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instants philosophie

Passion du sujet, perfectibilité du je

23 Octobre 2021, 08:40am

Publié par pascal doyelle

La structure de conscience (qui se mesurait autrefois par son contenu, ce qui est absurde) est autre que le sujet, autre que le je. C’est pour cela que l’on désigne le sujet comme structure-sujet. Le je est déjà autre que le moi, et le sujet autre que le je et la structure autre que le sujet.

La structure-sujet est la forme que prend, apparemment et autant que l’on sache (cad relativement à notre expérience, et à notre expérience accumulée depuis que l’on réfléchit, exactement comme un miroir qui voudrait se saisir comme miroir et ne tombe que sur des images dans le miroir, et qui finalement se signifie comme absolu (quel qu’il soit), dieu, le sujet ou la révolution), que prend le réel en tant qu’il est mouvement et que la dite structure est un rapport soit donc cela qui seul peut se modifier soi, puisque le rapport ne tient ni dans le début ni le terme mais dans le mouvement, le retour du terme sur le début (raison pour laquelle nous avons pu développer le langage, les langages, constitués de signes, de rapports).

On ne peut pas déduire ou causer la conscience de quelque contenu ; ces contenus n’existent que par une conscience. Laquelle n’est pas le conscient mais un champ intentionnel (qui s’installe via l’inconscient ; de la scission dans un corps vivant, qui obéit évidemment d’abord à sa logique, par le signifiant, ce qui veut dire par un-autre-regard). Et la conscience se définit ou au moins se délimite comme cet être qui n’est pas un être (déterminé seulement) mais une bizarrerie, une étrangeté ou un mystère qui usant de la détermination (les signes) retourne cette détermination (neutralisée en somme, par elle-même) et se crée comme rapport à soi ; ce qu’une chose ou un être déterminé ne peut pas réaliser. Ce rapport à soi n’est évidemment pas un rapport à une identité (sinon elle serait seulement déterminée) mais un rapport par dessus son identité ; et c’est pour cela que nous avons (du verbe avoir et non pas ‘que nous sommes’ du verbe être) conscience de nous-même, parce que nous nous percevons de l’extérieur, de l’horizon ; nous existons parce que l’avoir est, en nous, supérieur à l’être.

Ce que l’on nommait l’être comme idée… était une idée, pas une réalité (qui est contraignante en tant que déterminée) ni même l’esprit, qui est une universalisation qui passe par-dessus le sujet singulier (et plane on ne sait où) ; l’esprit est libération comparativement aux nécessités déterminées, et ajoute à l’humain ; on ne parle pas encore de sujet individuel, et justement parce que l’esprit est cet ajout qui universalise l’individu (la pensée grecque élève chacun par la pensée seule, ça n’est pas déjà le christique qui donne valeur absolue à chacun pour lui-même, indépendamment de toute autre considération).

C’est que la première étape consistait à universaliser ; que chacun sache qu’il était universalisable, cad capable d’aligner les internationalisations (idées) afin de se repérer et de cartographier la réalité (et communiquer et transmettre en clarté, due à la cohérence des intentionnalités, puisque la pensée cible le monde donné là, l’être, et non plus le monde parlé et échangé et ritualisé dans un groupe humain, l’universalisation palliant à la transmission directe communautaire ; chacun devant, par la pensée, reconstituer en lui et par lui-même l’universalisation, qui deviendra, ensuite, sa personnalisation, par le roman par ex, le statut de citoyen, etc). Et bien sûr d’établir éthique, morale, politique, humanisation, et grosso modo personnalisation (qui viendra beaucoup plus tard, mais débute dès l’origine).

L’universalisation est requise absolument, mais elle ne peut pas constituer le fond du problème ;le sujet est la forme, en forme de structure, bien plus étendue que la formulation en quoi consiste l’universalisation de la pensée, qui n’en constitue qu’une part. C’est Sartre qui parvient à détacher l’activité de conscience en tant qu’individuée ; bien qu’il en reste à la précompréhension normée d’un champ indifférencié, dont le moi est un effet, sorte de conscience vide et seulement formelle ; ici cette forme est requalifiée comme individuelle (et non plus seulement individuée) ; il n’y a de conscience que d’un sujet ; la « conscience » n’est pas d’abord une qualité mais une structure, une intention.

