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instants philosophie

Accélération vers le Bord du monde

13 Mars 2021, 10:04am

Publié par pascal doyelle

On insiste donc sur ce qui habituellement est laissé pour compte, abandonné dans l’indistinct, supposé mais non développé, imaginé mais jamais approché.

Telle la conscience, l’indétermination, l’infini et l’infini des infinis, l’exister.

Et plus généralement le Bord, sans cesse reculé constamment, via les concepts-signifiants tels l’être, le bien, le un, dieu, le sujet, le réel, transcendance, immanence, etc.

Le but est de concrétiser ces abstractions. Et on a dit, de fait, que deux réels occupent tout le terrain ; l’arc du présent et l’arc de conscience.

Tout ce qui relevait de la pensée, de l’idée ou du divin revient à l’arc de conscience. Tout ce qui relève de l’être, du monde donné là, de l’existence ou du réel revient au présent. Et les deux s’entremêlent, à démêler, et se chevauchent ici ou là.

En conséquence cependant il faut comprendre que ni l’arc de conscience ni le présent ne sont évidents. Non seulement ils sont suffisamment compliqués (et requiert une batterie de concepts) mais aussi ils ne sont pas des « là » donnés immédiatement, inarticulés ; les ramener-à (à deux réels effectivement là) n’est pas un réductionnisme puisque nous ne les reconnaissons qu’en tant qu’articulations, engoncés en eux-mêmes ; le présent est un mouvement, l’arc de conscience est un mouvement ; le présent est ouvert sur le présent, l’arc de conscience possède de même en lui-même sa propre capacité ; et on ignore ce à quoi et comment ils sont articulés ; nous saisissons, à peine, un des termes de cette articulation et pas du tout l’autre.

À moins qu’il n’existe aucun complément ; que la structure soit seulement fonctionnelle ; le présent et l’arc de conscience permettent que fonctionne la réalité, par le réel, ou le contenu par la forme du contenu, l’humain par le champ intentionnel, le moi par le je ; remarquons que même alors il faut constituer la structure fonctionnelle de par soi, étant un rapport il doit se vouloir, désigner, signer lui-même ; afin de manifester, à ses propres yeux, aux yeux de son existence (qui n’est plus simplement de vivre), qui doit, de lui-même, ce je, s’articuler intentionnellement, cad se convertir (à dieu, au christique, la pensée, l’universel, l’esthétique, la révolution, ce que l’on voudra en vue de s’élever, selon et par une élévation qui vient vous chercher là où vous existez et vous soulève plus haut) ; cette hyper-fonction de l’élévation, de la conversion (comme processus général du passage à l’acte pour ainsi dire ; que l’on ne peut pas seulement croire ou imaginer être, mais qu’il faut se décider pour (ceci ou cela) et en toute conscience, volontairement, intentionnellement cette hyper fonction, cette accélération de la structure de la conscience de soi (ce qui se nomme « je », je pense par exemple, je est un autre, etc) exprime, cette conversion que le réel est non pas « ce qui est » (au passé) mais ce qui s’actualise ; dans le présent l’arc de conscience se sait ; même si il ne se connaît pas, dans quoi le discours philosophique risquait de s’enfermer ; de ne se connaître que dans la connaissance, alors qu’il se tient, le je, du se-savoir ; dont notre archétype est cartésien et raison pour laquelle « ça n’est pas une preuve » c’est la manifestation-même, la mise en avant de la structure d’un je face à tout autre je, à l’identique forme de structure de conscience, de champ actualisé.

Rappelons que chacun est déjà le je qu’il est, mais comme c’est un rapport, ce je, il doit constamment s’entretenir ou comme disait Nietzsche, la volonté de la volonté (bien que sous un angle en partie imaginé mais tout à fait significatif, Nietzsche n’est évidemment pas un sot, mais absolument inspiré, c’est juste que, coupé de l’universalisation, il penche vers une imagination, qui use des moyens propres, des figurations, pris dans une réflexion, Nietzsche est vraiment un philosophe, mais réflexion imaginaire).

