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instants philosophie

​​​​​​​Structure silencieuse

10 Septembre 2022, 14:11pm

Publié par pascal doyelle

Depuis que cela est su, nous le sommes devenus.

Bien sur nous l’étions déjà mais de manière différée, selon des instances sacrées ou selon quelque mana ou aréopage de divinités ; depuis tel ou tel niveau on tentait de cadrer la réalité, en découpant le profane du sacré, mais depuis la séparation dieu, la pensée, le sujet ou le réel existent hors du champ du donné et s’instruisent d’un champ cette fois nommément intentionnel distinct (dieu, la pensée, le sujet et le réel font irruption dans l’actualité de l’acte de conscience et non plus se posent dans le monde comme parties sacrées)

et le divin, étant extrait de la réalité, hors champ, fait l’objet, lui-même, ce divin, d’une analyse distincte, requérant un nouvel ensemble de consciences, d’intentionnalités, d’intentions, de système structurel, exclusivement selon l’actualité de son activité, puisque ces réels sont des rapports qui exigent des consciences et leurs intentionnalisations en acte, on ne pense pas sans penser effectivement, on ne décide pas sans décider, on ne veut pas sans vouloir ; ce qui dans le même temps libère non seulement le monde donné là (qui n’est plus découpé en profane et sacré) mais également libère ce je, ce sujet, qui peut et de fait intègre le divin, la séparation, en et par lui-même.

La structure, de conscience, est ce qui crée la distance, laquelle rend possible, est inscrite dans l’ouverture des champs intentionnels (qui autrement appartiennent aux groupes, aux communautés, desquels on ne peut sortir ; il faut naître maya pour comprendre, cad ressentir, percevoir le monde maya).

Les deux grandes intentions structurelles s’opèrent autour de la méditerranée, les grecs découvrent le monde donné là, et le réseau d’intentionnalisations dénommées Idées, et le christique provoque l’apparition de je entendu sous le regard du un tout-seul, le christ, et puisque tout est alors lancé, lancé, initié historiquement, créant l’historicité même de ce fait, puis ensuite arguant de Montaigne et de Descartes, des génies de la Renaissance, des grands hommes et au final des hauts faits du roi Arthur et de la quête du Graal (puisqu’originellement et dans notre paganisme hérité c’est tout aussi bien de ce dont il s’agit, transformer une mésaventure en aventure, une aventure en geste épique et cette geste en mystique intérieure). De sorte à créer en chacun ou en tant que chaque je, ce rapport (à) soi. Lequel rapport à soi est médié. Toujours. La nature de cette médiation est la problématique elle-même.

À savoir dieu, l’être, le sujet, le réel portent en tant que signes le rapport lui-même, tel que l’on a pu s’en approcher, dans la crainte et le tremblement, l’étonnement et l’effroi. Puisqu’il s’agit d’installer le plus grand rapport possible.

Mais le plus grand rapport possible de la possibilité même.

C’est pour cela qu’il faut préserver la capacité ; pour cela par ex que la liberté doit être instanciée, mais ciblant l’égalité (puisqu’alors toute liberté tend à s’élever, s’upgrader afin d’atteindre l’égalité de l’autre je, ce qui veut dire d’intégrer dans ce que vous énoncez, et plus généralement dans les champs d’expressions (qui prennent la relèvent des champs de représentations, acculturation, qui prenaient la relève de perceptions, d’un être vivant), d’y intégrer la conscience de l’autre je. Liberté - et - égalité. Lorsque l’on n’admet que la liberté une partie de notre être cad de notre possible, des rapports possibles en nous-mêmes et hors de nous, nous manque ; sans égalité la liberté ne signifie pas (sinon de dériver vers un arbitraire, qui n’accroche plus, n’accrochera plus au réel, et dérivera vers la dispersion ; les rapports se délitent, s’effilochent).