Pour cela il faut replacer, déplacer la conscience sur un plan effectivement réel ; soit donc celui du réel brut. Existentialisme du début du 20éme puisque le statut du moi permet à celui-ci de se tenir au plus proche de la structure de conscience qui ne se projette plus dans une organisation collective, une image extérieure, une idée générale, ni même une universalisation (en bref les existentialistes, Kierkegaard compris qui sait bien qu’il existe hors du système universel hégélien, par ex, mais aussi de Céline à sa version « light » Houellebecq). Le réel brut se désigne comme « existence ». Retraduisons ; le réel et l’exister, surface sur laquelle une boucle s’est formée, l’arc de conscience dans l’arc du présent.

De sorte que contrairement à Sartre on traitera du sujet non comme un champ universel, mais comme un champ singulier (il y a un champ parce qu’il se rapporte à lui-même, fait signe, adresse ses signifiants ; ou donc c’est un rapport et un rapport est un avec soi ; il n’y a pas, en somme, d’incompréhension ou de mystère, sauf celui-ci qu’une dimension est articulée, comme arc de conscience dans l’arc du présent ; le présent est aussi in-visible que l’arc de conscience). Le « rapport », cette idée, permet de passer outre, d’outre-passer, le seul caractère universel ; qui empêche de comprendre (nous ayant jusqu’alors véritablement ouvert les yeux sur le monde donné là, le monde, réel, en dessous de tous les mondes représentés particuliers ; le grecs visent le donné tel que « là », l’être ; et c’est encore rechercher le caractère universel de cet être de structure (qui n’est donc pas un être) que de le qualifier de rapport ; sauf qu’alors on entre dans la nature même de l’indéterminé, de la forme.

De même que le présent s’expose comme une forme brute, sans rien, qui contient toutes les réalités.

Il ne s’agissait pas du sujet, du sujet subjectif. Mais du sujet structurel. Celui sans lequel rien n’existe. Les mathématiques, les sciences, les politiques ou les idéologies, l’humanisation depuis la révolution mais bien avant encore, et la personnalisation, accélérée depuis les années soixante, rien n’existe sans le sujet.

Sans le sujet, cela veut dire sans l’arc de conscience qui déploie toute sa constance et se met en branle sitôt qu’un signe accole une perception, et sans lequel aucune construction subjective ou serait-elle objective, n’existerait. Donc le sujet, l’arc de conscience est capable des plus extrêmes possibilités connues. Mais également des plus millimétriques ; il suffit d’un signe (un signe ajouté à une phrase peut en modifier tout le sens).

Ajoutons que cet arc est à lui-même le rapport qu’il est, et s’envoie sa propre information. Laquelle est difficilement, voire impossiblement exprimable. Mais dont la certitude est certaine, si l’on peut dire, même si on ignore ce qu’elle signifie, implique, rend possible ; puisqu’il est en rapport à (soi) ce rapport peut se modifier, par nature au sens de par structure.

On a nommé ce rapport à soi du rapport le se-savoir ; qui n’est pas du tout une connaissance ou pas essentiellement, mais une aperception, dont le seul paramétrage consiste en sa prédisposition ; ce par quoi le je décide, oriente, accepte, reconnaît, intègre son aperception générale de soi, de la vie vécue, de l’existence, de la réalité, etc.

Curieusement c’est et surtout ça n’est pas (à la fois) ce dont on se décide ; d’être « bon » par exemple, ou mystique ou cynique ou ce que l’on voudra. La véritable intention que l’on crée en soi-même est beaucoup plus incertaine que toute motion consciente et apparemment assurée. Il faut toujours replacer la phrase du christ ; non pas ma volonté mais la volonté de mon père, rien ne se fait sans sa volonté, il est ce par quoi le monde a été fait (le verbe) mais non pas ce qui a décidé du monde, etc.

Dit autrement l’intention que l’on existe est autre que l’énonciation, et consiste, formellement s’entend, en un horizon structurel en forme de champ de conscience, dont le je se tient.

