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instants philosophie

La Super Structure

13 Février 2021, 13:47pm

Publié par pascal doyelle

On laisse donc derrière nous quantité de mondes humains particuliers et il vient soudainement (parce que ce fut toujours une rupture) sur le devant de la scène ce qui jusqu’alors était sous-jacent.

Soit donc l’activité de conscience intentionnelle qui autrefois se saisissait dans des contenus (des mondes humains, des langages, de échanges, chaque fois particuliers et singuliers)

et qui dorénavant sait qu’elle produit ces contenus (lesquels se mettront à s’inventer à tout bout de champ, tout bout de champ intentionnel, puisque cela revient à libérer le faisceau de conscience).

Ce qui se nomme l’historicité. 

Il y a historicité depuis que l’on se sait produire des contenus ; et on sait cela en assignant à une structure spécifique la découverte ou l’invention des nouveaux contenus; dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution, le réel (et leurs dérivés). Qui sont des machines intégrées (elles se savent comme telles, comme machines qui produisent), intégrées à leur propre accès mais externes au monde (comme dieu crée le monde ou la pensée est l’ordonnance de la réalité ou le sujet est dit libre et donc autre, possédant à lui-même son propre rapport ; reste donc que l’on s’aperçoit que le réel est lui-même non immédiat mais articulé, par le présent, l’actualisation de tout).

Ici on approuve tous ces opérateurs ; dieu, la pensée, le sujet, le réel. Parce que l’on considère que l’arc de conscience qui intentionnalise et qui sait qu’il intentionnalise est instantanément, non pas immédiatement seulement mais instantanément, en contact direct avec lui-même. L’arc intentionnel de conscience crée un champ de signes qui lui permet de percevoir ; il a un adn, un corps, c’est un vivant, il naît dans une société humaine, doté de tel héritage, de représentations, etc, mais il est à lui-même le rapport qu’il est.

Rien ne peut enlever à ce rapport (cette conscience-de) d’être le rapport qu’il est ; et comme il est un rapport, il n’est pas mais ex-xiste. Évidemment les contenus seront la plupart du temps déterminés (par le langage, la position sociale, etc) mais le rapport (qui n’est pas de la même nature que la détermination qui absorbe ou qu’il provoque, puisque son champ est malléable, c’est sa finalité technique, sinon on ne voit pas à quoi servirait qu’il y ait « conscience » cad présence actuelle agissante, ou réagissante), le rapport donc reprend constamment sa capacité ; ce qu’il ne vainc pas sur le moment, un jour il passera par-dessus.

C’est pour cela qu’il faut parler, psychanalytiquement, « à » quelqu’un. L’arc de conscience se met à la place de celui qui entend ou écoute. On parle toujours à quelqu’un ; l’arc de conscience est un rapport et se constitue comme rapport (de même que le fou croit que le monde entier lui parle, comme autrefois le monde entier parlait en tant que groupe humain et donné là perçu-parlé, sauf que pour le fou c’est dans sa tête à lui ; il reproduit le monde communiquant). Un rapport on ne sait jamais par quel bout il signifie. De là que l’enfant est dans-une-autre conscience (celle de son entourage et plus loin dans l’autre-conscience, symbolisée par le langage par ex ; il « s’est perçu » du dehors, et si cela coince il reste bloqué dans cette extériorité, qui inclut une partie au moins de son intériorité, qu’il croit cependant tout à lui, mais qui est autre depuis le début ; de toute manière un moi est bricolé et il ne trouve de solution que dans le sujet, qui déplace en fait le problème mais aucun moyen qu’il en soit autrement ; dieu, la pensée ou la révolution, le christique ou le sujet, les œuvres, la poésie pour le poète, etc ).

On entend toujours ce que l’on dit, mais cela ne signifie pas que l’on écoute, ça glisse ; or cependant la perception est première ; si je commets un lapsus, je l’ai entendu mais pas écouté, parce que j’entends d’abord (je dis ce que je perçois, non ce que je pense ; l’arc de conscience est dans la perception, et dans la perception on trouve, entre autre, le conscient mais non exclusivement et l’intentionnalité accélérée ou augmentée, est en plus du seul conscient, qui est, grosso modo, ce que l’autre, autrui peut, doit recevoir), de même que je perçois quantité de phénomènes ou de signes mais je ne les retiens pas tous (ils ne sont pas mémorisés dans un arc, un rapport ; le rapport de tel signe n’est pas explicite, mais il est perçu parce que nous sommes faits, en conscience, pour percevoir les signes et parfois les re-prendre, les intégrer ou les ré-intégrer). Ce dé-placement du rapport est toute son ambiguïté mais aussi toute sa puissance, sa potentialité ; comme il est rapport, visant ceci il dit cela, percevant cette chose il saisit son signe, de tel signe il sait les signes alentour ; ce qui existe comme rapport existe dans des ensembles (gestes, regards, couleurs, signes, mots, etc) des ensembles reliés.

