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instants philosophie

Ce qui ne colle pas dans le puzzle

30 Décembre 2012, 16:11pm

Publié par zwardoz

Le sujet tel que lâché dans le grand monde unique, (que ne cerne aucune parole et aucun groupe de transmission et aucun monde particulier ayant à être ordonné par la relation collective du « pense-ensemble » qu’est la parole originellement), tout sujet livré à lui-seul est d’une sauvagerie sans limites.


Le sujet, produit par l’universel mais … en-dehors

Or pourtant un tel sujet fut originellement produit dans et par l’universalité ; laquelle en son idéal, qui suppose chacun raisonnable, est partage et communauté « en esprit », dans le giron du symbolique d’une communauté imaginaire (monothéiste et pour nous chrétienne), en laquelle communauté symbolique, chacun est limité par la parole qui reprend et assume.

Mais l’être-libre créé à partir de l’universalité (qui est en fait universalités, et donc l’universel comme unité pure et dure est insituable ; il n’est pas de pensée de la pensée, il est uniquement un sujet-qui-pense, cartésiennement) s’estime à lui-même sa propre loi ; en quoi il n’a pas tort, et rien au monde ne pourra le contredire ; excepté en ceci qu’il s’oublie comme originellement existant de et à partir de l’universalité.

Oubliant, voir niant, son origine universalisante, il devient une absence totale d’universalité et perd tout profit ; puisque livré à lui seul, il ne peut plus finaliser selon l’universel, et redescend en de petites finalités, toutes immédiates, une restriction dont on observe partout la psychologisation ridicule et profondément morbide, voir mortifère. N’ayant plus aucune représentation et ayant abandonné sa représentation bornée mais régulière de l’universalité, le sujet devient fou.

Ou lamentable. (Puisque se consacrant à de petites mièvreries ou inutilités).


 

Ou intelligent.

Intelligent parce que abandonnant l’universel, il est, lui le sujet libre, capable d’instrumentaliser l’universalité ; l’universel demeure en soi et trente de renouer avec les universalités, mais toutes les universalités n’ont pu recomposer avec l’universel (le Un) tout ce qui est (la diversité comme le tout-ce-qui-est réellement, là). Les universalités par contre s’induisent du donné, du monde, des choses, des êtres ; elles fonctionnent comme sciences ou droit ou moralités, etc.

Mais ne parvenant pas à se fonder dans l’universel, les universalités restent finalement à disposition, et l’être-libre remplaçant l’universel être humain partageur, (le vrai, le beau, le bien), celui-ci transforment les universalités en moyens sans aucune fin ; un monde dépourvu de finalité unitaire. Ce qui n’est pas regretter le rouleau compresseur de l’universel (l’être-libre reçoit la raison comme une horreur qui n’a pas de sens dans son monde, il déteste la pensée et la loi qui anéantit, pense-t-il, sa singularité), mais s’étonner qu’il n’est pas d’accord sur un projet universel discutable démocratiquement (laquelle démocratie se réduit alors en affrontement d’intérêts immédiats qui délestée de vision universelle s’effondre).

Ainsi l’économie n’est absolument pas du tout une science mais un entrelacs d’idéologismes bariolés fondée sur des a priori, puisque manque la définition de ce que universellement être-libre signifie…N’ayant aucune idée de cet être, on le replie sur des déterminations.


Délaissé et abandonné par tout ce qui est

C’est que du défaut de l’universel, (il ne reste que des universalités instrumentalisées par une finalité absente rabattue sur des finalités immédiates), l’être de l’homme est ramené à des déchets, des demi finalités, des sans –retours, puisque fondamentalement il n’est que l’universel qui soit doué d’un avenir. Puisque l‘universel est le potentiel ou la puissance, la capacité d’être.

Délaissé de tout universel, n’ayant que des universalités instrumentales à sa portée, l’être-libre, qui est sans mesure aucune (il est autre que tout, tout ce qui est, de n’importe quel monde quel qu’il soit), est affronté dans cet immense tourbillon au manque fondamental ; il n’est pas d’universel (unificateur) des universalités (pourtant de fait efficaces et vraies en chaque domaine).

Il n’est pour lier les universalités que les consciences de soi ; or les consciences n’entrent pas dans l’universel (qui ne nous est connu qu’anciennement, selon l’ancienne version) de même qu’il leur est impossible d’être réduites dans les universalités. 

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La liberté classique et la liberté-nôtre

24 Décembre 2012, 12:37pm

Publié par zwardoz

La liberté classique : l’esprit universel contre la contingence immédiate

Nous sommes donc totalement déterminés, intégralement embarrassés de signes, de causes, de contingences très immédiates qui annulent premièrement toute pensée et il y aurait peut-être à dégager la pensée elle-même, universelle des contingences données, acquises, naturelles, physiologiques, hasardeuses, et ce serait ce dégagement de l’immédiat contingent (qui n’a de raison d’être que particulières et qui nous enferme en une particularité), il y aurait, classiquement, à se déprendre du contingent nécessaire(qui s’impose à nous), pour se déterminer, encore, mais selon la nécessité universelle, de la pensée, ce qui nous rendrait plus « libres » mais au sens où ça nous rendrait notre esprit qui hormis cette nécessité de pensée dégagée du particulier (et du particulier de notre propre vécu, de nos rencontres immédiates et limitées avec tels autres, telles choses, tels événements hasardeux), et ayant par l’esprit même réinvestie comme nécessité universelle la totalité de « ce que nous pouvons être ».

Sauf que cela aboutit donc à se confondre à nouveau avec une nécessité ; on passe des nécessités contingentes (qui limitent à telle étendue d’expériences vécues notre être) à la nécessité universelle (de l’esprit libéré des hasards). Ce qui est un bienfait puisque reconquérant l’esprit, on le désengage de son aveuglement limitatif du contingent immédiat (qui est pour l’esprit d’un moindre intérêt).

 

Or ça n’est pas ce que l’on nomme, pour-nous, liberté.

Liberté veut dire ; ne pas dépendre de quoi que ce soit. Etre-autre que tout.

