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instants philosophie

Interprétation de l’infini

25 Juin 2022, 08:55am

Publié par pascal doyelle

On envisage le présent comme la structure au travers surtout par laquelle tout apparaît, tout se maintient, tout devient. On envisage l’arc de conscience comme la structure qui ouvre tous les champs intentionnels, qui donnent accès au monde donné, à l’humanisation et au vécu. Le présent comme la dimension unique et exclusive qui seule existe, la cause de tous les effets mais de plus le présent comme étant cela même qui devient (toutes les choses et tous les êtres sont, de leur nature finie, ce qui veut dire déterminée).

Il se peut qu’il n’est de réalité que cet étalement de choses et d’êtres (que l’on nomme aux dernières nouvelles, univers), qu’il n’est rien que la matérialité ou l’énergie. Cette hypothèse n’annulerait pas ce que l’on propose ici ; elle réduit juste l’ampleur de ce développement de structure du présent et du Possible ; au lieu d’une description dimensionnelle on n’admettrait qu’une description fonctionnelle ; différence entre (dimensionnellement) « l’axe de fonctionnement du réel se dresse unanimement et unilatéralement en tant que forme absolument formelle mais effective » d’avec (fonctionnellement) « le réel fonctionne sur l’axe de la structure du présent et de la structure de conscience ».

Autrement dit dans le premier cas (le dimensionnel) l’arc de présent et l’arc de conscience instruisent le réel de la réalité et tiennent en tant que tels, il existe un point absolu (la « fin des (du) temps ») qui perçoit, qui voit tout ce qui est et c’est ce point dernier, au bout du temps (ou de tous les univers) qui se transforme, tout au long des réalités.

Dans le second cas la réalité fonctionne selon une articulation du présent d’une part et de l’arc de conscience d’autre part.

Ou donc le Possible existe comme structure fonctionnelle (le réel qui articule la réalité) ou comme structure dimensionnelle (le réel existe en lui-même et constitue la cinquième dimension, la seule qui soit réelle) ; chacun choisira.

Inversement la raison de douter que la réalité soit cette « matérialité » (ou cette énergétique) est très simple et reprend en quelque manière la validité ou l’invalidité de la problématique finitude/infini.

Étant entendu que cet univers (qui fait office de réalité globale, pour nous) est un tel déploiement d’énergie et de matérialités, à quoi servirait cette dépense fastueuse qui n’aboutirait qu’au presque néant (le refroidissement et la dispersion et le déchirement physique de la trame de cet univers) ?

Il paraît a priori absurde que l’énormité, le gigantisme de la réalité ne parvienne au final qu’à la dispersion et la nuit. Une sorte de pétard mouillé. Puisque dans les ténèbres de la fin des temps physiques plus personne pour se souvenir de quoi que ce soit, non seulement de moi ou de vous-même, mais de Mozart ou Rimbaud, aucun souvenir, néant, rien du tout, nada.

Ce qui semble quand même d’une absurdité, d’un ratage, d’une inutilité totale. Et hypothèse terminale négative que l’on ne retient pas (si c’est pour affirmer le grand néant du bout du monde, ça ne servirait pas à grand-chose)

on admet ainsi l’autre version à savoir que la mémoire du réel, de « ce qui a eut lieu », de ce qui vaut la peine, de la conséquence des actes (Kant par ex), de la possibilité toujours re-commencée, du grand Commencement en tant que véritable réel et véritable principe,

on admet donc que cette affirmation absolument positive du réel comme dimension qui emplit tout le réel au point de jouer du devenir continuel et continué du réel (inversion de toute évidence « immédiate » de laquelle voudrait nous convaincre notre monde réaliste ou naturaliste)

on admet ainsi que cette affirmation absolue est la substance, ce qui veut dire le mouvement-même, du Possible pur et brut.

Possible, mouvement, rapport, présent décrivent la structure du dit devenir, en somme le devenir du devenir en ceci que la finalité n’est pas d’aboutir à un « état inerte » de la réalité (un Ordre accompli ou une dispersion dans les ténèbres) mais d’agrandir toujours plus avant le possible même. Comme on va voir.

 

Tout « ce qui est » est ainsi suspendu dans l’unique présent qui active tout ce qui fut, est, sera, et se dresse en lui-même comme feuilletage de toutes les réalités, entendons de toutes les différentes versions de la réalité.

