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instants philosophie

Le champ intentionnel de conscience

16 Avril 2022, 09:22am

Publié par pascal doyelle

Notre être se constitue donc d’un arc de conscience, qui s’arc-boute au monde donné là, rejoint l’horizon, et crée un champ intentionnel, lequel se construit via des signes qui découpent la perception, de sorte que l’on peut toujours ajouter des signes, et donc des perceptions, en l’augmentant de signes (on invente donc des langages, les mathématiques par ex, la philosophie, les couleurs de l’artiste, les notes du concerto, etc). Ces champs de signes s’ajoutent à cette mémorisation spéciale du vivant, l’adn, et un champ intentionnel est perméable à une partie de la perception du corps, puisqu’articulé à et en ce corps vivant.

L’arc de conscience en lui-même est un rapport ; il a rapport à. Il a rapport à n’importe quoi parce que son unité est d’être rapport à (soi), dans lequel rapport le « soi » est non pas telle identité mais est le rapport lui-même ; l’arc de conscience n’est pas relatif à Pierre ou à telle communauté ou tel langage, etc, mais c’est tout le reste qui est relatif à l’arc de conscience. Les réalités, la vie, les autres existent parce que signifiés dans le champ intentionnel.

Le champ créé via les signes qui découpent, et la perception, celle du vivant, s’incluent l’un dans l’autre. Évidemment le corps vivant influe sur le champ de signes, mais aussi réciproquement et d’autant plus que le champ de signes est immédiatement perçu et extrêmement influent et notamment dans la mesure où il n’y a rien de plus simple que de manœuvrer les signes, les mots, les idées, les représentations ; il n’est pas nécessaire de déplacer les choses que signifient les signes, et l’ampleur expérimentale est dès lors énorme ; qui redouble lorsque l’on comprend que l’on ne reçoit pas les signes tels quels (reçu magiquement ou de la représentation sacrée et donc intouchables) mais qu’il est, au moins, possible de les produire nous-même, ce qu’est par exemple la raison, la pensée, qui assiste à sa propre énonciation de nouveaux mots, d’un nouveau vocabulaire, ou lorsque l’esthétique se sépare du ritualisé et vaut par elle-même, ou lorsque l’individualité se permet de percevoir son indépendance et l’unité de sa propre vie (hors de tout statut socialisé, puisque prenant appui sur celui qui n’est pas là dans le monde, le christique).

Étant un rapport il doit toujours se positionner ; il est inquiet par structure (ou désirant ce qui est la même chose, et angoissé lorsqu’il n’a plus de désir, lorsque manque le manque).

Puisque notre être est ce rapport, et que donc « conscience » veut dire « qui a rapport et existe comme rapport », alors cet arc de conscience est toujours constamment un je, cad un sujet et ce sujet d’apparence vide et abstraite est en vérité et en réalité l’unité la plus formelle et la plus singulière. Si en effet cette unité consistait en quelque chose, en quelques déterminations, elle ne posséderait pas du tout de singularité (mais serait dispatchée en diverses déterminations, en compositions, et non pas en une singularité exclusivement unique ; le plus formel (que ce soit un rapport) est le plus réel.

Remarque ; le champ intentionnel ne tient pas parce qu’il y a des signes, les signes tiennent parce qu’il y a un arc de conscience (lequel ne peut pas être décomposé ; il « se produit » de par la cervelle vers le donné là du monde). On ne trouvera aucun signe qui « contiendrait » l’arc de conscience. De même que nous ne dépendons pas « de la pensée », mais qu’elle dépend de l’arc de conscience, aussi l’arc existe-t-il antérieurement à tous les champs de perception (découpés par signes, langages divers et variés ; l’arc est autre que tous les champs).

L’arc excède absolument, et non pas localement ; il est d’une autre nature que le monde ou les signes.

