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instants philosophie

Les structures agissantes

18 Avril 2020, 09:55am

Publié par pascal doyelle

Commencer de comprendre le christianisme, le sujet ou la révolution, en se débarrassant de toutes les sortes de bizarres critiques qui parlent on ne sait de quoi (des obsessions de ceux-là même qui critiquent, et qui caricaturent afin de critiquer).

Il y a au début une Intention, et cette intention veut se réaliser et elle ne se réalise (réalisera) qu'en d'autres intentions, les nôtres, celles de chacun et par laquelle intention chacun se décide.

La conscience que l'on a 'de' soi (dont on est distinct donc) ; la conscience de Pierre n'appartient pas à Pierre, c'est Pierre cet assemblement, ce bricolage, cet héritage bigarré, qui se tient dans le champ de l'arc de conscience. C'est ce que cet arc d'attention fera de cet assemblement, de ce bricolage que l'on est en tant que « moi », qui compte. Et de fait, structurellement (puisque l'on ne « choisit » pas d'être une conscience, si nous n'en étions pas une toute apparition, créée par le champ intentionnel, disparaîtrait) ; Pierre est juste un héritage (adn et socio-culturel et un vécu subi) ; dit autrement le véritable Pierre c'est que ce Je va faire de ce Pierre ; et il va s'engageait dans quantité d'expériences structurelles (la plus limite pour un moi étant le tomber-amoureux) mais le sujet est dans le moi bien plus grand que le moi ; pour cette raison on se convertit ; à dieu, l’universel grec (la pensée), le christ, le sujet cartésien, la révolution, la poésie, etc. il existe une pluralité de Possibilités de structures qui exigent votre conversion, ce qui veut dire le changement d'angle de votre attention, de votre intention, de la tangente de votre conscience qui s'échappe du cercle donné.

On ne peut et on ne se contentera pas du cercle reçu ; au hasard, par la vie biologique, les parents, la classe sociale, etc ; l'arc de conscience qui est un vide, un vide formel, permet précisément cet activisme consistant à repartir de zéro (de là qu'il y ait angoisse et intensité, engagement et prospectivisme). Quelles que soient les causalités, le champ intentionnel dégage un champ, de fait, situé là-au-devant (il est selon le réalisme naturaliste, adapté à la réaction et à l'action, coordonnée dans le groupe, face à l’inattendu, et donc aussi à l'attendu, de la manière la plus exacte, précise possible ; il n'attend pas une réponse de l'adn ou même du langage ou de la représentation ; il crée ce qu'il perçoit et la manière de le percevoir ; c'est uniquement en reprenant toutes les conditions d'apparition de tel fait (le tigre à dents de sabre) qu'il peut opposer au donné (et à ce qu'il sait déjà) de nouvelles solutions ; il ne résout pas une équation dont tous les termes sont donnés, il reprend les termes donnés et les trafique, afin de prévoir, voir, percevoir une nouvelle résolution).

Qu'il puisse exister une telle verticalité qui est en capacité de re-prendre, à neuf, toutes les réalités qui apparaissent, rend indispensable que cette verticalité se pense, se situe, et si elle s'admet, s'accepte de fait comme telle, tôt ou tard elle devra élaborer son échelle de paramètres et parvenir à définir le champ, l'entendue, les rayons d'actions de cette activité qui échappe à toute détermination ; qui prend avec-elle-même les déterminations, qui absorbe et redistribue ses capacités ; nous étions destinés à percevoir mais non pas pré-destinés à créer la chapelle Sixtine. Pour que nous réalisions « des choses » qui n'existaient pas, il faut que nous soyons motivés, ce qui veut dire fabriquer des stratégies et des stratégies créées dans et par l'arc de conscience actuel à chaque fois, qui perçoit, reprend les perceptions, ré-élabore ce qui est donné là, et reconditionne la réalité. C'est pour cela que l'on est rarement dans le « choix libre » mais toujours dans la création libre et décidée (et la recréation des termes de telle ou telle situation, afin de remodeler à partir de la base et de la rendre manipulable) ; et ce faisant nous absorbons les perceptions (quelles que soient les causalités, et sous condition évidemment de connaître ces causalités, raison d'être des sciences, mais aussi de la philosophie, du droit, des esthétiques, des éthiques, des politiques, etc).

