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instants philosophie

déplacements et variation

15 Mai 2006, 22:18pm

Publié par zward

Le sujet est dans le moi ; mais il n'en prend pas , jamais , la place : il s'y ajoute.
La difficulté à cerner le sujet est aussi ce qui empoisonne la vie du moi. De même , le sujet est cela seul qui sauve le moi de son subjectivisme, ce gouffre.
Il se peut que le sujet vienne mordre la panse-même du moi : toute la puissance du sujet se déverse en se visualisant en un objet de foudre ... ou s'inverse en crevant les larmes du sire.


Si je dis cela , on ne comprend pas trop ...  mais on sent bien que si ça signifie quelque chose , il faut suivre le mouvement. On ne sait pas en quel sens il oriente ... peut-être s'oriente-t-il vers un sens déjà connu de mes lectures , de mes vécus , déjà perçu , entendu : peut-être est-il aussi une fléche lancée vers un autre territoire.
Ainsi il est nécessaire de larguer le port , et de voguer : ça navigue... La philosophie navigue. Elle évite beaucoup les affleurements , louvoie , serpentine ;  au fond , elle se glisse.
On ne peut pas lui demander de tout débaler en une fois. Parce que les mots , les pas,  tracent la ligne.
Les concepts principaux sont toujours difficilement circonscrits : on les retrouve en toutes sortes de positions , ils vivent au rythme de ce qui est dit : jusqu'à devenir parfois l'enjeu du discours.
Cela compose un ensemble mouvant.

Le déplacement est sans doute la difficulté en philosophie : ça se déplace partout : et non seulement à l'intérieur d'un même texte , mais d'un philosophe à l'autre. Pour cela il n'est pas une doctrine globale philosophique toute faite , mais il  est un mouvement qui traverse , et dont chaque ensemble est le commencement de résolution-expression. On pourrait même dire que tout résumé académique général ne formule pas du tout ce qui est en jeu : en fait chaque texte , et là seulement , parcourt le mouvement central pivotant . De cela la philosophie se réalise instantanéement.

Ceci pour insister sur l'ir-rationnalité de la réflexion. Mais de même que ça se déplace , le centre de compréhension possible , il est aussi une variation autour du même : ici , ça tend au rationnel  ; là , ça rencontre de l'impensable. Mais au moins , ça parvient à la limite. Ca peut presque dire ce que c'est ...

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triplette

14 Mai 2006, 15:08pm

Publié par zward

La subjectivisation est ce qui prît le pas sur la personnalisation : la personnalisation (pour ceux qui n'étaient pas là ( ... ! ) est la conséquence de l'humanisation de la réalité humaine :
qui ne sait que la réalité humaine fût , est encore , sera  longtemps (peut-être, si l'on survit ), une rigoureuse inhumanité  ... cad une horreur souvent .
Déjà la personnalisation n'est pas la panacée ... mais alors la subjectivisation , c'est une catastrophe...

Mais qui s'en passerait ??? Comment pourrions-nous ne plus essayer d'être la subjectivité que nous désirons si passionnaimant ?
Pas moi , en tout cas.

N'empéche que ...
Ca ne suffit pas. Ca manque : ça manque de personnalisation , qui est une dimension suplémentaire  de l'individualité : dimension qui tend à accorder l'individualité à l'universalité , cad par ex , aux autres , à leur reconnaissance : je suis qui je suis d'autant mieux , (heureux , satisfait ) , que mes collégues en humanité me connaissent pour ce que je leur donne : cad aussi en ce que mon action nourrit leur être , tout comme ils me renvoient la balle.
Par ailleurs notons que la personne s'ennuie comme un rat mort si la subjectivité ne se laisse pas aller.
(J'entends par là que la démocratie est au coeur de l'individualité psychologiquement et plus )

De même est liée à la personnalisation , l'humanisation.
Laquelle fonde en toute personne d'affronter ou de se confronter à la condition humaine , et surtout de résoudre cette condition : ensemble ... De repousser les limites données , de base , naturelles , ou mécaniquement créées au sein des sociétés humaines.