Cette imprononçabilité du je ressemble pour ainsi dire à sa « sagesse », ou plus exactement à la conscience de son effort, dont cependant on mesure difficilement ou rarement les effets (tout un protocole est requis et donc en quelque sorte un idéalisme ; c’est le cadre objectif kantien, les procédures scientifiques, qui délimitent une partie du champ, l’extrait et l’encadrent).

Ce qui veut dire que chacun, en tant que moi, cette intimité, est en réalité instancié dans et par l’arc le plus grand possible (autant que l’on sache).

Et arc qui se définit ou s’approche précisément en tant que position ; il n’y a « un réel » que par un arc de conscience qui, lui, en tant que rapport est déjà « un » et donc en capacité d’opposition qui signifie, tient, obtient, sait et même se sait lui-même en tant que perçu, lui, du dehors. C’est de ce positionnement que se concrétise comme point du réel externe à partir duquel ce rapport se perçoit, puisqu’il est rapport, et non un « moi » ou une identité qui « penserait », ou donc inversement penser est précisément architecturer des rapports dans la vue, externe, de la cohérence qui est tenue du dehors.

Toute cette extériorisation cherche évidemment à chaque fois de s’unifier (elle ne peut pas s’exposer continuellement dans l’altérité) et en chaque unité trouver une stabilité. En ceci le mouvement est condamné à l’objectivité ; même la subjectivité n’est telle qu’admettant en elle le concret de telle ou telle situation (sinon elle disparaît) et pour cela tout moi-même contient en lui-même non pas son identité (qui est imaginaire puisqu’aucune raison ou corpus s’affirme suffisante pour s’articuler à la réalité, étant donné l’ampleur de tous les champs intentionnels, qui couvre tous les aspects de la vie humaine), mais tout moi-même contient sa division ; la « castration » signifiant l’acceptation de la distance ; que l’enfance tenait, elle, des autres consciences ; tout enfant se détient de la conscience d’autrui, qu’il intégrera, ou pas, en tant que distance, et sans que jamais cette distanciation soit complète, ce qui veut dire que le sujet inconscient est irréductiblement ce qui se tient en retrait de et par la division du signifiant, qui représente en chacun l’altérité, autrui, l’autre, le langage ou l’extériorisation de notre être ; extériorisation qui rend possible cette relative identité.

Donc tout le monde est fou, au-dedans et parfois au-dehors, puisque niant la distance, la division et cherchant à projeter une unité consistante.

L’acceptation, consciente cette fois, de la distance constitutive est cela même qui ouvre la porte aux structures réelles ; dieu, la pensée, le christique, le sujet ou la révolution ou le réel. Par quoi chacun aura alors accès aux stratégies, aux méta stratégies. Ce qui est manifesté absolument par le christique ; il fait non pas sa volonté mais la volonté du père ; il se détient de la distance la plus intégrale et totalement autre.

Cet écartèlement sacrifie le moi (de fait Jésus) mais pour trouver son unité de structure, non imaginaire. Inversement le moi ne sait plus du tout cette ouverture, cet accès ; il ne supporte plus du tout qu’il soit réduit en son intention et tient donc à toute force de réaliser, rendre réel son être imaginaire, ce qui est condamné ou damné tout court comme on veut. Il trouverait sinon, ce moi imaginaire, que son unité de structure est plus grande, en vérité, que l’exiguïté de son image de soi ; il en ressortirait encore plus singulier. Ce que nous communique une œuvre, c’est la capacité structurelle singulière.

C’est que l’une tactique et l’autre stratégique ne commandent pas chacune la même réalisation ; la tactique organise le donné déterminé (et donc par une unité déterminée, imaginaire) et ordonner l’indéterminé, soit le signifier et établir la cartographie structurelle. Dieu antérieur au monde déterminé, le christique au-delà de la vie vécue, la pensée clarifiant le donné là (par un réseau intentionnel cohérent), le sujet distinguant le je du moi (et donc instaurant le moi en tant que tel, qui auparavant n’était pas représenté, sinon négativement sous le regard du christique).

Le sujet est le champ initial intentionnel qui rend possibles tous les autres champs.

Ou donc ; le champ initial dépend de sa motivation. Cette motivation est cela même qui doit être exprimé et organisé.

