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instants philosophie

L'être de conscience comme non-humanité

19 Octobre 2013, 10:38am

Publié par pascal doyelle

La réflexivité est donc ce qui est arrivé à l’humain. Ça ne se comprend que de la sortie des mondes particuliers, qui se fondent sur une synthèse immédiate ; ce qui apparait est vrai, est vraiment tel que cela se montre, puisque en ce cas l’apparition des choses et des êtres est aussi « comme ils sont dits, parlés », et que la parole est aussi « ce qui est échangé ». Parole-groupe-monde se composent synthétiquement.

On présente habituellement la révolution interne (quoi qu’en réalité elle soit externe, on y est projeté dans l’externe, le dehors) comme étant celle de la raison ; mais la raison est philosophiquement plutôt la théorie de ce qui arrive partout tout à coup à l’humanisation ; la philosophie est la réflexivité sur la réflexivité qui commence à se propager en tous domaines. Comme telle elle accélère mais aussi produit un surcroit de réflexivité.

Cela permet de réintégrer la pensée chrétienne dans le pensable ; mais évidemment alors ce que l’on nomme « raison » devient une partie de la réflexivité généralisée. Et par exemple il n’est plus question d’être en mesure de rassembler tout le devenir sous le concept hégélien ; qui présente que la réflexivité débouche, aboutit, se réalise comme savoir absolu. La conscience n’est pas le conscient.

Mais de même la conscience n’exclue pas du tout le conscient ; pareillement le libre pur initié par Descartes ne s’oppose en rien à la vérité (comme horizon idéal présenté par le Pensée dont l’universalité serait la borne, l’essence même de l’homme ; en tous cas de l’homme comme animal raisonnable, ce que depuis les chrétiens on a dépassé de fait, pour qui l’homme est l’individualité retournée par le regard indéfiniment réel, retourné au sens propre comme figuré).

C’est qu’il faut concevoir que la conscience n’exclue pas le conscient, la pensée, etc, (ni la mémoire ou le corps d’un autre point de vue) ; elle est, conformément à la description cartésienne, le dispositif des dispositifs.

Or cependant elle n’exclue rien, mais ce mécanisme (sans doute produit par et dans la cervelle mais qui se lance vers le monde « là » donné surface étendue autre, que l’on connait pas a priori) bouleverse intégralement ; dépasse le langage, le commun, requiert des phrases pour s’exprimer et non plus seulement des mots (qui tombent eux dans le domaine public pour ainsi dire, qui montre des choses, or le réflexif ne se montre pas, il s’élabore de sa forme vide), et comme le dit mécanisme admet toutes les altérités possibles (il n’adhère en aucune, il n’est pas composé en lui-même et donc peut entrer en composition de tout ; des physiologies aux signes), ce mécanisme produit ; il produit des articulations.

Articulations que sont les universalités (grecs par ex, puis des sciences objectivistes, le droit, etc) ou les devenirs consciences de l’acculturation chrétienne (sous le regard indéfiniment réel de dieu, qui a-déjà-fait-retour en chacun, par le christ, insufflant un parcours interne en chacun), mais ce sont aussi à partir de Descartes qui en est la première conscience unique et immanquable, la propagation de fait des consciences premières ; et là il en existe des tas ; ce qui se dit « conscience première » est indéfiniment et creuse à même son être, subissant le poids de l’exigence, de l’exigence structurelle de la réflexivité.

Chacun le sait bien ; il subit ce poids, le poids du mécanisme de conscience. Lequel est d’une si absolue positivité (il absorbe tout et n’importe quoi, conduit partout et n’importe comment, transmute et relève tout ce qu’il rencontre) que, produit de la cervelle, il surgit toujours parfaitement identique formellement à lui-même. Il ramène sans cesse le Même, et on ne peut en rien le contredire puisque c’est une forme pure sans rien, sans contenu, qui s’joute à n’importe quel donné ; il ne ramène pas le Même contenu ou la même intentionnalité précise ou le même horizon projeté ou reçu, il est purement mécanique.

Le problème est que tout mécanique qu’il soit, il est un se-sachant. C’est cela même qui le rétablit constamment comme lancée vers le monde donné « là » ; il est clair qu’il ne peut pas s’élancer vers le monde, sans se garantir d’une unité de soi-même, mais celle-ci est évidemment vide ; tout comme il est un rapport-vers-le monde donné, il est un rapport-vers soi. Lequel ne contient rien.

Autrement dit on ne peut pas dériver la conscience-de de quoi que ce soit ; elle est un Réel, de même que l’on énonce ; l’être est, et on ignore « ce que » cela est. On les constate tels quels. Elle est un être indérivable (et non une notion, une idée ou un concept, ni même une intuition à proprement parler, ni un idéalisme ou une identité). En tant que telle, la conscience est a-humaine ou non-humaine ; l’humain est un effet de son être.

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La philosophie comme bavardage ?

18 Octobre 2013, 09:53am

Publié par pascal doyelle

On caricature la philosophie comme non sens, comme bavardage, comme abstraction qui enfile les idées qui ne correspondent pas au donné, qui glose sur des possibilités non constatables.

Le problème est que l’on délimite là une partie antérieure de la philosophie. Celle qui se figure dans la vérité et le déploiement de l’universalité, de l’universalisation à partir du langage qui dépasse le langage et le marque en le référant, en le forçant à se référer autrement qu’aux choses communes. Et qui culmine dans cette extrapolation de son invention ; le Un, le Bien, le tout, la pensée elle-même, l’Etre, etc. qui sont comme à la fois les principes du penser et les finalités en lesquelles il se reconnait et s’explique ; il affecte à sa démarche même son chemin. Comme il est son horizon absolu (tout ce qui est, se traduit en une pensée qui est le Penser comme principe de compréhension (des choses et des êtres, via les idées) et principe de compréhensivité (les idées se comprennent en s’assignant comme fins explicites, dites, transparentes, et l’idée terminale s’affecte comme transcendante, comme régulant les champs inférieurs). Ceci ne vaut que si l’on maintient la pensée universelle comme finalité inamovible, comme évidence en et de par elle-même, le sommet de ce que l’on peut.

Or dans l’idée même de l’être il est au moins deux organisationnels ; d’une part l’idée de l’être est purement formelle et vide, et ne prescrit rien (de sorte qu’une partie de la pensée est de découvrir les ordres de validité des idées, logique, cohérence, adéquation, etc) et que d’autre part la rationalité est « cela qui opère le tri » mais le tri dans l’intentionnalité elle-même ; la raison est non seulement d’installer un discours cohérent mais d’opérer sur la conscience en activité en tant qu’elle produit des vérités, ou donc n’importe quelle proposition mais sur laquelle se réalisera une distribution correcte.

