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instants philosophie

Le moi martyrisé, mais le je libéré

15 Janvier 2022, 07:54am

Publié par pascal doyelle

Que le réel soit le présent, cad l’exister, signifie, peut-être, éventuellement, potentiellement, théoriquement, etc, que tout existe dans la suspension indéfinie de la colonne du présent.

Que la question fondamentale n’est pas « pourquoi quelque chose plutôt que rien », mais « que faire ».

et donc imùplique de récupérer les analyses de cette activité qui eut lieu historiquement, se plongeant dans la forge même des présents actualisés ; depuis dieu jusqu’au sujet-inconscient de Lacan. Puisqu’à chaque fois que l’activité de conscience tourne son regard vers le rapport qu’elle est, qu’elle existe, elle repère ce qui arrive, et comment elle se déplace à la surface du réel (la réalité, les réalités emplissant la dite surface et lui-même comme humanisation ou comme personnalisation déposant dans le donné les déterminations, cad en l’occurrence des signes et les signes de son activité ; qui sont bel et bien perçus, étant entendu que l’on ne perçoit que de et par notre activité ; aucune réalité ne venant à nous telle quelle).

Évidemment comme c’est une forme, une structure, ce qui veut dire un rapport ; raison pour laquelle elle se potentialise par des signes, qui relient, qui ne tiennent pas en place, aptes à saisir les mouvements de la réalité, qui elle-même n’est nulle part en-soi, sinon par une fiction, une imagination qui solidifie « l’être » des choses, elle reporte son unité, de rapport, dans la chose, qu’elle hallucine et ce jusques et y compris dans l’objet de désir du moi, raison pour laquelle le moi non pas devient fou, mais qu’il soit fou dès le début, à laquelle imagination projetée il peut opposer son orientation vers le réel, cad la castration, ou la séparation, en quoi «il n’est pas le centre du monde », et que son objet n'est pas "à lui" ni lui-même, qu'il voudrait incorporer pour saisir son propre corps, ce qui est impossible, et déjà fou d’abord pour la psychologie et le psychisme (conscience-en-un-corps investi), et en quoi à l'opposé en tant que conscience-acte il se tient toujours de plus grand que lui, dieu, la pensée et l’universel, le sujet et la révolution, cad l’organisation réellement objective, ce qui veut dire médiée, du monde humain, médié selon la liberté et l’égalité, ou selon l'oeuvre ou selon le tomber-amoureux du moi, etc.

Comme le moi est la formulation dernière que l’on sache, de la structure de conscience, laquelle est par ailleurs toujours « sujet », étant entendu que cette forme structurelle est la plus aboutie que l'on connaisse (elle contient et produit par ex l’universel, y compris les mathématiques qui sont des rapports, un est un, toutes les institutions et les moralités et les esthétiques et les poétiques, etc, bref tout, puisque tout cela se délègue comme champs intentionnels de signes tendus, organisés, en cohérence, et affecte les sujets eux-mêmes, dans leur propre champ individué),

et que le moi est donc un dynamisme, qu’il se produit selon un désir, ou une dé-pression, cad un manque du manque (il ne sait plus qu’il manque, son objet de désir est annulé, il ne se projette plus, l'intentionalité est éteinte),

alors toute l’architecture n’est pas une solidité massive mais une possibilité ; laquelle est architecture est étayée sur l’architexture qu’est un corps individué, pris dans un champ, un regard (ce qui pour un vivant, qui, lui, est au centre de son milieu, et non de son monde, est une structure quasi paranoïaque). L'autre surface du corps porteuse de signes-vers.

Cette possibilité fut et est continuellement immédiatement saisie par le Haut.

Ce qui veut dire par dieu, la pensée, le christique et le sujet, le sujet et la révolution (l’organisation cohérente de la liberté par l’égalité), le sujet et le réel ; cad le moi en un corps dans le monde parmi les autres et ayant une vie vécue, reconnue comme telle, par, en l’occurrence, le système économique comme idéologie du corps-conscience du moi, cerné par le moi, soit selon le besoin, générique, et communiste, soit selon le libéralisme et le désir-objet, et antérieurement selon le corps-signes, toute l’acculturation généralisée depuis le christianisme et l’universalisation, esthétique par ex, qui s’adresse directement à-chacun, à-chaque-un. Et le sujet et le réel n'est rien d'autre pour nous, depuis longtemps mais spécifiquement depuis le 20éme, un "moi", cette personnalisation dans l'humanisation du 18éme