L'intention veut la perfection ; étant formelle elle est formellement parfaite, mais de cette formalité à une perfection dans les faits, les choses, les actions, les objets, les désirs, les décisions, il y a évidemment un gouffre ; l’élaboration. Ça, c'est l'instruction, l'in-formation de l'arc de conscience par et dans les qualifications qu'il parvient à préserver et ce suivant des stratégies qu'il est capable de pré-voir ; sans ces stratégies tout part et se dissout, s'éparpille (de plus nous ne sommes plus mayas ou papous ou celte ; il n'y a plus de groupe natif, de monde commun qui tient de par lui-même).

Mais revenons à l'idéal de l'arc : la perfection n'est pas statique et finalement inerte.

La perfection inerte est tout à fait celle qu'imagine 'la pensée', sous le mode de l’objectivité (que ce soit celle de la philosophie naïve ou ensuite des sciences qui croient en leur objet ; que leur objet, précis et détaillé, ne soit pas faux, évidemment ; mais elles croient que leur objet est « la réalité », or aucun objet n'est suffisamment grand pour être-tout ; on ne peut même pas extrapoler de la logique des sciences vers la logique de tout, puisque « tout » n'est pas un objet. Toute science n'a d'objet que limité à son propre rayon.

Sauf la philosophie qui n'a pas un objet mais un sujet et qui donc n'est pas une science mais le se-savoir de ce sujet (il ne peut pas exister un savoir de ce sujet mais exclusivement la référence à sa structure propre de chaque sujet ; personne ne va vous convaincre que Descartes est dans le vrai, vous êtes votre seule preuve ou refus ; chacun, déjà, se-juge selon la Possibilité).

En vérité parler de perfection inerte est absurde, et c'est pour cela que la « vie » de dieu avant la création n'a pas de sens du tout ; dieu est l’intention qui veut, voudra encore plus de perfection.

Et pour qui les anges, qui sont tout « de perfection », ne suffisent pas et qui s'en rendront, les anges, pour certains, jaloux et envieux, et qui ne comprendront pas que le Règne ne leur revienne pas, à eux, mais à ces misérables humains et de plus que Marie soit élue reine du ciel (en propageant l'idée que les femmes seraient méprisées par le christianisme, les dits mécréants repasseront ; ils n'y comprennent définitivement rien et mésinterpètent, pour la plupart volontairement, le sens et l'intention réelle, mais cela vaut pour toutes les sortes bizarres d’interprétations).

L'intention ne peut vouloir que d'autres intentions ; il n'y a rien de plus fondamental et de plus absolu que l'intention, parce que la vraie perfection (celle qui devient, pas celle qui est fixée et inerte) n'est tenue que par et dans l'intention comme telle ; il est ainsi requis que l'intention première soit prise et reprise en tant qu'intention, en tant qu'il existe des sujets, fils de dieu par adoption via le christ. Ou dit autrement ; seul ce qui existe « intentionnellement » est capable de devenir, d'acter et d’accélérer la perfection, au point que ça n'est pas l'intentionnalité qui enclenche la perfection, mais le principe de perfection qui abonde, pousse, attire l'intentionnalité ; il s'agit, apparemment, de la logique même du réel.

Évidemment si l'on n'admet pas que sujet il y a (en ce cas on considère qu'il n'existe que des choses, plus ou moins compliquées, mais des choses, inorganiques, vivantes, complexes, qui parlent, etc, tout cela revient au même, ontologiquement cela revient au même, c'est le plus souvent prêter au langage par ex ou à la cervelle des qualités qui en fait ne sont sensées que rapportées à une « intention », une intentionnalité, une conscience au sens structurel)

alors on reste hermétique à l’idée, au principe qu'une intention agit. Et on se prend soi-même comme une chose, peut-être un peu plus compliquée, une chose qui parle par exemple, confiant au langage toute l'essence de l'homme, ce qui est absurde ; il n'existe pas une « conscience » dans le langage ou dans l’information ou dans la pensée ; c'est une conscience qui parle, qui définit, qui pense, et non l'inverse. Langage, perception et pensée sont des moyens, le sujet est la finalité.