Une proposition certes énonce quelque chose sur quelque chose, mais elle est tout autant et même surtout une intention vers quelque chose ; la finalité est de réguler l’ensemble de tout ce qui vient, et comme nous sommes en état de dépassement du langage (commun), les éléments qui s’ajoutent à ce langage ne sont pas en eux-mêmes délimités ; ils envoient vers n’importe quelle conscience. Le principe de l’idée de l’être est donc de formaliser cette augmentation de notre être ; de statuer sur les consciences possibles. Mais de fait il est une inflation de consciences possibles, et l’idée de l’être de par sa formalisation, provoque à être quantités d’intentionnalités vers le monde.

En ce sens la critique comme bavardage consiste à annuler l’idée de l’être qui constitue l’envoi le plus loin possible de la conscience et qui en résout de plus la cohérence et la délimitation. C’est à notre-être dans son indéfini possible que l’idée de l’être comme ensemble formel sous contraintes, s’impose ; puisque hors de ces contraintes, l’ensemble des formulations s’effondrerait sur lui-même, n’ayant plus de chemins sous ses pas, ayant quitté le langage commun (et les synthèses immédiates qui l’occupent). L’articulation d’une conscience qui sort du langage, ne tiendrait plus.

On peut plus ou moins accentuer la formalité de la cohérence qui encadre l’idée vide de l’être ; et annuler qu’il y ait un « être » ou son idée, reviendrait à admettre une source hétérogène à la pensée, cad à l’intentionnalité (ce qui concerne alors tout notre être et non seulement la pensée, du reste c’est un fait que la philosophie se mêle de tout ; politique, esthétique, éthique, etc ; qu’elle est précisément ce qui redistribue la conscience et ses intentionnalités diverses).

L’idée de l’être n’est pas seulement d’offrir un cadre formel de toute pensée sous contraintes, mais constitue une matrice et un accélérateur de toute l’intentionnalité ; cette idée est ainsi identique au doute-cogito cartésien, est la même structure, identique dans les deux cas. Et les deux sont inscrits dans le mouvement de réflexivité générale qui transmute tout être donné « là » et est de par soi son propre renouvellement.

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Après Descartes : le souffle

17 Octobre 2013, 10:08am

Publié par pascal doyelle

Qu’il y ait eu une déflagration dont nous ne nous sommes pas remis, une équation dont on a pourtant commencé de la résoudre, et qu’elle prenne pour base l’effet cartésien.

Il est notoirement avéré que la preuve cartésienne n’en est pas une ; or pourtant elle n’a cessé de jouer avec nous puisque l’être que dé-couvre, le rocher sous les vagues de flux et reflux divers et variés, prend toutes les apparences d’un réel : l’os de notre être.

Un être réel, dont la structure a commencé d’être inventoriée ou décryptée par la pseudo preuve cartésienne ; mais il savait ce qu’il faisait puisqu’il nous dresse l’idée d’un dieu singulier et singulièrement étrange et plus qu’incompréhensible ou dont l’incompréhensibilité est égale à notre étrangeté, l’étrangeté de notre être, dès lors abasourdi dans un monde dont l’étendue est absurde.

Sommes-nous les passants transformés en mécaniques automates dont on ne sait plus s’ils sont humains ? Ou encore : notre cervelle nous rêve-t-elle ?

L’impossibilité de définir ce réel, notre être singulier, se verra remplie diversement par quantité de résolutions, plus ou moins farfelues ou sérieuses. Mais du fait de son inscription définitive (il n’y eut qu’un seul Descartes même si beaucoup voulurent marquer l’historicité du même sceau, c’est une frappe qui ne peut pas se reproduire) elle a engendré une distance considérable ; la pensée devient la pensabilité. Ce qui signifie que certes on peut penser métaphysiquement mais le ressort métaphysique (dieu comme théologie de l’être suréminent ou l’être comme ontologique générale pensée en une fois, idéalement) est cassé ; le centre s’est métamorphosé. Descartes remplace le ressort ancien par l’os, dénudé ; celui qui joue de nous.

Se déchainera ensuite d’une part la recherche d’une pensée adéquate, un surcroit de pensabilités diverses, une pensée de ou sur le monde, articulée plus ou moins aux sciences, à l’esthétique, à la politique, économie ou autres (voir Badiou), ou d’autre part en un approfondissement de cet être étrange qui est Autre et roc réel dans l’étendue du monde.

Si l’on recherche le sujet impossible, soit disant, il en existe d’innombrables… Prétendre que le sujet est absent ou introuvable ou illusoire, c’est ne pas ouvrir les yeux ; l’historicité depuis Descartes en est remplie, ils forment le plus excellent de notre devenir réflexif, et juger qu’ils n’aboutissent à rien, c’est le plus souvent rêver encore d’une vérité bâtie sur l’ancien étalonnage métaphysique, alors qu’il y a belle lurette que la philosophie même est passée à tout autre chose.

Evidemment il y eut Kant ou Hegel ; mais Kant relativise la pensée (et selon un dispositif structurel et formel) et Hegel la démultiplie dans l’histoire, ce qui signifie selon l’irruption continuelle de la négativité. Dans les deux cas la pensabilité qui multiplie les aperçus et les possibilités de la pensée remplace celle-ci ; pensée qui se tenait pour unique et sans concurrence,( lors même de ses divergences en interne).

Comme le sujet délivré ne parvient pas à sortir du sujet cartésien (ce qui veut dire ; de l’ontos, de son être « là », que décrit ou commence de décrire Descartes, il initie ; il ne répond pas à tout évidemment et tente de penser ce qui ne peut pas être pensé, et bien qu’il comprenne parfaitement l’échappée de cet être, sa sortie hors de l’admissible ; le dieu singulier), le sujet vadrouille en tous sens ; il explore littéralement et le monde et son être propre. Il invente et veut à toute force se redéfinir ou s’écrire tel ou tel. Certes il ne peut plus penser comme anciennement et bien qu’il le regrette ; au point de réinstaller les mêmes erreurs sur lesquelles la dite pensée ancienne elle-même ne se méprenait pas, puisqu’elle s’en garantissait de maintenir serrée la rationalité, la cohérence du penser, tandis que nos modernes tout férus d’eux-mêmes et négligeant le penser cohérent, tombent à pieds joints dans de telles facilités.

