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instants philosophie

Un + Un = Un

27 Janvier 2010, 21:55pm

Publié par zwardoz

La philosophie n’est absolument ce que l’on croit ; il ne s’agit en aucune manière de résoudre les réalités à une unité close. La philosophie a inventé ou plus exactement promu le Un comme idéal, mais cela ne peut pas être entendu comme le Un qui résumerait tout. Ça n’est pas le rouleau compresseur ; c’est ensuite seulement que, peut-être, des dogmatismes ou de certaines philosophies officielles, en usent à d’autres fins que philosophiques ; sociétales essentiellement ou sectaires.

Mais de par lui-même, le Un n’est pas l’objet tel que désiré par la philosophie, mais est l’outil qui permet de déplier les réalités ; depuis que la philosophie lance le projet, il n’y eut jamais autant de réalités reconnues dans leurs unités propres. Quelles que soient les déclarations et prolégomènes de toute pensée (de l’arbre de toute science au savoir absolu) , de toute œuvre, ce qu’il faut noter, c’est le résultat de toutes ces avancées ; de ce que l’on définisse que le Un c’est ceci ou cela, il en résulte que l’on expose tout à la contradiction et donc à exprimer encore et ailleurs et autrement d’autres manières d’y être, engendrant la multiplicité.

Le un est ce qui brise la parole ; sa forme exacte est l’écrit ; ne s’adressant à personne en particulier, l’écrit est de fait universel. Il faut donc apposer côte à côte la parole qui est tout, qui parle-tout à quelqu’un en particulier liant des échanges et globalisant, calculant les échanges d’une communauté donnée, au Un qui écrit. En fait au Un qui dispose de signes en système cohérent et qui tient de par soi ; mais à cette condition ; que le dit système soit en accord non avec une expérience humaine partagée (qui trouve toujours sa synthèse dans la transmission et non dans la véridicité) mais avec l’expérience du monde même.

Ce qui implique donc que l’individualité, la séparation, la division selon le Un, c’est cela qui fait-exister le monde pour nous. Un monde qui n’est pas pris dans l’échange global ; mais qui de ce fait permet la multiplication indéfinie des échanges , froids, extérieurs, non sensés, qui ne se pensent plus globalement (comme la parole anthropologique pensait globalement toute la réalité).

Le un est en l’écrit, ce qui pousse à l’exigence ; que les signes d’un système cohérent élaboré individuellement (esthétiquement, éthiquement, législativement, mathématiquement, conceptuellement, etc) que ces signes soient tous, séparément, uns.

Or il se trouve que le Moi, psychologique, ne sait pas exister selon le Un ; il est encore selon la Parole.

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Le Un philosophique contre la totalisation humaine

17 Janvier 2010, 20:05pm

Publié par zward

La philosophie invente donc le Un. Envers et contre toute totalisation.

De ce fait l’écrit acquiert son véritable statut ; il brise la parole et rend vain toute transmission qui ne serait que parlée ; ce qui est parlé demeure cependant comme mémoire en tout autre ; cette mise en relation de tous dans la parole formalise ; de soi inclut l’universel ; n’est retenu que ce qui est avalisé par tous ou par un groupe. Mais dans ce cas, qui est énorme et qui a travaillé l’humanisation durant des millénaires, depuis l’invention du langage, ça n’est pas seulement ce qui est dit qui est mis en scène ; c’est l’ensemble ; la situation, le corps, les comportements, les possibles, les passés, les échanges, la représentation de soi et du monde, des autres pour eux-mêmes et des autres pour soi-même ; etc.

La parole synthétise directement et forme un cercle complet ; pour comprendre ce que l’autre dit, il faut déjà le savoir ; un minimum ; c’est cela la communication ; on sait ce que l’on entend, on entend ce que l’on dit (dans l’oreille de l’autre). La communication s’établit dans un ensemble déjà formé. Et en ce sens, l’autre nous parle puisque nous parlons également l’autre.