Évidemment il y eut quantité de variations dans ces champs intentionnalisés ; on s’en tient, normalement, au plus élevé (que soi-même on puisse admettre dans notre propre champ personnel de conscience ; à chacun en gros son « élévation », on préfère Rimbaud à Mallarmé, ou vice versa, et on choisit son regard organisation, infiniment vivant pour soi-même, mais clairement on admet ici que le christique est la plus haute position qui nous soit parvenue ou révélée, au point de n’être toujours pas compréhensible en elle-même ; ce qui repose sur ce principe d’historicité que les positions détenues le sont absolument… elles valent en et par elles-mêmes et il est impossible de nier cette historicité, au profit par ex d’une interprétation toute-moderne, toute-contemporaine, comme si notre siècle ou telle théorie ou idéologie détenait la « vérité » ; exigence est faite, par contrecoup de serrer au )plus près la compréhension, du christique, de Descartes, de Nietzsche, etc, évidemment cela implique néanmoins notre propre compréhension-interprétation, mais de toute manière toujours et en définitive c’est à chacun qu’il revient de décider, juger, comprendre ou non, ou de reprendre, autrement, une autre perspective, pourvu que telle ou telle cohérence soit assurée et assumée).

Il y eut quantité de variations (et de systèmes philosophiques ou idéologiques, lorsque la révolution installe la vérité, cad la réalité des corps, un par un, et le réel des libertés, une par une) parce que la structure, elle, ne passe pas ‘dans’ la réalité, les signes, etc ; il n’y a aucun signe ni système de signes, organisé, qui puisse se comparer à la structure formelle du je, qui n’est pas le subjectif mais la structure sujet (celle qui seule est l’universel réel ; cad le rapport qui peut re-venir sur son propre départ à partir de ses résultats ; qui n’est pas fixé, figé par ses effets mais est en lui-même cause-de, quantité d’effets et donc, étant déjà lui-même hyper cohérent, en tant que rapport initial, ordonne, organise ces effets en systèmes, de là qu’il y ait toujours systématique de signes, sinon « ça ne tient pas », ni dans l’auto-cohérence de la conscience, et sinon elle se perd, tombe dans telle immédiateté ou subjectivité, ni dans la cohérence, adéquation, comme on disait, vis-à-vis de la réalité, et spécialement de la vie vécue, en quoi pourtant le moi s’enferre, souvent, et même essentiellement, puisqu’il croit qu’il « est » ou que son objet de désir « est », désirable, comme dit ;

c’est en ce cas tout à fait dramatiquement ou tragiquement et évidemment comiquement que le moi se donne en spectacle ; il est toujours pris dans-un-autre regard (ou alors l’auto regard devient ou est fou, au sens propre, ou en tous les cas scindé, névrotiquement ou tentant de cerner son comportement par une obsession, toc, etc, le moi ayant inventé quantité de variations de la gestion du regard-désir-angoisse-dépression, etc, e qui veut dire qu’il voudrait, désespérément, se sentir vivre … or puisque nous sommes cet arc de conscience, nous sommes constamment et de fait structurellement séparés de la « vie » ; de toute manière le vivant ne se pose pas de question, il va-vers son milieu mais ne se perçoit pas à partir de l’horizon du monde ; c’est ainsi peine perdue que d’attendre de se sentir « vivre ».

et en conséquence de quoi il faut dès lors non plus fuir cette distance, cette séparation (de soi d’avec soi, par quoi il existe précisément un « soi », dans un champ intentionnel, alors que le vivant est juste vivant),

mais s’installer dans cette distance ; ce à quoi prédispose dieu, (la pensée) l’universel, (le christique) le sujet ou (la révolution) le réel.

S’installer dans cette distance, s’instancier, est l’actualisation, forcément volontaire et décidée (de conversion, par dieu, l’universel, le sujet ou le réel, ou donc les quatre), qui admet, accepte, se rend compte que le je n’est pas un moi (ni un groupe, même juif) mais un rapport vers un plus grand rapport.

Aussi est-il impératif que ce rapport lui-même soit immédiatement affleurant. Ce qui signifie qu’il soit un moi, parce que le moi est l’identité la plus extrême et la plus proche du Bord. De là qu’il soit, le moi existentiel, au 20éme siècle, et puis qu’il invente différentes névroses, obsessions, perversions (pour le distraire de cet existentialisme, à savoir que le réel existe et que lui, le moi, n’en est pas du tout le centre) ; dit autrement, l’arc de conscience aboutit, débouche, atterrit dans l’instantanéité du présent brut, cad de l’exister pur, le « là » instancié absolument comme forme de tout ce qui, par ailleurs, est ; l’être étant second, et l’exister premier.

