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instants philosophie

Le Bord aimanté

20 Février 2021, 09:16am

Publié par pascal doyelle

On dira d’abord que la technique, ici, est de reprendre le même afin de le déplier toujours identique et toujours autre. Puisque si le réel est un rapport, cad un mouvement, il est insituable ; il est ce par quoi on situe. Ce par quoi on situe le temps comme l’espace, les essences des choses ou l’identité des êtres, le caractère cyclique et sacré et holistique des mondes humains ou le devenir de ces mondes humains lorsque s’initie l’historicité, par le divin, dieu ou la pensée, puis leur actualisation absolue, christique, celle du sujet, celle de la révolution, celle de chaque un.

Ce par quoi existent les réalités et les sujets re-vient sans cesse et explore cela même qui constitue son essence qui n’en est pas une, à savoir sa possibilité.

Il faut comprendre que l’on ne revient jamais deux fois identique (à soi-même). Le revenir est toujours un re-venir. Le commencement qui commence ; l’indéfini ou infini commencement. Et ce afin que s’explorant plus avant le commencement soit toujours plus grand.

Revenez mille fois sur Rimbaud ou les évangiles ou sur Kant ou Nietzsche, et en vérité à chaque fois la porte, la possibilité, s’ouvre. La porte a toujours été déjà ouverte, et c’est seulement que vous ne le saviez pas. Et que vous l’oubliez, parce que l’ouverture ne se mémorise pas ; elle insiste en direct.

Si vous quittez le laps de la possibilité ouverte, ça disparaît. Vous avez déjà oublié. L'acte seul pré-voit et continue. 

Le seul présent

On décrit de la sorte un réel intégralement positif et ouvert sur lui-même et ce au sens propre et non figuré. Le réel est le présent qui déroule constamment la réalité.

S’il est fonctionnel, ce réel, alors il produit toutes les réalités.

S’il est dimensionnel, alors il re-produit, recycle, relance, reprend, ré-élabore constamment les réalités.

Et cela, dans les deux cas, signifie que le possible n’est jamais écrit.

Il peut, il sera, il a été toujours plus grand que lui-même. Il s’arc-boute contre sa propre petitesse. Parce que si tel n’était pas le cas, il n’existerait pas. Le réel est en lui-même et partout le possible. Et le possible déjà réalisé n’y suffit pas ; il faut que plus étendu encore il devienne. Aussi s’en prend-on au temps. Il n’y a pas de raison que le temps passe, de cette manière apparemment habituelle et constatée telle ; dit autrement le temps n’a pas de sens ; si il est tel quel (« qui passe ») il est idiot et idiot au sens de stupide. Donc le sens, la signification, le sens ou l’orientation, la direction du temps n’est pas celle que l’on croit (avec effroi ou résignation ou exubérance, on peut se réjouir de la multiplicité), mais autre. Le temps (en fait l'exister, le présent, l'actualisation) est vertical. Perpendiculaire, disait l'autre. C'est pour cela qu'il est désigné comme Dimension. C’est ce que veut dire que le présent, qui déroule toute réalité, est la structure absolue ; la structure non-finie.

Rappelons la bizarrerie, sinon l’étrangeté, et peut-être le mystère absolu ; si le mouvement est seul réel (et tout le reste effets), alors la réalité (cela qui est dans le réel, la détermination dans le présent) est seconde et n’existe pas ; elle est (en tant que déterminations finies, il est hors de question de prétendre que la réalité n’est pas, que l’être n’est pas ; c’est bien plutôt qu’il existe bien plus grand que l’être) ; l’être est mais il n’existe pas. La stabilité (l’être) est relatif au mouvement brut et pur (le réel, le présent). C’est en ce sens que l’on a dit que le présent est la colonne des réalités.

C’est cela même dont il faut décider.

Remarquons bien ; ce qui existe comme rapport, en sens inverse n’est pas. Il n’y a pas d’être du rapport. Le rapport fait défiler ou le permet quantité de réalités (et on a dit déjà qu’il est incommensurablement plus facile de manipuler des signes des réalités plutôt que les réalités elles-mêmes) mais le rapport est juste et rien qu’un rapport (les maths sont des rapports, comme tout langage).

Si le rapport n’est pas, alors il dépend de nous ; il dépend du rapport qui s’installe, qui s’instancie ; l’instanciation vient de là ; ça n’existe que parce que ça se veut (et ça se veut forcément, puisque vous êtes déjà la conscience que vous existez, sinon vous ne seriez pas, et encore moins ici). Il dépend de son auto création ou de sa propre motivation ; il doit choisir par, vers et pour lui-même. Le rapport est cela seul qui est « cause de soi » ; non pas qu’il crée son existence mais il crée sa capacité.

Ceci passant outre l’habituelle conception qui croit en son contenu ; qui croit que « la pensée » ou « l’esprit » sont en eux-mêmes quelque réel. Que le réel soit plus grand que la réalité ; ce qui permet de désigner, de pointer ce qu’autrefois on entendait par le dialogue fini-infini, ici ils désignent quelque réel ou quelque réalité effective ; les choses et le présent et non des abstractions ; des abstractions qui elles-mêmes n’ont de vérité qu’en tant que signifiant ces deux « objets » ; l’infini est le présent, l’exister est le présent ; le fini est la détermination, l’être est la particularité qui contient quantité d’universalités, qui se donnent, à nous et pour nous, comme universalisations, comme capacité, native, de signifier universellement ; ce qu’opère tout langage, dès sa nature même, puisque tout signe est un rapport et donc universalisant.