On n’est pas loin dans tous ces devenirs de sujets cartésiens (qui n’en possèdent que le nom, mais en actualisent la forme qui est un roc réel d’innombrables vagues), de réemploie d’une certaine magie ou de la nostalgie d’une parole partagée (celle que le langage conserve évidemment dans son cercle, de fait) ou d’un morigénage intérieure de la philosophie, pensée qui se déteste elle-même, ou encore de croire résoudre la quadrature en soumettant la philosophie à un autre qu’elle-même ( ce qui est impossible).

Sauf qu’ici et là l’approfondissement du sujet bat son plein, augmente constamment son potentiel ; de même que s’inventorie en quantité les sciences, les causalismes ; ceux-ci défilant sous les yeux du sujet abstrait de la science, celui qui s’absente volontairement.

Autrement dit les deux développements s’avèrent quasiment tels des explorations en cohérence de ce qui existe pour et par un sujet ; absenté ou présent à soi. Ce qui démontre au moins la capacité indéfinie du dit sujet.

Il ne faut pas retenir seulement la lettre de ce qui est dit, par Stirner, Nietzsche, Heidegger, mais non plus uniquement le sens explicitement exhibé ; il faut en retenir la trame, le schéma interne ; il faut voir que Nietzsche répète l’ouverture cartésienne, et impose l’affirmative, l’affirmative conscience de ce « soi » aberrant, sans raison puisqu’antérieur à la pensée, libéré, encore une fois, et purement inhumain, ahumain, né de et par et pour le monde délirant mais non pas déliré (Nietzsche est intégralement de cohérence). De même que Heidegger ou Sartre décrivent le premier le sol, la surface étendue cartésienne mais métamorphosée et emplie d’un soulèvement intérieur (soit l’inverse d’une surface étendue ; Heidegger détestait Descartes, l'onto-théologie subjective) et le second la plus restrictive et basique structure de cet être, la liberté sartrienne en est la lumière la plus froide et dure.

L’étendue est quand même une des perspectives qui inquiète la pensée métaphysique ancienne ; Leibniz et Spinoza ont fort à faire de réduire cette étendue sans nom, cette évidence qu’il y a un monde et qu’il est étendu et que ce monde et cette étendue existent. Qu’ils valent en et par eux-mêmes (puisqu’entrant définitivement dans le discours, la représentation, l’idée, qui n’est plus une notion, plus une idée métaphysique). On comprend Spinoza et Leibniz comme classiques, mais ça n’a plus rien de classique, que de comprendre le monde comme étant dieu ou le dieu comme étant un tel monstrueux Objet absolu spinoziste. Ou de penser calculer les possibles en un dieu de raisons suffisantes, d’énormiser la pensée comme pénétrant intégralement le moindre détail existant. C’est une inflation.

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Histoire de la philosophie : Descartes

16 Octobre 2013, 09:39am

Publié par pascal doyelle

La pensée philosophique se produit donc en tentant de formaliser ce qui arrive à l’humain ; la réflexivité (grecque, chrétienne, politique, esthétique, éthique, idéelle, d’humanisation ou de personnalisation à ses débuts de souci de soi, à entendre en tous les sens du terme).

Comme théorie elle se nomme « pensée », et adopte intégralement qu’elle soit réflexivité ; et philosophie elle est réflexivité de /sur la réflexivité. Elle recherche ce qui est actif, accélère ce qu’elle repère et évidement crée elle-même du réflexif. Elle est fondamentalement un accélérateur absolu, puisque si la réflexivité est « ce qui arrive » à l’humanisation, (qui se sépare des mondes particuliers, pour un monde unique, universel, des groupes et des langages, dépassant le langage et dissolvant les groupes), la réflexivité est ce qui ne s’attache à rien, aucun contenu, dont elle est justement la réflexivité, cad le rapport renouvelé.

Elle tient son unité d’abord de l’universalité en tant que pensée générale, et se nomme ontologie ; l’être ne tant qu’être et pensé en une fois complète. Puisqu’elle s’incruste ensuite dans la réflexivité chrétienne, cette ontologie se super-pose, pour ainsi dire, en dieu et en ce retour de dieu vers nous ; qui libère en chacun la conscience pure (non nommée comme telle). Toute conscience est libérée par rapport à elle-même et toutes sont réunies en une seule indéfiniment réelle. Ce qui n’a pas du tout l’effet d’une concentration mais d’une dispersion elle-même indéfinie. De même que la vérité comme principe et non comme contenu (« ceci est la vérité » est remplacé par « il y a de la vérité », on ignore laquelle mais ce principe est certain), et produit quantité de vérités relatives à leur principe.

Il se produit une redistribution intégrale de tous les systèmes (qui se fondaient sur la pensée uniment), ce que provoque Descartes en dé-montrant , en le montrant , que notre être est Un. Il est Un très étrangement, et quasiment insituable (la pensée est à la fois le doute-cogito-infini-étendue-corps, tout comme l’imagination, l’image, l’entendement, la volonté, le sentiment, etc, on ne sait pas trop en réalité et ceci Descartes le remarque explicitement ; c’est un ensemble insituable, un dispositif de dispositifs).

On le sait ; la preuve de Descartes n’en est pas une ; parce que c’est autre chose qui arrive soudainement. Ça n’est pas de l’ordre du discours de la pensée, de la vérité seule. Il faut comprendre que ça installe verticalement ce qui pour la pensée métaphysique se dessinait horizontalement ; le sujet cartésien plante son drapeau ici même et maintenant (sur l’étendue du monde, le monde comme étendue). Il outrepasse n’importe quel discours, d’une part, mais aussi en même temps il impose que l’être de l’homme n’est nullement assujetti par une conscience indéfiniment réelle ; il existe un ramené ici même de ce qui ne se saisissait auparavant que de et en et par dieu ; dieu était l’opérateur absolu de tout ce qui est et nos consciences n’existaient, ne se libéraient que de et par dieu (puisque dieu est le retour-christ, vers nous, pour nous). il se trouve donc que l'être de l’homme est lui-même un tel opérateur.

Les questions se posent alors ; qu’est-ce que dieu qui est si singulièrement autre que toutes les idées approchantes de dieu jusque là ? Qu’est-ce que ce monde étendue, en quoi consiste-t-il puisqu’il n’est plus pensable par des idées mais par les mathématiques ? Qu’est-ce que cet être-soi qui apparemment est en lui-même et par lui-même une activité, un activisme qui vaut en et par soi ?