On peut croire au monde, aux objets, aux autres, à la société, au progrès, tout ce que l’on veut, mais en dehors du monde s’impose l’existence en tant que telle ; caractérisant la forme qui entoure tout ce qui est. L’existence du monde n’est pas le monde. L’existence c’est la position « qu’un réel il y a » et que c’est tout à fait autre chose autrement qu’il nous demande. Dieu, la pensée, l’universel révolution, le sujet, le réel nous demandent autre chose autrement et on ne sait pas ce que c’est.

Si l’on se demande en quoi l’exister du monde est autre, distinct du monde même, c’est que cet exister est un rapport qui n’entre donc en aucune de ces ou ses manifestations ; de sorte que le transcendant est cela seul qui existe, et que le reste, l’immanent, est. Transcendante est la cause, immanent est l’effet (ce qui est effets est forcément immanent). Toute la manifestation est externe, puisque précisément il s’agit que se déploie une réalité, qui ne peut tenir uniment en un seul « lieu » ou une seule unité ; et c’est, comme on l’a vu, justement ce en quoi consistent les rapports ; que les réalités soient des rapports veut dire que chacune, de ces réalités, doit s’établir elle-même (en quoi chacune « consiste », dans la solidité de l’être, lequel est, par ailleurs dissout dans et par l’exister, l’être étant second, et le néant, l’exister et l’être étant instanciés tout à fait, absolument réels, étant entendu que le Possible règne, est la Règle et que donc le néant, l’exister et l’être existent).

Si les choses et les êtres, galaxies ou vivant minuscule sont, cela implique qu’ils existent et se tiennent d’eux-mêmes, en tant que rapport qui se développe, via l’actualisation de son activité.

Ce disant on ne connaît pas « ce que » ils sont absolument parlant, puisque leur réalité, déterminée, est leurs déterminations, mais leur principe est qu’il n’y a pas d’unité sur-essentielle, d’unité ni même mathématique, ou intellective ou métaphysique qui chapeauterait ces activités mais bien toujours à chaque fois l’activisme de chaque être (qu'ils ex-sistent dans un présent hyper actif, le fait d'exister brut, très brut) sans lequel activisme il n’y aurait pas de « réalités » qui se tiennent elles-mêmes d’elles-mêmes (leur activité, propre, c’est ce en quoi consiste leur détermination spécifique).

Et puisque notre être, qui n’est pas un être, est instancié instantanément comme rapport (sans quoi il n’existerait pas de champs de signes) alors nous naissons absolument, formellement, toujours à partir du Bout. Du Bord (du monde, de la pensée, du corps, de tout puisque de Bord il n’en existe qu’n seul, l’exister, le présent, l’actualisation, la colonne du présent). Et nous naissons de l’horizon, du réel-même, qui seulement alors se dévoile comme position. Nous sommes engagés dans la re-Création.

Si il fallait, pour atteindre le réel, commencer par comprendre, connaître ne serait-ce qu’un dixième ou la moitié ou la totalité de tout ce qui « est » (déterminé donc), nous n’en sortirions jamais, et de toute manière nous n’avons pas à nous connaître nous-même, mais seulement à nous signifier ; ce en quoi consiste le se-savoir (distinct de la connaissance). Aussi sommes-nous libres 'de fait' ; et ce pour cette raison que notre arc de conscience n’est pas situé « dans notre tête », dans notre pensée, mais dans et vers l’horizon, dans le « là » du donné, dans le présent et l’actualité telle quelle ; en dehors donc. de la cervelle, à proprement parler.

Et c’est en ceci que la structure, le sujet est intraitable. On ne le retrouvera pas, nulle part, dans le monde, dans la vie vécue ou envers les autres. On dira qu’une œuvre esthétique par ex, est effectivement et réellement « de la structure actée », ne serait-ce qu’en cela qu’elle s’adresse au je, et en fait n’existe pas ailleurs que dans la structure intentionnelle qu’elle capture (mais sous condition de l’effort de ce « spectateur », elle vous soumet non seulement en votre consentement mais de par votre assiduité, transcendance, conviction, passion, cad amour). Mais l’œuvre en elle-même est effet, effet d’une intention qui est à ce point dénudée qu’elle parvient à devenir cause de cet effet, de cette pluralité d’effets que contient une-œuvre (qui ne naît jamais de rien du tout, mais de l’historicité même, ayant été soi-même humilié par ses prédécesseurs, à la leçon desquels on s’inscrit ; sinon on délire).

