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instants philosophie

La mise-à-jour du réel

20 Juin 2020, 08:13am

Publié par pascal doyelle

On tente donc d'identifier la porte ouverte, telle que disposée dans la réalité et dans l'ignorance de laquelle nous vivons, mais par laquelle seule nous existons. Autrement dit par laquelle il nous est possible de transformer cette vie en existence, ou si l'on préfère en Ex-sistence.

On a vu grosso modo et qualifié le présent de porte du réel même.

Soit donc le plus petit, le plus ridiculement immédiat, le présent, est antérieur aux parcelles, aux particules, aux parties de monde, quelles qu'elles soient, et antérieur au temps ou l'espace et de toute manière non mesurable, non représentable, impossible de le tenir à distance ; c'est ce à partir de quoi nous percevons (tout) et à partir de quoi il y a des réalités.

Et ce présent est tenu comme une espèce extrêmement étrange de suspension, et de notre fondamentale angoisse et bizarrerie, de lévitation du réel en somme pour ainsi dire, qui soulève continuement la réalité, et que l'on a signifié en tant que Possibilité ; le réel est la possibilité du possible ;étant entendu que la question n'est ni l'être ou le néant, mais la Possibilité comme telle et en tant que telle ; ou si l'on préfère il faut toujours faire en sorte que l'on rende possible le possible ; et ne riez pas parce que l'on n'y parvient jamais … On se remplit toujours d'un n'importe quoi quelconque, et c'est cela même (la détermination) qui nous empêche et nous éloigne de la porte du réel. Et le possible du possible qui est originel, antérieur à tout le réel, c'est cela même qui se retrouve tout au long du déroulement, des déplis divers et variés du Pli initial ; il n'existe à proprement parler que le Pli.

Et tout le reste est dedans.

Y compris ces êtres qui ne sont pas des êtres mais des rapports. Ce qui a rapport à soi est dit « conscience ».

On peut bien désigner l’être (toujours sous un certain angle ou telle ou telle détermination) mais en fait, dans le fait pur et dru, le réel est cette forme de la Possibilité même, parce que c'est la Possibilité, cad la perfection en mouvement qui est en jeu, qui se joue, qui se décide et se cherche et se veut.

Considérant ainsi que la réalité, le réel n'est nullement donné là, inerte, amorphe, plat, mais est une articulation et que nous existons de et par cette articulation. On adopte un pas de plus, le pas gagné, en ceci qu'il est admis que le présent est cette articulation (à rebours de n'être qu'un vague effet ou être-là, il est, le présent, le réel même, et cela seul qui existe, et comme tel il est pur et brut mouvement).

On part du présupposé général que les autres, très connus ou inconnus, n'étaient pas stupides et qu'il faut prendre au sérieux tout ce qui fut dit au travers de l'histoire, reflets d'explorations d'autant plus réelles qu'elles furent rigoureuses, chacune à leur manière ; les attitudes qui relèvent d'immédiatetés plus ou moins maîtrisées retournent d'elles-mêmes dans le monde du donné, mais les positions cohérentes et adéquates (à la situation de toute conscience, tout arc de conscience, toute intentionnalité) sont conservées et remises en circulation, dans l’historicité, créant cette historicité elle-même, puisque s'appuyant sur un réel, sur une structure effectivement et activement réelle ; celle qui nourrit chaque arc de conscience lorsqu'il entend transformer sa vie en Existence.

On compte ici sur la structure elle-même qui ne consiste absolument pas en une « idée » ou une représentation mais existe en et par elle-même, quels que soient les contenus, les mondes humains, les civilisations, les systèmes ou les esthétiques ou tout ce que l'on voudra purique la structure (active de conscience, d'intentionnalité) est cela même qui rend possibles toutes les activités ; sans intentionnalité rien de ce que nous sommes n’apparaîtrait.

Et donc c'est sur la forme de notre être (qui du coup n'est pas un « être », déterminé, mais la possibilité de toute détermination, effectives ou à inventer) qu'il faut s'interroger.

Il n'existe pas des hindous ou des mayas, des juifs ou des français, ni Pierre ni Paul ou Pauline n'existent, mais rien qu'un seul champ intentionnalisateur, dans lequel se différencie que l'on soit Pierre ou maya ou européen ou poète ou De Gaulle.