La position intermédiaire fut assurée comme telle ; le libre est ce qui invente autre chose que ce qui est.

 

Résumé : l’augmentation universelle de notre esprit

La liberté classique entendait que par la raison, l’esprit se reconquiert lui-même ; il cesse de se soumettre au donné (vécu, expérimenté chichement, au cercle du ressenti, de l’immédiat, etc) pour se soumettre à la nécessité de la pensée mais bien plus étendue et ample et par laquelle celui qui se pensait comme simplement « soi » (un fourre-tout) devient l’esprit lui-même dans son extension qui atteint tout ce qui est. Tout ce qui est sous la forme « ce qui dans les choses immédiates est universalisable », et ce pour la raison que ce qui est universalisable augmente considérablement mes possibilités.

Ces deux soumissions ne valent plus pour-nous ; c’est que l’être-libre s’est imposé comme radical. Il est et sait instinctivement que ce qu’il va être, il l’invente.

 

L’erreur-oubli du libre pur

Notre erreur, commune au moins, consiste à croire que l’on s’invente spontanément, alors qu’en réalité c’est parce que nous sommes, libres, installés par et dans l’universel abstrait, du droit, de la personne, de la Kultur (classique) et de la culture (contemporaine, mass médiatique par ex), nous sommes installés comme « individualité » et que comme telle nous activons instinctivement, par réflexe pur et simple, notre être comme libre et raisonnant ; comme réflexif.

 

L’invention comme réflexivité pure de soi

La réflexivité (qui est intégralement réelle en chacun parce que tout simplement il est « chacun » et un de fait), nous fait-libre et donc la liberté ne tient pas « toute seule ». Mais peu importe parce que dans la forme « libre » est de fait incluse la rationalité (bien que sous une formulation spécifique qui n’est pas réductible à la raison comme « pensée totale » classique).

Et donc pour-nous, la liberté est l’invention. Ce qui se montre partout. Non seulement on invente la matière en mille dérivés et autres compositions, mais aussi on sort littéralement de toute esthétique dogmatique, soumise, en tous les genres (littéraires ou esthétiques proprement dit, musiques entre autre, en ses moyens tout autant, cinéma, bd, jeux vidéos, etc). Mais aussi chacun entant que chacun invente son essence et produit non pas une résolution de soi (qui appliquerait des recettes, psychologiques, par ex ou morales ou idéologiques), mais produit une invention, du jamais-vu qui résout autrement et inattendu le problème que chacun est pour lui-même.


La personnalisation (le savoir au-delà de la connaissance)

Autrement dit la personnalisation (qui prend la suite de l’humanisation soumise à l’universalisation) n’est pas un idéal qui s’applique uniformément, mais est un devenir inattendu et incertain soumis … à son indépendance radicale. C’est sa seule soumission (qui n’en est pas une, parce que l’on ne « connait pas » ce que l’on « peut » ; le pouvoir-être est si radicalement détaché de la connaissance-que-l’on-est, qu’il faut requérir autre chose que le connaitre (qui sait précisément ce qu’il sait), qu’il faut en appeler à un « savoir-être » (qui est si vague, éthéré, délicat, subtil, impensable, étant le possible-même de chacun). 

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Descartes, la mystique de notre-être

22 Décembre 2012, 14:03pm

Publié par zwardoz

Notre être est ainsi purement vide et formel, mais cette forme s’expérimente, est même l’expérience cruciale dont on ne voit pas la fin ; elle est in-finie. Mais on ne sait pas trop quoi en faire. 

On peut lui assigner quantité d’interprétations, mais aucune visiblement ne parvient à la lucidité cartésienne, dont on peut effectivement critiquer la seconde interprétation, l’interprétation que le texte cartésien tel qu’il se comprend lui-même, nous en offre (il n’est pas question d’accepter le dit idéalisme cartésien, mais de reconnaitre que de l’intérieur du texte lui-même ou plutôt de son extériorité radicale, ce qu’il dit, ce texte, de lui-même, ne recouvre pas ce qu’il est effectivement), et ce de le renier au profit de ce qu’il montre. 

Ce qu’il montre il n’en est pourtant pas inconscient ; il décrit comme expérience cela même et l’expose visiblement, le plus crument possible, le plus lucidement et clairement ; voici tel que cela s’opère, la conscience que l’on en a (de tout et de n’importe quoi, peu importe). 

Peu importe puisque par Descartes nous passons d’une attention aux contenus (ce que l’on nomme raison et objets de la raison), à la conscience de la structure qui opère ces contenus ; et bien loin de se limiter à l’obtempérer comme cadre « technique » kantien, cet être est intégralement un et réflexif (les deux) et profondément investi comme étant notre être réel. Il n’est pas une prédisposition à une pensée, théorie, rationalité, métaphysique future ; il est cette métaphysique, de fait, il se relate comme un sujet s’expérimentant et décrivant comment « il existe ». 

La méthode n’est pas une manière de (penser adéquatement, cad n’est pas seulement cela), mais est une tentative de description de la stase, la suspension, l’inadéquation, la réflexivité qui s’étend et s’augmente en toute opération, celle du doute ; exposition qui met en avant, met en place, installe, provoque, crée cet être même comme Activisme pur et simple. 

On passe donc d’une raison de contenus (et vers cette raison on ne cessera de revenir en déniant Descartes et sa lucidité) à une raison en acte ; comme attentionnalité à « ce qui arrive » dans un monde, un donné, un vécu et dans l’idéel même. 

Il est donc une mystique cartésienne qui prend le pas sur toute autre ; c’est une mystique qui s’offre comme technologie interne (et non pas intérieure, il n’est pas de subjectivité ni de moi mais portant un être-singulier, un, formel, absolument unique à chaque fois et pour chacun ; on remplace alors « individualité » par être-individué, indivis comme forme pure et simple), comme technologie philosophique. Mystique puisque cet être-ici, qui doute et produit instantanément son acte de dire qu’il existe, qu’il sort-de, qu’il s’extrait radicalement de tout donné, monde ou vécu, cet être-ici est l’activité la seule qui soit nôtre, qui soit notre intérêt-à-être. 