Psychanalyse ; le signe coupe le corps, coupe le corps vivant, qui n’y comprend rien ; un corps vivant est un en lui-même et perçoit le monde comme étant son « milieu » ; un arc de conscience ne perçoit pas seulement l’horizon, il se perçoit à partir de l’horizon ; il est déjà sidéré par le regard autre, et par le signe séparé de tout. La terreur ressentie est celle d’une fondamentale incompréhension, d’angoisse brute. C’est en cette incompréhension qu’il faut se jeter, n’ayant aucun autre choix ; sinon que de croire que l’on « est « , ce qui n’est qu’ne rêve, qui prend quantité de formulations déterminées ; une véritable œuvre, esthétique, poétique, contenant en elle-même son renvoi au caractère purement formel et dévoilant la bizarrerie, l’étrangeté, l’énigme ou le mystère et non pas ajoutant un nouveau fantasme d’être à toutes les autres répétitions ; l’œuvre nous embarque de l’autre côté (du monde, de la vie vécue, du corps, du regard, de l’image, du bonheur, du connu et nous tient sur le Bord, prêts à basculer, lorsque décisivement elle pointe explicitement ce basculement et cette horreur, ce dégoût, cette terreur, cette angoisse, ou cette absurde position ou cette illumination hors de toute proportion, lorsque cesse le monde, le donné ou le vécu ou la vie (tel le christ évidemment, qui Voit à partir du point-autre ou de l’autre côté).

Dit autrement et de manière tout à fait générale, la philosophie mais aussi la religion, dite révélée ou manifeste (ou donc que l’on croit ou ne croit pas) développe la vision objective , ou sur-objective ou structurelles à partir de quelques points qui viennent au jour et expriment le distances effectivement réelles et qui se perçoivent elles-mêmes ; ces distances s’installent, dans l’horizon du monde, sur le Bord du monde, comme point-autre de la vie vécue, comme distance du corps avec lui-même (coupant le vivant qui n’y peut mais), etc.

Ou donc ; soit l’humanité s’organise au sein d’un groupe, et en ce cas le groupe fait office de réalité, vérité, conscience commune, etc. Soit le procédé de conscience se soupçonne, se sait, se désigne et il se nomme dieu, pensée, sujet ou réel (ou ce qui revient au même ici, il nous est révélé en tant que tel par dieu, selon la pensée, par le sujet et vers le réel). Et comme c’est un rapport il n’y a en soi rien d’étonnant qu’il puisse, de lui-même, se placer et déplacer sur cette surface du réel ; il comprend qu’il est un dieu jaloux, étant un principe unique (formel qui ne peut en aucune manière se mélanger de « divinités », de parties du monde et donc il est créateur, etc, et ce pour la raison que le dieu unique créateur est l’initiation de tout en tant et par une Intention pure, cad un pur rapport formel), de même que la-pensée est le réseau intentionnel d’intentionnalités (les idées) qui montre le monde donné là, monde unique et universel, hors de tout groupe restreint et chacun y ayant accès mais seulement « en tant qu’il pense ».

Ou encore le christique lance le sujet de sa propre vie, cad de son corps, et se tient extérieurement à tout segment naissance-mort et se perçoit, mais via le un-tout-seul ; celui qui est mort pour nous faire-voir, se tenant en dehors, comme chacun est unique, et que donc cette unicité vaut en elle-même (et non selon des déterminations, seraient-elles de pensée) et que tous sont uniques, selon l’égalité ou l’amour du prochain ; l’unicité étant la fondation de la liberté comme de l’égalité, et l’un n’allant pas sans l’autre, mais il faudra que la liberté s’annonce elle-même, comme de juste, et par un seul ; Descartes ; tout ceci ne se comprenant pas sans l’hypothèse de la structure en tant que rapport du réel même, ou au moins de ce qui s’est toujours désigné comme « conscience », sans trop en saisir les aboutissants et les antériorités).

À chaque fois un ensemble de possibilités (structurelles) infini (puisque n’étant pas de l’ordre du fini, étant des rapports qui n’en finissent pas d’exister) se déploie.

Il n’est pas nécessaire donc que l’on comprenne, en terme de connaissances, mais que l’on sache ; le se-savoir est originel, puisque présentant (à la vue de chacun mais aussi de tous, et enfin que cette vue pour chacun soit explicite pour tous) un rapport actif (forcément, il n’y a pas de rapport inactif) qui comme il s’indique, se rapporte à lui-même et donc se « voit ». et table sur cette vue et calcule, architecture, planifie autant qu’il peut ou à tout le moins se pré-voit. De sorte que l’expression, la manifestation donc, de ce qui ex-siste entre dans le champ de perception lui-même.

