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instants philosophie

Folie et sagesse du signifiant

4 Décembre 2021, 09:47am

Publié par pascal doyelle

On interprète donc le réel tel qu’il s’impose comme exigence,

et implique que quelque réel, quelque intention, quelque architecture de notre volonté ou intentionnalité sont appelés en notre existence même.

Il y a une exigence, invincible. Et c’est elle qui commande le reste ; le reste est un « reste », au mieux un effet. On peut se plaire dans les effets, s’en habiller pour la semaine et le dimanche

Ce que, si difficilement, le moi, le moi du 20éme siècle essaie, péniblement, d’écrire, c’est cette exigence, cette exigence travestie, divertie, modulée, démultipliée sous son interprétation médiatique ou plus strictement psychologique voire psychique.

Puisque cela s’inscrit très profondément bien avant le conscient et l’exposé, de là qu’il y ait l’inconscient et la psychanalyse ; la précision acquise du moi, de cette construction mentale, rendue possible par le statut de sujet, reconnu sociétalement, ou par les romans et le cinéma, etc, cette construction mentale génère la densité d’un inconscient, rapport à un bout, rapport à un autre bout, autrui, le corps, la coupure du signifiant dans le corps et de haut en bas ; il y a un corps, parce que le signifiant nous découpe ; et le signifiant est un rapport, dont un bout ou les deux manquent. Un des bouts est le corps, et évidemment la densité du corps, son opacité, son « là », est cette sorte d’inertie et d’incompréhensibilité, de non signifiance ; les signes sont absorbés - dans - le corps, aucun signe ne ramène le corps dans le champ, sinon imaginairement, support du fantasme, soit donc un « corps halluciné », et en miroir l’autre-corps, celui glorieux, ou celui du sujet est porté, lui, par les signifiants, esthétiques par ex, poétiques, et évidemment à l’usage des mois habituels, les images… qui elles retombent dans le fantasme et non suspendues comme les hauts signifiants, les élévations.

Les élévations ne peuvent pas naître du donné mais de l’intentionnalité, séparément ; de même que le divin, la pensée, le sujet ou le réel s’imposent séparément de toute détermination du monde.

Dit autrement, on se doit de s’introduire dans la structure du réel et cela ne peut pas s’accomplir sans que nous le voulions. La décision, la décisionnalité est de fait la structure ou l’accès à la structure. Pas de quoi s’étonner puisqu’il faut se convertir, ou végéter. Convertir à dieu, la pensée et l’universel, le christique, le sujet, la révolution ou se transcender de par le tomber-amoureux du moi, capacité coutumière du moi-même en état de devenir brut.

Remarque ; beaucoup de moi-mêmes utilisent le tomber-amoureux afin de clore le champ intentionnel. Pour eux autrui est l’autre bout ultime et il n’existe aucun au-delà ; heureusement on sait aussi que la poésie, la révolution ou dieu ou la philosophie existent …

On prétend ici qu’il s’agit d’une décision, mais pas n’importe laquelle ; une décision qui s’engage (comme disait Sartre) en tant que décision. Qui tient sur le fil de sa propre capacité (ce que Badiou peut nommer sa fidélité par ex, mais qui était déjà largement en vue par Descartes en tant que je).

Ce qui ne paraît rien, mais que la décision admette son caractère à la fois extrêmement fragile (elle reste incertaine) et décisive (elle fut prise, et quoi que l’on fasse on en gardera la mémoire, on garde la mémoire des faits structurels qui en eux-mêmes ne concernent pas notre être déterminé, mais les actualités qui eurent lieu en et par notre vie, transformant celle-ci en existence ; on se souvient du tomber-amoureux, de la conversion, de la décision, de la révolution, de la poésie, etc.

Ce qui est déterminé est notre être, mais ce qui est décidé (dans telle actualisation) est notre existence. Et ces décisions (quantité de signes de ce que l’on nomme historicité ou manifestation) tissent le devenir réel, celui qui tient des orientations de l’existence sur et hors du vécu.

