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instants philosophie

Petits et grands rapports

13 Novembre 2021, 09:17am

Publié par pascal doyelle

Il ne s’agit pas de découvrir la réponse (à toutes les questions puisque touchant le réel même), mais de mieux formuler la question. De sorte que croire en dieu, la pensée et l’universel, le christique et le sujet, le sujet et la révolution, la révolution et le moi (cad la personnalisation qui suit l’humanisation universelle), et tout ce que l’on veut du même ordre (du même ordre élevé, on ne va pas croire à n’importe quoi), tout cela reste à chacun.

Mais dans tous les cas, il s’agit d’un questionnement ; d’un tissage intentionnel tel qu’il se présente dans l’actualité de l’existence, et non pas abstraitement, et ayant des-effets ; ce qui veut dire que toute reformulation porte. Et de fait sujet ou universel, dieu ou intention s’imposent comme concepts vides, ce qui veut dire formels (et donc impliquant quantité d’effets).

On a vu que le plus proche accès est le mouvement, ou plus généralement le rapport ; l’arc de conscience est le rapport à soi du rapport (est donc la désignation, le signe, l’arc génère le signe et tout paraît et s’approfondissent les distinctions, les langages par ex, philosophie, mathématique ou poésie, etc). De même le réel est l’articulation du présent pur et brut ; l’exister, son représentant sur terre pour ainsi dire, le présent génère la réalité, les réalités, les mondes ; tout ce qui fut, est, sera en passe par le présent, par l’actualisation (autre manière de dire que les réalités, les choses, les êtres et donc les consciences tiennent d’eux-mêmes ; les êtres doivent se réal-iser, se rendre réels à partir de leur activité qui s’élabore et s’élabore dans l’actualisation. Aussi toute réalité est construite par le temps, ou plus ontologiquement, le présent (la mise en jeu de leur être, à chaque fois).

L’articulation en tant que rapport est non seulement complexe mais radicale ; c’est à partir d’elle que tout le reste se déplie ; sa complexité, étant originelle, est infinie (ou : elle ne se joue pas, ne se décrit pas selon les catégories du monde, de l’humain ou du moi-même, mais selon l’articulation du réel brut).

On ne sait pas ce que signifie (implique) cette articulation. On en délimite peu à peu le contour. On suppose ou pose, comme on veut, que l’exister, cad le présent, l’actualité en tant qu’actualisation du Possible brut, est le réel lui-même ; on ignore jusqu’où va le présent, l’exister, cette stase, cette suspension dans l’actualisation. La forme (le réel des réalités) seule existe (tout le reste est, l’être est relatif à l’exister et l’exister est relatif à lui-même, étant formel, et ce bien effectivement ; relatif veut dire qu’il est la cause (qui cause tous les effets, les réalités) et en tant que tel se cause en lui-même ; là où l’espace et le temps cessent, ce qui veut dire dans le présent tel quel, considéré comme 5ème dimension, et seule réelle).

On considère que toutes les séquences suivantes sont acquises.

Lorsque les grecs instaurent la pensée, vient instantanément l’universel ; soit donc le principe de structure du développement de l’universalisation des intentionnalités (les idées, acquises individuellement, alors que les représentations et les mots et les choses désignées revenaient au groupe qui faisait fonction de véridicité, de critère de la vérité, de ce qui est, pour tous ; mais cet universel le je n’est pas posé et donc pas pensé, n’entrant donc dans aucune stratégie, intentionnelle, il faut attendre le christique), ce qui ne peut se concrétiser que par la cohérence (les systèmes d’idées), d’une part et selon la référence à un-seul-monde (et non plus à la pluralité des mondes humains et des représentations) d’autre part, référant à l’expérience de chacun tel qu’il existe hors de son groupe et de son humanisation spéciale.

Il n’existe pas de sujet antérieurement au christique, qui seul accorde absolument l’infinité à chacun en tant que chacun ; auparavant les individus savent bien qu’ils sont, évidemment, mais il n’est pas de place, de localisation, d’indication, dans la représentation, quant à leur être spécifique et singulier ; le philosophe acquiert son être de la pensée, c’est elle qui vaut ; par le christique chacun vaut en soi (inutile d’être Achille ou Léonidas).