La liberté de soi de cet-être est le plus grand bienfait qui se puisse. 

Que l’on ait malentendu cette prouesse de passer de la petite raison (des contenus) à la grande raison (en acte de conscience) et que Descartes lui-même ait souvent tenté de définir selon un pseudo idéalisme, manifeste la tendance, la logique de l’esprit à se fixer sur ses contenus (ce qui est essentiel, mais non découvreur ici), et que l’on se soit ainsi naturellement porté à reprendre qu’il y ait des contenus plutôt qu’une structure (vide et formelle), cela n’a pas empêché que l’évidence de la distorsion, de la réflexivité pure (de cette structure agissante sur son activité même) s’en prenne à la totalité du devenir philosophique, mystique, politique, esthétique, etc ( puisque la philosophie n’invente pas cette structure ; elle l’expose, tandis que les créateurs, les inventeurs, les éthiques parcourt cette structure en leur ordre propre). 

L’évidence de la structure mystique est dite « mystique » puisque cela même, la forme de conscience, n’appartient vraisemblablement à rien, ni à personne, ni à quoi que ce soit. Et cette indépendance de la forme est d’autant plus exposée (consciemment par Descartes) que sa mise en évidence s’effectue par le doute, le cogito, cette réduction unique, et l’infini de sa stase, de sa suspension « sans contenu » (dite donc infinie). 

Après la raison, la réflexivité

Après la métaphysique, l’ontologie

Après le contenu, la forme pure

Autrement dit la réflexivité n’est pas criticiste, et la réflexivité n’est pas la mise en assurance d’un contenu, mais est notre-être en lui-même réflexivité pure et simple. 

Inutile de lui chercher un contenu électif ; cette réflexivité est à elle-même son être propre (bien que spécifique absolument et sans autre quel qu’il soit). 

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La conscience et le rêve de la cervelle

16 Décembre 2012, 15:35pm

Publié par zwardoz

Du traumatisme, le décentrement

Il est donc un traumatisme toujours brulant qui est venu rompre notre spontanéité, cet immobilisme fantasmé de l’un-tout affectivement épanché sur lui-même qui considérait que tout le monde existant tournait autour de son rêve. 

En quoi s’impose qu’il y ait un tiers venant interrompre toute relation, tout affection, tout regard, tout geste, tout contact. 

Il est donc, le sujet, plongé dans l’altérité, la plus profonde et insondable. Il manque de tout puisqu’il n’est rien dans le monde qui puisse recouvrir son gouffre. De ce qu’il ait découvert qu’un autre, un tiers, l’observait, et que le monde tombait hors de son envie, il a compris qu’il était devenu pour lui-même étranger. Que l’étrangeté du monde, qu’il y ait un « monde », lui revient de pleine face ; il n’a plus de visage. Il fuit qu’il n’en ait plus de visage. Il sait, il se sait condamné à emprunter des visages ou des morceaux de face, composés petit à petit et de pur faire-valoir ; visages absurdes. 

Auparavant il n’avait conscience de rien, mais ayant conscience il est sans-rien du tout qui soit. 

 

La conscience comme excroissance limitée

Tandis que pour sa part, la cervelle continue de rêver. Elle ne peut que rêver, ce qui veut dire reproduire la réalité perçue, mots y compris, et tout ce qui s’engrange dans le même mouvement ; la reproduire dans les circonvolutions physiologiquement. Pour la cervelle il n’existe que le rêve et l’étendue insaisissable de sa rêverie. 

Comme l’être de conscience est chétif et tient à peu de chose ; d’une liaison dans la réalité, dans le monde concret et extérieur, d’une liaison avec un petit bout de machin quelconque qu’il monte en épingle et en lequel il croit, qu’il croit retrouver peut-être et qui figure sa relation à lui-même imaginée, par ce petit bout, intacte ; comme il est instable et hiératique, l’être de conscience est plus ou moins absorbé dans et par le rêve de la cervelle. 

La conscience est un écart de rêve, détaché et tendu vers le monde ; elle ne tient à rien. Sauf qu’elle a basculé de l’autre côté et cet autre côté fut dénommé pour la première fois comme étant l’Etre. Ce qu’il faut entendre comme « ce qui est », sans préjugé que ce qui est, soit dieu ou la pensée ou l’universalité. 

 

L’étendue du monde comme monstruosité

Et la première monstruosité qui en fut lancée, fut cartésienne ; en désignant que le monde est « étendue » et que cette étendue ne peut pas être pensée par des idées (qui était encore une idéalité mélangée de rêve), mais seulement définie par des nombres, une mathématisation, ce qui ne dit littéralement rien du tout, et échappe à toute ressaisie par la cervelle ; le un n’entre pas dans le champ irréel de la cervelle. 

Le moi, puisque c’est lui qui va supporter la liaison avec une partie du monde qui attire vers l’extérieur la petite part vers le petit bout de monde qui tient le coup, le moi est en son ensemble une séparation d’avec la cervelle irréelle, mais à condition qu’il, au bout du compte, contienne encore une ancre irréelle qu’il suppose exister dans le monde qui lui permettrait de renouer l’irréel monstrueux et total et totalement un (mais comme tout, et non pas un comme un, singulier) avec et dans l’objet-petit bout de monde. 

 

Il apparait donc que la masse rêveuse de la cervelle, s’attire hors d’elle-même par un petit-bout de monde, et que donc d’un certain point de vue il n’est qu’une rêverie qui supporte plus ou moins le décentrement. 

La conscience est donc faiblement articulée dans l’extériorité et c’est de cette faiblesse qu’elle prétend être l’essentiel de ce qui est ou au moins de ce qu’il y a à être. 

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Nietzsche, la réflexivité d'un être-libre

15 Décembre 2012, 10:54am

Publié par zwardoz

Le monde n’a donc pas de sens, sauf qu’il s’origine.

C’est la logique nietzschéenne qui nous le préfigure. Il est une énergie originelle qui avance vers l’avant et on ne peut retourner sur cette énergie et la déduire ou l’inclure en quoi que ce soit d’autre.