Aussi la philosophie et la religion (de tout groupe qui sort de l’organisation traditionnel ou communautaire du groupe), les esthétiques et les éthiques et politiques,etc, renvoient à chacun et chacun se re-liant à nouveau aux autres ; nous sommes ainsi dans le méta.

Ce qui veut dire dans la réflexion ; on ne peut plus être seulement le contenu de conscience, mais impérativement un contenu sera dès lors toujours médié et médié via un inaccessible ; dieu, l’universel, le sujet ou le réel sont inaccessibles mais le rapport l'est également, il (se) saisit pourtant ; ou donc s’imposent comme horizons à partir desquels on peut comprendre mais que l’on ne peut pas englober ; il n’y a rien de plus grand « derrière » ou au-delà.

Techniquement l’arc de conscience lorsqu’il veut se saisir ou être saisi du réel (dieu, l’universel, le sujet ou le réel tel quel) étant un rapport « voit » bien qu’il s’adresse à. Et cette adresse il sait la dénommer ; il lui faut établir le plan, la cartographie et qui en se limite pas du tout à ce que métaphysiquement on est habitué à designer comme idée, alors que ce sont des rapports ; le rapport lancé par Descartes prend place en et par dieu, mais une version nouvelle de dieu (qui n’est plus une idée) ; la sujet nouménal n’est plus le je cartésien et se détache de tout contenu (ce que Hegel rassemblera comme deux phénoménologies, dégageant qu’il existe une « activité », mystérieuse (la négativité) qui deviendra la conscience husserlienne qui produit tout ce qu’elle touche, qui est constamment active et que Sartre dessoudera des contenus pour l’accrocher au regard, au corps, à la chose massive existante, etc, et au final, c’est sa manque, à une sorte de conscience impersonnelle, un champ universel bien qu’individué. Pareillement Lacan situe l’arc de conscience en négatif, comme coupure du corps qui produit un moi (illusoire mais très actif) et un sujet-inconscient, ce qui est vrai et réel mais non pas terminal et dans le cas de Lacan ce dispositif devient extrêmement précis mais problématique voire incompréhensible.

Dans tous les cas la réflexion (sur cet être, ou sur l’être au début) tend tout à fait validement à une sur-objectivité (pour la distinguer de l’objectivité ou des objectivités qui viendront ensuite, scientifiques) ; elle sait véritablement signifier ce qu’elle voit (et voit parce que rapport qui saisit ou est saisi de rapports, il n’y a en quelque manière aucun mystère, sauf que la structure « en rapports » du réel est en elle-même absolument énigmatique ou mystérieuse ou effarante).

Donc s’approfondit la conscience que l’on a de la conscience en son exclusivité « technique », qui est devenue de fait ontologique et non plus métaphysique (l’ontologie effective agissant ici même et maintenant, comme Descartes qui montre à chaque je qu’il est un je.

Dès lors et puisque l’on tient que la réflexion est sur-objective, ce qui s’est déroulé depuis dieu, l’être (le bien, la pensée de la pensée, le un, etc), le christique et le sujet, le sujet (cartésien) et la révolution, la révolution et l’humanisation puis la personnalisation, cette réflexion doit être tenue, en ces descriptions, tout à fait exacte et cohérente ; la réflexion s’articule sur l’expérimentation et ce rapport qu’est l’arc de conscience est cette expérimentation. D’une part.

Et d’autre part cette expérimentation est une épreuve, la preuve de nos décisions et de ceci la manifestation de notre attitude face à l’existence ; étant entendu que l’existence est « l’être », tout ce qui est, et en l’occurrence ici tout ce qui est possible ; il n’y a rien en dehors du positionnement que l’on adopte face à cette question, la seule et unique. Puisque c’est un rapport il n’est pas sans que l’on y soit.

