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instants philosophie

Pour (et contre) tout

25 Octobre 2009, 11:28am

Publié par zward

Beaucoup qui se tournent vers la philosophie, cherchent à se résoudre eux-mêmes ; ils transportent leur négligence en des excuses psychologiques et idéelles ; ça sert d’alibi. Et cela consiste généralement à utiliser telle position envers toute autre, à choisir, élire comme sur une étagère qui nous temporalisera au mieux.

Mais philosophiquement, il n’est pas à choisir quoi que ce soit ; mais par contre à décider en temps et en heure. Décider pour la seule voie possible ; celle qui permet le plus. Celle du maximum ; mais n’est pas potentiel, si avenant, si aisément décelable ; parfois ce qui semble tout clore, s’affirmera cent fois plus loin, considérable. En quoi il ne s’agit pas seulement de « savoir ceci ou cela », mais de pertinence, et de décision.

Qu’il n’y ait qu’une voie, cela parait heurter notre sensibilité égocentrique (qui croit libre simplement son détachement et sa « différence » contre la tribu et d’allégeance envers une autre), mais philosophiquement, il n’est pas question de subjectivité ; de même en art, en esthétique, n’entre en scène notre subjectivité que comme moyen. En fait le subjectif est uniquement relatif à un moi psychologique et bien peu élaboré ; il est et repose sur un donné-là, une immédiateté, un passé, des expériences plus ou moins subies ou absorbées, etc. Philosophiquement il n’est question que du sujet ; sujet d’un texte, d’un discours, d’une universalité ; fonction de cette mise en forme là toujours absolument ciblée et précise ; qui n’existe que de se décrire par le menu. 

La philosophie est une expérience individuelle ; puisqu’il s’agit d’élever la conscience de soi à l’universalité de son être. Mais de ce fait ce qui vient à être, dépasse la facilité d’être « soi » ; du reste aucun moi psychologique ne parvient jamais à un « être » subjectif ou individuel ; aussi faut-il nommer l’individu philosophique le « singulier universel ». Cela même qui se situe par un texte ; et l’on y rejoint absolument l’esthétique ou le littéraire, mais aussi tout système de signes.

Cet être n’existe pas et n’est pas prévu en rien, ni quoi que ce soit ; on pourrait dire que si tout est information (ou détermination ; mais c’est en partie une image), l’information parvient, en un point, à un tel resserrement qu’elle se concentre et commence de tout resituer , à partir de ce point ; ainsi tout est convoqué ; il est par exemple dans l’esthétique une recomposition du temps ou de l’espace comme de la nature même de « l’information » ; qu’est-ce que l’on perçoit exactement ? Jusqu’où peut-on percevoir ?

Cette redistribution de l’information n’existe pas ; il est requis de la faire-être ; et seul un sujet conscient de soi peut avancer dans cet être recomposer en une fois ; un seul texte, une seule esthétique, une seule formule mathématique. Quelle est la nature de ce sujet qui fait-être, devant ses yeux, dans l’oreille ou selon son esprit qui comprend (ce qui Dit) ? En et comment se déplace –t-il selon l’espace et durant le temps ? quel traitement fait-il subir à l’information pour la recadrer selon une expérience précise de signes ?

L’ensemble du sujet est fondé sur la coercition de sa propre perception et n’est pas du tout une séparation de l’esprit ; c’est une refondation de ce qui est, de toute l’information, mais autrement et sur un autre plan ; celui dit de l’être-même.  Ce en quoi s’enracine le sujet.

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La vie tribale

10 Octobre 2009, 19:05pm

Publié par zward

On s’aime soi parce que l’on croit que cela nous vaudra parmi les autres ; ainsi le dernier bastion d’une hypothétique liberté d’être s’évanouit dans le champ de l’autre, des autres, d’autrui. Le fondement spontané de notre amour propre, c’est la prévision du regard d’une autre attention. Et qui nous ouvrirait la reconnaissance du groupe, de la tribu. 

Pareillement lorsque l’on communique, ce à quoi l’on s’adresse au travers de l’individualité, c’est à un certain regroupement, ce que l’on nomme « valeurs »par exemple, mais qui sont toujours dites « valeurs partagées », ou pas. Qui sont toujours symboliques ; le symbolique signifie que ce sont des signes partagés ; la question que l’on y pose est déjà dans la réponse que l’on y entend, ou pas. Hors ce partage, il n’y aurait aucune communication.

Sauf celle des individualités hautaines capables de s’effacer, pourtant, entièrement dans n’importe quel message ; capable de ne plus être, et de s’enfoncer le plus immédiatement possible dans le contenu de « ce qui est transmis » ; en quoi leur arrogance est une humilité fondamentale. Et indépendamment de toute tribu d’appartenance ; l’ensemble de qui l’on est, est alors utilisé dans une finalité absurde et emplie du réel, et non pas de ce que l’on y prévoit. On sort dès lors de tout système symbolique de communication ; et de fait la majorité des œuvres effectivement réelles, contiennent, entre autres, l’abattement, la destruction, la concentration mais distordue de ces systèmes symboliques ; la corrosion par la réalité des échanges humains hiérarchisés et valorisés.

