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instants philosophie

la philosophie, ou la grande liberté formelle

24 Novembre 2009, 22:50pm

Publié par zward

Trois dimensions ; le discours, le sujet, l’être. Au fur et à mesure se précisent les dimensions ; au fur et à mesure l’être se restreint et atteint ses limites ; lesquelles entourent le monde, la détermination, le cela qui est, sa quiddité. L’être se révèle être la forme de tout contenu et ceux-ci ne sont pas limités ; l’être ne se limite pas à un monde.

La forme entoure le monde et tout ce qui s’y trouve ; tandis que le sujet, découpeur de son discours qui sépare les réalités du monde, aplanit son être propre, indépendant de tout ; mais il se sert encore du monde ; il y prend appui ; il croit encore que son être sera quelque chose ; alors même que le discours et le sujet installe l’Etat, il désire selon son moi et profuse un monde semi irréel ; en ce monde fabriqué, il attend encore se réaliser comme un quelque chose et en désire la satisfaction, mais son être est formel ; il n’a pas de désir ou de réalisation possible ; il n’est pas de ce monde-ci parce qu’il n’est pas d’un monde en particulier ; il est en-deçà dans ce qui précède les mondes, naturels ou humains ; aussi peut-il très bien les détruire ou les nier, ou les remplacer. Comprendre cela c’est annuler l’effet de pure négation qu’est notre être (Hegel ou Sartre ou le repérage du néant heideggérien ou la pulsion de mort freudienne) pour renouer avec le solitaire nietzschéisme ; de pure positivité sans raison, puisque nous sommes dans ce qui précède la raison, comme dans ce qui précède les mondes.

Est dit dialectique ce qui joue de la réalisation pour passer à autre chose ; un sur-plan renouvelé du même ; ainsi sommes nous peut-être attiré dans et par le même, la mêmeté, mais c’est un fétiche ; la finalité de nos intentions en tant qu’elles se veulent et non ne tant qu’elles se connaissent. Se connaitre est toujours passer d’un plan à un autre ; lesquels plans à venir sont indiscernables sans le dépassement constant du donné par la nouveauté ; cad la conscience accrue non d’un objet (qui la laisserait identique) mais de sa propre expérience ; de sorte que cette advenue est pour elle un nouvel être ; la levée du précédent hégélien signifie que sans s’en apercevoir clairement , de se percevoir modifie déjà complètement ce que l’on est ; de percevoir on passe outre ce que l’on est-déjà pour une autre expérimentation que l’on n’est pas encore ; cela produit des signes.

La dialectique n’est donc pas seulement un jeu interne à l’esprit comme totalité (de toutes les notions possibles à partir et en vue du Un qui serait un Tout), mais est la reprise de ce qui est réalisé, exprimé dans et sur une autre surface qui recompose constamment tout. Elle se joue dans la totale extériorité ; du reste l’empire hégélien nous a tous jeté dans le monde sans attaches.

Mais à condition évidemment que les signes ne tournent pas en rond ; or ils s’égrènent par eux-mêmes selon les schémas connus ; il faut donc vouloir l’altérité, la non-mêmeté pour basculer dans les signes, eux-mêmes. Aimer les signes eux-mêmes, ça n’est pas seulement s’authentifier du signifiant (comme système aveugle structuraliste ou autre, hasardeux dans ses nécessités), mais c’est plaquer les signes (effilochés et bâtards, jusqu’au purement abstrait) sur le donné-là, la surface de l’être en tant que vide, neutre, non affectée,  et n’ayant d’autre contenu que l’énoncé ; ce qui s’énonce, c’est ce qui est parlé, à même l’instant ; ce qui tient dans l’instant seul ; ce qui se regroupe dans l’instant ; on ne comprend jamais quoi que ce soit , sinon selon le moment et l’acte de la compréhension.

On ne délègue plus aux mémoires, mais le temps est devenu la mémoire elle-même ; le corps ou la perception en tant que connus sont abandonnés ; le passé ou n’importe quel projet ; il n’y a plus de contenus ; en ceci tout est emporté par ce que l’on nommait le doute cartésien , la suspension du jugement kantien, le décalage de l’intentionnalité husserlienne, la dialectique des notions hégélienne, le règne du dubitable nietzschéen , freudien , wittgensteinien ; par la distance qu’introduit dans ce qui est (et qui est toujours lié à soi-même ; la nature est toujours un contenu particulier, un monde humaine est toujours une culture et un ensemble de règles de transmission des échanges, un individu est toujours un complexe d’identités ) la distance qu’introduit dans ce-qui-est, l’être comme point de vue unique. Absolument formel.

L’être n’est pas ce que l’on nommait jadis l’Etre, cad la finalité de la connaissance ou du désir d’exister ; mais est le point de vue qui anéantit toute fixité ; qui se tient dans le purement formel. Les mathématiques qui révolutionnent complètement le monde humain dans son accès au donné-là du monde. La philosophie est pour le monde humain ce que les mathématiques sont pour le monde donné, naturel ou non.

