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instants philosophie

Le sujet réel

6 Août 2022, 10:16am

Publié par pascal doyelle

On ne sait pas du tout ce que c’est qu’une « conscience ». ça n’est pas « de la pensée ». la pensée est juste une partie de toute l’activité de conscience. Qu’elle soit « signe » est bien plus certain. Mais la conscience ne réside pas dans les signes ; elle les utilise, de même que les vivants, qui les décrypte d’avec leur adn, les identifications perceptives systématisées, et ce bien que tout vivant est jeté-là dans le monde, et ainsi n’est pas restreint à son milieu (déjà crypté) ; un chien, un chat existent au même niveau-monde donné-là que vous, on partage un monde commun, le « là » justement (les prédateurs en général sont ouverts plus aisément au donné là, puisqu’ils doivent s’adapter, à la proie, aux aléas, aux rencontres, aux possibilités, aux tactiques, etc ; tous les vivants n’ont pas exactement accès au même « là » du donné).

Mais l’arc de conscience ne réside nulle part. Aussi a-t-on, ici, caractérisé la conscience comme un Fait absolu, brut et pur, formel ; on ne peut pas dériver l’arc de conscience, de même que l’on ne peut pas assembler l’Exister de quelque autre notion qui lui serait précédente (au contraire l’être nous paraît second par rapport à l’exister, si par être on entend le déterminé, la détermination, on verra plus loin).

Cependant on a cru ou pu déployer (expliciter sinon expliquer) la conscience comme rapport ; elle est le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (qui se-sait, comme rapport et dit je) ; si il était relatif à une identité il serait cette dernière et dans l’incapacité d’en sortir ; or ce qui caractérise l’arc de conscience c’est précisément qu’il est multi-tâche, pour ainsi dire et puisqu’il est tel, il est non-fini. Ce qu’il ne sait pas déjà, il l’apprendra. Ce qu’il ne possède pas actuellement, il l’inventera. Ce qui n’est pas, il le créera.

Et puisqu’il n’appartient à aucun milieu en particulier, il est en train de détruire le monde, cad tous les milieux… c’est évident.

Que la conscience soit un rapport, immédiatement on saisit bien qu’elle se détient de toute espèce de rapport, pourvu qu’elle en ait l’énergie ou le temps, etc.

Et donc cet arc de conscience est arc-bouté au monde donné là. Son fait structurel est cette articulation. Une pensée n’est vraie que désignant une chose réelle dans le monde réel. Ceci est mon corps parce qu’il y a, là, un corps vivant réel que je (me) perçois… ce qui est extrêmement curieux, absurde, effarant. De n’être pas ce que l’on est, mais dans la perception, toujours actuelle, de cet être que l’on n’est pas, mais dont on existe la perception ; mais de quoi relève-t-on alors ? Quel est ce plan actuel qui perçoit d’arc-ticuler la réalité dans une instanciation encore-plus-réelle, qui est actuelle et qui se constitue comme rapport qui se trace lui-même et donc toujours absolument actif et qui, de plus et par ailleurs, absorbe toute sorte de matériaux perceptifs ; signes, mots, idées, perceptions, émotions du corps, le corps lui-même, les choses, leurs couleurs, etc (et qui invente des machines qui étendent ces perceptions ou évidemment ses activités ou actions potentielles).

Dit autrement on ne peut pas fragmenter la conscience (en tâches différenciées et dont elle serait vaguement l’unité et dont on ne connaîtrait pas du tout en quoi consisterait cette unité fonctionnelle) ou donc elle n’est pas une Détermination de déterminations ; elle est d’une autre sorte de « réalité » que les réalités. De même que le réel n’est pas une grosse détermination des déterminations diverses.

Notre être n’est pas un être et donc il est inutile d’attendre qu’il se « réconcilie » avec qui ou quoi que ce soit.

