Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

Conditions d’exercice de la conscience

20 Août 2022, 12:17pm

Publié par pascal doyelle

Alors donc nous voici assujetti à une structure qui nous renvoie à nous-même. En effet si le réel est sous la formulation du rapport, lorsqu’elle vous désigne c’est afin que de vous-même vous deveniez ce rapport à (vous-même). Et donc libre.

Et si cette hypothèse générale est vraie et réelle, alors le devenir, la réalité, le réel fonctionnent vers et par la liberté.

Rappelons que la liberté consiste à être sa propre loi, mais on est, véritablement, une telle loi. Exprimée et cohérente, puisque rien de solide ne peut s’établir et donc devenir sans cette cohérence. L’incohérent n’est pas libre, puisque n’amenant qu’à des rapports inertes qui tombent dans le donné, en désignant des immédiatetés, des choses ou des êtres du monde, lesquels n’étant que déterminations sont finis, et donc voués à la dispersion.

On a vu déjà la différence entre un vivant et un (être) conscient ; le vivant perçoit et sait ceci ou cela qu’il rencontre dans son milieu ; il est au centre ou plutôt il est le centre de son milieu. Un conscient se sait à partir de l’horizon, non pas qu’il sache seulement qu’il existe un horizon, mais il se perçoit à partir de cet horizon ; et c’est pour cela qu’il sait que c’est un horizon et non pas un milieu.

Par ailleurs la difficulté de saisir la « liberté » c’est quasi uniquement le morcellement que l’on prétendrait effectuer pour la penser. Mais la liberté, cad l’arc de conscience, vient tout entier en une fois ; puisque l’arc de conscience se traduit comme intentionnalisations et que pour marquer, remarquer, repérer, cartographier ces intentionnalisations cet arc utilise des signes, il n’installe, dans le donné là, qu’une seule flèche et quantité de sous-ensembles délimités par quantité de petites flèches, cad de moindres signes, de signifiants.

L’arc de conscience (qui n’est pas dérivable de quelque autre réalité ou réel, puisque ce à partir de quoi, de qui on dérive tout le reste) peut, doit se caractériser par ; il est le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non une quelconque identité, notion, réalité, détermination en un mot) ; et donc assume absolument en tant que tel ce que l’on nommait l’universel, à savoir l’universalisation comme processus, laquelle universalisation est originellement l’arc de conscience, qui n’a rien du tout de « subjectif » (mais ayant avoir avec le sujet ou la structure-sujet, laquelle étant un rapport est seule susceptible de supporter l’ontologie même, à savoir le Possible comme règle de tout ce qui existe ; la structure sujet étant seule capable de re-venir, comme de rien, aisément, c’est sa nature, structure même, de re-venir donc sur ce-qui-est, quel que soit ce-qui-est, et est déterminé (il n’est que des déterminations sauf les deux structures ; l’arc d’exister (le présent) et l’arc de conscience, planté dans l’actualité brute du réel « là ». de transformer les réalités en signes (dans des langages, qui se sont démultipliés lorsque l’on a compris que l’on ne recevait pas les mots d’en haut, mais que nous les produisons, fabriquons, ou qu’ils sont indéfiniment modifiables, comme la Thora, qui re-lie sans cesse dans l’éternité du Livre unique qui contient tout) rend accessible la manipulation des réalités et de l’humanité, de l’humanisation, dont on se rendra compte au fil des siècles qu’il en est mille variations. Et qui évidemment au fur et à mesure des expériences, comprend, saisit, module, construit et déconstruit les systèmes et les langages, en fonction. Opération, réflexive pour le moins, qui se décuple lorsque l’on a compris, comme dit, qu’il nous est possible de modifier et puis de créer des systèmes de signes (ce qui se nomme l’historicité, et non plus la boucle de préservation d’un système qui Doit se conserver, afin d’organiser le donné, se communiquer et se transmettre, sous peine de ne pas se survivre).

En fonction des finalités, ici dites structurelles, qui orientent et réorientent les champs, les champs de perceptions (tout ce qui est, déterminé, est champs de perceptions, esthétiques ou sciences, subjectivités ou objectivités, comme le Droit, tout).