Dans tous les cas, ça n’est plus la pensée uniment pensable, qui se déroulait (quitte à se heurter à l’universel pur comme résolution supposée mais non prouvée de l’universalisation, ou à dieu comme outrepassant la possibilité du discours mais offrant à celui-ci une plus grande pénétration dans le donné du monde et des consciences assujetties-libérées), mais il existe une définissabilité de l'infini, du monde et du "soi", dont on ne sait plus rien. mais de même que la vérité bien qu'inconnue était certaine dans son principe, de même le sujet, ignoré, est sa propre certitude vide.

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Pensée grecque et pensée chrétienne

15 Octobre 2013, 11:11am

Publié par pascal doyelle

La philosophie comme vérité se divise donc en deux architectures de principe ; d’une part l’ontologie qui tente de définir l’être comme idée générale, et d’autre part la théologie comme tentation en un être suréminent, dieu, qui n’est pas pensable comme idée générale, mais qui permet de faire-retour sur la réalité du monde.

Remarquons que le dieu cause de soi, est apparemment récent ; dieu est d’abord et surtout une essence absolue, une substance (à vrai dire la seule substance, cause de tout qui ne dépend pas elle-même d’un autre, qui n’a pas sa raison d’être en un autre, ce qui ne signifie pas qu’il soit cause de lui-même. Puisqu’en ce cas, cause de lui-même il serait distinct de lui-même, et en cela relatif ; à lui-même certes mais introduirait de la division dans la substance unique. La pensée abordant la substance serait désarçonnée d’essayer de penser un être cause de lui-même, distinct de lui-même.

Il faut en somme l’effrayant Descartes pour contenir essentiellement (cad non comme accessoirement dans la théorie mais comme formulant la logique même de la théorie) qu’Il est la cause distincte de lui-même.

Antérieurement à cela, la pensée grecque ou chrétienne se fonde sur La Cause qui est seule pensable comme substance : soit substance universelle, soit substance unique. La différence est le coefficient de pénétration du Un dans « ce qui est » ; la pénétration grecque est horizontale ; elle rassemble les différences en idées et laisse difficilement pensable la matérialité des choses et des êtres. La pénétration verticale de dieu comme substance a créé la matière et avance jusqu’à l’exister « là » de la matière ; autrement dit l’exister là, tout point instant qui est (sous nos yeux) existe par la cause de dieu ; dieu est cause de tout et maintient tout ce qui est jusqu’au plus infime. Il cause l’exister même tel que là.

Evidemment en tout cela le régime d’explication des choses et des êtres, est la pensée ; l’idée grecque ou la notion chrétienne ; et non pas ce que nous entendons par causes depuis la science. La notion de la chose est sa raison d’être et donc les mots épuisent tout ce qui est pensable et compréhensible dans la chose. A revers, la science ne se fonde pas sur le mot, mais sur la mesure et l’équivalence d’une mesure par rapport à une autre, d’une cause mesurée à un effet mesuré, si il existe un décalage de mesure, il doit être expliqué en tant que mesuré lui-même (et donc équivalent).

Grecs

Si le régime d’explication est la pensée, la pensabilité curieusement c’est la pensée qui va s’extrapoler elle-même comme explication de la réalité ; autrement dit il ne suffit pas de penser les réalités et d’en tirer leurs raisons d’être (leurs identités, il faut ordonner ces idées de telle sorte qu’elles soient cohérentes entre elles (et cohérentes par rapport aux ensembles de réalités qu’elles amènent à la pensée), mais il faut aussi expliquer pourquoi ou comment il existe des « idées ». les idées c’est l’horizon inamovible ; on explique à partir des idées mais il est très difficile d’expliquer les idées ; il faudrait les tirer d’autre chose qu’elles-mêmes ; on les maintient donc comme seul horizon indiscutable en un sens, puisque c’est ce qui donne sens aux réalités.

On peut fonder la validité des idées ; expliquer pourquoi elles sont absolument nécessaires si l’on veut s’élever au-dessus des réalités immédiates ou de nos pauvres vies ; pour cela il n’est pas d’idée du sujet, de l’individualité infinie, puisque ce par quoi une vie vaut la peine, c’est seulement de se hausser au niveau de l’horizon unique ; la pensée universalisante. Elle seule nous permet d’augmenter notre individu limité, pensée qui passe outre la limitation de la perception, du ressenti, de l’immédiat en général.

On peut fonder la logique des idées ; on inventorie la logique des propositions, puisque l’on doit montrer la cohérence pour que ce qui est réflexif (sur la réalité) s’étageant en idées (unité des différences en leur notion), doit expliquer et montrer (cad démontrer) sa logique.

Le problème est qu’une idée est le rapport à un ensemble de différences (dans la réalité) mais les idées entre elles devraient s’établir de différence qu’il est difficile de déterminer. Il faut entrer dans la définissabilité des idées, leurs identités, afin de produire des différences significatives qui permettent de les déduire, de remonter des idées (des réalités) à la dialectique, au déroulement des idées entre elles, jusqu’à l’idée maîtresse de laquelle les idées (et donc les réalités) se déduiraient.

Le rapport des idées aux réalités se perçoit ; mais le rapport des idées entre elles doit faire l’objet d’une dialectique, et le rapport des dialectiques des idées à l’idée unique est fortement incompréhensible ; cette idée des idées doit contenir la déduction vers les idées secondes et aussi l’explication de pourquoi il est des idées et pourquoi nous sommes agrippés à la pensée qui seule explose notre individualité vers son augmentation (de comprendre toutes les réalités en subsumant les différences immédiates en idées valables hors immédiateté).

Chrétiens

Le point de vue chrétien est essentiellement différent ; puisque la philosophie a pour but d’expliquer le monde, certes, mais surtout des raisons de croire ; de croire en une unité qui préexiste ou est autre que « la pensée ». Dieu ne se dit pas déjà comme conscience ; comme volonté cartésienne ; il est telle, la pensée, entre autres. Son être est fondamentalement plus, bien plus que la pensée ; l’explication réelle de tout ce qui est, se tient dans son indescriptibilité ; il est accessible par la foi ou les écritures ou cette mise en forme profonde et infinie de notre être qui se convertit, qui convertit, interchange son regard, lequel est bien plus vaste et conséquent que la « pensée » universelle et horizon horizontal, pour ainsi dire.