Tout est « en-avant de soi » et rien ne fait retour pour lui conférer un sens. Il n’est pas de sens, mais l’énergie même est l’activité unique qui devient. Ça ne va nulle part mais cela devient et prend plaisir, jouissance à son être propre.

Il est clair que ce mouvement s’effectue, s’augmente de ce qu’il en est conscient ou pas.

 

La subtilité du devenir d’une volonté

Mais pour Nietzsche ça n’est pas si évident ; il ne s’agit pas tant d’un surplus de conscience (bien que l’on ne voit pas comment il pourrait en être autrement), mais de « qualification » de cette énergie ; selon qu’elle se mord la queue ou qu’elle s’accepte.

L’énergie ne peut pas s’annuler ; elle est absolument agissante, et rien ne peut la nier. Mais il se peut que face à sa puissance, cette énergie se replie et s’utilise par elle-même afin de se nier. C’est cette négation qui crée ce que l’on nomme habituellement la conscience ; entendant par là grosso modo la conscience morale, la surveillance morbide sur sa propre puissance. Et c’est cette surveillance morbide qui engendre (paradoxalement du point de vue moral) la pire violence et décrépitude.

Parce que ce n’est pas la puissance qui s’accepte elle-même qui engendrera la mauvaiseté ; dans la mesure où elle s’accepte, cette puissance sera d’autant plus encline à développer une magnificence, une grandeur ou une élévation. Autrement dit de s’admettre, elle se parfait et est en elle-même civilisation et créativité.

Autrement dit ce qu’elle crée est d’autant plus subtil et délicat et élevé et ample et organisateur, qu’elle se « sait ».

 

La Valeur

Cependant comme cette énergie délaisse toute morale de surveillance (ou désignée comme telle), elle aboutit à une idée stupéfiante de la Valeur ; cette énergie se réalise véritablement et se « justifie » en élaborant des grandeurs, des qualifications, et cela seul vaut. Tout est soumis à l’élaboration du spécifiquement sublime et qui lui-même de par sa ramification de plus en plus précise, due à son acceptation qui lui autorise de se démultiplier, sans se caricaturer dans une négation de soi, une grande santé et non pas une lourdeur énergétique mais un tissage de plus en plus sensible.

De sorte que l’on se retrouve dans une morale mais d’exception et sous couvert que cette énergie s’entrelace d’elle-même et se veut plus ou moins déliée en l’élitisme de quelques uns qui obéissant à la volonté seule, sont isolés et de purs surgissements (passons outre la configuration éventuelle d’une « société élitiste » qui parait vraiment hors de propos et incohérente).

 

L’exceptionnalité universelle

Il est évident qu’en nommant cette énergie comme physiologique, dans sa rage critique de démonter la conscience ou ce qu’il croit telle, ce qu’il place et déplace là-dessous, Nietzsche met à jour une dynamique, un être dynamique purement vide, (« énergie » cela n’a pas de contenu dicible), mais qu’il ne peut alors comprendre que cet être-spécifique (le sien, son être en propre singulier : « Nietzsche ») est essentiellement représentatif, exemplaire, typologique ; qu’il manifeste individuellement un réel universel et qu’il en dessine ou commence d’en tracer les devenirs, les trajets, les courtes et longues portées, musicales y compris, mais que ce retrait dans la montagne et des plus hauts sommets, décrit un être-spécifique, absolument condensé et qui existant pour-lui-même ne peut pas se généraliser ; excepté comme exemplarité, comme exceptionnalité.

Et c’est une exceptionnalité qui s’applique à chacun, mais à chacun en tant que chaqu’Un. Avec cette brutalité-là, puisque le sujet, cette forme, cet être n’a rien à voir avec quoi que ce soit qui existe (comme monde, donné ou vécu). 

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Nietzsche, la philosophie

13 Décembre 2012, 10:20am

Publié par zwardoz

La finalité humaine existe comme si quelque chose avait un sens. Et le sens minimal, celui qui reste après que toutes significations aient déserté l’horizon, est celui de la bête satisfaction. 

Il est supposé une « nature humaine » qui devrait se corroborer dans sa réalisation ; ou selon la variante que chacun serait un manque à combler ou plus subtil que chacun ait à assumer ce manque insurmontable et qu’en s’équilibrant en et par la construction d’un moi adapté ce gouffre intérieur s’effacerait dans le silence (puisque du manque à être on ne peut rien faire ; c’est un trauma quelconque qui nous empoisonne la mentalité, une défaillance contingente et nécessaire comme telle). 

 

Le non sens comme non finalité (ce qui est, est)

L’autre position, celle décisive, est nietzschéenne ; ça n’est pas un manque à être, mais un surplus indiscutable et si effroyablement positif et un que nous n’y résistons pas. La positivité absolue qui nous pousse-à-être est si énorme qu’elle ne s’écoule en aucun canal, ou du moins aucune circulation établie et donnée ; elle doit, cette créativité littéralement ontologique, inventer un ou plusieurs mondes. Sa raison d’être c’est son être. Et il tient à chacun de l’accepter ou de le refuser, de s’enfuir et de céder, de nier la lutte et le combat. 

 

L’incompréhensibilité nous étreint l’être

Cet être intégralement positif nous en imposerait s’il n’était des pare-feux, et serait si intransigeant qu’il nous fourvoierait en une exigence inhumaine. Sans compter que d’exister absolument intégralement requiert une innocence, puisque rien ne justifie, ni donc n’explique ou ne rend rationnel et donc ne rend dicible et transmissible cette positivité, qui est source sans raison de tout monde, quel qu’il soit. La position nietzschéenne relativise tout monde possible. 

Il nous en imposerait mais non par sa surabondance (c’est une illusion que nourrit Nietzsche) ; en soi il est vide, et ce vide nous laisse sans voix ; il serait impossible d’adapter le positif intégral au monde puisque dans le monde il n’a aucune représentation. C’est techniquement que de représentation de l’être-positif, il n’est aucune idée adéquate. 