Ce faisant et en refusant que dieu soit (ici nous n'en savons rien, c'est juste et rien que l'hypothèse dont on constate qu'elle fut posée historiquement et qu'elle fut l'origine de toute cette historicité, la nôtre et que croire que ça n'est pas le cas, c'est arrêter, stopper la conscience que l'on a de soi, de soi-même, de l'humain, de la stopper au 18éme ou au 19éme ou au 20éme peut-être, c'est ne pas voir que cela s'origine de bien plus loin et vivre séparé de soi, et ceci est excessivement important ; comprendre que l’élaboration intentionnelle, une fois sortie des mondes-contenus, dont la forme était la Parole qui était la perception qui était les échanges réglés, qui était les esthétiques ritualisés, etc, sortir de cette première logique, c'est commencer de pré-voir une stratégie d'actualisation, de pure et brute actualité de structure ; c'est ici et maintenant (et non plus dans la mémoire du groupe) que l'on se convertit, philosophe grec, chrétien (Socrate et Jésus furent tués), cartésien (Descartes était rusé …) , révolutionnaire (on risque fort de tuer autrui), poète (on se « tue »), etc.

Puisque c'est à partir de là, de dieu, du christ ou de la pensée grecque, que fut créée une historicité en mouvement et chacun des individus devint un tel mouvement, une telle possibilité ; soit dans la conversion vers et par l'universel (grec, de la pensée), soit dans la conversion et la foi du christique (par qui chacun est extrait hors des catégories momentanées du monde antique (esclave/homme libre) ou des catégories du monde (homme/femme, riche/pauvre ; qui tous sont un en jésus christ, Saint Paul). Il est évident que la révolution, l'unique révolution (qui eut de multiples variantes, de révolution il n'y en a qu'une seule) vint installer dans l’histoire du monde, une partie de la réalisation du Royaume ; liberté et égalité, liberté mesurée par l’égalité et égalité mesurée par la liberté (cadre absolu, cad formel, hors duquel le monde et la hiérarchie et la domination voudraient à toute force s'échapper et détruire).

Or remarquons ceci ; que l'on se convertit... de son vivant, pour ainsi dire. On ne naît pas chrétien ou philosophe grec (ou selon la connaissance idéelle ou l'esthétique ou l’éthique ou la politique ; le poète, soudainement, est aveuglé de ce qu'il Voit). On le devient en le décidant. Il faut, pour se produire selon la pensée ou la conscience de soi, se convertir ; l'acte de structure (qui restructure votre conscience) est sujet de foi, de conversion, de possibilité, d'attention existentielle à « ce qui soudainement me saisit ». Rimbaud se découvre en tant que « Rimbaud » ; mais lui il l'existe, parce que c'est pour-nous qu'il sera Rimbaud ; lui il tient, autant qu'il peut, le point le plus éloigné et le plus clairvoyant qu'il lui est possible, afin qu'il puisse percevoir à partir de ce point tout ce que, nous, nous avons appris à percevoir à partir de ce point-Rimbaud. Et on ne peut pas en faire le tour, lui non plus. Pareillement c'est à-partir-de Platon que nous comprenons que les idées effectivement nous permettent de voir (ce qui autrement ne nous apparaîtrait pas).

Ou que, via le christique, chacun obtient une vie transformée en Existence ; du segment naissance/mort, et point de perception-autre à partir duquel seul tout paraît, en attendant que cette individualité soit inscrite explicitement comme liberté et égalité, du citoyen-sujet, héros de roman, héros de récit.

Nous voici sans doute livré au monde et aux immédiatetés, et finalement il semble que nous ne sommes plus que cette vie et puis cette mort, à venir et certaine, et que la seule valeur soit celle du monde donné-là et de cette vie, limitée, qui manifestera tout notre être. Sauf que nous ne sommes pas de l'ordre de l'être. Et donc rien dans le monde, le vécu ou le corps n'ont réellement l'importance que l'on serait tenté d'y accorder.