La décision n’y est pas effet de la volonté mais de l’intention, laquelle doit être nourrie ; elle ne naît pas de but en blanc, elle doit se motiver et devenir en elle-même ; il faut tenir au christ, dieu, la pensée, le sujet, y tenir lors même que l’on n’y croit que difficilement ou que ces stratégies immenses nous paraissent si horriblement difficiles ou surhumaines ou abstraites ou vides, etc ; parce que la vie vécue et le monde semblent si riches d’eux-mêmes, multicolores, et manifester la vraie vie chatoyante. Il est donc un degré de certitude, ou si l’on préfère d’exigence qui évite que l’on tombe totalement dans le monde ou le vécu ; ce qui est très grave dans la mesure où le moi, la personnalité, la personnalisation ne tient (face à la vie et aux autres, et soi-même) que par le désir ; puisque notre être est un rapport et qu’il se meut et qu’il ne se meut que de désirer (de là que le libéralisme soit un succès, qui propose quantité d’objets de désir) ; et on ne désire que si l’on y croit ; on croit que l’objet « est » ou que soi-même on récupérera les propriétés magiques de cet objet tous plus simplement que l’on sera satisfait.

Ne pas croire à cet objet, comme satisfaction rêvée, ou à son être, sa pesanteur ontologique supposée (l’être massif, au fond tel une idole) c’est soupçonner une insatisfaction fondamentale et commencer de se demander à quoi elle peut bien correspondre ; rien du monde ou de la vie apparemment. Et c’est commencer d’ourdir un plan B, qui envisagera de solutionner l’équation de l’inadéquation, et ce dans le meilleur des cas puisque le moi (recherchant alors une stratégie explicative, ou une signifiance hyper efficace, comme dieu ou la poésie ou l’éthique, ou la révolution), qui repose sur soi, comme centre, risquera de s’en vouloir, de se détester, déprimer, désespérer, et aura plutôt tendance à s’en prendre à lui-même, à désespérer de sa capacité, plutôt que d’élaborer une interrogation soutenue qui déplacerait, cette fois, le réel hors de la réalité (puisque la réalité n’y suffit pas et ne correspond pas).

Le problème est celui-ci ; si le bonheur n’est pas dans le monde, alors il existe autre chose que le monde. Aussi la perspective ouverte par le christique est en vérité bien plus ample que celle qui se schématisera comme volonté (du sujet lui-même caricatural) qui viendra écraser l’intention, ce sur quoi et à partir de quoi nous interroge le christique ; c’est pour cela qu’il initie toute la suite et que les suivants dans la mesure où ils voudront analyser et penser et prendre conscience se restreindront à définir abstraitement une structure qui se révèle (que l’on croit ou non, que l’on ait la foi ou non) qui se révèle pourtant originellement en tant que vivante ou si l’on préfère Existante.

Ce qui n’est pas un reproche ; il est normal que Descartes dé-couvre la structure (qui existe « là » et dont il tente une visibilité très lucide, mesurée, attentive) ou que Kant parvienne à circonscrire le croisement de la phénoménalité et du transcendantal ; Husserl, Sartre, Lacan avancent sur la ligne de structure du « sujet » qui obtient par là évidemment beaucoup d’aperçus, de perspectives, de techniques de résolution, partiellement à chaque fois, puisque cet « être », de structure, est de fait originel et antérieur ; antérieur à tout, créant des champs intentionnels d’une part et d’autre part s’incrustant un, et par, un corps vivant.

 

Dit autrement, il est une découverte constante depuis le début (de dieu à Lacan, de la nation, juive en l’occurrence qui se regroupe autour et par une Intention, au moi non pas coupé en deux mais qui naît de la coupure, de sorte qu’il ne pourra pas résoudre cette scission de haut en bas, mais s’y adapter ou mieux de basculer cette scission vers un je, le je de son moi, le je en plus, qui ne résout rien à proprement parler, mais qui donne à cette conscience une capacité, une possibilité et donc une stratégie ou une motivation, d’exister, compréhensible, même si inaccessible ou structurelle ou formelle (dieu par ex est inaccessible ou le nouménal est de l’autre côté du réel, en conséquence de quoi la phénoménalité kantienne n’est plus le réel mais la réalité, et ainsi de suite, le pour-soi de Sartre se retrouve dans la visibilité et la chose devient en-soi, obturée ; on voit à quel point il s’agit de dessiner une cartographie (et non plus un système métaphysique d’idées, qui lui-même à sa manière était une carte, de « ce qui est », mais à sa manière).