Dans les deux cas, cette forme externe est le réel même, ainsi que l’indiquent aussi bien Descartes que Kant, Hegel ou Sartre. Mais c’est également ce que donne le Un ou le Bien, et finalement l’être qui sont tout entièrement dans le débordement, la dépense, l’amplification du possible.

N’oublions pas qu’il y a la vue toute extérieure et inerte, la vue réaliste naturaliste rationaliste ou scientiste, qui va traduire dieu ou le un ou le sujet en objets (divers et variés ou en système mort composé) mais en vérité il n’existe que la vue du dedans, de l’intérieur de cette activité qui perçoit via l'être, le bien, le un, dieu, le sujet ou le réel.

Ou donc. Soit la conscience qui fait comme si elle n’existait pas (et que l’objet mort traduisait le donné et le « là » du donné, ce qui est absurde). Soit l’arc de conscience qui intègre l’activisme de la structure, qui existe l’intentionnalité et saisit que par là il en est saisi.

Dit autrement il est d’autant plus actif qu’il reçoit passivement son exister du dehors (tout est au-dehors mais il est un dehors plus grand qui supporte tous les autres ; le présent ou dieu ou le structurel ou le réel, etc)  ; recevoir passivement que l’on est saisi signifie saisi de dieu, de la vérité et la pensée, de la liberté entendue selon son exigence et non son pseudo arbitraire (c’est pour cela que la liberté conduit immanquablement vers la révolution, la pensée, dieu, le sujet ; on est déjà articulé au plus loin, au maximum, on saisit tout de suite ce que dieu ou le réel signifient même si on ne comprend ni l’un ni l’autre), le réel comme brut et autre, etc.

Ceci s’explique de ce qu’il ne produit pas arbitrairement tel contenu, mais de ce qu’il rend articulé un contenu-autre qui lui indique non pas ceci ou cela mais l’articulation même ; si on philosophe on doit s’astreindre à la vérité (sous les distinctives points absolus, l’être, le un, le théos, le logos, la raison, la loi ou la Loi) ; on ne peut pas ne pas inscrire la règle même (de l’intention) sans l’énoncer (ou alors on prétend n’importe quoi, on ne se réfère pas à une architecture ou une cohérence).

De même pour initier la subjectivité sont requis outre le christique, Saint Paul, le roman, les essais, les méditations, les œuvres, les esthétiques ; il ne s’agit nullement de l’immédiateté ; ce que le christique implique lorsqu’il soumet l’intention à sa question ; que veux-tu vraiment ? L’arc de conscience est un effort instantané, qui sait toujours déjà qu’il s’existe hein au-delà de quelque lui-même que ce soit.

Retenons que l’on existe toujours déjà à partir de très-loin, on ex-siste (il n’y a pas de conscience sans cette dureté ontologique, le tomber-amoureux du moi qui croit soudainement à un nœud de son bricolage). À partir d’une articulation très complexe et surtout ontologiquement signifiée (sinon on ne signifierait rien du tout, et il est très difficile de signifier, c’est un effort, et constant).

L’activisme insistant

Ce retour est constitutif ; les énoncés qui suivront n’auraient pas lieu d’être si la position initiale n’était actée ; ce ne sont pas des parties de monde que l’on découvre, ça n’est pas une « nature humaine », avant la révolution il n’y avait pas de révolution, et « révolution » est fondée sur la capacité de chaque un ; chaque un est renvoyé à lui-même et rien de ce qui en découlera n’existait auparavant. Évidemment chacun se précipite sur ses envies, ses désirs, ses entreprises, ses projets et ne voit plus que cela ; mais en vérité ce qui devait, aurait dû être épinglé c’est justement que cela même qui doit être vécu, ou dit autrement éprouvé, ça n’est pas la liberté comme moyen de n’importe quel ceci ou cela, mais la liberté elle-même telle quelle.

Si l’on se demande en quoi elle consiste il suffit de reprendre l’intégralité des exigences qui ont produit cette historicité, toute cette historicité ; et cesser, du même coup, de limiter la liberté comme faire-valoir de finalités immédiates en lesquelles s’absorbent nos consciences et par lesquelles notre moi, le pauvre, tente de surnager, en élisant quelques déterminations, au pif, bricolées, qui le dessinerait, être chiffonné ; mais il ne ressemble pas à grand-chose sans son sujet.

Le problème n’est pas de définir, à la liberté, un point de chute, déterminable, mais qu’elle soit en mesure de hiérarchiser. De Hiérarchiser cela même qui constitue notre réalité (la liberté est le réel, le seul réel, le pur mouvement). De hiérarchiser les intentionnalisations ; de sorte que l’on puisse commencer de se situer, sur la vague du mouvement ontologique et non de par ses résidus écumeux. C’est la hiérarchisation et donc l’organisation et ainsi la coordination (entre les consciences, si ne sont pas exprimées les finalités réelles elles seront encore moins, pour ainsi dire, partageables) annulent le possible ; cette fermeture rend possibles les finalités immédiates (celles qui satisfont le moi, le groupe limité, l’identité) mais rendent impossibles les organisations de stratégie.