 Mais la personnalisation ne peut pas tourner à vide : cad uniquement se satisfaire d'une reconnaissance dans ses rôles humains , sans que , d'elle-même , elle s'accorde sur la valeur de ces effets , de ses effets qu'elle produit ou transmet : ce qui signifie qu'il peut exister une personnalisation à vide , forme sans contenu , vahuement dégoutée d'être ... de participer à une oeuvre commune pas claire du tout , voir franchement inacceptable.La personnalisation ne peut pas se constituer formellement , (une sorte d'unique reconnaissance invalidée des autres ) ou alors elle ne tourne pas rond ... elle n'est pas à l'aise dans son être.

Cependant à cette triplette , s'ajoute une autre dimension : celle du sujet à proprement parler.

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la face du vide

14 Mai 2006, 14:05pm

Publié par zward


Nous sommes embarqués dans un procédé qui crée de la subjectivité à tout-va : au point que c'est même l'inverse qui nous est  plaqué sur l'être : on produit de la subjectivité , pour nous , des goûts et des couleurs , des  opinions , des images , des histoires , plein. C'est le grand temps des romans mis en images : des héros , des anti-héros , des demi-dieux avec des morceaux de faiblesse dedans , des vies révées , des drames de substitution pour pleurer , des idolâtries tellement humanisées qu'elles se véhiculent en signes et jamais plus en recueillements ; et comme la matiére manque , au bout de soixante années de productions et de mises en vente , qu'on ne sait plus quoi inventer , alors on va tourner la vie des gens , on les met en scéne : ça remplit la grande mise sur le marché , évidée par tant d'historiettes déjà épuisées . Les gens sont contents , ils se voient. On remarque à peine que quand bien même tournées sur le vif , c'est si lourdement mis en scéne ,  cadré  , que ça en est subtilisé , soustitré , volé , voilées toutes ces pellicules. Au fur et à mesure , loin d'exploser la vérité , ça se crée des logiques , des contraintes , des résidus du 19° , des répétitions absorbatrices du vivant. On s'en rend compte, aussi pour bien montrer comme c'est vrai ce que l'on montre, on en rajoute dans le douloureux, les larmes, le facile , le détail incongru : vous voyez bien que c'est du vrai !

Mais c'est trés génant ... même toute construite , l'image réalité est peu encourageante ... elle en fait trop , même camouflée ... elle est vaguement dégoulayante ... il faut corriger ça .... et ainsi on ressort de la vieille morale agrémentée ... du psy pansement ... de la compassion bien humaniste ... du cynisme bien second degré , qu'on dit ... c'est comme du Céline en direct ... Céline en moins ; pas de danger ,  puisqu'on nous ouvre grande une porte de sortie honorable , à chaque fois ...
Ceci dit , c'est trés bien : que l'on épuise donc tous nos miroirs.
Et si l'on en soustitre toutes les frasques dérisoires , c'est que de ces images on retiendra le prononcé , le dit , la parole ; cette forme de conclusion . Cela s'inscrira comme la vérité de ces  images : que l'on oubliera , mais pas les mots ... écrits à même notre esprit .
C'est que , comprenez bien , c'est trés difficile à élaborer un langage qui ne pense pas ....
Ils y passent un temps fou ! Et chers payés en plus ! C'est la preuve ...

On en est tellement imbibés, que l'on ne voit pas ce qui pourrait être autrement.
On ne voit pas ce qui manque. Ca c'est effacé de nos mémoires. De notre histoire.
On a ré-écrit dessus. Ministére de la ré-écriture. : le mass média.

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allo la terre ? ici la lune.

12 Mai 2006, 15:20pm

Publié par zward

Le langage qui était jusque-là utilisé pour véhiculer des choses , des objets , des intentions , des projets , des organisations , devient en soi une unité à part entiére. Il n'est plus un instrument au service de l'imagination , des sentiments , des échanges , des groupes , des sociétés : il est en lui-même ce qui opére le tri de ce qui est effectif ou pas.

Par effectif , il faut comprendre : qui accepte un certain degré de clarté interne et qui appartient possiblement à quiconque. Et qui de ce fait peut être constater dans le monde.

Parce que le probléme résidera maintenant dans ce "peut être constater dans le monde " :
est-ce un "peut " qui indique la nécessité que , parce que clairement conçue , cette pensée existera nécessairement dans le monde ?
Ou est-ce la simple possibilité que cela , le clairement conçu , soit "éventuellement " constaté dans le monde , mais que de ce qu''il est clairement défini , au moins , on saura affirmer ou non si l'objet réel ressemble à l'objet pensé ?