Parce que les réels structurels ne sont pas « vécus » ; on ne peut pas s’en tenir aux vécus, effectifs, pour juger du réel des structurels, des décisions, des élévations, des conversions, des Possibilités.

C’est bien pour cela que dieu, la pensée, le sujet ou le réel existent avant. Avant tout le reste.

Que sans doute on retrouvera la vie, les autres, autrui, les distractions et les réalités du monde, mais pas sans avoir acquis le réel pur et brut, et parfois très brut… La brutalité du réel est indicible. Elle s’impose, de même que la colère de dieu, la vision des idées, la résurrection du christ, le sujet énoncé cartésiennement, ou que le réel existe, sartriennement.

Ces structures viennent couper net le vécu et la détermination ; aussi seront-elles dites divines ou structurelles, ou dimensionnelles.

Il est évident que le moi, cette unité psychologique et ensuite psychique (exposée par la psychanalyse) est à mille lieues de récupérer la densité et la torsion qui présidaient à dieu, à la pensée universelle, au sujet ou au réel.

Le moi est un effet de la structure de conscience, mais qui se prend pour une cause. Alors bien sur le moi est cause de quantité d’effets, mais il ne peut pas s’instaurer comme unité ontologique ; le je, dans le moi, est une telle unité.

Pourquoi ?

Parce que l’ontologie se décide dans le présent, dans l’actualité. L’ontologie est ce qui découvre dans l’actualité, du présent, une possibilité, et même la possibilité absolue accessible ; que le présent recèle la possibilité veut dire que la réalité s’élabore dans et par le mécanisme de l’actualisation, du présent. Il n’y a pas d’ordre extérieur aux réalités étant entendu que celles-ci se doivent de tenir en et par elles-mêmes ; les lois ne peuvent pas exister indépendamment des réalités. C’est donc dans l’actualité et l’actualisation de leurs qualités que les réalités se produisent. De là que la matérialité (ou l’énergie) soit en elle-même intelligente ; elle se perçoit, et se modifie en fonction de cette perception. Évidemment perception est à entendre en ce cas autrement que « perçue par une conscience », mais la détermination, cad pourquoi les réalités sont déterminées, veut dire que cette détermination découple constamment tout ce qui est, tout ce qui relève de l’être.

Tout généralement il y a actualité et actualisation (aussi bien des réalités que de notre réalisation même) parce que le réel est constitutivement en tant que rapports et que les rapports n’existent qu’en acte.

Que donc la logique du réel, de « ce qui est réel » est entièrement, intégralement ourdie par l’actualisation ; la structure de ce qui est, est l’actualité. Donc la question (de ce que c’est que le réel) est le dynamisme du rapport. Si quelque réalité venait à densifier le rapport, le réel s’effondrerait sous son propre poids.

Autre manière de dire que le réel est non pas l’être (fixé, voire figé) mais le possible.

Ce qui réclame, du je, qu’il comprenne bien qu’il imagine un être à la fois infini et déterminé ; il n’y a pas, ne peut pas exister de déterminité infinie ; donc c’est un mouvement, que cet infini.

Et c’est dans la conception de ce non-être (en quoi quelques uns ont reconnu le réel, Eckhart, Hegel, Heidegger, Sartre, etc) que dérape toute pensée objective, ce qui veut dire métaphysique ; donc nous voici convoqués en tant que je.

Ce qui veut dire ; susceptible de mener une stratégie absolue, et par absolue, formelle. Une stratégie qui soit en mesure non pas de décider du jour au lendemain, mais à étendre sa capacité réfléchie au fur et à mesure, en quoi elle sera de conviction, de décision longue et élaborée, de perception et d’affect, de pensée et d’imagination ; en bref tout cela qui a été mis en œuvre depuis le début, et qui s’est spécialisé en divers domaines d’élévation (de la religion à la révolution, des esthétiques aux éthiques, de la politique aux personnalisations).