 

La question n’était plus, à terme, de trouver une unité (de discours en fait, philosophique, selon le logos, selon la pensée, selon l’objet ou le Gros Objet pensé par la pensée et conforme à la pensée afin que mon intentionnalité traverse dans la transparence l’objet et saisisse la réalité de cet objet, ou selon une objectivation d’une divinité comme partie du monde et non pas hors du monde ; Zeus n’est pas hors du monde, du reste il est lui-même assujetti, au destin par ex ou à la rivalité ou la jalousie ou la domination ; le dieu unique non, il est purement intentionnel)

mais est de comprendre en quoi consiste cette séparation ; et si cet « être » que nous sommes n’est pas tout-un mais séparé, alors il est analysable ; puisque l’on sait bien qu’en réalité déterminé notre être ne le résout pas du tout ; on le manque ; on dérive, on prétexte, on se facilite. Donc voici indiqué que le régime de réel de cet être-ci ne revient pas dans un discours, métaphysique, qui établirait et étalerait l’objet ou l’objectivité. Mais pourtant comme il est hors de question de nier l’objectivisation, il faut trouver l’expression de ce nœud qu’est notre « être » qui n’est pas un être.

On a dit, donc, que cet « être » est un mouvement.

Le problème étant que si c’est un mouvement alors tout est mouvement. Puisque sinon il cesserait, en se figeant, d’être ce qu’il est cad un mouvement.

 

On dira que cela change radicalement ; on quitte la métaphysique. Mais la métaphysique n’était pas une description d’objet (comme si cet objet était perceptible, c’est la critique de Kant ; on ne « voit » pas l’être, les catégories, dieu, ni le moi ni le monde, qui sont des horizons et non des concepts, dirions-nous, et donc tenus et compte-tenu d’une intentionnalité, que par ailleurs il faut fonder comme tel, tandis que l’on ne peut pas fonder en eux-mêmes (en-soi) dieu, le moi ou le monde).

Tandis donc (donc) le sujet, qui est la séparation en acte, est effectivement constatable… c’est l’acquis absolu, cad formel, de Descartes, qu’il existe ici même et maintenant un « être étrange ». Il est ici et maintenant et entre explicitement dans son propre champ et ce champ (intentionnel) n’est pas du tout prolégomène à un concept, une idée, ou un système ; il est le champ effectif, effectivement actif et intégralement formel, intentionnel ; aussi jésus avait bien raison de lier absolument la grâce et la charité, cad l’intention morale, à la vérité, cad à l’ontologie (mais on ne sait encore exactement pourquoi, ni jusqu’où cela avance, eschatologiquement ou historiquement ou ontologiquement).

Et inversement le discours métaphysique déployé c’est cela même qui est objet d’expérience, en direct ; il faut se convertir à la pensée, qui est dés lors une expérimentation et non pas à la pêche d’une description d’un objet (supposé et finalement l’imaginé ; l’être, la pensée de la pensée, le un sont imaginaires, cad des horizons à partir desquels on revient, vers le monde, le donné, mais non pas qui tiendraient en eux-mêmes) ; se convertir à l’universel qui décentre le moi de lui-même et lui révèle que structurellement le centre est hors de lui, mais hors de lui-même lorsque les contenus (de conscience) sont objectivés ; de sorte que l’on ne s’interroge cependant pas sur « qui » pense ? On en juge que « la pensée pense », ce qui est absurde, mais alors, en ce temps, la finalité consistait à élaborer suffisamment de réseaux d’intentionnalisations (soit donc d’idées et de systèmes d’idées) ; rappelons que ce but n’est pas du tout abandonné, mais il doit s’adapter à son autre expérience ; à savoir qu’il existe un sujet (qui créait ces cohérences, y compris mathématiques) ce qui ne nous indique pas que les connaissances sont relatives à un arbitraire mais que le je, le sujet est précisément cela même capable des plus grandes objectivités (et tout autant des plus grandes subjectivités.