Parce que si un ensemble , convenablement conçu , finalement n'est pas retrouvé dans la réalité ; cela signifie quoi ?
Sinon qu'il est nécessaire de revenir sur cet ensemble conçu ; d'en reprendre les éléments qui présidèrent à son élaboration conceptuelle , d'observer à nouveau le monde et cet objet potentiel , d'en extraire les éléments manquants , et de reformuler l'ensemble à fins de vérifications nouvelles

La conception , clairement conçue , erronée ou pas , importe peu , parce qu'elle servira de par sa clarté conceptuelle même , (vraie ou fausse) , à re-observer plus sensiblement le monde réel ...
La vérité ou pas  du concept , de l'ensemble conçu , est second par rapport à la relation potentielle que le concept  autorise.
Il ne s'agit donc non pas de "vérité" assénée , mais de concepts opératoires ou pas ... ou plutot de concepts plus ou moins opératoires ; de concepts relatifs.

Ceci est fondamental : la philosophie tourne autour.
Autour de ce qu'elle a à exprimer , extirper.
De sorte que la proposition "je pense donc je suis "
(qui fait date avec "l'être est , le non-être n'est pas " , et c'est plus que symbolique  , mais qui ne sont pas les seuls énergumènes bien entendu de l'expression philosophique )
cette proposition doit à la fois être épuisée ... et délaissée à son contenu potentiel ...

il ne faut pas en comprendre une formulation mathématique (quoique les cartésiens aient pu en tenter l'entiére expression : la philosophie ne se trompe jamais vraiment ; elle est exactement . )
mais doit être reçue comme la parole instantanée  ; que parlée , elle ne s'épuise pas , n'épuise pas "ce que"  elle dit : ce que s'impose dans le moment , et brode là-dessus.
Et pourtant il n'existe aucun moyen d'entrevoir "ce qui se passe " sinon via une expression de "cela".

Ca tourne autour ...mais ça ne veut pas rencontrer son être :  ça évite la religiosité et l'absolument là.
Résultat : ça lévite pour de vrai ...
mais ça lévite  non-magiquement , cad réellement ... ça suspend en-dehors...
( le second grand probléme est de discerner ce que c'est que le dehors. )

Ainsi il est fondamental d'expliciter une proposition , et d'exiger une évidence explicite mais il ne faut  pas en attendre une totale clarté ,  qui nuirait profondément en réalité à l'objectivité de l'expression-invention ...
ce qui se découvre , le sujet du je pense par ex , est mis à jour ET inventé ... à la fois.

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insistons vaguement sur un point

10 Mai 2006, 19:15pm

Publié par zward

si vous sortez de la raison, vous sortez de la raison :
cad de ce qui est vérifiable d'une part et de ce qui élabore un territoire commun minimum (universel politique , individué , culturel ) ;
ce sur quoi on s'accorde , et qui est ,de ce fait, réel , notamment par ce qu'il autorise .
(ce qu'il autorise d'accord entre sujets , et d'efficace sur les choses : accord entre sujets qui signifie aussi accord avec soi ... )

La raison" n'est rien d'autre ... elle n'est pas "la Raison " , un corpus tout fait.
C'est une technique (qui de toute évidence plonge dans une ontologie , mais qui , cette ontologie , ne doit pas contredire cette pure technicité ; qu'il y ait une ontologie de cette technique , c'est ce que la philo tente ).

En tant que technique elle ressort d'un sujet : si le Jepense est une marque décisive , c'est qu'elle n'existe, cette phrase , que d'un sujet qui la prononce ; et qui est lue d'un sujet qui pour la comprendre , doit y exister activement : si je dis "la pluie tombe " , on imagine la pluie sur la rue : c'est en cette image que l'on se projette : si je dis "je pense donc je suis " , je suis obligé d'activer la formule sur ma propre conscience. Cette activation , qui ne se saisit  pas uniquement de cette formule cartésienne , est indéfiniment essentielle ; dans son être incertain lui-même , la forme en est exacte , son contenu difficilement exprimable clairement ... (suspens historique de 2500 années et qui continue )

La dépendance visà vis d'un sujet semble un amoindrissement (de la validité de qui est pensé) ; en fait  c'est l'inverse : c'est d'être énoncé par un sujet qui donne toute sa performance , toute sa réalité à la pensée.
Celui-çi pense cela ... d'une part on peut s'y référer nommément et lui opposer ce que l'on entendra, contradictoirement ,
mais d'autre part la cohérence qu'il manifeste est cette exigence tenue par un sujet : qui peut faire croire à un grand miracle : et à tout le moins , il y a la création d'un  " Sujet "  en tant que tel par l'effecteur , l'opérateur du langage (ou l'un nait de l'autre , et réciproquement au strict minimum ).

