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instants philosophie

Interprétation (possible) de dieu

6 Juin 2020, 08:49am

Publié par pascal doyelle

Le possible plus grand que le monde, le sujet plus étendu que le moi.

Nous sommes donc partis de l'universalité, réelle, des sujets. Hors cette position il n'est rien ; ce qui assure la solidité de la philosophie, ce ne sont pas les contenus, les systèmes, mais de l'effet qu'ils produisent ; à savoir qu'ils rendent, éventuellement, chacun capable de non seulement juger ou penser, mais de percevoir ; de même qu'une œuvre, esthétique par ex, ou la révolution ou le christique ou dieu, ouvrent les champs de perception possibles ; et capable d'élaborer une stratégie, et une stratégie suffisamment ample qu'elle puisse recevoir la possibilité du possible.

À titre d'illustration, fondamentale, on a évoqué la révolution, française (celle qui a affolé tous les régimes en 1789, puisque proposant non seulement la liberté, mais la liberté-égalité, ce qui est tout à fait un autre degré ; par quoi on rend complexe la liberté et l'égalité, l'un par l'autre) ; il y eut bien plus de possibilités possibles après la révolution qu'avant ; somme toute passant de « est interdit tout ce qui n'est pas autorisé » à « est autorisé tout ce qui n'est pas interdit », sous-entendu que ce qui est interdit c'est ce qui nuit à autrui (nous en sommes encore loin... la révolution, non pas celle communiste ou ni même anarchiste, bien que s'en approchant, mais celle constitutionnelle qui se respecte elle-même et respect chacun au sens le plus puissant qui soit ; bien au-delà du simple libéralisme économique).

Grosso modo, parce que l'on ne sait pas ce que cette révolution signifie ; de même le christique ou l'universel ; c'est trop grand pour nous. Jusqu'où tout cela s'avance-t-il ? C'est insondable.

Ce sont des structures et donc elles ne sont pas du-monde. Mais il arrive parfois ici et là, tout au long de l’histoire, qu'elles nous visitent ou que nous en portions rapidement le surgissement. Pour le lâcher aussitôt, puisque la structure en tant que Réel ne peut pas se matérialiser en tant que monde ; la structure du réel doit se signifier elle-même et broder sur cette signification, élaborer une architecture formelle. Universelle par exemple, comme la pensée grecque, ou singulière se tenant du sujet, comme le christique ; une élaboration qui ne se tient que de sa propre force, puissance ; qui déploie son potentiel, qui ne se tire que de soi. Passage donc selon la foi, l'engouement, l'illumination, par ce que l'on voudra bien nommer.

Le possible produit par la structure est bien plus grand, en tous les sens, que n’importe quelle partie du monde. Et donc le sujet est, dans le moi, plus grand que le moi. Le sujet, l'arc de conscience (qui est donc une tension, un rapport, ouvert sinon il cesserait d'être rapport pour se confondre avec tel ou tel contenu) assure et assume le subjectif, l'objectif, l’humanisation, la personnalisation, la perception ou les abstractions ; il y a « idée » parce qu'il y a conscience, l'inverse est dépourvu de sens. Est irréel.

Que la possibilité soit agrandie par le possible est structurellement fondamental. Et concerne absolument chacun.

Descartes donc, et les suivants, découvrent cet être qui n'est pas un être (sinon il se confondrait avec ses pensées, ses représentions, ses contenus, ses images) mais est un rapport, soit donc un sujet. Et si les pensées varient (en tous sens), la qualité de 'sujet ' ne se modifie jamais ; toute conscience est absolument, cad parfaitement, égale à toute autre (quels que soient ses contenus ; ce qui ne reconnaît pas ce Fait formel, se trompe ou vous trompe, cad veut faire passer un discours pour la réalité ; qu'ils y aient quantité de discours qui décrivent quantité de réalités, oui, mais aucun n'est la réalité elle-même ; à vrai dire seuls chacun des sujets a accès à l’horizon réel du monde réel, si l'on vous annonce l'inverse, c’est que l'on veut vous manipule, sous les augures de tel ou tel « discours », plus ou moins bizarre ou raisonnable).