Sitôt qu’il s’englue dans le donné, l’immédiat, et y compris ses propres résultats immédiats, il cesse d’élaborer une stratégie globale, et ce faisant ce qui va le guider c’est derechef l’immédiateté, ce qui veut dire le corps, la pesanteur du corps, la satisfaction du vivant en lui, qui, avec sa massivité et sa continuité propre, va absorber les intentions en les pliant à son « bonheur ».

ça en veut pas dire qu’il faille annuler le bonheur, cad en tous cas l’absence de souffrance, de difficulté, de pénibilité, etc, mais qu’il doit être considéré comme une base, à partir de laquelle l’élaboration pourra s’élever (plutôt que de rester emprisonnée dans les nécessités et les pesanteurs).

Il se trouve que l’on a effectivement réalisé un tel monde, de bienfaisance, mais que l’on s’est empressé de réintroduire du nécessitarisme (le profit, pour résumer) et la concurrence des groupes entre eux et la rivalité des individus ; comme si il s’agissait d’une jungle, et l’économie est l’idéologie d’un tel pseudo « milieu  naturel », dont on étudierait les lois, alors que celles-ci sont humainement validées ou abandonnées à simplement la loi du plus fort.

Aussi l’arc de l’intention, qui permet de structurer, s’effiloche. Il est englouti dans ses effets, et comme il s’est introduit dans le corps, la satisfaction de celui-ci se fantasme, s’irréalise et entraîne toute l’irréalisation humaine, nourrissant un dégoût tout à fait profond. Intellectuellement une a-humanité ou politiquement une inhumanité (soit donc un solipsisme radical, soit un idéalisme du surhumain fantasmé).

La liberté est ce sur quoi tout repose mais elle se doit à elle-même et non pas comme faire-valoir du monde, des envies, des intérêts, des immédiatetés. Toute l’historicité se rappelle à nous afin d’éduquer la capacité organisationnelle structurelle.

Or le dégoût viendra, tôt ou tard, de confronter l’ambition, l’ampleur, la volonté et le projet potentiel et les réalisations, les à-peu-près, les ratages et les égarements.

Ce qui fut prévu.

Ce fut prévu initialement, par le christique. Vous vous égarez. Et vous vous égarerez ; ce qui se nommait péché, faute et au fond faiblesse. Mais cela n’abolit pas l’intention originelle (et l’intention originelle est celle déployée à l’origine de tout).

On a vu qu’il faut prendre non seulement au sérieux mais à la lettre ce qui s’est installé historiquement au point de formuler le cadre, invisible, d’une humanisation entière, qui a pu doubler l’humanisation par la personnalisation, lequel mouvement s’est imposé sur toute la planète puisque fondé sur d’une part le monde donné là (grec, le monde unique en-dessous de tous les mondes particuliers) et d’autre le sujet, ce qui veut dire l’arc de conscience en un corps vivant, singularisé cet arc et ce absolument puisque son unité ne tient pas à une composition (telles et telles déterminations) mais au je, purement formel, par lequel le reste apparaît (dans des champs intentionnels innombrables de toute l’existence humaine en tous sens ; c’est uniquement en résonance des signes que l’on organise la réalité).

Vous vous égarez parce que ce qui existe c’est la structure, la forme et non les contenus, quels qu’ils soient ; tout contenu visera à côté. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille abandonner tout projet, mais que la réussite même des projets vous poussera à délaisser la structure et ainsi la possibilité de stratégie. Aussi faut-il tenir au sujet ou à dieu, au christique, à l’universel, à la révolution, à la pensée, au réel comme formel, qui ne tient pas dans quelque monde (ou vécu) que ce soit. Ce sont les structures qui se sont réalisées dans le monde ; pensée ou sciences ou révolution et liberté et égalité ou personnalisation du moi-même existent formellement ; remplacer celles-ci c’est réduire les stratégies aux tactiques.

