Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

coeur philosophique

7 Juin 2007, 15:20pm

Publié par zward

La philosophie crée dans le langage, un discours. On le nomme discours parce qu’il est causé d’un sujet.

Et il est causé d’un sujet parce qu’il parle ici et maintenant de la réalité ci-présente.

Le discours n’aura théoriquement aucun contenu qui ne soit pas explicitable dans l’instant même. 
Tout ce qui est dit et peut être pensé, par un seul, dans sa totalité. Et en une seule fois continue.

L’immédiat est pris à témoin parce qu’il est tout ce qui est ; bien que, de fait, puisque sujet il y a, cet immédiat est infiniment (ou étrangement) retors.

 En tant que tel le discours crée une dépression profonde dans tout le langage.

 Il rend inutile l’au-delà imaginé.

Discours dont le contenu ne serait pas par principe autonome, qui ne peut plus désigner une réalité autre, au-delà de ce qui est dit (une réalité qui ne serait pas « là »).

 Le vécu.

Il mesure tout ce qui est ; cad aussi tout ce qui doit être vécu, sans quoi ce qui le sera ne vaudra pas le statut d’être effectivement réel, cad sera pure imagination, vague et supposée mais non dense et concrète, reproductible et ayant un projet de continuation, susceptible d’être repris.

 L’au-delà du « là » à rebours, en tant que déjà-connu.

Discours qui mesure tout ce qui est ; cad contredisant tout au-delà, qui n’est pas « là », qui est imaginé ou supposé, mais aussi déjà connu, sans réflexion, sans qu’il soit admis dans le maintenant, et qui n’est pas  « tout entier » explicitement là : ce qui est déjà connu, sans le penser, n’est pas développé, explicité, déployé.

 On tient le discours, mais pas le sujet qui l’énonce, ni le « là » qui mesure tout ce qui est.

C’est que le langage se tient en lui-même et s’explicite de ses propres éléments. Mais le sujet et le là, (le monde où nous sommes) sont des réalités…

On n’en détient pas les éléments constitutifs. Et le plus philosophique est de dénoncer qu’il est une erreur de croire que les dits éléments constitutifs se révèlent de se dire… ce qui est la condamnation la plus stricte de la philosophie : par quoi on lui coupe l’herbe sous le pied.

Si le dire ne révèle pas ce que c’est que le sujet et ce que c’est que l’être (sous la forme du Là, qui n’est pas l’Être au bout du discours parlé dans et exclusivement par le discours, sinon on a affaire à une révélation), alors le discours ne dit rien (sinon le langage).

Mais il se trouve que la constitution philosophique est singulièrement autre …

Voir les commentaires

tour de table

3 Juin 2007, 21:12pm

Publié par zward

Il est ainsi de cette petite scénette : le moi qui règne, le sujet qui voit, le Sujet qui pense, la personnalisation, l’humanisation, les objectivités, le monde indéfini, le discours et le Discours.

 Il est un sujet générique qui se retrouve comme Grosjean livré à son être historique (achèvement du sujet historique en une fois, qui coupe l’herbe sous le pied à jamais, par Hegel).

Un sujet dont on dira qu’il est privé d’intériorité, se donnant pourtant comme Grands Sujets de déraison, de poésie, de romantisme, être livré à la mort (Heidegger), embouti par lui-même de pure volonté vide bien que créatrice (Nietzsche), condamné à sa négativité libératrice(Sartre), formelle.

Et il est cette création ignoble et magique : le moi récent.

Qui ne peut que répugner aux Sujets. Mais sans laquelle aucun devenir n’est possible : le moi est le devenir succédant au sujet générique hégélien. Il vient enfin combler, après 150 ans, la forme vide du citoyen. Sans le moi, le Sujet n’est pas.

Qui ne peut que répugner aux sujets : cad qui se répugne à soi-même.

Il enguirlande son vécu, le rend tout joli et le hait, mais dépourvu de ce substrat qui satisferait le Sujet qu’il est.

Voir les commentaires

le bon et le mauvais (cinéma)

3 Juin 2007, 09:17am

Publié par zward

Le plus gros mensonge du cinéma est de transformer la linéarité non linéaire en linéarité tout court.
A démontrer, preuves à l'appui, puisque l'on est dans l'objectivité de ce qui est vu de mes yeux vu, qu’il existe un destin préétabli : un héros. Le faux jeu consistera alors à transformer le héros, prédestiné, en anti héros ou héros malgré lui, mais cela revient presque au même ; obéit presque à la même logique, tout comme le héros ambigüe, bien et mal mélangés. La grande qualité est à l’inverse de casser la logique destinale via les incongruités ; cad le mal qui est partout et non plus limité, la souffrance qui est intérieure et pas seulement localisée en un méchant dominant le scénario, l’absurde, le hasard, les forces du monde réel, réellement objectives, les nécessités qui combattent du dedans, la complexité et la possibilité des autres vies , autres choix, y compris les choix absurdes.

Voir les commentaires

<< < 1 2