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instants philosophie

Tout corps vivant plongé …

16 Octobre 2021, 08:26am

Publié par pascal doyelle

Tout corps vivant plongé dans l’horizon de la conscience,
ne souhaite que disparaître.
Parce qu’un vivant se ressent comme centre de son monde (afin de répondre aux dangers),
et de tout regard extérieur porté sur ce corps il se dit ; il va me manger.
Or ce regard est le sien.
L’arc de conscience est en nous tout à fait autre et on ne perçoit pas seulement l’horizon du monde (ou du vécu ou du corps)à partir d’un point central (le vivant),
mais on se perçoit à partir de cet horizon.
Du dehors.

Et ainsi ce corps vivant se réfugie bien vite en sa petite niche ; le moi (ou la communauté).
Évidemment plutôt que de se replier en un moi, il devra faire l’effort d’explorer cet horizon de l’arc de conscience qui l’a transporté, qu’il le sache nommément ou non, à l’autre bout de la réalité.
Soit donc sur le Bord, le Bord du monde, de la vie vécue et du corps, arc-bouté par le champ intentionnel, qui est constitutivement un Bord.

La structure psychique spécifique est la paranoïa. Voir Lacan et sa thèse sur les sœurs Papin. Une conscience, intentionnelle donc, part du principe que tout ce qui vient est signifié, pourvu d’un sens. Évidemment elle s’éduque afin de réinterpréter plus objectivement ou subjectivement du reste (en assignant une interprétation par autrui, admis lui-même comme sujet, ce qui réclame une construction). Ce qui veut dire que quelque signe qui vous vienne, vous le prenez pour vous. De sorte que la circularité de la conscience perd sa capacité d’ouverture, et donc d’architecture, pour basculer dans le centripète et/ou la hiérarchie roide. Pareillement le christique est de fait la monstration de la haine de tout ce qui appartient au monde envers le un tout-seul. Et sa réponse, sa restructuration de l’architecture du possible pur ; le par-don, l’amour et le regard du Père (si on le perçoit comme étant le Fils, alors c’est que l’on admet en soi-même le regard du Père, il n’y a de Fils que pour le Père ; soit donc le regard délivré). De même que Descartes, soudainement, on ne sait comme ça lui vient, réintroduit le regard sur ‘soi’, et se tient suffisamment en grande estime afin de générer la générosité en tant qu’affect fondamental de soi (et justifie de cela qu’il y ait des passions structurelles du je ; refusant, donc, que les « passions » soient réprouvées abstraitement ; de là les passions de « l’âme », et non les passions immédiates).

Il est ainsi une quantité actuelle du je qui permet à la structure sujet de passer de l’indéfini rapport (la suite indéfinie des nombres par ex) à l’infini réel (dont on ne sait pas du tout ce qu’il peut être, puisque l’on a substitué au dieu-infini, le dieu perfectible ; dont la structure absolue, formelle est précisément qu’il peut (encore) devenir ; étant entendu que toute réalité déterminée est déterminée… cad morte, déjà).

De ceci que l’activité du je est requise afin que la structure sujet déploie ou commence de déployer sa capacité, la capacité de cet « être » spécial qui est à lui-même son rapport ; ce qui se nomme conscience.

Conscience se dit de cet être qui n’est pas un être (déterminé), et qui porte en sa nature même, en sa structure d’augmenter le réel. Et ce via une astuce (ou une destination logique et structurelle) qui consiste à se déterminer par et dans un rapport ; soit la faculté de signifier ; d’apposer des signes vers les perceptions, augmentant celles-ci, les détaillant, les précisant, les réorganisant, les transmettant, etc. Cette faculté de signifier veut dire qu’en avant de tout signe s’active l’intentionnalité, et donc la conscience ; qui est et n’est pas, à la fois, une magie ou un mystère ou une structure étrange (relevant soit d’une fonctionnalité réelle émergente, soit d’une dimension suréminente, mais dans tous les cas transcendante ; l’unité de conscience est toujours plus grande que tout contenu de conscience). Une magie ou un mystère ou une structure étrange puisque tout en maintenant la détermination (il n’est, à proprement parler, que de la détermination, puisque le réel, le présent, l’arc de conscience existent formellement, en tant que structure), la nature, la réalité, dieu ou la dimension réelle contournent cette détermination (qui périt, qui disparaît, qui est momentanée et ne dure pas au-delà de son déterminé) en usant de la détermination (le signe et la perception) pour se-signifier et tenir cette auto-signification ; l’unité du je accompagne toute pensée, disait Kant ; en vérité c’est plus subtil (mais la phénoménologie viendra après Kant), puisque ça n’est pas le je, le sujet qui est supposé en toute pensée, mais le champ intentionnel qui lui-même par ailleurs ‘accompagne’ beaucoup plus que la pensée consciente conceptuelle, et use de tous les champs (de la perception aux idées en passant par les signes de toute sorte et les affects effectivement réels).

