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instants philosophie

Passion

14 Mai 2022, 07:12am

Publié par pascal doyelle

L’amour invincible du purement formel désignait la compréhension, parfois soudaine, et toujours en terme de conversion (vers dieu, la pensée, le sujet ou le réel), la compréhension donc que le réel ne se constitue pas de contenus ou de déterminations, mais des rapports.

On a donc dit que dieu manifeste l’intention pure et simple antérieure à tout ; que la pensée retisse le monde donné-là dans un réseau intentionnel (les idées et les systèmes) ; que le christique instancie l’intention en et par chacun face et par le regard unique du un tout-seul et l’égalité de tous ; que Descartes impose la liberté de l’intention que chacun existe (dans le cogito impérativement éprouvé, par qui que ce soit) ; que la révolution déploie organisationnellement l’égalité et la liberté en une seule fraternité (rendant les rapports entre tous et d’avec soi-même absolument, cad formellement lisibles).

Ceci reposant sur cette évidence que l’arc de conscience de chacun est un rapport. Tout ce que nous sommes, serons, est pris dans le rapport ; puisque c’est un signifiant qui origine le moi (et l’inconscient et tout le reste). Il n’est rien qui échappe au rapport ; le corps lui-même, ce vivant, ne nous apparaît que dans les entrelacs des signes et signifiants, des champs de perceptions et du relationnel (qui n’existent que dans le champ des signifiants ou au travers, parce que l’on perçoit le bleu avec ce qualificatif mais c’est ce-bleu-là que l’on perçoit).

Que ce qui est désigné comme intention, et donc dieu, l’égalité christique des personnes humaines, mais aussi la liberté cartésienne de chacun, se déduit de la notion absolue et formelle de rapport. Être soi c’est tenir ledit rapport, lequel étant mouvement est tension (et tension rendue possible par le corps en tant que vivant, en tant qu’électricité en somme ! ) et ce qui est tension se prête comme désir ou intentionnalité, comme rapport entre ceci et cela.

Ce qui est en rapport est une tension ; elle naît et sort de la cervelle, mais l’important (ici) n’est pas sa matérialité ou non (on se doute que l’arc de conscience existe matériellement, où voulez-vous qu’il soit, mais on doute aussi qu’il se limite à celle-ci ; puisque cet arc produit, forme, crée un rapport, lequel étant un rapport, est-avec-lui-même ; et c’est cet avec-soi qui compte ; et qu’il faut catégoriser, délimiter, définir, impliquer. Cet avec-soi définit et délimite (les deux, et c’est fondamental) un lieu qui s’appartient, lors même qu’il serait la plupart du temps empli de déterminations hétérogènes (le « bleu » est dans le monde, et rien, à part les relations, les rapports, signe/perception, signe/signe, etc, ne vient de la conscience) et ce lieu, du rapport, qui s’appartient, peu importe qu’il naisse de la cervelle… puisqu’il devient sa cause, et son effet. peut-être pas immédiatement (quoi qu’il existe une fulgurance soudaine lorsque l’on s’aperçoit exister, quelle que soit son occasion, son prétexte).

Il devient sa cause parce qu’il est un rapport qui, seul, permet de re-venir sur le début (de quoi que ce soit) et qui s’impose (toujours « plus ou moins ») comme reconditionnement de la réalité, puisqu’il la porte en tant que re-présentations ; ce qui aboutit à la destruction, possiblement, de tous les milieux, étant à lui-même, comme rapport, son mi-lieu, ce qui veut dire l’horizon de tous les milieux, en tant que l’on ne perçoit pas seulement l’horizon, mais que l’on se perçoit et perçoit tout à partir de l’horizon.

La structure de conscience est hétérogène, à tout. Elle ne se reconnaît dans rien qui soit du monde, du donné, de la réalité ; et comme c’est un arc tendu elle vient du futur, ou si l’on préfère de ce qui est possible ; aussi interroger le passé ou donc le donné tel que là, la réalité ou la vie vécue, revient à percevoir à partir de ‘ce qui sera’ (dont on se souvient qu’il s’agit du nom même de dieu ; je suis celui qui sera ou plus exactement « celui qui est en cours de devenir »).

mais outre cette performance déjà tout à fait étonnante, il faut insister sur l’architecture qui s’élabore ; cette mise en jeu du possible dans l’intentionnalité requiert une structure une, qui garantit que des rapports existeront parce qu’existe un rapport à soi (du rapport), par lequel il s’identifie et dans le champ intentionnel se place et se déplace ; en fait c’est une véritable architecture qui s’impose ; en se nommant, se désignant, elle doit se signifier, dieu, pensée ou être, sujet ou moi, révolution ou réel, etc et toutes les variations, de même qu’un moi doit se porter lui-même dans sa propre vue, d’une manière ou d’une autre, et souvent sous un prétexte, un porte-nom qui n’est pas plus interrogé que cela, qui se délaisse et ne veut pas, en vérité, se tenir dans sa propre vue et encore moins se percevoir dudit horizon ; ainsi ce qui ne veut pas se voir, hait la lumière.