Or cependant cela veut dire que si, par somptueuse coïncidence, dieu existe alors le Royaume ne sera pas de tout repos, il faudra encore travailler à démultiplier la structure, dite ici structure-sujet, en ce sens que si la règle du réel est le Possible, alors il ne cessera pas, et il ne cessera jamais, sinon il n’aurait jamais existé. C’est le bienfait, la bienséance du Possible comme loi interne du réel, qu’il existe forcément d’une part et que d’autre part il en cesse pas ; il est, dieu, la pensée, le sujet, le réel, la sur-activité absolument positive et même sur-positive ; le possible, du réel, a pour finalité, interne et donc externe puisque le possible réal-ise et ainsi se déploie toujours comme réalité, manifestation, déploiement du non-secret, c’est juste que l’on ne le voit pas, que l’on se cache les yeux ou que l’immédiateté nous dissimule l’instantanéité ;

ce qui veut dire qu’en vérité et réalité le réel est intégralement réalisé en une seule fois mais qui œuvre en, au-dedans de lui-même ; la question n’est pas l’être ou le néant, mais l’exister dit autrement le Possible ; et c’est pousser le plus loin possible le Possible qui compte et qui est l’enjeu fondamental ou donc il n’est aucune autre finalité équivalente, adéquate, au niveau du Possible que sa plus extrême possibilité ; d’où qu’il soit, le réel, cherche à étendre toujours plus loin la possibilité et seule une structure-sujet semble adaptée puisque seul ce qui existe comme rapport (et donc à – soi - ) est capable de passer outre la détermination.

Ce qui est déterminé disparaît ou se disperse ; et pour l’univers se dispersera vraisemblablement indéfiniment sans atteindre le néant jamais ; l’univers est toute la réalité venue tout d’une seule fois suspendue en tant qu’activité et mouvement qui occupe tout le temps-espace et l’intérêt tient à ce qui se passe « dedans » ce déploiement ; dit autrement ça devient au-dedans, dans un unique instant total, qui n’est pas écrit ou plus exactement qui se réécrit de et par son déploiement-même ; il se voit, il se modifie.

Ce qui est sujet, cad rapport, se reporte littéralement en remplaçant l’initial et le terme ; le rapport n’est ni le début ni la fin mais le mouvement et donc le re-tour, le toujours nouveau tour, bien que l’on ne comprenne pas bien, pour le moment ; rappelons que, au minimum, l’exister, et donc le présent, n’est pas dans le « temps », le temps est, de fait, mais n’est pas une ultime borne, de là qu’il soit pris-dans l’espace-temps.

Si l’on suit que le réel est pur mouvement (ce qui veut dire d’abord mouvement et puis effets de ce mouvement, réel et puis réalités, indéterminé et puis déterminations), alors la séparation règne partout et structurellement ; il n’est aucune réalité qui ne puisse être sans la séparation, la différenciation, la distinction.

Si l’articulation est le réel même, alors tout entièrement est consacré l’effort, la capacité, la possibilité. Et étant rapport la possibilité doit se trouver en et par elle-même ; elle ne ressort pas d’une extériorité, auquel cas elle se réduirait à un déterminé et un déterminé est l’impossibilité de toute possibilité ; un déterminé tombe, vers le bas. Aussi le réel, qui se maintient au travers des réalités, ne peut pas tomber (sinon tout cesse) ; le réel, le possible, ne peut que s’élever. A structure est intégralement positive ; l’effort est ainsi la nature même de la structure.

Qu’il n’y ait pas de réconciliation veut dire que la « guerre » est l’origine de tout ce qui est, mais que s’impose une distinction interne à la guerre qui soit en capacité de la pacifier… Ou donc le réel n’est pas du tout étranger à la plus tétanisante brutalité (c’est un fait, de violence mais aussi de finitude avérée)

mais que précisément il existe une possibilité pour que cette violence se subtilise, se distingue et devienne, à elle-même, son énergie élevée dans la suite de l’exister pur et brut, ou de ses versions (entre lesquelles on ne choisit pas, ici, puisqu’on les accepte et peut-être accède toutes) ; l’exister (le réel), dieu, le sujet, la pensée.

Dieu sépare (les élus) ou, par le christique, l’intention des élus les distingue, la pensée différencie les idées, les sujets sont rivaux entre eux (la liberté américaine qui impose la concurrence entre tous, ces principes ignorant l’égalité, mais corrigée par la liberté-égalité française, et en dernier lieu philosophique, Sartre, qui reprend Descartes). Donc le mal ou la séparation ou la violence sont intrinsèques. La question étant ; que faire avec cette brutalité ?

On a vu ceci ; qu’il existe un présent, une actualité absolue afin qu’il se passe quelque réel plus grand au-dedans. Cette finalité se situe hors temps et espace, puisque l’exister est en-deçà ; le présent n’est pas ce laps coincé entre le passé et le futur mais le moment de l’actualisation ; on ignore ce qui se tient en réserve de l’actualisation ; tout n’est pas déjà activé, actualisé ; le réel est ce point absolu, cad formel, qui n’est pas, mais relève de l’exister pur et brut ; ce qui existe, réellement, c’est l’activité, le plus profond mouvement, le réel le plus extrême possible, ce qui veut dire que le Possible est cela seul qui Existe.