Donc il faut le déployer comme champ ou arc. Et cet arc prend le corps, vivant ; récupérant tout ce qui peut venir du corps vivant) ; en propulsant ce corps au-devant, dans et par la perception (enfant on obtient, incorpore la conscience des autres, puisque enfant l’arc de conscience n’est pas complet, il n’a pas d’interne et d’externe, d’intériorité si l’on veut et donc pas d’extériorité ; le passage dans ce maelstrom impitoyable, de la distance, de la coupure est désigné en psy comme « castration », ce qui veut dire que l’on se sait ne plus être le centre du monde, et qu’il faut rétablir une connexion d’avec l’extériorité, par le désir, les désirs, sauf que ceux-ci risquent de se coincer, ou répéter en boucle, dans la névrose ; dans la psychose la distance n’a pas été intégrée, de sorte que l’irréel envahit par exemple les perceptions ; ce qui repousse l’irréel c’est la distance de conscience, la construction, intentionnelle, qu’elle parvient à établir (et bien que l’irréel revienne sans cesse) et donc selon ce principe qu’elle se perçoit elle-même de l’extérieur. C’est le point-autre (dieu, autrui, l’objectivité, l’horizon, etc) qui, puisque la conscience s’est décentrée (n’étant plus figée dans tel contenu ou quelque contenu que ce soit), rend possible que les contenus, les représentations, les perceptions, les désirs défilent ; pour que se déroule la multiplicité des mots, des signifiants il faut que l’arc de conscience, de chacun, soit décentré, qu’il ne tienne à aucun contenu, et que donc l’attache de l’arc de conscience au corps soit non-dit, soit juste un signe, sans signifié, sans lourdeur, sans épaisseur (que l’on ne peut donc jamais atteindre, qui recule sans cesse pour que les signes puissent glisser), mais qui assume (ou pas, et plus ou moins) l’épaisseur du corps (impénétrable, massif, matériel, raison pour laquelle, également, chaque conscience doit passer par l’autre-point de vue, extérieur, afin de transformer cette matérialité en signe, pour-une-autre-conscience, en distance et donc pour que le je puisse naître, dans le champ ainsi créé).

L’arc de conscience se suppose afin non pas de revenir à soi, mais de se lancer autre que soi (puisque « conscience » étant un rapport est déjà toujours autre, ce qui rend le moi fou). Ensuite, par contrecoup (puisque l’extension de l’arc provoque une angoisse cataclysmique au vivant, qui, lui, se ressent comme le centre du monde, question de survie, il vit dans son milieu et non dans l’horizon) le moi se crée un cocon ; il fixe son objet (ses objets et le capitalisme, libéralisme, etc, s’emploie à lui en fournir en quantité) afin de réguler son unité, laquelle est dynamique, et non pas « substantielle », il croit en la substance de l’objet et donc en la sienne, mais c’est une substantialisation par substitution, il y investit son « être » ; et lorsque son objet le déçoit, il s’effondre, du mini au supergrand effondrement de ‘soi’).

Évidemment plutôt que de se replier en un moi, il devra faire l’effort d’explorer cet horizon de l’arc de conscience qui l’a transporté, qu’il le sache nommément ou non, à l’autre bout de la réalité. Soit donc sur le Bord, le Bord du monde, de la vie vécue et du corps. Disions-nous. Chacun, au sortir de son enfance, c’est retrouvé perché sur le Bord. Se donne ainsi, si immédiatement et parfois si instantanément, la source de tout ce qui est, faut, sera. Le présent hyper actif qui déplie toutes les réalisations, naturelles ou humaines, collectives ou individuelle. Et son rejeton ci-devant l’arc de conscience dans l’arc du présent qui entame de manière encore plus précise l’actualisation. Il y a un présent afin que s’actualisent les réalités, et il y a un arc de conscience afin que s’actualise l’encore plus grand possible.