On sent bien, autrement dit, que nombre de vérités se sont présentées au fil des temps.

Pareillement et pour adopter un autre point de vue sur cette Architecture (structurelle), ajoutons l’actualité ; l’actualisation c’est ce que l’on nomme la foi décidée ou la pensée qui se comprend comme pensée (la pensée de la pensée) ou l’évidence solaire du Un comme source  ou celle de l’être (comme unité ou union, entre autres) ; Il se dessine quantité de faisceaux directionnels qui rendent presque accessible le rapport premier qui inclut tous les rapports, mais on ajoute également que ce rapport, et si on le respecte comme tel, vient d’en avant ; puisqu’un rapport d’abord est actuel (un rapport inactif est contradictoire), et ensuite puisqu’il prend appui sur ce qui n’est pas.

C’est bien pour cela qu’il ajoute à. D’abord il a ajouté des mondes humains au donné là naturel, mais de plus lorsqu’il prît conscience qu’il produisait ces ajouts, et qu’il s’est ou qu’il fut constitué selon dieu (cad selon la seule intention, qui est hors monde et donc crée le monde, tout ce qui est), ou qu’il comprend qu’il peut définir des idées qui permettent de percevoir encore plus du donné (et donc plus de données, en plus du groupe et du langage commun) ou qu’il devient lui-même en son unité et individualité de rapports vécus en un corps et par une vie et selon un domaine individuel qui utilise l’universalité, et existe donc plus que l’universalité. Rappelons que l’on a inventé, créé un domaine plus grand que l’universalité, à savoir la singularité du je ; le rapport qui contient tous les rapports (et qui est lui-même compris dans un plus grand ; dieu ou le réel).

Si on tient le rapport du je comme le plus grand (que l’on connaisse, que l’on expérimente) on ne peut pas percevoir ce qui existe tout au bout, tout au bout du rapport ; la rature même du « rapport » étant étrange, on en déduit que la plus grande de toutes les possibilités (ce pour quoi il existe une telle sorte d’être, qui n’est pas un être, à savoir qu’il ajoute à, ajoute à tout donné, tout passé, tout acquis, toute réalisation) est une infinité d’infinités.

Lorsque l’on dit « la conscience de Pierre » on croit sous-entendre qu’elle appartient à Pierre et réside en son identité ; « pierre » serait cette conscience-Pierre, son moi. Une sorte de qualification vague et abstraite. On dit ici que « conscience » désigne une structure qui vaut en et par elle-même.

Elle n’appartient pas à Pierre, c’est Pierre qui appartient à la conscience qu’il est. En chacun l’arc de conscience dresse une dimension absolue, puisque formelle, et si il n’est « typologiquement » si l’on peut dire qu’une seule sorte de « conscience », mais à chaque fois singulière, et ce pour la raison qu’elle est un rapport qui ne peut pas être divergé, dérivé, copié ; l’arc de conscience est en lui-même singulièrement le rapport qu’il est. C’est son unité qui confère à une vie qu’elle soit un moi. Sans cette unité, qui est une unité de rapport (et non une substance) le moi ne serait sous en tension et sans cette tension il ne serait pas ; aussi doit-il s’alimenter toujours d’un désir ou d’un champ de perceptions ou d’une intention.

Parce qu’il est un rapport le moi existe comme mouvement, qu’il tient de son unité formelle, l’arc de conscience ; il n’existe en vérité d’unité que formelle, qu’en tant que rapport ; tout le reste est composé. Et lorsqu’il sait cette unité formelle, il se nomme (de lui-même) « je ». Un moi toujours se-sait (bien qu’il situe cette unité comme transposée de manières diverses et variées), mais le je se-sait en tant que structure ; la pure affirmation de soi de Nietzsche, ou l’Être de Heidegger (qui n’est aucun étant), ou évidemment l’originel je cartésien jusque Sartre et Lacan qui analyse cet arc de conscience, sous sa dernière formulation d’intentionnalité et selon l’inscription de cette intentionnalité (qui est en tant que signifiant) dans un corps vivant qui n’y comprend rien (les affects étant les manifestations sensibles par lesquelles ce corps tente de s’approprier les vues, perceptions, les visions que créent l’intentionnalité en ce corps.