En somme c’est à un bien plus grand arc narratif, si l’on veut, que nous sommes conviés depuis Descartes (pris comme point, absolu mais non exclusif, de repère ; il révèle au mieux ce « sujet » qui est découvert et expérimenté pluriellement dans toute l’acculturation et même aux créateurs de l’antiquité et du Moyen Âge, évidemment ; il y a « du sujet », de la structure-sujet, avant qu’il y eut des je, qui se prononcent et se-savent comme tels, des structure-sujets depuis qu’il n’y a plus ou moins de « groupe humain », coercitif si l’on veut (attenant à leur logique de parole commune partagée parlée perçue échangée, etc).

 

À partir du moment où dieu, la pensée, le sujet ou le réel sont entrés dans le champ intentionnel, et donc nommés, désignés comme tels, il est devenu impossible d’y échapper. D’échapper à l‘exigence, à dieu par ex. Ou à la pensée, ou au sujet et à la liberté et donc, liée, à l’égalité (et la justice, cad la sainteté, laïque mais sainteté quand même, lorsque l’on réfère son unité en propre non au(x) pouvoir(s) mais au un de chacun ; puisque l’on sait alors que les pouvoirs et les dominations, étant déterminés, sont voués à la disparition, la dispersion, l’effacement ; seule la structure, divine, existe, le reste est).

Lors même que des rêves immémoriaux ou des rêvasseries nous entraîneraient à ignorer l’accomplissement, l’acquisition, et de retourner s’emmitoufler dans la facilité (ou la bassesse).

Cela veut dire que manifester, exprimer la capacité et le basculement sur le Bord (de la réalité, du monde, de ce que l’on nomme l’univers, ou le bord de la vie vécue ou du corps ou du champ de perception, de représentation, d’expression, et finalement structurel), cette capacité oblige.

Elle exige de par dieu, dont on se demande encore ce qu’il nous veut (les juifs n’ont jamais compris, nous non plus) et ça s’amplifie fois dix mille avec le christ.

À hauteur humaine on obtiendra donc la pensée et le sujet ; la pensée relative au monde unique donné là (l’être) et le sujet du je individué et unique également à chaque fois.

Le tout aboutissant à exprimer dans le champ d’expression de nouveaux rapports à chaque fois de sorte à tisser non plus une réalité toujours déterminée et particularisée, mais un réel de structure ; dont le point d’orgue s’impose comme révolution qui lie chaque sujet à tout autre : liberté et égalité, les anglo-saxons en restant à la liberté seule et n’intégrant pas l’égalité de chaque je en chaque je, sans cette solution, exclusive et unique, l’équation ne s’installe pas et les je partent en vrille ou instaure l’empire mondial de domination, de même que l’égalité seule, communiste, le pur libéralisme et le communisme n’ont pas de centre, puisque le centre doit s’autoriser de et évidement par chaque liberté reconnaissant, en interne de son intentionnalité propre, autrui, l’autre je ; du reste seul chacun des je peut accéder à cette re-connaissance, ou si l’on préfère à ce se-savoir, qui en aucun cas ne peut se passer de l’autre je, de l’autre conscience, puisque chaque conscience est autre que soi, autre qu’elle-même, étant un rapport dont un des bouts manque, ce qui veut dire que le rapport, toujours plus grand, manque, et que seulement alors il existe en tant que rapport, sinon il se prend pour « quelqu’un », au lieu de « quelque un » au milieu de l’ensemble des uns, chaque un n’est reconnaissable comme tel que par tout autre je.

Ou donc, il n’y a pas de un sans un je.

Et c’est fondamental. C’est ce par quoi on passe du logos à la philosophie réelle ; cad des grecs à Descartes qui inaugure tout ce qui viendra ensuite. À partir de Descartes on ne pense plus un discours métaphysique mais la position du je là où il existe. Autrement dit l’être est l’exister, ou l’être est second et secondairement placé dans le plan bien plus vaste de l’exister brut.

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