Descartes, Kant, les allemands (qui tentent d'interpréter le sujet selon différentes catégories « d’absolu », Fichte, Schelling, peine perdue, en un sens évidemment, puisque le sujet ne peut pas être relativisé par quelque « absolu » que ce soit), puis vint Hegel (qui lui comprend que le sujet est vis-à-vis des contenus, une négativité dialectique, et donc se permet d'aligner les deux phénoménologies ; celle du devenir de la conscience, puis la phénoménologie du savoir absolu, qui est une phénoménologie et non pas la « pensée  réelle » du réel), de là on s'échappe soudainement par Husserl, et à terme par Sartre (qui extrait la phénoménologie d'elle-même et l'inscrit sur et par le corps), et Lacan qui analyse absolument l'arc de conscience, et le tort, la douleur qu'il provoque dans un corps-vivant (en le perturbant considérablement).

Tableau général donc.

Le dit sujet est juste ceci qu'il est un rapport qui a rapport avec soi comme rapport. Et qui délivre ainsi la clef même du réel, qui tient en la perfection potentielle. Si l'on oublie cela on tombe. Dans le monde, le vécu ou le corps.

Ce qui ne veut pas dire que si on ne l'oublie pas, et qu'il soit tenu fermement, on puisse négliger le monde, le vécu et le corps ; le rapport, la structure sont bien plus grands que le monde, le vécu et le corps, pourquoi serait-ils inquiétés par le monde, le vécu, le destin, la mort, les difficultés de la réalité ?

Ça n'est pas un retranchement, un refus, mais l'extension bien-plus-grande. Soit donc la perfection comme mouvement. C'est le mouvement englobant qui redessine soudainement l’ensemble de la perception (cad de tout). Si l'on crée la-pensée on change tout. Si on crée l'âme de chacun par le regard, christique, on change tout (chaque individu se transforme hors de toute main mise, excepté celle du christ qui vous libère, de tout le reste). Si l'on entend les voix de la révolution on veut renouveler le pacte, l'alliance, le contrat.

Et c'est bien le déploiement de la structure sur le monde qui permit d'installer un monde humain plus ou moins sécurisé, nous évitant les dures nécessités et les pénuries. Parce qu'ayant saisi que nous étions non pas assujettis à un contenu (à un monde humain particulier) mais producteurs de contenus (et donc atteignant la rationalisation des intentionnalités et la rationalisation de l'intentionnalité, que l'on nomme pensée grecque, christique, églises, révolutions, États, constitutions, sciences, technologies, etc), alors il nous a été possible de remonter dans les conditions ; de parer aux conditions météos ou aux distances ou aux maladies, en retravaillant les causes elles-mêmes de toutes ces nécessités, ces contraintes ; parce que nous partons d’antérieurement à tout monde donné, à toute perception, que nous en furent de moins en moins les jouets.

À partir du vide antérieur à tout (tout contenu que nous produisons ou tout donné là qui s'impose à nous dans le monde) il nous est possible de reconditionner la réalité.

Or il se trouve que nous n'avons pas trop enquêter sur la nature même de ce pouvoir d'antériorité, de puissance, de potentialité. Fascinés par la prébende, les facilités, louables en elles-mêmes, qu’occasionnaient la raison ou les sciences ou le droit de chacun ; le droit, soit dit en passant, qui est, quoi que l'on en dise, parfaitement opérationnel pour toute société humaine, qui fonctionne mieux et plus précisément que les sciences elles-mêmes, le droit est une rationalité, des intentionnalités, active. Rationalité non pas en-elle-même (comme si la raison existait comme corpus désigné et fixe) mais rationalité relative aux intentionnalités, aux perceptions mais aussi aux intentions (le droit constitutionnel, ou la morale publique ou privée ou le moi-même, tout autant).

L'arc de conscience est réellement et effectivement arcbouté dans les données du monde ; l'arc n'est pas du tout « subjectif », c'est une structure en dur et notamment de ceci qu'il n'existe qu'une seule forme d'arc (la « conscience ») situé sur un seul et même monde, en un seul et unique horizon (les mondes humains, les langages étant des excroissances sur le même horizon) ; et le subjectif est juste une partie, une des possibilités de la structure. Qui assume aussi bien les abstractions que les perceptions (qui sont prises-dans et n'apparaissent, à nos yeux, que dans le champ intentionnel).

Raison, droit, constitutionnalité des sociétés, récits, esthétiques, sciences tout cela ce sont les effets, élevés, de la cause, structurelle qui parce qu'elle est « venue » dans le monde, a rendu possible ces possibilités.