Aussi se retrouve-t-on débordés de toutes parts en des quantités de faisceaux d’intentionnalisations, de projets, de désirs, d’envies qui, se présupposant « naturels » et donnés tels quels, se croient totalement légitimés et même réalisables spontanément dans le monde, le vécu ou le corps ; il ne vient pas du tout à l’esprit d’un moi qu’il ne se réalisera jamais. Il faut qu’il rencontre la dureté du mur du réel pour sans cesse recommencer de désirer ailleurs et avec variations, mais de désirer. Cette infantilisation manifeste l’impossibilité de saisir l’ensemble et impose la seule régulation minimaliste, celle du plus simple à gérer, plus facile à négocier, plus rapidement perçu et ayant effectivement un effet sur le corps (comme toute addiction, qui tombe toujours dans le monde, qui, lui, est destiné à disparaître). Au lieu que l’organisation de l’intentionnel réclame d’y comprendre, de se percevoir ontologiquement ou historiquement ou religieusement si l’on préfère ou esthétiquement etc (bref tout cela que l’on a créé afin de s’y retrouver).

De même quant aux maîtres du soupçon (de ceux, des philosophies qui sous-entendent ou affirment le plein du monde donné et le vide, l’abstraction, l’illusion de la conscience) qui font bien de pointer les nécessités, causalités, systèmes du monde donné, mais qui ne parviennent pas à appuyer sur le vrai mouvement de structure ; il y eut révolution pour quantité de raisons et de causes (physiques, économiques, chimiques, etc) mais il y eut révolution afin que la liberté devienne une possibilité dans le monde (et non plus assignée à un ordre ou une hiérarchie de castes, ou un ancien monde ou une église) ; lors même qu’effectivement ce mouvement n’a vraiment profité qu’à quelques-uns, économiquement, mais qui fut profitable à beaucoup dans quantité d’autres domaines, et de réalisations, culturelles évidemment mais aussi personnelles, relationnelles, individuelles, d’associations, de classes, de libérations et de révoltes (qui étaient inimaginables dans l’ancien monde, qui n’étaient pas même pensables) ; c’est l’invraisemblable potentialité de développement qui aspire les découvertes, attire et provoque les inventions, les projets (et donc aussi les entreprises au sens propre). Chaque individu est vide, si il n’y prend pas garde, et il faut le remplir ; et ils ne demandent que cela, ils s’y précipitent, ils meublent leur corps en l’imaginant comme étant leur âme. Le roman, le cinéma, et tout le reste se prennent pour leur âme (en quantité de formules dégradées qui ne réclament d’y comprendre universellement ou historiquement ou divinement quoi que ce soit).

On sait que l’on n’y retrouvera pas la structure de conscience. Qu’au contraire on n’éprouve une œuvre que si on admet la distance. C’est pour cela que comprendre Rimbaud ou Proust ou Céline est difficile, ou si l’on préfère impossible ; ils parlent à partir d’un point-autre. On saisit toujours à partir de ce point, sauf qu’il est plus ou moins manifesté, signifié ; et si il est signifié, ce point autre, alors l’œuvre est non évidente. Et si on croit comprendre une œuvre, c’est que l’on ne comprend pas. On ne la comprend pas comme distance in-finie ; on a dit que l’on ne comprenait pas le christique, et on ignore de où parle Rimbaud, et on ne saisit pas le point que délimite Descartes (avec tous ses paramètres qui nous éjectent sans cesse hors du point).

On ne sait pas où conduit la structure du réel, mais on sait que l’on perçoit (ouvre un, des champs de perceptions et d’expressions et d’invention) à partir de la dite structure. On comprend aussi que l’enjeu tient à cette question ; s’il se produit quelque chose, ce quelque chose est-il destiné à disparaître dans le néant ou plus précisément la dispersion indéfinie, qui des étoiles mortes ne retiendra plus aucune mémoire ?

Si on suit les œuvres, qui gardent traces, elles, des parcours, des trajets et gardent au-dedans le point d’origine, on n’en sait pas plus, on ne connaît pas le dit point, mais on l’existe, on commence de l’exister ; on sent bien (de tout son corps parce qu’il l’a écrit avec son corps adolescent) que Rimbaud nous projette avant, ou après, d’une part la vie de Rimbaud et d’autre part l’histoire de la France (gaulois, dit-il, l’ensemble étant tourné et pas tourné du tout en dérision, littéralement tout y est dé-mesuré). Et entre les deux, de tout le reste. Le plus lointain passé, l’antique bible, l’enfer, les illuminations de l’après déluge, d’après la fin des temps, les court-circuits du temps. Pourquoi Kafka met-il en scène ‘celui qui est jugé’ et qui ne parvient pas du tout à comprendre, et ce avec une insouciance immature, que justement il sera jugé ?

Le point de compréhension recule parce que c’est justement ce repli qui est seul en cause ; c’est cela qu’il faut non pas résoudre, mais il est requis, appelé que le pion doit être avancé, et dessinée la partie. Aucune n’est écrite ; parce qu’aucun je ne rentre dans sa vie donnée ; il n’y est jamais quoi que ce soit qui manifeste l’intention que l’on a voulue ; où existe-t-elle ?

Se déplace tout à coup Descartes, d’un pas de côté ; ce qui est là-maintenant, est, en soi, réel. Un en-soi dont il faut rendre compte (indépendamment de dieu). Et à tout le moins le sujet existe réellement ici même et se tient de par soi ; même si dieu nous crée, il nous crée libres, ce qui veut dire relatif à nous-même, et pas seulement relatif à lui ; mais être relatif à soi-même c’est ne plus être relatif… mais absolu ; comment rendre compte, prendre en compte, penser cette indépendance ?