À rebours de quoi

À rebours de quoi, cette humanisation (qui est un bien) puis cette personnalisation (qui est un bien également) se sont embourbées dans les immédiatetés indéfinies du monde humanisé et personnalisé ; chacun ne perçoit plus que le détail du monde, mais aussi du vécu et du corps. L’ancien idéal abandonné, le ,progrès, consistait à promettre encore plus de détails qui puissent remplir ce monde et ces vies humaines personnalisées.

Aucun moi n’est plus en mesure de ne serait-ce que gérer sa propre vie, son propre développement, sans tomber dans la bouillie épaisse. Et lorsque vous ne maîtrisez pas ou à tout le moins orientez pas vous-même votre existence, alors elle sera contrôlée d’une extériorité, et donc d’une autre conscience que la vôtre, d’une autre intentionnalité. C’est bien ce que l’on nomme depuis longtemps l’aliénation, en particulier le marxisme, mais depuis cela fait florès (puisque le moi qui se cherche ne se trouve pas, ce qui ne nie pas qu’il y ait « aliénations ») et donc la difficulté de dégager une perspective qui soit suffisamment claire, un projet effectivement non seulement individuel et subjectif mais objectif et collectif (ce que le ‘progrès’ imposait très abstraitement, puisqu’il déposait la densité dans une extériorité et non dans une intention énoncée, parlée, pensée ; le progrès s’imposait naturellement pour ainsi dire, comme allant de soi ; le progrès sous-entend que l’on va inventer mille moyens, mais au service d’une « nature humaine », laquelle il suffit de la modifier plus ou moins ici et là, plutôt plus que moins du reste, de l’humaniser, mentalement ou techniquement ...)

Il s’est donc produit cet être spécifique qui, lui, perçoit effectivement dans l’actualité le donné tel que « là ». Et le couvre de signes. Le tisse de rapports, prenant constamment les contenus des rapports (qui visualisent effectivement des réalités) pour la structure qui génère ces contenus. Sauf que réfléchissant il aboutit continuellement à un retournement ; dieu, le Bien, le Un, le sujet, l’esprit hégélien, la Volonté, l’Être de H, etc.

Et prenant conscience de cette activité donc il décuple encore plus avant la capacité de signifier, se signifiant lui-même il passe sur un autre plan ; celui d’un activisme encore plus exigeant, qui repart de zéro, qui doit recomposer ce qu’il perçoit (laquelle perception au final n’existe que dans la recomposition, dans l’invention, dans la création) ; c’est cette activité mystérieuse dite intentionnelle, et dont la structure est celle du « se-savoir ».

non pas du moi-même, mais du sujet, celui susceptible de jouer de tous les signifiants (et secondement de tous les signifiés ; le christique est le signifiant de tous les signifiants, par ex ; le rapport antérieur demeurant invinciblement en retrait, puisque le rapport lui-même ne peut pas se « voir »).

Le se-savoir est cet être dont l’être dépend de ce qu’il signifie ; non pas de ce qu’il connaît seulement (d’une connaissance déterminée), mais qui se-sait.

Dit autrement les réalités sont ce qu’elles sont (et en tant que telles se perçoivent dans leurs qualités mêmes). Mais il y a un être qui est en ce qu’il se rapporte à ; il est de l’ordre de l’avoir et non de l’être.

On a voulu solidifier ce savoir en connaissance et effectivement on peut modifier ses propres pensées, représentations ; mais on passe plutôt notre temps à signifier, à lancer des signes qui opèrent dans la perception, et cela suffit, pour survivre (pourvu que l’on se soit organisé en groupe qui communique entre soi et qui transmet entre générations). On a perfectionné le procédé en comprenant que l’on élaborait ces contenus (la pensée grecque) sous condition que l’on comprend ce que l’on invente ; qu’il y ait une cohérence des signifiants nouveaux (de nouveaux mots organisés en systèmes).

Mais ça ne s’est pas arrêté là. Puisque le christique crée cette possibilité du je.

On a donc précisément situé en deçà des contenus, même métaphysiques, ou théologiques, l’articulation en tant que le je est une structure-sujet et que celle-ci pose question. Il fallut un long temps historique pour que l’on parvienne à substituer au croyant actualisant la foi en Jésus christ, le sujet tel qu’en lui-même il se Voit. Il était auparavant Vu par le Grand Sujet, le Grand Regard ; avec Descartes il se Voit lui-même, et l’ensemble de la structure, du rapport réel glisse de là-haut à ici-même.