En quoi le présent est la Dimension (la 5éme) qui est instantanément toujours « là » et qui déplie constamment la même réalité selon diverses feuilles de réalités (qui sont des séries, des systèmes de rapports, dans lesquels se rendent réels les rapports que sont les arcs de conscience ; il n’est pas de consistance dans las réalités, l’unique consistance est celle qui lit les champs de perceptions).

Selon le présent il est donc une réalité brute et inachevée mais également une réalisation intégrale de tout le possible à la fin du temps, soit la succession des possibles manifestations, des manifestations possibles au cours d’une pluralité temporelle, qui n’est pas cependant selon le temps ou les temporalités mais en vue de rapports, qui seuls existent.

Il est évident que si l’on « oublie » que le réel est constitué selon les rapports, cad les mouvements, on tient les choses et les êtres pour seuls réels, solides, en dur ; mais qui ne sait qu’ils sont insaisissables et s’écoulent entre nos doigts, et disparaissent constamment ?

Donc soit le réel est l’ensemble des mouvements, mais alors il faut amener la compréhension de ces mouvements tels et comme ils existent (en tant que mouvements et non chosifiés),

soit il faut accepter que tout est destiné à la disparition.

Que le réel soit un possible brut, et donc l’ensemble des rapports, nous est accessible puisque précisément la structure de notre exister est un tel rapport ... il faut donc que la conscience saute des contenus à, vers, pour ce mouvement qui crée (quantité) de contenus (mais n’est contenue elle-même par aucun).

Aussi tout nous échappe-t-il sauf si le mouvement nous saisit (rappel ; on ne peut pas le saisir, sinon de le transformer en contenu). Le mouvement ; dieu, la pensée, le sujet, le réel, une œuvre, autrui, etc. Ce qui ne manque pas, puisqu’il n’est pas de conscience sans une soudaine saisie (serait-ce le tomber-amoureux pour les mois, les personnalisations).

Autre rappel ; une œuvre, esthétique ou poétique par ex, veut convertir votre regard, votre attention, de même que le christique ou Descartes ou Nietzsche veulent transformer votre intentionnalité.

Pour illustrer ; dieu attend patiemment que tous soient sauvés (ce qui ne contredit nullement les paroles du christ, soit dit en passant). Ou donc il existera autant de réalisations qu’il faudra pour que tous soient sauvés. Ou, dans l’hypothèse messianique juive, le Royaume se dresse verticalement et lentement au fur et à mesure des rituels et des prescriptions librement réalisées, le Royaume se crée. Il existe une « temporalité » qui est cachée en dessous du temps, et non tellement dissimulée que couverte par ce que l’on nomme le présent habituellement, et qui, présent ontologique, est tout à fait autre que le « temps ». Le temps est un effet de la structure-présent.

Dit autrement encore ; pour chacun la vie vécue se transforme petit à petit, ou plus ou moins, ou brusquement dans telle ou telle fulgurance incompréhensible, et ce de telle sorte qu’il nous viendra ici et là que notre être réel, la véritable décision d’exister, celle qui est la vôtre naisse.

Ce principe est au fondement du christianisme (mais également en quantité de religions, qui chacune vous déplace jusqu’au moment de décision, jusqu’à la butée d’orientation de votre existence, et que l’on pourrait synthétiser comme suit ; vous déciderez-vous vers le haut ou vers le bas?)

À la racine même de cette structure de soi qui s’active dans l’actualité et ce parce que dans la décision ; on ne peut pas lancer le rapport à autrui ou le rapport à soi sans l’intentionnaliser (ou alors c’est que l’on vit encore dans un monde immédiat qui se manifeste hors toute décision et s’impose en tant que monde perçu-parlé-échangé, dans la coïncidence du sacré et du profane et non dans la séparation du donné et du divin). Autrui n’apparaît que désigné en tant qu’autre, et cette altérité est absolument formelle (ni homme ni femme, ni riche ni pauvre, ni juif ni païen, etc), altérité qui valide non pas que l’autre sujet soit comme ci ou comme ça mais purement en tant que libre et un. On ne peut reconnaître autrui ou se reconnaître soi que dans et par un rapport explicitement supposé et posé comme tel.