Sauf que ce champ intentionnalisateur est à chaque fois un et unique, singulier, et tellement singulier que Pierre est lui-même autre que Pierre … Autre manière de dire que ce champ préserve sa singularité absolument, exclusivement ; il n'existe aucune « conscience » mais à chaque fois des consciences-sujets.

Ce qui pose évidemment la question ; pourquoi le réel admet-il, et visiblement encourage, et même crée de tels êtres qui se supportent d'eux-mêmes, un par un, d'un dispositif-sujet ?

On a répondu ; il s'agit de la perfection en tant que seule accessible par le dit dispositif.

Dont on se doute, quand même, qu'elle ne consiste pas en une perfection selon le monde, le vécu ou le corps. Destinés à se dissoudre ; ce qui se décompose ne possède aucun avenir. Ce qui ne veut aps dire qu'il faille les négliger, mais alors on ajoute aussitôt que l'on a pu transformer la vie nécessiteuse et difficile en facilité et liberté parce que l'on a pu augmenter (grec) intensifier (monothéisme et christique) accélérer (cartésien et révolution) et augmenter donc l'intentionnalité, les capacités d'attention, de précision, de stratégie des intentions et des perceptions. Les sciences ou les esthétiques (qui se détachent des rituels par ex) ou la pensée (qui outrepasse le groupe et le langage commun, etc) sont les effets, décuplés, de l'acquis de structure ; et de fait ils s'annoncent comme tels (dieu, la pensée, le sujet disent « voilà j'arrive et je vais changer votre regard »). Et c'est cette nouvelle scène, cette mise en scène de ce qui n'apparaissait pas et n’apparaît pas (à moins de le vouloir) qui rend possible le droit, les sciences, techniques, les poètes et le lyrisme, les mass-médias et la personnalisation applicable pour chacun.

C'est l'acquis structurel qui ouvre le possible, et vient, armé de sa dimension, briser puis reconstruire la communauté mais sur un autre plan, plus complexe puisqu'intégrant la structure (dieu, la pensée et l’universel (l’État par ex), le christique et le sujet (centre de sa propre perception, requérant esthétiques et récits et systèmes, tout ce qui suivra, invention de champs de perceptions différenciés). Hors cette brisure le groupe penserait, encore, à votre place ; il n'y aurait pas un espace-temps, si l'on veut, dégagé par l'intervention structurelle et revenant à/vers/par/pour chaque conscience, et se dénivellerait la complexité.

Ce ne sont pas les immédiatetés du monde donné qui doivent être pensées, mais la structure de conscience elle-même, le cadre général, cad universelle, de l'acte de conscience ; tous ceux qui avancent vers la forme même de tous les contenus, tendent à élaborer un cadre général de l’attention portée à l’existence, au réel, au monde (autrefois le cosmos, ordonné supposément).

Il faut par ailleurs ne plus interroger comme si il s'agissait de l'être ou du néant ; il est tenu comme Fait absolu que le réel existe et que donc ce qui compte c'est le Possible. Nous sommes dans la possibilité et la possibilité est tout, et donc tout est mouvement. Le problème si l'on s'engage sur le possible, alors il ne cesse pas. L'être peut stagner ou se fixer, ou se figer, mais si le réel est mouvement alors il est en tant que mouvement ; il n'y a rien en dehors. Raison pour laquelle il nous est impossible se saisir quoi que ce soit entre nos mains ; de même que si l'on pose d'abord l'être (ou le néant) il faut ensuite prévoir ce par quoi on le contraint, ce qui est absurde. Si le réel est le possible même, alors ce à quoi il faut s'engager c'est de saisir le possible et comme c'est impossible il s'agit d'en être saisi. C'est bien là le dilemme réel auquel nous sommes soumis, mais cette soumission, littéralement, est précisément celle la possibilité, soit donc pas une soumission, mais de nous rendre égal à la possibilité ; à tout le moins de le tenter, et il est logique que ce soit une tentative, autrement dit une intention.

Parce que c'est intention qui vous juge, ou vous jugera, et non les actes réussis, parce que l'on ne réussit jamais rien véritablement ; le réel est un commencement continuel. Il est tout entier localisé comme Commencement.

Il s'agira donc de poursuivre la Même Intention cherchant à perfectionner sa qualité, sa précision, son ampleur.