On croit que la raison repose sur la raison, le beau sur la beauté, le bien valant en lui-même, tout cela est vrai, partiellement. Ce sont surtout des mises en œuvres ; ce par quoi on augmente, intensifie, accélère, concrétise des stratégies (respectivement grecque, monothéiste et christique, cartésienne et révolutionnaire), et cette remarque ne relativise pas leur effectivité ; cela permet au contraire (ayant été validés comme effectives stratégies qui fonctionnement, qui opèrent, qui structurent touts les champs intentionnels et de perceptions) de situer une architecture antérieure que ne décrivent ni ne manifestent toutes ces possibilités mais qui se tient en retrait et permet l'apparescence des possibilités.

Et cette antériorité existe et supporte ces extensions, elle se doit d'être encore-plus rationnelle, si l'on veut, puisqu’elle rend accessibles, possibles ces stratégies. Lorsque l'on a placé au-devant de la scène que nous n'étions pas emplis d'un contenu (tel monde humain) mais produisant « des contenus » ou lorsque nous nous sommes rendus compte que nous n'étions pas notre-vie mais dans la capacité de nous percevoir comme une-vie (à partir d'un point-autre, christique qui échappait de cela à tout ordre donné, toute catégorisation, ni homme ni femme, ni esclave ni libre, mais un en christ, Saint Paul signe pour tous les siècles qui suivront), alors nous nous sommes glissés dans l'antériorité ; c'est, historiquement, à partir de « là », de ce Bord, cette paroi antérieure qu'il nous a fallu percevoir, imaginer, décider, penser.

Autrement dit dieu, l’universel, le christique, le sujet nous ont forcés à avancer ; l'arc de liberté est plus grand que les mondes humains particuliers qui eurent lieu avant, et les mondes (qui sont alors des périodes, des stades, des dénivellations) de l’acculturation généralisée depuis la méditerranée (dont la philosophie qui se charge de penser, littéralement, de repérer, cartographier et créer en partie également, « ce qui est arrivé à l'humain » au sortir des mondes particuliers).

Cette antériorité (à toutes les stratégies et toutes les tactiques qui découlent des premières ou qui se fourvoient de ne réguler, soumettre qu'au monde, des intérêts et des immédiatetés) c'est celle qui commence d'être apprivoisée par ces réflexivités ardues que sont dieu le un tout-autre (tout autre que tout), l’universel (l'être, le bien, le moteur, la pensée de la pensée, le un), le regard intentionnel (christique, celui qui crée l’individualité, une par une), le sujet (Descartes et suivants, la révolution de liberté-égalité), etc.

Ardues parce qu'il faut se précipiter en avant du monde, des intérêts, des immédiatetés, relativiser tout cette massivité (de là que dieu, l’universel, le sujet doivent s'imposer antérieurement et autres) et parvenir ainsi à lancer dans le monde, mais aussi le vécu (et le relationnel humain) et le corps (la vie individuelle) et la relativiser vers, par et pour une grande stratégie. Qui nous commande par exemple de ne pas succomber aux moindres frémissements de la réalité, qu'il vaut mieux (même si on n'en retire pas un bien ressenti immédiat) parier sur le possible, le futur (la nation juive, la pensée, la révolution, le bien, la morale, le savoir, etc).

Cette grande stratégie c'est celle qui crée l’histoire, l’historicité ; parce que l’historicité s’effectue en fonction de ce qui n'est pas, nulle part. Mais de ce qui vient. Pourquoi le temps se mettrait-il en marche, sinon pour réaliser, rendre réel ce qui n'est nulle part dans le monde, le donné, le vécu, le relationnel, le corps, la vie individuelle ?

Et n'est-ce pas tout cela qu'il a effectivement rendu vraiment réel ?

Ainsi donc il suffit que le structurel se décide (qu'il nous soit révélé ou qu'il nous vienne de l'antériorité) pour qu'il porte sa multitude d'effets et crée les mondes (d'abord, particuliers), puis sous le registre de l’acculturation généralisée (au dessus de tous les mondes) qu'il crée les sociétés (qui sont donc toutes assignées par l'acculturation, la ré-anthropologisation qui eut lieu autour de la méditerranée).