Une cartographie parce que quittant la métaphysique (avec Descartes et Pascal pointant, lui, le « moi », première fois philosophiquement) il s’agit d’un rapport qui se situe sur le réel ; et que tout est ici même et maintenant, constatable, expérimentable (même difficilement et jamais complètement, puisque l’on a quand même affaire à la structure du réel-même, autant que l’on a accès en tout cas)

et que cet ici même et maintenant est donc bien plus complexe qu’un simple « là ». C’est entrer dans l’organisation de ce je au monde, de ce je au corps vivant, au moi, au vécu ou à la pensée ou la révolution (cad en fait l’organisation du monde humain réflexivement, par une Constitution, c’est ce que signifie, comporte la-révolution), et cette organisation s’accomplit à vue et en sa propre vue, activement, existentiellement, volontairement si l’on y tient ou intentionnellement, qui est « une plus longue volonté », qui doit installer des signes ; on doit y exister manifestement, explicitement, de même que le christique a pu placer au-devant l’individuelle existence (et reconstruire sur cette base un groupe humain qui-se-sait, le St-Esprit par ex, la communauté, et qui aura diverses interprétations, le roi, la nation, et donc dans ce système magnifique de reconnaissance de chacun par tous et de tous par chaque un, soit donc liberté-égalité-fraternité, sous condition qu’un minimum soit alloué, qui puisse réguler la concurrence de tous contre tous).

Le champ intentionnel n’est pas seulement la « technique » que la réalité, le réel, le perçu ou le monde ont inventée, elle est une organisation méta, et par méta entendons ‘qui-se-sait’ et ne peut exister que dans, par et pour ce se-savoir ; comme Descartes ne peut avancer sans la structure du rapport à soi du rapport, seule certitude mais totale, puisque le réel et notre être sont en forme de rapport et donc l’énonçant on ouvre à tout le possible, le renouveau possible, de même que le christique ouvre toute la possibilité de la conscience (située en-dehors du monde et du vécu) et qui ainsi perçoit tout le monde et tout vécu à partir de ce point-autre (qui n’est plus ‘là’); le vécu de qui que ce soit, assumant une position absolument, cad formellement, universelle, encore plus universelle que la seule pensée (qui ne l’est pas moins,,universelle, évidemment). La Constitution c’est non pas le règne de la raison, mais de la liberté ; chacun est à lui-même son jugement (à propos de bien au-delà des limites du rationnel ou du raisonnable, c’est l’auto-organisation du champ de chacun, au su et au vu, et en vue, peut-être, de tous).

Puisque le champ (intentionnel) de chacun devient un champ intentionnel organisationnel ; et donc tellement réactif, très détaillé, précis, investissant tout et partout, la marchandise, la production, l’image, fonctionnant comme signes, et donc invariablement idéaliste et ne s’y retrouvant au final jamais, puisque ça n’est pas l’idée qui nous démarque mais l’arc intentionnel, qui doit, aurait dû développer sa propre stratégie et non pas se laisser dévorer dans toutes les réalisations, qui confinent au n’importe quoi par ailleurs ; tout désir étant validé idéologiquement du seul fait qu’il soit ‘désir’, comme si le monde expliquant le monde, le passé expliquant le présent et le futur, le donné causant le donné, alors qu’en vérité tout n’existe que tendu vers le possible réel.

Or donc notre être n’est pas le-désir, qui n’est qu’un signe ou une découpe spéciale parmi d’autres, et ne permet d’inventer que de petites tactiques et non une stratégie. Le-désir est le signe adéquat de cette idéologie spéciale qu’est l’économie en tant qu’idéologie du corps, du corps bien sûr non seulement fantasmé (et en quantité!) mais présupposé selon un naturalisme, un réalisme, tous purement hypothétiques et composés de ceci et cela, parce que notre être est peut-être le champ intentionnel ou l’esprit hégélien ou l’âme gnostique ou la personne chrétienne ou le prolétariat ; ce « désir », ce « corps à moi » (et donc ce bonheur ou cette satisfaction) sont uniquement des constructions, à finalités idéologiques qui ordonnent le champ (des échanges, des représentations, de la société du spectacle, simulant un champ intentionnel actif, faux donc et contrôlé, dans la passivité engorgée d’objets ou d’images d’objets ou de corps, lorsque le réel fut repoussé par le fantasmatique, et pas seulement sexuel bien sûr, c’est quasi intégralement que l’activité intentionnelle, et donc l’arc de conscience, fut absorbé, happée, dévorée par l’image, remplaçant le monde, le donné, le vécu et le corps, cad toute stratégie au profit de tactiques plus ou moins minables).