Originellement l’affirmation d’un dieu unique permet de passer outre la bigarrure des dieux, dont les signes et les fonctions, ayant à se différencier, s’empruntaient du donné, de la perception ou de l’histoire particulière de chaque communauté ; parties du monde hypostasiés, nullement la pureté et simplicité de l’intention seule, qui à rebours peut être reprise par tous et chacun ; aucun mystère sinon celui de la décision. L’essentiel tient en l’unicité de son intention. Ce qui veut dire ; la capacité de signifier, et donc la capacité de signifier selon les règles justes (ou saintes, c’est la même chose) ; les règles, la Loi.

Le dieu un tout-autre se signale de ce qu’il est pure intention, enseignant donc que c’est dans et par ce rapport (et non un absolu qui existerait en et par soi) que tout ce qui est, existe. Dans la relation et ainsi la non encore perfection de dieu, ou si l’on préfère ; qu’il existe une encore plus grande perfection.

Le christique est la reformulation de l’intention ; il transforme la Loi (extérieure et devant nous éduquer) en Intention ; vous serait jugés selon votre intention et non selon la Loi ; la Loi nous prend toujours en faute, l’intention selon le pardon.

Ce faisant tout est lancé qui consiste à mettre en jeu cela même qui nous distingue de tout vivant ; que non seulement nous percevons l’horizon (et non pas vivons seulement dans un milieu, dont le corps du vivant est le centre) mais que fondamentalement nous nous percevons à partir de l’horizon et c’est bien pour cela que, pour nous, existe un horizon perçu ; c’est que nous y sommes déjà, nous sommes déjà au Bord, et pour le christique c’est justement à partir du Bord, de toute vie transformée, transmuée en Existence, que nous nous percevons.

Donc l’historicité est cela qui nous a conduit au Bout du réel, mais voici qu’il faut saisir ce que par « réel » on entend. Rappelons que le 20éme (cad le moment durant lequel l’humanisation s’est étendue et la personnalisation a commencé de poindre) découvre que le réel existe. C’est que le moi n’est plus protégé par aucune couverture et exposé directement au donné tel que « là », et dans l’incapacité et la nudité (comme le christ) il affronte directement ce réel qui l’empêche, à tout jamais, de se refermer selon un centre, de se lover dans sa pensée (sa représentation, son image, autrui, l’humanisation ou aussi bien un avenir rêvé) ; outre Sartre ou Camus ou Heidegger ; Céline, la perdition du moi humain jeté dans le monde et l’histoire (dont la guerre, en clôture, fut la destruction de tous les êtres).

La formulation de la question relève donc, ici, d’une expérimentation, continuée au long des siècles, et qui est cela même qui fut pensé, représenté, mais aussi esthétiquement manifesté (non pas un mais des quantités de points de Vue, de perceptions), éprouvé , littérairement créé, politiquement découvert. Bref toute cette richesse.

La formulation est cela qui est en cours, depuis 3000 ans (pour notre civilisation). Elle est éprouvée et on ne sait à partir de quelle limite ; mais tout au long des siècles puisqu’il ne s’agit pas d’une idée, mais d’une structure ; l’arc de conscience qui, délaissant les mondes humains, la forme de « monde humain », vient au bord de la scène nouvelle (ainsi les grecs désignent le monde même donné « là », dessous tous les mondes construits, et le christique ce corps vivant humain et individuel, qui existe en ce monde là, corps nu, sans rien, sans personne, abandonné).

On admet donc qu’il existe, qu’il se met au jour une structure formelle, qui va dorénavant rechercher son être, mais étant une structure, cad un rapport ou un mouvement, elle ne trouvera pas cet être. Elle doit pour avancer dans sa finalité dénuder encore plus sa structure. Le moi, en dernière instance, croit qu’il est…

Il ne veut pas savoir qu’il est un je (qui s’ajoute au moi et ne le remplace pas ; il faut qu’il y ait un moi pour que le je parvienne à se préciser encore plus avant, dans le mouvement, la structure du réel, de là que Lacan, le dernier, s’y approche, dénichant la coupure du réel dans le moi, ce qui veut dire la coupure que le moi voulut, en vain, suturer, coudre, avec un morceau de monde, ou plus exactement un morceau de monde, ou de lui-même, mais qui pour lui ferait chair, ce qui est impossible ; la chair d’un je (et non d’un moi) est l’autre-corps, celui-là même promis par le christ, par ex). Le moi fait donc Semblant.

Semblant d’y croire, que son objet lui garantira d’être. Alors que ça n’est pas du tout de cela dont il est question dans l’existence, dans la vie sans doute mais la vie est imaginée (et donc effroyablement déceptive ou folle ou résignée, mais en bref cousue dans un non-possible, qui n’est pas un impossible).