Rappelons qu'il ne s'agit pas de nier le monde et la vie ; mais d’obtenir la position suréminente qui augurera d'effets bien réels et concrets mais en tant qu'ils seront des effets. Et non des causes ; or c'est de prendre nos désirs ou les objets de nos désirs pour étant des causes, et c'est cela qui nous trompe et nous abaisse. En somme désirer les effets d'effets est une perte de temps, de présent, d'existence. Il faut élaborer la dimension de la décision et de la Possibilité ; et toute notre historicité nous aide, nous balise la pluralité de chemins possibles qui s'éjectent hors du monde, du vécu et du corps immédiat ; elle est là pour cela.

La cause de notre être n'est nullement dans le monde, le vécu ou le corps (ou tout autre immédiateté donnée là). Puisque nous ne sommes pas, mais que nous existons. Et c'est en cet exister qu'est la cause ; laquelle n’apparaît nulle part (dans le monde, le donné, le vécu ou le corps). De même nous ne percevons pas le Bord à partir duquel nous percevons, mais c'est parce qu'il existe un Bord que nous percevons. Ou que la révolution est la Possibilité mais qui n'est jamais réalisée comme telle et qui doit être tentée, mille fois, afin qu'elle se perfectionne différemment et toujours plus distinctement.

Aussi nous ne serons jamais « nous-même » mais pas non plus « la tentative d'être soi » ; nous ne serons que les tentatives multiples d'être ceci ou cela, tandis que sera retenu, en retrait, la capacité d'être tout-à-fait-autre-encore ; c'est d'oublier cette possibilité de la non-réalisation de soi qui constitue l’affirmation de soi la seule légitime ; que nous ne serons jamais, mais que nous existons autrement que toute réalisation. Nietzsche par exemple est l'auto-affirmation hyper objective et la recherche de la cause antérieure à tous les effets qu'aucun effet n'exprime vraiment, et qu'aucun effet n’atteint, qu'aucun effet ne peut remonter (sauf si l'on croit que l'on est selon et dans des effets, des objets, des désirs, piégés dans nos mirages). Et ce que Nietzsche recherche c'est aussi ce que tous ont approché, réellement.

La permanence de la cause est la suspension antérieure qui se crée lors de la conversion ; quelles que soient les réalisations, ce sont l'universel, la pensée, l'idée qui prédominent ; quels que soient les vécus, les expériences, les fautes et erreurs, l’individualité ou l'âme surexistent à toute expression donnée ou éprouvées dans le monde ou la vie. Quelque cadre ou constitution qui se concrétisent, la révolution est encore autre et toujours possible. Ce retrait hors du donné et du vécu est l’inatteignable unité de structure ; elle est inatteignable et donc nous sommes libres dans la mesure où une, serait-elle minime, part de notre conscience s'y réfère (il suffit d'un minuscule décalage, parce que ça n'est pas le réalisé qui compte, qui est gigantesquement monde, mais le décalage, qui n'est rien mais sera tout et bien plus que tout). Soit donc le rapport avant les rapports, la cause avant les effets.

Que la structure, le réel soit « toujours à venir » comme dans le kantisme, et reculé indéfiniment, sauf qu'ici ça n'est pas reculé indéfiniment mais réel, absolument parce que formellement ici et maintenant : c'est même cela seul qui Existe vraiment.

La structure ne sera jamais réalisée parce que son réel est ailleurs et autre que le monde ou le vécu, mais que par contre c'est la structure qui perçoit, décide, intentionnalise, crée et elle perçoit ce qu’habituellement on ne voyait pas, ce que l'on ne parvenait pas à décider, ce que l'on était dans l'impossibilité d'intentionnaliser, ce que l'on ne pouvait pas du tout créer ; par la structure qui soudainement intervient dans le monde donné, puisqu’elle existe comme Bord, alors le réel accède et finalement le moi accède au sujet. Qu'il se veuille ou « soit voulu » comme philosophe, chrétien, poète, révolutionnaire ou décision éthique.