L’angoisse ou l’illumination, la certitude ou la prévisionnalité du possible, soit donc savoir que l’on va tenir une vision avec continuité de telle sorte qu’elle s’instancie en ce corps vivant, en bref la « passion », la passion au sens où Descartes (et ensuite Spinoza) ont tout à fait saisi que l’inspiration ou l’esprit, la pensée ou une stratégie véritable (prenant pied dans et par un corps individué, puisque pour eux dès lors il s’agit moins de la pensée, grecque ou théologique, que d’un sujet qui doit s’y investir), que donc le - structurel agissant - doit envahir ce corps-ci, plus ou moins (puisqu’il restera un corps vivant naturel, évidemment, doté de ses passions naturelles et immédiates). Et ainsi on comprend, on admet que la passion structurelle (de même l’esthétique ou la poésie, ou la politique, etc) ait à s’implanter en un corps, en une vie ; ce que par la suite Heidegger ou Lacan (durant un temps) pourraient nommer authenticité, mais terme que l’on ne reprendra pas du tout ici, parce qu’il est hors de question de croire qu’une telle « authenticité » soit effectivement réalisable, déterminable, actualisable comme telle ; c’est pour cela que l’on en reviendra à plus véritablement la Grâce (que l’on soit chrétien ou non, que l’on croit ou non, il s’agit ici d’un repérage catégoriel, universel donc et structurel, qu’il soit fonctionnel ou dimensionnel, en ce dernier cas relevant d’une verticalité réelle, soit donc le présent comme dimension).

La grâce plutôt que l’authenticité parce que la grâce nous vient du ciel (ou de l’intuition de structure qui soudainement est aiguillée en-avant, vers la possibilité pure mais plus certainement brute et violente en son ontologie c’est entendu, non en tant que violence du monde) ; et que chacun livré à soi seul ne peut pas atteindre, accéder au structurel ; ou comme il est dit, on en est saisi, on ne le saisit pas.

Pareillement Lacan s’aperçoit que l’on ne peut pas et qu’il ne faut pas viser une « libération »… qui ne viendra pas comme tel ; on obtiendra un soudain (ou pas) regard externe qui dénouera le moi, la ligne des signifiants (afin que le désir puisse continuer de s’écrire, ce qu’il faut entendre plus généralement ; afin que l’intentionnalité récupère un laps de temps, un écart, une petite distance et s’assouplisse) ; on obtiendra un « on peut alors faire avec qui l’on est », ce qui est déjà pas mal.

Authenticité est un rêve et renforcera le moi (cad le nœud noué, de même que la psychologie « objectiviste », du moins est-ce la critique de Lacan, le renforcement d’un « moi fort » fausse le « vrai désir » ou ensuite « la possibilité des désirs » ou des intentionnalités ; et notamment, pour nous, ici, la libération du je en un moi, de son je à lui n’oriente pas du tout vers un naturalisme mais précisément vers ce que l’on ne cesse d’invoquer et de récupérer ; dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel ; on prétend, ici, que ce qui manque au moi (qui peut bien tenter de se retrouver selon sa vie, le monde, autrui, etc) ce qui lui manque ce sont ces capacités de structure, ou ses possibilités structurelles, ces intentionnalités stratégiques ; qui sinon tournent en tactiques toujours plus dérisoires ; parce que si dieu, la pensée, le sujet (christique et ensuite cartésien), le réel sont des infinités brutes, par contre s’orienter vers le monde s’use au fur et à mesure et se dégrade. En sen inverse on dira qu’il n’est de sortie du moi (ou du monde, mais également autrefois du groupe, de telle communauté, de telle idéologie) que vers-le-haut ; il faut que le moi vrille vers le je, lequel existe en-avant, dans le possible brut,

et ce possible n’étant pas du monde (qui tombe vers le bas, toujours) réclame une catégorisation structurelle ; le christ n’est pas du monde, mais verticalement ; le je cartésien n’est pas l’étendue ; le sujet kantien est transcendantal et autre que toute la phénoménalité ; le nietzschéen s’en vient d’une Volonté qui est Autre (structurellement, de même l’Être de Heidegger, surhumain ou inhumain, bien ou mal c’est à voir) ; la pensée, universelle, est Divine et évidemment dieu, l’intention pure, est hors de tout (elle existe formellement et non pas selon quelque détermination que ce soit). Le caractère « éthéré » que l’on semble conférer aux grandes stratégies n’est pas du tout éthéré, mais absolument réel, ce qui veut dire formel. Et des millions de conscience ont pu, au cours des siècles, « croire » ; en dieu, au christ, à la pensée et au Un, à l’universel et à la révolution, au sujet et la liberté et égalité, mais aussi à la poésie.