Et ceci dans le registre et le régime de la séparation ; le monde donné « là » séparé de la représentation (qui n'est plus celle d'un groupe), les individus séparés de leur humanité, chacun séparé de soi (selon la division de la pensée, et son décentrement dû à l'universel ou selon le regard christique qui isole-crée chacun individuellement). Mais on voit bien alors qu'il fallait ré-unifier ces séparations non plus sur le mode d'une « plénitude » mais d'une organisation et d’une complexité de la séparation elle-même ; que chacun soit un dans l'unité d'une « nation » (depuis les juifs cela prit cette désignation là, la ré-union d'individus sous l’Intention du Un tout-autre, qui ciblait ainsi chacun en sa propre existence ; chacun devenant une intention à l'image de l'Intention, ce qui signifie vide, ou donc formel, et libre, et égaux, parmi les nations et à la tête des nations qui viendront).

Ce qui fut. Il fut que les groupes humains se sont ordonnés selon la même-forme d’État. Il n'y en a qu’une (ce qui ne veut pas dire que la révolution ne doit pas se continuer, mais sans annuler l'acquis).

Remettant à plus grand l'action humaine, qui pourtant ne désire rien tant qu'en revenir à une immédiateté … Aussi malgré la suréminence du cadre généralisé (de la structure comme énorme architecture historiquement créée et ordonnée) on va commencer de le remplir avec le donné, et avec les intérêts du monde, ceux qui divisent et maltraitent l’humanisation, ceux qui s'imposent pesamment et envahissent constamment la loi, la vérité, la liberté, l'égalité ; il est plus simple de suivre la pente du monde, du vécu et du corps, qui travestissent et grignotent, qui infiltrent leurs finalités toutes données dans la réalité, plutôt que de s'efforcer à une réflexivité qui relativiserait et nous séparerait encore plus de nous, de notre perception,  de nos affects, ou désirs faciles.

On comprend par là que la stratégie est réellement une plus grande possibilité qui Doit échapper au donné, de même que dieu est le un tout-autre, que le christique nous laisse afin que nous nous trouvions et que la révolution nous garantit la liberté et l'égalité à condition de continuer de les vouloir, décider, de mener plus avant l'intentionnalité.

Et dans le même temps que l'on acquiert la possibilité du sujet, on se fourvoie dans l'exclusivité du moi ; lequel est requis et impératif (on n'imagine pas une vie, humanisée, sans que notre vie soit nôtre, plutôt que recouverte par l'homme générique communiste ou tout espèce de communautarisme ou quelque idéomanie ou sectarisme) mais qui aurait dû se prendre en main et ajouter à son moi son sujet. Organiser son intentionnalité, générale, globale, stratégique, et non pas succomber, s'enfoncer, s'enfermer, se coaguler ne ces quelques contenus.

C'est ce que signifie le principe du monde de la matérialisation (soit non pas de la matière, mais de la matérialisation de nos intentions, laquelle matérialisation est furieusement idéaliste, elle croit que sa vie, son monde va se concrétiser, ce qui est vrai, mais que ce monde fabriqué, porudit lui suffira, suffira à la structure antérieure, à tout monde, tout vécu, tout corps) ; lequel pricnipe est que le donné explique le donné (qu'il y a tout lieu dès lors de croire que nos désirs seront satisfaits, puisqu'aucun n'excède le monde, la vie et la satisfaction).

Or il est une évidence ; si l'arc de conscience n'est pas une « subjectivité » mais la structure antérieure à tout et qui supporte toutes les intentionnalisations, tous les champs, alors effectivement on ne peut pas se « sauver » sans élever tous les autres. Dit autrement ; on ne peut pas s 'élever soi si l'on ne cherche pas le moyen d'élever tous les autres. Et si on ne s'élève pas, on tombe. Parce que le réel est mouvement.

Dit autrement encore ; ça n'est pas une question « individuelle » au sens subjectif. C'est une question comme on a dit hyper-objective. De celle qui fonde l’historicité. Sans dieu, l'universel, le christique, le sujet, la révolution, l'histoire serait tribus, royaumes, empires, dans une succession invraisemblable, quasi inutile. Dieu n'est plus du tout une-seule-nation, mais toutes. Parce qu'il manifeste que le-réel est une Intention (et rien d'autre, pas de manifestation naturalistes, mondaines, ni même humanisées, anthropomorphiques, etc). Si il est une intention rien ne le distingue, sinon qu'il est la distinction même. Et si il est une intention que rien ne distingue (de l'extérieur) alors il est l'unique intention (il ne peut pas en exister deux). Et si il est l'intention, indistinguable (selon le monde et nos critères habituels) alors il est originellement antérieur ou autre que le monde, ou si l'on veut créateur.

Ceci nourrit un aperçu plutôt complet.