Nietzsche est réellement celui par qui nous vient à l’oreille que le sans-raison d’aucune sorte est le fondement de notre être ; et qu’il est, ou non, un accord secret, non dit, inexistant, entre soi et soi qui permet de « tenir le pas gagné »

(Saison en enfer : Rimbaud est notre Nietzsche … mais d’une brutalité sans nom, innommable, muette, partie, enfuie). 

L’idée, la représentation nietzschéenne d’un accord ou désaccord quant à l’acceptation pour nous-même de notre être, prend comme figure un vitalisme (tellement trituré, et à juste titre structurellement, en ce qu’il décrit les volutes et circonvolutions de cette « volonté », cette énergie qui devient), et comme telle cette interprétation colle non pas aux faits éventuels, objectivement valides, mais aux 

 

Nietzsche instruit la position cartésienne 

Or la cohérence extraordinaire nietzschéenne signifie bien que cette positivité antérieure (à toute autre position, de sorte que toute autre position apparait en comparaison comme une attitude, seconde,  parmi d’autres, tandis que la nietzschéenne est fondatrice, de même et équivalente en certitude à celle cartésienne),que cette positivité est radicalement de rationalité ; de rationalité philosophique et donc réflexive (la philosophie n’est pas un discours tout étal, mais un discours retors, dans son essence même il est « replié-déplié » ; il fait voir ce qu’il dit être, et est l’inverse de toute abstraction, cad qu’il est infiniment concret).

La sûreté de la cohérence nietzschéenne déploie la plus précise vision possible ; mais non pas dans les faits et les connaissances. Il surinterpète considérablement, et essaie de traduire illustrativement un devenir complexe de l’évidence positive absolue : une lecture structurelle s’impose et non pas exacte ; ça n’est pas un connaitre que la philosophie, mais un savoir. La philosophie décrit la position de l’intentionnalité (laquelle renvoie à un horizon et non des contenus). 

 

La philosophie

La description intentionnelle (ce savoir philosophique lui-même) est aussi dénivelée et continue que possible, mais n’est pas une connaissance puisque son objet est cet être même que l’on est, et est donc de fait et immanquablement réflexive ; elle tente de décrire et de faire-voir notre être en acte propre. Ou ce qui en fut originellement, expose une autre surface ; l’être ; la surface autre absolument, qui pour se définir s’expatrie en contraintes (de raison, cad de compréhension en acte, de compréhension effectivement actuelle, et non pas reportées sur le groupe ou au-delà du monde). 

 

Nietzsche nous montre sans l’ombre d’un doute quelconque (mais en surinterpétant puisque « cela », cet être, n’a pas de représentation, il s’efforce de l’illustrer et ce dans ses moindres cohérences complexes) notre être tel quel ; il s’appuie sur la même évidence de cet être-qui-est-là, ce roc que décrit pareillement Descartes, mais dans la plus extraordinaire lucidité cartésienne.

Ce roc est un « être réel » et donc n’ayant aucune représentation, ce qu’il en dit et qu’on en peut dire est illustratif, fait-figure-de. D’une intentionnalité qui se suit elle-même pas à pas dans ses moindres devenirs, ses enlacements. Nietzsche est une position (à partir de laquelle rareté il existe seulement des attitudes, nombreuses). 

La philosophie ne s’adresse donc pas à la théorisation ; ou plutôt elle cumule la théorie à une monstration ; elle expose à nu ce qui est tel que cela est et ne dispense pas des vérités, mais la vérité sous sa forme exacte de réalité. Elle ne se distingue pas du tout de la science, sauf que son objet, effectif, est « notre être » lequel ne peut pas se transvaser dans un discours, une théorie, une objectivité ; puisque toute objectivité se tient dans le faisceau intentionnel et ne peut remonter en interne mais seulement décrire extérieurement cet être tel qu’il est ; acte cartésien ou énergie nietzschéenne dite « volonté » sans finalité. Il est acte et on ne peut le remonter comme un fleuve (ou démonter comme un emboitement de pièces) ; il se déverse en activité pure nietzschéenne ou activisme radical cartésien. 

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La faiblesse (essentielle) de notre être

8 Décembre 2012, 09:38am

Publié par zwardoz

La faiblesse

Notre être est d’une faiblesse effarante. Comme il est seulement formel, il ne tient que par un fil et souvent d’aucun fil qui soit.

Or pourtant le nietzschéen ou le cartésien reviennent qui réaffirme que l’on peut tout, toujours, constamment. Qu’il existe une source inépuisable de renouvellement, qui existe en et par soi, spontanément créatrice de son être propre et absolument radical, ce qui signifie qu’il est possible de revenir à la racine même de l’être (que l’on est) et de recommencer à zéro toute réalité, cad toute réalisation.

Evidemment c’est un idéel déconnecté de toute réalité, donné, monde, vécu. Mais si le libre est, alors l’être-libre dispose toujours immanquablement de son potentiel. Excepté que ce potentiel, on le sait, ne contient rien ; il est complètement vide et donc sans effet tant qu’il n’accroche pas d’une manière ou d’une autre la réalité, tant qu’il ne se détermine pas.

 

La non intériorité

Chacun est donc complètement dépourvu de tout recours quant à ses possibilités réalistes, mais pourtant chacun est absolument réel et un et dispose de cette réserve interne, non pas intérieure (ce en quoi consisterait l’intériorité d’un moi personnel) interne à la forme de soi, à la forme du moi qu’il est et cette forme est nommée « sujet ».

Ce sujet dont le moi ne peut rien tirer ; forme qui ne se soumet pas à la détermination, non parce qu’elle contient quelque chose, qu’elle dispose d’une identité, qu’elle peut se dire elle-même, mais parce qu’elle ne colle pas au déterminé étant issue en arc de cercle, en arc réflexe de la détermination.

 

Le non conscient

Le caractère formel du sujet se sait plus ou moins. Ça n’est pas dire qu’il se connait ; il ne se connait pas objectivement et n’est pas la conscience consciente, jamais intégralement et mais quelques fois à demi. La conscience excède et dans tous les sens (selon toutes les fonctionnalités, de perception, de relation, de signe, etc, mais également vers l’horizon intentionnel inaccessible, étant ce que donne accès à tout le reste).