On veut spontanément se tenir de la réalité ; on ne comprend pas que l'objet intentionnel n'est pas un objet du tout et qu'il ne se tienne pas là au-devant dans le monde, et que cet objet intentionnel impossible puisse ne pas obtenir de retentissement intérieur, semblable à la satisfaction du corps, est pour tout le monde incompréhensible. Que l'on ne puisse pas se vivre du seul monde, de la seule vie, du seul corps, désirs, objets de désir, images est une déroute, primaire, pour tout le monde (on tombe amoureux, et puis, bon, bref, voilà quoi). Et nous piaffons d'impatience de rendre réel ce qui ne le sera jamais ; aimant l'image dans le miroir mais le miroir lui-même est insituable et indéterminé ; ça nous paraît même peut-être une tautologie que le miroir veuille le miroir lui-même ; sauf que c'est une articulation, le miroir est un rapport et qu'il ne sera jamais saisi comme tel ; il sera toujours distinct et autre que lui-même (et le plus rapport impossible et autre, ce fut dieu, et lors même que ce dieu ait eu à s'incarner, prendre un corps, il s'en estime encore-plus-autre et étrange).

Et si ça ne sera jamais réel selon le monde, c'est parce que c'est réel autrement. C'est parce que cela, ce mouvement non possible, indique un autre versant de la réalité ; et il existe un tel versant parce que la réalité n'étant pas monolithique mais en mouvement, se meut dans et selon ce versant et cette dimension ; dont on répète qu'elle est l'arc de conscience arcbouté dans, sur, par l'arc du présent ; puisque c'est dans le présent que « cela » se réalise et c'est justement cette existentialité, absolument brute (fondamentalement et structurellement brute) qui se transmet au travers de la pensée (qui doit être pensée effectivement par un sujet, sinon elle n'est pas et ce dernier ne pense tout simplement pas, sous-entendu ça ne peut pas être « appris » par cœur),

se transmet en et par la foi (il faut que l'on souhaite le regard du un tout-seul afin que se crée notre âme, ou par très nette et explicite opération formelle qu'autrui existe pour nous ; c'est pour cela qu'il est une équivalence dans le christique que ne fournit pas du tout l'universel, qui quasiment mesure les consciences à la pensée, à la connaissance),

s'instancie par la conscience de soi que l'on existe (cartésienne originellement, et ayant de longues suites tout au long de l'histoire).

Et que l'on se bouleverse qu'une révolution soit impérative et toujours pressant le pas de l'historicité.

Cette actualité, cet actualité de l'acte c'est bien également ce qui commandite qu'il y ait œuvres, et quantité d’œuvres et de toutes sortes ; dans l'acte se produit l'absolu parce que l’absolu est le mouvement (et passe bien au-delà des divisions particulier-universel, par ex, ou raison-perception, ou conscience du moi-autrui, etc). Et non pas une perfection fixe, ou figé, dont on ne sait pas du tout quoi faire ; le mouvement en nous ne s'en satisfera jamais.

C'est cet autrement, cet « qui n'est pas destiné au monde, au vécu et au corps » qui est désigné par la Cause ; la cause de tous les effets. Et selon lequel principe, en ne désirant seulement que des effets alors on ne parvient à désirer que des effets d'effets (en oubliant la Cause antérieure). Et donc on perd. Or on sait, par ailleurs, qu'il est impossible d'habiter dans la Cause, mais d'y subvenir pourtant et de contourner la difficulté par la conversion ; se convertir à l'universel, la foi, au sujet, au réel.

Commencer de comprendre le christianisme, l'universel, le sujet ou la révolution, en se débarrassant de toutes les sortes de bizarres critiques qui parlent on ne sait de quoi (des obsessions de ceux-là même qui critiquent, et qui caricaturent afin de critiquer). Bien sûr personne ne parvient à se débarrasser des déformations ; parce que les structures, agissantes, sont hors de portée ; on ne les saisit pas, nous en sommes saisis (et pour cela elles nous viennent comme dieu, l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel, les œuvres ou la liberté, à laquelle nous sommes condamnés, comme on sait).