Rien, rien du tout, dans le monde, le donné, la vie, le corps ne peut réduire qu’il est cet arc qui crée un champ donné « là », dans son actualité ; dit autrement c’est un rapport. Ce qui est rapport peut bien rencontrer dix mille obstacles, il n’en demeure pas moins qu’il est, qu’il existe, qu’il ex-siste ce rapport. Il l’ex-siste parce qu’il est de la nature, de la structure d’un rapport de n’être ni ceci dont il part ni cela à quoi il arrive, mais d’être le mouvement. Un rapport est un mouvement. Ni le début ni le terme mais le passage ; il n’y a pas seulement passage d’une réalité à une autre réalité ; la réalité qui est produite par le rapport n’est pas sans ce rapport ; si Platon ne pense pas les idées (les intentionnalisations actuelles pensées par un sujet) il ne perçoit pas ce que ces idées, précisément, lui montre (que le groupe, celui grec que son temps, ne percevait pas ; Socrate se promène dans les rues et il fait-voir, et une fois que l’on a vu, on ne peut plus l’oublier, non seulement que l’on peut percevoir, en plus, mais le fait même que notre activité, en tant que sujet, nous montre des choses réelles).

Dire que le langage nous conditionne est vrai. Mais le langage s’utilise, il est utilisé, c’est un moyen de lecture de la réalité et ça n’est pas tant qu’il ordonne l’expérience que l’expérience le modifie, lui, le langage, dont la finalité n’est pas interne au langage (quel sens cela aurait-il?) mais de servir chaque conscience et les unes vers les autres. On dira que beaucoup de mondes humains se sont trompés et ont cru en des « rêveries », mais elles n’étaient pas imaginations dans le groupe lui-même mais bel et bien son organisation effective et mémorisée et parlée et échangée, qui telle se vivait et s’éprouvait, un monde qui fonctionnait.

Il n’y a jamais eu d’arbitraire ; même nos fantasmes, si personnels soient-ils, sont organisés. Ça ne veut pas dire que le champ de conscience soit contraint (ce qui est en partie vrai) mais à l’inverse qu’il est capable de la plus grande cohérence ; il tisse, un champ de conscience tisse selon sa capacité, et donc d’abord sa liberté (aussi la thérapie peut-elle être requise

Cela veut dire que l’activité de conscience (celle donc qui produit des contenus) est hyper efficace.

Que la systématique du langage soit bien concrète, c’est certain ; mais ça n’est pas ce qui est stocké en mémoire mais ce qui s’impose dans telle actualité qui compte ; le langage existe afin de réagir et donc d’agir tout court à ce qui arrive, l’inattendu.

Et lorsque la structure qui jusqu’alors était recouverte par tel monde, de telles représentations, vient sur le devant alors la réactivité et ainsi l’activité est décuplée (dieu, la pensée, le sujet qui embraient dans la réalité une pluri-intentionnalisation) ; et de plus lorsque non seulement il s’agira de l’activité d’un seul (Platon ou jésus) mais de l’activité de chacun, démultipliant les possibles (la révolution).

On ne croit plus aux contenus, veut dire que l’on pourra en créer en quantité ; ce qui pourrait se circonscrire objectivement par ; au lieu d’utiliser les ressources selon et par la communauté (qui subissait et organisait la pénurie ou la rareté) et qui fonctionnait comme un moteur collectif à énergie limitée en ressources, nous sommes passés à la mise en marche de chacun comme mini moteur redoublant exponentiellement l’utilisation des ressources ; un moteur géré collectivement, ou une accumulation effarante de petits moteurs requérant de plus en plus d’énergie.