À savoir ; au lieu que le possible de la chose déterminée seul soit (sur le plan de l’être donc), alors s’invente, se crée ou est révélé le possible de cet être qui est non plus une détermination, mais le rapport lui-même (il quitte le plan de l’être pour entrer dans celui de l’exister, les êtres sont les effets d’un plan transcendant ; le présent formel ou/et l’arc de conscience). Le rapport lui-même et donc tout rapport possible (au lieu de telle ou telle détermination).

Nous n’avons pas, évidemment, pensé le rapport en tant que réel formel, mais nous l’avons dénommé ou il nous a été révélé comme divin ; le divin comme réel séparé du monde (le sacré est dans le monde une partie réservée du monde). Il débute par la seule volonté (dieu comme Intention) et par l’universel, l’universelle intentionnalisation ; toute conscience-de, quoi que ce soit, est déjà en elle-même universelle, au sens d’universalisation ; elle joue de signes, et un signe est un rapport, que la pensée entretient comme organisé, et donc en (se) situant comme pensée ; elle doit se savoir, savoir qu’elle pense et produit des rapports ; si elle pense seulement, si l’on veut, des choses (le sacré comme soleil, lune, saisons, et autres dieux naturalistes ou magiques ou de la mondanité ou du groupe particulier) on s’attache à tel contenu déterminé ; mais si on comprend que l’on produit les dits contenus, alors on commence de délimiter la capacité de produire des contenus, des représentations, cad que l’on comprend que l’on pense ; que l’on sait l’activité même en tant que telle (et non tel ou tel effet, auquel on accordait sa croyance).

Dieu (l’intention du un tout-autre), la pensée (le tissage universel organisé et conscient de lui-même, qui sait qu’il pense), le christique (qui introduit l’intention en chaque corps humain, sous le regard du un tout-seul), le sujet (qui est à lui-même le regard, le rapport qui se sait comme je), la révolution (qui partage universellement le sujet, selon la liberté et l’égalité).

Le moi, aboutissement de l’historicité (la personnalisation ayant doublé l’humanisation, l’individualité l’universalité, etc, l’humanisation est excellente mais il faut que chacun se sente, de tout au fond de lui-même, concerné par la réalisation humaine et en sorte que l’individualisation paraît le sens le plus concret de celle-ci) le moi donc est au plus proche du je ; par quoi le moi peut saisir qu’il n’est un moi que par et pour un je, un sujet qui, lui, existe.

De là qu’il faille récupérer, chacun, l’historicité ; ce par quoi s’est réalisée l’espèce humaine, et notamment son articulation tout à fait absolue, cad formelle, que tous les rapports sont accessibles, a priori, par cet être qui n’est pas un être mais le rapport à soi du rapport en tant que rapport (ou donc le moi est un des rapports, évidemment tout à fait crucial pour chacun, un des rapports de tous les rapports possibles, de même les nombres désignent la chose qui a rapport à elle-même et est une avec elle-même, on peut la décomposer et recomposer avec des uns, lorsque les unités, les éléments qui la composent sont repérés).

Et de même la psychanalyse ne permet pas de résoudre le problème du moi (son origine qui recule sans cesse, puisque la coupure dans le corps vivant est ce qui crée qu’il y ait un « moi », selon un regard-autre, autrui d’abord, l’autre en général, cad le signifiant ou le langage, et l’Autre, cad le regard diviseur qui non pas nous écrase ou nous dissout, mais nous fait-exister (et non plus être seulement, puisque l’on est ce que l’on est, mais on existe pour-soi parce que perçu, du dehors, d’un point-autre). Et le truc, l’astuce c’est précisément que l’on ne va plus seulement être sous un regard figé (autrefois) mais que l’on va récupérer un regard, neuf pour ainsi dire, autre, divergent, second peut-être (puisque le premier est inamovible) mais suffisamment réel pour que l’on s’en serve d’une manière ou d’une autre comme d’un levier ; aux désirs fixés ou répétitifs ou coincés, on va recréer d’autres désirs qui nous offriront un nouvel air frais ; c’est cette capacité qui souffrait, acculée, écrasée, obsessionnelle, angoissée, enfermée, etc. Non pas une résolution mais un ajout ou la possibilité d’un ajout, qui, enfin, nous délivre.