Sa qualité, en tant qu’intentionnelle (dieu) sa précision (grecque et universalisable) son ampleur, (christique et individuelle, puisque tout ce qui arrive se situe lors d'une vie individuelle, y compris la raison, les esthétiques, etc).

Il fallait d'abord que nous vienne l'intention sans autre détermination que sa propre volonté ; ensuite que l'on puisse sérier les intentionnalités, ce à quoi servent les idées ; enfin que « cela » qui opère en tant qu'intentionnalité soit saisi dans son origine, sa source, laquelle consiste en ce corps, vivant et individué, qui par l'arc de conscience fait retour sur lui-même ; dieu déploie ou nous révèle (comme on veut) l'intention, les grecs développent l'intentionnalisation comme idées et systèmes, le christique incorpore l'intention, divine, structurelle, dans le corps et par le corps (le sien propre et celui de chacun, par laquelle opération nous sommes fils de l'intention et frères en intention).

Vint ensuite de non seulement élaborer la structure, mais de la créer ; rien n'était écrit ; il dépend de la forme structurelle de se rendre le plus effectivement réelle ; son indétermination, le moment de son surgissement, divin et messianique ou universel ou christique laisse en creux cette indétermination, de sorte que face au monde, aux intérêts du monde, aux groupes et aux castes ou aux classes ou aux catégories, l'intention semble vide ou un pur vœux pieux.

Or rien n'est hypothétiquement possible si le sujet dans son unité formelle n'est pas engagé. Sans le sujet aucune structure ne peut se déployer, puisque le possible n’apparaît qu'à celui-ci, dans l'intentionnalité. Cela veut dire que c'est en lui-même, en son sujet (ce qui n'est pas tout à fait « lui-même ») qu'il doit puiser les ressources ; le messianique (juif), l'idéal de raison, le christique formulent le cadre général, dont tout le reste tentera de rendre concrètement et dès l'abord incorporé l’indétermination ; et ce faisant le sujet possède au moins une emprise ; le corps.

La capacité de produire une autre-surface du corps ; dont on comprend qu'il requiert la plus entière mais difficile et en fait impossible motivation. C'est en puisant dans l’énergie du corps, du vivant, que l'arc de conscience, la structure de sujet, la possibilité peut s'arc-bouter, or cette énergie du corps trouve spontanément, pour ainsi dire, ses objets dans le donné, tandis qu'il doit se soumettre à l'effort pour élever son intérêt.

Ce qui ne fonctionne pas.

Pour que le sujet s’élève du moi, du corps, qu'il produise une autre potentielle surface, il lui faut en être inspiré, convaincu, passionné ; la conversion, l’inspiration, la passion ; la passion en ce sens très précis qu'il est une destination réelle du corps qui n’apparaît pas du tout dans le monde, le vivant ou la perception immédiate, mais qui se crée, cette destination, dans l’actualisation ; l'actualisation est une mise à jour … puisque cet être qui n'est pas un être, se produit, se fabrique, se construit dans le champ de sa propre visibilité ; il ajoute au monde donné une dimension en plus, et bien évidemment on peut considérer que cet ajout est absolument la finalité même.

La finalité même consiste en ceci que le réel doit décider de ce dont il est le réel ; le possible. Et le possible ne peut pas ne pas exister ; il en passe formellement nécessairement par le présent, par l'actualité et l’actualisation (on ne connaît pas le christique de toute éternité, on doit se convertir ; on ne pense pas spontanément il faut activement penser soi-même et comprendre ce que l'on énonce ; on ne se satisfait de tel état donné on veut le modifier, le révolutionner ; on ne se sait pas immédiatement on prend, cartésiennement, conscience de soi comme activité attenante, etc).

C'est donc le présent, l'actualité parce que l’actualisation (cette activité, puisque tout est mouvement) et l’actualisation parce que c'est un sujet (qui se veut, se décide, se voit, se projette, se-sait, et intentionnalise), et c'est un sujet parce que la vraie perfection est celle qui se-veut-encore-plus.

Il y a un présent parce que l'exister est la forme réelle de tout ce qui est, et que dans le présent le réel, le un, la possibilité du possible se crée.