 

La transcendance interne à l’immanence

On ne peut pas dire que la conscience soit immédiate (si l’on réserve immédiateté pour le donné, la détermination), mais on peut dire qu’elle est immanente ; il n’est qu’un seul plan, unique (et ce en tout cas dans cet univers réel, et sans s’engager en quelque affirmation ou négation de sur-nature éventuelle ; cela relève du chacun ; on peut déduire mais idéellement ce que l’on y entend, mais l’idéel strict repose sur ses propres pas et ne peut supposer au-delà). Mais comme cette immanence est formelle, on peut tout aussi bien dire qu’elle est transcendante ; la forme tient lieu de transcendance.

Transcendance faiblarde donc ; non seulement elle n’est que formelle et donc à la limite et sur le bord des fonctionnalités, des causalités, de tous les dispositifs qui la conditionnent ; conditionnent mais puisque la forme en émerge, elle est en-plus et joue son propre jeu. Mais de plus la forme ne nous revient pas forcément lorsqu’on l’appelle : elle n’est pas fondamentalement à disposition.

Ça n’est pas la « volonté »

Elle ne relève pas de la volonté qui est seconde et effet d’un réflexe plus indifférencié encore ; le primaire est antérieur et ne peut jamais être saisi face à face, puisque l’on Est cette activité. Or cependant il nous vient, au 20éme, de parvenir à approcher cette forme ; peu à peu et ayant élagué les niveaux et les imaginations, les suppositions et les remplissages divers que l’on pouvait soumettre à cet être vide.

Si le simple facteur d’attention non pas dépend de ses contenus mais permet qu’il y existe des contenus, alors aucun contenu ne remontera jusqu’à ce qui le produit, le cause à être.

 

La distance ontologique (notre être ne se connait pas)

De même si notre être est formel, toute théorie, pensée qui prétendrait le « dire » est impossible ; mais par une surabondance spécifique de description, il est possible de le faire voir, de le montrer, à chacun et par cette description d’en formuler une équation.

Et parce que même l’équation descriptive n’en donne pas la connaissance, c’est uniquement dans son activité que cette forme sera saisie. Elle sera saisie comme éthique ou esthétique ou politique ou encore comme idéelle et dans l’idéel comme réflexive (cad prenant la mesure de sa distance sur elle-même, distance qui la donne à voir, sans la com-prendre ; elle sera toujours en-plus de n’importe quelle compréhension). Mais également elle ne se connait pas mais peut se savoir outre l’éthique, esthétique, etc, en tant que personnalisation.

 

La non personnalisation

Or si elle est aussi en tant que personnalisation, la forme oblige à objectiver cela même à quoi on tient le plus et sur laquelle on ne devrait pas se garantir d’une distance telle ; notre personnalité.

La distance (que la conscience inaugure avec toute chose) tôt ou tard se distinguera de cette personnalité que l’on est et qui pourtant constitue dans notre monde humanisé (mais ayant la personnalisation comme poursuite concrète de l’humanisation abstraite) la base, le fondement, la source supposée « naturelle » ou identitaire ou spontanée de tout ce que nous sommes ou pouvons être. 

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Pouvoirs en place et développement humain

5 Décembre 2012, 14:17pm

Publié par zwardoz

Il ne s’agit pas absolument de la fin du néolibéralisme ou de la transformation de l’Etat en faire-valoir des pouvoirs investisseurs et décideurs (de notre avenir), mais plus loin d’une question sur ; qu’est-ce que l’on produit ?

La crispation sur les quelques acquis, dont quelques uns pensent tirer un maximum de pouvoir (cad de décisions sur l’avenir), se confond avec ceci ; les choses produites sont de fait limitées dans leur invention et l’on ne parvient plus à innover dans un autre sens que celui communément imaginé, et que l’on ne parvient plus à imaginer d’autres objets, d’autres finalités (qui de toute manière contrecarreraient les intérêts en cours).

Un état du monde complexe (une série de productions relevant d'une utilité assurée mais devenues limitatives en comparaison de ce que cela aurait pu ou doit advenir) est atteint et restreint par la concentration de quelques filières de production qui conforment, de force, le monde en cet état historique acquis, qu'elles désirent figer à leur profit. 

Ce qui se coagule donc c’est la main mise appuyée sur quelques productions acquises, et le rejet ou le refus ou l’ignorance des productions possibles (et en réalité nécessaires si l’on entend augmenter ou non la réalité humaine qui est, négativement, entretenue au plus restreint développement en comparaison du développement possible).

Ce qui inclut que pour passer à un autre niveau de productions nouvelles, il faudrait augmenter radicalement le niveau d’éducation et de recherches.

Or il ne convient pas aux pouvoirs auto proclamés que la richesse sur laquelle ils disposent pensent-ils de droits inaliénables, puisse être réintroduite autrement et par d’autres canaux de transmission que les leurs ; il y eut donc une course folle de récupération de toute richesse possible et d’accaparement ; afin d’assurer leurs pouvoirs déjà en place mais qui ne demandaient qu’à se conforter et s’étendre. Il s’agit donc d’un blocage général qui porte certes sur l’organigramme des pouvoirs mais tout autant sur le niveau de développement.

Si l’on consacre quantité de richesse à poursuivre la concentration des pouvoirs acquis, on le retire de fait à l’extension des capacités humaines.

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Le libre travaille la matière même des choses et des corps

2 Décembre 2012, 12:53pm

Publié par zwardoz

La pesanteur du libre est celle du monde

Ce qui implique donc que le poids est superbement augmenté sur le dos de chacun ; le libre est pesant, il adhère à la pesanteur même de ce monde, il y travaille. Il existe une pression constante sur la décision, l’envie, le désir, la volonté d’être (ceci ou cela) qui appuie en chacun de son exigence. 

Mais comme c’est du libre même dont il s’agit, cette sur-pression (dite ontologique) est l’attachement à « qui l’on est » ; elle stresse le moi-même, mais il n’a d’autre intérêt essentiel que celui-là ; c’est son exister réel qui se joue constamment. 