À savoir que l'on ne comprendrait pas réellement si le monde ou la réalité sortaient soudainement du néant à l'être. Mais on a vu que l'être ou le néant, la question ne se pose pas ; il y a néant et il y a être (au sens générique) puisque le néant n'oppose évidemment rien à l'être ; les deux existent et ainsi le principe qui les guide sera le Possible (ce qui est possible, est). Dès lors on ne va pas définir dieu ou l'Intention comme créant l'être hors du néant, mais selon la Possibilité. Or cette caractérisation coïncide parfaitement avec la leçon présentée par la révélation ; que ce qui compte n'est pas ce qui est (rien n'est sinon passagèrement) mais ce qui devient. Dieu ne crée pas l'être (qui n'est pas), mais crée intégralement le Possible.

Et on a vu pour « quoi », afin que la perfection soit encore plus parfaite.

Dit clairement ; il s'agit de vouloir le plus grand bien possible et, selon, cette volonté abaissera ou élèvera la Possibilité elle-même.

On ne peut pas que la Possibilité ne soit (sinon rien n'existerait), mais il dépend que la Possibilité soit encore plus grande. Et de manière générale, elle ne peut que s'augmenter, s'intensifier, s’accélérer, se rendre réelle.

On ajoute par ailleurs que la perfection re-vient dans la réalité, par à-coups de révélations, quel que soit le sens qu'on lui prête, afin que le réel s’entende lui-même et avance plus avant ; il se peut que vous ayez reçu une ou des révélations, selon les œuvres de toute sorte, ou selon les effets, et que vous ayez, plus ou moins perçu ces interventions, et que vous les ayez, plus ou moins, relevés.

L'originel sera d'autant plus élevé que l'on aura été en mesure d'agrandir le champ intentionnel et sa coordination. Ou : il est dans le champ intentionnel la capacité de créer selon un moins et un plus de possibilité. Et étant un rapport (une structure) il lui revient, selon le dispositif sujet, d’augmenter ou d’amoindrir ce champ.

Et si il s'agit d'une coordination, c'est tout autant en interne (de ce champ) qu'en externe, relativement aux autres arcs de conscience. On comprend bien, instantanément, que si je me dis libre, c'est en consacrant la liberté de qui que ce soit d'autre. De même que dieu se déclarant comme Intention réunit toute espèce d'intention. Ou que le christique soit unique et exclusif ou que Descartes ou la révolution n'aient eu lieu qu'une fois, pour toutes. On ne peut pas répéter l'accès structurel, et une fois ouvert il se constitue, se continue, s'impose et devient le stade lui-même à partir duquel on perçoit. Invariablement.

Aussi , puisque le moi est placé dans le champ intentionnel, il n'est en vérité aucune racine psychologique, excepté celle qui naît dans le dit champ... nous ne sommes pas, nous ex-sistons ; dans l'acte et l'actualité et l’actualisation de l'acte ; de même que le christ ou l'universel ou le sujet ou le réel ou la révolution créent ipso facto votre âme, c'est là que ça naît, et c'est là que « cela », ce dispositif-sujet, récupère l'instantanéité de toutes les explorations du champ qui eurent lieu, serait-ce mille ans auparavant.

Or le super spécial contenu que créent ces structures réelles ne s'incarnent en rien d'autre que les arc de conscience ; il n'y a pas de vérité tenant en elle-m^me. En fait, dans le fait brut, dans l'histoire ou l'individualité, toute finalité aboutit à inscrire dans les sujets les possibilités. On a vu l'illustration de la révolution mais une œuvre ne vaut pas en elle-même mais de ce qu'elle apporte à chacun ; les champs fabriqués par les esthétiques ou les littératures ou les poétiques ne balisent pas un chemin classique (un ordre qui se révèle par les œuvres) mais créent littéralement et réellement (dans l'épaisseur d'un corps vivant qui perçoit nanti d'un champ intentionnel suffisamment souple pour agripper les signes dont sont élaborées ces œuvres), créent des perceptions structurelles absolument originales et profondes.

Cela veut dire ceci ; la profondeur des œuvres (qui donc ne révèlent pas un Ordre, selon le vrai, le bien, le beau) est celle qui naît de et dans la superficialité, la légèreté, l'immatérialité presque de la perception telle que distendue par les champs de perceptions intentionnelles. Et donc le réel est en plus ; il n'est pas la matérialité, ou il est la matérialité parvenue à sa propre exposition ; le réel est dans la manifestation et ne naît que dans la perception qui se-sait ; de même que votre âme est créée dans le regard et par le regard du christ ou par le regard d'autrui, selon le tomber-amoureux du moi, ou selon autrui par Sartre et par Lacan (qui extrapole l'autre dans le sein du grand Autre , qui n'est nulle part, qui découpe par les signes).