Ce que par exemple le christique nomme l'amour, ce qui veut dire, à tout le moins le lien, le rapport. On ne prétend pas dépouiller tout le sens de la qualification. Si on entre dans le rapport, il faut subsumer tous les contenus, et se savoir, soi, comme n'étant pas du tout un « soi », une identité, mais un mouvement, et qui plus est un mouvement capable de réaliser encore plus de possibles. Qui dit rapport ne désigne pas du tout cela qui est en rapport, et tout ceci ou cela qui entrent en rapport ; le rapport suppose d'abord le rapport comme tel, et ensuite qu'il y ait des réalités ou des êtres en rapport.

Cela conditionne absolument la forme de notre être ; à savoir qu'il s'agit d'une conscience, d'une attention, qui signifie, et colle des signes à des perception (ou à d'autres signes ou à d'autre intuitions qui correspondent à de la structure, « je » par ex).

Le langage est un système (organisé sinon il ne se souviendrait pas de lui-même et ne se transmettrait pas, entre autres) mais un système utilisé par un arc de conscience qui signifie, de la situation et de qualités en cette situation, jusqu’à l'horizon de toutes les situations, dont on voit bien que l'on n'a pas besoin de les connaître toutes, les situations, pour signifier l'horizon ; ce en quoi on place et déplace les signes. En vérité on ne sait que l'horizon ; c'est pour cela que toutes les choses placées en-dessous de l'horizon nous échappent ; elles ne sont que des signes, assignées.

Si notre être est un rapport (qui tisse des signes) alors on ne peut en aucune manière le penser comme une chose ou une détermination, mais il faut entrer dans la forme comme telle et l'admettre comme telle ; c'est donc dans la définition (de ce qui n'est pas définissable selon le monde, le donné, le vécu, le corps) que l'on avance.

Et ce depuis le début (dieu, l’universel grec, le christique, le sujet, la révolution et le réel, etc).

Comme il s'agit de la structure antérieure, tout en découle ; ré-articuler l'articulation (par dieu, l'universel, le sujet) implique tout l’ensemble qui suivra, tout l'ensemble précisément des possibles. Point de réel qui deviendra ce par quoi on percevra, et qui visiblement a conquis, rapidement ou longuement, les esprits ; le temps d'entrer dans la focale de la conscience ; et le temps également de saisir que l'on ne tient pas dans ce que l'on possède mais dans la vision de l'intention.

De sorte qu'il ne fallut pas seulement modifier les contenus mais transformer la forme même de l'attention ; de prendre l’habitude ou le pli de se convaincre ou d'intuitionner ce « soi-même » de structure (qui n'est pas un soi-même).

Évidemment tout ce mystère s'est immédiatement ou plutôt instantanément donné pour divin. Ce qu'il est peut-être. Puisque si le réel n'est pas assignable à la question de l'être et du néant, mais au possible, alors la nature même de la réalité n'est pas une « nature ». Elle n'obéit pas, de toute manière, à la façon de l'être mais à celle de l'exister ; soit donc la forme de la possibilité, la forme de la perfectibilité, la forme du rapport en tant que seul le rapport est réel.

Dès lors on peut examiner, à tout le moins, la nature du réel en suivant cette forme du dit mouvement.

Répétons, le réel est constitué d'un pur et brut mouvement.

Ça n'est pas qu'il est un quelque chose qui s'animerait ou subirait un mouvement. C'est le mouvement qui crée, engendre, produit, génère tous les quelques choses (et en particulier des sortes d'êtres qui ne sont pas des êtres, mais eux-mêmes des mouvements, dénommés «rapports » ou « consciences ». La conscience est un rapport, un être qui cesse d'être un être et qui consiste pas en un autre quelque chose, ce serait incompréhensible et inimaginable, mais reste et demeure un rapport, parce que « rapport » est la forme même du réel).

Le mouvement est cela même qui est le plus réel (puisqu’il est le réel même). Ce qui revient à dire que si l'on considère le mouvement comme seul réel c'est que l'on n'assigne plus « ce qui est » à l'être ou au néant, mais strictement et littéralement au Possible. Le possible seul est en question. Quel est le plus grand possible possible ? Et ne doit-il pas en ce cas se rendre possible ? Sa tâche n'est-elle pas d'atteindre à la plus grande possibilité ? Ce que l'on nomme la perfectibilité.