Puisqu’elles sont hors du monde et hors du vécu, les structures doivent être tenues en et pour elles-mêmes, sans substitution ; reprenons le mot de Kant et la pensée, le christique ou le sujet (ou le citoyen) imposent comme structures régulatrices ; Kant voulait explicitement non pas rendre impossible la métaphysique mais construire les finalités réelles (transcendantes) dans le monde donné (immanent). Si on retire les finalités réelles, quantité de finalisations s’y substituent ; mais le niveau descend, et continuera de s’effilocher, remplaçant des finalités plus ou moins valides par des buts et des envies de plus en plus immédiates ; qui chercheront à toute force à se matérialiser et ne se trouvant pas, s’enfoncent encore plus dans la matérialisation des intentionnalités, laquelle est un idéalisme, qui croit que dans le monde quelque ‘absolument réel’ se concrétisera ; mais l’image renverra toujours au miroir et du miroir il n’existe pas d’image, on y substituera image sur image mais jamais l’arc de conscience ne sera identique à ses contenus.

Comme il n’existe pas en soi, en lui-même mais exclusivement dans l’effet de se produire, ce sera absolument une actualisation et de cette actualisation on ne peut douter. Le cartésianisme n’est pas seulement épistémologique (établissant la possibilité de la connaissance), mais ontologique ; au sens précis que l’ontos, cad non pas l’être mais l’exister, se rend réel effectivement dans et par son activisme et donc son actualisation effective ( on assiste au cogito et chacun le produit en lui-même de cette monstration même, qu’on le veuille ou non, et quantité de sujets ont, au moins, entendu, ça leur est tombé dans l’oreille que « je pense donc je suis », cela suffit pour que l’intégralité du rapport leur revienne instantanément) ; de même que l’on apprenait « au nom du père » ou « je sais que je ne sais rien », en quoi lors même chacun voit bien que malgré cette déplétion il est, il existe, il est ainsi une certitude (ce qui s’exprime n’est pas ce qui se ressent) qui est ce à quoi il faut se confier, avoir foi, se convertir, et qu’il est impératif d’explorer. Certitude qui n’est pas une facilité mais dès lors (dès lors qu’elle prend conscience de soi comme conscience, comme rapport) cherchera d’une manière ou d’une autre à proposer ses conditions de possibilité(s). Elle ne s’accordera pas aisément à ‘elle-même’ puisqu’elle n’est pas, mais s’avère, de véridicité, prise dans sa propre réserve infinie, en suspension, en distanciation, en antériorité et prédisposition.

On a vu que le champ de conscience est bien plus étendu que le champ du conscient (et que le dit champ par ailleurs naît dans la différence du signifiant ; non pas qu’il soit causé par le signifiant, puisqu’il n’est pas dans le pouvoir d’un signe de créer un tel arc de conscience, mais bien plutôt l’inverse, une cervelle instancie un arc qui produit ou rend possible l’utilisation de signes, qui par ailleurs se rencontre déjà dans le monde des vivants). Et que précisément l’historicité à la fois dans les faits de structures majeurs (comme dieu, la pensée, le christique, la révolution, etc, qui déborde le je de chacun et très largement et pour le dire infiniment) et en tant qu’expérience vécue et éprouvée par un tel ou tel autre (dont ils se plaisent de mener le compte rendu, nommé œuvres) l’historicité nous instruit de l’étendue des prédispositions possibles, accessibles à chacun (et indéfiniment accessible depuis notre hyper méga développement humain et personnalisé du 20éme).

Qu’on le veuille ou non chacun est mis en demeure. De choisir, de dessiner son devenir possible (n’oublions et rendons à césar que Nietzsche est tout entier occupé d’auto-affirmer son identité potentielle, de « puissance », ce par quoi débute le siècle en somme). De même que la constante exposition du genre humain dans la myriade de représentations, multi-accessible de partout, des romans aux séries tv, de l’imaginaire ou de l’enquête policière (traquant le mal), de la télé-réalité aux fantasmes de toute sorte (y compris sexuels) nous offre le spectacle de nous-même ; incrustant en nous tous nos images, mais alors est-ce pour nous convaincre (d’une telle identité imaginaire) ou pour nous projeter et décaler face aux représentations toutes extériorisées ?

Le je lors même qu’il doute, se renforce ; il sup-pose son existence déjà-là, en dehors de l’identité ou la non identité.

