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instants philosophie

du libre ( techniquement)

7 Mai 2007, 18:57pm

Publié par zward

Il faut peut-être clarifier le problème : le libre n'est pas de décider tout à coup d'être un autre, ou de ne pas ressentir de violence (qui est naturellement active), ou même de stopper nette telle pulsion : encore que cela se peut, qu’il y ait un aperçu soudain, qui laisse-là l'ancienne peau : soudain on aperçoit d'autres possibles. Ce qui requiert une ontologie « à disposition du sujet », un prolongement interne à cet être.

 Mais le libre est dans la possibilité de se constituer sur la longueur de temps, et dans la temporalité : comme étant capable de, non pas contrôler toutes les conditions (de n'importe quelle action , ou situation), mais d'orienter ces conditions, et de revenir sur ces conditions.

Sinon la civilisation, la culture, l'éducation (d'un être à peu prés équilibré, cad qui peut faire la part des choses) ne prendraient pas autant de temps... ni d'efforts : en quoi donc on peut éventuellement être libre tout seul, mais bien plus surement, on est libre dans une culture qui dépend de beaucoup, sinon de tous.

Donc le libre est en soi la capacité de modifier, au su et au vu des expériences, les conditions et les causalités ; pour cette raison, ça ne peut pas se passer de l'intelligence (de plus en plus détaillée et précise) des conditions d'existence. Remonter jusqu’à la causalité de tel fait, c’est aussi recomposer en soi les parcours que l’on a suivis ou décidés, et revenir sur la décision-même : ce qui est briser la ligne trop étroite du moi, via l’ouverture que constitue son Sujet, puisque le moi tend à créer sa propre ligne constante.

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du libre (vrac)

5 Mai 2007, 08:36am

Publié par zward

Et bien bâtissez donc une société qui ne soit pas fondée sur la liberté
puisque d'après vous ce que l'on pense n'a plus d'influence que cela.
Si par contre vous demandez ; tiens, pourquoi instituer le libre au fondement de la vie en société ?
Ou : qu'est-ce que ça me fait de me dire "libre " ?
Alors philosophez.

Si par ailleurs sil vous lasse d'essayer de situer où et comment l'être de l'homme est libre, et en quoi et pourquoi, et bien ne philosophez pas.
Cad ne lisez ni Descartes ni Kant ni Hegel, etc.

Attendez qu'une quelconque religion ou politique ou idéologie répondent à votre place.
Continuez de dérouler des déterminations, oh je fais ça mais ce sont les pulsions ou mon passé qui m'influencent : bah ne vous fatiguez pas trop parce que la place est déjà prise, ou devenez psy ou analyste, ou astrophysicien.

Si par contre vous tenez à une hypothèse ; genre tout est un matérialisme dialectique, ça c'est de la philo. Remarquez que Marx n'est pas très clair là-dessus ; infra ou super structure, on ne sait plus trop qui fait quoi.

On peut très bien appliquer une causalité parce qu'a postériori.
Si la liberté est d’inventer, (et pas seulement de choisir entre des existants),
Mozart était il forcé d'être Mozart ? Ou a t il on ne sait de où la synthèse fabuleuse de sa musique ?
Entre t il dans la nécessité d'une théorie musicologique ? Ou l'a t il créée cette "nécessité" ?
Si je suis martyrisé dans mon enfance, vais- je en retrouvé les traces, ou en faire quelque chose d'autre ?
Et si j'en fais quelque chose d’autre, va t on dire ; ah ! et bien oui, il s'est sauvé par la peinture parce que son grand père peignait ?

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du libre (en vrac)

2 Mai 2007, 18:26pm

Publié par zward

Je ne vois pas ce qui autorise à affirmer que tout est déterminé : il faudrait pour cela que nous ayons compris que tout est effectivement déterminé : cad de connaître toutes les déterminations réelles
or on en est loin.
Donc dire : tout est déterminé est juste une opinion ou une position philosophique ; personne ne peut escompter un soutien "scientifique" à cette position.
Citer tel exemple de détermination ne signifie pas que ça puisse s'appliquer uniformément.

Pour ce qui est d'affirmer le libre en soi, il faut donc à rebours en développer une philosophie
mais pour l'inverse aussi.