Le principe général est donc que la structure (délestée de tout monde et de toute représentation) tombe nez à nez avec le monde donné là d’une part et le corps individuel vivant d’autre part, mais surtout qu’elle-même comme conscience-de apparaît sur la scène, dans son propre champ.

Et donc l’essentiel du réel, en tant qu’histoire, historicité, consiste à élaborer cette déchirure ; nous sommes pour nous-mêmes et donc nous ne sommes pas. Et nous ne sommes pas cependant le rapport à nous-mêmes (comme si nous-mêmes était consistant) mais bien plus nous sommes le rapport lui-même (par lequel il est un nous-même mais aussi quantité de réalités et de réel). Donc nous voici promis à plus grand que « nous-même ».

on a vu que l’arc de conscience-de est le possible brut.

Comme tel il entraîne bien au-delà de quelque réalité, naturelle, ou réalisation, humaine, que ce soit. De là que l’on affecte le dimensionnel à cet arc de conscience, qui veut dire « rapport avec soi du rapport lui-même », soit possibilité brute.

Intégrer la possibilité pure et brute est ainsi l’enjeu. Soit donc son impossibilité (de là qu’elle puisse être révélée, dieu, ou extrapolée d’un ailleurs, divin). Tout consiste à gérer le donné de telle sorte que l’on survive (durant des centaines de milliers d’années), que l’on s’installe (quelques siècles), que l’on profite (quelques dizaines d’années). La question est ; qu’est-ce que cette faculté, apparemment non limitée (elle peut développer ses propres langages, relativement à tout domaine rencontré ou exigé ou imaginé) ?

L’impossibilité manifeste et manifestée fut celle christique ; il est impossible de comprendre l’intention essentielle du christ, le dénommé Jésus, cette articulation infinie. Aussi le long des siècles qui suivirent a-t-on tenté d’aménager cette exigence. De même l’articulation montrée du doigt par Descartes (elle est une structure effectivement réelle et non une « pensée » ou une « idée »), soit donc le je (forme du rapport lui-même), cette articulation est in-finie (et épuise le fini potentiellement, et donc épuise les vivants qui lui sont soumis, qui subissent sa puissance). Etc. L’infinité n’est donc pas du tout réservée à un absolu, mais est à l’œuvre structurellement (et pour un je s’impose continuellement ; on ne peut pas découper le je, pas plus que le présent). Les infinités, mises en jeu (le néant infini, l’être infini, l’exister infini et ce que l’on connaît du sujet, de la structure-sujet, qui n’est pas caractérisable comme déterminée mais est un rapport) construisent autre chose.

 

La possibilité de l’impossibilité

La pensée, la philosophie est cette discipline qui naît de l’abandon de la régulation de la réalité par le groupe, ou qui refuse cette régulation, cet ordre produit par la communauté, et qui, donc, découvre que sous la représentation habituelle de son propre groupe humain, existe le monde. Le monde donné « là » (qui est dès lors signifié comme « l’être »).

Mais ça n’en reste pas là. Parce que de toute manière le monde, le donné, la vie et la vie vécue ne rentrent pas dans le concept.

Le concept est le discours cohérent ; le réseau d’intentionnalisations (d’idées) que l’on organise, consciemment, volontairement, explicitement, à propos de ce qui a lieu. Le monde. Le monde parce qu’il faudra attendre le christique pour que la vie individuelle entre dans la réflexion. L’universel, grec, a affaire au monde donné là, tout comme le christique au corps de chacun, vivant (et vivant transformé en existant, puisqu’entrant dans le champ intentionnel explicite et explicitement en chacun).

Et si on introduit la quantité pharamineuse de données de l’individualité dans le discours, il se maintient difficilement ; de là qu’il passe de l’organisation intentionnalisatrice, dite de raison, de pensée, à la religion et pas n’importe laquelle celle qui, elle, ne tient que du regard du un tout-seul (celui qui a vécu, et fut trahi et crucifié), et dont le regard précisément force tout un chacun à devenir la conscience de soi, de sa vie vécue et de sa mort à venir, et donc à partir d’un point-autre. Lequel est absolument autre, parce que hors de la vie et donc du monde ; par ce point-autre tout est perçu. Dit autrement ; il faut que ce soit le point de vue de celui qui se désengage de sa vie (et tout ce qu’elle contient) qui remporte le point de vision total.

