par sa propre existence (échappant par là aux églises, puisque le christique ou la révolution est l'appel à et vers chaqu'un, chaque un qui s'élève par et selon le Un ; lequel évidemment n'appartient pas, de même que la structure de la révolution (liberté-égalité) n’obéit même pas à la seule liberté mesurée et harmonisée à l'égalité, qui seule peut résoudre la quadrature).

Il n'y aura pas, donc, d'unité consistante, puisque le sujet est le pli, que crée ou qui est créée de l'intentionnalité dans laquelle tout apparaît ; et en lequel le sujet même paraît à ses propres yeux ; il est en effet structurellement valide que l'on puisse penser le sujet comme s'apparaissant à lui-même ; il est le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est (non une identité quelconque) mais est le rapport lui-même (Pierre est fonction de l'arc de conscience par lequel il existe, et non pas sa « conscience » fonction de pierre ; c'est c e que l'arc fera de Pierre, de cet héritage, qui compte et non l'héritage tel quel de « qui » l'on est ; puisqu’il s'agit précisément d'ajouter à quoi que ce soit que l'on est (selon « l'être » qui n'est que second par rapport à la structure du sujet présent qui active, seul, la Possibilité, par la conversion ; à dieu, à la pensée universelle, au sujet, à la révolution, à l’œuvre, éthique, esthétique, idéelle, philosophique, etc, toutes réalisations qui ne s'acquiert que dans l'instant, le présent, l'activisme).

Il n'y a pas d'unité consistante mais la structure, toujours active étant un rapport, et cette activité dans le rapport gigantesque (et dont nous ne possédons qu'un petit aperçu) qu'est le présent, autre nom de l'exister pur et brut. Le chrétien, le philosophe, le sujet ou le citoyen naissent là, instantanément, dans le champ de leur révélation.

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