Il est clair que cette verticalité ne peut pas être pensée telle quelle ; et réclame un développement qui est dit, ici, acculturation généralisée ; il est un devenir-conscience qui atteint la totalité de notre être. Qui convertit, reporte autrement et selon un devenir sur-naturel ; qui nous permet de devenir entre l’ancien et le nouveau, le constamment nouveau et le renouvelé absolu ; « cela qui recycle » tout ce qui est et ce par l’engagement de chaque conscience (qui n’est pas encore la conscience comme structure, qui n’est pas la négativité hégélienne, le X kantien, la phénoménologie husserlienne, la liberté sartrienne ou l’affirmative nietzschéenne, etc).

La pensée chrétienne est donc réflexive, et entraine la pensée elle-même, mais requiert donc un discours (ou une série de discours) para philosophique, puisque son rond-point est bien plus étendu et engage autre chose que la tenue d’un discours universel d’ontologie générale horizontale. Elle contient cependant le pensable ; dieu est pensable mais sous condition que son être lui est non pas « impensable » à strictement parler, mais indescriptible et outrepasse non seulement la pensée, mais tout et n’est accessible, petitement, qu’en conversion du regard.

Littéralement la pensée chrétienne ou plutôt sa réflexivité réclame une telle conversion de l’être qu’évidemment la possibilité de la pensée universelle horizontale en est débordée de toutes parts ; la pensée horizontale viendra s’enchâsser dans la verticalité ; mais ne s’en départira pourtant pas de sa volonté de penser et même cette verticalité ; il faudra quantité de pensées horizontales pour commencer de ramener la verticalité en une explicitation à peine débutée. On peut voir Descartes ou Kant ou Hegel, etc, mais aussi Lacan par exemple ou Wittgenstein, comme des tentatives de ramener dans le pensable universel ce qui s’élève bien au-delà de l’universalité.

Lorsque l’on abomine la réflexivité chrétienne, c’est que l’on entend réduire la voilure ; et reprendre en compréhension et extension (selon la réflexion et le monde) ce qui existe en intensité absolue.

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Le poids sur nos épaules

15 Octobre 2013, 09:02am

Publié par pascal doyelle

De l’angoisse et de son exigence

L’aboutissement, momentané, de notre devenir repose sur le Chacun ; sur le chaqu’un, en quelque sorte, mais étant entendu que « ce qui est » en chacun, cette horreur, est autre que lui-même. Chacun est profondément dessoudé de lui-même, et ceci nous est incompréhensible.

L’humanisation sort des mondes-langages-groupes. S’invente la réflexivité qui atteint différents domaines de l’humanisation. De l’universalisation grecque au devenir conscience chrétien. De l’esthétique au politique en passant par l’idéel et l’éthique, d’une humanisation accrue et d’un débit de personnalisation.

La philosophie n’invente pas la réflexivité qui atteint tout l’humain, mais elle prend nom de philosophie en se chargeant de théoriser « ce qui nous arrive ». Elle est la réflexivité sur la réflexivité ; de ce fait elle accélère le processus mais aussi en invente, en lance une partie de son propre chef.

L’appesantissement de la structure

Universalité grecque et devenir chrétien se nouent ensemble puisque les deux manifestent le même dépassement. Au sortir de l’acculturation grecque et chrétienne, la réflexivité se rend compte d’elle-même comme méthode cartésienne ; ensuite viendront quantité de sujets qui se détiennent tel Descartes comme êtres-libres et ayant en eux-mêmes la certitude et s’efforçant de poursuivre la même cohérence ; l’exigence qui pèse sur les épaules des sujets est sans doute plus exténuante que l’exigence jusqu’alors déléguée sur l’universel ou sur dieu.

Comme réflexif individué

Il est manifeste que Nietzsche bien que révolté contre le systématique, s’emploie jusqu’à l’épuisement au réflexif ; le réflexif est devenu-lui. Il sait (de la même certitude que Descartes montre) que ceci est son être réel, a contrario de l’individu nietzsche, Nietzsche est plus grand que nietzsche, il exhibe la vérité en tant que le réflexif, cela qui dépasse constamment, peut tenir, peut exister et qu’il bouleverse ce qui est. Autrement dit, la conscience est plus grande que le conscient. Et elle est si autre que tout, qu’il doit faire appel à un surgissement qui vient du monde, de l’univers inhumain. De même Wittgenstein ou Lacan ou Kierkegaard ou Rimbaud ; Rimbaud également puisqu’en quelques feuillets il rassemble la totalité de son expérience et projette la totalité de l’à-venir. Ou Artaud qui martyrise réflexivement et s’enferme dans le labyrinthe d’une volonté-autre.

Le réflexif est devenu-notre être quand bien même nous cherchons à lui échapper, à croire qu’il est une vérité qui se passerait du structurel, qu’il est quelque part un état de nature paisible, qu’il est une destinée de notre moi, alors qu’il est crevassé, ce conscient, de toute la conscience active et inhumaine ou surhumaine ou ce que l’on voudra ; ça n’a pas de nom.

Les sujets

Le poids de la cohérence réflexive se marque par une exténuation de l’individualité qui se-sait mais également par la multiplicité de ses expériences et de ses dires, de ses devenirs ; tous sont assujettis. Assujettis à leur forme même de sujet hypothétiques, ayant en eux et par eux-mêmes la structure réflexive ; mais sont-ils encore hypothétiques les dits sujets ? Ne sont-ils pas réellement ce qu’un sujet est ? La réflexivité n’est-elle pas alors du début grec et chrétien parvenue à s’extraire de ces gangues successivement et ne s’est-elle pas inscrite comme réels devenirs concrets et précis, à chaque fois plus réels et plus précis ?

Loin de manifester alors un désordre incoercible, le devenir réflexif déroule intégralement son potentiel. Puisque ce qui compte, ce qui vaut est non pas un contenu mais le structurel qui anime et poursuit les contenus, il n’est pas en tout cela une logique conceptuelle (la conscience n’est pas la pensée), mais une ontologie, celle d’un être agissant. Et cette ontologie contient tout concept, toute idée, mais ne s’y arrête pas du tout ; de même qu’elle ne supporte aucun donné naturel, ou n’a rien à voir sinon comme effets à un donné psychologique, et de même qu’elle épuise les mondes humains.

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La vérité : "il y a de la vérité"

14 Octobre 2013, 11:01am

Publié par pascal doyelle

Il y a de la vérité est ce sur quoi on ne peut pas revenir ; parce que cela ne prescrit rien sinon qu’il faut tendre vers le potentiel pur et simple, en réalité complexe et retordu.