Ou donc qu'il soit le Commencement et que tout soit assigné au Commencement.

Imaginez qu'il existe X versions de vous-même, et qu'au fur et à mesure il vous revient de choisir la plus grande : de parfaire, de creuser, de travailler, de démêler, de créer la plus grande version possible ; ce qui veut dire celle qui rendra possible un encore-plus-grand possible.

Il n'est pas possible d'imaginer un autre-monde ; ça ne peut pas exister deux fois, le monde. Par contre si l'on suppose que la forme du monde est autre et tout à fait distincte du monde, alors « le monde, le vécu et le corps » prennent place dans la forme, dans le mouvement lui-même. Ainsi on n'interroge jamais que le mouvement, et rien d'autre, de là que toute raison et son objectivité, aussi vraies soient-elles, nous laissent étrangers ; tout le reste prend place dans la structure et non dans ce qui est structuré, cad dans ce qui seulement « est ». l'être est le dépôt de l'exister.

Répétons ; si il n'en est pas ainsi alors de tout ce qui est du monde il ne restera absolument rien. Tout ce qui est du monde disparaît, par nature. Chacun peut choisir. Le tout est de se rendre capable de mesurer exactement ce que le choix implique ; on peut tout à fait n'admettre que la réalité et ce pli gigantesque du présent, point, c'est tout, le devenir est celui de la détermination, des réalités, qui apparemment se distinguent de plus en plus ou cherchent à obtenir d'elles-mêmes la conscience ; de se-savoir (dans l'acte d'une reconnaissance) et peut-être ou autrement de se connaître (dans le détail d'une connaissance). Mais n’apparaît-il pas que même alors (ce qui n'est pas assuré, parce que se pose la question ; quelle connaissance, est-elle certaine ou exacte réellement, quand parviendrions-nous à une « connaissance suffisante » et pour quoi faire ? Puisque même alors le même monde est doublement triplement destiné à disparaître, au sens que plus rien ni personne n'en conserverait le moindre souvenir ; tout aboutissant à de grandes civilisations disparues, extrêmement limitées en durée, 3000 ans de civilisation ça n'est rien du tout en comparaison des 170 millions d'années de dinosaures, raccourcies à si peu de temps d'existence aucune ne rencontrera jamais aucune autre au travers de la galaxie, toutes étant bien vite effacées lors que l'autre n'est pas même apparue, et de toute manière le temps et l'espace soit distendus soit déchirés, sombreront d’ici quelques milliards d'années dans le quasi néant ou la glaciation de la mort des soleils.

Il n'y a pas, alors, de mémoire. Ce que l'on peut choisir, voire apprécier. On ne voit pas bien comment, mais pourquoi pas. On ne cache pas, ici, que le plus cohérent c'est ce qui est poursuivi ; les réalités nous apparaissent en-avant, dans le mouvement qu'est l'intentionnalisation, qui crée des champs de perceptions, hyper actualisés ; les signes s'utilisent afin de marquer la perception, de même que l'adn pour les vivants ou l'échange chimique, etc. sauf que les signes sont des signes, des rapports parce qu'ils sont produits par un être qui n'est pas un être mais un rapport. C'est en ceci qu'il est certes intéressant de produire une pensée la plus adéquate possible, mais qui manquera toujours sa cible ; les pensées comme les choses se défont, s’écoulent, se dissolvent. Ne reste que la structure de conscience, ou le présent comme structure de la réalité ; le présent (l'exister) ne se tient pas en tant que « présent » entre la passé et le futur, mais est admis ici comme dimension (à voir ensuite si il s'agit d'une dimension ou de la Dimension).

 

Mais en même temps, considérant que l'on ne peut pas admettre une destruction totale de toute mémoire, on avoue ne pas comprendre du tout ce que le présent comme dimension peut signifier ; cela veut dire que l'on essaie, tente, voudrait, parvient peut-être à se situer au plus loin, au plus extrême, au plus pointu du réel ; et ce lointain absolu est le présent. Ou donc, le présent est désigné comme Bord du monde, du vécu ou du corps. C'est à partir du Bord que nous percevons (que nous créons des champs de perceptions) mais c'est ce Bord que nous ne percevons pas...