Cet ajout du second regard est celui de la distanciation. Et cela revient à prendre conscience de soi en tant que je. De non plus croire en tel ou tel contenu, mais à saisir que l’on est ‘cela’ qui désigne les contenus. Le cogito n’est pas seulement une opération épistémologique, mais un saisissement existentiel et pour le dire ontologique. C’est la distance du réel à lui-même, au moins en cet être spécifique du je, qui se révèle. Aussi s’entretient-on dès lors directement avec dieu, l’infini, l’absolu (des allemands par ex qui tenteront de combler la distance en absolutisant la conscience dans l’idéalisme), ou le structurel (et Lacan s’en aperçoit bien qui dialogue avec Descartes, Descartes si « spécial », dont il se conçoit comme l’envers de la face, le ‘je suis où je ne pense pas’, puisque le conscient dissimule le sujet inconscient).

Et donc dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution (et ses dérivées) semblablement ajoutaient une possibilité, et non plus individuelle ou psy ou psychologique ou vécue, mais globale, collective, idéelle, singulière (le christique et le sujet) ou historique ; une porte du possible brut ; qui comme tel n’est pas écrit du tout ; les juifs ne savent pas ce que ce dieu unique « veut » ; les français ignorent ce qu’ils voudront mais aussi ont voulu en quelques années nommées « révolution », on n’y a pas compris grand-chose mais l’ont décidée, cette révolution (de quelle historicité profonde fut-elle choisie?) ; le moi ne comprend pas qu’il soit un je ou un sujet et encore moins une structure-sujet, fonctionnelle (cad permettant qu’il y ait une réalité dont il est la cause structurelle) ou dimensionnel ; cette structure valant comme réel en lui-même, les choses, les êtres, les groupes humains, les mois sont mais ce qui existe c’est le présent et l’arc de conscience ; cela seul existe et on ignore ce qu’ils désignent, ce vers quoi ces deux formes (arc de conscience dans l’arc du présent) indiquent, orientent, et invisibles mais bien plus réelles que les choses ou les êtres, et la décision intentionnelle, tout au long d’une vie, est la cause de toutes les aventures et mésaventures qui pourtant paraissent seules visibles, et éprouvées.

Or la finalité, ici, est de saisir que nous ne sommes pas réduits à un tel vécu, mais que précisément c’est le non visible qui est véritablement éprouvé. Et que les expérimentations et les explorations et les élévations et leurs affects repartirent activement à l’assaut de la sustentation du corps vivant passant dans l’outre-dehors, le regard affreusement ou étrangement ou mystérieusement ou divinement externe. Ce que l’on nommera peut-être les affects réels.

On a trop pris l’habitude de désigner comme affects les émotions et sentiments du moi, du moi psychologique ; déjà la psychanalyse étend l’attention à d’autres sortes de retentissements et même met à jour d’inhabituelles considérations, repérages, étayages. Pareillement et presque parallèlement l’existentialisme. On ajoutera que les sentiments du moi, eux-mêmes, s’imposent, au moment de leur apparition (dans la poésie, la littérature, les romans) comme des nouveautés (d’où l’engouement). Et la prise en main industrielle des affects est d’autant plus insupportable et pour le dire ignoble, immonde, cad pornographique qu’il s’agit précisément des affects ; du raccord de la conscience au corps vivant, littéralement son intimité (que Lacan projettera comme extimité, afin que le je récupère une intimité, décomposée par les signifiants extérieurs ou figés ou passéifiés). Puisque ce corps, vivant d’une part et humain d’autre part, est également ou se découvre dorénavant personnel et singulier ; mais s’ajoute donc cette étrange position d’un être qui constate l’étendue de l’existence, et prend de plein fouet la persistance du réel.