Or cet être qui outre consomme, n’est pas, ici, considéré comme une composition plus performante (par comparaison aux autres vivants) mais comme un être qui démultiplie ses capacités en raison d’une structure spécifique. Ce qui a joué ce ne sont pas les découvertes ou les performances mais l’esprit qui a déclenché les inventions, les a rendues possibles ; soit donc la compréhension ou au moins l’évidence soudaine que tout contenu pouvait s’augmenter (par les grecs et l’universalisation intentionnelle, les idées), ou s’initier (dieu ou l’intention pure et formelle, qui appelle celle de l’humanité), s’intensifier (cette intention réside en et par chaque vie et chaque individu, le christique, ou chaque conscience de soi, Descartes), et enfin se concrétiser (par la révolution en et par chaque un).

Donc on perçoit bien le mouvement qui se resserre au fur et à mesure et évidemment cherche, étant conscient de lui-même comme producteur, à se définir ; dieu, la pensée (et la vérité), le christique (et l’égalité), le sujet (et la liberté de soi-même), la réalisation humaine ; décuplée et se re-présentant elle-même dans ses médias (et ses objets), mass et micro médiatisations, visant la mass et micro médiation, ce par quoi chacun se coordonne à tous les autres, un par un ou comme un ensemble exprimé et donc en capacité de se coordonner.

La finalité méta historique pour ainsi dire, consistait à prendre conscience de la conscience afin de n’être plus le jouet des contenus, et à redéfinir constamment les possibilités ; parce que si l’on croit que l’on est ceci ou cela, la possibilité est annulée ; on s’enterre dans tel état du monde, commun ou ensuite naturaliste (lorsque l’on commence de croire en la « nature humaine », et que chacun croit en lui-même comme identité, ce qui ne se compose que très tardivement ; lorsque les moyens globaux permettent que chacun obtienne par choix démultipliés, sa propre vie, son relationnel, sa représentation de soi, ses goûts et ses couleurs, bref explosivement dans les années soixante).

Mais le problème n’est pas qu’il y ait des « moi-même » ; le problème est qu’ils se limitent à cette identité et ne comprennent pas qu’ils sont des sujets. Qu’ils sont des mois parce qu’ils sont des sujets, lors même que du « sujet » on ne sait pas du tout ce que cela signifie (puisque c’est le sens même, la signification qui doit être découverte au cours de l’historicité ; qu’est-ce non pas seulement que le suent que j’existe, mais qu’est-ce qu’une communauté de sujets ? Puisque la communauté, spontanée pour ainsi dire, n’est plus, alors les uns et les autres doivent inventer un moyen de se relier ; c’est le programme que se fixe dieu, la pensée (dès le début, la cité), le christianisme (évidemment et le Saint Esprit, la communauté de foi, qui est, quand même, le troisième divin de la trinité), la révolution et le partage ou la mise en commun des possibilités (de perception, par les esthétiques par ex, ou des récits, poésie, etc).

Ce qui distingue la démarche dite occidentale c’est bien sur son réalisme intégral ; il faut entendre la causalité non pas au sens restrictif scientifique mais au sens général et généralisé de cause ayant des effets que l’on perçoit. Lorsque Platon invente, découvre les idées il se rend compte immédiatement qu’il perçoit plus que le groupe humain et son langage auquel il appartient (et donc crée des mots en plus, ou réécrit les mots communs).

De là également que par « conscience » on fut amené à réduire son implication ; des quantités énormes de réalités existent, et la conscience, cette activité, est juste et rien qu’un point exigu, minuscule, très limité mais celui par lequel on perçoit ; il y a des réalités pour nous (nous avons un corps par ex) parce qu’elles sont signifiées. Le jeu, au sens du jeu des pièces dans une mécanique, veut situer au plus près possible les effets de cette cause qu’est la conscience que l’on prend, que l’on prend de tout ceci et cela, de n’importe quoi et de tout ce qui est.

Aussi l’acte de conscience est-il identique à ce qui est énoncé ; c’est ce qui se passe par Aristote, par jésus, par Kant ou par Nietzsche ; ce qui est énoncé et perçu, retentit. Ça modifie votre conscience ; et d’autant pus que vous vous y investissez. Si vous lisez Hegel sans l’intégrer, ça reste lettre morte. La cause, les effets. On repérera sa propre cause par les effets qui nous viendront ; la musique ou la manifestation révolutionnaire, tout ce que l’on voudra. Mais ça restera attaché non seulement à l’universel, l’universalisation (comme dit Badiou, en somme), mais à cette encore-plus-grande universalité qu’est le fait, massif et singulier, que chacun est un Sujet.