Ce je qui se veut doit donc non seulement se figurer mais se configurer ; établir non pas une tactique seulement (en fait des tactiques, il en mène toujours des tas), mais une stratégie ; la plus unifiée possible parce que seule l’explicite permet de maintenir la conscience, de saisir et d’être saisi d’un rapport ; on ne peut pas ou ne devrait pas doubler, tripler, quadrupler un tel rapport, qui alors se perd et transcrit cette perdition, littéralement comme perdition d’énergie, basiquement premièrement, transcrite donc en immédiatetés ; il tend alors, ce rapport, à se confondre comme partie du monde ; abandonne son unité, son indivisibilité, individualité, se mêle dans le groupe, quel qu’il soit ; il y a une utilisation de dieu par tel groupe humain, qui fonctionne comme ensemble, mais dieu sert fondamentalement à ne pas appartenir, à quoi ou à qui que ce soit ; et c’est pour cela qu’initialement la religion, en quelques représentants, certes, s’en prend aux pouvoirs, aux puissances de ce monde ; ce sont ses interlocuteurs privilégiés, afin qu’elles soient, ces puissances, contraintes par dieu, et qu’il existe au moins un peuple selon la Loi et puis, ensuite, selon la foi, selon non plus le jugement mais selon l’intention ; vous serez jugés selon votre intention, et sa faiblesse, et non selon la loi et sa dureté, par laquelle vous étiez toujours coupables de toute manière, le principe de l’intention change tout et surtout rend possible que cette intention se développe, se comprenne, se déploie, quitte à se tromper ou s’égarer, qu’elle n’y aille pas sans expérimenter la réalité, la vie, autrui, etc ; sinon à quoi ?

Ceci sous condition d’élévation au moins potentielle.

Ce qui démontre ce que par articulation il faut entendre ; à savoir que ce n’est pas ce que l’on est qui compte mais ce que l’on veut, étant entendu que si cette volonté se configure (et non se figure) selon l’intention, l’intentionnalité ce sera une perspective in-finie, non-finie ; nulle part et jamais votre intention d’exister ne pourra se manifester dans le monde, le vécu ou le corps, mais elle se structure dans, par et selon le monde, le vécu ou le corps (le christique est un Corps, individuel). Et peut-être pour la structure ; ce qui est la seconde version, celle non plus fonctionnelle mais dimensionnelle.

De même ça n’est pas ce-qui-est, donné et réalisé comme monde, galaxie, univers ou ce que l’on voudra, mais ce qui est possible, ce qui est possible au-dedans des mondes, galaxies, univers (et non une redite de ces mondes ou de cet univers, quelque réel neuf et autre devait paraître) ; et évidemment il ne s’agit pas vraiment de ce qui est possible « matériellement », ou plus exactement c’est ce qui se réalise matériellement en tant que cette matérialité s’organise et augmente le rapport. La finalité demeurant le rapport lui-même, qui seul devient. Le reste apparaît (et conformément disparaît).

La réalité est une fonction qui rend possible que le rapport (cad la possibilité) s’agrandit ; que le réel soit le possible de la possibilité. Que la possibilité s’enroule dans une réalité qu’elle étend supposément infiniment dans tous les sens (cohérents) est la seule véritable justification qu’une réalité, un monde, un univers (sans doute infini) existent.

Si il n’existe pas un Ordre prédominant à partir duquel découlerait la réalité, alors la réalité est le champ de bataille du possible et ça n’est pas un Ordre déjà existant (on ne sait comment) qui se rend réel, mais c’est le réel lui-même qui crée un « ordre » qui, par conséquent, n’est pas acquis du tout mais se Crée. Et il faut écrire « qui se Crée » avec majuscule, parce qu’alors il y a une réalité qui remonte dans le réel (un contenu, le monde, les êtres, qui remonte dans une forme) et qui modifie le réel ; c’est l’ordre lui-même qui vient se modifier (en raison du principe que seule la perfectibilité est la perfection et non pas l’ordre fixé une fois pour toute, dont on se demande toujours, dès lors, pourquoi une réalité, la vie, le devenir, l’univers réel viendraient à exister).