D’où vient que l’on se confie à ceci ou cela ?

De par la passion.

De par l’identification d’un nouveau corps. Une autre surface du corps, celle couverte de signes nouveaux et infinis ; autre puisque perçue du dehors, d’en-avant, du possible brut. Ou un autre corps, de par le tomber amoureux du moi, qui sent bien qu’il se joue quelque réel toujours constamment là.

Il est archi évident que La Passion du Christ n’y est pas pour rien. Laquelle est intégralement élévation, de A à Z, des pieds à la tête, du début à la fin (qui n’a pas de fin).Il s’agit de l’incarnation. Soit donc le corps entièrement dévoué, le serviteur, et le libérateur.

Parce qu’il est absurde d’annuler le christique au nom d’un corps naturel. Il n’y a pas, n’y aura jamais de corps immédiat pour un être humain, lequel est, au choix, né du signifiant (qui coupe le dit corps de haut en bas, et ensuite seulement s’installe un moi) ou de l’arc de conscience intentionnelle (ce qui revient au signifiant mais par l’autre bout, le plus réel et vrai, celui qui vient d’en-avant, du possible, du présent en tant que possible).

Croire en un corps immédiat et naturel est l’illusion, un rêve rêvé (l’imaginaire qui apparemment libère le moi mais en fait l’enferme indéfiniment dans le circuit des images).

On comprend bien que l’on expose ici une ascèse, qui n’est du reste que redevable de tout ce qui eut lieu, de tous les sujets, les je qui menèrent leur capacité spécifique ; et qui purifie au fur et à mesure le lieu et l’activité propre de l’arc de conscience ; qui est hors corps et hors imaginaire, hors moi subjectif et groupe objectif ou de quelque objectivité que ce soit, qui fixe, fige la réalité, hors imaginaire et identité, mais récupère le singulier je à l’état brut ; c’est parce qu’il a dominé la poésie qu’il est devenu Arthur Rimbaud (lors même que ce lui fut tellement impossible à tenir, et qu’en vérité seul le christique sait jusqu’au bout, c’est pour cela qu’il est le christ et qu’Arthur en fait si grand cas, le damné, mais le temps d’une saison). On n’est pas moins le je que l’on existe ayant absorbé tout ce qui peut l’être, y compris l’universel ; la vue que l’on obtient alors, au bout des possibles, des domaines du monde, est la Vision.

On n’est pas moins je lorsque l’on accède à la stratégie de structure ; comme on a déjà dit « C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.»

Ce qui donne pour chacun un regard libérateur ; par exemple, que l’on va s’égarer, quoi que l’on fasse, mais cela n’importe pas si l’orientation de l’activisme de structure est tenue. De même si Rimbaud incruste en son corps, le corps divin de Génie, la poésie c’est afin d’accélérer toute espèce de process, de processus, de vitesse d’acquisition, sinon il faudrait réfléchir, comme un universitaire sur les textes de Rimbaud, tandis que par la vitesse acquise via les nerfs ça se transmet comme perceptions, visions, illuminations.

L’instruction élevée des stratégies de conscience, qui viennent d’en haut, non seulement se substitue à la finalisation du corps donné (qui tombe vers le bas, vers telle pseudo ou inutile satisfaction), mais impose, par intuition transcendantale, structurelle une seconde spontanéité, dont on se doute bien qu’elle ne se maintient pas aisément, mais il suffit d’une seule illumination (au cours d’une vie vécue), illumination d’en haut, pour qu’elle soit inoubliable.

Ce je (ce moi devenu son je par un bout inoubliable mais à peine possible) cherchera à produire les intentionnalités, à tisser ses capacités (ce qui est rien moins qu’évident, puisque « les possibilités ne sont nulle part », ne sont pas de l’ordre de l’être, mais de l’ex-sister), cherchera les champs intentionnels susceptibles de relancer constamment la capacité cachée, pliée, qu’il faut déplier, qui doit propager son inscription dans ce corps vivant (qui ne comprend rien) et en cette vie vécue (qui part dans tous les sens immédiats, et ce d’autant plus que depuis 2 siècles nous avons démultiplié les réalisations dans le monde, le relationnel, et que nous nous y perdons). À condition qu’il puisse hisser ce corps, qui n’y peut mais, dans l’élévation.

Jusqu’à la fascination, au point que le moi du je tourne fou, égaré, en rond. Comment retrouver dans le monde de la vie vécue le court-circuit structurel ? On ne peut pas.

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