Pourquoi cette destruction, lente, complexe, incroyablement difficile ? Parce qu’il s’agit de la lutte interne entre l’individualité pure et simple et la méta organisation humaine qui préside aux destinées habituelles ; entre la réalité étrange et pleine d’altérités comme vérité d’une part, et d’autre part la vérité « humanisée », idiotement, comme prétendument seule réalité…

Aussi les systèmes de signes libres manifestent la réalité du monde (dans l’esthétique, qui n’embellit pas la réalité, qui la montre et laisse voir comme la perception même dépasse la connotation humaine habituelle), des attentions de conscience (et s’ouvre le champ du littéraire et des devenirs individués purement démontés dans les mélanges complexes vécus), des faisceaux de sens qui se détruisent dans les faisceaux purement intentionnels (poétiques par exemple qui extraient des motions hyper signifiantes) qui portent leur vérité réelle contre et au-delà des vérités imaginaires humaines, psychologiques, relationnelles.

Ce qui se manifeste, ça n’est pas la destruction des ordres humains, mais ce qui existe en dessous ; les présences au monde, au donné, au vécu, à la perception, aux signes, débarrassés de toute mise ne ordre humaine dont le groupe est toujours-déjà la résolution. Le sujet se dirige vers l’insoluble.

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Le grand processus (stoppé net)

4 Octobre 2009, 21:35pm

Publié par zward

La totalité du monde est en cours de rationalisation ; mais comme cette rationalisation est écourtée, limitée, et ne parvient pas à dépasser son impensable, la raison est un pesant broyeur aveugle.

Cette raison est fondée telle quelle ; elle comprend ce qu’elle comprend et fonde son action sur cette compréhension.

On peut considérer que la capitalisme ou le libéralisme sont des effets de cette rationalisation ; de même que le communisme prenant le problème par l’autre bout ; l’Etat et la pure théorie ; L’individualité et l’échange pour le capitalisme ; dans les deux cas, la société de besoins/consommations et la technologie ; dans les deux cas la hiérarchisation absolue et le niveau impensable de décisions ; on ne sait pas pour quoi l’on décide ceci ou cela ; c’est laissé à une immédiateté impensée).

Le tout est de constater que le code, ou l’abstraction, c’est "ce qui organise" ; lorsque l’on ne peut pas organiser telle réalité en fonction de cette réalité même, (telle qu'elle est en la respectant) on l’écrase, l’annule ou l’anéantit. La plupart du temps elle n’est pas même prise en considération ; le flux organisationnel, qui est profondément stupide, ne parvient que très difficilement à interrompre ses catégories pour connaitre et comprendre.

De ce que le flux organisationnel réussit (selon ses propres objectifs) il en conclut qu’il est légitime et bien réel. En fait il est seulement plongé dans la facilité de ses effets ; il travaille mais en amont ; tout son effort est de concevoir mais selon ses finalités qu’il n’interroge même pas ; elles vont de soi.

Le procès impossible qui s’abat historiquement, consisterait à prononcer, énoncer, définir ces finalités ; ce qui impliquerait une refonte complète des productions, des consommations, de la représentation humaine en général et en particulier. Autant dire ; de démonter le monde humain et de le recomposer autrement ; parce que ce sont des réalités déjà là, déjà organisées, déjà explicitement formant la matière même des vies humaines ; tous les contenus historiques depuis 2 siècles.

 Réorienter les réalités ce serait réorienter les flux ; tout cela qui est-déjà organisé ; or ce qui est organisé définit « cela même qui est » ; on n’imagine absolument pas comment cela pourrait être autrement dans les faits ; même si on peut rêver de tout et n’importe quoi, la réalité pèse de toute son inertie.

Mais aussi l’esprit qui ne peut pas ordonner la réalité sans comprendre ce qu’il fait ; or la définition qu’il se donne de la réalité humaine s’opère selon l’universel fixe, abstrait et anciennement défini ; qui ouvrit la ressource collective de cogitation (les unités humaines pensaient-ensemble et se transmettaient cette organisation) à la multiplicité et la pluralité (chacun pense théoriquement séparément, en conséquence d quoi chacun dispose d’un vécu et d’une psychologie individuée). Chacun peut en cette ouverture théoriquement parler et décider et organiser à partir de soi, et non plus seulement selon l’ordre collectif symbolique ou selon la hiérarchie restreinte du groupe. Cette ouverture du milieu humain, qui se pense spontanément soi et entre-soi, cette ouverture aux distances de chacun envers tout et tous, de chaque organisation par rapport à toute autre, de chaque groupe vis-à-vis de tout autre, qui ne fusionnent plus) n’est pourtant pas en elle-même pensée ; mais laissée-là, bêtement.

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