Et cette supposition est un affect. La certitude, qui deviendra l’auto-affirmation de Nietzsche ou la complexité néanmoins affirmative de Lacan, finalité d’une psychanalyse ; que le possible revienne accessible, qui était figé. Cet affect est la prédisposition extrêmement mystérieuse de soi. À la fois déjà acquise et en même temps modifiable, transformable, renouvelable ; le christique, le sujet et les œuvres (si l’on rencontre la poésie par ex ou la révolution), mais aussi la pensée ou dieu, l’aperception reconnaît son cheminement.

De cela la parole très étrange ; « Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables, sous son regard, dans l’amour. »

Au sens où cela exprime la circularité non close ; en somme la spirale qui revient sur elle-même par elle-même ; elle doit exister, se manifester pour que prenant acquisition de son existence, de sa vie, de sa manifestation, elle revienne sur sa décision. Selon le principe ; il y a réalité afin que se jugeant elle-même elle se transforme et le substrat supérieur de cette manifestation se nomme (ou est délimitée) comme étant le réel de la réalité. C’est pour cela, à cette fin que la réalité se voit, se perçoit elle-même.

Rappelons que le réel est plus grand que lui-même ; le réel étant déjà là (sa question ne se pose plus), le problème devient ; qu’est-ce qui est, dans le réel, possible ?

Et on a admis (c’est ici l’hypothèse formelle globale) que si le possible est le réel, alors il devient ; le possible devient ; il cherche à devenir encore-plus, encore plus loin, plus élevé et cherche son articulation dans sa perfectibilité (et non sa perfection, qui est une idée fétiche mais incompréhensible).

Dit autrement le présent, l’exister (considéré comme étant la dimension même en laquelle tout le reste se déroule) suspend la totalité des réalités (mondes et peut-être pluri-univers) et des réalisations (humaines ou non-humaines), et dans cette suspension le mouvement structurel travaille et travaille à rendre encore-plus vraies (cad articulées) le réel au travers des réalités et des réalisations.

De même la suspension du jugement de soi, son affect, sa perfectibilité (qui est divinisée de fait par le christique) ; nous existons afin de nous modifier, de transformer la forme de notre être, de travailler l’exister de notre être (notre être est l’image dans le miroir, afin que le miroir se perfectionne, lors même que le miroir n’apparaît pas … c’est tout le secret du je, de la structure-sujet, et occasionne la foi, la conversion, à ce que l’on voudra : de se confier-à).

Et ainsi le je est affecté à l’épreuve de lui-même (atteignant par là ce qu’il ignore de lui-même et notamment sa capacité, minuscule mais suffisante, puisqu’un seul signe modifie la phrase), il est ou devient sa passion, et d’autant qu’il prend conscience de ce mouvement, de cette auto modification ; le moi croit qu’il perçoit réellement, mais c’est faux ; il existe des re-plis, des re-plis qui l’attendent (su fait de vivre) ou des re-plis à-venir si jamais il lui prend de rechercher sa Possibilité, qu’il rencontrera peut-être sans le vouloir au détour de telle œuvre ou telle expérimentation, mais à condition qu’ensuite il le veuille ; c’est le problème de la conversion (en quelque élévation que ce soit) ; il faut tenir ce que l’on a Vu. Lors même que ce qui est Vu est bien évidemment invisible, puisque de l’ordre de la structure, du réel de la réalité.

On considère, ici, que cette expérience de la structure brute s’est donnée telle quelle (sous diverses formulations ou révélations, au choix) puisque bien sûr si notre être est un rapport celui-ci s’informe de sa propre relation, et s’instruit de son propre possible, accroché (fonctionnellement) et peut-être suspendu (dimensionnellement) à l’arc structurel. Sous diverses formulations ou révélations, au choix, donc mais diverses révélations affinées en comparaison de la puissance initiale, laquelle est infinie, littéralement, puisque l’on admet que le réel est plus grand que lui-même, ce qui veut dire que le réel travaille l’infini par l’infini ; l’infini est cela qui recherche l’encore-plus infini, ceci constituant la finalité même de l’infini, cela qui use du fini afin de se voir et de se transformer (le fait même de se voir le transforme).

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