Mais il ne faut faire l’impasse sur l’ensemble de tous les affects, des plus extensibles possibles, qui tentèrent durant des siècles d’élever le je ; certes le je ne se signifiait pas comme tel (il faut d’abord attendre Descartes et Pascal, qui inventent le « moi »), mais précisément chacun essayait d’augmenter son unité en propre (que l’on ne pouvait pas qualifier de personnelle, puisque la personne ne s’imposait pas dans la représentation), ou de l’intensifier selon les grands opérateurs que sont dieu, la pensée ou le christique ; c’était bien ce mouvement de percevoir plus et autrement et de créer ces champs étendus de considération, d’attention, de découplement (par lequel chacun s’extrader hors de tel ou tel groupe).

Si l’on remonte en mémoire toutes les aventures consignées historiquement depuis le judaïsme, les grecs, le christianisme, littératures et poésies, elles se traduisent toutes par des afflux d’affects. L’effroi de moïse qui ne peut contempler dieu ou le sentiment de l’absurde existentiel lorsqu’un je s’aperçoit que l’existence existe. L’étonnement des philosophes ou l’ennui, le spleen moderne de Baudelaire. La folie illusoire et idéaliste de Quichotte, décalage fantastiquement étrange, ou le suicide de Werther. Jusqu’au sur-sentiment de Rimbaud ou de Nietzsche. Bref il y eut quantité de sentiment de soi ou de l’existence, de la vie, du monde, des autres, etc ; ça n’a jamais cessé, et c’est seulement très tardivement que ces affects (monumentaux parfois, souvent élevés, universalisés et universalisants de sorte que le moi s’y reconnaît moins) que ces affects donc furent attachés au moi psychologique, individualité et immédiateté, le moi ce qui veut dire le je concret, concrétisé à la suite de la dé-couverte, mise à jour et donc invention, création à partir de la liberté (qui ne s’entend que d’un je) se prêtant comme une vie vécue, et de l’égalité (qui communique et transmet cette liberté, ne se limitant plus à la rivalité).

L’affect n’est pas en lui-même un en-soi, une essence fixée, mais un devenir et le réemploi du corps par l’esprit, ce qui veut dire la restructuration du corps vivant par cette autre-surface du corps qu’ajoute l’intentionnalité et ses champs (innombrables), la surface des signes, ayant à passer outre la paranoïa primitive. Et cet affect est constamment remodelé et bouleversé par le positionnement de l’arc de conscience sur, vers et par le réel, en tant qu’il crée des champs de réalité, de réalisations, mais aussi qui mesure la, les distances de dieu au monde et à son peuple, du je abandonné à la haine de tous, du sujet qui s’accorde à lui-même dans son équation (cogito), du drame ou de la tragédie de la vie vécue individuellement, de l’incroyable évidence de l’exister en tant qu’autre absolu, cad formel, et existentiel, ce qui veut dire ontologique.

Rappelons que dieu est l’initiative de l’intention, la pensée son augmentation, le christique son intensification (qui déplace soudainement chacun face à la mort), Descartes l’accélération, et la révolution sa concrétisation, sa réalisation effective dans le monde humanisé puis personnalisé.

La concrétisation millimétrique, d’un corps vivant dans son aperception de lui-même (rendue possible comme autre-surface qui génère ses propres affects), la création du sentiment de soi (qui n’est possible que via une autre-surface du corps qui se re-présente son unité ou ses possibilités et ce donc par, et pour peut-être, un regard autre, externe, divin ou structurel) qui n’est pas accessoire ou second ou immédiat ou facile, mais extrêmement concret et requérant évidemment que chacun participe de fait de et dans sa propre histoire et aperception.

Du christique au moi il est une seule négociation continuée d’avec le regard, cad l’intention que l’on existe et que l’on sait, mais ne connaît pas, une élaboration continuée, et à la source, l’angoisse, le vivant surpris dans la paranoïa constitutive et autrui sans cesse soupçonné de dévoration potentielle, très sartriennement au fond.

Dont on ne voit plus que le divin s’imposait comme renversement du sens, de la signification, de l’affection du regard. Pour sortir du gouffre intentionnel : le point le plus autre (le père) et celui venu nous chercher (en s’incarnant), de même que le je venant à s’actualiser ici même sereinement, souverainement, cartésiennement, ou la tentative de résolution de soi-même comme équation lacanienne, qui essaie de piéger le signifiant, cad le rapport inactuel dans l’actualité.

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