De là qu'il faille se propulser on ne sait comment et tourner le Bord en lui-même afin qu'il saisisse quelque part de lui-même aussi infime soit-elle. Reste donc qu'il est impératif de s'appuyer sur ceux qui, justement, se sont avancés de, par et peut-être pour ce Bord lui-même ; d'établir finalement la description poussée à l'extrémité de la réalité et définissant ou approchant la paroi de la réalité, approchant le réel même.

C'est ce tourbillon interne qui doit être ramené sur le devant, exprimé.

Notre être, qui n'est pas un être, est un re-tour, ce qui doit être compris comme « un nouveau tour » ; il ne peut pas ne pas Créer ; dès que l'on intentionnalise on tisse des signes et des perceptions, et ce lorsque la structure (sous le nom de dieu, de la pensée et l'universel, du christique et du sujet, de la révolution, soit donc la mise à jour de l'historicité) lorsque la structure donc passe sur le devant et renvoie les contenus considérés non plus comme vérité (d'un monde, d'un groupe) mais possibilités (d'une pensée, d'un sujet, d'un regard, lesquels avancent plus loin et plus profondément dans la perception même) ; on crée la perception, ce qui n'empêche nullement que les perceptions soient souvent justes, puisque la structure n'est pas « subjective » mais hyper objective ; l'attention, la conscience est de toute manière fonctionnellement de réagir ou d'agir très précisément dans le donné qui nous surprend, nous actualise, dans le groupe humain ou dans la survie, ou les deux et l'arc de conscience est objectivement ce qui met en jeu intentionnellement qu'il y ait sciences ou esthétiques, groupes sociaux et connaissances aussi bien que vies subjectives. Aussi dès que les portes de la structures furent ouvertes on invente les esthétiques, les échanges, les récits, non ritualisés (le capitalisme est par ex le champ libre des échanges qui autrefois étaient régulés), les vécus (individuels) et donc les relations entre les sujets ou potentiels sujets (puisqu'il faut que chacun soit touché par une mise en avant, un déploiement culturel de récits, de poésies, de représentations qui individualisent).

Aussi toute humanisation (selon les groupes et les mondes humains ayant inventé la mise en forme culturelle ou selon la ré-anthropologisation autour de la méditerranée et l'acculturation généralise selon le monde, grec, et le corps, christique) est création, est de l'ordre du Créer comme structure réelle et hyper active.

Cela nous éloigne-t-il de la vérité ?

Évidemment que non, sinon nous n'obtiendrions jamais aucune vérité, aucune réalité, aucune pratique ou technique ou parole ou échange ou représentation ; la vérité est que la majeure partie de ce que nous créons fonctionne ; le droit fonctionne mieux que les sciences, ou aussi bien. Et lorsqu'il nous vint que non pas on recevait ou participait d'un monde particulier (dans un groupe qui faisait fonction de véridicité), mais que l'on produisait les contenus (selon la pensée, originellement grecque) et que l'on choisissait sa vie, la transformant en existence, alors la structure doit elle-même s'annoncer, comme dieu, la pensée, le christique ou le sujet ou la révolution s'annoncent ; je suis la révolution, le re-tour, le nouveau tour, à nouveau, se programme, se perçoit, cherche ses champs de perceptions.

La structure est interne ; elle n'est pas « intérieure », elle n'est pas un monde, subjectif, dans le monde objectif, mais la structure est cela qui examine, agrippe, extrait, isole la paroi interne de l'externe ; il n'est pas dans l'in-manifesté mais en tant que point à partir duquel tout l'externe de la réalité se manifeste, s’expose. Et ce point est évidemment le-plus-manifeste, cela même qui exprime, pousse à l'expression, de même que le présent déroule les réalités, le présent en tant qu'exister qui déplie les déterminations, l'être. Mais la forme, pour parvenir à utiliser les contenus et en créer d'autres, doit elle-même se présenter, se rendre actuelle, se nommer, se signifier et instancier un et de nouveaux champs et expliquer sa propre possibilité.

Ce qui évidemment va augmenter, intensifier, accélérer et concrétiser (dans le monde des personnalisations et des objectivisations et des subjectivisations) et instancier (selon le réel) la dite structure. Depuis que la structure est sortie des mondes humains particuliers, elle doit élaborer son architecture en propre, et l'actualiser au fur et à mesure et Créer des champs. Qu'il se situe dans son propre champ décuple ses possibilités.

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