Il existe ainsi des œuvres (esthétiques ou littéraires, politiques ou éthiques, d’humanisation ou de personnalisation, idéelles ou philosophiques) qui s'utilisent afin que le champ intentionnel entre dans ce que l'on nommait jadis l'esprit (au sens hégélien par ex) et que l'on admet ici comme étant l'activisme même, augmenté, intensifié, accéléré, matérialisé de l'arc intentionnel ; c'est seulement par et dans un regard intentionnel que le réel non seulement paraît (dans le cas où il s'agirait classiquement d’un Ordre au-delà de l'immédiateté et de la multiplicité) mais que ce réel se crée, se continue ; sans Rimbaud on percevrait moins. Rimbaud amène à une plus plus réelle perception, à un plus grand réel, à un réel qui a augmenté soudainement ses possibilités ; Rimbaud (ou qui l'on voudra) a agrandi le réel.

En cela par rapport à la conception classique (qui se limitait à l’universalité) Rimbaud rend possible encore plus de multiplicité et encore plus de perceptions, encore plus d’immanences et encore plus de transcendance.

Le champ de l’universalisation est bien plus grand que ce que le classique (et l’universalité et la métaphysique et le conscient et la volonté) entendait ; non pas que cela reviendrait à n'approuver que le singulier, mais bien que le champ du réel intégralement universel relève d'un universel bien plus confondant que l'universalité ; l'universel existe mais l'universalité de la structure de conscience, de sujet est totalement hors de proportion en comparaison de l'universel. C'est bien pour cela que la révolution n'impose pas une raison, un ordre mais la capacité de jugement (de retour sur elle-même de toute intentionnalité).

Il n'est pas un ordre dans la réalité qui serait en résumé ce qu'est toute la multiplicité. La réalité est un réel, qui se réfléchit (cad se manifeste, c'est pour cela qu'il existe un champ de perception qui constitue tout, des particules aux consciences et peut-être au-delà), et la chair qu'est le monde est un dispositif sujet. Lorsque le christ s'incarne c'est littéralement, en et par un Corps. Lorsque chacun est rendu à sa propre vie c'est dans et par la liberté-égalité. Lorsque l'on s’immerge en une œuvre c'est la racine même de toute perception qui nous est transformée (sous condition que le créateur ait précisèemetn porté, supporté toute l'antériorité disponible ; ainsi Rimbaud exposant, manifestant, ré-élaborant toute son existence, et toute l’existence du monde, dans la saison et les illuminations). À chaque fois il s'agit d'un baptême, l'immersion vous transformant de l'externe vers l'interne.

Non pas de l'extériorité qui est toujours violence vers l'intériorité (qui est (toujours close), mais l'externe venant y compris créer qu'il y ait un interne.

Convertissez-vous et vous deviendrez selon l'autre vie, selon l'Existence.

Pensez et vous transformerez la nature même de votre être qui de substance s'étendra en signes innombrables et organisés.

Percevez et de ce tableau surgira non seulement ce que vous pourrez, ensuite, percevoir mais votre regard lui-même, débarrassé de sa substance, sera pures et brutes perceptions : de là qu'une œuvre contienne votre renaissance et la renaissance du monde, du vécu, du corps.

Et une renaissance Continuée, parce que cela qui renaît, soit donc l'arc lui-même de perceptions et d'intentionnalité, et qui tient en quelques signes (qui volatilisent votre substantialité, vers les signes, les rapports eux-mêmes, cad les structures) lorsque « cela », dont on ne connaît pas encore la puissance réelle, est lancé dans le renouvellement, alors l'arc indique un continuel commencement. Le christ, la pensée, le sujet, dieu, la révolution ne cessent de commencer, puisque le réel est absolument commençant.

De là enfin que lorsque le christique (qui initie le début de la réelle universalité, celle de chacun des sujets) s'incarne, il n’emprunte pas un « corps »... il est ce corps. La manifestation (la réalité, l'être) n'est pas un habit emprunté de la structure (du réel, de l'exister) ; elle est intégralement la réalité du réel, de même que le fils, le verbe, la parole par qui fut créée l'univers ou le logos sont la manifestation du père. Le fils est distinct du père, mais non pas séparé.