Si le possible est la règle de ce qui est, alors se manifeste la nature spécifique du rapport en tant qu’il est le réel ; il n’est ni ici ni là, ni devant ni derrière, ni avant ni après, ni au début ni à la fin, mais le mouvement même qui tient tout cela ; et qui les tient de façon spécifique et stupéfiante, sous la forme de les traverser, de les pousser au-delà, de les porter plus loin et plus profondément.

Il est clair que si la pacification repose sur notre conscience, notre volonté, elle signifie en outre mais en vérité surtout que cette conscience parvienne à instaurer sa seconde nature comme évidence structurelle, et donc surnature En vérité nous n’avons pas le choix parce que nous ne sommes pas ce corps (ce vécu, cette représentation, ce relationnel, cet ordre ou désordre humanisé, etc) nous ne le sommes pas puisque nous en avons conscience, donc nous existons dans cet arc de conscience ; au lieu que jusqu’ici nous n’avons pu au mieux que nous confier à notre désir.

Ou donc dieu, le christ, la pensée, le sujet ou le réel sont venus, intervenus, se sont interposés, y compris comme interface (supposément enfin celle réelle) afin de remplacer notre centre (donné là) par un autre centre, qui n’est nulle part mais ex-siste ; et de comprendre, d’intégrer, d’incorporer (sur le second corps, l’autre surface du – même – corps, le corps de signes, de signes poétiques entre cent autres) l’unité non plus de synthèse hâtive (qu’est un moi, ce bricolage, forcément, achalandé à la hâte) mais la véritable unité, celle qui n’est pas (dans le monde, le donné, le passé, la réalité, le signifié, qui se croit être) mais celle qui ex-siste.

Au cours des temps on a tenté de saisir la différence entre la représentation et la présentation du monde, du vécu, du relationnel, etc. Puisque l’on saisissait vaguement une différenciation, un hiatus entre la représentation et la présentation donnée là du monde ; une inquiétude, une angoisse (version moderne, depuis Pascal, ou contemporaine ensuite) ou une terreur face au divin surplombant le monde. Il se trouve donc que l’on a pu commencer de resserrer la compréhension et de situer le dit hiatus, et donc de distinguer toujours plus précisément le point, le joint, l’articulation entre notre réel et le réel, notre structure et la structure de la réalité.

La philosophie a pour finalité de découvrir « ce qui est arrivé » à l’humain, autour de la méditerranée ; pour les grecs vis-à-vis du monde donné là (relevant de l’être, universel, et de la perception hors des groupes humains particulier)s et pour le christique en et par la conscience individuelle. Ce qui se précisera encore plus avant ensuite ; Descartes basculant la conscience en un je, qui est tout-là immédiatement (voire instantanément) ici même et maintenant (et non plus exclusivement dans la conscience du christ qui égalise tous et chacun, par Descartes c’est chacun qui se-sait et surviendra la révolution liberté et égalité nouées).

On aboutit donc à circonscrire le point, le joint qui articule et donc le point d’incidence du réel (pur) dans la réalité et le vécu donnés là.

Et c’est bien la différence absolue qui entre en jeu ; à savoir que l’on ne réside donc pas exclusivement dans la pensée, la connaissance, l’esprit, mais une part, une partie, une fraction existe dans, vers, par le monde ; mais ça n’est pas suffisant, non seulement vers le monde, mais vers l’horizon du monde, et cet horizon du monde (qui roule constamment et recule constamment) est désigné plus effectivement par « le réel », soit donc ce que l’on signifie ici comme le véritable horizon, le véritable Bord ; le présent. Le présent est le Bord qui entoure tout ce qui fut, est, sera. Soit ; la position du réel, la position « qu’un réel il y a » (ce que autrefois on nommait l’être, mais alors aussi dieu, ou le sujet, lorsqu’il devenait, se devinait comme étant à lui-même son propre horizon ; ce qui est vrai, puisque le sujet est un rapport qui s’indique lui-même, ne se saisit pas, ne se connaît pas, ni ne se réduit à des signifiés (qui ne sont qu’imaginés et non pas réels) et qui dès lors peut produire, inventer et créer des signifiants, et signifier tout ce qui est (fut et sera, potentiellement).