Si il ne s’agissait que de parties de monde, la cause serait divisible et identifiable, et non pas ce par quoi il y a des séparations et des identités diverses en nombre infini. On ne pourra donc pas supprimer la séparation ; le christique, le sujet et l'universel, la révolution et le réel ne seront pas compressibles et donc la dimension même du « réel » comme tel est absolument distincte d'elle-même ; sinon elle n'existerait pas (et rien n'existerait). Le devenir possible est celui de la séparation qui distingue et donc fait-exister. C'est l'imagination qui veut recoudre ce que l'on interprète comme déchiré, en comblant le vide, cad la forme pure et brute, par l’image, l'être, la chose, l'objet, la raison, alors que le déchiré est purement et brutalement le réel même ; ce qui veut dire cela qui se crée, sans cesse, dans sa possibilité même.

Ça n'est pas quelque chose qui serait déchiré, c'est le déchirement même qui rend possible des réalités et des êtres.

La question n'est pas, originellement et terminalement, de rendre possible simplement le possible (de toute manière le réel est déjà là), mais de rendre le réel encore-plus-possible, de monter, d’élever la Possibilité même ; si je produis une révolution, j'en attends ceci ou cela (par ex que tous soient plus heureux et donc cela veut dire plus épanouis) mais ce faisant j'abonde, j’ajoute encore plus de possible au possible ; aussi la révolution ne peut pas s'éteindre. Et en vérité rien ne peut s'éteindre puisque l'être est, certes, mais relativement à la dimension du réel, du présent, de l'exister qui seul Existe ; c'est un mouvement et un mouvement ne cesse pas, il faut donc partir du principe que le mouvement sera de plus en plus grand, étendu, profond, impliqué, interne à tout cet externe qu'est le monde donné là devant (l'externe on nomme cela le cosmos, la création, l'étendue ou l'univers, et l'interne n'est pas « intérieur » mais une toujours plus grande exposition, expression, Possibilité, réclamant donc la réal-isation, réclamant le réel).

L'être est « dans » l'exister et l'exister est mouvement, donc ce que l'on pense (ou décide ou désire ou, structurellement, intentionnalise, etc) c'est toujours la structure ; le réel, le sujet, l'être comme Idée des idées, le Un, dieu, le christique, et au final l'Exister comme Rapport de tous les rapports.

Le mystico/logique c'est celui qui pré-voit que le réel est tout entièrement situé « là », dans le Point qui non pas « est » tout, mais qui ouvre tout et qui veut encore plus ouvrir et s'ouvrir, l'agrandir dans le dedans (qui est, de ce fait, également l'externe, tout l'externe des réalités en nombre infini, puisque si le réel est une structure, l'infini est juste une qualité de cet exister) ; de là que l'on dise que le réel est plus grand que lui-même et que l'on ne voit pas à quoi il servirait si tel n'était pas le cas.

On sait bien que Hegel, Kant ou Sartre (voir la fin de L'être et le néant) veulent, en vérité, tirer au clair le mystique, la proximité infiniment éloignée de la structure du réel ; et oh combien puisque la structure du réel est d'abord, au moins, pour nous, ce présent, cette articulation de tout ce qui apparaît que l'on désigne comme « présent », exister pur et brut (puisque nous existons à partir, sur et par le Bord de tout ce qui est, mais dans la distance de l'exister pur) ; le Un de Plotin ou l'Idée des idées, le théos ou le sujet infini cartésien explorent la Même Structure ; de structure de conscience il n'y en a qu'une seule sorte (le contraire est aberrant et absurde), et à chaque fois une par une (ce qui, entre nous, marque bien la sur-logique de l'exister, de l’Intention du réel ; qu'il déploie précisément des « uns »), de même une seule structure de l'exister. Ce qui est formel ne peut pas se décomposer et donc est Un.

Mais est-ce si certain que tout aille de l'avant ? Et si ce qui n’avançait pas régressait ? Se repliait vers le néant, s'éteignait dans la dispersion du monde, de la réalité, de la détermination, du vécu ou du corps qui tombent vers le bas ? Puisque tout ce qui est selon la détermination, les contenus et non la forme, est destiné à disparaître, s'étioler. 

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