Ce qui, si l’on reprend le début, que chacun produit des contenus (ou les reçoit) et qu’il élabore ainsi son regard, son intentionnalité, son intention d’exister. Ou donc comme nous l’indique le christique ; quelle est votre véritable intention ? Que voulez-vous vraiment ? Et ainsi qu’est-ce que la vérité en ce cas (Lacan vous dira que la vérité est le sujet, mais le sujet inconscient, ce qui permet de remarquer l’extraordinaire variation de possibilités de compréhension depuis 30 siècles ou plus).

Nous ne sommes pas sans rien. Nous est offerte une invraisemblable richesse de compréhensions possibles, susceptibles d’augmenter, intensifier, concrétiser notre intention (d’exister) ; ce qui veut dire ce à quoi il faut faire attention, à quoi il faut porter attention ; que remarque-t-on et comment perfectionner cette capacité de faire attention (à quoi, à qui, comment, par quelle tactique ou stratégie, par quelle pensée ou projet ou planification sociale par ex ; quelle est la suréminence qui est au centre de la possibilité ?).

C’est la question qui nous est posé, que notre intérêt spécifique à la cause, qui déploie des effets, nous impose, et dont on repère les effets dans notre attention même, dans ce que l’on voit.

Ou donc ; le dieu unique, un tout autre, s’étant incarné et ayant validé par là même la valeur absolue de la vie (il répète cent fois qu’il est la Vie, l’existence même), prend la peine de provoquer dans le monde, ses effets ; il est la Cause divine dont on percevra les effets, réels, mais aussi que l’on doit, soi, un par un, propager les effets, en devenant cause nous-même, un par un.

Puisque cet acte de conscience n’existe nulle part, sauf dans et par chaque conscience ; la conscience n’existe nulle part sauf ici même, en chaque un. Ni dans la pensée, ni dans le rituel, le pur ou l’impur, en aucune essence ou identité, mais de structure.

On ne peut pas, peut plus déplacer l’activité de conscience (dans une représentation).

Et donc historiquement ; si la révolution a imposé que chacun soit son propre jugement (non pas sa raison, parce qu’il n’y a pas de corpus universel) alors pour que la réalité humaine devienne historiquement effectivement réelle il faut que cela passe par l’acquisition par chacun de lui-même, de son sujet.

Et tout ce déversement, ce gigantesque déballage, celle de la médiation, de la représentation humaine de l’humain, ce déluge de récits ou de poésie, ou depuis un siècle de cinéma et de romans, de Bande dessinée ou de télévision, revient à ceci que chacun puisse de par ces champs énormes d’expression, à se situer comme sujet. À prendre conscience de soi, lorsque le « soi » est justement ce qui est en question. Et ceci ne doit pas seulement cibler les représentations mais aussi les objets, les objets produits, les choix afférant aux choses que l’on achète ; tout est un spectacle au sens d’apparaître, de totale apparition de tout (y compris dans nos musées qui regorgent de manifestations, y compris dans l’internet qui téléporte vers chacun toute la visibilité envisageable), d’apparaître donc de toutes les possibilités et ce au cœur de toutes les vies, de tous les choix de vie. Tout est exposé.

Ne reste que le sujet. Qui perçoit tout cette exhibition à partir de son point, le seul point qui compte.

Il est impératif de repositionner ce que l’on sait, de toute manière, déjà ; le positionnement qui autrefois ou ailleurs s’empruntait de la religion, de la mystique, des révélations, est la me^me recherche qui conduit à délimiter la cause même de toutes les capacités, de toutes les facultés dirait Kant, en tant que conscience qui s’existe intentionnellement et crée des champs. Qui donc existe en telle-même en tant que structure ; partout identique (et qui ne varie pas quels que soient les contenus ou les représentations qu’elle se donne d’elle-même). Pourquoi ne serait-il justement question de la même structure ?

Les autres étaient-ils aveugles, moins éveillés, moins réalistes ? Ou sommes-nous moins profonds ? Évidemment que non.

Et la même structure pose de par elle-même la même question. Et non seulement la même question, mais surtout met en scène la même structure de telle sorte qu’elle soit en vous activée.