Ayant dépassé le groupe-langage-monde particulier, l’humanisation se poursuit bizarrement et doit inventer ses propres règles ; il n’existe pas de métalangage, mais il existe un dépassement du langage. Et ce qui dépasse le langage est incertain dans ses contenus (il n’est pas de « ceci est la vérité » mais non plus il n’existe pas de « il n’y a pas de vérité universelle et capable pour tous » puisque la tension doit être maintenue formelle), et doit ainsi créer ses propre critères ; de même que l’esthétique ou l’éthique pense ses propres repères ou produit son corps et son désir. Il n’y a plus rien d’écrit ou de partagé, il faut élaborer les règles d’inscription ou de partage ; la politique est la nécessité (cad la liberté) de produire ce qui n’existe pas comme règle commune.

L’humanisation se produit elle-même non plus en conformité à une vérité commune dans un monde parlé et un seul flux, mais comme séparée et divisée ; or ceci doit être pensé. La philosophie est la pensée, la théorie de ce qui arrive à l’humain ; de ce qui arrive partout et en tous sens . Des grecs au chrétiens, de l’esthétique à l’éthique (et au désir comme au corps), de jésus-Socrate à Nietzsche.

« Il y a de la vérité » engendre donc ; a des effets considérables ; ça permet de produire quantité de vérités ; peu importe alors puisque la certitude n’est plus en telle vérité, à laquelle on tient à toute force, en laquelle on croit, on y existe « dedans », mais la certitude est celle-ci ; l’être est. On ne sait pas ce que c’est, mais « il est de l’être ». Cela nous largue dans l’inconnu. Le non inscrit ; et puisque non inscrit il faut l’écrire, sinon ça n’avancera pas. Et comme il n’est plus de vérité, il faut inventer les règles de vérité potentielle ; ce qui peut être est non pas n’importe quoi, (quoique cela soit dès lors absolument possible), mais est selon certaines conditions ; et ces conditions ne sont nullement limitées à la bonne « prononciation », ni ne sont prescrits par "la Vérité", (quand bien même surgirait-elle de nulle part ou d’une statistique de l'être étal).

Ce ne sont pas des conditions théoriques seulement qui conformeraient une pensée adéquate et compréhensible. Puisque son enjeu n’est pas le compréhensible (qui retourne toujours au langage et au commun, cad à la vérité comme ceci est la vérité, réintroduisant les mêmes stéréotypes) mais la saisie ontologique.

L’idée de l’être n’est pas une affirmation substantielle ; cela définit un objet formel incompréhensible et vide. Cela induit un rapport incompréhensible qui relativise toute pensée en une affirmation formelle, qui relativise ces vérités à un être qui n’est pas relatif. Nier qu’il y ait là un rapport ontologique, c’est toujours en revenir à « ceci est la vérité ».

Croire que l’on puisse rendre étal et vrai en soi, ce qui est seulement par distance et distorsion, c’est ramener le gouffre ouvert à une platitude.

Comme ce qui arrive à l’humanisation est la réflexivité (la relativité de tout à ce qui n’est pas relatif mais inconnu, mais qui se-sait), cette réflexivité doit faire l’objet d’une pensée (outre que la réflexivité se déploie en esthétiques, éthiques, politiques, à foison ; il y a de la vérité, produit des vérités, des devenirs, etc, c’est le moins que l’on puisse dire). Elle doit élaborer non pas un métalangage mais le langage doit être dépassé par ce qu’il ne contient pas ; la pensée, ce que l’on comme tel depuis les grecs, est le déploiement d’une théorie de ce qui est antérieur au langage, au groupe, au mondes particuliers ; cette description requiert des idées qui expriment, représentent des rapports qui n’existent pas dans les mondes donnés, et cette description se cherche en se nommant ontologie.

L’ontologie est l’ensemble de toutes les règles qui mènent à la vérité en tant qu’elle maintient « il y a de la vérité », en tant que celle-ci ne peut pas s’atteindre sans réfléchir et que cette réflexion est une élévation, un devenir, un accès à. Il y a de la vérité, inclut la production de vérités puisque la certitude n’est plus dans une vérité mais dans le processus qui est un procédé (qui est de fait non aisé, il vaut mieux continuer d’espérer en une vérité étale). Mais cela s’oppose aussi à ce qu’il y ait Une vérité ou donc que la vérité soit séparément du réflexif qui la propose. On ne peut pas réduire ce qui est réflexif, ce qui est activement réflexif, et en rendre un discours en soi vrai ; c’est un processus, une machine, une machinerie. La machinerie philosophie est celle qui double la structure active, qui existe en toute l’humanisation, qui double le mécanisme réflexif.

Il y a de la vérité s’oppose évidemment à « ceci est la vérité » mais aussi à « il n’y a pas de vérité » ou « il n’existe que des vérités relatives » ; le cadre « vérité » ne peut pas être rempli (ni par l’absence, ni par la multiplicité incompréhensible, chacun du reste arguant de « sa » vérité, cad en fait maintenant « ceci est la vérité »). Mais si il ne peut pas être rempli, ce cadre lui-même Est, en tant qu’encadrement et fait l’objet d’une pensée qui en traite les conditions, et en formule les Règles ; lesquelles forment toute l’antériorité qu’est cette réflexivité en tant qu’elle se hausse.

La Règle est celle du gouffre définitif, de la séparation intégrale, de « ce qui fait-être », qui relie tout autant les conditions de vérité de la philosophie grecque que la formulation du sujet nietzschéen ; en effet les devenirs de la raison (caricaturale et caricaturée et ne comprenant pas cette caricature son objet même ; la philosophie) sont les devenirs du réflexif et c’est sa cohérence que Nietzsche (ou Heidegger ou Kierkegaard, etc) manifestent ; dont on ne peut pas dire qu’ils aient cessé de se saisir en cohérence. Les formulations réflexives poussent au plus loin possible la cohérence.

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Le christianisme

12 Octobre 2013, 13:57pm

Publié par pascal doyelle

La raison est donc ce qui marque la coupure entre les humanisations antérieures et l’humanisation seconde ; celle qui se fonde sur l’universel. La philosophie donne comme explication de ce qui arrive à l’humanisation ce qu’elle nomme la raison, la vérité, l’universalité. Elle est la discipline spécifique qui entre toutes les autres, se charge de théorisé ce qui n’existe pas (dans les humanisations et les groupes, les langages et les mondes particuliers) et élabore les mots adéquats, les idées.

Tout cela marque la rupture et le passage de mondes localisés vers un seul monde unique.