Dit d’un autre point de vue, dieu crée l’humanité non pas pour qu’elle lui obéisse (quel intérêt ?) mais afin que de la nouveauté (et pas n’importe laquelle) vienne au monde (outre lui-même et les anges, et ce que l’on voudra).

Et non pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la liberté et donc du désordre potentiel.

La liberté ne consiste pas à choisir l’ordre, mais à le créer. C’est ce que cela signifie. Et que donc cet ordre soit libre. Est-ce contradictoire ? Non puisque cela signifie que ce qui est libre est capable de la plus grande cohérence ; c’est plutôt tout à fait raisonnable. Il n’est pas raisonnable que la liberté puisse consister à s’effacer dans un ordre, mais que cette liberté puisse créer précisément l’ordre en lequel elle est libre, veut dire en lequel la capacité des possibles revient à la possibilité même. Ou la possibilité à la réalité des possibles ; qu’une société humaine soit libre, égale, fraternelle mais aussi qu’il existe dans la capacité de chacun de se lire sous toute différenciation, celles accessibles et celles qui seront créées.

On dira mais de quelle humanisation idéale s’agit-il ?

De celle qui a effectivement eu lieu depuis les années soixante. Ni plus, ni moins. S’il faut nommer ce qui s’est rendu historiquement produit, fabriqué, inventé, créé, du haut en bas, c’est cette société-là. La possibilité pour chacun d’utiliser sa liberté, la possibilité pour la liberté d’utiliser la liberté ; a-t-on effectivement acté cette liberté de la liberté ? Ou fut-elle usée, instrumentalisée, réifiée selon des fins très moyennes, voire très viles ? Et quelque fois sans doute ici et là portée suffisamment haut, mais non pas au point de former système, de telle sorte que l’idéale formule liberté-égalité-fraternité fut détournée, et étouffée dans des finalités immédiates.

Mais a-t-on rendu au moins accessible l’instanciation en notre je de cette articulation monumentale ? De ceci il revient à chacun de se poser à lui-même la question. Il est mille et une pistes déjà ouvertes par quantité de sujets, depuis Descartes les sujets pullulent ; ils sont la forme même (et Descartes ne crée pas ce sujet ; il en rend compte et à partir de sa mise en forme il accélère le sujet ; il s’y introduit, et nous à sa suite, et force encore cette entrée, mais elle est faite pour cela, pour être poussée encore-plus-loin, et on ne sait pas où cela s’arrête ; puisque l’on n’imagine pas une structure, ni dieu, ni l’universel, ni le sujet, ni le réel ; ça s’impose, de l’externe bord).

Pour se figurer, au moins, cette dimensionnalité ce sont les points les plus extrêmes et les plus aigus et précis et distinctifs qui se peuvent acquérir au long d’une existence ; au long d’une intentionnalisation. Sous-entendu ; il ne s’agit pas d’une qualification « technique », d’une capacité intellectuelle par exemple, mais « vous serez jugé comme vous avez jugé ». Le christique placé à l’orée de notre historicité spécifique nous le signifie parfaitement ; ça ne sera ni grec ni juif (folie et scandale), ni intellect ou perfection, ni morale ou loi ; mais intention. Ce qui nous jette dans la plus totale perturbation.