Ou comme on a dit ; le dieu unique est unique, ce qui impose qu’on ne peut pas le déterminer (par des signifiés naturels ou humains ou plus généralement donnés là dans le monde), et nous renvoie instantanément à son statut, définitivement absolu, de rapport sans contenu, de signifiant pur, de signifiant de tous les signifiants (et donc de tous les signifiés rangés sous ceux-ci).

Remarquons que l’on saisit bien que l’on se doit à l’humanité, à autrui, à la méta-organisation d’une société humaine, mais l’autre versant est précisément l’attention que chacun doit se porter à lui-même ; c’est tout aussi bien autrui que soi-même qui se présentent absolument parlant.

Toutes les images, les romans, les récits, les représentations à profusion veulent atteindre chacun là où il existe. Afin de réorienter, potentiellement, le regard, l’attention, l’intention vers le haut. Et si l’on admet que même les esthétiques et les poétiques (bref les grandes élévations de la perception formelle et de la métaphysique du soi-même) se garantissent de nous instruire, de nous informer, de paramétrer nos champs intentionnels et ce au plus haut, au plus universellement singulier (l’œuvre picturale n’est pas le paysage n’est pas, la reproduction du dit paysage), d’une part et d’autre part non pas de transférer des informations (filtrées) mais de créer en nous le je, l’arc de conscience, l’intentionnalité et sa structure ; jusqu’à quel point notre conscience peut-elle élaborer les rapports (intentionnels) les plus élevés possibles ?

Exemple général et d’historicité brute : la révolution (brute, parce que l’on ne sait encore jusqu’où il nous est possible d’avancer) ; la révolution n’a pas réalisé quelque chose, elle a instancié, dans l’historicité (raison pour laquelle il est une historicité, qui se situe dans la séparation du donné-monde et du divin, hors du monde, et hors de la vie vécue, depuis le christique),

elle a instancié donc la capacité plus grande pour chacun et pour tous (les deux) de réaliser encore plus de réalités, humaines en l’occurrence, mais aussi encore plus de liberté, pour chacun, encore plus de structure ; c’est en ceci que depuis la révolution non seulement chacun doit apprendre à exister avec les autres, avec autrui, et apprendre une coordination sur tous les niveaux de la société, des relations humaines (du subjectif aux objectivités, droit, État, déploiement de la société civile, etc, ce qui fut fait), mais également apprendre à se-vivre soi ; de là qu’il s’étende un tel régime extrême et hyper étendu du devenir individuel, de la possibilité de ce qui se nomme « le moi », la personnalisation, qui est peut-être la plus diversifiée invention des deux derniers siècles (des romantiques au psychotique du 20éme, des romans aux séries télé, en passant par le cinéma et la représentation de soi, et de soi parmi les autres, et de soi dans le monde, etc).

Tout ceci ne visant pas à seulement réaliser un monde humain, universalisé, puis personnalisé (toutes choses très bonnes) mais cherchant à amener chaque conscience, chaque arc de conscience à maîtriser, mesurer, réguler, et surtout inventer, créer de toujours plus explicites relations intentionnelles ; ce qui veut dire se jugeant et s’appréciant et s’élaborant de plus en plus profondément et de plus en plus précisément. Non seulement donc des relations entre chacun, mais de chacun avec lui-même.

Et plus généralement il s’agissait d’un forçage gigantesque qui a soumis l’humanité à sa plus effarante possibilité ; ordonner les libertés en elles-mêmes, une par une et entre elles, toutes réunies.

Et de fait la mass et puis micro médiatisation (du roman à la télévision, puis à internet et au digital en général, qui s’avance jusqu’au plus petit bout de moi, de personnalisation) ne consistent pas uniquement à offrir à chacun la vision de tous les autres, et d’obtenir une image-idée de tout par tous et par chacun, mais aussi à détailler toujours plus explicitement l’image-idée que chacun a, peut espérer, attendre, imaginer, que chacun a de lui-même (ce qui rend la vie, la vie vécue personnelle, les variations de plus en plus étendues du moi pour, par lui-même assez difficiles à vivre en un sens, mais aussi un intérêt, une passion, une folie de « soi » qui nourrit toutes et chacune de ces vies vécues individuelles, on a le bénéfice et le maléfice concomitant, évidemment).