Le devenir-cause (d’effets, dont l’unité se tient dans la conscience intentionnelle de chacun, en tant qu’il devient via telle œuvre, celle que l’on voudra, durant un moment le dit sujet, de cette actualisation qu’est la compréhension, parfois soudaine ou toujours évoquée, invoquée, puisqu’elle ne dure qu’attirée dans le faisceau intentionnelle qui ex-siste de l’œuvre) et qui laisse pourtant une trace parfois intacte, pure, brute, fulgurante (durant un moment, non temporel, « on a compris ») ; c’est bien pour cela qu’elle requiert comme tout le structurel, la foi, la conversion (à dieu, l’universelle pensée, le sujet ou le réel).

On voit bien à tenir Rimbaud, entre mille autres, que la position de la cause (d’effets) remplace dans la cervelle, précisément le cerveau, l’attachement à la satisfaction du vivant, à son intérêt primordial (survivre) par le fulgurant et soudain intérêt de penser, de voir dieu, de créer, de la liberté brute, de la poésie, détestant même les poètes, et tous les autres et tout ce qui est ; lesquels facteurs d'effets se situent hors de la dite cervelle, et donc qui en tant que positions n’existent que dans l’arc actuel de l’intention (dieu), de l’augmentation intentionnelle en réseau d'idées actuellement acquises (grecque), de l’intensité (du christique et du sujet), de la densité (telle que la révolution instancie les sujets, un par un). Raison pour laquelle ensuite « on ne sait pas ce que l’on a fait, ce que l’on a vu ou entendu, ce que l’on a décidé ».

ça n’a existé que par l’actualisation fulgurante (serait-elle une décision de « tous », lors de la révolution).

C’est seulement lorsque s’installe le monde des mois (depuis les années soixante) que l’état du monde paraît éternel et stable et totalement matériellement là, puisque toutes les intentionnalités se sont (très idéalistement) matérialisées justement (rendues effectives par le déploiement de l’énergie et des technologies parallèles conséquentes).

Ce qui est un piège.

Parce que « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi » (le christ). Et le « sans cœur » de Rimbaud n’annonce pas autre chose.

Or il est devenu si manifeste et évident .... que ce monde et cette vie, désormais vécue, par chacun, volontairement, aboutiraient, parait-il, à un accord, une convenance réciproque, une réalisation, de soi-même (ce qui se nomme « le moi »), un bonheur.

Mais la structure de conscience ne correspond à rien qui soit du monde de la vie, et donc à rien qui soit de la cervelle. Elle est hors de la cervelle, puisque l’arc de conscience intentionnel que constitue dans l’actualité de son exercice. De là qu’il soit éthique. Ce qui veut dire exigence. De même que dieu, autrefois, et le christ transformant cette exigence en une foi tout à fait spécifique ; que lui, le christ, il est vraiment le Fils. Ce qui veut dire le deuxième dieu vivant. En attente du troisième, le saint-esprit partagé en tous et chacun. Et ayant suspendu le temps de l'histoire et des ténèbres, pour l'eschatologie, le temps du présent qui réalise le royaume et la lumière (que le monde n'a pas connu, ni reconnu).

Pareillement on ne comprend pas Descartes selon la connaissance (de là qu’il sort de la métaphysique, et abolit celle-ci, puisqu’il décrit un réel qui ne tient pas dans la limitation de la pensée, ce que continuera Kant, qui, lui, a bien saisi, ou Hegel qui étend considérablement la même constatation de l’activité de l’arc de conscience, il impose même qu’il y ait une « phénoménologie », cad un champ intentionnel husserlien), mais dans la dimension du se-savoir (du signifiant qui s’estime à juste mesure, et fait bloc de par cette liberté à toute entreprise dévoyée du monde).

Et il n’y aura de révolution qu’impossible, imposant le réel de la liberté - et - de l’égalité. Sinon tout retombera dans le monde et la noirceur. Chacun se con-fiant à de faibles finalités, des bassesses. 