Cette attention que l’on impose à notre intention est bien ce qui va produire, inventer ce moi-même (que personne n’est durant l’antiquité en tant que moi, héros peut-être, de valeurs supérieures mais moi-même, pas du tout). Et ce jusqu’au plus loin ; à savoir jusqu’à ce que la psychanalyse bute sur le retour interne du moi-même, lequel se stipule comme externe ; l’extime (survivant à l’intime) de Lacan (soit donc la surface mi-corps mi-signe, ni l’un ni l’autre, ni esprit et ni corps (il est le rapport de ce corps via un signe) et qui glisse constamment hors de tout champ puisqu’origine du corps, soit donc le regard tout à fait externe qui « produit » une intériorité).

Non seulement le regard d’autrui qui nous produit mais l’imagination que l’on a du regard d’autrui et finalement le champ de l’autre en tant qu’autrui et notre imagination rendent possible cette extériorité du regard-autre ; la finalité étant d’établir un champ donné là qui n’appartient plus à personne ; et possiblement sans le coinçage du moi, son image enfin presque déjouée ; ce dont doutait Lacan ; on ne peut pas « remplacer » le regard-autre, tout est faire-semblant vis-à-vis de ce regard irrémédiablement externe ; sauf dieu ou le christique, le sujet, la révolution, le réel mais non pas au sens où ils le remplacent, mais au sens où ils le continuent jusqu’à en obtenir ou espérer ou désirer ou vouloir un point d’attirance créateur, échappant à la répétition du regard.

Via dieu (etc) on se libère du regard extérieur et on parvient à un regard externe (qui rend possible tout l’interne, cad la vie du moi, ou la réalité créée par dieu, ou la société humaine régulée plus ou moins, ou l’extrémisme du réel tel quel).

Qu’est-ce que la véritable Intention ? On n’en sait rien, on ne le comprend pas, on l’ignore. C’est l’indication d’une orientation du champ intentionnel originel et final. Le christique est à ce point hors de toute proportion que l’on faiblit et s’effondre dans l’exigence (le dieu unique réclamait cela même de son peuple). Pareillement l’idéal de maîtrise de soi (des sages ou des grecs ou des romains) ou encore l’idéal sociétal de la révolution (qui doit dès lors bien choisir ses paramètres ; l’idéal communiste universel est tellement abstrait, mais le désordre libéral des désirs indéfinis s’affaisse et affaiblit chacun).

Qu’est-ce que la poétique absolument expressive ? Rimbaud a-t-il pu la supporter ? Celui-ci impose massivement (en quelques feuillets) l’impact et la puissance de la structure, lorsque, donc, le je crée son propre champ dans toute son ampleur, du plus subjectif au plus élevé, et interrogeant l’acte même d’être soi et toutes les objectivités ; soit donc tout cet ensemble de champs que soutient, seul, l’arc de conscience (l’intentionnalité est originelle, par elle existe un monde, autrui, votre vie, votre corps distinct, etc). L’arc est donc fondamentalement la plus grande cohérence possible (et comme tel il commence à partir de la perception elle-même et non pas seulement dans les grandes abstractions séparées, la raison, l’imaginaire, et ainsi de suite).

La nature même de ce que l’on désigne comme « réel » est hors de proportion et pas du tout en forme d’objet. L’univers lui-même n’est pas un objet ; l’objet est à proportion du sujet, celui raisonnable qui construit des discours, qui délimitent tel ou tel objet. Le reste des discours, des signifiants, des signes bien plus de perspectives ; bien au-delà de la seule raison, puisque repérant toute l’amplitude de l’arc de conscience, ce qui veut dire «tout », puisque tout se donne pour nous au travers et par un champ (de là qu’une esthétique soit « une pensée », en acte, non seulement ouverte sur le champ de perception mais créant ce champ de perception).

De là qu’il ne soit pas réductible à des choses et tout aussi bien n’est pas le très gros objet tel l’être (l’être lui-même était opératoire, formule de formulations, explicites, les systèmes et les idées). Mais il n’est cependant pas selon le sujet subjectif. Sortir de la conception selon l’être ou les petites choses, c’est commencer d’assigner la logique de la structure en forme de sujet ; ce que l’on a toujours choisi ; que tout contenu de conscience et puis tout moi soient étirés par un sujet (dieu, la pensée, le sujet, le réel) selon le Bord externe (le présent, l’exister) lequel naît de et par son actualité et qu’alors le présent est la colonne des réalités.