 

Les devenirs divergents tous égaux devant la Loi (du libre être)

L’être-libre est sa propre loi ; mais il Est cette loi, il est réellement une loi impérative et non pas n’importe quoi ; il est 

En cela, il faut donc admettre que les enjeux qui parcourent tous les vécus, ne sont pas des absurdités ou des délires ou des malheurs ou des plaisirs ou des dépressivités ou des désordres mentaux ou affectifs ; ou plutôt ils sont tout cela à la fois … C’est la substance même des réalités que de se débattre au travers des difficultés rencontrées en tout, par tout moi-même. 

De même ce sont ses engagements (éthiques ou politiques) ou ses littéralités (idéelles ou esthétiques, y compris mass médiatiques puisque telle est notre culture en propre, inventée) qui emplissent ce que par « universalité réelle » on dénomme. La raison ou la Kultur de jadis s’est réinventée absolument en un autre-nouveau-monde ; celui du 20éme. De même l’Etat (qui devait rendre réel l’universel général) s’est explicité en démocratie. La moralité universelle abstraite en choix existentiels concrets et de plus en plus concrets. 

Ce qui se dégage en universalités concrètes ce sont les motions éthiques, politiques, esthétiques et idéelles. 

 

La préoccupation angoissante de soi

Mais ce qui préoccupe est la dimension strictement individualiste de chaque existence réelle. il est absolument légitime que chacun soit à lui-même la compréhension la plus étendue ou approfondie possible de ce qu’il est ; les contempteurs de l’égoïsme mélangent tout. Mais les hédonistes ou autres satisfaisants limités ne perçoivent pas plus que le drame individuel est tout autant un devenir universel qui vaut en et de par soi. 

Les difficultés du moi-même, de chacun, sont l’épaisseur du monde, du donné et de tout vécu ; le moi est à proximité immédiate des choses, des corps, des relations, des désirs ou des avenirs potentiels. Il n’est pas ailleurs et ses divergences, ses névroses ou ses rêves, sont la matière même que la forme qu’est sa conscience, son attentionnalité, doit débrouiller. 

Ce à quoi il s’affronte, est la densité, l’épaisseur de « ce qui est » ; il n’est pas seulement ce corps ou ce langage, mais ces finalités en nombre indéfinies du monde ou du vécu, universalisées ou immédiates, et encore les architectures qui règlent ces mondes de moi-mêmes, et encore l’architectonique intérieure qui presse aux portes du devenir que chacun Est. 

 

L’intellectualité démocratique requise

C’est dynamiquement que l’ensemble humanisant et donc individualisant s’organise ou se désorganise, part en vrilles ou se coagule, se rend en somme intelligent. Le devenir interne de la démocratie, (dont on ne sait rien a priori ; l’humanisation n’a jamais existé de cette manière là), mène évidemment à une coordination, une coordination des gestes comme des décisions, des à-venirs comme des vérités, parce que l’on ne peut y exister sans comprendre, intellectuellement, psychologiquement, et fondamentalement sans comprendre structurellement ce qui est ordonné des uns par rapport aux autres. 

C’est en ceci que le vocable lui-même « démo-cratie » est absolument tel qu’il se dit ; le pouvoir au peuple(s), c’est-à-dire aux gens, et ceci en et par chacun. Et il est apparent que si l’on veut éviter le plus gigantesque n’importe quoi, il est requis que tous ceux-là se comprennent. Et se comprennent non d’un amour béat universel (qui ne signifie rien dans les faits), mais se comprenne intellectuellement et précisément. 

Que l’on ne revienne pas sur l’utopie et ce genre de rêveries ; c’est déjà effectivement et bien réellement ce qui a commencé de s’imposer. Au point que l’on pourrait quasiment proposer une formulation de type ; la densité de l’information du monde humain est à ce point augmentée, qu’elle produit d’elle-même des régulations autonomes. 

 

Nb : Sauf que ce ne sont pas des « régulations » uniquement mais essentiellement des inventions. Si ce n’était pas des inventions, les supposées régulations demanderaient un tel niveau de concentrations pour se résoudre mécaniquement que bouger le petit doigt demanderait des lustres… L’invention est encore le plus court chemin de stabiliser des multi-dimensions, incompressibles autrement. 

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L’être-libre comme devenir(s) du 20éme siècle

1 Décembre 2012, 09:23am

Publié par zwardoz

L’être-libre comme devenir(s) du 20éme siècle

Il est évident du 20éme qu’il a quitté définitivement la mesure de l’être-libre par la raison ; l’être-libre est cependant et doit être présenté comme « la raison en marche », la raison concrète dont l’ancien mode constituait la raison abstraite (qui se définissait comme étant l’universel, universel ayant pour horizon le partage du vrai, du beau et du bien et aboutissant pour chacun au bonheur).

Il apparait alors que la raison a changé dans sa structure : elle s’est déplacée en chacun puisque la réalité veut que chacun soit en mesure de juger, de décider, de choisir et évidemment par-dessus tout d’inventer ou encore de créer.

 

Anti communisme

Ce qui n’est pas une utopie, puisque c’est cela qui se déroule depuis 2 siècles. Depuis deux siècles, il est une quantité de plus en plus conséquente de personnes, individuellement, qui prennent les choses en main. Il est clair que dans le même temps, les vies individuelles se déploient comme jamais ; et que ce monde des mois, des moi-mêmes, est l’idéal réalisé. On n’imagine absolument pas du tout une humanisation sans l’ampleur de l’individualisme qui seul rend chacun à chacun ; à moins de croire en une universalité froide et morte (le communisme de jadis, qui pensait, littéralement pensait universellement selon l’ancienne raison, que l’humain est l’homme générique, indistinct, aux besoins définissables).

Anti libéral

Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faille engendrer un hyper individualisme décérébré ; le cadre général de chacun est encore et toujours le partage entre tous et pour chacun de cet horizon dit universel. Qu’ainsi il est impératif de remplir l’idéal absolument général qu’est la démocratie (dont on ignore encore ce en quoi elle consiste au fond) selon d’une part le libéralisme oui, mais aussi un « communisme » si évident qu’il n’est nulle part absent, que partout il est un Etat qui régule et redistribue et éduque, etc. l’être-libre, ce en quoi se justifie n’importe quelle sorte d’égoïsme absurde, ne peut pas se séparer de l’universel ; il en est issu et c’est en l’universalité que l’être-libre recommence à être.