La réalité est manifestement distincte du réel, mais non pas autre. Sinon il n'existerait pas de manifestation, de réalité. Et ce puisque le un, le réel est lui-même l’opérateur de toute altérité, la transcendance contient toutes les immanences.
Et il est l'opérateur de toute altérité puisqu’il entend vouloir la perfection toujours continuée, avançant toujours bien plus loin, en tant que possibles agrandissant la Possibilité même.
L'intervention divine ou l'opérativité de la structure (au choix) inter-viennent ici même afin que le possible s'agrandit.

Évidemment désigner la structure comme Possibilité (et augmentation des possibles de la Possibilité, les réalités, et de la Possibilité elle-même, le réel) c'est comprendre et ne pas comprendre son Réel ; puisque c'est ce à partir de quoi tout le reste paraît et ce en quoi la Possibilité se crée elle-même, dont on ne peut pas obtenir une compréhension close ; la Possibilité est absolument, cad formellement, inscrite en et par nous-même (on ignore tout des autres possibilités d'êtres non humains, ou même de non-vivants au sens de ce que nous désignons comme « vivant » alors même que celle-ci nous est quasi incompréhensible en soi).

 

Pour éclaircir un peu ; un arc de conscience peut n’apparaître que dans un vivant, qui perçoit, qui existe indépendamment ou extérieurement à son milieu (chaque vivant est son unité et séparément du donné), et dans ce vivant se crée un champ, dit intentionnel, qui absorbe les perceptions, le corps, le biologique et le chimique (etc), et qui ajoute dans l'actualité pure et brute (le « là ») sa propre élaboration (le principe est que ce qui vient en plus, s'ajoute, les atomes aux particules, l'organique à l’inorganique); intégralement actuel et articulé et qui produit une autre-surface du corps pour chacun, sur laquelle s’écrivent les signes (dont le langage) et ce dans et par la tension qu'est cet arc de conscience. On perçoit, (imagine, ressent, pense, décide, projette) à partir du point situé tout là-bas, au loin et selon la forme d'arc de retour (qui re-vient s'inscrire sur nous, sur notre phénoménalité, qui désoccupe et distingue selon des signes et des signes de plus en plus élaborés et architecturés).

Le procès est globalement le même ; selon l’information renvoyée à partir de là-bas, le départ se modifie. La finalité est de remodifier sans cesse le corpus intentionnel de base, qu'il s'agrandisse (ce qui ne se peut que si il s’organise).

Ça n'est pas seulement notre pensée ou notre esprit qui doivent être organisés, mais notre attention, notre conscience, la structure même au commencement de tout, qui est la condition (qu'il y ait une pensée, une imagination, une décision, une perception, perception qui reste un des grands acquis de Kant et ouvre à la phénoménologie). C'est la même difficulté que nous « promet » le christique ; non pas les réalisations (seraient-elles bonnes) mais la foi ; ce qui veut dire l'intention formelle qui vous pousse et de la subtilité de laquelle, si complexe et étrange, on ne voit pas le bout, on en éprouve la complexité et la simplicité à la fois ; l'intention sauve, parce que les effets de cette intention probablement se retourneront contre vous et contre elle-même ; mais elle reviendra et reprendra à nouveau, à neuf ; c'est en cela que le christique, l’universel, le sujet, le réel se relancent constamment (ils sont fait pour et par le re-commencement) ; le réel, la structure, dieu ne peuvent pas passer dans la réalité, le vécu, la perception, le créé mais ils le veulent.

Avez-vous perçu les signes qui vous furent envoyés à partir de l’horizon,
et qu'en avez-vous fait ?

Si dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution (et les esthétiques et les idéels ou simplement votre statut de citoyen) agissent d'une unanimité constamment plus qu'objective ; ils vous ont déjà transportés sur le Bord de la réalité et hors de celle-ci (hors de votre subjectivité et du moi-même, comme autrefois il se manifestait au delà de l'immédiateté ou de la multiplicité, de la perception commune ou spontanée ou de l’intérêt pesant du monde et du corps, du vieil homme ou de l'instinctif) ; nous sommes déjà arcboutés sur la plus grande architecture. Il ne sert à rien de le refuser, mais de s'y ré-inscrire en conscience, intentionnellement et selon l'autre surface du corps.

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