Admettant de la sorte que l’arc de conscience soit précisément la forme elle-même du « rapport » ; l’aboutissement, l’aboutissant de ce qui existe comme « rapport » (tout existe comme rapport, le rapport est cela seul qui existe), l’aboutissant est, pour nous et en l’état de notre expérience, cet aboutissant est ce qui se nomme « conscience », est « rapport à soi » dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et aucune détermination). Rien d’autre ne peut être nommé « conscience » qu’un tel rapport, retour vers soi, qui désigne la formule pure et simple du rapport (cad de la potentialité qui transforme le terme initial au vu du terminal, ça re-vient-sur).

Par l’arc de conscience on entre dans l’antériorité de ce qu’habituellement on nomme « esprit » ; il n’y a aucun contenu qui prendrait conscience de soi, l’arc de conscience ne dépend pas de son contenu, son contenu (Pierre ou Martine, dieu, la pensée, etc) est ce par quoi cet arc se signifie. Et comme il est rapport, ce qui veut dire Autre, il admet toutes les subjectivités, les objectivités, les champs de perceptions (ceux du vivant par ex) ou les champs d’expression ou les champs de création, puisqu’aussi bien n’arrive en conscience que ce qu’il, lui le rapport, aura généré ; sa finalité mais aussi sa structure même implique qu’il crée (ce qui arrive, il « se le fait voir », il ne le trouve pas tel quel dans le naturel).

Rappelons la logique unique ; on ne conçoit le réel, la structure du réel qu’en tant que structure-sujet. Et parce que le dit « sujet » est défini comme suit ; cela seul susceptible de se modifier lui-même. On considère que la perfection consiste exclusivement en sa perfectibilité ; ce qui serait absolument parfait en soi-même est une notion totalement incompréhensible et qui ne signifie rien, au sens où l’on ne perçoit pas même en quoi cela pourrait consister.

Donc en ramenant ces infinis à des réels très exactement désignables (comme l’arc de conscience ou celui du présent), on essaie d’en réorganiser les contours. Ni l’être ni l’esprit ou la pensée, le moi ou l’universel ne sont des « problèmes », ils sont seconds.

 

Il s’agit toujours comme dans toute philosophie, de porter à la transparence ce que l’on constate là au-devant de soi. C’est le mouvement même de la pensée, de ce qui s’est nommé tel dès le début (indépendamment du fait qu’il y eut des pensées diverses ailleurs) ; puisqu’il s’agit de produire des rapports explicites qui seront dénommées idées, et par lesquels la continuité de la conscience, la consécution des intentionnalités est assurée ; l’idéal de transparence est décisif et implique évidemment la totalisation, la systématicité, puisqu’un manque dans la trame de la pensée signifierait l’incomplétude de l’intentionnalité, de l’intention tout court ; de sorte que l’on ne saurait plus ce que l’on veut ou ce que l’on peut, et ce rapport que l’on a su dégagé et nommé « penser » se perdrait lui-même dans une immédiateté impensée.

On comprend que sitôt que s’instaure la pensée elle se doit à elle-même ; sous-entendu il faut que ce rapport de la conscience pour elle-même se constitue et se continue et couvre tout le donné d’une part (la vérité adéquation) et s’étende sur toute la pensabilité (la cohérence) et soit à lui-même son repérage (son unité) afin que le rapport de conscience perdure.

Il s’est trouvé que si cet idéal s’est constitué par les grecs, et leur esprit de systématicité récupère les mathématiques ici et là et en établissent le système ordonné ; ce qui, de plus, permet d’agrandir le cercle de telle activité ; systématiser l’esthétique, outre qu’elle échappe au rituel et n’est plus assujettie, permet de créer encore-plus.