 Le vrai , possible , existe via une individualité : une individualité séparée d'un ordre , d'une culture , d'un monde humain donné qui en son ordre pré-organise la perception , les émotions , le langage qui clôt le monde.
une individualité face à ce qui est  , mais aussi à mi-chemin de la culture et du réel dans son ensemble tel que non-donné dans la culture , non-connu , non-organisé encore. No man's land.
Tout ceci est assez déroutant , même si nous nous y sommes continuellement habitués depuis plusieurs siécles , peu à peu.
Même si cette dimension est imperturbablement recouverte : là où le sujet se préte uniquement comme un moi , non pas trop subjectif , (l'est-on jamais assez ? ) , mais  uniquement subjectif ...

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tour de table

9 Mai 2006, 18:16pm

Publié par zward

il ne peut y avoir aucun argument entre deux positions ; l'une qui se situe dans la raison et l'autre au dehors , elles ne parlent pas au même niveau (sans jugement de valeur)

la raison définit ce qui est rationellement recevable ; entre deux positions un seul critére tranche : ce qui est dit est-il réel ou pas ? c'est le réel , l'altérité qui tranche ; pas les positions individuelles, , qui sont confrontées si l'on veut , mais c'est indécidable en soi. Ainsi chacun peut croire en dieu , si il le souhaite ; la raison ne dit pas "dieu n'existe pas" : elle déplace l'enjeu , en découvrant ce qui est seulement constatable.

si vous pouvez ajouter un qualificatif sans en connaitre la réalité ou non (par ex ; dieu existe ) ou lui en retirer , ou lui en supposer quantité d'autres , sans aucune vérification possible , alors vous vous situez hors du discours auto-cohérent ;: hors de cette forme-là d'énoncer quelque chose avec des mots (on peut s'exprimer soi , sur ce que l'on croit ou non ; ce qui est tout à fait intéressant mais sans effet sur les concepts).

la différence de "dieu existe " avec une proposition du genre "je pense donc je suis " , c'est que cette proposition vaut universellement pour qu'un discours minimum fonctionne pour tous ;
ce sera repris en tant qu'opérateur , et pas en tant que contenu : et cela signifie que ça laisse toute lattitude aux contenus réels , constatés , (selon l'ordre des raisons, pour descartes , il déduira ceci ou cela  et selon la scientificité des procédures pour descartes et les autres, on pourra constater telle ou telle réalité )

on est dans le minimum et non dans le mélange contenu et forme.

 je pense donc je suis , ne dit "rien" ;
pas de contenus extérieurs à l'énoncé : "c'est celui qui dit , qui est " : (en somme :-)
celui qui dit , ne dit pas "je suis tout" , "je suis un " , "je suis existence" , je suis conscience "
il dit : celui qui dit JE est un mot qui dit JE :
et effectivement ça dit JE en tant que sujet (pas en tant que MOI) ;
ça tient dans la phrase (le moi est un réel hors de la phrase)

si je dis " dieu existe " ; ce que je désigne , est hors de l'énoncé :
dieu  peut recouvrir tout ce que l'on veut ,
(tandis que un sujet-formel "je pense " est entiérement cet opérateur de cette phrase là ) : 
existe désigne un état qui doit être défini , mais surtout qui appartiendrait à un être qui n'est pas présent dans la phrase
existe  c'est un ajout , inconstatable par qui que ce soit , et imprononcable en aucune phrase ; aucune phrase ne contient "l'exister " des choses . Les choses existent ,ou non, en-dehors des phrases.

" je pense " définit une unité de base , et tout le reste est extérieur.