L’écrit déploie une toute autre pratique ; on ne sait pas ce qu’il va dire. Le texte forme à lui-même la situation, l’échange, le comportement, etc ; un tout ignoré. Il signifie à partir de soi et donc, pour tenir, se doit à une cohérence exigée ; si le texte ne comporte pas sa situation, il s’inclut simplement dans la parole en général. S’il ne comporte pas son ensemble, il doit être appris.

La brisure que comporte l’écrit est effet de l’universel ; l’universel n’est pas la résolution de tout dans l’Un ; philosophiquement on dit vouloir le Un (l’idée des idées, l’universel complet, la pensabilité unifiée), mais en réalité, de manifester que du Un il doit exister, implique que le Un est en soi ; cad séparé de tout le reste , séparé des non-uns ou des uns subsumés ; le bien subsume la morale, mais le bien ne peut l’être sans être vrai ; et le vrai ne peut pas être incompréhensible, mais défini , et donc selon le Un. Etc.

De vouloir manifestement le Un, ça le rend impossible (comme totalité mais aussi comme Un des divers uns qui parsèment et qu’il engendre, lui, le Un) ; ce ne seront jamais que des Uns séparés. La question est donc la plus difficile qui soit ; si le Un n’existe pas (qui puisse former une totalité ;  de même : si je ne suis pas une personne Une, mais un bricolage), et que le Un, comme principe (en remplacement du Tout) provoque des uns innombrables, qu’est-ce qui lie ?

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Mini anthropologie

4 Janvier 2010, 22:08pm

Publié par zward

Soit donc l’unitotalité ; la totalité du monde, de la réalité, du vécu, en tant que cette totalité est parlée par et pour tous dans une culture symbolique (partagée), qui fait sens à propos de toute réalité, et est échangée entre êtres humains ; en vue d’une action ou activité concertée et comprise adéquatement par tout un chacun. L’impératif en est la transmission égale.

Soit par ailleurs l’uni-totalité ; totalité brisée indéfiniment par le Un. Le Un casse toute parole continue et fait lui-même figure d’événement et de possible au sein de la parole et décomposant constamment le langage.

Les sociétés humaines anthropologiques vivent selon la première logique ; le langage subit l’impératif de transmission ; la vérité est égale à la réalité ; laquelle est ainsi échangée, transmise, agie ; ce qui est fondateur, c’est la transmission elle-même ; au détriment des événements (que la parole tournante résout) et du possible (que la parole canalise et réoriente). Cela fait Sens dans la mesure où la parole permet d’élever continuellement le désordre et le particulier, le multiple et le catastrophique (la mort par ex) dans l’expression ; de permettre malgré toutes les péripéties qu’il y ait un avenir, cad un échange possible ; et qu’ainsi se continue la nature humaine dans le monde tel quel.

Les sociétés universelles vivent selon la supériorité reconnue de la réalité sur n’importe quelle vérité.

La vérité n’est plus entendue comme intérieure à l’expression humaine du monde dans un groupe, (en ce groupe chacun renvoie aux autres la réponse adéquate et apprise à n’importe quelle question, étant entendu que la série des questions est connue entièrement) mais comme adéquation à la chose, à l’objet, à la loi en soi, mais aussi à l’autre comme rival ou concurrent, de même qu’à soi-même comme autre que soi.

Dans l’universel, tout est séparé ; cad que toute réalité subit la loi du Un ; chaque chose, chaque individu est distinct ; il ne convient pas de nommer une réalité dans le flux de la parole ; mais de stopper l’identification ; de l’extraire du monde. Cela suppose que le Un soit bel et bien marqué ; mais comme nous n’avons aucune saisie véritable du Un de cette chose, on ne peut l’identifier que si on le découpe et l’organise abstraitement ; on le décompose en éléments qui sont des signes puis on en produit l’unification. De par sa cohérence, cette unification tient réellement comme Une. Mais elle se tient seul ; le Un de l’universel n’est pas le Un total, le tout.

Le tout n’est connu que comme parole complète partagée ; dès qu’il est brisé par le Un (qui s’inscrit dès lors en toute réalité, qui inscrit activement toute réalité comme séparée), la parole ne peut plus se fermer sur son propre déroulement et la communauté ne pense plus comme une communauté.

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