La systématicité augmente le rayon d’activité ; ce qui veut dire que plus il y a de conscience, plus il y a de conscience. Ce qui paraît une évidence mais pas du tout ; lorsqu’il s’agira d’intégrer chaque conscience, une par une (avec le christique), on verra se déployer quantité de discours, de théories, d’activités, d’actions, de décisions, de désirs, etc ; parce que soudainement le noyau de structure, mis en avant et sorti de tout monde humain particulier ou holiste ou cyclique ou limité territorialement (à un groupe tout aussi bien, un clan, une ethnie), e noyau prenant conscience de lui-même comme conscience (en l’occurrence non plus comme constitué par tel contenu, comprend qu’il peut produire ces contenus et donc commence d’en fabriquer des tas ; éthiques, esthétiques, systèmes, théories, etc.

Chacun devient le centre de l’intentionnalisation et s’aperçoit qu’il peut énoncer, signifier vers les autres. De même que le christique a pu parler à et pour chacun ; il s’agit initialement de la performance absolue, formelle, et qui inscrit le corps, littéralement, de chacun dans le segment naissance et mort individualisées, et littéralement également le christique crée chacun en sa conscience de (soi). Ici le (soi) n’est pas encore le soi via soi-même du ‘je’ cartésien, mais le (soi) donné par le Soi christique (cad dieu, le dieu initiateur de tout ce qui est, fut, sera), qui évidemment est bien le seul dieu unique capable de pourvoir non seulement à votre être mais à votre âme : à votre singularité unique.

Remarquons, donc, qu’auparavant les mondes humains pensaient-ensemble ; la pensée de se transmettre à autrui se penser elle-même, puisque l’on entend ce que l’on dit (et donc on le comprend ou plus exactement on ne le comprend que dans la mesure où autrui l’entend et le comprend ; lorsque l’on comprend quelque énoncé c’est que l’on se met à la place de l’autre ; et dans la société humaine de la tribu, inventrice de la culture, du langage, des échanges, des rituels, de la famille, etc, il s’agit de partager la Même Parole et donc le Même Monde (et la rigueur de la transmission et de la répétition étaient de mise, sous peine d’en égarer le trésor, la communication et donc tout).

Ici lorsque l’on (se) parle et qu’ensuite on parle à autrui il peut sembler que l’on se perde ; mais en vérité toute structure de conscience est déjà en elle-même, dans cette structure même, solidement organisée ; elle signifie constamment en adressage, elle simule l’autre oreille (et parfois dit plus que ce qu’elle entend, puisqu’elle est déjà passée dans l’autre oreille et bafouille des lapsus) ; intentionaliser signifie « organiser des rapports » (même un délire est organisé, et une folie souvent adressée à). Il est tout à fait inconsidéré de croire cependant que l’autre, autrui organise la parole ; évidemment il en va souvent ainsi, mais au bout du compte cela re-vient à l’exposition dans son propre champ ; puisque l’arc de conscience n’est ni subjectif si objectif seulement, ni intérieur ni extérieur, mais bien plus organisé que l’un ou l’autre.

C’est ainsi qu’il faut impérativement partir du plus haut. Par exemple du christique ou de la pensée ou de l’esthétique ou de l’éthique ou de l’universel ; pour chacun cela veut dire que l’on a accès à soi d’une certaine manière (au sens d’une manière certaine) à partir de l’auto-définition qui eut lieu comme révolution ; par laquelle chacun est envoyé, directement, à son propre jugement, à sa propre capacité ; non pas à sa raison forcément mais à son auto considération, en laquelle il est très clair qu’elle intègre la considération de toute autre conscience ; le fait même de nier ce rapport à l’autre conscience est déjà une prise de position qui ne sera pas sans conséquences effectives ; c’est pour cette raison que « la révolution n’en finit pas » ; essentiellement la révolution est en soi in-finie, de même que le christique ou la pensée ou le transcendantal kantien sont in-finis puisqu’ils tentent, tous, d’approcher le Bord du monde, du vécu ou du moi.