Le point de vision total contient la pensée y compris (pour cela le christianisme reprendra toute la philosophie ou les pensées acquises). Et s’ajoutera à la pensée la bizarrerie (ou l’étrangeté ou le mystère) qu’un sujet il y a et qu’il existe du rapport nouvellement découvert à lui-même. Qu’il y ait eu des mois antérieurement au sujet est évident. Mais l’introduction du moi en tant que sujet dans la représentation (dans son propre champ intentionnel) non seulement augmente le champ d’investigation mais modifie le moi lui-même en le transformant en sujet ; aussi faut-il se convertir, au christique, mais il fallait également de transformer par la pensée (on n’est plus le même avant et après).

Il est à peu près clair que l’introduction du je dans le champ du je lui-même est extrêmement difficile. Puisque par là n’importe quelle identité doit se relativiser ; ce qui veut dire que l’on ne peut pas, plus se confier à un contenu de soi-même, du moi-même, qui serait tenu pour spontané. Mais que par ailleurs on ne peut que difficilement admettre en ce moi-même l’universel de la pensée ou la charité chrétienne ou l’amour pur et désintéressé, etc.

Et tout l’enjeu des 20 siècles de mise en forme culturelle, fut précisément de découvrir le moyen (les moyens) de remédier à, de médiatiser cet impossible (à savoir ; que nous ne sommes pas christiques ou parfaitement humanistes ou sans ego) ; ou donc qu’il s’agissait d’instancier, d’élaborer, d’installer, de préparer en nous un ego qui ne soit pas trop stupide ou trop égoïste, voire égocentrique.

L’ensemble de toutes les manifestations dites d’acculturation (d’in-formation de chacun, puisqu’il s’agit d’intégrer un impossible étranger, « venu d’ailleurs », la pensée ou dieu) ont pour finalité de transformer la qualification, la capacité de l’arc de conscience de chacun ; qu’il s’impose donc une tangente, soudaine, autre, impossible ou ce que l’on voudra bien entendre, qui interférera dans l’attention et l’intention, l’attention ponctuelle ici et là et l’intention singulière que l’on mène en une vie vécue, redéfinie dès lors en existence (puisque l’on passera d’une spontanéité admise, sans plus, à une formulation voulue, nouvelle, renouvelée, dont on se charge de préciser les enjeux ou l’enjeu maximal). Puisque si l’arc de conscience est touché sans doute existe-t-il minimalement (on a vu que dans l’empire des signes, le moindre d’entre eux peut modifier considérablement tout ou une partie de l’ensemble, or ici c’est l’attention, la conscience-de elle-même, sa manière d’y exister, dans l’existence, qui est appelée, et donc potentiellement tout), mais ce qui se retrouve concerné c’est la totalité des manifestations, dont, si le je s’impose, on ne sait plus du tout « où » cela s’avancera.

Si vous êtes touché par la poésie, la révolution ou l’esprit, ou autrui, ça ne viendra pas colmater la déchirure du signifiant (ce rapport qu’est le signifiant) de votre moi. Ça ajoutera et réarticulera (en plus du moi, qui est et restera un bricolage, dont la signification, l’intentionnalité est pliée, vers le bas, puisqu’une intentionnalité qui ne se convertit pas, qui ne convertit pas sa dynamique vers le haut (dieu, la pensée, l’universel, le christique, le sujet, la révolution, le réel) laisse cette dynamique subir l’attraction, la pesanteur, la finalité du corps, qui cherche satisfaction ; la satisfaction se glisse entre les signifiants et dans cet étayage étend, naturellement, spontanément, son empire, lors même qu’il s’agirait d’idéaux du moi et évidemment y compris du sujet ; rien ne repousse la prégnance, l’insistance du corps dont le vivant, la vie veut s’écouler dans un monde donné qui de fait lui ressemble, lui correspond (besoins et désirs aboutissent au monde donné).

Aussi Lacan (ou la psychanalyse) est-il obligé de supposer que le vivant, l’inconscient vivant relie constamment, en sa propre fin, et que le conscient se prend les pieds dans les tissus, vivants, de relations, de signes, d’affects minimalistes, d’affects pulsionnels, un tissage qui suit les nervures du corps et s’énormise des milliers de signes du langage (opération immédiate que le conscient, avec ses gros sabots ne peut pas contrecarrer).

Et donc il s’agit de ruser, à tout le moins ou disposer d’une « volonté », d’une intention suffisamment forte ou étrange ou suréminente, qui puisse sans cesse rétablir le courant (des signes) vers le haut, ce qui veut dire, pour le corps vivant, vers l’insatisfaction.