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Politique universelle

4 Novembre 2009, 12:34pm

Publié par zward

Ce en quoi s’enracine le sujet, ça n’existe pas ; et c’est ce qui entraine tout moi psychologique bien au-delà de ce qu’il peut. Le moi psychologique recherche dans le monde, le vécu, les autres, le corps, etc, ce qui de toute manière ne s’y trouve pas, jamais.

Ce faisant le moi sera poussé à réaliser tout cela qui lui sert de paravents ; il y découvre que son être est à la mesure du monde ; il crée ce monde comme étant le sien. Ce qui a constitué l’idéal de peuples entiers est devenu réel ; que cela se réalise individuellement signifie que la réalité humaine pour parvenir à un niveau d’intégration suffisant, doit en passer par l’individualité ; puisque seule l’individualité peut porter la multiplicité vers la pluralité (cad une organisation idoine de la multiplicité).

Il est bien certain que la plus grande pluralité comporte la plus grand distribution possible de pouvoir (cad de centres de décisions, d’inventions, de gestions autonomes, de vécus, etc). qu’il serait de la raison d’être même de ce que l’on nomme le libéralisme de pourvoir à cette distribution la plus intégrale possible ; que c’est précisément en ceci que le libéralisme est détourné et limité par une série de contractions, de resserrements, de monopoles qui produisent des concentrations ; concentrations de décisions, d’inventions, de gestions ; tout cela est rendu obscur.

Mais cela n’inquiète pas les mois outre mesure … puisque de son point de vue, son vécu, il continue de l’ordonner. Apparemment.

Parce qu’ il est bien certain qu’ il manque un étage à la fusée ; la coordination de leurs vécus ; entre les vécus immédiats et les monopoles, il n’ est aucun contre pouvoir, aucun contre investissement. Les médiations en cours (démocratie politique, sociale démocratie, droits sociaux, consensus d’opinion, rétentions et surveillance des productions et de l’économie en général, etc) forment évidemment une légalité légitime ; mais bâtis sur le retour ; cad développant les bases universelles abstraites dites des droits de l’homme, du citoyen, de l’Etat, de la société civile, etc.

Nul ne peut contester la constitutionnalité ; cela formule l’encadrement légal et légitime de toute réalité humaine développée ; en particulier, il est impensable que cette société puisse se passer de médiations, mais aussi qui sont des représentations ; que ceci ou cela soit représenté, signifie que l’on n’en a pas une connaissance spontanée et de par soi ; il n’est aucune possibilité anarchiste ou communiste d’absence d’Etat, de représentativité ; il faut que les choses soient dites, exprimées, de même qu’elles doivent être comptabilisées (via l’argent) pour que ces choses existent pour nous et que nous puissions nous en fixer la réalité, l’effectivité, l’ efficacité. La « facilité » dont rêve le moi est uniquement une vacuité subjective.

Par contre il n’est pas dit que cette représentation, cette représentativité (constitutionnelle par exemple, mais aussi du statut en propre de chacun entant que personne humaine, etc) soit limitative et uniquement d’accession à un simple donné (« chacun »).

Ayant posé les bases, la théorie abstraite des droits, cad la théorie de l’universel, prétend que la suite en sera élaborée comme spontanément ; les vécus se mélangeront, la société civile s’augmentera, les équilibres fonctionneront ; le monde sera produit de par soi sans que l’on ait rien d’autre à pourvoir que l’ensemble des règles qui y président, abstraitement.

En quoi on a pu s’apercevoir que cela obligeait à créer un tel surcroit de réglementations que la gestion en est devenu quasi impraticable ; au droit de base s’ajoute les droits dérivés et inventés qui alourdissent définitivement l’ensemble. Sans que soit réparés les manques initiaux ; ceux constitutionnels qui « devaient » de par eux-mêmes produire naturellement un monde humain humanisé.

Comme les portes furent laissées ouvertes, dans le non constitutionnalisé, l’impensé du droit abstrait, toutes les nécessités et les obscurités remontèrent jusqu’à envahir et annuler non pas les libertés acquises, (quoi que c’est précisément ce qui risque de tout écraser), mais au moins annihiler ce que l’on pouvait en attendre. C’est non pas en rapport aux libertés acquises, en fonction des libertés possibles, que l’on peut critiquer cette mise en ordre ; en vue de ce qui pourrait ou aurait pu être. Par comparaison donc au degré, au niveau de civilisation que cette société prétend achever définitivement et qui en raison de ce qui aurait du être est insuffisant, voir déficient.

Que la constitutionnalité au lieu d’être le début, soit la fermeture, la barrière du devenir, signifie que le sujet, tel qu’emprunté par cette abstraction, est stoppé net ; le sujet ça ne devient que par l’universel.

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