On a créé ce que l’on a nommé « idéologies » afin d’ordonner le dit champ intentionnel qui, constitutionnellement (et philosophiquement et poétiquement, etc) s’est imposé comme Fait majeur, et qui devait se traduire en effets, en concrétisations, en réalisations. Mais le champ structurel originel est toujours là, par en-dessous, et seul réel (les effets se plaçant comme réalités et donc au final véritablement insatisfaisant, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne soient pas distrayants, agréables, parfois réussis).

Et ainsi accessible toujours à tout un chacun. À condition de relancer dans un se-savoir beaucoup, beaucoup plus que les apparaîtres multicolores ou délirants. De réintégrer l’historicité et ce que cela signifie, implique, délimite, ou ce que cela illimite vraiment ; récupérer ce que les je précédents surent élaborer. Et « illimite » non plus au sens d’infini, d’éternité, d’absolu, de substance, ou de fantasmé (par quoi l’imaginaire de l’être comble le concept abstrait de l’être) ou donc selon l’être métaphysique (que l’on était bien en peine de situer à vrai dire), mais illimite en ceci que l’on peut dès lors pointer la carte d’émergence du réel, du formel ; c’est ce que veut dire, implique la révolution cartésienne ; il pointe du doigt là où cela se passe, transformant la métaphysique en ontologie ici et maintenant.

Si cela se passe ici et maintenant, cela indique la structure de la transcendance ici même, amenant à signifier la structure qui, par ailleurs et précédemment, se donnait comme l’infini, le divin, le substantiel, le un, séparé et hors de la réalité. Et dont on sait en même temps qu’ils n’étaient pas si séparés que cela, et que cette fois-ci on va savoir /voir le passage entre la forme (le réel, l’indéterminé) et les contenus (les réalités déterminées ou les identités humaines, et personnelles).

Et ce passage c’est ce que précisent Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan (et les autres variations que l’on ne nomme pas toutes).

Aussi les recherches ayant eu lieu s’attachent à l’explicite, puisque chacun s’aperçoit ou pressent ou soupçonne ou suppose cette articulation de l’infini (en tant qu’un « rapport » est une structure, étrange de fait, dont la fin, le terme n’est jamais acquis, achevé, clos, sinon il cesse), qui, de toute manière, est incluse dans le rapport même ; dont l’interrogation interne veut s’explorer.

Si Descartes initie le rapport même, Kant le situe, Hegel développe ses deux phénoménologies (puisque tout s’est donné tel quel, sans secret, mystérieux en lui-même mais sans secret), hsueerl remonte le caractère phénoménologique (mais demeure attaché aux contenus, idéalistes), Sartre libère le rapport de conscience (au corps, au regard, au monde, à l’en-soi, à l’historicité, marxiste en l’occurrence et acte la position cartésienne, sauf qu’il n’en constitue pas un je, mais un moi dans le champ intentionnel universel bien qu’individué, il est individué techniquement mais pas investi, tandis qu’ici, pour nous, il est individualisé et absolument je), et Lacan resitue le rapport comme évidemment scission du corps vivant (un moi-imaginaire, et un vrai sujet-inconscient). Nous nous sommes avancés très loin dans le repérage cartographique de l’arc de conscience. Au moins techniquement, et pourtant très difficilement sommes-nous parvenus à réinvestir le très haut degré christique d’une part et d’autre part la singularité qui s’ouvre en elle-même chaque fois qu’un je se prononce et ajoute à son rapport l’actualité de son se-savoir, et s’inquiète. Se demande où cela s’avance.

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