Et encore Sartre et Lacan (pile et face de la même pièce) qui dénoue l’analyse du je en tant qu’articulation, du corps et à chaque fois en-dehors du corps. L’arc de conscience qui est un rapport (et donc actif absolument, cad formellement et absolument, ontologiquement) est hors de la cervelle et n’obéit donc pas à la satisfaction du cerveau et du corps en tant que vivants ; l’arc est Existant et non pas « vivant » ; il retourne à la logique du corps vivant lorsqu’il ne saisit pas, ou donc n’est saisi lui-même par la transcendance de l’arc ;

L’arc en vérité se replie sur le corps et son plaisir, sa finalité naturelle, ses possibilités mémorisées comme adn ou habitudes vécues déjà, son état euphorique hormonal, ou ses pulsions (etc on a évidemment décuplé les possibilités de description, étant donné la proximité du corps vivant pour un « moi », une conscience individuée qui n’a plus un contact formel avec quelque communauté que ce soit, qui déportait l’arc de conscience vers et par le groupe), il se replie sur la logique de la satisfaction, mais il ne faut pas se tromper … l’arc de conscience n’aime pas cet état de « plénitude » (qu’il hallucine, imagine comme « jouissance », ce qui veut dire mort, inertie, passivité complète, destruction, auto-destruction)

et cet arc ne se gêne pas du reste pour se rendre malheureux … Il invente quantité de maladies psychologiques et psychiques (ics), parce qu’il existe une telle distance entre nous et nous-même que ce qui compte véritablement c’est l’articulation vers le haut (aussi impossible et hors de proportion soit-elle) mais qui trouvera un chemin inversé, vers le bas, vers le corps, qu’elle déchirera (lentement ou brutalement, de façon plus ou moins civilisée, éduquée ou barbare, individuellement ou collectivement), puisque l’arc de conscience qui se crée dans l’actualisation, sort du corps ; il se perçoit à partir de l’horizon et donc d’un corps vivant complètement brisé, coupé, sidéré, effaré et à vrai dire terrifié ; à moins précisément de transformer cette division totale (il n’est pas de « moi » avant cette coupure, le moi est tout entièrement dans la moindre de ses champs intentionnels et il en est des millions, des milliards, à partir de la coupure) et de tenter de se saisir « de ce dont le je est saisi » (par en haut ; dieu, la pensée, le sujet, le réel).

Dit autrement ; puisque l’arc de conscience se crée dans l’actualité (dans le présent brut), c’est seulement en étant saisi. Et non pas en imaginant ni pensant un saisissement ( "pensant" selon une objectivité que Lacan réinstallait dans le conscient, cad selon l’inconscient, puisque le conscient est signifiants pris dans le signifiant brut du corps coupé, et dépendant du signifiant initial, que l’on ne peut jamais ramener tel quel dans le champ, puisque ce signifiant est « le-corps », avec le tréma et les guillemets, cad autre, ce que l’on n’accepte jamais, névrose ou donc on a refusé l’articulation, psychose, de là que le réel brut inconscient envahi et se voit par l’hallucination dans la perception même), mais un saisissement qui ex-siste ailleurs et autrement, que l'on ne comprend pas, ni n'est de l'ordre de l'imagination, et ce par la foi, la conversion vers l’universel ou le je en tant que structure, statut de citoyen par ex ou artiste ou scientifique qui invente et renouvelle.

Ce qui veut dire insaisissable ; le je ne se connaît pas, il se-sait, d’un signifiant élevé, selon l’élévation, dont le christique est, pour nous depuis 20 siècles, et pour nous ici, la formule absolue ; « je ne veux plus, c’est le christ qui veut en moi » Saint Paul ; ce qui nous est absolument incompréhensible.

Mais si nous le comprenions, nous serions déterminés, nous ne serions pas libres, nous ne sommes libres que d’en-haut.

Retenons que le fait du « moi », qui semble tout à fait second, voire secondaire, est en réalité fondamental ; croit-on que l’on ait bouleversé toute société humaine existante pour simplement un effet secondaire ? Que l’intentionnalité, cad le champ intentionnel parvienne à se concrétiser si radicalement en un corps, réclame une technologie, mentale pour ainsi dire, organisationnel, totalement débordante.

Le 20éme et le 21éme. Qui évidemment se tiennent également d’objectivités ravageuses et d’idéologies effarées ou effarantes. Puisque le champ intentionnel est étiré dans tous les sens. « Le raisonné dérèglement de tous les sens », de toutes les significations, de tous les signes. Puisque seule la liberté règne et qu’elle seule trouve et seulement en elle-même le plus haut réel.

 

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