L’en-soi de notre être c’est bien ce qu’interroge Sartre ; il est obligé de supposer un « truc » tel que le « pour-soi » pour montrer qu’il existe deux sortes de problématiques ; se condamnant de ce fait à dualiser le réel. Il réserve le mouvement exclusivement (et absolument) au pour-soi (qui est pure néantisation). Or donc la résolution réelle, effective c’est d’admettre et de penser le mouvement (en redéfinissant sa nature même) comme total et constitutif et finalité ; le mouvement n’est pas ce qui arrive à quelque chose, mais le quelque chose est par le mouvement (dont la nature, l’essence, la structure est cela même en jeu) ; aussi du néant à la structure-sujet, on ne peut pas même dire qu’ils apparaissent dans le même temps, en une seule fois, parce qu’ils « n’apparaissent pas » ; il n’y a que cela ; le mouvement du néant vers la possibilité, rien qui précède, rien qui suit puisque tout le possible est réaliser ‘dedans’. On y reviendra, parce que cela revient à interroger l’intention que l’on a, que l’on existe (et que l’on n’est pas), et dont on a dit que l’on ignorait « où » elle existait.

Remarque donc ; le christique (qui initie tout, toute cette méta-structure) oriente vers cette intention, à partir de son point tellement autre que l’on se demande (comme cela a pu être possible).

En vérité Descartes pousse très loin la logique ontologique, et la rend, enfin, accessible et plus qu’immédiate ; il la produit sur la scène (du réel) comme instantanée. Le cogito est élevé comme fonctionnel (Kant) et dimensionnel (Descartes, Kant, Hegel, qui comprendra bien que le christianisme est la religion absolue, que faire d’autre une fois que dieu s’est incarné et mort en croix ?). Descartes impose la logique christique absolument et, enfin, il en crée la conclusion tout à fait réelle ; le christ nous remet les clefs du royaume (qui dépend de nous dans la communauté des croyants, ce qui veut dire, prenons-y garde, communauté ‘en esprit’ qui est le troisième de la trinité, tout est placé, ainsi, très exactement et revient à ce qui se réalisera dans l’histoire ; liberté (Descartes) égalité (christique) fraternité.

Mais intensité qui se continuera dans ce maelstrom de réalisation humaine ; l’universelle révolution humaniste est aussi la révolution personnaliste qui viendra (qui pour nous « est venue »). Le chiasme de l’incarnation est la nature difficile et paradoxale de tout « moi » qui est un sujet (et qui un moi parce qu’il est, qu’il le sache ou non, un sujet).

Il y a irruption sur la scène de la pensée (qui tablait sur la pensabilité, l’universalisation) de l’existence qui soudainement dépasse le penser, et situe, donc, le sujet sur un autre-plan ; le plan du monde donné là (l’étendue pour Descartes, qui deviendra la phénoménalité de Kant, l’histoire de Hegel, l’univers des sciences et l’existence existentialiste, soit donc le réel, massif, des réalités).

Ou donc ; si il apparaît que Descartes introduit le je, qui se tient lui-même (et donc n’est pas tenu par la pensée), alors le donné « là », la réalité, prend toute son importance et ce jusqu’à s’imposer comme ‘réel’ hors de la pensée, hors du sens d’abord (le donné là est absurdement là et possiblement idiot) et hors de « nous », hors de notre acte, activité de conscience ; n’existe-t-il aucun lien entre le réel donné là et l’arc de conscience ; on dit que si, effectivement, il existe un lien et ce lien est le présent comme activisme.

Le sujet cartésien exigeant de toute manière l’inquiétude totale du je. L’inquiétude originelle et ontologique ; le réel ne sait pas où il va, mais il se pré-voit, puisqu’il n’existe aucun programme antérieur à l’articulation de toutes les réalités dans et par le présent. Le je cartésien, ayant de toute façon repoussé toutes les facultés et les performativités de notre être, n’est nulle part ; il dé-couvre cela même à partir de quoi tout le reste paraît.

L’os. L’ontos. Qui est mouvement.

À partir de Descartes l’être n’est plus imaginé (qui se lovait dans le connaître de la pensée, comme creux non pensable, le Bien, le Un, l’Être lui-même, etc). Et donc il doit être pensé, mais avec une autre sorte de pensée ; on pourrait dire que la pensée grecque découvre et dé-couvre le « là » (qu’il y ait un monde, et par ex qu’il soit un seul, et non une multitude de mondes humains inventifs) mais que Descartes dé-couvre qu’il existe un ici-même ; il se retourne (ce que personne n’avait prévu) et se-voit. Mais il ne peut pas se voir, et donc il se déduit lui-même ; il faut bien qu’il y ait quelqu’un, quelque un, pour qu’il se retourne. Et ce faisant, donc, il fait re-tour, un nouveau tour. Une plus grande spirale.

Hegel dira que par Descartes la pensée est enfin « sujet ». Curieux embarras pour Hegel parce que l’horizon sur lequel il pense toutes les distinctions (de manière absolument magistrale) qui eurent lieu (dans ces deux phénoménologies, on tient en effet le savoir absolu non pour un savoir mais pour une phénoménologie, tout comme le devenir de la conscience) cet horizon donc est l’universel (tel qu’il se pose, se contre-dit et ensuite se sait en re-posant à nouveau sous un nouvel horizon ; il faut un supposé horizon (qui n’apparaît forcément) pour installer des objets). Hegel est fondamentalement pour et par la liberté, mais elle est pur mouvement (négativité, vide, formel) ; ce pur mouvement n’a pas d’attache, pas de réel existant vraiment, l’esprit est l’esprit et il veut seulement exister dans son seul mouvement ; il n’y a pas de miroir mais exclusivement une image, cad une idée ; rien ni personne n’utilise l’idée, c’est l’idée, l’universel, qui utilise tout le reste. Ce qui peut sembler un peu fou, mais c’est l’idéal de la pensée, la transparence, et que rien ne résiste à la perception telle que perfectionnée par la pensée (sans quoi nous nous enfonçons plus ou moins dans l’immédiateté, ce que la médiateté du penser repousse, jusqu’à proposer sa propre totale médiateté).