L’arc de conscience par des signes qu’il lance vers l’horizon du donné là, du monde, mais aussi de la vie vécue (depuis le christique, qui crée ce champ individuel), du moi etc. La régulation des systèmes est bien sûr lié à la Cohérence (laquelle est toujours ultra difficile) ; soit la cohérence interne (philosophie et logique de chaque système) et externe (adéquation aux réalités, aux champs, aux expériences, aux vécus, aux perceptions, aux esthétiques, etc) ; puisque ce qui n’est pas cohérent n’est pas mémorisable (ni communicable entre individus, ni transmissible entre générations, ni même en vérité tout simplement n’est pas perceptible, perçu, puisque la confusion n’aide pas, c’est le moins que l’on puisse dire) et ce qui n’est pas cohérent (outre que ça n’est pas la vérité ou n’est pas la réalité décrite) délie, effondre, aplati, enferme en des concrétions immédiates (qui ne sont désignées que du doigt et que l’on ne com-prend pas, que l’on ne prend pas avec soi). Et donc de manière plus générale la cohérence permet de se fonder sur cette solidité et rend alors accessible encore plus de possible. Répétons ; la cohérence rend accessible encore-plus-de-possible (alors que l’incohérence est happé par l’immédiateté qui avale notre structure de conscience, qui dénoue et effiloche les rapports que l’on invente, que l’on crée, de sorte que l’on n’invente, ni ne crée plus ; la finalité étant non pas de dénouer ce qui est nouer, de dénouer à partir de pseudo-évidences, mais d’ajouter encore plus de nœuds, de réseaux, de consistance). Il est clair que le-plus-de-cohérence va chercher ses éléments dans le donné « là », dans la vie vécue, dans la perception-même, etc, ou est à soi-même son propre terrain expérimental ; on considéré par ex que Rimbaud est le lieu de sa propre possibilité, mais non pas sans ou hors du réel ; parce que le fait est que le Réel est justement non pas ce qu’il faut copier-coller mais « ce qui s’invente ». N’oublions pas que depuis le christique nous savons que nous existons Dans la Re-Création.

Bref.

Parce qu’il y a évidemment des révélations (de structure ou de faits ou de phénomènes ou d’utilisations, de signifiants par ex ou d’outil, etc) mais il n’existe qu’une seule manœuvre de conscience ; de (se) percevoir du dehors à partir de l’horizon ou plus généralement (et plus exactement) à partir du Bord. Et on a vu que le bord réel du monde, du donné, de la vie vécue, du corps est le présent ou encore l’exister, le fait, formel, d’exister.

Les Bords seuls réels sont dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel.

Et donc si je me sais libre, alors cette idée, principe, structure tout à fait générale ou universelle, je vais m’en rappeler constamment autant que je puis, et elle reviendra en moi d’elle-même (sans forcément parvenir à me réguler) ; son universalité est mémorable, ou immédiatement et même instantanément mémorisable.

De même inutile de planifier un désir de désir, puisque l’on est déjà tel quel articulé, ou arc-ticulé ; on n’est pas antérieurement à la conscience, on est déjà en et par une conscience, déjà forcément autre et autre que tout. Elle est autre que tout parce qu’elle est avant tout le reste conscience de (soi) comme conscience, rapport conscient d’être un rapport ; le signifiant « rapport » ou « moi » se substituant à lui-même, pour rien, en équivalence à rien du tout, parce que c’est un arc (réel) et non pas une idée ou un signe ou un ressenti du corps, etc.

Ou encore lorsque placer dans telles et telles conditions (en grand nombre en général, comprenant celles inaperçues sur le moment) je dois décider sans doute, mais très souvent je vais devoir inventer, même reprendre une solution toute faite est en un sens inventer la solution.

En somme on est toujours déjà pris-dans un champ donné là et qui est précisément un « là », ce qui veut dire avant tout une Actualité.

Une actualité (le présent) qui réclame (toujours, qu’on le sache ou non) une invention. Et un arc de conscience est fait-pour-cela. Il est, nativement, une activité décisionnelle qui répond à une situation bizarre qui n’est pas et ne peut pas du reste mémorisé comme adn. Un trou dans la ligne des réalités. Un vide. Et ce vide est un pur signifiant, cad rien du tout, non par une espèce d’abstraction ou d’irréalisme ou encore une origine métaphysique, mais parce qu’il (se) désigne lui-même, cad une sorte de Un purement formel (ce que l’on imagine comme «vide » est en fait un formel).

Et comme il désigne « rien » il est non seulement déporté mais entièrement déporté hors de lui-même, ce qui veut dire aussi déjà absolument universel, et s’il ne veut pas que son absence de contenu privilégié soit empli par quelque détermination ou immédiateté, il doit préserver ce vide comme formel ; dieu, la pensée, le sujet, le réel.

Et donc voici le point continué ; il faut que cette forme se déploie, s’élabore et invente des signes qui se réfèrent à ce « rien » ; que ce rien fasse son entrée dans la représentation afin que puissent s’élaborer des stratégies (qui soient plus étendues que les tactiques).

Il est clair que dans cette perspective la tendance presque générale depuis le 18éme de « rationaliser » ou d’objectiver notre existence comme s’il s’agissait d’une réalité donnée là, et que le donné seul, cad le passé, explique ce qui est, supprime du même coup le possible. Ce qui semble tout à fait cavalier puisque depuis lors, depuis le 18éme il y eut quantité de réalisations dans tous les sens ; de la vie individuelle aux ressources collectives, des entreprises aux étatismes.