La différence est donc cette articulation telle qu’elle se précipite vers le donné là, vers le « là » du donné (dieu, l’être, son exister de conscience qui se demande ce qu’elle « veut » ou ce pour « quoi » elle se-sait, et finalement le là existentiel qui, probablement, le point aveugle absolu, puisque littéralement il se dit à lui-même « ça existe ») ;

ce qui veut dire qu’elle s’échappe à elle-même, et renvoie sans cesse au réel, formel, et donc cela veut dire au Possible pur ou brut. Le réel comme Fait absolu est un fait Formel, il n’est pas attaché aux déterminations (et du reste il n’y a aucune détermination qui puisse « résumer » toutes les déterminations qui sont distinguent relativement les unes aux autres, il est ainsi un continuum de détermination).

Ce caractère formel se dit autrement ; non plus comme être (ceci ou cela) mais comme exister ; équivalent au fait d’être « réel » ou fait d’exister.

N’étant aucune détermination (ce qui veut dire qu’une fois lâchée elle ne cesse plus de signifier, de lancer des signifiants et comme elle est, quand même, articulée au réel ou au donné là, elle veut signifier des choses réelles ou des possibilités actualisables, ou alors n’appartenant plus à tel monde particulier humain, gardé par le groupe, on dira que cet individu bât la campagne, se perd dans le subjectivisme, dans ce que l’on nomme la folie, depuis, depuis que chacun est jeté dans le monde sans la protection d’un collectif)

n’étant aucune détermination le rapport est étrange ; il s’impose de lui-même comme infini ; ce qui ne se comprend pas du tout, sauf justement à se définir comme rapport indéfiniment recommencé et comme c’est un se-savoir, cette indéfinitude est littéralement infinitude (dit autrement elle ne conserve pas le caractère vague de l’indéfinitude mais adopte et intègre la certitude de (soi), du rapport qui se-sait comme tel ; où l’on voit que l’arc de conscience est structurant en tant que je qui-se-sait et qui plus est dont le savoir admet immédiatement l’universalité … Il n’y a pas de rapport qui ne soit pas en lui-même universel ; on y trouvera donc l’origine, la cause, la nature originelle de ce qui est caractérisé comme universel.

Le je cartésien est, littéralement et réellement, l’inscription de l’infini en tant que certitude (relecture inverse du je et de dieu) effectivement réelle de l’infini ; ou donc l’infini n’est pas en lui-même une abstraction (ou une qualification de l’absolu) mais un être, un réel, une structure spécifique, qui, contrairement aux réalités qui pour être spécifiques sont déterminées, cette structure-ci jongle avec toute détermination et donc avec sa forme (indéterminée) ; aussi est-ce cette forme qui devient et qui sait (et donc ressent) qu’elle devient ; déployant dans un corps, vivant, des affects spéciaux, nommés passion lorsqu’elle s’écrit suffisamment profondément à la surface du dit corps, profondément et surface dé-couvrant le sens, la direction, l’orientation même du corps vivant ; à savoir qu’il écrit et donc dans l’actualité, l’actualisation de son être en l’outrepassant.

Lacan repoussera cette infinité, jugeant l’indétermination illusoire en elle-même et contredisant son prédécesseur, Sartre, au pied de la lettre (Lacan, de par son option structuraliste, croit que les signifiants existent indépendamment).

Il apparaît alors de ceci que Descartes inaugure ou plutôt continue l’inauguration de la séparation, la séparabilité de tous, un par un séparé par sa « pensée de (soi) » (et intérieurement il imagine ou suppose toutes espèces de séparation, de la folie au rêve). De même que la pensée grecque sépare toutes les réalités, l’universel ne parvenant pas ou si peu de réunir la réalité en une fois, sinon dans un hyper concept vide, l’être, que par ailleurs on peut également comprendre comme vide parce que formel, mais cette séparation est déjà prévue, pré-vue et combler par le sacrifice d’un-seul, le christique, qui relie à nouveau non seulement les uns et les autres, séparés, mais les réalités elles-mêmes, et l’ensemble de tous les effets (choses, êtres et je) à la cause, en tant, précisément, qu’elle a pris, pris sur elle la séparation absolue, formelle, de tout ce qui est et de tous ceux qui existent.
Une partie du christique, de la présence effective du christ, ce qui veut dire du fils, du verbe, de la parole, des signifiants en eux-mêmes de dieu, implique que le mal est porté, retourné, compris comme étant la réalité elle-même, qu’il n’y a pas de réalité sans cette brutalité, qu’elle est intrinsèque et que le divin surélève la violence, l’absorbe ; ce re-tournement du réel, séparé, ayant à s’unifier, ne s’unifie pas à strictement parler, mais pousse la séparation dans le lieu, absolu, formel, de la séparation. C’est la séparation, elle-même, qui doit se projeter, se prévoir ; qui accepterait un réel sans son individualité, sa singularité propre ? Cette singularité est justement cela même qui doit non pas disparaître et se fondre (dans on ne sait quoi) mais s’affirmer et maintenir par cette affirmation le réel ; au sens où il ne s’agit pas d’effacer des rapports mais d’en créer qui contiennent tous les autres rapports. Soit donc agrandir le possible, ne pas se satisfaire des rapports de brutalité, mais augmenter les capacités afin que le réel supporte la séparation, entrer dans la structure du réel afin qu’il puisse exister des singularités, puisque celles-ci sont une ampleur de rapports-en-plus.