Mais parallèlement le christianisme avance que l’on n’existe que de par soi, par soi-même, son être en propre. Mais ceci dans une face inversée ; dieu. La dernière conscience possible celle indéfiniment réelle et une qui sépare toutes les consciences (évidemment de n’importe quel groupe, langage, vérité du monde) et les sépare pour les réunir en seconde position, celle de la dernière conscience (qui s’entend comme dernière en Tous les sens), et sous son regard unique et exclusif (de dernière il n’en peut exister qu’une seule), mais tout autant divise chacun entre ce qu’il croit être, dans le vécu, et ce qu’il est-pour la dernière conscience. Il faut extirper cette ampleur immense de sa caricature moralisatrice qu’on lui assigne ici ou là ou des interprétations batardes et qui ne parviennent pas à penser leur objet au niveau réel de cette ampleur.

Ce que le christianisme dévoile est la libération ; de chacun par rapport à lui-même (son être englué dirions-nous) et de tous par rapport à tous (que le monde et ses intérêts, dont le corps, sépare). C’est la première fois qu’il est dit que chacun est équivalent au regard dernier et qu’alors ce qui est distingué (dans le monde, l’individu, les groupes, le langage, et) ce qui est distingué peut exploser et se démultiplier indéfiniment ; chacun devient le rond point de toutes les distinctions qui se tiennent sous le regard de la dernière conscience indéfiniment réelle.

Or cependant la dernière conscience est celle qui ne possède pas de caractéristiques ; elle n’est pas inscrite comme déterminée ; elle assujettit littéralement les consciences en une seule, sous condition que cette unique conscience dernière est la première à se manifester telle quelle. Elle ne peut pas être lue, indescriptible, mais elle est « ce qui permet de lire » n’importe quel vécu. Ça n’est pas sa suréminence qui compte en cela, mais son retour-vers les consciences réelles. C’est de la sorte l’ensemble du devenir-soi qui s’impose. C’est en cela qu’elle libère.

Bien sur comme nous sommes devenus des premières consciences (cartésiennes) voir des consciences premières (existentielles, sartriennes affirmatives nietzschéennes ou ontologiques, ceux-ci pour illustrer ; la philosophie continue de penser la réflexivité telle qu’elle devient et telle qu’étant « ce qui arrive à l’humain » y compris ce qui arrive à toute personnalisation), aussi en tant que consciences réelles (fondées sur un libre pur et simple) nous ne saisissons plus ce que cette libération porte absolument en et par elle-même et à quel point elle bouleverse intégralement tout l’humain. Notre conscience étant une d’une part (structurelle) et sa propre idée d’autre part (tout être-libre est son Idée) elle ne saisit pas qu’elle puisse abandonner son être-un pour quelque autre unité que ce soit.

Ne pas saisir la dimension absolue, radicale, fondamentale qui s’impose comme universel grec ou comme dernière conscience chrétienne, c’est passer à côté de la pensée exacte (qui de plus dit d’elle-même ce qu’elle est réellement ; le renouvellement intégral de l’humain, de même que Descartes avance tel qu’il se dit et tel qu’il est) de son objet de pensée. C’est réduire la voilure et interpréter le mécanisme absolu du devenir, en tant que seconde humanisation, en lui interposant une interprétation ; laquelle peut bien arguer de la science, des sciences humaines ou de la psychanalyse ou du marxisme ou de telle ou telle inscription relative, ce sera toujours réaligner le devenir complet selon un moment limité et restreint de ce devenir ; c’est donc ne même plus se comprendre soi. C’est interpréter son être selon les modalités momentanées et non pas délimiter l’arrête du temps.

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Le devenir conscience (vide et formelle)

11 Octobre 2013, 11:53am

Publié par pascal doyelle

Il nous est donc pris d’un énervement invraisemblable ; ça s’est mis à réfléchir.
Ce qui ne signifie pas raisonner ; toutes les cultures et les peuples raisonnent et organisent leurs pensées.
Mais il y eut une accentuation fondamentale, dramatique, terrifiante. Ce que la philosophie identifie comme l’idée soudaine de l’Etre. Ce qu’il ne faut entendre comme expliquant le mouvement général qui s’empare de l’humain ; mais comme la compréhension que l’on peut obtenir de ce mouvement si , comme la philosophie, on destine une théorie à saisir « ce qui arrive à l’humain » de manière bien plus générale. Autrement dit l’idée de l’Etre est la représentation de ce mouvement, (qui a voulu également en réclamer l’invention, enthousiasmée par son déploiement).


Est manifesté, représenté donc un devenir réel qui autrement aurait eu des effets mais ne se serait pas représenté ; de fait puisque ce devenir réel est la réflexivité il était impératif ou contenu dans sa structure même qu’il se représente ; c’eut été un comble que le réflexif ne se réfléchisse pas, et cette réflexion sur le réflexif s’est nommée « philosophie » et son développement « raison » et son principe « vérité ».


Tout cela augmente d’un cran toute humanisation ; mais non pas en répudiant ce qui l’a précédé (bien que dans l’engouement et l’imposition de cette nouveauté ça s’est effectué ainsi). La vérité remplace les vérités, ou le flux commun du langage-groupe-monde, non comme contenu mais comme principe ; quel que soit le contenu (et il peut et ils seront divers et variés, le principe vérité engage qu’il peut exister quantités de vérités, démultipliant l’humanisation, de fait) il faut qu’il soit vrai.
Et par vrai il faut comprendre qu’il soit cohérent certes, mais qu’il soit actuellement cohérent. Il faut qu’il soit constatable, éprouvé, visualisable, identifiable ; là maintenant. Il ne peut rien supposer qui dépasse l’expérience et si il est difficile à Dire (si tous ses éléments ne sont pas transmissibles en tant que prononcés, définis, strictement), peut se communiquer l’expérience que l’on en a, puisque chacun peut par ex éprouver le cogito, même si le cogito ne rentre pas intégralement dans son énoncé (ce qui est son but et sa fonction ; de ne pas rentrer dans la vérité, puisqu’il est le libre pur, qui comme tel, s’appartient à soi, définition même minimale du libre ; le se-sachant).


Par là on voit que l’idée de l’Etre n’est pas seulement une idée qui doit à elle-même être parfaitement transparente et cohérente, elle est un rapport, un certain rapport, pour le dire, d’exigence ; que cela soit ici et maintenant réel. On ne renvoie pas le langage en ce qu’il donne, sa synthèse (qu’effectue n’importe quel mot), mais on décortique le mot. Ce qui donc est une intervention dans le langage qui va retravailler le langage (et ce en dehors de tout groupe, on quitte le langage commun et ses significations, pour définir chaque fois ce que l’on entend par ceci ou cela).
Il est clair que l’idée de l’Etre, même si elle parvient à élaborer ce que l’on peut comprendre par là, est aussi une expérience du, sur, par, selon et hors du donné « là ».
De même le dieu qui se retourne vers nous, soit le christ, est un rapport indéfiniment réel qui revient et allume la réalité tout différemment de ce qui fut antérieurement ; il permet que remonte du donné, du monde, du vécu, de tout ce que chaque conscience porte, la structure purement réelle qui attire hors de tout en réinstallant le tout autrement ; bref il libère. Littéralement.