Or pourtant on tient ici que la révolution en même temps que de se réaliser effectivement, historiquement, s’est figée, et que le temps fut gelé. Il n’est aucune pensée qui renouvelle la révolution (le communisme étant un développement universaliste, les besoins, là où le libéralisme est une exploitation particulière, les désirs). On a généralement, collectivement considéré que la liberté ne s’utilisait que dans le monde donné là, et chacun pouvait « vivre sa vie » en somme (ce qui n’était pas le cas auparavant ; différence entre est interdit ce qui n’est pas autorisé et est autorisé tout ce qui n’est pas interdit).

De plus il faut ajouter que de rapport, il n’en existe qu’un. Parce que le rapport en lui-même n’est pas déterminé. S’il l’était il serait un début, une cause déterminée ou le terme, un effet déterminé mais pas le rapport de l’initial au terme. Et comme le temps il se lit dans un sens ou dans l’autre ; le rapport suspend les contenus du rapport, le réel suspend les réalités, l’indéterminé suspend la détermination.

Le rapport nous envoie, pour le dire, directement au sommet, sur l’horizon, au bord de tout ce qui est (le présent), au bout de toute existence ; c’est de là-bas que l’on perçoit parce que pour nous la perception (d’un vivant) est happée dans et par le champ, grâce auquel nous ne sommes pas ce corps, cette vie, ce monde, cette réalité. Parce que, donc, la réalité n’est pas à elle-même ; elle est plongée dans le temps très étrange du présent qui déroule tout, suspendue au Bord du présent ou lancée contre la vitre de la conscience qui Voit. Et elle Voit à partir du Bout. Depuis le christique on se Voit à partir du bout de notre vie. Descartes est suspendu on ne sait où et étale tout ce qui est au-devant, mais on ignore « où » il existe pour ainsi percevoir l’étalement de ce qui est (il nomme étendue » tout le déroulé de l’être, tandis que lui, son je et dieu, existent).

Il se peut donc que, parfois, nous nous percevions nous-même à partir du hors champ du bord du monde ou du bout de notre existence et que soit offert au je de laisser venir à lui la possibilité non finie de devenir.

Puisque c’est l’in-fini, la capacité d’exister in-finiment qui se presse sur le bord des yeux.

C’est depuis ce bord que toutes les choses incertaines et certaines sont écrites.

Toutes les choses et tous les êtres, tous les mondes humains et toutes les vies sont signifiées dans l’ensemble de tous les rapports possibles, étant entendu que tous les rapports attendent encore de plus grandes possibilités d’écriture, de destination. De plus grandes possibilités de destination cela veut dire de plus capacités d’effort.

Puisque si le réel est un rapport in-fini (cad on l’a vu une Possibilité qui ne cesse d’être possible, afin que le réel soit plus grand que lui-même, ce qui constitue la plus digne finalité qui se puisse) il faut que ce soit de lui-même que chaque rapport puisse, se rende capable de devenir.

Et donc, selon une bien bonne logique, si le possible existe, il ne cesse pas d’être encore et toujours plus possible. Le possible étant le sujet et le sujet seul susceptible d’assurer et d’assumer la possibilité (étant le rapport existant absolument, cad formellement).

Ou : il s’agit de modifier la cause afin de modifier les effets. Que la cause puisse entrer dans son propre champ est effectivement le principe même de la liberté, et la raison d’être des effets ; qui donnent la visibilité afin qu’ait lieu la modification.

Dans la liberté, ce principe, se niche l’utilité ontologique fondamentale ; que le Possible est le principe unique, que le réel soit un rapport et donc un sujet et que la liberté soit à elle-même sa propre Loi mais alors une véritable Loi.

On se retranchait sur la « raison » puisque l’on comprend spontanément que la cohérence est en question, mais alors c’est une répercussion de cohérence absolument requise qui est exigée dans et par cette liberté ontologique ; ou dit autrement le Créé ne peut pas être n’importe quoi.

Et fondamentalement de ceci que si notre être est un tel rapport, il ne peut pas divaguer dans son rapport au réel donné là.

Or la cohérence est bien plus exigeante que dans l’établissement d’un discours normé (bien que, comme dit, il soit impensable de s’en passer ; tout installation de rapports doit se rendre en et par cette cohérence, cette universalisation, mais laissant toujours en suspend sur quoi et vers quoi se déploie cette universalisation cohérente ; on a vu que Descartes, Kant, Husserl, Sartre et Lacan examine, décrivent, explorent (avec Nietzsche et Heidegger au fond) le statut de l’activité du je, de l’arc de conscience, capable d’universalisations diverses puisque c’est lui qui invente, active ou révèle la structure-sujet laquelle est exclusivement et infiniment rapport. Il est, cet arc, le rapport initiale du sujet comme seul susceptible de re-venir sur le réel.

Commenter cet article