Il faut évidemment sortir de l’habituelle identification de la conscience et de la subjectivité ; vous êtes, vous existez déjà bien au-delà de vous-même. Le christique dit-il autre chose ? Que d’amener instantanément chacun au cœur de dieu (que signifie son in-carnation, sinon cette profondeur en tant que l’infini existe ici-même, sans qu’il puisse se dégrader, ni en nous, ni en lui, fils parmi les fils). La fonction ou la dimension de l’acte de conscience est son arc ; ce ne sont pas les contenus qui le définissent ; mais sa propension ; on appelle propension sa capacité et cette capacité est accessible via les grandes stratégies, et ces stratégies ne sont pas des abstractions (comme celles que l’on tirerait de l’universalisation de la pensée), mais des positions actées historiquement, dans l’effectivité même.

Et de même il y a de grandes stratégies afin que chacun puisse s’y référer ; dieu, la pensée et donc l’universel (ou l’universalisation intentionnelle, dont la citoyenneté), le sujet ou l’existence (la transformation d’une vie en existence, tout autant via esthétiques et récits), le réel ou le champ de perception-expression. De sorte que le rapport qui se meut puisse se manifester et entrer dans sa propre transformation.

Beaucoup comprirent que Saint Paul entreprenait explicitement et consciemment la métamorphose (qui inaugure notre ère et donc décide de l’historicité même, en élaborant l’actualité, cette actualité qui bouleverse et mène à l’acquisition d’une structure, et qu’il nomme la foi ; hors de l’être, du monde, du donné, de toute vie vécue élevée en Existence), pareillement Descartes transforme et sort de son être en l’exposant au-devant(sur, donc , l’étendue du monde ; qu’il y ait une étendue du monde rend impossible que ce soit « de la pensée »). Que Lacan entreprenne de cartographier le moi, in vivo (et seul un psychanalyste était en capacité).

Ainsi recule encore plus la frontière intérieure jusqu’à ce qu’elle touche le Bord externe et que cette intériorité se connaisse comme l’interne de l’externe, et non plus comme intériorité (qui ne se confiait qu’à des morceaux déterminés de monde, du vécu ou du corps) ; l’arc de conscience venant à toucher l’arc du réel.

Le mouvement est clairement d’installer la perfectibilité disponible de plus en plus précisément ; dieu, pensée, christique, sujet ou révolution, amène l’arc de conscience dans le champ de l’arc de conscience ; il est en tant que rapport qui doit, à tout prix, se projeter lui-même. La révolution est une telle mise en place de ce qui s’existe formellement. Ça n’est pas seulement ce qui entre dans le rapport qui compte mais le rapport lui-même instancié dans son champ.

Ce basculement de l’intériorité vers l’interne de l’externe, ou si l’on veut de l’intériorité projetée sur un autre plan (absolument et historiquement parlant que le moi soit situé dans le plan de la conscience, Sartre ou auparavant dans la Volonté nietzschéenne ou l’Être de H, ou même le sujet sur cet autre plan incompréhensible du nouménal kantien, et ainsi du sujet sur l’étendue cartésienne, qui n’est pas installée pour rien) et projeté sur un autre plan donc en tant que Bord de la réalité s’instanciant comme réel et structure ; réel et structure qui n’a d’autre nom que celui d’exister, et l’exister en tant que temps, ou dimension très étrange du temps, cela même antérieur au temps et caché dessous, caché en tant que présent qui justement montre tout.

Il s’agit donc de glisser vers notre structure interne qui existe bien avant notre intériorité (et encore plus bien avant l’extériorité, y compris la raison et le conscient)

laquelle unité interne est concomitante, mitoyenne d’avec l’externe du réel, la surface du réel,

l’arc de conscience dans l’arc du présent ; de glisser d’une surface vers l’autre.

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