Et donc où l’on voit que la performance, absolue, cad formelle, et totale (qui occupe toutes les possibilités de ce monde humain universel et individuel, humanisé et personnalisé) tient d’une part en d’innombrables réalisations (de l’État à l’entreprise, de la nation à la vie personnelle, des objets produits aux œuvres en passant par l’incroyable quantité d’idées et d’images, etc) mais aussi à l’ensemble de tous les tissages intentionnels (de rapports donc, puisque l’intentionnalité est le rapport même, et que les internationalisations n’existent qu’explicitement signifiées, ce qui réclame une énorme quantité d’énergie déployée, à tous les sens du mot « énergie », y compris le gaz ou le pétrole, sans lesquels rien ne serait possible).

Et donc la finalité interne consiste à démultiplier les rapports, ce qui veut dire les intentionnalisations (et de la sorte ce monde humain est la réalisation, très idéaliste au fond, de toutes nos intentions, intentionnalités telles que matérialisées dans une humanisation et une personnalisation, c’est notre passion totale et ravageuse ; elle croit ce monde ou cette vie qu’elle imagine, jusqu’à confondre l’image et la réalité, l’intention rêvée et sa réalisation, ce qui rend à peu près tout le monde fou).

Et ce non pas pour produire, comme on le croit, un monde à profusion, mais afin ou qui aurait dû instaurer en chacun la régulation, la compréhension, la maîtrise de sa propre volonté… et plus exactement encore la manifestation, l’expression et ainsi l’invention, de soi, des relations, de l’organisé humain (que l’on songe à toutes les versions de la ‘démocratie’). Maîtrise de sa volonté ou donc de cette version améliorée de la « volonté » qu’est l’intentionnalité. Il s’agissait de rendre encore-plus-réel la réalité, le monde humain, son expression, sa représentation, ses intentions, et ce absolument visiblement afin que chacun cache où il en était et où en étaient les autres.

Dans la grande visibilité toutes ces Intentions devaient se connaître et fondamentalement s’éprouver, élaborer les affects, les affections, les passions (comme il se disait lorsque l’on entendait l’intentionnalité comme volonté, troisième, et seule substance réelle, de Descartes, l’unité du corps et de l’esprit). En ceci que c’est uniquement en tant qu’exprimées, signifiées que les possibilités, bien sûr, existent, existent à nos yeux et sont susceptibles de s’organiser pour nous-même, chacun, et pour tous les autres.

Il est devenu inenvisageable que l’on puisse se sauver seul. Le christique (mais aussi les monothéismes et diverses religions mais également nos idéologies depuis 2 siècles, remarquons-le) implique chacun envers autrui, puisque le christ crée le lien entre lui et nous-même, et entend engendrer cette communauté en conscience (ce qui eut lieu) ; chacun est isolé, séparé et puis relié, relancé dans le monde, le vécu et ce en considération de tout autre, dans l’élévation de la considération d’autrui, et ce compte-tenu des erreurs, des égarements, des fautes et des perversités, qui ne manquent pas (en vérité il n’y a que des égarements, et seulement à l’opposé l’intention qui réengage sa bonne Foi, son humanisme ou sa liberté, etc).

Dans la compréhension que le réel s’est imposé à l’humain et a forcé, poussé au plus loin nos capacités de conscience (entraînant toutes les autres perspectives, sciences et objectivités, droit et État, communauté et subjectivités, et ainsi de suite) il faut se rendre compte qu’il s’agit de créer les plus précis et les plus étendus rapports possibles. Pourquoi insister sur cette notion de rapport ?

Parce qu’il n’est ni dans l’initial ni dans le terme, mais dans le mouvement du début et de la fin, et que pour nous, en tant que conscience, le terme, le résultat re-vient sur le début et l’initial. Dit autrement le rapport relève de l’inconditionné (de ce que Kant nommait l’inconditionné), ou de l’indétermination.

Il n’est pas un infini qui serait indéterminé, mais il est un rapport qui outrepasse ses déterminations. C’est ce que Hegel tenait en vue ; que les idées étaient contenues dans et par le mouvement de la pensée (la négativité contradictrice pour lui, ou l’arc de conscience) ; laquelle était indistincte et n’existait pas sans tous les mouvements de la connaissance absolue.