Bien sûr ça n'est absolument pas aussi simple ...
parce que si l'on ne sait pas qui est le "je " qui dit "je pense" , ni ce que "penser" signifie , donc a priori ça ne sert à rien ... on peut répéter indéfiniment "je pense , etc "
Or il se trouve que , malgré tout, ça sert énormément ... ça sert parce que ça démarre le discours : la philosophie fait comme si ce qu'elle énoncait était tout à fait parfait , et exactement dit , tel que cela est : la pensée correspondrait exactement au réel ...
mais peu importe : parce que la validité est que ça fonctionne ... le "je pense " est un simple opérateur , dans la phrase , qui permet d'augmenter la pensée , en gardant bien comme loi celle d'une cohérence interne à la phrase , et la loi d'une effective présence de ce qui est dit , montré , expérimenté.(pour ce qui est des contenus qui seront possiblement ajoutés). 

La philo élabore donc un discours minimum commun , possible entre tous les sujets : ceux qui tiennent à ce que , dans l'énoncé , ce qui est soit effectivement présent. Puisque outre la cohérence du discours (que l'on peut trouver dans nombre de discours , philosophiques ou pas ) et son auto-cohérence (chaque élément est potentiellement explicitable dans une phrase) , l'autre réalité commune entre tous les sujets (outre le discours donc) est le réel.
Le monde est " là où sont tous les sujets ", et existe indépendamment de tout sujet.

 

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dedans-dehors

7 Mai 2006, 22:14pm

Publié par zward

Il me semble qu'il n'est pas une unité fondamentale de la philosophie. Si l'on parvient à découvrir ce en quoi elle consiste , on a répondu à toutes les questions , or cela ne se peut ... il n'est pas de connaissance telle que tout soit explicité ; et pour cette raison la philosophie continue d'accompagner, de suivre le mouvement , de devenir.
L'embétant tient en ceci : la philo affirme ses ambitions (délirantes en soi et justifiées comme telles , parce qu'avouées ) , tandis que nombre de prises de positions se donnent sous le couvert d'une autre sorte de statut : lequel statut peut accepter des hypothéses scientifiques , des projets politiques , des idéaux culturels , des intériorités religieuses mais non pas parler le vrai comme tel absolument :
si la philo n'assume pas le facteur "vérité" en et de par soi en tant que philosophie , celui-ci est récupéré par des institutions , des groupes ,des ensembles : il faut que le vrai reste dans le champ philosophique ; là où il se dit comme tel : en tant que vrai issu d'un sujet ...
(bref en ce cas on peut s'en prendre à quelqu'un , et le contredire )

L'unité fondamentale de la philosophie est de se tenir à l'extréme bord de l'expression : au-delà on dit n'importe quoi , (cad en fait on recommence à redire les mêmes erreurs ... parce que le n'importe quoi existe trés peu , on dit toujours selon une forme , une maniére , une mise en ordre , ou selon un donné particulier (vécu ) ou précis (un savoir ) ; et que par là reviennent les répétitions humaines)
Bon , l'unité se tient à l'extréme bord de l'expression , de son territoire . L'artiste se tient lui aussi dans son extréme bord , cad son plus grand possible ... L'écrivain de même , pousse sa stratégie aussi loin qu'il tient son sujet ... cad lui-même en tant qu'il tombe dans le monde.

Et pour aller plus loin ... chaque sujet peut semblablement pousser son propre territoire , qu'il faut entendre par : son propre possible ... ce qui signifie : apprendre ou être ce qu'il ne sait pas , n'est pas encore.

Le mouvement philosophique participe de  ce mouvement  plus étendu ,
mais la philosophie , spécifiquement , essaie de décrire où et comment ça se passe ...
son mouvement n'est pas de pousser telle ou telle limite , mais de cerner , discerner là où la limitation se déchausse , bascule , tombe dans le possible ...
La limite est interne au discours et ayant à être dépassée
La limite est une constante en chaque personnalisation du sujet ; mais cette limite ne peut être franchie quelque peu que par le sujet lui-même : les sujets ne sont pas en concurrence ,(il n'est pas de "contenu" en rivalité )  chaque sujet poursuit plus ou moins son propre tracé et inclu ses propres limites dépassantes.