Il apparaît ainsi que si sujet il y a, alors il récupère la mise ; de toute façon on ne voit pas ce que la pensée restreinte à elle seule, peut vraiment apporter ; la complétude qu’elle paraît supposer, et installer en nous, est illusoire ; on imagine l’être, ou le Bien ou le Un, on ne le pense pas ; la « substance » (qui est l’ancien sujet pour ainsi dire) est extérieure au je. Le je serait alors destiné à l’effacer dans l’universel (de quelque manière qu’on le tourne).

Or nous prenons ici le contre-pied absolu, cad christique ; si le je n’est pas intégré, alors la vérité n’est pas atteinte ; une universalité sans sujet est incomplète. Bien sur que le sujet soit intégré rend beaucoup plus difficile de penser ; qui n’a plus le support (la substance) pour analyser les qualités, les catégories, la systématique. De par le sujet on passe par-dessus ; depuis Descartes on passe nommément par-dessus, on a besoin d’une matière, d’une perception (puisque l’on se dirige vers l’au-delà du monde, au-delà de la limite kantienne de la phénoménalité ; ce qui était le but explicite de Kant) et cette perception de l’invisible, de la forme qui entoure la manifestation, l’apparaître, la détermination, soit donc cette forme indéterminée consiste à intuitionner cela même qui constitue son vide, son caractère formel.

On estime ici que la forme de l’arc de conscience constitue la forme invisible de notre être (il n’y a aucun être, aucune essence humaine qui n’apparaisse pas dans un champ intentionnel, vous avez un corps parce que vous ne l’êtes pas), et que la forme du présent est l’articulation seule qui existe qui précède absolument toutes les réalités. Il y a un Bord de l’univers, qui ne se situe pas au bord mais « au-dedans » en tant que le présent est le Bord de toute la réalité.

On a dit (précédemment) que le Bord n’est pas le centre unifié qui rayonne et cause les effets que seraient les choses et les êtres, les individus et les pensées, mais que le Bord est externe ; et que les réalités sont internes à ce Bord externe ; de sorte que ce qui se déroule au-dedans se dirige vers son écriture sur le Bord externe et qu’ainsi le Bord re-vient constamment dans son espace interne.

Ce qu’il faut impérativement s’incorporer c’est que le réel n’est pas massif et dense mais externe et à la limite externe ; l’arc de conscience se réalise actuellement dans un champ effectivement existant (il n’y a pas une « essence » de Pierre ou de Catherine mais c’est ce qu’ils feront de ce qu’ils sont et c’est ce qu’ils existeront qui comptera).

Ce qui compte, au final, de par le choix du sujet, de l’individualité, du non effacement du je dans une indistinction (ce qui serait le contraire de tout ce qui se montre, se perçoit, s’imagine ou se désire, on y recherche la distinction au contraire) c’est l’affrontement à la brutalité. Le réel est immensément brutal. Si on préfère croire que tout cet univers est seulement un gaspillage non seulement absurde mais idiot, stupide, alors il n’existe à vrai dire que cette brutalité sans rémission (le tout aboutissant au néant glacial de la fin des temps, sans plus aucun soleil vivace).

Et il ne faut pas entendre « présent » comme impersistence. Le dit présent n’est pas le présent coincé entre le passé et le futur. On considère ici que la véritable perspective qui fait-voir et montre la réalité est le présent ; le présent qui est l’exister. Brut.

Le présent qui est l’exister tient dans sa vue, dans sa perception, les réalités, y compris passées et futures. On croit savoir qu’il n’existe pas de borne à l’univers (que celui-ci soit infini ou qu’il soit sphérique, la ligne d’horizon reculant de fait) ; sauf le présent. Le présent est en chaque point, pour ainsi dire, la borne, le Bord de l’univers, de tout ce qui est, fut ou sera.

L’univers a un Bord et un « bout » au-delà duquel il n’y a rien, et ce Bout c’est le Bord et le Bord c’est le présent. Qui traverse toutes les couches. Et sans lequel rien ne serait.

Il n’existe, de quelque côté que l’on se tourne (et dans tous les sens possibles, extérieurs ou intérieurs) que le brutal mouvement. Rien n’est fixe et encore moins figé. L’être n’est pas, sauf dans et par l’exister. Et en ce cas l’être est vraiment cela qui est, sauf qu’il est pris dans le mouvement absolu (il est unique) ; de sorte que l’on a dit déjà que dieu, la pensée et l’universel, le sujet ou le réel sont des moyens de fixer momentanément le mouvement ; on ne sait pas ce que cela ou ceux-là signifient. Parce que le mouvement est précisément « en cours ».

Il n’y a pas un programme disions-nous parce que le programme est la structure elle-même. Le programme est l’exister, le présent qui actualise tout, et le programme est l’arc de conscience qui en lui-même ne comporte « rien ».

Et la brutalité du mouvement on ne saurait s’en satisfaire puisque à quoi servirait-il sinon de le perfectionner ? À quoi sert qu’il y ait un présent.