L’idée de ‘rapport’ nous entraîne là même où nous existons ; nulle part ; dans le non-lieu et le non-temps. Et ce non-lieu et ce non-temps n’est pas inaccessible, on le nomme ‘présent’. Le présent (ontologique si l’on veut) est la structure qui actualise tout le possible.

Mais alors (et ça se corse) si le présent est la structure actualisatrice qui seule existe (le reste, les effets sont, l’être est second dans l’exister), et si le possible est la Règle (de « ce qui est » au sens générique), alors le possible ou donc l’actualité, l’actualisation, ce procédé (d’actualisation de toutes choses et de tous êtres, qui est aussi un processus) occupe toute la possibilité et la possibilité ne peut pas cesser ; elle sera encore et toujours plus possible ; ce qui se nomme dieu, l’universelle pensée, le sujet ou le réel.

Lorsqu’Aristote enclenche la pensée de la pensée, le Un de Plotin, le dieu cartésien de volonté pure, cette redondance ne signifie rien que « le rapport » à proprement parler, le Pli de tous les plis.

La répercussion fondamentale de cette (hypothétique) dimensionnalité du réel aboutit à ceci ; si vous existez en tant que rapport, où se tient votre identité ? Qui êtes-vous, de où vous vient votre devenir ? Vous n’êtes pas dans le monde, selon l’être (puisque votre être est un non-être, cad un mouvement) mais selon le rapport qui naît avec-lui-même (il est son propre mouvement, puisque se rapport se-voit, de même qu’initialement il-est-vu par le christique et donc apparaît et qu’ensuite Descartes-voit-René, et Sartre tente de saisir le vif-même de l’arc de conscience) d’une part

et d’autre part dont une partie manque toujours (une conscience voit ce dont elle a conscience mais ne se voit pas elle-même ; l’horizon sur lequel apparaissent les choses, les signes, n’apparaît pas lui-même, sinon il devient un signe ou une réalité désignée d’un autre-horizon) ; cet arc n’est jamais tel ou tel contenu ; mais il se signifie, il se-sait, fondation cartésienne du mouvement pur qu’est ce rapport qu’est une conscience, et on ignore quel est l’autre versant, dont on n’en sait jamais qu’une moitié et pas la bonne.

On s’égarera constamment mais il faut tenir l’intentionnel brut, et ce dès le christique (et cent autres explorations qui traversent et créent cette historicité) ; en quoi il s’ouvre, cet arc, du côté que l’on ignore et qui conduit, instruit vers l’élévation ; ou alors il se prend pour lui-même, un pauvre moi ; remarquons que le jugement hautain de Rimbaud sur toute cette vie relève de cette élévation possible/impossible.

Il est admis, si le réel est le présent ou l’actualisme ou la dimension de l’exister, que cet autre côté est organisé et que parfois, ici et là, il nous vient (du futur ou du passé ou d’autres versions de la réalité ou de cette vie vécue ou du vécu de cette vie) des transversalités fulgurantes, des possibilités pures et brutes de notre capacité et qui nous contraignent à une exigence ; que nous puissions saisir les quelques autres côtés, versions, articulations du rapport de conscience qui glissent d’une possibilité à l’autre et ouvrent qu’une existence ne soit pas d’une seule ligne, d’une seule traite, mais plurielle, diffractée et qu’ici et là « ça nous vient » de la dimension même.

Dit autrement, encore, si le réel est le Possible, alors plusieurs possibilités glissent les unes vers les autres et doivent être lues, retenues, attendues (comme on attend le royaume) et loin d’être figé, fixé dans une matérialité, le réel est constitué de possibles entremêlés.

Étant entendu que la fin du temps, la fin des temps détient le nœud de toutes les possibilisations qui sont seules réelles (seuls les rapports existent, le reste est selon l’être) ; le dernier présent contient les actualisations (les décisions, les orientations, les perceptions) dans sa dimension exclusive ; c’est de là-bas que l’on se perçoit, de même qu’autrefois dieu percevait à partir du terme de tout et pour qui tous les temps existaient en un même « temps ».

Si seuls les rapports existent, le reste est selon l’être, en tant qu’effets ; il faut ainsi se décider pour l’adoration envers les effets ou selon l’attachement à la cause et s’ordonner selon, par et dans cette cause, comme si elle était, bien que non visible, notre habitation seule réelle.

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