Rappelons que le sujet est cela seul qui peut devenir ; il n’est pas, il existe, et par ailleurs correspond absolument, cad formellement, à la forme de la réalité, à savoir le présent. Le présent, l’exister, l’exister comme comprenant l’être, telle la cause les effets. Et donc le réel (compte tenu des réalités en lui) se présente comme réalités qui comme telles se ou sont perçues et donc se modifient…Le réel, la réalité, existent afin de se percevoir et de se transformer, à vue, pour ainsi dire.

Ou plus généralement, si l’exister est le réel alors « ce qui est » existe formellement et non pas selon la consistance d’une détermination (qu’elle soit matérielle ou intellective, le monde ou la pensée). Tout ce qui est déterminé l’est une fois pour toute, et disparaît déjà.

De plus il s’agit de délimiter la bizarrerie de l’existence ; par ex que tout passe et qu’il n’existe, formellement parlant que le présent ; le présent, l’acte de présent est cela seul qui demeure. Ou encore que la forme de la réalité ne peut pas s’objectiver, se percevoir, se voir ; le fait d’exister est en soi totalement autre et « indéterminé » ; on ne peut pas le dire ; sinon en désignant fumeusement un « réel »… Or ce réel seule une conscience comprend ou saisit ce que cela signifie, non qu’elle connaisse (d’une connaissance déterminée) ce qu’elle sait, mais elle en sait la forme étrange ; « réel il y a ». de par sa nature de rapport elle comprend instantanément que le réel existe, puisqu’elle se perçoit (et perçoit tout le reste) à partir de cet horizon.

Donc nous avons accès au fait d’exister dans le rapport même qu’une conscience installe dans le réel. Ce qui implique une telle émergence structurelle, une telle élévation qui commence de rechercher ce qu’il en est de l’indétermination, que l’on s’aperçoit radicalement, à la racine, à quel point nous existons hors du monde donné, du groupe et de l’humanisation, de la vie vécue ou du corps.

Et cet hors du monde, du groupe humain ou du vécu, est évidemment, ici, la forme même des réalités, le réel en tant qu’arc de conscience dans l’arc du présent.

L’arc de conscience et l’arc du présent aucune réalité déterminée, y compris les humanisations, ne peuvent y accéder.

Ce qui dresse tout unanimement la structure de ce qui existe, verticalement, en tant que c’est cette structure qui inter-vient dans la réalité, la réalité partagée des groupes humains particuliers (qui s’instruisaient du sacré qui scinde le monde en deux) et la réalité divisée des sociétés instituées, qui interprètent le divin, lequel existe séparément du monde en tant que un, et vient séparer mais aussi réunir sur un autre plan ; historique ; les devenus individus (selon quoi le divin est la face interne de chacun, et donc aussi son exposition externe formelle ; je suis Vu, et ça n’est plus le groupe).

Lesquels ne sont susceptibles de s’organiser qu’en se redistribuant ; les uns les autres, mais également en eux-mêmes en tant que sujets de leur existence ; de leurs affects à leurs imaginations, de leurs sentiments, de soi, des autres, de la vie vécue, à leur pensée, leurs représentations.

Il existait une pression absolument totale dans la société communautaire, dans le groupe global, dans chaque monde particulier, qui se vivait de la parole commune, du langage intégré et de la perception représentée, des échanges ritualisés. Chacun était absolument soumis à la diction du groupe et personne (il n’existait pas de « personne ») n’était en mesure de moduler la tradition (question de survie, d’entente du groupe par lui-même en chacun des membres). Le regard du groupe s’imposait sans aucune faille, puisque de l’ordre du fait même de tel monde (on ne comprend le monde inca que d’y naître).