La structure du sujet ou la structure sujet (du réel qualifié tel afin de montrer qu’il est destinalement le possible-même) permet de visualiser en une fois toute la brutalité initiale jusqu’à la possibilité infinie de perfectionnement. Ce qui revient à donner sens, d’une part et d’autre part à remettre entre nos mains cela même qui apporte.

Qui augmente, qui intensifie, qui concrétise.

Soit donc les grecs, dieu et le christique, Descartes et la révolution.

On ne parvient à saisir ce mouvement que de sa nature de rapport ; le rapport n’est ni dans le début ni le terme mais dans le passage. Contrairement à Hegel qui n’y voyait rien sinon la dialectique (et qui consistait en des idées, formant un savoir) le dit passage est réel ; c’est un être spécifique, un être indéterminé. La performance de la réalité, de la nature, du donné est bien évidemment que cet arc est disposé par des déterminations ; l’arc de conscience se tient du lien entre les signes, et les perceptions traitées en tant que signes ; non par la magie du « signe » mais parce qu’il existe une conscience dont la nature même, l’essence, la structure est de relier. Dans le système vivant de la perception, s’impose un mini-système vide, formel qui attache perceptions et signes ; et qui, pourtant, ne quitte jamais l’horizon unique du donné tel que « là ».

Tournés vers le Bord. Bord du champ intentionnel, de perception et de réalité.

L’importance décisive d’un bord n’est pas seulement attenante au présent mais à la perception même, et qu’il existe un au-devant ; tout être, toute chose est assignée à un au-devant ; l’espace et le temps sont le dépliement de cet au-devant ; autre manière de dire que l’on ne peut pas imaginer une réalité sans un tel déploiement.

Et autre manière de dire que cette autre manière de soulever que si il existe un « au-delà » non seulement ce ne sera pas une copie du (même) monde (pourquoi reproduire le « même », doubler ce monde d’un autre monde), mais qu’il réalisera cet au-delà autre chose autrement dont les prémices. Pourquoi les prémices ? Parce que s’il s’agissait d’un au-delà déterminé (un autre monde) on pourrait imaginer ou concocter différentes sortes de déterminations, mais ici le réel, pour nous, n’est pas un donné, mais un mouvement, et ce caractère formel empêche qu’il en existe plusieurs ; on peut supposer diverses variations formelles (mais on n’en a aucune idée, avant dieu, l’être, le un, le sujet, le réel ont n’en possédait pas l’image, l’imagination, n’étant pas de l’ordre de l’imagination, de la composition, raison pour laquelle on a admis l’existence de la raison », « pensée »).

Et donc ça n’est pas un au-delà qui est ciblé, mais le déploiement du mouvement même ; soit donc de plus nettes distinctions ; dit autrement votre sujet sera plus distinct que votre moi… De par votre je (soit donc l’actualité, l’actualisation ici dans cette existence de votre je, qui n’existe qu’en acte et selon cet acte, et pas ‘en-soi’) le sujet sur-existera en suivant le même mouvement ; c’est bien pour cela que l’on ne comprend pas du tout que le je puisse « disparaître » dans l’absolu … ce serait totalement différent de toute l’expérience ici et maintenant, et ce par quoi sans doute on admettait jadis l’effacement du je dans l’absolu, mais en ne posant tout simplement que l’absolu, comme contenu contenant tout.

Or on s’est découvert comme existant. Le christique est l’existence de chacun (à partir du point autre au-delà de la mort par quoi se perçoit la vie en une fois). La société, l’humanité, l’humanisation s’est élaborée en ajoutant constamment de l’altérité, et chacun en tant qu’autre et un (chacun est un, et donc forcément autre). On peut bien regretter l’effacement du sujet dans, jadis, la béatitude, mais alors il faudra également abandonner toute l’humanisation, toute la représentation, les esthétiques, les éthiques, etc (qui autrefois étaient incluses dans le rituel ou ne manifestaient que l’absolu ; pour toutes ces plis dépliés ou non, voir Hegel qui raconte cela excellemment, comment la complexité se déplie et donc nous offre à chacun d’exister, bien que lui-même n’y voit pas le sujet mais l’universel).

On se rend donc au bout du Bord ; et ce bout c’est l’extrême à partir duquel (présent ou arc de conscience) il existe un monde, une réalité (ou une représentation comme champ intentionnel de perceptions signifiantes). Tout existe à partir du bout en tant que rétroaction. Le bout étire tous les champs. Ce qui vaut pour la réalité, l’univers comme nous le dénommons, mais aussi pour chacun ; chacun se voit à partir du Bout de son existence.

Et le problème, puisque tout, matérialité ou idées, s’effiloche constamment, est d’admettre que si le mouvement existe, alors n’existe que le mouvement. Soit donc le présent. Il existe une colonne de présent, et tout le reste lui est relatif. Il n’existe que l’attirance du Bord, tout au Bout.

 

Le présent non seulement n’est pas du tout l’impersistence, mais le présent insiste. Le présent, le temps en tant qu’exister est cela seul qui existe (tout le reste est). Le présent, et c’est pour cela que l’on tend à le définir comme dimensionnel, le présent re-vient. Il modèle la réalité et, si il est exact que le mouvement seul existe, alors toute réalité est relative à l’actualisation.

Ou dit autrement, sous forme de flash, tout est toujours intégralement (de A à Z, du moindre iota) continuellement actualisation.