Pour ce qui est de la philo. Il me parait qu’un système qui peut se permettre de modifier les conditions de sa propre existence, réalise une indépendance vis à vis de ces conditions. Il n'appartient pas à un milieu en particulier, puisqu'il peut remodeler à plus ou moins long terme, ce milieu.

Ensuite il est pensable comme tout le vivant avance vers plus de complexité, qu’il apparaisse un organisme dont l'autonomie est à ce point multiple et diverse, fantasque parfois et déroutante, qu'elle soit en mesure d'être dite "libre".

Que cette liberté ne soit pas "absolue», est une évidence puisque être libre absolument ne signifie rien du tout.
Bien sûr il est inutile de parler de la liberté comme absolue : littéralement ça ne signifie pas grand chose : si j'ai envie de voler, il me faut un avion... or il se trouve que l'avion, on l'a inventé.
Absolument la liberté peut s'entendre mais ontologiquement : on a une part de libre en soi. (cad au moins une partie de soi-même qui se tient du libre pur).
Mais plus basiquement : si je me vois accomplir ceci ou cela, ou si j'observe un autre accomplir telle action, je suis bel et bien en miroir.
On peut s'accepter en tout, mais en ce cas c'est un choix fondé sur une réalité observable et observé par soi-même : de simplement se voir déjà influe considérablement : que je vois vu par un autre m'oblige effectivement à adopter un autre point de vue que le mien qui glissait sur mon apparence, sans y prêter attention, et dont je suis "mécaniquement" dans la nécessité de l'admettre.
Alors si on part de soi, et que l’on se dit "non libre", on opère une réduction de ce qui nous est possible : soit à subir n'importe quel regard de n'importe quel autre, soit de ne pas développer le libre point de vue sur soi-même.
Le libre n'est pas une pétition de principe : c'est juste penser incessamment que je puis recourir à une étrangeté qui multiplie les points de vue.
il s'agit moins d'une absolue ontologie, que d'un pragmatisme interne.
Si on dit qu'il n'y a pas de porte, on risque de ne pas l'ouvrir.

 

Il est bien évident que prouver la liberté est impossible

Mais quelle science nous prouve que la détermination est entière ?

La science ne nous dit elle pas outre les déterminations que la cervelle est absolument complexe ? (notamment réagissant comme un ensemble lorsque évidemment un minimum est assuré) laissant à notre disposition des éléments.

La détermination entière est un principe, un postulat ;

On découvre dans l'Amazonie des tas de variétés d'une catégorie (faune ou flore) que l'on croyait close et définie.

La science définit ce qu'elle sait, pas ce qu'elle ignore. Croyez-vous pouvoir infirmer l'existence de dieu à partir de la matière énergie découverte comme "univers" ?

C’est indécidable.

Donc c'est un postulat de votre part.

 

Quant à l'utilité de postuler le libre.

c'est qu'il faut bien en penser quelque chose ... cela parait artificiel mais songez à remplacer dans tous les discours et lois et coutumes et pensées, le mot libre ou liberté par une quelconque définition stricte de ce que vous êtes, de ce qu'est votre voisin ... (quelle définition ??)

Parce qu’éthiquement c'est cela qui se profile si l'on enlève le statut du sujet.

Éthiquement autant pour vous-même que pour tout autre ; ce serait un point de vue aberrant pour quiconque.

 

Que la science parte constamment du principe qu'il faut dénicher les déterminations : bien sur, c'est son travail.

Mais puisque la science n'occupe pas tout le champ possible, il est absolument nécessaire qu'il y ait une éthique, une pensée, une philosophie (ou une politique une morale etc) qui éclaircisse les positions possibles, que la science n'atteint pas.

Pensez-vous vous référer constamment à des connaissances scientifiques ? Dans n'importe quelle situation fut-elle personnelle et engageant votre vie ?

 

Ensuite philosophiquement ; le libre introduit, dans n'importe quel texte, un sujet.

 En quoi ce qui sera dit dans ce texte est selon cette architecture précise qu'un sujet il y a.

Il ne faut pas attendre Descartes pour que le libre soit la règle majeure de la philo : grecs et latins si ils n'affirment pas distinctement un "sujet" imposent de fait l'autonomie de la raison (par rapport à tout le reste)

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