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le sujet en acte

7 Mai 2006, 10:28am

Publié par zward

La philosophie recherche le sujet , mais elle ne sait pas qui il est ;
renvoyant à leur relativité toutes les définitions pré-organisées du sujet , (qui est pris alors comme un moi )
écartant également tous les objets , et tous les champs d'objectivités (sciences et sciences humaines) comme explicatifs de ce sujet-là :

Le sujet n'existe que là où il existe ... ce qui veut dire : il est en acte.
Il n'est pas un signe indirect , (en tant que signe indirect , il serait supposé , il serait imaginé ).
Il ne peut pas être dit , passivement . Il est celui qui se dit , activement.
Il ne s'agit pas seulement d'agir ou de décider ou d'imaginer ; tout cela peut s'effectuer comme une écriture : ce dont il s'agit , le Sujet , est une ré-écriture ...
Non pas que agir ou décider ou imaginer soient à négliger : on peut tout à fait produire un choc , un heurt , une distance infinie dans et par une action , décision , imagination ... mais ça n'est pas voulu structurellement : c'est presque accidentel : ça n'est pas absolument actif : c'est en partie subi.

La ré-écriture implique fondamentalement que l'on va écrire là où on n' a pas le "droit "  ... , là où c'est déjà écrit :  par tout le monde , par le monde, par les lois , par la nature , par autrui , par les autres , par les objets et les choses , par soi tel que l'on fût . On touche à l'intouchable. On joue.

La ré-écriture ne concerne pas seulement la philosophie , qui dresse le statut pensable du phénoméne de l'auto-écriture possible de tout sujet , mais concerne toute propension à produire du signe plutot que de le recevoir . Pousser à  se rendre compte que produire du signe , on sait faire , sauf qu'on ne se le dit pas ...

Ainsi on ne préjuge en rien de "ce qui peut être dit "  . Par qui que ce soit .
Le contenu change . Mais pour tout sujet, il s'agit de savoir si oui ou non ce temps d'existence est à s'exprimer-soi , ou pas... (question de Valeur , là où la valeur est , et non pas supposée ...)
Il ne peut être question d'attendre du monde , des autres , de la vie  , qu'ils nous offrent l'occasion d'être.

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l'amour et l'impensable

6 Mai 2006, 17:56pm

Publié par zward

ce que l'on désire en amour est donc toujours autre chose que ce sur quoi l'on tombe...

il faut éloigner l'idée psychologique de projection , de relation de deux Mois , l'idée de rapport ; ça prend toujours la caricature de deux unités qui doivent être reliées ; mais une fois séparées , on ne sait plus comment ça se produit cette unité immédiate telle que désirée en chacun des deux ...

A rebours cette unité ,en elle-même, ne donne rien : elle ne nous dit pas pourquoi cette personne-là et pas une autre ...
mais l'idée que la relation est d'abord formelle signifie que l'on peut se tromper tout en y croyant absolument ... c'est la même proposition qui veut que je me sens immortel , que je suis éternel ...
L'absence de signes de cette éternité ... il n'y a rien dans le monde qui prouve quoi que ce soit en tant que signes directs (d'autres peuvent admettre des "signes indirects " ) , mais n'empéche que ... même un agnostique , un non -croyant , se sent bien "hors-temps" ; ça n'est pas que l'on est prêt à y souscrire à cette éternité ... c'est que l'on s'y sent déjà chez soi.
Une évidence ...
et bien c'est une évidence qui frappe, de tomber amoureux  ; quelque chose de formellement acquis se met en place ... alors même que l'on en sait rien de ces signes directs , on suppose mais d'une supposition de tout l'être : ainsi la conscience que l'on en a , méne le corps ...
Ou est-ce l'inverse ? le corps qui méne la conscience que l'on est.
Car on peut dire aussi que sur l'instinct , on bricolerait une image dont on néglige toute réalité ... le désir pousse à y croire. Et la survie animale rendrait insupportable la conscience de la mort ...
Ainsi l'amour ou l'éternité appartiendraient au régne animal ...
On nous a tant impliqué dans la présentation de l'esprit comme extérieur au monde , que l'animalité est naturellement destinée à la mort , tandis que l'esprit est prédestiné à la continuation , la perduration de son être ;
de même l'amour, pour l'esprit ,quel est-il ? Il serait sacrifice , non égoisme , voir altruiste ...
mais on voit bien que les choses composées ne sont aussi claires ...
La relation a deux , instituée , n'est plus aussi classique qu'elle le fût : on n'endosse plus un rôle , mari-femme/enfants ; on a sa personnalité,  n'est-ce pas ... qui complique tout :
et l'on glisse , de fait , du sacrifice (bon , oubli de soi , si l'on préfére ) à la naturelle indépendance de chacun ...
D'être coupé de l'animalité survivante et désirante , est-ce l'esprit institué ?
Ou l'institution de l'esprit ?