Il n’existe que l’actualisation, laquelle est non-finie ; ce qui ne veut pas dire « infinie » ; l’infini est habituellement une donnée du monde ou du vécu qui est infinitisée (« ça dure longuement ») ; le non-fini correspond non pas à une grandeur (de temps, d’espace, etc) mais à une nature, un être, un réel spécifique. Une conscience est-elle finie ? Non. Est-elle infinie ? Non. Elle est un rapport qui n’est ni fini ni infini ; ou si l’on préfère on a imaginé l’infini de temps parce que l’on est un rapport qui n’est pas fini, et qui a nommé cette non-finité (qui ne tient ni dans son début ni dans son terme mais dans le mouvement) qui l’a nommé « infinité ».

Or, et c’est fondamental, ramener l’infinité à ce ‘rapport’ qu’est ‘conscience’ ça n’est pas le réduire… mais centrer le regard sur une structure absolument étrange (absolument cad formelle et dont la formalité est justement interrogée ) ; qui a commencé d’être aperçue comme telle depuis Husserl et repris par Sartre (si l’on excepte Heidegger qui se situe en vérité existentiellement). Dit autrement le rapport est plus grand que l’infini et le réel est précisément la possibilité brute, emplie d’infinis.

On est ainsi orienté non plus vers des notions, des concepts qui présupposent leur infinité (ou leur finité, dans le cas des sciences par ex) qui demeuraient métaphysiques, vers des faits réels donnés tels quels et quand bien même seraient-ils étranges ; l’acte de conscience, l’acte de présent (ou jadis l’acte de dieu, de l’universel grec, du christique, du sujet cartésien ou kantien ou de l’esprit hégélien, ou la Volonté nietzschéenne, l’Être de Heidegger, etc). Il existe un « être » spécifique nommé ‘conscience’, identique en tout sujet, qui dépend de sa capacité à se motiver.

Tant que vous n’actez pas votre conscience, vous n’existez pas. Mais puisque vous existez, vous avez toujours déjà actualisé votre conscience ; dans quel repli ? Rappelons que dans l’enfance nous sommes, chacun, dans-la-conscience-autre, qui prend évidemment celle d’autrui, des parents, mais qui en fait installe en chacun la conscience-autre avant qu’elle devienne mienne, lors de la traumatisante adolescence, mais actualisation qui reviendra instamment sur et par son propre réel. Nous sommes alors sous la forme-de, de la conscience-autre. Et se met en place le champ existentiel de chacun, mais comme il s’agit d’un rapport (de tous les rapports que l’on voudra) il n’est en lui pas d’immédiateté totalisant tout, mais des placements et des déplacements d’immédiatetés locales ; il reviendra toujours au champ actuel, dans son actualisation constante, de redéplacer ici et là. Et comme on a dit déjà ; dans un système, qui est plus ou moins systématique, ce qui compte ce ne sont pas les nécessités et les ensembles constitués mais ce qui dénote, ce qui s’ajoute, ce qui dérive et potentiellement ce qui s’imposera comme nouvel ensemble.

Or donc la finalité, en ceci, consiste sans l’ombre d’un doute à récupérer la grande stratégie qui s’existe depuis le début et qui s’est perdue dans les marécages historiques, non pas par trop d’activisme mais par imbécillité de l’énervement généralisé ; on a voulu tout, trop, n’importe quoi et n’importe comment.

C’est ainsi que l’on oriente le regard, en focalisant l’attention en, par et selon son actualité ; l’actualisation est le moment lors duquel une intention se fraie un chemin, s’étaye, s’élabore, invente ou crée.

La conversion

(vers dieu, le christique, la pensée, la révolution, la liberté ou la vérité, ou l’esthétique ou le poétique, qui vaut comme absolue pour le poète, qui s’instancie comme son point-autre, hors de laquelle attention, intention il n’est pas, et effectivement il n’est pas, il n’est plus ; il existe, il a saisi et donc été saisi de ce point, qui ne tient que de et par son activisme, qui lui fait, ensuite, cruellement défaut, l’articulation de conscience est une souffrance pour un être vivant, qui ne la supporte pas, et un manque effroyable pour elle-même lorsque s’est imprimé en ce corps la morsure indescriptible de la Possibilité ; religion, mystique, poésie ou pensée creusent infiniment le donné naturel là, soit donc ce corps)

la conversion donc s’effectue dans l’instantanéité et dans la brute actualité qui emplit totalement tout ce que l’on est parce que l’on est en tant que l’on existe comme fine pointe très ponctuelle et infiniment performante ; la capacité d’attention, la conscience-de, l’intentionnalité. Et la conversion, qui marque absolument le temps, la temporalité de chacun (à l’adolescence par ex, dans le tomber-amoureux, grande aventure du moi, et ce au minimum), la conversion est précisément « cela qui veut durer » ; elle ne veut pas, ne peut plus s’éteindre ; elle s’entretiendra et sacrifiera tout, pour peu qu’elle y tienne plus qu’à sa vie (ce que montre doublement le christique ; par qu’il meurt, parce qu’il signifie que la tension du réel est plus grande que la décomposition de la réalité).

Et donc, qu’il existe, possiblement, une dimension en tant que présent et non pas seulement une fonction ; et, cela étant, la possibilité de dimension rend accessible les paramètres les plus hauts de la fonction ; le plus éclaire le moins, de même que Kant supposait le nouménal de l’infinité du sujet, dans, par et pour sa perfection pratique, morale, éthique et fondamentalement « de structure » nommée en l’occurrence transcendantale (finalité fondamentale du kantisme) ; la distance (infinie) entre nous et nous-même atteint, parfois et sous conditions, sa capacité ; et ceci, rappelons-le, hors du conscient, qui est déterminé, tandis que l’arc de conscience s’ajoute aux déterminations, est la stratégie dont le moi forme les tactiques, qui finissent par tomber dans le monde, le vécu ou le corps (comme attractions et pesanteurs, faiblesse interprétative qui nous incline à n’acter comme satisfactions que celles du corps, de l’immédiateté, du monde, alors que notre être, qui n’en est pas un, consiste en l’insatisfaction).