La singularité ou plus exactement l’individualité est le réel qui admet en lui-même qu’il propage de plus distingués rapports. Et ô combien distingués puisque la singularité, l’individualité du je est en elle-même une pure distinction (à côté de laquelle, en comparaison de laquelle distinction formelle, toutes les déterminations, de cette vie vécue, de ce corps, sont seconds).

De même Descartes ou Sartre ; si Descartes n’en décide rien (il n’installe pas la problématique) et si Sartre hésite entre un champ de conscience universel et/ou une conscience individuelle (qu’il ne peut pas penser comme singulière, puisqu’il en reste à l’universel comme universel).

Ou Lacan pour qui « ce qui arrive » dans l’analyse est un aperçu soudain qui libère, quelque peu, le je de son moi, au bénéfice de celui-ci, cette aperception soudaine provoquée par la présence du psychanalyste, en tant que signifiant l’autre-conscience, le savoir impossible ; cad le se-savoir qui est tout à fait autre que la connaissance et la métaphysique, ou l’effort incalculable du réel (parallèle de « l’insondable décision d’être » du sujet-inconscient, qui pour Lacan fonctionne en lui-même, à part, hors réalité, monde, vécu, ce qui peut être repris comme étant la base même de la liberté, ce que Lacan, pour sa part, ne reconnaît pas, mais qui peut être lu comme la singularité elle-même, l’individualité hors tout).

On sent bien que dans tous les cas, le pas n’est pas franchi qui affirme totalement l’individualité singulière, réelle et formelle ; en ceci que, pour nous, ici, l’universel n’existe que parce que le rapport est un je. Le je est ici la forme même de l’universel, la plus originelle, et donc originale, source d’originalités à profusion depuis 30 siècles (la forme individuelle en tant que fondamentale universalité autant que l’on sache et soupçonnant que la structure-sujet est encore un plus-grand-devenir, ce que l’on peut nommer dieu ou la pensée et le un ou le sujet nouménale ou autre).

Cela signifie que, pour chacun (puisque c’est ce qui nous concerne absolument chacun en propre), pour chacun donc il est un devenir absolu littéralement non fini, selon les implications qui ne peuvent cesser, du rapport qu’il existe en tant que je ; le je est dimensionnellement cela-même qui est capable de tous les rapports (réalisés ou possibles, puisqu’il est, le je, la forme que nous saisissons du Possible-même).

Dit autrement la philosophie a du mal à admettre l’individualité pure et brute, puisqu’elle est assignée à l’universel (sans la dite « connaissance » elle s’estime perdue), alors même que l’individualité est ce qui est, du christique, imposé, partout et pour tous et pour chacun. Lors même que cependant le christique approche de l’individualité du je selon et dans la vision du christ lui-même, puisque à ce moment-là l’historicité (qui inventera, créera des tas de sujets réels, de véritables je) n’est encore passée ; mais précisément le christique est la formulation qui lance la capacité que chacun devienne … lui-même (qu’il devienne le rapport qu’il sera, selon un autre-temps, dans le rapport que le christ initie), devienne celui qu’il est sans le savoir (sans le se-savoir, étant entendu qu’à ce moment-là, le christ le-sait pour chacun) ; cette individualisation soudaine foudroyante qui frappera cartésiennement, jusque Lacan (de même que les allemands, globalement, cherchent toujours à justifier de l’individualité via tel ou tel absolu ; or non, l’individuel je est l’absolument formel seul existant).

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