De fait le christ est manifestement la monstration de l’insatisfaction comme seule vraie et réelle. Ce que le vivant ne comprend pas. En ceci qu’il montre le plus grand rapport possible.

Avouant ou admettant qu’il n’est pas le terme du processus divin, puisque le Saint-Esprit (formant la Trinité) suivra.Il est dépassé par le Père (sans qui il ne peut rien, le Père décide et, lui, sait le moment) et il est dépassé par l’Esprit.

Le christique est donc l’impossibilité. Et la suite (culturelle, de mise en forme culturelle, signifiante de l’intentionnalité, dans tous les domaines donc, de l’esthétique à la politique, en passant par l’idéel intellectuel, ou les affects) ne veut pas que la déceptivité, de la vie vécue dévaste l’intention que l’on a et que l’on existe (et que l’on n’est pas, puisque l’être, le donné, indique vers le bas). En quoi il ne s’agit pas d’un surcroît de force ou de volonté (qui réaffirment constamment l’être, le monde, le vivant ou le faire semblant, etc, de même que la psychologie du moi renforce le « moi », faussement), mais de l’acceptation de la faiblesse, et - dans la faiblesse - maintenir l’intention que l’on a.

Par ailleurs le plus petit point de vue, celui qui est anéanti par le monde, est le seul rapport qui dévoile tous les autres (les autres qui, eux, croient en leurs qualités de détermination).

Et ainsi on n’y comprend rien, on ne sait pas ce que c’est que cela qui, seul, vaut. Le plus petit rapport (du un tout-seul, isolé, trahi, tué) manifeste donc la plus totale égalité. Il occupe le point le plus lointain dans ce monde humain, et le point le plus autre que toute vie vécue (point au-delà du segment naissance-mort de chacun), et le premier point (alpha) et le dernier point (omega) de ce monde (celui par qui tout fut fait, le verbe, cad les signes de détermination, lui-même enseveli sous par la masse du monde) ; de qui tout ce qui fut, est, sera déterminé. Le rapport indéterminé de toute la détermination (en quoi donc rien dans le monde, déterminé, ne peut s’opposer à lui, qui est le moyen du principe, le père).

Le rapport de tous les rapports. Le signifiant qui comprend, à tous les sens du terme, tout et tous.

On saisira que le christique ou le sujet ou la révolution (la liberté et égalité et fraternité ; à l’égalité du christique, soit donc l’universel, il fallait ajouter la liberté du sujet, lequel ne peut s’acquérir que de par lui-même, et non d’une volonté extérieure, aussi Descartes s’impose à point nommé ; il devait se désigner lui-même et assigner chacun dans sa confrontation)

mettent en place non pas des idées mais une structure, et que l’on n’a pas encore pensé, représenté la structure que l’on est, que l’on existe. Et que l’on ne découvre pas le moyen d’instancier, d’incorporer ; on n’en reconnaît pas, n’identifie pas l’affect spécifique, on n’en découvre pas le signe ; notre corps ne sait toujours pas comment, vers où se diriger. Il est un lieu qui nous échappe. Parce que ça n’en est pas un. Le sujet cartésien n’a pas de lieu ; c’est à partir de là qu’il voit l’étendue, précisément ; parce qu’il n’y est pas, il n’est pas pris dans la surface étendue ; de même que le christique, cette position, est infini, pareillement le sujet est infini ; d’un infini que justement chacun peut de par soi saisir ou en être saisi plus exactement. C’est ce saisissement, le regard même, l’attention à, l’intention elle-même que chacun ex-siste, qui est dépliée (en tant qu’elle est capable de dieu, de la pensée, du christique, du réel, et de tous les interstices qui découlent de ces repères ontologiques).

On se confie encore aux contenus, les semblant-signifiés, l’être imaginé, et non au signifiant. Au signifiant : à l’arc de conscience comme rapport (le signe n’étant rien qu’un rapport, rapport à un donné, une perception, ou rapport à la structure qui génère des signifiants, un arc effectivement réel). On sort donc l’arc lui-même de la coupure du corps, vivant, par le signifiant (Lacan) ; on sort cette coupure pour la situer dans l’acte, l’actualité, l’actualisation qui se présente à elle-même comme décision ou orientation ou reprise ou nouvelle intention (toujours possible, sens même du christique et de la suspension du je cartésien, et suivants).

 

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