Aussi la première libération fut-elle celle de la raison (par quoi chacun repose sur son propre raisonnement, à condition qu’il se soumette à l’énonciation objective de la pensée, de toute façon sinon on ne se comprendrait pas soi-même, pas plus que les autres ne saisiraient ce que l’on dit) et celle du christique ; parce que le christique est parti, s’est élevé, se situe sur un autre plan. Il n’a pas laissé des règles, rigides, législatives, mais un exemple, et un exemple à la fois manifeste et incompréhensible ; on ignore jusqu’où s’avance cette exemplarité. Elle consisterait a priori (entre mille autres perspectives) à rediffuser le rapport, le rapport interne à la structure (celle qui n’apparaît pas, et dont les ramifications restent invisibles et doivent être sup-posées, instanciées par l’arc de conscience ; seul le je les perçoit, au sens où il perçoit les significations des signifiants ; non pas tant les signifiés (solides et déterminés) que les orientations, les angles d’incidence et de propagation ; par ex, la liberté se propage, la vérité se partage, ou ce que le christique nomme l’amour, sous-entendu « aimez-vous comme je vous ai aimés » ; le tout tenant dans le « comme je vous ai aimés », « de cette manière-là », que l’on ne comprend pas.

Les signifiés sont déterminés ; cela veut dire qu’ils relèvent de la science ou du monde (ou du moi ou de la détermination du corps) ; les significations sont perçues exclusivement par les je. Les significations ne s’animent que dans la visée d’une conscience, en acte donc et actualisant, et décidant et intentionnalisant. Les signifiés sont supposés (ou imaginés ou montrés du doigt) par les signes et tombent dans le monde (ou plus simplement désignent des choses du monde et bien sur des choses désignées par le groupe, puisque rien du monde ne nous vient hors d’un discours collectif).

Les significations pré-disposent, prédisposent la capacité, l’attention, l’intention, la conviction, la foi, la conversion (en dieu, la pensée, le sujet et la révolution ou le réel, ou la poésie par ex). De quoi donc poser la question ; est-on prêts à s’avancer dans ce cheminement-là ? Dont on remarque que le christique, lui, s’est avancé jusqu’au bout et au-delà du bout… Que c’est au final la question absolue et formelle, cad l’exigence dont on parlait au début. Comment une énonciation, une volonté, une conviction relevant de la structure de conscience (qui n’a aucun repérage manifeste dans le monde ou le vécu) peut-elle se découvrir, l’initier, se maintenir (lors même que l’on serait Rimbaud, dont on comprend immédiatement la difficulté de tenir la distance, ou d’un peuple qui veut on ne sait comment ce qu’il veut).

Dieu, la pensée et donc l’universel, le sujet et donc la révolution (sous-entendu il n’y en a qu’une), le réel ne se voient pas (mais acquis ils permettent quantité d’effets). Au fond les significations désignent toujours le rapport et rien que le rapport lui-même (qu’il se nomme dieu, pensée, sujet ou réel), mais le rapport ouvre à tout le reste (sinon il est déterminé ou se croit tel). C’est pour cela que l’on signifie toujours au plus haut qui se puisse ; le seul rapport effectif est le réel, le sujet, la pensée ou dieu.

À noter que le moi psychique (celui de l’inconscient dose) signifie le corps, comme impossiblement signifié (qui revient donc sans cesse et insiste, puisqu’il est « là », inabordable et désigne la limite intérieure du signifiant, de la coupure, l’horrible origine du moi, qui sans cette coupure n’existerait pas).

Le jeu du signifiant lorsqu’il indique au-delà (dieu, la pensée qui décentre, le sujet qui est un autre, le réel entièrement jeté d’altérité brute) et qu’il le sait (puisque ces possibilités se décident ou s’intentionnalisent) n’efface pas la coupure (qui est inamovible) mais redéplace le Bord (de la conscience, et sous condition d’y tenir, mais en vérité on y tient de fait, sous quelque formulation que ce soit, serait-ce le tomber-amoureux, puisque cette décision intentionnelle marque structurellement notre actualisation, le présent même ; on y entre dans le rapport même, tel qu’il nous est acquis ou tel qu’il nous saisit ou nous est révélé, pour les croyants).

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