Et cela est extrêmement important, fondamental, essentiel. Si vous lisez Parménide, vous commencez de vous situer et donc de vous déplacer sur ce plan étrange de « l’être ». Et si vous lisez Descartes, vous suspendez soudainement votre être même dans le doute et éjecté dans un je pense, je suis » (qui n’a plus grand-chose à voir avec la pensée). Lacan vous indiquera le creux du cercle en vous qui se tord et vous montre que vous n’êtes pas là où vous croyez ‘être’, justement. Donc vous vous placez et déplacez selon un horizon (l’être, l’idée ou le Bien, le un ou le dieu incarné dans un corps, l’historicité qui se déploie selon le temps, etc).

Ce qui se montre ça n’est pas seulement qu’il y a une structure, une attention, une intention, mais un réel, en dehors (qu’il soit dieu, la vérité, le temps, la matière ou le réel). Et cet ensemble arc d’attention et réel donné « là » (ou au-delà, visible ou invisible) forme la structure effectivement instanciée ; celle par laquelle on se repère, dresse la carte de la réalité, et donc la carte du possible.

Dieu, la substance, l’esprit hégélien, le sujet kantien présentent un certain nombre de possibilités.

La révolution inscrit historiquement vos possibilités (autour du statut de citoyen dans une Constitution, une révolution communiste d’autres possibilités ou impossibilités, etc.

Ce qui est dé-couvert peu à peu ça n’est pas du tout une idéalité (ou une rêverie) mais un acte sur un horizon et un horizon effectivement réel.

Quel horizon nous confère le christique ? Le corps, le corps de chacun. Qui deviendra chaque un, augmentant sa précision et accélérant ses possibilités ; Descartes accélère considérablement la conscience-de, plus loin, soi, jusqu’à ce que le rapport du « soi » et de la « conscience » puisse s’explorer par Sartre et Lacan, in vivo, dans le vif même… du regard et du corps. Passer de tiers-état à celui de force de travail marxiste puis image spectaculaire, ça n’est pas rien.

Il existe ainsi un angle d’intervention dans la réalité qui précise l’horizon, et la structure sur cet horizon. La précision à propos de cet angle, de cette structure sur l’horizon et de cet horizon en lui-même est le problème absolu.

L’interprétation fondamentale est celle de la structure-sujet ; dieu, la pensée universelle, le sujet ou le réel. Qu’il y ait une Intention (une structure sujet) veut dire que quelque réel surgit dans le réel. Il y a un présent (et pour nous, ici, le présent est cela seul qui existe et dont on ne connaît pas la nature, l’organisation, l’activité) et il y a un présent afin que quelque réel naisse. Et de cela on passe, il est vrai, à l’autre proposition ; que le réel naît infiniment. Dit autrement le monde donné, l’univers dans notre représentation commune actuelle, les mondes humains, les vécus, en bref tout ce qui est déterminé, est relatif. L’être est (c’est tout ce que est déterminé) mais il est pris dans l’exister (dont le représentant tel que cela nous apparaît, est le présent, l’acte, l’actualité). L’exister est soit la fonction (il déroule ce monde et ces mondes et ces vécus) soit la dimension ; l’activisme est porté à son maximum de possibilité (suivant en cela que le réel est la possibilité du possible) ; le présent est la colonne du réel qui modèle constamment et continuellement et modèlera constamment la réalité, la réalisation ; si tout est mouvement, rapport, présent, actualisation alors l’actualisation ne cesse jamais de se produire. Indéfiniment (au sens où l’on ignore jusqu’où l’existence existe, comment et vers quoi le présent s’actualise).

Dit autrement ; le présent est La Dimension, il n’y en a pas d’autre, mais cela signifie que tout le reste (qui existe dans et par le présent) est justement ce qui se modifie. Il n’y a aucune raison de limiter la modification intérieure au présent, puisque rien, dans le dedans du présent, n’est supérieur, n’est supérieurement (ontologiquement) à cette dimension ; le temps ou l’espace par exemple ne sont pas en eux-mêmes ; cela seul qui existe de par soi c’est le présent, l’exister, et « de par soi » veut dire qu’il est en lui-même - le-mouvement - et que seul le mouvement existe (ou donc la possibilité est la structure du réel) ; il est impossible que la possibilité cesse d’être possible.

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