L'institution de l'esprit est l'esprit tel que présenté à tous ;
on lui demande de s'oublier : individuellement son être est recouvert d'une vie commune , classique , acceptée et de ce qu'il ne va pas mourir (sinon ça serait insupportable)
l'esprit institué est celui qui annule la distance entre soi et l'autre , et pour qui la mort est non-supportable.
Mais en soi , indépendamment des deux exemples , que sont-ils ?

Ce sur quoi l'on tombe , dans la vie vécue ,  ce que l'on vit en somme , est toujours infiniment éloigné des images instituées ; ça n'a rien à voir ... ça  parle  de la même chose mais absolument pas dans le même registre : or on ne se vit que d'un seul ... de n'être pas exprimé , c'est vécu en_desous ... comme en deux dimensions difficilement communicables
les sentiments , les émotions , les perceptions sont d'un autre monde , au sens où ils dépassent notre possibilité d'expression : comme si la parole était   trop institutionalisée en elle-même... et pas encore instituée : le peut-elle ?
Et combien de fois a-t-on soi-même recouvert l'impensable de mots tout-institués ?

Mais la philosophie , que cherche -t-elle sinon à dépasser le sujet de l'institution par un sujet qui s'institue-soi : qui traverse la parole connue , par son acte même de la tordre . La tordre vers le bas.

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la goutte d'eau ne fait pas déborder le vase

5 Mai 2006, 22:20pm

Publié par zward

Le langage nous cache le monde , mais ouvre le monde à notre activité : on se déplace dans le monde comme le félin invisible dans la foret de mots.
Il faut un long boulot pour re-composer les mots qui nous ont enveloppés : remonter aux origines de ce monde où l'on va éprouver des tas de vécus et qui est déjà parlé , déjà organisé n'est pas une mince affaire , et même peut être poursuivit en deux sources bien distinctes :

d'une part les quelques mots qui pétrissent mon destin personnel , psychanalytique ;
et d'autre part les mots innombrables qui pré-organisent ce monde humain : lois , qu'est-ce que c'est ?? sciences , ça veut dire quoi ?? image,  pourquoi tant d'images ?? tout semble naturellement réglé , une fois pour toutes , et ainsi nous pouvons nous concentrer sur ce que nous pourrons réaliser , par nos actions , nos désirs , dans ce monde pré_ordonné :
en ce sens-là notre action est libérée de n'avoir pas à re-penser , ré-organiser autrement , ce qui prendrait mille vies : en quoi on dit toujours que "réfléchir , empéche d'agir ", mais d'agir pour son seul compte , tandis que l'agir de la réflexion vise l'organsiation de l'humanisation , au sens où : le contrat , d'humaniser le monde , est-il respecté ? 
de même la psychanalyse qui remonte le cours de  mes mots , a pour finalité de rendre à nouveau vivante et possible une action , un désir : cad de libérer l'action de ma personnalisation , dans le monde tel quel ; ce sont seulement les mots-balises pas bien en place dans mon monde , qui rendent , de ce décalage , in-navigable ce vécu .

Pareillement  , comme je puis être perdu dans mes mots-balises de personnalisation , je puis être dans l'incertitude compléte quant à l'humanisation de ce monde .
Un vécu doit-il connaitre son monde , le parler tel qu'il n'est pas parlé , pour accéder à sa personnalisation ? à son action ? ou faut-il aussi à peu prés saisir ce dont il retourne pour que "personnalisation" ne soit pas un aveuglement , limité mais aveugle quand même ? que sait-il de ce qu'il ignore alors ? quel est le statut d'une personnalisation qui passe outre l'organisation de son monde ? pourquoi cette personnalisation en aveugle est-elle le seul modéle ?
c'est-à-dire ; une personnalisation qui ne vise que sa propre action , son propre désir dans un monde-tout-fait.

Peut-on dire : "mais agissez , le monde changera en cette mesure" , si cette action est dépourvue de toute vue d'ensemble ? 
cette action ne s'écoulera -t-elle pas comme la goutte d'eau dans un océan , sans rien modifier du tout le roulement global ?  

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