Que cet infini se situe hors du conscient rend impératif de penser, de penser le paramètre s’ajoutant à la seule raison ; que Kant et Hegel dénomment entendement et que les suivants désigneront de tout un tas de signifiants ; de la volonté à la durée, ou évidemment de l’intentionnalité au pour-soi de la conscience ; dont on comprend somme toute qu’il puisse emprunter des formulations non-raisonnables. Ce qui est hors du conscient peut être tel signifiant désignant (faussement) un signifié, qui n’est en vérité que construit, imaginé ; il n’est de possibilité théorique que de renvoyer la conscience à une forme, de structure, vide (qui n’a rien à voir avec le néant, sur lequel on a glosé énormément) ; seul l’indéterminé (non signifié, sans contenu) existe.

L’intentionnalité en tant que conscience n’a cependant de réel effet ontologique que si on installe l’arc de conscience dans l’exister, dont on a dit que la seule pensée possible est celle du présent comme structure.

Le monde, le corps, l’immédiateté s’imposent d’eux-mêmes et s’installent comme chez eux, tandis que l’insatisfaction est autre. Et conduit justement à la dimension (immesurable) comme seule véritablement réel. L’incrédulité quant au monde, au vécu et au corps n’est pourtant pas une opposition ; c’est bien plutôt que l’on comprend ou est saisi que le vraiment réel est une dynamique qui ajoute au monde, au vécu et au corps et à l’immédiateté ; qu’en vérité il n’est pas d’immédiateté sans la Médiation non seulement universelle mais structurelle.

Et c’est ici que l’on entre dans l’avancée ; il ne s’agit plus (depuis la révolution et initialement depuis le christique) de réaliser l’universel (comme une instance extérieure au moi), mais de vouloir au sens d’intentionnaliser selon le structurel ; il s’agit de se convertir, de transmuter le moi par ne serait-ce qu’un seul Bout vers le sujet ; le sujet par lequel seul il existe un moi quand bien même celui-ci se croit identique à son être (il n’a pas d’être, et de toute manière l’être n’est pas sinon pris dans le mouvement, au fond il est inutile de lutter, mais on en pourra pas s’empêcher de prendre les morceaux de réalité pour le réel même). Admettre le point tenu bien au-delà afin de retranscrire, dans son faisceau intentionnel, l’ensemble des intentionnalisations qui eurent lieu.

Ce que l’on a exploré ce ne sont pas les idées, les concepts, les notions, les systèmes mais le mouvement, ou sa capacité.

On a tenté au 20éme siècle de pousser au plus loin notre capacité, la capacité de notre capacité. Il ya des mois afin que chacun énormise au plus concret (de chaque vie, de chaque vécu ou corps ou perceptions) la capacité. Non seulement de dominer toute la réalité de ce monde (et donc de le détruire, effectivement) mais de pousser toute la capacité de chacun (en tant que chaque un se prend abusivement pour un « moi », ce qui a pu épuiser la réalité même de cette complexion, de cette composition, de ce bricolage qu’est un moi, vite rapiécé et qui tente une synthèse, imaginée immédiate et saine et naturelle et tout ce que l’on voudra de donné ; ce qu’il n’est absolument pas ; le moi n’avance pas suffisamment loin ses pions, il reçoit une partie en héritage, d’adn ou psychique ou sociologique, et joue-t-il réellement cette partie d’échecs ? À quel point peut-il, a-t-il, sait-il augmenter la partie ?).

Mais cette expansion du mouvement date évidemment du tout début ; lorsque cessant de croire en tel monde particulier, cyclique, holiste, communautaire, la structure est passée sur le devant de la scène. Et c’est d’abandonner ou de se fixer trop rapidement et trop immédiatement qui rendit impossible que toutes les intentionnalisations puissent s’élever en stratégie,

en historicité (en récupérant toute l’exploration structurelle, le naturalisme réalisme rationaliste faisant barrage, additionné aux désirs qui nourrissent tout vécu de chaque moi, dans l’idéalisme de l’immédiateté, qui voudrait que les objets correspondent aux désirs,)

et en coordination (en partageant la vérité, sur le vide, la forme de notre être, qui n’en est pas un, subsumant les intéressements fades et immédiats, destinés à la disparition),

puisque ne parvenant pas même à son expression (du moi passant vers son sujet, via le je) elle s’éloigne d’autant d’un accord entre tous, et anéantit la concordance de sa intention (laquelle ne désigne pas sa réalisation mais son impossibilité, qui est donc structurellement ce qui seul existe) ; elle croit être, tel ceci ou tel cela, son identité ou l’objet de son désir ou ces objets de désir, ces remplissages du bricolage en quoi consiste, si peu, un moi. Il faut tendre l’arc du début à la fin, puisque c’est le mouvement qui structure les choses et les êtres, l’historicité et les mois.

Rappelons, à l’inverse, qu’il faut bien qu’il y ait un moi pour que le Bord du moi soit son sujet. Il ne s’agit nullement de nier quoi que ce soit, mais de tirer l’actualité de conscience en partant du Bout du Bord.

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