La structure est ce qui jette un froid. Elle est essentiellement non humaine, sur humaine, inhumaine, tout ce que l’on voudra. Elle creuse soudainement que dans n’importe quel monde, n’importe quel vécu, il est une distance insurmontable et dorénavant immanquable qui intervient.
Bien entendu il est par en-dessous encore quantités de synthèses immédiates qui s continuent. Ça forme des royaumes imaginaires, qui tentent de récupérer synthétiquement ce qui existe ou a commencé d’exister de sa propre division poursuivie. On peut très bien croire au christ sans comprendre distinctement, on peut extrapoler la raison en la soumettant à une unification imaginaire, on peut exister selon l’Etat en le magnifiant, etc. Et de même le moi est une telle synthèse imaginée, supposée, alors que le moi est un bricolage et n’a d’unité réelle que sa conscience-de, son sujet, lequel n’est rien, ce rien formel indifférent et autre.


La réflexivité contient de fait et de soi la pensée ou ce que l’on a nommé tel ; elle ne contient rien, mais soumet ce qui est « là » à sa règle. On voit qu’elle n’a pas seulement produit l’universalité philosophique grecque, mais aussi le devenir conscience chrétien, et toute l’acculturation généralisée des siècles ; la philosophie fait-voir ce qui a agi, et du même coup accélère cela même ; de la dire, de la représenter de fait augmente le potentiel de ce qui est potentiel, de ce qui est puissance.
Ça n’est pas, ça ne sera jamais une extériorité que de penser ou réfléchir « ce qui réfléchit », de renvoyer qui renvoie à ; le réflexif montre que toute humanisation était, fut, sera construction. Que vérité et liberté sont les principes, et sont le vrai lui-même, que le vrai est structurel et non pas un contenu (toujours quelconque par rapport aux principes, les principes sont eux-mêmes « ce qui est vécu », et puis ensuite secondement les contenus transformés, les re-prises du donné, de l’acquis, de qui l’on est-déjà, etc). Autrement dit vérité et liberté sont la vérité elle-même et notre-être tel quel. Ils ne sont pas les principes faisant valoir quelque chose d’autre, sorte de propédeutique, ou de cadre formaliste, mais sont le devenir lui-même.
Toute humanisation est donc relevée, reprise, toute culture ou tout peuple, par et dans la volonté surdimensionnée de la réflexivité ; mais toute humanisation et aussi toute personnalisation hait, déteste, abomine le réflexif ; en ce que l’on désire se pourvoir synthétiquement de notre être, alors qu’il ne possède aucune unité réelle sinon des contenus bricolés. C’est en cela que la vérité-liberté est bien plus certaine que n’importe quel contenu.

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Les mondes particuliers et le monde-unique

9 Octobre 2013, 14:55pm

Publié par pascal doyelle

Les humanisations produisent des mondes, des peuples, des cultures, etc. Ils se créent réflexivement mais leur réflexivité est dite (faussement mais pour simplifier et en comparaison de ce qui viendra ensuite) immédiate ; en ceci que d’un donné « là », leur monde, leur environnement, leurs échanges, etc, d’un donné chacun tend à une unification. Le donné est pris tel quel et on l’admet comme vérité ; il est en effet et il est très rationnel, de penser que ce qui apparaît, apparaît réellement et tel que lui-même. Mais tout autant le échanges, de la communication aux objets, etc, sont eux-mêmes pris dans le même mouvement. Unification s’entend non pas comme idée générale qui reconnait tout ce qu’elle subsume, mais comme dynamique qui montre l’organisation des choses, des échanges, des communications, et qui s’explique ou se dit soi-même. La lune devient le soleil, etc.

L’ensemble de tout ce qui est, est donc ce qui apparaît d’une part et ce qui est un d’autre part ; de sorte que cela ne formule pas une unité, mais une totalité (qui est une au sens de flux, puisque tout autant le temps ou les événements ou les parties entre elles sont enchâssées dans la totalité) totalité de tous les éléments apparaissant qui ont un sens, et fonctionne comme un tout de paroles, d’échanges, de choses et d’êtres. En somme il est une seule activité qui entremêle tout l’apparaissant tel quel. Et si il est une compréhension c’est d’abord en « cela qui apparaît » d’une part mais aussi en « cela qui est pratiqué » d’autre part ; puisque apparaît ce qui est utilisé, ce qui est transformé par notre œuvre, ce qui est échangé, etc. Et le langage est utilisé afin d’abord d’échanger, il forme le centre de « ce qui communique » au sens large.

De sorte que le groupe, la parole, fonde la vérité ; ce qui apparaît est échangé.

S’interpose la dite « raison ». Elle est entièrement un découpage intégral ; elle ne veut pas l’unité, c’est une fausse piste ; elle ne veut pas tout résoudre en une unité, mais par contre veut imposer l’unité de chaque élément tel qu’il est. Autrement dit il est question d’une divisibilité complète de tout élément, et c’est seulement ensuite que l’on se pose la question de leur unité. L’unité est dans les conditions de la division intégrale de tout ce qui est (qu’aucun flux total ne destine plus). La soumission à la divisibilité de tout en éléments (les idées puis les nombres) est aussi la libération de notre attention ; qui doit s’efforcer de produire les différences. Les différences se réunissent en éléments qui seront ordonnés visiblement (cad dont les liens entre eux seront pensés et non pas accolés).

Les éléments étaient précédemment accolés puisque leur lien était la constatation de visu, dans apparaître lui-même (que le soleil suit la lune, par image). Ou donc puisque la parole installe ou au moins est au cœur de tout (de la communication d’une part et des échanges d’autre part) suit l’accolement du langage plié comme monde local.

Sans cette colle travaillée mais immédiate en son fondement, il devient impossible d’admettre les éléments, il faut remplacer l’accolement par leur saisie distincte, par leur division consciemment assumée. Il faut combler les trous qui désunissent les éléments qui étaient auparavant comme flux totalisant, comme uni-calcul parlé, échangé, apparaissant, comme parole-monde-groupe.

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