 

Les choix du moi-même

Puisque sinon il ne reste à l’être-libre que de se satisfaire d’immédiatetés, de facilités, d’absence d’avenirs (il demeure limité à son seul avenir individualisé). Ce qui ne signifie pas « rien » ; l’individualité doit absolument former un monde de moi-mêmes, élaborer son vécu en propre. Puisqu’il est, lui, à proximité du donné le plus proche, il est ce corps, cette psychologie, ce relationnel, cette consommation ou pas, cette professionnalité et donc cette technologie, et ceci en plus de son choix ou sa compréhension politique, ou son engagement éthique (pour quelque cause que ce soit et y compris sa propre éthique de vie, sa logique de vécu, logiques  déployées et en grande quantité), son imagination esthétique et mass médiatique (au sens radicalement proche ; d’images oui mais aussi de perceptions, de signes mais aussi de corps et de gestes, de récits en tous sens mais aussi de lectures et d’écritures indéfiniment vairés, etc).

 

L’utopie déjà réalisée

Que chacun ait à se composer et à s’inventer, n’est pas une utopie, c’est déjà là, déjà réalisé en partie, déjà historiquement déployé. C’est ici et maintenant que chacun invente son vécu, avec ou sans difficultés, douleurs ou absurdités manifestes.

Prendre de haut, selon des hauteurs de pleureuses qui regrettent une élévation humaniste tout à fait générale et ancienne ; qui prétend plaquer ici et maintenant une vision de la Kultur, cad de l’acculturation, qui ne concernait que quelques uns du 19éme, du 18éme, kultur qui ne peut pas s’appliquer lorsque l’éducation est dite démocratisée. C’est un autre monde qui s’est imposé. Délimité par le 19éme et le 21éme.

 

La rupture de l’historicité

Ceci revient donc à proposer que au sortir de la raison universelle, celle de l’horizon de partage intégral de l’essence de l’homme (comme homme général ou générique), il y eut l’être-libre pour mettre à bas toute superstructure écrasante dans l’ouverture des gouffres abyssaux de l’invention, découvertes et exploitation d’un monde…

Ou donc que l’organisation essentielle d’un tel monde se réalise par et dans l’être-libre ; la vie hyper individuelle ou la privatisation strictement individualiste de tout ce qui existe en un tel monde. L’organisation essentielle, l’organisationnel, tient dans la main de chacun d’une part et de quelques uns d’autre part ; privative.

Mais ceci sans s’apercevoir que cette privatisation n’existe elle-même que dans le support, sa portabilité par et dans son encadrement générale ; l’universel et le partage.

 

Le libre comme universellement libre

Malgré cet oubli de l’universel commun (oubli historique et fantastiquement majeur), il est une logique en ceci que si le jugement (que l’universel opère sur l’horizon humain) est déposé entre tous démocratiquement donc, il est aussi installé en chacun, individuellement ; autrement dit bien loin de n’être que des corps qui parlent, les mois, le moi-mêmes, tous ces vécus, bien loin de n’être que des « images » (de soi-même), sont des Idées.

Chacun est une Idée, au sens où l’on ne voit pas bien ce qu’un être-libre peut provoquer en lui-même d’essentiel, sinon de se penser. Une liberté qui ne se penserait pas (de telle ou telle manière, et chacun élabore la sienne propre) est inimaginable.

Et pareillement qu’en la raison, cette Idée n’est pas vraiment copiée des « idées » d’autrefois ; elle est autre chose et autrement. Il est un devenir courant, qui gambade, de l’être-libre comme pensée, remodelant continuellement ce que « universel » veut dire.

 

Le libre est la Loi

Il apparait donc qu’il est impératif de saisir en quoi consistait l’universel de jadis, et comment il est déjà débordé par lui-même en se transmuant en libre pur et simple. Si le libre n’est pas pur et simple, il n’existe pas : le libre est à lui-même sa loi, certes, mais il EST une Loi, pour de bon.

Ce qui signifie qu’il n’est pas n’importe quoi. Il est même à l’inverse extrêmement difficile et complexe, puisqu’il est, dit-on, l’application ici-même de la raison (celle des hauteurs qui croyait à son horizon partagé), et que donc il ne peut pas se développer en une moindre complexité ; il ne peut devenir que pluriellement et en démultipliant les distinctifs.

Si le libre se définissait sans raison, il ne se définirait pas, tout simplement. Et se définissant pas et existant pour-lui-même (ce qui est la moindre des nécessités pour un tel être), il est donc son Idée.

 

La révolution continuée des révoltes à tout crin

Qu’il soit son Idée entredéveloppe indéfiniment que la raison loin de s’appliquer généralement sur chacun, est en fait et dans les faits innombrables qui se sont réclamés à corps et à cris durant deux siècles (des prolétaires unissons-nous aux dernières libérations et droits à venir encore, de toutes les révoltes et exaspérations, des maladies psychiques aux drames vécus, etc), que la raison telle qu’appliquée réellement provoque le distinctif et le significatif d’un monde, d’un donné, de vécus et ce au plus proche de ce qui est vraiment (achevant la mort des idéologies abstraites au profit de luttes pas à pas, petit à petit ; de luttes concrètes).

 

Le distinctif comme logique interne

D’aucuns remarqueront que ces révoltes et luttes concrètes se délimitent dans un même espace dit, donc, privatif ; la société libérale est conservée telle quelle et même s’est démesurément amplifiée. Mais on ajoutera aussi que rien n’est encore achevé : le démocratique et un processus et même un ou des procédés ; ça n’est pas un « état » clos et fermé, et l’histoire continue mille fois plus rapidement que jamais.

Et tout vient à paraitre démocratiquement, et de plus en plus précisément, puisque de plus en plus précisément le distinctif (le « ce qui vaut » et le « ce qui ne vaut pas ou moindre ») se démultiplie (ce qui est de fait son essence, son être réel en propre). 

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